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L’usage de la ficelle agricole en polypropylène

Dans le Béarn – Un brocard (chevreuil mâle) « orné »  d’une ficelle en polypropylène.

L’usage de la ficelle agricole

dans nos campagnes

Ficelle naturelle en sisal et ficelle en polypropylène.

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La ficelle naturelle en sisal

La ficelle naturelle en sisal a été la seule utilisée jusque dans les années 1970 par nos agriculteurs pour lier leurs bottes de foin.

La fibre de sisal est la plus longue et la plus résistante des fibres végétales. Elle est extraite des feuilles de l’Agave sisalana (appelée communément sisal), une plante originaire de l’est du Mexique. Elle est issue d’un savoir-faire ancestral. Très résistante, cette fibre a servi et sert encore à la fabrication de cordages, sacs, toiles, chapeaux …, de tissus grossiers et de tapis. Sa production est en régression sensible du fait de la concurrence des fibres synthétiques.

La ficelle sisal agricole est encore utilisée, entre autres, pour les botteleuses basse et moyenne densité. Il existe plusieurs modèles de ficelles avec des diamètres/charges de rupture adaptés à l’utilisation prévue.

Issue d’une matière 100% naturelle, elle est écologique et totalement biodégradable à l’état naturel. Non traitée, elle est utilisée en agriculture biologique.

Elle reste sensible à l’humidité et à la moisissure. Certains modèles sont traités avec une huile spéciale contre les rongeurs et l’humidité, non dangereuse, mais qui ne sont dans ce cas-là pas autorisés en agriculture biologique.

La ficelle en polypropylène

Depuis la mise en service dans les années 70 des presses à bottes haute densité dans nos campagnes, une nouvelle matière est utilisée pour la ficelle agricole, le polypropylène (sigle PP).

Ces nouveaux types de presse ont nécessité l’utilisation d’une ficelle plus résistante que le sisal avec plus de sécurité au nouage, ainsi qu’un diamètre et structure constants. La ficelle agricole en polypropylène a répondu à cette demande.

Le polypropylène est une matière hydrophobe et très légère (il surnage toujours à la surface de l’eau), peu onéreuse. Il souffre par contre d’une faible résistance aux UV et les ficelles reçoivent un traitement de protection. Il n’est pas biodégradable mais il est 100% recyclable. On peut le recycler plusieurs fois avant d’atteindre sa fin de vie où il sera incinéré sans émettre, en principe, de substances toxiques (cela dépend des additifs rajoutés pour des besoins spécifiques).

La ficelle se décline en plusieurs couleurs, noire, blanche, ou bleue bien souvent. Certains colorants sont organiques de grade alimentaire. Il en existe différents modèles adaptés au matériel utilisé : presse moyenne densité, à haute densité et presse à balle ronde (pour les balles rondes, le liage filet en polyéthylène haute densité prend le dessus).

Elle est aussi régulièrement utilisée, en couleur bleue, comme clôture provisoire pour délimiter un couloir de déplacement de bovins ou pour fermer un champ. Les vaches l’évitent. Les études sont contradictoires concernant la vision des couleurs des bovins. Certaines affirment qu’ils voient essentiellement les ondes bleu-vert.

Elle est vendue en gros pour les agriculteurs, par paquets de deux bobines ou plus de 5 kg minimum et même par palettes. Pour avoir une idée de ce que cela représente, une ficelle standard de diamètre 3.5mm a une longueur de 336m/kg, 1 800 mètres pour une seule bobine.

Pourquoi cet article

Les avancées technologiques ont permis de remplacer l’usage en grande quantité de la ficelle naturelle en sisal par celle en polypropylène non biodégradable. J’en trouve de plus en plus, oubliée dans des haies ou sur les chemins partout où je passe pour faire de la photo animalière. Mais, également, sur des « endroits » qui m’interpellent, comme sur les photos suivantes :

La ficelle en polypropylène a une résistance à la rupture qui dépend de son diamètre. On la décrit régulièrement en indiquant le nombre de mètres par kilo de ficelle. La ficelle de 3.5mm (336 m/kg) qui semble être celle de mes photos (blanche ou bleue), a une résistance à la rupture de 135-140kg. En se débattant, l’animal peut s’emprisonner dans une pelote de plusieurs brins. Les nœuds sont heureusement moins résistants.

Sur les clichés ci-dessus, l’animal a réussi à la rompre à deux endroits.

Dans le piémont pyrénéen, pendant le brame (début octobre 2019). « La corde au cou »!

Plus sérieusement, ce cerf, même s’il s’est libéré et que ses bois tomberont bientôt, aurait pu se mutiler!

Le risque classique pour cette ficelle qui serait abandonnée dans la Nature, bien qu’elle soit inerte, est le même que celui engendré par tous les plastiques, c’est l’accumulation exponentielle de déchets sur notre planète; rien de bien nouveau! Si elle a tendance à se dégrader sous l’action des rayons U.V, elle ne disparaît pas pour autant. Elle a juste des possibilités accrues d’être un jour ingérée par un animal quelconque, sur terre, dans une étable ou dans l’eau.

Quelques exemples de situations que l’on trouve en bien des endroits où la ficelle en polypropylène peut présenter un risque pour la faune quand elle est oubliée.

Mais il y a aussi des situations où un animal peut être piégé, rester longtemps à l’agonie et mourir sur place ou ailleurs s’il n’arrive pas à se libérer ou à se nourrir. Il faut en avoir conscience.

Que faire pour rester positif ? C’est une bonne question. On ne va pas quand même demander de tout interdire! Personnellement, si je vois de la ficelle oubliée par terre, je la ramasse. Si elle ne m’est pas utile, je la mets au recyclage.

La surprise, quand on la ramasse, c’est la longueur finale! 

La bâche d’ensilage, « un envers du décor » – Septembre 2019

Triste spectacle que ces bâches et ficelles emportées dans le lit de ce ruisseau où elles ont été « oubliées » !

La bâche plastique d’ensilage

ou la pollution d’un petit ruisseau du Vic-Bilh

Enfin propre, et … naturel après quelques efforts!

L’ensilage a permis l’industrialisation de l’agriculture et l’élevage dense, hors sol. Cette technique de conservation a connu un essor significatif dans notre pays dès la fin des années 60 associé à celui du machinisme agricole et au développement de la culture du maïs. La conservation de l’herbe par ensilage s’est développée avec l’intensification de la production fourragère, afin d’optimiser sa gestion annuelle.

Les films de bâche d’ensilage pour la couverture de tas de fourrage sont devenus un incontournable pour certaines exploitations agricoles tournées vers l’élevage. Ils sont utilisés sur deux types de silos, le silo taupinière et le silo couloir (délimité par deux murs), où ils recouvrent le tas de fourrage sur une largeur de 6 à 20 mètres.

Fabriqués à partir de polyéthylène (PE), la fonction de ces films est d’obtenir une bonne étanchéité à l’air et à l’eau. Leur durée de vie (exposition aux UV) est communément d’une année mais peut aller jusqu’à deux à trois ans dans certains cas. Certains agriculteurs recouvrent la bâche neuve avec la bâche de l’année précédente afin d’assurer une protection physique supplémentaire. Leur épaisseur est généralement comprise entre 100 et 180 microns (0,10 à 0,18 millimètre). Ils sont apparus sur le marché il y a pas mal d’années déjà, sans qu’il y est en parallèle une filière bien structurée de collecte des matériaux usagés. Depuis 2008, la situation a évolué dans le bon sens.

Cependant, des bâches restent encore entassées de nos jours en bordure de chemin ou de champ, recouvertes par la végétation, mais aussi dans des lieux où elles ont un impact plus nocif sur l’environnement. C’est la raison de cet article.

Un petit ruisseau pollué par de la bâche d’ensilage.

En juillet 2018, je suis revenu me promener avec mon fils au bord d’un petit ruisseau où nous allions parfois pêcher. C’était il y a une vingtaine d’années déjà, le temps passe vite. Cette promenade devait être un plaisir, nous avions gardé le souvenir d’un joli coin de nature et nous espérions assister au frai des vairons et en faire des photos. Nous l’avons retrouvé dans un triste état!

La désolation! Il y en a partout comme çà!

De la bâche d’ensilage mais aussi des grands sacs en plastique se délitant en petits morceaux.

Les lambeaux de bâche accrochent un peu partout dans la végétation et se déchirent, accompagnés de bouts de ficelle en polypropylène (sigle PP). 

Désolant!

Dès les premiers mètres dans le lit du ruisseau, c’est un désastre! C’est un cimetière de bâche d’ensilage! Il y en a partout, dans le lit et sur les rives! Ce ruisseau a connu un débordement inhabituel il y a plusieurs années déjà, comme on peut le constater aux stigmates encore visibles malgré le temps passé. Lors de cette inondation, l’eau a entraîné avec elle un dépôt de bâches situé probablement à proximité immédiate, mais aussi des sacs plastiques et autres déchets divers et variés. Des lambeaux pendaient partout, accrochés aux branches des arbres, coincés au milieu des troncs charriés par la montée des eaux, partiellement enfouis dans le lit du ruisseau par le sable et les graviers transportés, accrochés aux racines, etc. Il y en avait de toutes tailles, de quelques centimètres jusqu’à plusieurs mètres.

La partie émergée seulement. Certaines bâches sont enfouies sous plusieurs dizaines de centimètres de sable et de graviers.

Des bâches, mais aussi des ficelles en polypropylène.

Elles se déchirent en petits morceaux. Et toujours de la ficelle!

Heureusement, les racines jouent un rôle de ralentisseur de la dispersion des déchets. 

Le spectacle est de plus en plus désolant au fur et à mesure que l’on remonte le ruisseau. Heureusement, le ruisseau n’a pas cessé de vivre : quel plaisir d’observer dans les trous d’eau la présence d’une quantité impressionnante de vairons, goujons et autres petits poissons comme la lamproie de rivière, qui évoluent sans s’inquiéter de la présence de tous ces déchets!

On se promet tous les deux de faire quelque chose pour ce ruisseau, il ne peut rester en l’état! Cela ne sera pas possible dans l’immédiat mais l’idée va rester ancrée en moi.

Le nettoyage du ruisseau.

Ce dimanche 16 septembre 2018, au moment du déjeuner, il me vient brusquement une idée : il fait très beau, si j’allais nettoyer ce pauvre ruisseau? « La grande journée mondiale de nettoyage de la planète 2018 » est déjà passée d’un jour mais il n’est jamais trop tard pour essayer de bien faire. De plus, c’est le moment où le débit d’eau est au plus bas et le lit du ruisseau est partout accessible. Les feuilles commencent déjà à tomber, il ne faut pas tarder. Avant que mes bonnes intentions ne retombent (cela m’arrive parfois), me voilà parti! En effet, je me demande de plus en plus souvent à quoi tout cela peut bien servir! Le temps qui passe est devenu le temps qu’il me reste et je ferais mieux de l’occuper à autre chose! Mais je sais que je ferai plaisir à quelqu’un, si ce n’est à moi!

Rassemblement en tas des déchets souillés de sable, graviers et végétaux divers, avant de les remonter au point de collecte.

Je passerai en fait deux journées à nettoyer la partie la plus visiblement polluée, en regroupant les bâches et déchets divers par tas puis en rassemblant le tout à un endroit accessible pour la collecte. Je ne compte pas les suées en tirant sur les lambeaux de bâches partiellement enterrés et les A/R pour remonter les tas alourdis par l’eau piégée dans les replis et les détritus divers (sable, graviers, etc.).

L’évacuation des déchets

Opération de collecte et d’évacuation des déchets avec une remorque.

Tout s’est bien passé tant qu’il ne s’agissait que de transpirer. Maintenant, les complications arrivent. Ignorant de la réglementation sur ce type de déchets, je voyais les choses d’une façon très simpliste en pensant ramener mes déchets (qui ne m’appartiennent pas) à la déchetterie publique. « Non, Monsieur, nous ne les prenons pas. Il s’agit de bâche agricole, il y a une filière de collecte spécifique pour cela. Mais je ne suis pas un agriculteur, je suis un particulier. Cela ne change rien, je ne peux rien pour vous. Je vous conseille de vous renseigner dans le milieu agricole ».

Nettoyage des bâches et autres déchets plastiques à l’eau, puis séchage et triage.

De retour à la maison avec mon chargement, je passe quelques appels pour résoudre ce problème imprévu, à aborder avec tact dans ma situation de particulier qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. Après quelques contacts, je trouve enfin une solution pour évacuer proprement et dans le respect total de la législation en vigueur ma cargaison encombrante auprès d’un organisme habilité. Et, bien sûr, j’ai eu droit à la remarque : « pourquoi faites-vous çà? Ce n’est pourtant pas à vous de le faire ». Rien n’est aussi évident!

Malheureusement, l’agriculteur a probablement commis une erreur dont il n’est peut-être même pas au courant. Je n’ai personnellement aucune idée de l’origine de ces déchets. Ils ont sans doute été stockés à une époque où il n’existait pas de filière de collecte. Mais où sont donc tous les garde-fous à ce genre de situation? Il n’en manque pas pourtant, qui sont plus concernés que moi!

Je suis revenu voir le ruisseau ces jours-ci, un an après l’avoir nettoyé. Il n’a pas plu depuis longtemps et son niveau est au plus bas, c’est impeccable pour vérifier son état. Quel plaisir de le retrouver sous son aspect naturel! J’ai eu quand même deux demi-journées de nettoyage pour terminer le travail comme je le souhaitais.

Quelques bribes éparses de plastique traînent encore par-ci, par-là, c’est négligeable. A droite, un résidu de sac plastique, matière qui se dégrade rapidement en nombreux morceaux.

Ce bout de bâche se retrouve à nu et est facilement récupérable.

En laissant les choses en l’état, les …aines de m2 de bâches présentes finissent en confettis qui sont entraînés vers l’aval. Durée de vie du Polyéthylène? 

Un morceau de bâche charrié par les eaux depuis l’amont.

Un morceau de pneu, une courroie, de la ficelle en polypropylène, de la bâche brûlée, etc.

La partie que j’avais nettoyé l’an dernier était pratiquement propre; j’ai seulement ramassé quelques petits lambeaux accrochés çà et là à quelques branches.

A partir de là, je commence à retrouver quelques déchets charriés depuis l’amont sur une partie que j’avais déjà nettoyé, rien d’important. 

Jusque là, la quantité de déchets ramassés sur la partie nettoyée l’an dernier remplit au 3/4 un sac poubelle de 100 litres, c’est un succès pour moi!

La limite amont de la zone nettoyée l’an dernier (2018) est évidente, la voici!

Etat n°1 : avant le nettoyage.

La quantité de lambeaux de bâches récupérés uniquement sur la photo ci-dessus!

Un martin-pêcheur est venu se poser en ma présence sur la branche, attiré par les fourmis qui sortaient des bâches où une fourmilière s’était installée. Il m’a agréablement surpris!

Etat n°2 : après le nettoyage. 

La limite amont de mon intervention de cette année (2019) est située au niveau de cette confluence, à laquelle je ne toucherai pas pour laisser un témoignage! On devine à gauche des lambeaux retenus par les ronces. 

Puis, j’ai continué le nettoyage jusqu’à une confluence au-delà duquel le ruisseau se restreint et est partiellement fermé par la végétation envahissante sur les rives; il est donc peu accessible. Les déchets, retenus par les ronces, n’iront pas plus bas et les enlever serait un chantier qui n’est plus compatible avec mes possibilités d’intervention.

Sur la carte des cours d’eau de la Direction départementale des Territoires et de la Mer des Pyrénées-Atlantiques en date 8 février 2019, le cours d’eau au-delà de la confluence est à expertiser (comme bien d’autres, il n’y a aucun rapport avec le sujet de cet article). S’il l’est un jour, cela sera peut-être bénéfique pour lui.

Bâche enfouie à quelques mètres du bord, lorsque le ruisseau est sorti de son lit (avant). 

Bâche enfouie à quelques mètres du bord, lorsque le ruisseau est sorti de son lit (après). 

L’an dernier, cette bâche était enfouie et retenue par un arbre enseveli dans le lit du ruisseau. Je n’avait pu enlever que la partie émergée. Les eaux en période hivernale l’ont dégagée et l’ont rendue accessible. 

La bâche dégagée. J’ai mis un point d’honneur à enlever tout ce qui pouvait rester encore apparent dans le lit du ruisseau.

La deuxième demi-journée a été consacrée à déterrer à la pioche les lambeaux de bâches restés partiellement enfouis depuis l’an dernier et à évacuer le tout.

J’ai ensuite pris le temps de faire un A/R pour m’assurer que ce petit coin que j’ai redécouvert après l’avoir longtemps ignoré était enfin « PROPRE »! La suite en quelques clichés :

Désormais, je pourrai amener du monde dans ce petit cours d’eau qui a retrouvé son aspect naturel sur 440 mètres de son parcours. C’est si insignifiant mais quand même si utile pour toute la biodiversité insoupçonnée qui l’a adopté. J’ai été surpris d’y observer des Grenouilles Agiles de toutes tailles que j’ai fait bondir pendant mon intervention.

Je termine ce petit reportage par un rappel de la réglementation applicable aux bâches d’ensilage, pour ceux qui ont encore le courage de lire. Personnellement, j’en ai retiré des enseignements sur les filières des déchets. L’information ne circule jamais assez! Et ceux qui devraient savoir ne sont pas toujours les mieux informés!

Le cadre réglementaire des déchets 

Article L 541-2 du code de l’Environnement (ordonnance n°2010 -1579 du 17 décembre 2010 – art.2, consultable ICI ) : « Tout producteur ou détenteur de déchets est tenu d’en assurer ou d’en faire assurer la gestion, conformément aux dispositions du code de l’environnement. Tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de la gestion de ces déchets jusqu’à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers. Tout producteur ou détenteur de déchets s’assure que la personne à qui il les remet est autorisée à les prendre en charge ».

Article L 541-3 du code de l’environnement (modifié par la loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019 – art. 9, consultable ICI ) : « Lorsque des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du code de l’environnement et des règlements pris pour leur application, l’autorité titulaire du pouvoir de police compétente avise le producteur ou détenteur de déchets des faits qui lui sont reprochés ainsi que des sanctions qu’il encourt et, après l’avoir informé de la possibilité de présenter ses observations, écrites ou orales, dans un délai de dix jours, le cas échéant assisté par un conseil ou représenté par un mandataire de son choix, peut le mettre en demeure d’effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé ». … 

Article L 172 du code de l’environnement, définissant l’autorité titulaire du pouvoir de police compétente (modifié par la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 – art.30, consultable ICI ) : « Outre les officiers et agents de police judiciaire et les autres agents publics spécialement habilités par le présent code, sont habilités à rechercher et à constater les infractions aux dispositions du présent code et des textes pris pour son application et aux dispositions du code pénal relatives à l’abandon d’ordures, déchets, matériaux et autres objets les fonctionnaires et agents publics affectés dans les services de l’Etat chargés de la mise en œuvre de ces dispositions, ou à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, dans les parcs nationaux et à l’Agence française pour la biodiversité ».  

Article 16 du code de police pénale, définissant la qualité d’officier de police judiciaire, consultable ICI, la qualité d’agence de police judiciaire (Article 20) consultable ICI et agent de police judiciaire adjoint (Article 21) consultable ICI.

La filière de récupération et de valorisation des F.A.U

Les FAU (Films Agricoles Usagés), issus d’une activité professionnelle, sont considérés comme des déchets professionnels. Les exploitations agricoles détentrices de ces déchets ont la responsabilité directe de la gestion et de l’élimination de ceux-ci. Elles doivent être en mesure de prouver qu’elles ont bien évacué leurs déchets dans les conditions requises. L’enfouissement et le brûlage sont interdits. Jusqu’en 2009, les agriculteurs se trouvaient souvent sans solution. Les bâches d’ensilage sont collectées depuis 2009 dans les Pyrénées Atlantiques.

Les déchetteries ne sont pas tenues d’accepter ces types de déchets (pages 19 et 48 du Plan départemental de gestion des déchets ménagers et assimilés des Pyrénées Atlantiques, novembre 2008, consultable ICI ).

En 2008, le Comité français des Plastiques en Agriculture crée la commission APE (Agriculture Plastiques et Environnement) et met progressivement en place la filière nationale de collecte et de valorisation des films plastiques agricoles usagés confiée à Adivalor. Elle permet :
– la mise en conformité du monde agricole avec  la réglementation,
– l’apport aux agriculteurs d’une solution pour l’élimination de ces films plastiques usagés,
– une contribution à la protection de l’environnement par abandon des pratiques d’élimination devenues interdites (brûlage, enfouissement, mise en décharge),
– une économie de matières premières par fabrication de matière première secondaire,
–  le développement des capacités de recyclage et la création d’emplois.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, la chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques en partenariat avec les distributeurs, la Fédération départementale des Cumas (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole), le GDS (Groupements de Défense Sanitaire, associations gérées par et pour les éleveurs) et Adivalor (Agriculteurs, Distributeurs, Industriels, pour la Valorisation des déchets agricoles), propose depuis quelques années déjà un ensemble de collectes adaptées aux besoins :
– produits phytosanitaires ou vétérinaires,
– bidons usagés,
– big-bag, sac d’engrais de semence,
bâches plastique, filets, ficelles.

Les déchets sont à rapporter au distributeur. Chaque apport de produits, quel qu’il soit, donne lieu à la remise d’un bon de livraison à l’agriculteur certifiant la gestion de ses déchets selon des « bonnes pratiques agricoles ». Ce document doit être conservé dans le cadre de la conditionnalité des aides PAC (Politique Agricole Commune). Aujourd’hui, Adivalor (structure 100 % professionnelle agricole) et les distributeurs contribuent financièrement en totalité aux opérations mises en place.

Dans les Pyrénées-Atlantiques (mais aussi dans tous les départements), une collecte des déchets annuelle est aussi proposée aux agriculteurs auprès de plusieurs sites, à des dates définies à l’avance et selon certaines modalités. Pour en savoir plus, cliquer  ICI

 Le recyclage des films agricoles

Constitués de polymères homogènes et de bonne qualité, les films agricoles permettent un recyclage facile et donnent naissance à une matière première secondaire de bonne qualité. En revanche, ils peuvent avoir un taux de souillure (terre, eau, débris végétaux) assez élevé, le plus souvent très supérieur à beaucoup de films d’origine industrielle. Ils doivent être nettoyés, pliés et séparés!

La bonne pratique est de : dérouler entièrement les bâches, puis d’enlever les corps étrangers (pierres, morceaux de bois, etc.) avant de les balayer pour retirer un maximum d’ensilage, de terre et de sable. Ensuite, les plier puis les ficeler, avant de les stocker à l’abri.

Sources consultées :

https://pa.chambre-agriculture.fr/gestion-de-lentreprise/je-securise-mon-entreprise/gerer-ses-dechets/

https://www.adivalor.fr/collectes/films_plastiques_elevage.html

http://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/plan_64.pdf

https://www.dechets-nouvelle-aquitaine.fr/gestion-dechets/?dpt=64&dcht=57&orgtype=7

Biès, femelle Gypaète barbu

Le retour à la liberté de Biès,

femelle Gypaète barbu (28 août 2019)

L’histoire de Biès

Biès est une femelle Gypaète barbu âgée de 7 ans, marquée en Espagne pour le suivi de quelques oiseaux de son espèce. Au mois de mars 2018, elle est découverte mal-en-point par un habitant du village de Bedous en vallée d’Aspe, qui prévient le Parc National. Les gardes du Parc viennent la récupérer et la confient au Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage des Pyrénées-Atlantiques, l’association Hegalaldia basée à Ustaritz (64). Elle est en hypothermie avec une grosse luxation de l’épaule droite; la quasi-totalité des rémiges primaires (grandes plumes) de la main droite sont sectionnées net, la rendant incapable de voler.

Exemple de marquages alaires sur un gypaète barbu photographié en Aragon le 23 juillet 2019. Il s’agit de Bolisla, un mâle reproducteur âgé de plus de sept ans, avec des bandes alaires rouge et jaune 2F et équipé d’une balise Gps. Pour en savoir plus sur les identifications, c’est ICI !  

Prise en charge au centre de soins, l’état général de l’oiseau n’est pas fameux. Les soigneurs lui retirent ses marquages alaires pour voir plus en profondeur ses plaies. Ils constatent qu’elle souffre aussi d’une infection généralisée due à la pose récente de ces marquages mal positionnés : ce sont des bandes en plastique (genre bâche de camion en différentes couleurs) fixées sur les ailes. Leur but est de permettre une reconnaissance individuelle de chaque oiseau à une distance de plusieurs centaines de mètres.

Mise sous traitement à base d’antibiotiques pour arrêter l’infection, son état s’améliore légèrement. Après un long moment passé dans une volière adaptée pour sa rééducation, la mobilité de son aile s’est un peu corrigée.

En septembre 2018, l’oiseau est transféré dans une volière de 50 mètres de long. Il commence aussi des séances d’ostéopathie.

Ne constatant aucune mue du plumage depuis son accueil qui date d’un an, une « greffe » de quatre plumes (opération appelée enture) est tentée au mois de mars 2019 afin que l’oiseau retrouve le plumage fonctionnel qui lui permettrait de faire travailler son épaule luxée et de soigner son mal. L’opération consiste à prolonger les moignons restants des rémiges primaires (sectionnés près de la base) par des rémiges rapportées et raccourcies pour respecter la longueur totale; le raccordement s’effectuant par un embout cylindrique enduit de colle et enfilé de part et d’autre dans la partie creuse du rachis.

L’opération réussit et dès son retour en volière, l’oiseau s’exerce déjà au vol. Dans cette volière spéciale de grande longueur et après quelques semaines d’exercice, la luxation de l’épaule disparaît. La reconstitution artificielle de ses plumes ne peut cependant pas permettre à l’oiseau d’avoir une portance suffisante s’il est relâché, la solution n’est que temporaire.

Et la bonne nouvelle arrive enfin! Biès effectue une mue au bon moment et qui lui permet de perdre deux de ces plumes « greffées » au profit de deux nouvelles plumes en parfait état. L’association Hegalaldia envisage enfin une remise en liberté.

Le retour à la liberté de Biès (28 août 2019)

L’événement est programmé pour le mercredi 28 août 2019, sur les hauteurs d’Accous, en présence de gardes du Parc National, d’élus locaux, de journalistes et du public prévenu par les médias et réseaux sociaux. La suite en images :

L’arrivée de Biès dans sa cage de transport sur le lieu de la remise en liberté, au-dessus d’Accous. Accompagnée par ses soigneurs d’Hegalaldia et de gardes du Parc National.

La sortie de Biès de sa cage de transport.

Un dernier salut à son public, venu assister à sa remise en liberté.

L’envol. On aperçoit bien sur ce cliché l’enture effectuée sur la deuxième rémige primaire sur son aile droite.

Biès s’éloigne, …

… puis, revient, entamant plusieurs allers/retours en contrebas du lieu de son relâcher. Un moment chargé d’émotion!

Un milan royal se joint à elle un instant, puis elle disparaît du regard en contrebas dans la vallée.

Un petit moment plus tard, elle réapparaît et tournoie au-dessus du public venu assister à son envol, pour le plaisir de tous. On peut remarquer qu’elle a perdu pendant ses soins la couleur rouille de son plumage ventral. Celle-ci reviendra un peu plus tard après quelques bains dans les sources d’eau ferrugineuse.

Est-elle revenue pour remercier toutes celles et ceux qui l’ont soigné pendant presque 18 mois?

Un vautour fauve se joint à elle, et ils entament tous les deux un ballet ascensionnel.

Quel plaisir de voir ce bel oiseau retrouver la liberté!

Biès s’éloigne définitivement. Bon vent!

La montagne enfin retrouvée!

Article rédigé à partir de mes photos personnelles et de la bibliographie suivante :

https://www.sudouest.fr/2019/08/28/video-pyrenees-le-gypaete-barbu-soigne-par-hegalaldia-a-pris-son-envol-6493067-4955.php

https://www.hegalaldia.org/

Bilans de santé de Biès communiqués au public par l’association Hegalaldia

L’été chez les Chevreuils du Vic-Bilh

27 juillet 2019 – Combat sur la pelouse pendant le rut. Attention au bois dépourvu d’andouiller, c’est une arme « fatale » qui favorise la suprématie de son propriétaire! 

Que se passe-t’il en été chez les chevreuils

30 juillet 2019 – La première apparition des jumeaux!

J’ai déjà écrit plusieurs articles sur le chevreuil. Il est l’un de mes animaux préférés pour sa finesse et son élégance. J’ai l’opportunité de côtoyer régulièrement toute une famille, grâce à la présence d’une pelouse que je laisse en friche. Les bêtes l’ont adoptée et viennent la visiter pour brouter de jeunes pousses d’acacias et autres, pour y faire la sieste et même parfois s’y réfugier. Elles s’occupent aussi activement des fruits du verger. L’article de ce jour leur est destiné.

Contrairement à ce que je prévoyais dans mon dernier article du mois de mai à leur propos, le maître des lieux de l’an dernier n’est pas resté. Un brocard au trophée atypique a fait son apparition à la mi-mars sur la friche; il ne s’est pas imposé de suite. Après deux mois de coexistence apparemment pacifique avec son prédécesseur, il règne maintenant en maître absolu et chasse tous les prétendants, du moins jusqu’à la fin du rut, courant août. Le précédent occupant des lieux était pourtant une bête massive et robuste et je suis étonné qu’il ait laissé sa place. Je ne l’ai plus revu depuis fin mai.

La chevrette amène sa nouvelle progéniture chez nous pour la troisième année consécutive. Elle avait momentanément disparu début mai pour mettre bas après avoir délaissé sa dernière fille, née en mai ou juin 2018 et devenue depuis une jolie chevrette.

Cette jeune et jolie chevrette, après avoir quitté sa mère début mai, est restée encore quelques jours chez nous avant de disparaître fin mai, en même temps que l’ancien maître des lieux avec qui je l’avais observé à plusieurs reprises. Ils ont migré (ensemble?) vers un autre territoire. Ainsi va la vie des chevreuils.

Cette année, la chevrette a deux petits. Ce nombre dépend du poids de la mère comme je l’ai fait remarquer dans un article précédent. Un poids minimum de 20 kg est nécessaire pour porter un futur faon: 20 à 22 kg = 1 faon, 22 à 25 kg = 2 faons. Il arrive qu’une chevrette ait 3 faons dans un milieu particulièrement favorable. Cette année tout comme l’an dernier, je ne sais pas à quel moment la chevrette a mis bas. Elle disparaît pendant plusieurs semaines et réapparaît enfin chez nous avec sa progéniture déjà grande, capable de se nourrir seule. Les deux petits nouveaux resteront avec leur mère jusqu’au mois de mai prochain: devenus adultes, ils quitteront aussi leur mère qui s’isolera à nouveau pour mettre bas.

Pour rappel, le jeune chevreuil s’appelle un faon jusqu’à 6 mois (novembre), puis un chevrillard (mâle et femelle) jusqu’à 12 mois (mai suivant). Au-delà, on l’appelle Brocard (mâle) ou Chevrette (femelle).

Quelques moments immortalisés :

9 juin 2019 – Le maître des lieux de l’an dernier a quitté son territoire. Le nouveau « locataire » marque les arbres en frottant ses bois (on appelle cela un « frottis »), puis il dépose une sécrétion forte qui provient de glandes situées à la base des bois, pour signaler sa présence à ses rivaux.

Parfois, de l’herbe reste accrochée à ses bois. Ses oreilles retroussées trahissent son excitation, il ne faut pas venir le déranger.

10 juin 2019 – Le brocard a toutes ses chances devant un adversaire : un bois sans andouiller et l’autre avec deux andouillers partant de la base.

10 juin 2019 – Le brocard au verger. Les prunes sont encore vertes, mais qu’importe! Il les adore! Il a son beau poil roux d’été. Les pommiers et les pruniers croulent sous le poids des fruits! Pendant tout le mois de juin et une bonne partie de juillet, il sera seul à fréquenter le verger.

24 juillet 2019 – Première apparition d’un faon, seul, à la nuit tombée! Il ne restera qu’un instant!

27 juillet 2019 – Le rut a déjà commencé; çà chauffe aux quatre coins de la pelouse! Le chevreuil de gauche, au trophée modeste, m’est familier. Il avait fait quelques apparitions courant mai, mais il n’était pas resté. Notre brocard s’est déjà battu à plusieurs reprises; son pelage est marqué par des « estafilades » mais il tient bon!

27 juillet 2019 – « Aïe, ma tête ». Le jeune brocard n’a aucune chance devant la force et le trophée du maître des lieux. Poursuivi inlassablement dans les champs voisins et après quelques rebiffades inutiles, il abandonnera les lieux (après avoir insisté quand même pendant deux jours).

27 juillet 2019 – Un faisan Obscur! Les graminées et les cachettes dans les hautes herbes attirent du monde!

28 juillet 2019 – Tour de garde sous la pluie. Quelques estafilades apparaissent sur le dos. Une petite plaie sur la partie droite de son poitrail, invisible sur ce cliché, va rapidement guérir.  

29 juillet 2019 – Quelques clichés du brocard que j’aime bien, pris sous une belle lumière tardive et au travers de la végétation. On y voit bien la particularité de ses deux bois.

30 juillet 2019 – Coucou!

30 juillet 2019 – La chevrette réapparaît pour la première fois depuis début mai, accompagnée par ses deux faons et intéressée par les prunes! La végétation puis la distance entre eux m’empêchera de les avoir tous les trois sur un cliché.

Le faon à l’arrière-plan est manifestement un peu plus grand.

30 juillet 2019 – Pommes, prunes, feuilles, tout intéresse le plus petit des faons.

31 juillet 2019 – La chevrette vient faire un tour aux pommes et aux prunes avec le plus petit de ses deux faons.

07 août 2019 – La chevrette fait une apparition tardive avec ses deux faons. Le plus grand est toujours en retrait, à l’orée du bois.

11 août 2019, sous la pluie. Le rut tire à sa fin! L’excitation retombe chez notre brocard et la pelouse retrouve sa quiétude. Il va bientôt abandonner son comportement territorial. Quelques instants après ce cliché, il frotte les glandes de son front au feuillage d’un chêne des marais (ce que l’on appelle un «  »frottis« ) puis effectue ce que l’on appelle un « grattis« , c’est-à-dire qu’il va encore marquer son territoire en grattant le sol qu’il imprègne de l’odeur de ses glandes pédieuses (glandes des pieds). Le tout est appelé un « régalis« . Il va ensuite se coucher tranquillement dans l’herbe pour se reposer sur sa « couchette » pendant plus d’une heure, les sens toujours aux aguets. « Le repos du guerrier », que l’on peut visionner Ici.

11 août 219, dans la soirée. La chevrette vient se restaurer, seule.

La chevrette a réinvesti les lieux après les avoir délaissés pendant près de trois mois pour mettre bas et allaiter ses faons à l’abri du danger. Elle a aussi sans doute été « couverte » par le brocard « au trophée atypique » : c’est un moment particulier où les faons sont laissés seuls, comme j’ai pu le constater à la fréquentation du verger. Maintenant, les deux jumeaux vont retrouver leur mère à plein temps jusqu’au printemps suivant, en principe; ils ne sont pas tirés d’affaire et ne le seront en fait jamais. Tout ce petit monde va passer quelques jours sereins, jusqu’à l’Ouverture de la chasse, une période perturbatrice (pour ne pas dire plus).

Le lac d’Arlet depuis Urdos (maison Lamourane) – 06 août 2019

A droite, le refuge d’Arlet dominé par le pic d’Aillary (2215m).

En vallée d’Aspe – Le lac et Refuge d’Arlet 

depuis la maison Lamourane (Urdos)

Une simple visite, à l’écart du troupeau dont il a la charge.

Le refuge d’Arlet du Parc National (1986m) est situé en vallée d’Aspe; il est à la croisée de plusieurs randonnées et sur la Haute Route Pyrénéenne (H.R.P.), entre les étapes d’Ansabère et le col du Somport. Il y a plusieurs départs possibles pour y accéder pour une randonnée à la journée :

1- depuis les forges d’Abel au parking d’Espelunguère (altitude 1349m).

2- depuis le parking d’Aumet sur le plateau de Lhers au-dessus de Lescun (altitude 1138m) – Déjà effectuée, c’est une belle randonnée.

3- depuis Borce par la piste pastorale de Belonce (parking altitude 1190m). L’itinéraire remonte le vallon de Belonce et rejoint l’itinéraire précédent entre le col de Saoubathou et le refuge, à la cabane de Lapassa.

4- Peu avant Urdos, direction quartier d’Aubise (de suite à droite après le fort du Pourtalet) – Maison Lamourane (altitude 1158m). Possibilité de faire une boucle en redescendant du refuge par l’itinéraire précédent (3), que l’on quitte dans la partie basse par une bifurcation vers la droite (altitude 1250m) en direction du col de Lagréou et retour à la maison Lamourane.

Les photos de cet article illustrent un A/R au lac et Refuge d’Arlet depuis la maison Lamourane. La route d’accès au petit parking est étroite et sinueuse. Les places sont limitées et elles sont rapidement occupées, particulièrement en été. Cette route étroite dessert plusieurs maisons riveraines juste en aval du parking, que l’on peut déranger par des stationnements sauvages. A mon arrivée, le parking était plein : deux camping-cars dont un en travers et qui ont sans doute pris toute la largeur de la route pour monter; aussi des voitures garées avec une largeur entre elles juste insuffisante pour garer la mienne. Il a été compliqué de trouver une place pour se garer sans gêner personne.

Ce  qui suit ne peut être un topo, il y en a de très bien faits sur internet, en particulier sur le site « Topopyrénées ». Les photos ont pour seul but de faire apprécier cette vallée d’Aspe que j’aime bien : en particulier pour son pastoralisme, bien présent lors de cette sortie. Alors que je pratique la montagne pour le plaisir qu’elle m’apporte par la connaissance de la faune et de la flore, rien de tout cela aujourd’hui. Le téléobjectif est resté à la maison et j’ai profité des paysages avec un objectif Grand-angle (20mm).

Environ 30mn après le départ, l’entrée dans le Parc National, dans la forêt.

Regard en arrière sur le vallon du Baralet, après la sortie de la forêt.

La cabane Pacheu (1417m) – Vente de Fromage à la cabane.

Après la traversée sur un pont en ciment peu après la cabane Pacheu, on passe sur la rive droite du gave du Baralet. La montée en lacets dégage un très beau panorama sur le vallon du même nom.

A main gauche, le sentier monte sous les falaises de grès rouges de Souperet.

Puis, il bifurque vers la droite, en descendant légèrement devant une cascade.

Il débouche ensuite sur le plateau de Banasse, dominé par la montagne de Banasse et occupé par des troupeaux de brebis et par des chevaux, des vaches aussi. Le sentier continue au loin en remontant à flanc de montagne vers un large col à droite (derrière le col, le lac et refuge d’Arlet). Au loin, presque au centre, la cabane de Lurbe. 

En se retournant : la Mèze (1923m) et sa falaise de grès rouges, à gauche,  fait face au pic du Baralet (2052m) et au Souperet (2033m).

En arrière-plan, sur la droite : le Capéran de Sesques (2410m) et sa forme caractéristique. Puis, à sa gauche, le Soum de Moundaut (2526m) et le pic de Sesques (2606m). 

Arrivée à une bifurcation : à gauche, le sentier (itinéraire H.R.P.) venant du parking d’Espelunguère. Derrière moi, le sentier venant du parking d’Aubise (maison Lamourane). A main droite, le refuge d’Arlet, gîte d’étape sur l’HRP. 

Le sentier (itinéraire H.R.P.) venant du parking d’Espelunguère par le col de Lapachouaou (1891m) situé à gauche, dégageant la vue sur l’Ossau. A droite de l’Ossau, le pic en forme de pyramide est le pic des Moines (2349m), au pied duquel passe par le col des Moines une variante (GR 108) du chemin de Compostelle « La Voie d’Arles » ou GR653.

Vue sur l’Ossau au centre (2884m), le pic des Moines (2349m) à sa droite, les pics d’Enfer (bien visibles à l’oeil nu mais difficile sur ce cliché pris au Grand Angle), le pic d’Anayet (2545 m) et le Vertice d’Anayet (2555 m) à droite.

Après la montée d’une butte herbeuse, le refuge d’Arlet se dévoile. « Méconnaissable » au centre, un patou monte la garde.

Le lac et le refuge d’Arlet (1986 m), dominé à droite par le pic d’Aillary (2215 m). 

Tout à gauche, le pic d’Arlet (2207 m).

Le refuge d’Arlet, le col d’Arlet (2095 m, frontière avec l’Espagne), le pic d’Ailhary (2215 m), le pic Rouge vers la droite (2177m). Puis, les sommets du cirque de Lescun, du pic et table des Trois Rois au Pic d’Anie. Le sentier en contrebas descend du refuge vers Borce ou vers le parking d’Aumet (plateau de Lhers).

Le pic d’Ailhary (2215 m), le pic Rouge (2177m), le cirque de Lescun (table des Trois Rois au Pic d’Anie), la Table de Souperret (2116m) et le pic de Labigouer (2175 m) tout à droite.

Sur le chemin du retour, on profite bien mieux des paysages.

Retour par le même sentier, l’H.R.P. sur la droite, que l’on quitte un peu plus loin pour se diriger vers la cabane de Gourgue Sec, que l’on aperçoit vers la droite au bord de sa mare. Devant, le plateau de Banasse que l’on va traverser à nouveau pour redescendre le vallon du Baralet jusqu’au parking.

La cabane des Caillaous (1877m), une cabane en pierre entièrement rénovée sur l’H.R.P, avant de bifurquer vers la cabane de Gourgue Sec.

Dans le creux, un peu plus loin : la cabane de Lurbe (1845m), à l’écart de la HRP et occupée par le berger en été.

Le sentier laisse sur la droite la cabane de Gourgue Sec (1830m), cabane habitée en été. Très bon accueil de la famille de bergers, avec vente de fromage.

Puis, on redescend à nouveau du plateau de Banasse (sur la gauche) vers le vallon du Baralet.

La falaise de grès rouges de la la Mèze (1923m), à gauche. Aucune indication pour les autres sommets.

La cabane Pacheu (1451m), avant le retour au parking. Le panneau « vente de fromage » invite au détour au retour (cliché pris à l’aller).

L’entrée dans le bois (cliché pris à l’aller).

En résumé, une très belle sortie que je recommande. Dénivelé cumulé de 915 mètres pour une distance de 15km800. Le temps? Comptons 3H30 Aller – 2H45 Retour en moyenne, sans se presser.

Le Coucou gris – L’observation d’un juvénile (04 août 2019)

Coucou gris juvénile – Observation du 4 août 2019.

Le Coucou gris

(Nom scientifique : Cuculus canorus)

Le Coucou gris est un migrateur strict, largement connu du grand public par son chant mais aussi méconnu par sa discrétion. Il est très commun et difficile à observer : c’est un oiseau solitaire (hors reproduction) et qui se montre très peu. Le chant du mâle permet parfois de le localiser et la femelle est quasiment invisible.

En France, la façade atlantique est colonisée la première, lors de son retour aux beaux jours. Dans le Vic-Bilh, j’attends le premier chant avec impatience, il confirme l’arrivée du printemps. C’est celui du mâle, qui arrive avant les femelles : 28 mars 2009, 24 mars 2010, 26 mars 2011, 24 mars 2012, 22 mars 2013, 30 mars 2014, 28 mars 2016, 27 mars 2017, 28 mars 2018, 25 mars 2019! Et avant? Je ne pouvais pas vivre aussi bien au rythme de la Nature et mes observations étaient moins fiables.

Une fois arrivé, le « cou-cou » sonore, clair et répétitif du mâle résonne à toute-heure, parfois très tôt; c’est celui de la parade pour attirer les femelles et pour éloigner les rivaux. On l’entend essentiellement pendant la période de reproduction. La femelle ne chante pas. Elle pousse un cri qui ressemble à une sorte de gloussement, une série assez longue de sons descendants. Le mâle répond aussi bien au chant d’un autre mâle qu’au cri de la femelle, et peut être attiré facilement par une imitation surtout en début de cycle reproducteur, où il est assez excité.

J’ai régulièrement l’occasion de l’observer en vol, quand il traverse entre deux bosquets d’arbres. On peut le confondre facilement avec un épervier : c’est ce que j’ai failli faire aujourd’hui, pensant qu’ils étaient tous partis! Jusqu’à présent, je n’étais pas sensibilisé à la migration retardée des jeunes!

Coucou gris juvénile se nourrissant sur une pelouse.

L’oiseau se nourrit majoritairement de chenilles qu’il trouve sur le sol, les plantes ou les buissons, avec une prédilection pour les grandes poilues, et souvent urticantes, que délaissent beaucoup d’autres espèces. Son arrivée par la façade atlantique est à mon avis en partie liée à la présence en très grand nombre de la chenille processionnaire dans les forêts de pins, au début du printemps. Cette chenille a très peu de prédateurs : les différentes espèces de mésanges consomment les œufs l’été et les jeunes chenilles en automne et en hiver, puis les coucous prennent le relais au début du printemps pendant la procession, puis la huppe faciès s’attaque aux chrysalides, et enfin l’engoulevent mange les papillons adulte.

Si son arrivée est claironnée, son départ est beaucoup plus discret.

Après s’être reproduits en pratiquant la méthode du parasitisme de couvée, les parents coucous peuvent déjà repartir vers l’Afrique au début de l’été. En effet, ils n’ont pas besoin de couver les œufs ni de nourrir les jeunes et ils nous quittent avant que les jeunes coucous soient prêts pour migrer.

Cette reproduction est largement documentée sur internet, si on veut plus de détails. Après le début de la ponte de l’espèce-hôte choisie, la femelle remplace un seul œuf par nid (en le gobant parfois) par un des siens : elle dépose ainsi en moyenne une dizaine d’œufs dans une dizaine de nids différents d’oiseaux-hôtes, au cours du printemps. Elle pond un œuf tous les deux jours et le nombre total d’œufs peut être bien plus élevé, jusqu’à une trentaine à la fin juin, d’après la littérature. Chaque femelle semble se spécialiser dans le parasitisme d’une espèce-hôte particulière, peut-être celle qui l’a élevée. L’œuf se rapproche par sa couleur de ceux de l’espèce-hôte. Il n’existe pas d’œuf de coucou type : les teintes sont très variables.

Le taux de réussite de la reproduction est assez faible, de l’ordre de 20 à 30 %.

Dans le Vic-Bilh, le coucou adulte se met en route de fin juin à mi-juillet environ. Je ne m’en rends pas compte de suite à cause de sa discrétion habituelle: le chant si caractéristique du mâle s’est espacé dans la deuxième quinzaine de juin et je ne remarque leur absence définitive qu’au bout de quelques jours, quand la forêt est redevenue « silencieuse » et que je n’observe plus ce vol rapide et direct à basse altitude entre deux bosquets.

C’est un migrateur solitaire, qui vole essentiellement de nuit. Après avoir accumulé des réserves énergétiques suffisantes sous forme de graisse, il migre directement en parcourant de très grandes distances!

Le jeune coucou, quant à lui, s’envole un à deux mois plus tard, sans avoir jamais connu ses vrais parents : il est instinctivement capable de migrer seul, sans qu’un adulte lui montre le chemin. Le comportement du coucou est en effet inné et le jeune trouve instinctivement les quartiers d’hiver de l’espèce lors de son premier long voyage en solitaire, un voyage vers l’inconnu! Il fait partie de ces migrateurs au long cours (ou longue-distance) qui hivernent au sud du Sahara, essentiellement des espèces insectivores comme lui et dont la source d’alimentation est trop rare au nord du Sahara en hiver pour subvenir à leurs besoins. Ce sont les premières espèces migratrices à repartir.

La destination finale des coucous ne se recoupe pas suffisamment selon les sources consultées et je préfère rester vague à ce sujet.

Ce dimanche 4 août, j’observais les allées et venues d’un oiseau pris d’abord pour un épervier et j’ai découvert ce juvénile sur mes clichés : j’ai alors appris quelque chose de nouveau pour moi, la migration retardée des jeunes coucous!

Les jeunes ont des plumages variables mais souvent roux avec une tache blanche à la nuque, que l’on voit bien sur les clichés.

Chassé par un Geai des chênes! La ressemblance avec un rapace (épervier, entre autres) peut entraîner une méprise chez d’autres oiseaux et déclencher leur attaque à coups de bec.

06 août 2019 – Notre deuxième rencontre, sous une belle lumière matinale. Je ne le reverrai plus. L’approcher ainsi m’a bien appris sur le mode de vie de cet oiseau. Bon vent vers l’Afrique!

« Le folklore, dans mes Landes natales entre autres,  raconte que si un promeneur a de l’argent en poche lorsqu’il entend le premier coucou de l’année, il sera riche l’année entière ».

Article rédigé à partir de mes photos personnelles. Sources bibliographiques consultées :

https://www.migraction.net/index.php?m_id=1517&bs=169

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.nature79.org/userfiles/COINnaturaliste/Ornitho/FicheCoucou.pdf

https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Coucou-gris.pdf

Le barrage des Gloriettes et le cirque d’Estaubé (13 juin 2019)

Panneau de présentation du barrage des Gloriettes au début de la balade.

Le barrage des Gloriettes

et le cirque d’Estaubé

Le lac des Gloriettes, depuis le barrage.

J’ai présenté récemment dans un article cette balade avec toutes les informations nécessaires, y compris les différentes options. Pour plus de détails, vous pouvez consulter mon premier article : «  Ici  » . Je l’ai refaite pour des raisons personnelles quelques jours plus tard sous une météo incertaine. En voici quelques photos, qui illustrent que « ce n’est jamais pareil« .

Après avoir traversé la digue du barrage, on peut faire le tour du lac (dans le sens inverse des aiguilles d’une montre), aller vers la cabane d’Estaubé puis la cascade du Pla d’Ailhet, aller au refuge de Tuquerouye, aller à la Hourquette d’Alans (A/R) ou redescendre vers Gavarnie par le refuge des Espuguettes. On peut aussi faire un crochet par le plateau de Coumély pour visiter ses belles granges : c’est l’option présentée en photos.

Après avoir pris un peu de hauteur dans la direction du plateau de Coumély, la vue sur le lac des Gloriettes avec en arrière-plan le cirque d’Estaubé.

La buvette « Les Gloriettes » (fermée hors saison touristique).

Le cadre, depuis la buvette « Les Gloriettes ».

Nigritelle noire ou orchis vanille (Gymnadenia rhellicani), orchidée endémique des Pyrénées.

Géranium des bois.

Panneau pédagogique présentant la vallée de Héas, que l’on domine. Retranscription du panneau : 1- Le cirque glaciaire (lieu d’accumulation et de transformation de la neige en glace, source du glacier) 2- La vallée en auge (forme en U en travers de la vallée, fond plat et flancs raides presque verticaux) 3- L’épaulement glaciaire (indique au flanc de la vallée l’altitude maximale du glacier) 4- La moraine (accumulation de débris de roches liée à l’action abrasive du glacier transportée et repoussée devant lui et sur ses flancs) 5- Les roches moutonnées (roches polies par les pierres de moraine que le glacier emporte vers la vallée) 6- La vallée « suspendue » (vallée affluente dont le glacier bien moins « nourri » de neige n’a pu éroder son plancher jusqu’au niveau de la vallée principale).

Le plateau de Coumely et une partie de ses granges rénovées.

Après une balade sur le plateau sous une pluie fine, la descente à travers l’estive jusqu’au barrage.

Reprise du chemin qui longe le lac des Gloriettes à main gauche, pour continuer vers le fond du cirque d’Estaubé.

Le lac est très bas. Deux pêcheurs au bord de l’eau (pêche ouverte depuis le 25 mai). Tout à gauche, le déversoir de l’eau de l’Aguila.

Sur la rive opposée, la bouche du tunnel d’où se déverse l’eau de l’Aguila. Cette eau est captée quelques kilomètres à l’Est au pied du Soum des Salettes, puis elle est canalisée jusqu’au lac.

Aperçu du barrage et de ses alimentations (conduite de l’eau de l’Aguila et gave d’Estaubé), en se retournant.

Le sentier continue en remontant le gave rive gauche (gave à main gauche).

Un parterre de fleurs diverses, dont quelques Gentianes printanières.

Le gave d’Estaubé.

Dernier aperçu sur le lac et le barrage en se retournant.

La passerelle sur le gave d’Estaubé, pour ceux qui ne feront que le tour du lac (en sens inverse des aiguilles d’une montre).

Poursuite de la ballade en remontant vers le cirque.

Le balisage du Parc National!

Panneau de directions : à gauche, vers la cabane d’Estaubé et la cascade du Pla d’Ailhet (traversée du gave au pont d’Estaubé) – A droite, vers la Hourquette d’Alans, le Port Neuf de Pinède et les Espuguettes. 

Le gave, depuis le pont d’Estaubé en direction de la cabane du même nom.

La cabane d’Estaubé (à gauche). Les troupeaux ont commencé à investir les estives du cirque.

Remontée vers le fond du cirque, côté rive droite du gave (gave à main droite). Une petite passerelle permet de changer de rive, quand les eaux sont hautes.

L’arrivée au Pla d’Ailhet. La cascade, située vers la gauche en remontant le plateau, est encore obstruée par un névé. Les sommets du cirque d’Estaubé sont, hélas, dans les nuages. Pour des vues rapprochées sous un beau ciel bleu avec les identifications, voir mon précédent article.

Sur le chemin du retour.

Traversée du petit pont d’Estaubé, pour repasser rive gauche du gave.

Poursuite de la descente rive gauche (gave à main droite), avant de passer plus bas sur la passerelle permettant de faire le tour du lac.

La passerelle permettant de faire le tour du lac (cliché pris à l’aller sans l’emprunter). 

C’est un jour de transhumance des vaches, elles arrivent jusqu’au parking du bas des Gloriettes en camions bétaillères! Elles remontent ensuite jusqu’au barrage et empruntent le sentier du tour du lac par la gauche (sens des aiguilles d’une montre).

Elles traversent ensuite le gave à gué pour passer sur l’autre rive jusqu’au pont d’Estaubé, direction le Pla d’Ailhet.

Le gros des troupeaux est passé, sauf une vache qui a choisi l’option de la liberté, en traversant le lac à la nage.

Silène acaule.

Myosotis des Pyrénées.

Le lac des Gloriettes et l’arrivée de l’eau de la conduite de l’Aguila, depuis l’autre rive.

La Renoncule des Pyrénées.

Avant de rejoindre le parking, la vue sur les cabanes du plateau de Coumély, plateau visité au départ de la balade.

La solitude de la vache qui, ivre de liberté, n’a pas voulu suivre le troupeau. Après s’être échappée, elle a traversé le lac à la nage; maintenant, elle ne sait plus trop quoi faire sur la rive opposée, isolée du troupeau. Elle va être rapidement récupérée. La balade se termine sur cette vue.

La Réserve de biosphère de Castro Verde (Portugal) – Avril 2019

Une Outarde canepetière (mâle).

La Réserve de Biosphère

de Castro Verde (Portugal) – Avril 2019

Une petite volée de Gangas Unibande.

Présentation

Située au sud du Portugal, dans l’arrière-pays de la région de Baixo Alentejo, cette réserve de biosphère couvre près de 57 000 ha. Elle comporte la steppe céréalière la plus importante du Portugal, l’un des paysages ruraux les plus menacés de la région méditerranéenne. La population y vit notamment de la production extensive de céréales et de l’élevage du bétail.

Elle présente un niveau d’endémisme élevé en ce qui concerne sa flore.

Un aperçu sur la Réserve de Biosphère de Castro Verde.

Cette plaine, à qui l’été donne un ton blanchâtre, est habituellement désignée sous le nom de « Campo Branco » ou « Champ Blanc » . C’est une zone de protection spéciale de l’avifaune. On y compte près de 200 espèces, des oiseaux de steppe comme la grande outarde, et des espèces endémiques comme l’aigle impérial ibérique, l’un des oiseaux de proie les plus menacés au monde. On y trouve aussi d’autres espèces typiques comme l’œdicnème criard (également appelé « courlis de terre »), le Ganga unibande.

La « Mascotte », à l’échelle … plus grande que nature. 

La Grande Outarde est le symbole de Castro Verde. Parmi les 1500 outardes existant au Portugal, 1350 vivent ici. J’y suis passé au moment de la parade nuptiale mais je n’ai pas eu l’occasion de voir le mâle en train de parader. Elles y sont observables de bien plus loin que, par exemple, à Villafafila en Espagne.

Quant au faucon crécerellette, il arrive en février et repart au début de l’été, après avoir fait ses nids au sommet d’édifices en ruines. L’outarde canepetière trouve dans ces grands champs de céréales l’habitat idéal pour toute l’année. Elle est plus facilement approchable que sa « grande cousine ».

A l’Office du Tourisme de Castro Verde, vous pouvez acheter un petit guide très intéressant à un prix modique, bien fait et bien illustré. Il comporte tous les renseignements nécessaires sur les associations, les organisations locales, les transports, les restaurants, etc. et surtout : six itinéraires pédestres entre 4 et 19 km pour découvrir le Campo Branco avec les noms/photos des espèces d’oiseaux observables sur chaque parcours. La référence de ce guide : « Walks in the Campo Branco », édité en portugais et en anglais par la LPN (Ligue de Protection de la Nature du Portugal).

L’accès au Centre d’Éducation Environnementale de Vale Gonçalinho. 

Le panneau de présentation du projet LIFE Estepárias (2009-2012), au Centre de Vale Gonçalinho.

Le Centre d’Éducation Environnementale de Vale Gonçalinho peut aussi vous fournir des informations pour profiter pleinement de votre séjour. La visite de ce Centre est intéressante et je la recommande; le personnel d’accueil est compétant. C’est le point de départ de l’un des itinéraires pédestres, le Parcours 6 « Vale Gonçalinho – Pereiras”, parcours sur lequel ont été faites les photos de l’article.

Panneau pédagogique à l’entrée de l’itinéraire pédestre »Vale Gonçalinho – Pereiras”, dans la Réserve.

La Grande Outarde (Otis tarda)

Un mâle solitaire. Il reste un long moment à m’observer (de très loin), depuis une butte.

L’envol, toujours impressionnant.

Les clôtures, un danger pour les outardes. Celui-ci a été minimisé par la mise en oeuvre du projet LIFE Estepárias (2009-2012).

Passage devant les ruines d’une exploitation agricole, colonisée par une multitude de faucons crécerellettes ; j’ai eu l’impression qu’il en sortait de partout. On en voit deux posés sur l’arête du toit. 

Un couple d’outardes barbues.

J’ai déjà présenté à deux reprises ce bel oiseau observé dans les steppes de Villafáfila (Espagne) avec un descriptif complet et beaucoup de photos d’illustration. Vous le retrouverez facilement dans les archives (voir ICI ). J’ai été particulièrement content de pouvoir les observer également au Portugal. Je n’ai vu que des mâles et très peu, mais cela n’a rien changé à mon plaisir.

L’Outarde Canepetière (Tetrax tetrax)

Un habitat rongé par la modernisation.

Un couple d’outardes canepetière en vol.

C’est un très bel oiseau méfiant et difficile à observer. J’espérais faire sa rencontre depuis un petit moment déjà. Elle est également présente à Villafáfila (Espagne) mais je ne l’y ai jamais vue.

Le mâle, en tenue nuptiale.

Le plumage de la femelle, très discret, fait penser à celui d’une poule faisane. 

Le dimorphisme sexuel est au maximum en période nuptiale, d’avril à juillet. A cette période, le plumage nuptial des mâles est arboré de remarquables motifs sur la tête et le cou (colliers noirs et blancs). Mais, après la mue post-nuptiale complète de juillet à octobre, mâles et femelles présentent un plumage quasi identique.

Mâle chanteur dans sa prairie.

Son habitat de prédilection est la steppe semi-aride. Elle fréquente des terrains dégagés et ouverts : pâtures, cultures de céréales et d’autres herbacées. En hiver et pendant la migration, on la trouve dans les prairies et les grandes étendues plates. Son régime alimentaire se compose essentiellement d’insectes et de végétaux.

Son vol est rapide avec de brefs planés. C’est une espèce de taille moyenne, avec une envergure jusqu’à 1m15.

Largement répandue autrefois, l’espèce a décliné à partir du 19è siècle et il ne reste plus que deux noyaux. L’aire de nidification occidentale couvre essentiellement l’Espagne et le Portugal, puis la France, l’Italie (essentiellement la Sardaigne) et le Maroc. La Russie, l’Ukraine, le Kazakhstan, le Kirghistan, l’extrême nord-ouest de la Chine et le nord de l’Iran sont habités par les populations orientales. Les deux populations ne sont pas ou plus connectées.

Une Outarde canepetière mâle sur son territoire, en train de chanter.

Outarde canepetière mâle, avec les plumes du cou « gonflées ».

Le comportement le plus spectaculaire est la parade nuptiale du mâle qui défend son territoire. L’espèce établit des leks, sorte de communauté de mâles hiérarchisée autour d’une arène centrale où les femelles viennent observer et choisir les reproducteurs les plus démonstratifs lors de « parades sautées ». Celles-ci se matérialisent par un comportement de chant souvent ponctué d’un saut avec battement d’ailes rapide, en exposant les couleurs blanc et noir du cou. Les poursuites entre mâles rivaux servent également à attirer les femelles. Le suivi des populations dans les publications se fait souvent par le comptage des mâles chanteurs.

Le site de nidification est situé en général à proximité des places de chant (de moins de 100 m jusqu’à 1km parfois). Le nid est une simple dépression creusée dans la terre et garnie de quelques herbes. La femelle pond en général dans la deuxième quinzaine de mai et les œufs (2 à 5) sont incubés en 20-22 jours. Le nombre d’œufs par couvée a diminué ces dernières années. La femelle assure seule la couvaison, le nourrissage et l’apprentissage des jeunes poussins (les outardeaux), nidifuges, qui ne voleront qu’à l’âge de 1 mois.

Après consultation de nombreuses sources, je n’ai pas pu trouver d’enquête précise récente sur la population d’outardes canepetières au Portugal. Les informations disponibles sont le plus souvent antérieures à 2010 et difficiles à exploiter (méthodes de comptage, période de comptage). Certaines données se contredisent ou varient largement selon les sources. Cependant, comme partout ailleurs y compris l’Espagne, l’Outarde canepetière y est en régression malgré la mise en place de mesures de protection, avec la raréfaction des insectes et le changement des pratiques agricoles. D’après BirdLife International (1), la population a fortement baissé en Espagne de 46% entre 1998 (100 000 à 200 000 individus dans les années 1990) et 2012 et de 47% au Portugal entre 2003-2006 (13 250 à 21 771 mâles reproducteurs) et 2016 (5 546 à 13 207 mâles reproducteurs). Comme on peut le constater, les données bien qu’imprécises indiquent une tendance évidente au déclin.

Quelques précisions sur sa présence en France : l’espèce est séparée en deux grandes populations. Le Centre-Ouest accueille la dernière population migratrice d’Outarde canepetière dans ses grandes plaines céréalières, notamment en Poitou-Charentes, atteignant à l’est les départements de l’Indre et du Loir-et-Cher et au sud, la Dordogne. Les mâles arrivent sur leurs sites de nidification de fin mars à début mai, surtout dans la première quinzaine d’avril. Présents par petits groupes, ils se dispersent rapidement pour prendre possession d’un territoire. Les femelles arrivent à partir de la mi-avril. Mâles et femelles sont fidèles à leur lieu de reproduction. A partir de juillet, les mâles se regroupent pour muer. Les femelles, accompagnées de leurs jeunes, les rejoignent progressivement à la fin de l’été. La taille des troupes augmente jusqu’à la mi-septembre (on parle alors de rassemblements post-nuptiaux) et elles restent visibles jusqu’aux départs en migration qui ont lieu pour l’essentiel avant le 15 octobre et pendant la nuit. Elles passent ensuite l’hiver en Espagne pour la grande majorité. Cette population du Centre-Ouest était en voie d’extinction; entre 1970 et 2000, ses effectifs ont diminué de 95 %. Un plan de sauvegarde a été mis en place en 1997 avant leur disparition complète qui était prévue pour 2010 (Life Nature Outarde 1997-2001 et 2004-2009). Certains agriculteurs volontaires ont été accompagnés financièrement pour  garder un habitat pour l’espèce en mettant des parcelles en jachère, souvent semées de luzerne.

Sur le pourtour méditerranéen, la population est sédentaire et elle est en lente progression. Elle ne se déplace qu’entre sites d’hivernage et de reproduction. Elle y bénéficie aussi de mesures de protection. Elle hiverne massivement dans la plaine de la Crau dans les Bouches-du-Rhône (populations provenant de Provence et du Gard), les Costières du Gard et dans la Basse Plaine du Vidourle (entre Gard et Hérault). On la trouve aussi dans les plaines de Pujaut et de Beaucaire (Gard). Les déplacements vers les sites d’hivernage s’effectuent surtout à la fin-septembre. Les habitats d’alimentation changent au cours de l’hiver au gré de la pousse des cultures. Adaptation oblige, l’outarde canepetière y affectionne aussi les plate-formes aéronautiques.

En 1980, la population nationale était estimée à 7 200 mâles chanteurs. Elle est passée à 1 270 en 2000 puis elle est remontée à 1 550 en 2004. Cette augmentation par rapport à l’année 2000 était uniquement due à l’augmentation de la population sédentaire méditerranéenne, qui représentait 80% de la population nationale. Avec les différentes mesures de protection, le nombre de mâles chanteurs est passé à 1 776 en 2008 et 2758 en 2012 (dont 1 583 dans la région PACA, représentant 57% de la population nationale). J’espère bien faire un jour sa rencontre … en France.

Le Ganga unibande (Pterocles orientalis)

Je n’en avais encore jamais vu! De la taille d’une perdrix, cet oiseau grégaire fréquente les steppes sèches et les zones arides et semi-désertiques avec une végétation clairsemée. On le retrouve principalement sur les terrains plats de plaines, de sables d’argiles ou encore les sols graveleux, parfois recouverts de pierres. On peut parfois le retrouver sur les sols artificiels comme les terrains d’aviation. Il évite les zones totalement dépourvues de végétation. Son habitat est assez répandu, notamment en Espagne et au Portugal. En France, il est absent. Une espèce voisine, le Ganga cata (Pterocles alchata) est présente dans la plaine de la Crau (steppe semi-aride située aux portes d’Arles et delta fossile de la Durance). En dehors de la période de reproduction, il forme des troupes nombreuses qui survolent les terres dans un vol très rapide.

Gangas Unibande – Deux mâles. 

Gangas Unibande – Trois mâles puis une femelle. 

Gangas unibande : Mâle – Femelle-Mâle-Femelle.

Gangas unibande : une femelle puis un mâle.

 La tête, le cou et la poitrine du mâle sont gris, tirant vers l’ocre. Ses parties inférieures sont noires et les supérieures brun doré avec des marques plus foncées. Le bas de la poitrine porte une fine ligne noire, et la gorge une tache châtaine.

La femelle a les parties supérieures plus brunes et plus finement marquées, et cette coloration générale s’étend à la tête et la poitrine. Ses parties inférieures et la bande pectorale sont comme chez le mâle.

Il se nourrit principalement de petites graines. Dans les derniers jours de l’hiver, les troupes se désagrègent et les couples vont occuper leurs territoires traditionnels, généralement identiques à ceux des années précédentes. Avant la nidification, les mâles poursuivent les femelles en tournoyant dans les airs jusqu’à ce qu’elles se posent. Lorsqu’ils sont à terre, le mâle entame alors une parade nuptiale, tournant autour de sa partenaire, hérissant son plumage et fléchissant les pattes.

Le mâle participe à la couvaison en assurant l’incubation pendant la nuit, d’une heure avant le coucher du soleil jusqu’à quatre heures après l’aube. Les poussins sont nidifuges et capables de se nourrir assez rapidement. Toutefois, ils dépendent de leurs parents pour la boisson. Le mâle est chargé de la collecte de l’eau qu’il emmagasine dans les plumes de son poitrail. Quand il revient au nid, les jeunes prélèvent la boisson nécessaire en aspirant l’eau contenu dans son plumage.

Ganga unibande – Un mâle solitaire.

D’après BirdLife International 2015 (2), la population européenne est estimée dans la fourchette de 10 400 à 19 100 couples, ce qui équivaut à 20 800 – 38 200 individus matures. L’Europe représente environ 15% de l’aire de répartition mondiale. Toujours en Europe, on estime que la taille de la population va diminuer au rythme actuel de 50 à 79% en 17 ans (trois générations).

Cette espèce se reproduit dans la péninsule ibérique et le nord-ouest de l’Afrique (y compris les îles Canaries), et de la Turquie jusqu’au sud-ouest de l’Asie centrale jusqu’au sud de la Chine, et jusqu’au sud de l’Iran et du Pakistan. En Europe, la principale menace pour cette espèce est l’intensification de l’agriculture.

Le Faucon crécerellette (Falco naumanni)

Faucon crécerellette femelle (je n’ai pu approcher de mâle dans les mêmes conditions).

On peut facilement le confondre avec le faucon crécerelle (Falco tinnunculus), beaucoup plus commun :

        -Le crécerellette, très rare chez nous, est plus svelte,

        -Le plumage du mâle du crécerellette se distingue par la présence d’une bande bleutée sur l’aile et l’absence de taches noires sur son manteau roux. Ses rectrices grises sont terminées par une barre noire. Cette barre noire se retrouve également chez sa femelle,

        -La femelle crécerellette a un plumage entièrement brun tacheté et barré. La distinction avec la femelle crécerelle, très semblable, n’est pas toujours simple. Le critère imparable pour les différencier est la couleur des ongles des serres : claires pour le crécerellette, noires pour le crécerelle.

En France, on ne le trouve que dans le Sud, dans les Bouches-du-Rhône et dans l’Hérault, c’est la limite de sa répartition au nord de l’Europe. Il y est présent du mois de mars jusqu’au début du mois d’octobre. Il passe le reste de l’année en Afrique de l’Ouest. C’est le plus petit de nos rapaces diurnes. Dans les années 1970, sa population européenne a diminué de 90 %, du fait de la dégradation de ses habitats (pesticides, intensification des pratiques agricoles…). Protégé, il a bénéficié chez nous d’un plan national de restauration (2002-2006) et d’un plan national d’action (2011-2015).

Suite à ces actions de conservation, la population française est remontée à plus de 422 couples en 2018 (3). Cette population reste localisée en trois noyaux de population : la plaine de la Crau (161 couples), l’ouest de l’Hérault (220 couples) et l’est de l’Aude (41 couples).

D’après BirdLife International 2015 (4), la population européenne est estimée à 30 500-38 000 couples, soit 61 000 à 76 100 individus matures, dont près de la moitié en Espagne. L’espèce se reproduit en Espagne, Portugal, France, Italie, Grèce, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, … Les oiseaux hivernent dans le sud de l’Espagne, dans le sud de la Turquie, à Malte et dans l’Afrique de l’ouest et du Sud.

Un couple de faucons crécerellettes. La compétition inter-spécifique, par exemple avec le Choucas des tours pour l’occupation des cavités de nidification, est une des causes de sa raréfaction.

La population semble être stable ou en légère augmentation dans de nombreuses parties de son aire de répartition, y compris en Europe (BirdLife International 2015). Cette tendance est considérée comme stable au cours des trois dernières générations (estimée à 17 ans).

Une des deux tours de nidification construite pour la recolonisation du faucon crécerellette (80 nids) dans le cadre du projet LIFE Estepárias 2009-2012. La cabane à gauche sert d’observatoire et d’affût pour photographier crécerellettes et rolliers d’Europe, louée à la demi-journée au Centre d’interprétation.

Quelques autres espèces d’oiseaux

On peut y trouver d’autres espèces d’oiseaux comme le Busard cendré (Circus pygargus), le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus), la Chevêche d’Athéna (Athene noctua), la Huppe fasciée (Upupa epops), l’Oedicnème criard (Burhinus œdicnemus), la Pie-grièche à tête rousse (Lanius senator), le Rollier d’Europe (Coracias garrulus), le Vanneau huppé (Vanellus vanellus), différentes espèces d’alouettes, etc.

Une pie-grièche à tête rousse (mâle).

Le Bruant proyer (Emberiza calandra)

Le Busard cendré (Circus pygargus).

La Buse variable (Buteo buteo)

Le Guêpier d’Europe (Merops apiaster), incontournable.

Le projet LIFE Estepárias (2009-2012)

Trois espèces prioritaires d’oiseaux de steppe énumérées à l’annexe I de la directive « Oiseaux » (directive n°79-409 de la Communauté Européenne) sont extrêmement vulnérables aux changements de pratiques agricoles qui entraînent la perte et la fragmentation de l’habitat, principaux facteurs de leur statut extrêmement défavorable en Europe : ces espèces emblématiques sont la grande outarde (Otis tarda), l’Outarde canepetière (Tetrax tetrax) et le faucon crécerellette (Falco naumanni).

La Réserve de Biosphère de Castro Verde et le Centre d’Éducation Environnementale de Vale Gonçalinho (tout à gauche). 

Au Portugal, en raison de la disparition avancée des systèmes d’exploitation extensive, ces espèces sont maintenant presque entièrement confinées à la région de l’Alentejo. Plus de 80% des populations de grandes outardes et 70% des populations de faucons crécerellettes sont concentrées dans un seul site, la Zone de Protection Spéciale (Z.P.S.) de Castro Verde (site Natura 2000). Plusieurs menaces ont été identifiées dans ces zones : la perte d’habitat, la fragmentation de l’habitat, la perte de sites de nidification, les lignes électriques, la prédation et la perturbation.

Afin de tenter d’enrayer ce déclin et peut-être d’inverser cette tendance, un projet européen LIFE (L’Instrument Financier Européen) « Estepárias » référencé LIFE07 NAT / P / 000654 s’est déroulé entre 2009 et 2012 (l’objectif de ces projets LIFE est l’application, la mise à jour et le développement de projets orientés nature au moyen de politiques environnementales et de projets de hautes valeurs ajoutées). Il était consacré à la conservation de la Grande Outarde, de l’Outarde canepetière et du Faucon crécerellette dans quatre Zones de Protection Spéciale du sud de l’Alentejo (« Baixo Alentejo »): Castro Verde, Piçarras, Vale do Guadiana et Mourão/Moura/Barrancos.  

Le projet LIFE « Estepárias » a eu pour résultat : de protéger les zones importantes de parade nuptiale de la grande Outarde par l’achat de nouvelles terres (fond européen, fonds privés de la LPO et dons), de minimiser l’impact avec les lignes électriques (signalisations anti-collision), enlever des clôtures ou minimiser leur impact (grillages fins, signalisation anti-collision), installer des passages dans les clôtures, augmenter la disponibilité de l’eau (abreuvoirs, mini-barrages) et de la nourriture dans les périodes de grande sécheresse, construction de deux tours de nidification pour la recolonisation du faucon crécerellette, récupérer et soigner les sujets blessés, sensibiliser la population et les écoles par l’information et la communication, promouvoir la participation des agriculteurs, propriétaires et gestionnaires cynégétiques, … .

En mars 2018, l’équipe de suivi externe de LIFE a effectué une visite post projet, cinq ans et demi après l’achèvement du projet. Cela a permis de constater que les objectifs initiaux étaient atteints et parfois même dépassés (5) – Voir le lien vers le compte-rendu complet en fin d’article (cliquer également sur l’onglet du site LIFE « Esteparias »: en savoir plus).

Ces travaux ont largement contribué à la création de la Réserve de biosphère de Castro Verde, qui a été approuvée en 2016.  Le projet LIFE a donc joué un rôle clé dans la mise en place de tendances stables ou à la hausse pour les populations des espèces ciblées dans les sites Natura 2000 sélectionnés, notamment celui de Castro Verde.

Le Busard cendré (Circus pygargus).

Rollier d’Europe (Coracias garrulus).

Parmi les effets secondaires bénéfiques du projet, on peut citer les impacts positifs sur d’autres espèces menacées, telles que le Busard cendré (Circus pygargus) et le Rollier d’Europe (Coracias garrulus); ces derniers bénéficiant des travaux visant à augmenter les sites de nidification de faucons crécerellettes.

Cependant, les données de 2016 concernant les outardes canepetières au niveau national ont montré une forte baisse de 47% (plus marquée en dehors des zones Natura 2000) et les données de 2017-2018 concernant la grande outarde à Castro Verde indiquaient également un déclin de la population. Le rapport de visite a exprimé sa préoccupation pour la gestion agricole qui modifie l’habitat des oiseaux et contrecarre l’impact positif du projet;  en particulier, le programme agro-environnemental a été jugé peu adapté aux conditions locales et sous-utilisé.

Toutes les solutions développées par le projet ont été intégrées dans des manuels de bonnes pratiques à l’usage des entités impliquées dans la gestion agro-environnementale, afin de faciliter le transfert de connaissances vers d’autres sites du réseau Natura 2000 en Europe.

Article rédigé à partir de mes photos personnelles, des observations de terrain et de sources bibliographiques, en particulier :

http://www.oiseaux.net/oiseaux/outarde.canepetiere.html

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Outarde-canepetiere_2011-2015.pdf

(1) http://datazone.birdlife.org/species/factsheet/little-bustard-tetrax-tetrax/text

(2) http://datazone.birdlife.org/species/factsheet/black-bellied-sandgrouse-pterocles-orientalis/text

(3) : https://oreme.org/observation/ecopop/faucon-crecerellette/

(4) http://datazone.birdlife.org/species/factsheet/lesser-kestrel-falco-naumanni/text

(5) http://ec.europa.eu/environment/life/project/Projects/index.cfm?fuseaction=search.dspPage&n_proj_id=3356#RM

Le Caméléon commun (Portugal) – Avril 2019

Le Caméléon commun

(Nom scientifique : Chamaeleo chamaeleon)

Nouvelle observation en avril 2019

J’ai vu mon premier caméléon commun en liberté en mai 2017, lors d’un séjour dans la région de l’Algarve au Portugal, dont j’avais gardé un très bon souvenir. J’y suis revenu ce mois d’avril. Avec l’expérience acquise, je pensais que l’observation de ce reptile serait plus facile : ce ne fut pas le cas. Toujours pas évident d’y tomber dessus! Je suis allé sur des sites où sa présence est normalement avérée: rien! On m’a dit sur place qu’il était peut-être trop tôt. Pourtant, les températures me semblaient bien propices à son observation.

Heureusement, j’ai quand même quelques photos à montrer et cela pour une raison très simple : je suis revenu sur le site de mon observation de 2017 et j’en ai enfin trouvé un que j’ai pris le temps de photographier sans le perturber! Il avançait au milieu de la végétation dans le sable, ce qui n’est pas courant.

J’ai comparé les photos entre elles et ma première réaction a été : il n’y a pas de doute, c’est celui que j’ai photographié en 2017, bien qu’il y ait de très légères différences dans la présence de certaines des rayures noires sur sa tête. Faut-il en déduire que le caméléon a un rayon de déplacement réduit?

Je suis allé sur internet et j’ai comparé avec d’autres photos : en fait, il y a de fortes similitudes entres les caméléons pour la répartition des rayures noires au niveau de la tête. Pour la pigmentation du corps, c’est plus difficile de comparer. Finalement, il s’agit peut-être de deux caméléons différents, ce que je souhaite ardemment! Pourquoi? Quand celui-ci disparaîtra, y en aura-t’il d’autres en ce lieu? Je rappelle que l’espèce est en danger d’extinction au Portugal.

Mes photos, prises au téléobjectif

De couleur verte tirant sur le jaune, il va foncer en se dissimulant dans un buisson.

Au travers du fourré, sa couleur a changé, plus foncée.  Il prend généralement une couleur tirant vers le noir pour traverser une bande de sable exposée au soleil, ou lorsqu’il est en colère. 

Il va rester un long moment entre ces deux branches mortes où il va bien foncer, pour se dissimuler.

Sous la lumière en dehors du couvert végétal, il va de nouveau prendre des couleurs plus vives tirant sur le vert.

Mon ressenti sur le Caméléon commun

Lors de mon second séjour en Algarve, j’ai été interpellé par l’observation d’un certain fatalisme face au devenir du caméléon commun. C’est à croire que l’on se résigne à le voir disparaître. J’espère bien me tromper! Sur les sites où il est présumé présent, je n’ai pas vu de mesures particulières mises en oeuvre pour le protéger ou déjà, pour le faire connaître.

Il est pourtant régulièrement en photo à la devanture des Tours Operators et dans les dépliants touristiques.

A notre retour, on est passé à la Réserve Naturelle des marais de Castro Marim et Vila Real de Santo Antonio, la première réserve créée au Portugal (en 1975). Elle est située à la pointe est de l’Algarve près de l’embouchure du fleuve Guadania, fleuve frontière avec l’Espagne. Le bâtiment d’accueil du centre d’interprétation, de taille impressionnante et à l’architecture recherchée, se dégrade ; les alentours ne sont plus entretenus depuis un bon moment. Les tables de pique-nique sont inaccessibles, envahies par l’herbe folle. Les panneaux pédagogiques dans le parc sont en mauvais état, illisibles ou détériorés. A l’intérieur, on n’a pu avoir aucune information sur le caméléon. C’est dommage! J’ai pu y observer quand même pas mal d’espèces d’oiseaux, dont des flamands roses, avocettes, échasses, tadornes de Belon, anatidés divers, de nombreuses huppes faciès et divers passereaux ….

Il existait aussi à proximité de cette réserve jusqu’à un passé récent (selon mes informations disponibles) un petit Centre d’information dédié au caméléon, à Vila Real de Santo Antonio. Il était situé au bord de la route à main droite entre le fleuve Guadania et la bordure de la Forêt Nationale de dunes côtières qui relie Vila Real de S. António et Monte Gordo (devant l’entrée d’un chemin d’accès à pied à la forêt). C’était surtout ce Centre qui m’intéressait et je suis obligé d’en parler au passé. Aujourd’hui, il n’y en a plus aucune trace. Il était situé à quelques encablures de la plage, remplacé apparemment par une infrastructure touristique. Il a vraisemblablement fermé en 2012 ou 2013.

Cette forêt nationale clôturée et protégée de la circulation de véhicules est un véritable rideau vert de protection pour la fixation des dunes, le contrôle des vents marins et pour le gîte de la faune native. Ici, vit normalement une importante population de caméléons qui en a fait son foyer et c’est un des derniers bastions de protection de son habitat naturel. C’est dans cette région qu’il a été initialement introduit au Portugal, en 1920, avant de coloniser plus tard le reste de l’Algarve et maintenant disparaître peu à peu. Je n’y ai vu aucun panneau indiquant la présence de cet animal en voie de disparition, pour assurer sa protection et sa sauvegarde! J’ai interrogé quelques personnes sur son existence lors de mes recherches : personne n’était au courant. Et, … je n’ai pu en observer aucun. Mais, pour me consoler : c’était peut-être trop tôt en saison?

La Forêt Nationale de dunes côtières de  Vila Real de S. António, un des derniers bastions du Caméléon commun. C’est un peu « Chercher une aiguille dans une botte de foin ».

Pour en savoir plus sur le Caméléon commun, mon premier article : http://www.lanaturemoi.com/2017/05/23/le-cameleon-commun

La Grande Outarde ou Outarde barbue – Mon retour dans les steppes de Villafáfila (avril 2019)

La Grande Outarde ou Outarde barbue
(Nom scientifique : Otis tarda)

Mon retour dans les steppes de Villafáfila

En arrière-plan, la chaîne enneigée des monts Cantabriques, connus en particulier pour « Los Picos de Europa ».

J’ai découvert pour la première fois l’Outarde barbue lors d’un séjour ornithologique en Espagne dans les plaines de Villafáfila en Castille-et-Léon, au-dessus de Zamora. C’était le 30 avril 2017. Chez cette espèce, le mâle de belle corpulence (le plus lourd oiseau volant d’Europe) est particulièrement photogénique au moment de sa parade nuptiale et lors de cette première visite, celle-ci était déjà terminée. Les femelles étaient vraisemblablement en train de nicher et seuls quelques mâles en petits groupes erraient par-ci par-là.

J’y suis revenu en 2018, à partir du 1er Mai. Elle était à ses débuts, retardée par un printemps pluvieux. J’ai pu faire de belles observations mais les femelles ne se montraient que très peu.

Cette année 2019, j’y suis retourné pour la troisième fois et j’ai pu me rendre compte « que ce n’est jamais pareil ». C’était le 10 avril dans l’après-midi puis le 18 à partir des premières lueurs du jour et j’ai pu assister à des spectacles encore différents. Tout d’abord, j’ai vu un nombre bien plus important d’outardes avec des regroupements spectaculaires. Aussi, les femelles étaient plus nombreuses et peu de mâles paradaient. Je suis sans doute passé au moment des prémices de ce beau spectacle annuel.

J’ai eu aussi l’agréable surprise de constater la présence de petites volées de Tadornes de Belon, absentes les deux années précédentes.

Je rappelle que l’Outarde barbue est un oiseau très craintif et je ne l’observe qu’à grande distance (téléobjectif ou longue-vue incontournable). La suite en photos :

Photos prises le 10 avril 2019 au soir :

Les petits groupes d’outardes sont nombreux et quelques mâles paradent mais bien trop loin pour mon téléobjectif. La lagune de Barillos située au bord de la route entre Tapioles et Villafáfila est à sec, comme il y a deux ans.

Deux femelles en compagnie d’un mâle.

Un aperçu de l’un des biotopes fréquentés par les outardes. A l’arrière-plan, une ligne Haute-Tension: c’est un danger reconnu pour les outardes.

Un groupes de mâles d’âges variés.

Un mâle adulte et solitaire.

En toile de fond, une partie de la chaîne, enneigée, des Monts Cantabriques.

Autre paysage typique de Villafáfila : une mosaïque de cultures à l’infini, sans un arbre.

Les photographier en vol permet parfois de faire des clichés « de proximité relative ».

Cette cabane verte (dont j’ai rencontré plusieurs exemplaires) m’interpelle. Je pense à un poste d’affût privé (et sans doute payant) pour les outardes.

Panneau de présentation du village de Villarin de Campos, de ses lagunes et de ses 68 pigeonniers (entre ruines et bon état/restauré).

Avocettes sur la lagune de Villardon (située à Villarin de Campos, à proximité de Villafáfila).

Les vanneaux sont très présents à Villafáfila, où ils doivent probablement nicher.

Photos prises le 18 avril 2019 au matin (8 jours après les précédentes) :

J’espérais de belles couleurs à l’aube et malheureusement, il a plu toute la nuit suivi par un brouillard matinal. Le ciel était chargé. Le manque de lumière a été préjudiciable à l’ambiance des photos. L’activité des outardes s’en est ressentie et les premières ne se sont montrées qu’assez tard dans la matinée; le soleil était déjà bien haut.

Tadornes de Belon au lever du jour, près de Otero de Sariegos . Tout à gauche des tadornes, un animal de petite taille qui bougeait de temps en temps et que je n’ai pu identifier!

Les Tadornes de Belon, qui vont et viennent dans les cultures. J’en ai observé autour d’une trentaine en petits groupes.

L’espèce est donnée comme nicheuse à Villafáfila. 

Jeune mâle à gauche. La différence de gabarit avec « l’ancien » en arrière-plan est évidente.

Ces deux mâles sont prêts pour parader. Ils se maintiennent à bonne distance l’un de l’autre. Les femelles ne sont pas loin mais elles restent très discrètes.

La seule photo de mâle en train de parader que j’ai pu faire. Il y a eu d’autres occasions dans la matinée, toutes trop loin!

Au second plan, le village de Cerecinos de Campos. 

Divers regroupements de mâles, dans la région de Cerecinos de Campos!

L’élan initial : tout en puissance! L’envergure du mâle va jusqu’à 2m40 (et parfois plus) et son poids monte jusqu’à 17 kg.

Le même mâle, en vitesse de croisière.

Mâles adultes solitaires aux « moustaches » bien développées.

Et les vanneaux sont toujours là!

Pour en savoir plus sur l’outarde barbue : http://www.lanaturemoi.com/2019/01/23/la-grande-outarde-ou-outarde-barbue

A bientôt, peut-être?