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Le lac d’Arlet depuis Urdos (maison Lamourane) – 06 août 2019

A droite, le refuge d’Arlet dominé par le pic d’Aillary (2215m).

En vallée d’Aspe – Le lac et Refuge d’Arlet 

depuis la maison Lamourane (Urdos)

Une simple visite, à l’écart du troupeau dont il a la charge.

Le refuge d’Arlet du Parc National (1986m) est situé en vallée d’Aspe; il est à la croisée de plusieurs randonnées et sur la Haute Route Pyrénéenne (H.R.P.), entre les étapes d’Ansabère et le col du Somport. Il y a plusieurs départs possibles pour y accéder pour une randonnée à la journée :

1- depuis les forges d’Abel au parking d’Espelunguère (altitude 1349m).

2- depuis le parking d’Aumet sur le plateau de Lhers au-dessus de Lescun (altitude 1138m) – Déjà effectuée, c’est une belle randonnée.

3- depuis Borce par la piste pastorale de Belonce (parking altitude 1190m). L’itinéraire remonte le vallon de Belonce et rejoint l’itinéraire précédent entre le col de Saoubathou et le refuge, à la cabane de Lapassa.

4- Peu avant Urdos, direction quartier d’Aubise (de suite à droite après le fort du Pourtalet) – Maison Lamourane (altitude 1158m). Possibilité de faire une boucle en redescendant du refuge par l’itinéraire précédent (3), que l’on quitte dans la partie basse par une bifurcation vers la droite (altitude 1250m) en direction du col de Lagréou et retour à la maison Lamourane.

Les photos de cet article illustrent un A/R au lac et Refuge d’Arlet depuis la maison Lamourane. La route d’accès au petit parking est étroite et sinueuse. Les places sont limitées et elles sont rapidement occupées, particulièrement en été. Cette route étroite dessert plusieurs maisons riveraines juste en aval du parking, que l’on peut déranger par des stationnements sauvages. A mon arrivée, le parking était plein : deux camping-cars dont un en travers et qui ont sans doute pris toute la largeur de la route pour monter; aussi des voitures garées avec une largeur entre elles juste insuffisante pour garer la mienne. Il a été compliqué de trouver une place pour se garer sans gêner personne.

Ce  qui suit ne peut être un topo, il y en a de très bien faits sur internet, en particulier sur le site « Topopyrénées ». Les photos ont pour seul but de faire apprécier cette vallée d’Aspe que j’aime bien : en particulier pour son pastoralisme, bien présent lors de cette sortie. Alors que je pratique la montagne pour le plaisir qu’elle m’apporte par la connaissance de la faune et de la flore, rien de tout cela aujourd’hui. Le téléobjectif est resté à la maison et j’ai profité des paysages avec un objectif Grand-angle (20mm).

Environ 30mn après le départ, l’entrée dans le Parc National, dans la forêt.

Regard en arrière sur le vallon du Baralet, après la sortie de la forêt.

La cabane Pacheu (1417m) – Vente de Fromage à la cabane.

Après la traversée sur un pont en ciment peu après la cabane Pacheu, on passe sur la rive droite du gave du Baralet. La montée en lacets dégage un très beau panorama sur le vallon du même nom.

A main gauche, le sentier monte sous les falaises de grès rouges de Souperet.

Puis, il bifurque vers la droite, en descendant légèrement devant une cascade.

Il débouche ensuite sur le plateau de Banasse, dominé par la montagne de Banasse et occupé par des troupeaux de brebis et par des chevaux, des vaches aussi. Le sentier continue au loin en remontant à flanc de montagne vers un large col à droite (derrière le col, le lac et refuge d’Arlet). Au loin, presque au centre, la cabane de Lurbe. 

En se retournant : la Mèze (1923m) et sa falaise de grès rouges, à gauche,  fait face au pic du Baralet (2052m) et au Souperet (2033m).

En arrière-plan, sur la droite : le Capéran de Sesques (2410m) et sa forme caractéristique. Puis, à sa gauche, le Soum de Moundaut (2526m) et le pic de Sesques (2606m). 

Arrivée à une bifurcation : à gauche, le sentier (itinéraire H.R.P.) venant du parking d’Espelunguère. Derrière moi, le sentier venant du parking d’Aubise (maison Lamourane). A main droite, le refuge d’Arlet, gîte d’étape sur l’HRP. 

Le sentier (itinéraire H.R.P.) venant du parking d’Espelunguère par le col de Lapachouaou (1891m) situé à gauche, dégageant la vue sur l’Ossau. A droite de l’Ossau, le pic en forme de pyramide est le pic des Moines (2349m), au pied duquel passe par le col des Moines une variante (GR 108) du chemin de Compostelle « La Voie d’Arles » ou GR653.

Vue sur l’Ossau au centre (2884m), le pic des Moines (2349m) à sa droite, les pics d’Enfer (bien visibles à l’oeil nu mais difficile sur ce cliché pris au Grand Angle), le pic d’Anayet (2545 m) et le Vertice d’Anayet (2555 m) à droite.

Après la montée d’une butte herbeuse, le refuge d’Arlet se dévoile. « Méconnaissable » au centre, un patou monte la garde.

Le lac et le refuge d’Arlet (1986 m), dominé à droite par le pic d’Aillary (2215 m). 

Tout à gauche, le pic d’Arlet (2207 m).

Le refuge d’Arlet, le col d’Arlet (2095 m, frontière avec l’Espagne), le pic d’Ailhary (2215 m), le pic Rouge vers la droite (2177m). Puis, les sommets du cirque de Lescun, du pic et table des Trois Rois au Pic d’Anie. Le sentier en contrebas descend du refuge vers Borce ou vers le parking d’Aumet (plateau de Lhers).

Le pic d’Ailhary (2215 m), le pic Rouge (2177m), le cirque de Lescun (table des Trois Rois au Pic d’Anie), la Table de Souperret (2116m) et le pic de Labigouer (2175 m) tout à droite.

Sur le chemin du retour, on profite bien mieux des paysages.

Retour par le même sentier, l’H.R.P. sur la droite, que l’on quitte un peu plus loin pour se diriger vers la cabane de Gourgue Sec, que l’on aperçoit vers la droite au bord de sa mare. Devant, le plateau de Banasse que l’on va traverser à nouveau pour redescendre le vallon du Baralet jusqu’au parking.

La cabane des Caillaous (1877m), une cabane en pierre entièrement rénovée sur l’H.R.P, avant de bifurquer vers la cabane de Gourgue Sec.

Dans le creux, un peu plus loin : la cabane de Lurbe (1845m), à l’écart de la HRP et occupée par le berger en été.

Le sentier laisse sur la droite la cabane de Gourgue Sec (1830m), cabane habitée en été. Très bon accueil de la famille de bergers, avec vente de fromage.

Puis, on redescend à nouveau du plateau de Banasse (sur la gauche) vers le vallon du Baralet.

La falaise de grès rouges de la la Mèze (1923m), à gauche. Aucune indication pour les autres sommets.

La cabane Pacheu (1451m), avant le retour au parking. Le panneau « vente de fromage » invite au détour au retour (cliché pris à l’aller).

L’entrée dans le bois (cliché pris à l’aller).

En résumé, une très belle sortie que je recommande. Dénivelé cumulé de 915 mètres pour une distance de 15km800. Le temps? Comptons 3H30 Aller – 2H45 Retour en moyenne, sans se presser.

Le Coucou gris – L’observation d’un juvénile (04 août 2019)

Coucou gris juvénile – Observation du 4 août 2019.

Le Coucou gris

(Nom scientifique : Cuculus canorus)

Le Coucou gris est un migrateur strict, largement connu du grand public par son chant mais aussi méconnu par sa discrétion. Il est très commun et difficile à observer : c’est un oiseau solitaire (hors reproduction) et qui se montre très peu. Le chant du mâle permet parfois de le localiser et la femelle est quasiment invisible.

En France, la façade atlantique est colonisée la première, lors de son retour aux beaux jours. Dans le Vic-Bilh, j’attends le premier chant avec impatience, il confirme l’arrivée du printemps. C’est celui du mâle, qui arrive avant les femelles : 28 mars 2009, 24 mars 2010, 26 mars 2011, 24 mars 2012, 22 mars 2013, 30 mars 2014, 28 mars 2016, 27 mars 2017, 28 mars 2018, 25 mars 2019! Et avant? Je ne pouvais pas vivre aussi bien au rythme de la Nature et mes observations étaient moins fiables.

Une fois arrivé, le « cou-cou » sonore, clair et répétitif du mâle résonne à toute-heure, parfois très tôt; c’est celui de la parade pour attirer les femelles et pour éloigner les rivaux. On l’entend essentiellement pendant la période de reproduction. La femelle ne chante pas. Elle pousse un cri qui ressemble à une sorte de gloussement, une série assez longue de sons descendants. Le mâle répond aussi bien au chant d’un autre mâle qu’au cri de la femelle, et peut être attiré facilement par une imitation surtout en début de cycle reproducteur, où il est assez excité.

J’ai régulièrement l’occasion de l’observer en vol, quand il traverse entre deux bosquets d’arbres. On peut le confondre facilement avec un épervier : c’est ce que j’ai failli faire aujourd’hui, pensant qu’ils étaient tous partis! Jusqu’à présent, je n’étais pas sensibilisé à la migration retardée des jeunes!

Coucou gris juvénile se nourrissant sur une pelouse.

L’oiseau se nourrit majoritairement de chenilles qu’il trouve sur le sol, les plantes ou les buissons, avec une prédilection pour les grandes poilues, et souvent urticantes, que délaissent beaucoup d’autres espèces. Son arrivée par la façade atlantique est à mon avis en partie liée à la présence en très grand nombre de la chenille processionnaire dans les forêts de pins, au début du printemps. Cette chenille a très peu de prédateurs : les différentes espèces de mésanges consomment les œufs l’été et les jeunes chenilles en automne et en hiver, puis les coucous prennent le relais au début du printemps pendant la procession, puis la huppe faciès s’attaque aux chrysalides, et enfin l’engoulevent mange les papillons adulte.

Si son arrivée est claironnée, son départ est beaucoup plus discret.

Après s’être reproduits en pratiquant la méthode du parasitisme de couvée, les parents coucous peuvent déjà repartir vers l’Afrique au début de l’été. En effet, ils n’ont pas besoin de couver les œufs ni de nourrir les jeunes et ils nous quittent avant que les jeunes coucous soient prêts pour migrer.

Cette reproduction est largement documentée sur internet, si on veut plus de détails. Après le début de la ponte de l’espèce-hôte choisie, la femelle remplace un seul œuf par nid (en le gobant parfois) par un des siens : elle dépose ainsi en moyenne une dizaine d’œufs dans une dizaine de nids différents d’oiseaux-hôtes, au cours du printemps. Elle pond un œuf tous les deux jours et le nombre total d’œufs peut être bien plus élevé, jusqu’à une trentaine à la fin juin, d’après la littérature. Chaque femelle semble se spécialiser dans le parasitisme d’une espèce-hôte particulière, peut-être celle qui l’a élevée. L’œuf se rapproche par sa couleur de ceux de l’espèce-hôte. Il n’existe pas d’œuf de coucou type : les teintes sont très variables.

Le taux de réussite de la reproduction est assez faible, de l’ordre de 20 à 30 %.

Dans le Vic-Bilh, le coucou adulte se met en route de fin juin à mi-juillet environ. Je ne m’en rends pas compte de suite à cause de sa discrétion habituelle: le chant si caractéristique du mâle s’est espacé dans la deuxième quinzaine de juin et je ne remarque leur absence définitive qu’au bout de quelques jours, quand la forêt est redevenue « silencieuse » et que je n’observe plus ce vol rapide et direct à basse altitude entre deux bosquets.

C’est un migrateur solitaire, qui vole essentiellement de nuit. Après avoir accumulé des réserves énergétiques suffisantes sous forme de graisse, il migre directement en parcourant de très grandes distances!

Le jeune coucou, quant à lui, s’envole un à deux mois plus tard, sans avoir jamais connu ses vrais parents : il est instinctivement capable de migrer seul, sans qu’un adulte lui montre le chemin. Le comportement du coucou est en effet inné et le jeune trouve instinctivement les quartiers d’hiver de l’espèce lors de son premier long voyage en solitaire, un voyage vers l’inconnu! Il fait partie de ces migrateurs au long cours (ou longue-distance) qui hivernent au sud du Sahara, essentiellement des espèces insectivores comme lui et dont la source d’alimentation est trop rare au nord du Sahara en hiver pour subvenir à leurs besoins. Ce sont les premières espèces migratrices à repartir.

La destination finale des coucous ne se recoupe pas suffisamment selon les sources consultées et je préfère rester vague à ce sujet.

Ce dimanche 4 août, j’observais les allées et venues d’un oiseau pris d’abord pour un épervier et j’ai découvert ce juvénile sur mes clichés : j’ai alors appris quelque chose de nouveau pour moi, la migration retardée des jeunes coucous!

Les jeunes ont des plumages variables mais souvent roux avec une tache blanche à la nuque, que l’on voit bien sur les clichés.

Chassé par un Geai des chênes! La ressemblance avec un rapace (épervier, entre autres) peut entraîner une méprise chez d’autres oiseaux et déclencher leur attaque à coups de bec.

06 août 2019 – Notre deuxième rencontre, sous une belle lumière matinale. Je ne le reverrai plus. L’approcher ainsi m’a bien appris sur le mode de vie de cet oiseau. Bon vent vers l’Afrique!

« Le folklore, dans mes Landes natales entre autres,  raconte que si un promeneur a de l’argent en poche lorsqu’il entend le premier coucou de l’année, il sera riche l’année entière ».

Article rédigé à partir de mes photos personnelles. Sources bibliographiques consultées :

https://www.migraction.net/index.php?m_id=1517&bs=169

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.nature79.org/userfiles/COINnaturaliste/Ornitho/FicheCoucou.pdf

https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Coucou-gris.pdf

La Réserve de biosphère de Castro Verde (Portugal) – Avril 2019

Une Outarde canepetière (mâle).

La Réserve de Biosphère

de Castro Verde (Portugal) – Avril 2019

Une petite volée de Gangas Unibande.

Présentation

Située au sud du Portugal, dans l’arrière-pays de la région de Baixo Alentejo, cette réserve de biosphère couvre près de 57 000 ha. Elle comporte la steppe céréalière la plus importante du Portugal, l’un des paysages ruraux les plus menacés de la région méditerranéenne. La population y vit notamment de la production extensive de céréales et de l’élevage du bétail.

Elle présente un niveau d’endémisme élevé en ce qui concerne sa flore.

Un aperçu sur la Réserve de Biosphère de Castro Verde.

Cette plaine, à qui l’été donne un ton blanchâtre, est habituellement désignée sous le nom de « Campo Branco » ou « Champ Blanc » . C’est une zone de protection spéciale de l’avifaune. On y compte près de 200 espèces, des oiseaux de steppe comme la grande outarde, et des espèces endémiques comme l’aigle impérial ibérique, l’un des oiseaux de proie les plus menacés au monde. On y trouve aussi d’autres espèces typiques comme l’œdicnème criard (également appelé « courlis de terre »), le Ganga unibande.

La « Mascotte », à l’échelle … plus grande que nature. 

La Grande Outarde est le symbole de Castro Verde. Parmi les 1500 outardes existant au Portugal, 1350 vivent ici. J’y suis passé au moment de la parade nuptiale mais je n’ai pas eu l’occasion de voir le mâle en train de parader. Elles y sont observables de bien plus loin que, par exemple, à Villafafila en Espagne.

Quant au faucon crécerellette, il arrive en février et repart au début de l’été, après avoir fait ses nids au sommet d’édifices en ruines. L’outarde canepetière trouve dans ces grands champs de céréales l’habitat idéal pour toute l’année. Elle est plus facilement approchable que sa « grande cousine ».

A l’Office du Tourisme de Castro Verde, vous pouvez acheter un petit guide très intéressant à un prix modique, bien fait et bien illustré. Il comporte tous les renseignements nécessaires sur les associations, les organisations locales, les transports, les restaurants, etc. et surtout : six itinéraires pédestres entre 4 et 19 km pour découvrir le Campo Branco avec les noms/photos des espèces d’oiseaux observables sur chaque parcours. La référence de ce guide : « Walks in the Campo Branco », édité en portugais et en anglais par la LPN (Ligue de Protection de la Nature du Portugal).

L’accès au Centre d’Éducation Environnementale de Vale Gonçalinho. 

Le panneau de présentation du projet LIFE Estepárias (2009-2012), au Centre de Vale Gonçalinho.

Le Centre d’Éducation Environnementale de Vale Gonçalinho peut aussi vous fournir des informations pour profiter pleinement de votre séjour. La visite de ce Centre est intéressante et je la recommande; le personnel d’accueil est compétant. C’est le point de départ de l’un des itinéraires pédestres, le Parcours 6 « Vale Gonçalinho – Pereiras”, parcours sur lequel ont été faites les photos de l’article.

Panneau pédagogique à l’entrée de l’itinéraire pédestre »Vale Gonçalinho – Pereiras”, dans la Réserve.

La Grande Outarde (Otis tarda)

Un mâle solitaire. Il reste un long moment à m’observer (de très loin), depuis une butte.

L’envol, toujours impressionnant.

Les clôtures, un danger pour les outardes. Celui-ci a été minimisé par la mise en oeuvre du projet LIFE Estepárias (2009-2012).

Passage devant les ruines d’une exploitation agricole, colonisée par une multitude de faucons crécerellettes ; j’ai eu l’impression qu’il en sortait de partout. On en voit deux posés sur l’arête du toit. 

Un couple d’outardes barbues.

J’ai déjà présenté à deux reprises ce bel oiseau observé dans les steppes de Villafáfila (Espagne) avec un descriptif complet et beaucoup de photos d’illustration. Vous le retrouverez facilement dans les archives (voir ICI ). J’ai été particulièrement content de pouvoir les observer également au Portugal. Je n’ai vu que des mâles et très peu, mais cela n’a rien changé à mon plaisir.

L’Outarde Canepetière (Tetrax tetrax)

Un habitat rongé par la modernisation.

Un couple d’outardes canepetière en vol.

C’est un très bel oiseau méfiant et difficile à observer. J’espérais faire sa rencontre depuis un petit moment déjà. Elle est également présente à Villafáfila (Espagne) mais je ne l’y ai jamais vue.

Le mâle, en tenue nuptiale.

Le plumage de la femelle, très discret, fait penser à celui d’une poule faisane. 

Le dimorphisme sexuel est au maximum en période nuptiale, d’avril à juillet. A cette période, le plumage nuptial des mâles est arboré de remarquables motifs sur la tête et le cou (colliers noirs et blancs). Mais, après la mue post-nuptiale complète de juillet à octobre, mâles et femelles présentent un plumage quasi identique.

Mâle chanteur dans sa prairie.

Son habitat de prédilection est la steppe semi-aride. Elle fréquente des terrains dégagés et ouverts : pâtures, cultures de céréales et d’autres herbacées. En hiver et pendant la migration, on la trouve dans les prairies et les grandes étendues plates. Son régime alimentaire se compose essentiellement d’insectes et de végétaux.

Son vol est rapide avec de brefs planés. C’est une espèce de taille moyenne, avec une envergure jusqu’à 1m15.

Largement répandue autrefois, l’espèce a décliné à partir du 19è siècle et il ne reste plus que deux noyaux. L’aire de nidification occidentale couvre essentiellement l’Espagne et le Portugal, puis la France, l’Italie (essentiellement la Sardaigne) et le Maroc. La Russie, l’Ukraine, le Kazakhstan, le Kirghistan, l’extrême nord-ouest de la Chine et le nord de l’Iran sont habités par les populations orientales. Les deux populations ne sont pas ou plus connectées.

Une Outarde canepetière mâle sur son territoire, en train de chanter.

Outarde canepetière mâle, avec les plumes du cou « gonflées ».

Le comportement le plus spectaculaire est la parade nuptiale du mâle qui défend son territoire. L’espèce établit des leks, sorte de communauté de mâles hiérarchisée autour d’une arène centrale où les femelles viennent observer et choisir les reproducteurs les plus démonstratifs lors de « parades sautées ». Celles-ci se matérialisent par un comportement de chant souvent ponctué d’un saut avec battement d’ailes rapide, en exposant les couleurs blanc et noir du cou. Les poursuites entre mâles rivaux servent également à attirer les femelles. Le suivi des populations dans les publications se fait souvent par le comptage des mâles chanteurs.

Le site de nidification est situé en général à proximité des places de chant (de moins de 100 m jusqu’à 1km parfois). Le nid est une simple dépression creusée dans la terre et garnie de quelques herbes. La femelle pond en général dans la deuxième quinzaine de mai et les œufs (2 à 5) sont incubés en 20-22 jours. Le nombre d’œufs par couvée a diminué ces dernières années. La femelle assure seule la couvaison, le nourrissage et l’apprentissage des jeunes poussins (les outardeaux), nidifuges, qui ne voleront qu’à l’âge de 1 mois.

Après consultation de nombreuses sources, je n’ai pas pu trouver d’enquête précise récente sur la population d’outardes canepetières au Portugal. Les informations disponibles sont le plus souvent antérieures à 2010 et difficiles à exploiter (méthodes de comptage, période de comptage). Certaines données se contredisent ou varient largement selon les sources. Cependant, comme partout ailleurs y compris l’Espagne, l’Outarde canepetière y est en régression malgré la mise en place de mesures de protection, avec la raréfaction des insectes et le changement des pratiques agricoles. D’après BirdLife International (1), la population a fortement baissé en Espagne de 46% entre 1998 (100 000 à 200 000 individus dans les années 1990) et 2012 et de 47% au Portugal entre 2003-2006 (13 250 à 21 771 mâles reproducteurs) et 2016 (5 546 à 13 207 mâles reproducteurs). Comme on peut le constater, les données bien qu’imprécises indiquent une tendance évidente au déclin.

Quelques précisions sur sa présence en France : l’espèce est séparée en deux grandes populations. Le Centre-Ouest accueille la dernière population migratrice d’Outarde canepetière dans ses grandes plaines céréalières, notamment en Poitou-Charentes, atteignant à l’est les départements de l’Indre et du Loir-et-Cher et au sud, la Dordogne. Les mâles arrivent sur leurs sites de nidification de fin mars à début mai, surtout dans la première quinzaine d’avril. Présents par petits groupes, ils se dispersent rapidement pour prendre possession d’un territoire. Les femelles arrivent à partir de la mi-avril. Mâles et femelles sont fidèles à leur lieu de reproduction. A partir de juillet, les mâles se regroupent pour muer. Les femelles, accompagnées de leurs jeunes, les rejoignent progressivement à la fin de l’été. La taille des troupes augmente jusqu’à la mi-septembre (on parle alors de rassemblements post-nuptiaux) et elles restent visibles jusqu’aux départs en migration qui ont lieu pour l’essentiel avant le 15 octobre et pendant la nuit. Elles passent ensuite l’hiver en Espagne pour la grande majorité. Cette population du Centre-Ouest était en voie d’extinction; entre 1970 et 2000, ses effectifs ont diminué de 95 %. Un plan de sauvegarde a été mis en place en 1997 avant leur disparition complète qui était prévue pour 2010 (Life Nature Outarde 1997-2001 et 2004-2009). Certains agriculteurs volontaires ont été accompagnés financièrement pour  garder un habitat pour l’espèce en mettant des parcelles en jachère, souvent semées de luzerne.

Sur le pourtour méditerranéen, la population est sédentaire et elle est en lente progression. Elle ne se déplace qu’entre sites d’hivernage et de reproduction. Elle y bénéficie aussi de mesures de protection. Elle hiverne massivement dans la plaine de la Crau dans les Bouches-du-Rhône (populations provenant de Provence et du Gard), les Costières du Gard et dans la Basse Plaine du Vidourle (entre Gard et Hérault). On la trouve aussi dans les plaines de Pujaut et de Beaucaire (Gard). Les déplacements vers les sites d’hivernage s’effectuent surtout à la fin-septembre. Les habitats d’alimentation changent au cours de l’hiver au gré de la pousse des cultures. Adaptation oblige, l’outarde canepetière y affectionne aussi les plate-formes aéronautiques.

En 1980, la population nationale était estimée à 7 200 mâles chanteurs. Elle est passée à 1 270 en 2000 puis elle est remontée à 1 550 en 2004. Cette augmentation par rapport à l’année 2000 était uniquement due à l’augmentation de la population sédentaire méditerranéenne, qui représentait 80% de la population nationale. Avec les différentes mesures de protection, le nombre de mâles chanteurs est passé à 1 776 en 2008 et 2758 en 2012 (dont 1 583 dans la région PACA, représentant 57% de la population nationale). J’espère bien faire un jour sa rencontre … en France.

Le Ganga unibande (Pterocles orientalis)

Je n’en avais encore jamais vu! De la taille d’une perdrix, cet oiseau grégaire fréquente les steppes sèches et les zones arides et semi-désertiques avec une végétation clairsemée. On le retrouve principalement sur les terrains plats de plaines, de sables d’argiles ou encore les sols graveleux, parfois recouverts de pierres. On peut parfois le retrouver sur les sols artificiels comme les terrains d’aviation. Il évite les zones totalement dépourvues de végétation. Son habitat est assez répandu, notamment en Espagne et au Portugal. En France, il est absent. Une espèce voisine, le Ganga cata (Pterocles alchata) est présente dans la plaine de la Crau (steppe semi-aride située aux portes d’Arles et delta fossile de la Durance). En dehors de la période de reproduction, il forme des troupes nombreuses qui survolent les terres dans un vol très rapide.

Gangas Unibande – Deux mâles. 

Gangas Unibande – Trois mâles puis une femelle. 

Gangas unibande : Mâle – Femelle-Mâle-Femelle.

Gangas unibande : une femelle puis un mâle.

 La tête, le cou et la poitrine du mâle sont gris, tirant vers l’ocre. Ses parties inférieures sont noires et les supérieures brun doré avec des marques plus foncées. Le bas de la poitrine porte une fine ligne noire, et la gorge une tache châtaine.

La femelle a les parties supérieures plus brunes et plus finement marquées, et cette coloration générale s’étend à la tête et la poitrine. Ses parties inférieures et la bande pectorale sont comme chez le mâle.

Il se nourrit principalement de petites graines. Dans les derniers jours de l’hiver, les troupes se désagrègent et les couples vont occuper leurs territoires traditionnels, généralement identiques à ceux des années précédentes. Avant la nidification, les mâles poursuivent les femelles en tournoyant dans les airs jusqu’à ce qu’elles se posent. Lorsqu’ils sont à terre, le mâle entame alors une parade nuptiale, tournant autour de sa partenaire, hérissant son plumage et fléchissant les pattes.

Le mâle participe à la couvaison en assurant l’incubation pendant la nuit, d’une heure avant le coucher du soleil jusqu’à quatre heures après l’aube. Les poussins sont nidifuges et capables de se nourrir assez rapidement. Toutefois, ils dépendent de leurs parents pour la boisson. Le mâle est chargé de la collecte de l’eau qu’il emmagasine dans les plumes de son poitrail. Quand il revient au nid, les jeunes prélèvent la boisson nécessaire en aspirant l’eau contenu dans son plumage.

Ganga unibande – Un mâle solitaire.

D’après BirdLife International 2015 (2), la population européenne est estimée dans la fourchette de 10 400 à 19 100 couples, ce qui équivaut à 20 800 – 38 200 individus matures. L’Europe représente environ 15% de l’aire de répartition mondiale. Toujours en Europe, on estime que la taille de la population va diminuer au rythme actuel de 50 à 79% en 17 ans (trois générations).

Cette espèce se reproduit dans la péninsule ibérique et le nord-ouest de l’Afrique (y compris les îles Canaries), et de la Turquie jusqu’au sud-ouest de l’Asie centrale jusqu’au sud de la Chine, et jusqu’au sud de l’Iran et du Pakistan. En Europe, la principale menace pour cette espèce est l’intensification de l’agriculture.

Le Faucon crécerellette (Falco naumanni)

Faucon crécerellette femelle (je n’ai pu approcher de mâle dans les mêmes conditions).

On peut facilement le confondre avec le faucon crécerelle (Falco tinnunculus), beaucoup plus commun :

        -Le crécerellette, très rare chez nous, est plus svelte,

        -Le plumage du mâle du crécerellette se distingue par la présence d’une bande bleutée sur l’aile et l’absence de taches noires sur son manteau roux. Ses rectrices grises sont terminées par une barre noire. Cette barre noire se retrouve également chez sa femelle,

        -La femelle crécerellette a un plumage entièrement brun tacheté et barré. La distinction avec la femelle crécerelle, très semblable, n’est pas toujours simple. Le critère imparable pour les différencier est la couleur des ongles des serres : claires pour le crécerellette, noires pour le crécerelle.

En France, on ne le trouve que dans le Sud, dans les Bouches-du-Rhône et dans l’Hérault, c’est la limite de sa répartition au nord de l’Europe. Il y est présent du mois de mars jusqu’au début du mois d’octobre. Il passe le reste de l’année en Afrique de l’Ouest. C’est le plus petit de nos rapaces diurnes. Dans les années 1970, sa population européenne a diminué de 90 %, du fait de la dégradation de ses habitats (pesticides, intensification des pratiques agricoles…). Protégé, il a bénéficié chez nous d’un plan national de restauration (2002-2006) et d’un plan national d’action (2011-2015).

Suite à ces actions de conservation, la population française est remontée à plus de 422 couples en 2018 (3). Cette population reste localisée en trois noyaux de population : la plaine de la Crau (161 couples), l’ouest de l’Hérault (220 couples) et l’est de l’Aude (41 couples).

D’après BirdLife International 2015 (4), la population européenne est estimée à 30 500-38 000 couples, soit 61 000 à 76 100 individus matures, dont près de la moitié en Espagne. L’espèce se reproduit en Espagne, Portugal, France, Italie, Grèce, Maroc, Algérie, Tunisie, Libye, … Les oiseaux hivernent dans le sud de l’Espagne, dans le sud de la Turquie, à Malte et dans l’Afrique de l’ouest et du Sud.

Un couple de faucons crécerellettes. La compétition inter-spécifique, par exemple avec le Choucas des tours pour l’occupation des cavités de nidification, est une des causes de sa raréfaction.

La population semble être stable ou en légère augmentation dans de nombreuses parties de son aire de répartition, y compris en Europe (BirdLife International 2015). Cette tendance est considérée comme stable au cours des trois dernières générations (estimée à 17 ans).

Une des deux tours de nidification construite pour la recolonisation du faucon crécerellette (80 nids) dans le cadre du projet LIFE Estepárias 2009-2012. La cabane à gauche sert d’observatoire et d’affût pour photographier crécerellettes et rolliers d’Europe, louée à la demi-journée au Centre d’interprétation.

Quelques autres espèces d’oiseaux

On peut y trouver d’autres espèces d’oiseaux comme le Busard cendré (Circus pygargus), le Busard Saint-Martin (Circus cyaneus), la Chevêche d’Athéna (Athene noctua), la Huppe fasciée (Upupa epops), l’Oedicnème criard (Burhinus œdicnemus), la Pie-grièche à tête rousse (Lanius senator), le Rollier d’Europe (Coracias garrulus), le Vanneau huppé (Vanellus vanellus), différentes espèces d’alouettes, etc.

Une pie-grièche à tête rousse (mâle).

Le Bruant proyer (Emberiza calandra)

Le Busard cendré (Circus pygargus).

La Buse variable (Buteo buteo)

Le Guêpier d’Europe (Merops apiaster), incontournable.

Le projet LIFE Estepárias (2009-2012)

Trois espèces prioritaires d’oiseaux de steppe énumérées à l’annexe I de la directive « Oiseaux » (directive n°79-409 de la Communauté Européenne) sont extrêmement vulnérables aux changements de pratiques agricoles qui entraînent la perte et la fragmentation de l’habitat, principaux facteurs de leur statut extrêmement défavorable en Europe : ces espèces emblématiques sont la grande outarde (Otis tarda), l’Outarde canepetière (Tetrax tetrax) et le faucon crécerellette (Falco naumanni).

La Réserve de Biosphère de Castro Verde et le Centre d’Éducation Environnementale de Vale Gonçalinho (tout à gauche). 

Au Portugal, en raison de la disparition avancée des systèmes d’exploitation extensive, ces espèces sont maintenant presque entièrement confinées à la région de l’Alentejo. Plus de 80% des populations de grandes outardes et 70% des populations de faucons crécerellettes sont concentrées dans un seul site, la Zone de Protection Spéciale (Z.P.S.) de Castro Verde (site Natura 2000). Plusieurs menaces ont été identifiées dans ces zones : la perte d’habitat, la fragmentation de l’habitat, la perte de sites de nidification, les lignes électriques, la prédation et la perturbation.

Afin de tenter d’enrayer ce déclin et peut-être d’inverser cette tendance, un projet européen LIFE (L’Instrument Financier Européen) « Estepárias » référencé LIFE07 NAT / P / 000654 s’est déroulé entre 2009 et 2012 (l’objectif de ces projets LIFE est l’application, la mise à jour et le développement de projets orientés nature au moyen de politiques environnementales et de projets de hautes valeurs ajoutées). Il était consacré à la conservation de la Grande Outarde, de l’Outarde canepetière et du Faucon crécerellette dans quatre Zones de Protection Spéciale du sud de l’Alentejo (« Baixo Alentejo »): Castro Verde, Piçarras, Vale do Guadiana et Mourão/Moura/Barrancos.  

Le projet LIFE « Estepárias » a eu pour résultat : de protéger les zones importantes de parade nuptiale de la grande Outarde par l’achat de nouvelles terres (fond européen, fonds privés de la LPO et dons), de minimiser l’impact avec les lignes électriques (signalisations anti-collision), enlever des clôtures ou minimiser leur impact (grillages fins, signalisation anti-collision), installer des passages dans les clôtures, augmenter la disponibilité de l’eau (abreuvoirs, mini-barrages) et de la nourriture dans les périodes de grande sécheresse, construction de deux tours de nidification pour la recolonisation du faucon crécerellette, récupérer et soigner les sujets blessés, sensibiliser la population et les écoles par l’information et la communication, promouvoir la participation des agriculteurs, propriétaires et gestionnaires cynégétiques, … .

En mars 2018, l’équipe de suivi externe de LIFE a effectué une visite post projet, cinq ans et demi après l’achèvement du projet. Cela a permis de constater que les objectifs initiaux étaient atteints et parfois même dépassés (5) – Voir le lien vers le compte-rendu complet en fin d’article (cliquer également sur l’onglet du site LIFE « Esteparias »: en savoir plus).

Ces travaux ont largement contribué à la création de la Réserve de biosphère de Castro Verde, qui a été approuvée en 2016.  Le projet LIFE a donc joué un rôle clé dans la mise en place de tendances stables ou à la hausse pour les populations des espèces ciblées dans les sites Natura 2000 sélectionnés, notamment celui de Castro Verde.

Le Busard cendré (Circus pygargus).

Rollier d’Europe (Coracias garrulus).

Parmi les effets secondaires bénéfiques du projet, on peut citer les impacts positifs sur d’autres espèces menacées, telles que le Busard cendré (Circus pygargus) et le Rollier d’Europe (Coracias garrulus); ces derniers bénéficiant des travaux visant à augmenter les sites de nidification de faucons crécerellettes.

Cependant, les données de 2016 concernant les outardes canepetières au niveau national ont montré une forte baisse de 47% (plus marquée en dehors des zones Natura 2000) et les données de 2017-2018 concernant la grande outarde à Castro Verde indiquaient également un déclin de la population. Le rapport de visite a exprimé sa préoccupation pour la gestion agricole qui modifie l’habitat des oiseaux et contrecarre l’impact positif du projet;  en particulier, le programme agro-environnemental a été jugé peu adapté aux conditions locales et sous-utilisé.

Toutes les solutions développées par le projet ont été intégrées dans des manuels de bonnes pratiques à l’usage des entités impliquées dans la gestion agro-environnementale, afin de faciliter le transfert de connaissances vers d’autres sites du réseau Natura 2000 en Europe.

Article rédigé à partir de mes photos personnelles, des observations de terrain et de sources bibliographiques, en particulier :

http://www.oiseaux.net/oiseaux/outarde.canepetiere.html

https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Outarde-canepetiere_2011-2015.pdf

(1) http://datazone.birdlife.org/species/factsheet/little-bustard-tetrax-tetrax/text

(2) http://datazone.birdlife.org/species/factsheet/black-bellied-sandgrouse-pterocles-orientalis/text

(3) : https://oreme.org/observation/ecopop/faucon-crecerellette/

(4) http://datazone.birdlife.org/species/factsheet/lesser-kestrel-falco-naumanni/text

(5) http://ec.europa.eu/environment/life/project/Projects/index.cfm?fuseaction=search.dspPage&n_proj_id=3356#RM

Le Caméléon commun (Portugal) – Avril 2019

Le Caméléon commun

(Nom scientifique : Chamaeleo chamaeleon)

Nouvelle observation en avril 2019

J’ai vu mon premier caméléon commun en liberté en mai 2017, lors d’un séjour dans la région de l’Algarve au Portugal, dont j’avais gardé un très bon souvenir. J’y suis revenu ce mois d’avril. Avec l’expérience acquise, je pensais que l’observation de ce reptile serait plus facile : ce ne fut pas le cas. Toujours pas évident d’y tomber dessus! Je suis allé sur des sites où sa présence est normalement avérée: rien! On m’a dit sur place qu’il était peut-être trop tôt. Pourtant, les températures me semblaient bien propices à son observation.

Heureusement, j’ai quand même quelques photos à montrer et cela pour une raison très simple : je suis revenu sur le site de mon observation de 2017 et j’en ai enfin trouvé un que j’ai pris le temps de photographier sans le perturber! Il avançait au milieu de la végétation dans le sable, ce qui n’est pas courant.

J’ai comparé les photos entre elles et ma première réaction a été : il n’y a pas de doute, c’est celui que j’ai photographié en 2017, bien qu’il y ait de très légères différences dans la présence de certaines des rayures noires sur sa tête. Faut-il en déduire que le caméléon a un rayon de déplacement réduit?

Je suis allé sur internet et j’ai comparé avec d’autres photos : en fait, il y a de fortes similitudes entres les caméléons pour la répartition des rayures noires au niveau de la tête. Pour la pigmentation du corps, c’est plus difficile de comparer. Finalement, il s’agit peut-être de deux caméléons différents, ce que je souhaite ardemment! Pourquoi? Quand celui-ci disparaîtra, y en aura-t’il d’autres en ce lieu? Je rappelle que l’espèce est en danger d’extinction au Portugal.

Mes photos, prises au téléobjectif

De couleur verte tirant sur le jaune, il va foncer en se dissimulant dans un buisson.

Au travers du fourré, sa couleur a changé, plus foncée.  Il prend généralement une couleur tirant vers le noir pour traverser une bande de sable exposée au soleil, ou lorsqu’il est en colère. 

Il va rester un long moment entre ces deux branches mortes où il va bien foncer, pour se dissimuler.

Sous la lumière en dehors du couvert végétal, il va de nouveau prendre des couleurs plus vives tirant sur le vert.

Mon ressenti sur le Caméléon commun

Lors de mon second séjour en Algarve, j’ai été interpellé par l’observation d’un certain fatalisme face au devenir du caméléon commun. C’est à croire que l’on se résigne à le voir disparaître. J’espère bien me tromper! Sur les sites où il est présumé présent, je n’ai pas vu de mesures particulières mises en oeuvre pour le protéger ou déjà, pour le faire connaître.

Il est pourtant régulièrement en photo à la devanture des Tours Operators et dans les dépliants touristiques.

A notre retour, on est passé à la Réserve Naturelle des marais de Castro Marim et Vila Real de Santo Antonio, la première réserve créée au Portugal (en 1975). Elle est située à la pointe est de l’Algarve près de l’embouchure du fleuve Guadania, fleuve frontière avec l’Espagne. Le bâtiment d’accueil du centre d’interprétation, de taille impressionnante et à l’architecture recherchée, se dégrade ; les alentours ne sont plus entretenus depuis un bon moment. Les tables de pique-nique sont inaccessibles, envahies par l’herbe folle. Les panneaux pédagogiques dans le parc sont en mauvais état, illisibles ou détériorés. A l’intérieur, on n’a pu avoir aucune information sur le caméléon. C’est dommage! J’ai pu y observer quand même pas mal d’espèces d’oiseaux, dont des flamands roses, avocettes, échasses, tadornes de Belon, anatidés divers, de nombreuses huppes faciès et divers passereaux ….

Il existait aussi à proximité de cette réserve jusqu’à un passé récent (selon mes informations disponibles) un petit Centre d’information dédié au caméléon, à Vila Real de Santo Antonio. Il était situé au bord de la route à main droite entre le fleuve Guadania et la bordure de la Forêt Nationale de dunes côtières qui relie Vila Real de S. António et Monte Gordo (devant l’entrée d’un chemin d’accès à pied à la forêt). C’était surtout ce Centre qui m’intéressait et je suis obligé d’en parler au passé. Aujourd’hui, il n’y en a plus aucune trace. Il était situé à quelques encablures de la plage, remplacé apparemment par une infrastructure touristique. Il a vraisemblablement fermé en 2012 ou 2013.

Cette forêt nationale clôturée et protégée de la circulation de véhicules est un véritable rideau vert de protection pour la fixation des dunes, le contrôle des vents marins et pour le gîte de la faune native. Ici, vit normalement une importante population de caméléons qui en a fait son foyer et c’est un des derniers bastions de protection de son habitat naturel. C’est dans cette région qu’il a été initialement introduit au Portugal, en 1920, avant de coloniser plus tard le reste de l’Algarve et maintenant disparaître peu à peu. Je n’y ai vu aucun panneau indiquant la présence de cet animal en voie de disparition, pour assurer sa protection et sa sauvegarde! J’ai interrogé quelques personnes sur son existence lors de mes recherches : personne n’était au courant. Et, … je n’ai pu en observer aucun. Mais, pour me consoler : c’était peut-être trop tôt en saison?

La Forêt Nationale de dunes côtières de  Vila Real de S. António, un des derniers bastions du Caméléon commun. C’est un peu « Chercher une aiguille dans une botte de foin ».

Pour en savoir plus sur le Caméléon commun, mon premier article : http://www.lanaturemoi.com/2017/05/23/le-cameleon-commun

La Grande Outarde ou Outarde barbue – Mon retour dans les steppes de Villafáfila (avril 2019)

La Grande Outarde ou Outarde barbue
(Nom scientifique : Otis tarda)

Mon retour dans les steppes de Villafáfila

En arrière-plan, la chaîne enneigée des monts Cantabriques, connus en particulier pour « Los Picos de Europa ».

J’ai découvert pour la première fois l’Outarde barbue lors d’un séjour ornithologique en Espagne dans les plaines de Villafáfila en Castille-et-Léon, au-dessus de Zamora. C’était le 30 avril 2017. Chez cette espèce, le mâle de belle corpulence (le plus lourd oiseau volant d’Europe) est particulièrement photogénique au moment de sa parade nuptiale et lors de cette première visite, celle-ci était déjà terminée. Les femelles étaient vraisemblablement en train de nicher et seuls quelques mâles en petits groupes erraient par-ci par-là.

J’y suis revenu en 2018, à partir du 1er Mai. Elle était à ses débuts, retardée par un printemps pluvieux. J’ai pu faire de belles observations mais les femelles ne se montraient que très peu.

Cette année 2019, j’y suis retourné pour la troisième fois et j’ai pu me rendre compte « que ce n’est jamais pareil ». C’était le 10 avril dans l’après-midi puis le 18 à partir des premières lueurs du jour et j’ai pu assister à des spectacles encore différents. Tout d’abord, j’ai vu un nombre bien plus important d’outardes avec des regroupements spectaculaires. Aussi, les femelles étaient plus nombreuses et peu de mâles paradaient. Je suis sans doute passé au moment des prémices de ce beau spectacle annuel.

J’ai eu aussi l’agréable surprise de constater la présence de petites volées de Tadornes de Belon, absentes les deux années précédentes.

Je rappelle que l’Outarde barbue est un oiseau très craintif et je ne l’observe qu’à grande distance (téléobjectif ou longue-vue incontournable). La suite en photos :

Photos prises le 10 avril 2019 au soir :

Les petits groupes d’outardes sont nombreux et quelques mâles paradent mais bien trop loin pour mon téléobjectif. La lagune de Barillos située au bord de la route entre Tapioles et Villafáfila est à sec, comme il y a deux ans.

Deux femelles en compagnie d’un mâle.

Un aperçu de l’un des biotopes fréquentés par les outardes. A l’arrière-plan, une ligne Haute-Tension: c’est un danger reconnu pour les outardes.

Un groupes de mâles d’âges variés.

Un mâle adulte et solitaire.

En toile de fond, une partie de la chaîne, enneigée, des Monts Cantabriques.

Autre paysage typique de Villafáfila : une mosaïque de cultures à l’infini, sans un arbre.

Les photographier en vol permet parfois de faire des clichés « de proximité relative ».

Cette cabane verte (dont j’ai rencontré plusieurs exemplaires) m’interpelle. Je pense à un poste d’affût privé (et sans doute payant) pour les outardes.

Panneau de présentation du village de Villarin de Campos, de ses lagunes et de ses 68 pigeonniers (entre ruines et bon état/restauré).

Avocettes sur la lagune de Villardon (située à Villarin de Campos, à proximité de Villafáfila).

Les vanneaux sont très présents à Villafáfila, où ils doivent probablement nicher.

Photos prises le 18 avril 2019 au matin (8 jours après les précédentes) :

J’espérais de belles couleurs à l’aube et malheureusement, il a plu toute la nuit suivi par un brouillard matinal. Le ciel était chargé. Le manque de lumière a été préjudiciable à l’ambiance des photos. L’activité des outardes s’en est ressentie et les premières ne se sont montrées qu’assez tard dans la matinée; le soleil était déjà bien haut.

Tadornes de Belon au lever du jour, près de Otero de Sariegos . Tout à gauche des tadornes, un animal de petite taille qui bougeait de temps en temps et que je n’ai pu identifier!

Les Tadornes de Belon, qui vont et viennent dans les cultures. J’en ai observé autour d’une trentaine en petits groupes.

L’espèce est donnée comme nicheuse à Villafáfila. 

Jeune mâle à gauche. La différence de gabarit avec « l’ancien » en arrière-plan est évidente.

Ces deux mâles sont prêts pour parader. Ils se maintiennent à bonne distance l’un de l’autre. Les femelles ne sont pas loin mais elles restent très discrètes.

La seule photo de mâle en train de parader que j’ai pu faire. Il y a eu d’autres occasions dans la matinée, toutes trop loin!

Au second plan, le village de Cerecinos de Campos. 

Divers regroupements de mâles, dans la région de Cerecinos de Campos!

L’élan initial : tout en puissance! L’envergure du mâle va jusqu’à 2m40 (et parfois plus) et son poids monte jusqu’à 17 kg.

Le même mâle, en vitesse de croisière.

Mâles adultes solitaires aux « moustaches » bien développées.

Et les vanneaux sont toujours là!

Pour en savoir plus sur l’outarde barbue : http://www.lanaturemoi.com/2019/01/23/la-grande-outarde-ou-outarde-barbue

A bientôt, peut-être?

En vallée d’Aspe – Panoramas depuis le pic de Labigouer (18 juin 2019)

En montant au col de Souperret : Deux éterlous curieux sur la ligne de crête (isards mâles dans leur deuxième année).

En vallée d’Aspe – Panoramas depuis le pic de Labigouer (2175m)

La sortie démarre au parking d’Aumet (1152m) sur le plateau de Lhers, au-dessus de Lescun. Direction la cabane de Pourcibo par la piste (1320m), puis celle de det Caillau (1456m) en prenant les raccourcis. Après cette dernière cabane, au panneau de la bifurcation (altitude 1607m) avec le col de Saoubathou, on suit le sentier à main gauche vers le col de Souperret (1920m). Au niveau du col, on prend encore à main gauche le sentier en direction du pic de Labigouer, à l’opposé du sentier allant vers le col de Saoubathou et qui contourne la Table de Souperret (2116m).

La sortie représente un dénivelé positif de 1025 m pour une distance totale de 12,6 km (cette publication n’est pas un topo). Le panorama à 360 °depuis le sommet est superbe, en particulier vers l’Espagne avec le Visaurin et le Castillo de Acher, la vallée d’Aspe, Lescun et les sommets mythiques de son cirque comme les Aiguilles d’Ansabère, la Table des Trois Rois, le pic d’Anie, Les deux Billares et les Orgues de Camplong. Sans oublier l’Ossau vers le sud, lui aussi bien entouré.

En dehors des deux isards, je n’ai rencontré que deux merles à plastron, qui évoluaient dans les rochers au sommet et que je n’ai pu approcher; en fait, ils se poursuivaient.

Panorama vers le plateau de Lhers puis au-delà, la plaine de Bedous et toute la vallée d’Aspe jusqu’à Oloron. 

Un névé encore présent, en contrebas du sommet. 

Panorama vers l’Espagne, avec les grès rouges du col de Souperret (en bas et à droite du cliché), la table de Souperret (2116m) devant et à l’horizon, le Visaurin, l’Agüerri et le Castillo de Acher (2390m).

La Pena Forca à la limite gauche (2391m), le Txipeta Alto (2189m), le Quimboa Alto (2182m), el Mallo de Acherito (2362m), le Pétragème (2255m), la grande Aiguille d’Ansabère (2377m), la Table des Trois Rois (2421m) et au premier plan à droite, le Dec de Lhurs (2176m).

 

Le Pétragème (2255m), la grande Aiguille d’Ansabère (2377m), la Table des Trois Rois (2421m), le Pic d’Anie (au milieu, avec au premier plan les Billares), le pic des Tourelles vers la droite (2038m) suivi par les Orgues de Camplong (avec au premier plan, le cirque de Lescun).

Le panorama vers le sud est également magnifique, avec le pic du Midi d’Ossau au centre et très bien entouré; on l’aperçoit déjà très bien depuis le col de Souperret. Il fait très petit sur mes clichés dans cette immensité, mes clichés ne reproduisent pas sa prestance.

La cabane de Castillou, par les crêtes de Lazerque – (14 juin 2019)

A l’ouest et tout à gauche de la photo, le pic d’Escurets (1440m) – Devant le brouillard qui remonte par le col, on aperçoit la tache blanche de la cabane de Castillou (1268m). Photo prise depuis la crête (1335m) du Soum de Counée (1361m).

La cabane de Castillou, par les crêtes de Lazerque

Les villages de Bielle et de Bilhères, en montant par les crêtes de Lazerque. A gauche, le pic de Ger (2613m) – A droite, les Cinq Monts avec le pic de Gerbe (1901m).

C’est une sortie agréable par beau temps. Celui-ci n’est pas au rendez-vous aujourd’hui mais le bol d’air fait du bien. Le départ est depuis le parking situé au-dessus de la chapelle de Houndas (altitude 830m), en prenant la piste carrossable. Après un petit détour aux cromlechs de Lou Couraus, on continue ensuite sur le sentier dans la direction  indiquée « Pente du Bersaut » à 0h50/2km sur le poteau indicateur (altitude 963m – GRP Tour de la vallée d’Ossau). Pendant la montée, on a une très belle vue sur la vallée d’Ossau, les villages de Bielle et de Bilhères et sur le plateau du Benou.

Le brouillard envahit la vallée d’Ossau derrière moi – Les crêtes de Coos avec le Moulle de Jaüt (2050m) sur le versant gauche, le pic de Ger (2613m) vers l’autre versant. 

Au prochain poteau indicateur (altitude 1232m – Pente du Bersaut), on quitte le GRP Tour de la vallée d’Ossau (qui oblique dans la direction « Cayolar de Lazercou ») pour continuer droit devant sur le sentier mono-trace à flanc de montagne jusqu’au col de la Houn Barrade (1316m).

Depuis le Soum de Counée (1361m) : panorama sur une partie du plateau du Benou  – 30 avril 2019.

Depuis le Soum de Counée (1361m) – Le Turon de la Técouère (1067m)  et les crêtes versant sud du plateau du Benou, avec le Rocher d’Aran (1796m), l’Ourlénotte (1806m), l’Ourlène (1813m), le pic d’Andurte (1631m), le Roumendarès (1646m) – 30 avril 2019.

Depuis le pic Bersau (1368m) : à droite, on aperçoit la cabane de Castillou et le pic d’Escurets (1440m)  – En face, l’Ourlénotte (1806m), l’Ourlène (1813m), le pic d’Andurte (1631m), le Roumendarès (1646m) dans les nuages – 30 avril 2019.

Au col de la Houn Barrade (1316m), on est encadré par le pic Bersaut ou Bersaout (1368m) à main droite avec un point de vue magnifique sur la plaine, et le Soum de Counée (1361m) à main gauche. Ses deux sommets sont faciles et méritent le détour, fait à une autre date (30 avril 2019).

Depuis la crête (altitude 1335m) en-dessous du Soum de Counée (occupé par un troupeau de vaches avec des veaux) :  les Cinq Monts avec le pic de Gerbe (1901m), l’Ossau (2884m), le Lauriolle (1858m), le Mailh Massibé (1973m) et le Rocher d’Aran (1796m). Le plateau du Benou est dans le brouillard.

Le bétail est dans les estives autour de la cabane de Castillou.

Pour la cabane de Castillou (blanche avec un toit rouge, altitude 1268m), on descend du col vers l’ouest en visant la cabane, elle est en vue.

Et voilà le brouillard à la pause repas à la cabane de Castillou – Une visibilité quasi nulle, suivi à la descente par la pluie. C’est fini pour les photos.

Pour cette sortie sympa, j’ai enregistré 12,42km pour un dénivelé positif de 505m (Cette publication n’est pas un topo). Elle est agrémentée de pas mal de fleurs au niveau de la crête du Soum de Counée ; les rapaces, aujourd’hui, n’étaient pas de sortie!

Sortie C.E.N. Aquitaine – Zones humides du plateau du Benou (16 juin 2019)

L’entrée du plateau du Benou avec, devant la forêt de conifères, « les Fontaines de Houndas ».

(transhumance du 11-07-2014) .

Les Zones Humides du plateau du Benou

Les Fontaines de Houndas, avec au premier plan le ruisseau des Serres (14 juin 2019).

Le pic du Ger, depuis le plateau de Roland.

Le thème de cette sortie organisée par le Conservatoire des Espaces Naturels d’Aquitaine est la découverte des milieux aquatiques (ruisseau, zones humides) du plateau du Benou et des espèces associées. Elle a été très riche en enseignements apportés par notre Chargée de missions responsable de la sortie et en échanges entre les participants, dans un climat de convivialité très agréable.

Très absorbé par les explications ainsi que par mes observations, je n’ai pris que peu de photos! Certains clichés de cet article proviennent d’autres occasions et je le mentionne en indiquant la date du cliché. Mais l’essentiel, c’est quand même tout ce que j’ai à retenir. En somme, une journée bien remplie avec une expérience que je renouvellerai avec plaisir.

Un peu d’historique sur le plateau du Benou

L’entrée du plateau du Benou avec les « Fontaines de Houndas », depuis les crêtes de Lazerque (16 décembre 2016). En face, le pic du Ger, la vallée d’Ossau, puis les Cinq Monts avec son pic de Gerbe, le Lauriolle, le Mailh Massibé.

Le plateau de Roland (au centre le parking de stationnement), depuis les crêtes de Lazerque (16 décembre 2016). En face, le pic de Gerbe (tout à gauche), le Lauriolle, le Mailh Massibé, le Rocher d’Aran,  l’Ourlénotte et l’Ourlène.

Le plateau du Benou ou tout simplement Le Benou est situé sur la route du col de Marie-Blanque reliant la vallée d’Ossau à la vallée d’Aspe. Il est le point de départ de nombreuses balades et randonnées.

Il est dominé au nord par le massif du Soum de Counée (1361m) et au sud, par le massif du Pic de l’Ourlène (1813m). Entre les deux massifs, dans la dépression qui forme le plateau, passe une faille très importante. Elle est constituée de brèches et d’écailles, de terrains variés et de roches basiques intrusives. Pour information, une écaille est comparable à un copeau géant de croûte terrestre coincé dans une faille.

Ce relief n’est pas visible facilement, à part les écailles constituées de roches plus dures émergeant du plateau comme le Turon de la Técouère, vestige de l’érosion glaciaire.

En contrebas : le Turon de la Técouère (1067m), « écaille » de croûte terrestre coincée dans la faille du plateau du Benou. Cliché pris depuis le Soum de Counée (1361m), le 30 avril 2019. 

En effet à la fin du Quaternaire, le plateau était recouvert d’un glacier suspendu. L’érosion provoquée par son déplacement a remodelé le paysage : la lherzolite du Turon de la Técouère a résisté et de là vient la présence insolite sur le plateau de ce sommet modeste et très caractéristique ressemblant à une pyramide, culminant à 1067m (1).

Haut-lieu du pastoralisme ossalois, on peut y admirer ses nombreuses granges; à l’arrivée des beaux jours, le bétail y évolue en liberté. Avec ce beau soleil dominical, beaucoup de gens sont venus pique-niquer ou simplement se promener. Les sonnailles des troupeaux retentissent et rajoutent un petit air de fête. La présence de la « Salers » et de la « Gasconne » (dont un très beau taureau) m’a particulièrement interpellé. Ce sont deux races que j’aime particulièrement.

Transhumance du 11 juillet 2014 – Traversée du plateau par le bétail, en direction de Laruns et des estives d’Ayous.

La transhumance du bétail du plateau du Benou vers l’estive d’Ayous est un grand événement de la vallée d’Ossau et elle déplace beaucoup de monde. Elle a lieu cette année les 5 et 6 juillet (2019). Voici un lien vers une petite vidéo sans prétention que j’avais réalisée en 2012 lors de la traversée du village de Laruns ( https://vimeo.com/56898620).

Transhumance du 11 juillet 2014 – Traversée de la zone de résurgence de l’eau aux « Fontaines de Houndas ».

Résumé de la sortie

Après avoir laissé nos voitures au plateau de Roland (880m d’altitude) au parking prévu à cet effet, nous avons remonté à pied la piste à circulation restreinte pour rejoindre le plateau de la Técouère (890m). A partir de là, nous avons prospecté les berges de l’Arriou Tort ainsi que les zones humides environnantes (tourbières, marais, …) jusqu’aux sources du ruisseau au pied du Turon de la Técouère.

Nous sommes ensuite revenus sur nos pas par la piste jusqu’au plateau de Roland pour localiser et observer les dolines dites de Roland puis nous avons suivi l’Arriou Tort jusqu’à sa disparition dans des gouffres appelés « pertes karstiques ». Ces pertes se situent au contact entre les argiles glaciaires résultant de l’érosion du glacier et les calcaires mésozoïques (sédiments marins). Certains gouffres sont alimentés, d’autres actuellement à sec. L’eau va transiter dans le karst de ces calcaires du Mésosoïque pour réapparaître plus bas dans une zone appelée les Fontaines de Houndas, à l’entrée du plateau (pour information, un karst est ensemble de réseaux de galeries souterraines, creusées par les eaux, dans les massifs calcaires). Ces résurgences vont donner naissance au ruisseau des Serres, affluent du gave d’Ossau.

Enfin, en deuxième partie de la journée, nous allons nous déplacer au parking situé à proximité de la chapelle de Houndas au bord de la D294, en face des « Fontaines de Houndas » à l’entrée du plateau. Nous y continuerons notre prospection en remontant le ruisseau des Serres vers les sources et les zones humides (bottes indispensables).

Que peut-on observer

La Tétragnathe étirée (Tetragnatha extensa).

La Thomise variable ou araignée crabe (Misumena vatia), une femelle – 11/09/2018. Celle que j’ai observé était jaune comme sur ce cliché, mais elle peut être aussi blanche ou vert pâle. Elle adopte (dans une certaine mesure) la couleur de son support, surtout des fleurs. Le mâle est foncé et plus petit que la femelle. 

Bouvier commun.

œdémère noble femelle (Oedemera nobilis).

En plus des nombreux odonates (libellules et demoiselles dont l’Agrion de Mercure, donné comme rare mais bien représenté ici), on observera des papillons, quelques éphémères, des larves de trichoptères à fourreau (ou porte-bois), des insectes divers et variés (scarabées, araignées, etc.).

Bondrée apivore (13/07/2017).

Tarier pâtre mâle (9/04/2017)

Bruant jaune mâle (19/9/2017)

Mais aussi des passereaux dont le serin Sini et le Bruant jaune, une pie-grièche écorcheur, la linotte mélodieuse, le Tarier pâtre ainsi que des rapaces: des vautours fauves, un percnoptère d’Egypte et une bondrée apivore pas farouche.

Pour information, le Bruant jaune peut facilement être confondu avec le Bruant zizi qui est moins coloré que le premier chez les deux sexes. Le Bruant zizi, chez le mâle, présente une face rayée typique : menton, haut de la gorge et trait sourcilier noirâtres, sourcil jaune.

Ce site est également important pour la reproduction de la Grenouille rousse (Rana temporaria) dont nous avons observé la présence d’un adulte ainsi que de très nombreuses grenouillettes. Aussi des têtards de crapaud accoucheur à un stade bien avancé, de nombreux vairons, un goujon (qui ne devait pas être seul), le Triton palmé, des larves diverses, etc.

Lézard vivipare de Lantz (deux clichés pris dans une autre tourbière).

Sans oublier le Lézard vivipare de Lantz (Zootoca vivipara louislantzi) : très lié aux tourbières, il apprécie notamment les sphaignes, qui sont des plantes sans fleurs et sans racines qui poussent sous la forme de coussinets qui ne cessent de croître; elles constituent la végétation principale d’une tourbière et sont à l’origine de la formation de la tourbe. Ce lézard est uniquement en son genre!

En effet, le Lézard vivipare Zootoca vivipara, très largement distribué aux quatre coins du monde, présente la particularité d’avoir des populations vivipares tandis que d’autres sont ovipares (2), (3), (4). Il en existe quatre sous-espèces dont deux que nous trouvons en France  :

   -la sous-espèce Zootoca vivipara louislantzi ou Lézard vivipare de Lantz (5) est présente uniquement dans nos Pyrénées, le Pays Basque et le massif landais, et elle est ovipare! La Garonne constitue la limite de son extension vers le nord. Ailleurs, on la trouve aussi en Espagne dans les Monts Cantabriques. Les œufs sont conservés dans l’utérus jusqu’aux stades embryonnaires où intervient alors la ponte, constituée de cinq à six œufs en moyenne (jusqu’à dix) qui seront incubés dans le milieu naturel.

   -la sous-espèce Zootoca vivipara vivipara est présente dans d’autres régions. En Aquitaine, elle semble présente dans l’extrême nord-est de la Dordogne et probablement en Lot-et-Garonne. Elle est ovovivipare. A l’échelle des temps géologiques, la viviparité est apparue dans certaines populations chez ce lézard durant les glaciations du Quaternaire et aurait été sélectionnée par l’Evolution en raison de l’avantage procuré par la meilleure résistance au froid. La population pyrénéenne, elle, n’a pas évolué!

   -Aucune zone de contact n’est connue entre les deux sous-espèces.

Comme son nom l’indique, la viviparité est un mode de reproduction où le développement embryonnaire a lieu à l’intérieur de l’organisme de la femelle qui fournit les apports nutritifs et met au monde des jeunes entièrement formés.

Pour le Lézard vivipare comme la sous-espèce « vivipera », il n’y a pas d’apport nutritif de la mère à l’embryon: la dénomination de « vivipare » est donc mal appropriée. Il s’agit en fait d’ovoviviparité : dans cette modalité, le développement embryonnaire complet se déroule dans un œuf en consommant les réserves qu’il contient, à l’intérieur des voies génitales de la femelle jusqu’à son éclosion. La femelle donne alors naissance à des jeunes immédiatement actifs, autonomes et indépendants.

Le Trèfle d’eau, au début de la floraison.

Nous avons observé aussi pas mal de fleurs dont le Trèfle d’eau que je ne connaissais pas, la Linaigrette, la Grassette, etc. Les orchidées étaient présentes également, avec l’Orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii) et l’Orchis maculé ou tacheté (Dactylorhiza maculata).

Ces deux orchidées sont facilement confondues et l’identification est parfois problématique. Après l’observation de terrain, je me suis replongé dans mes ouvrages pour contrôler mes critères d’identification de ces deux espèces (sources : « à la découverte des Orchidées d’Aquitaine » et « Les Orchidées de France, Belgique et Luxembourg » – Parthénope Collection). Un bon moyen pour les différencier est l’observation du labelle, situé en bas de la fleur et constitué de trois lobes.

Orchis de Fuchs, …

Orchis de Fuchs, …

Orchis de Fuchs, de couleurs variables.

  -chez l’Orchis de Fuchs, il est très fortement trilobé et le lobe médian est pointu et plus long que les latéraux mais de largeur équivalente. S’il y a un doute, on regarde la première feuille à la base du pied qui doit être ronde (non pointue).

Orchis maculé ou tacheté, …

Orchis maculé ou tacheté.

  -chez l’Orchis maculé ou tacheté, il est faiblement trilobé et le lobe médian, lui aussi pointu, est plus étroit que les latéraux et il ne les dépasse pas. A l’inverse de la précédente, la première feuille à la base du pied est pointue.

Il est certain qu’après cette journée très agréable, je vais regarder le plateau du Benou sous un œil très différent!

Article rédigé à partir des enseignements de la journée, de mes observations personnelles, de mes photos personnelles ainsi que de recherches bibliographiques dont je cite les liens :

(1) http://sigesaqi.brgm.fr/IMG/pdf/1-balade_hydrogeologique_benou_-_introduction.pdf

(2)http://reptile-database.reptarium.cz/species?genus=Zootoca&species=vivipara&search_param=%28%28taxon%3D%27Lacertidae%27%29%29

(3) https://www.zobodat.at/pdf/HER_21_3_4_0123-0146.pdf

(4)http://www.trameverteetbleue.fr/sites/default/files/syntheses-bibliographiques-especes/131219_lezard_vivipare_avril2012.pdf

(5) http://www.lacerta.de/AS/Bibliografie/BIB_11068.pdf

Sortie CPIE Béarn – Une tourbière aux richesses insoupçonnées (15 juin 2019)

Extrait d’un panneau pédagogique présent sur le site, fourni par le Parc National des Pyrénées.

La tourbière de Pédestarrès (Louvie-Juzon)

Coupe schématique d’une tourbière – Panneau pédagogique sur le site, fourni par le Parc National des Pyrénées (extrait).

La tourbière de Pédestarrès, appelée aussi Tourbières de l’Auga, est une des rares tourbières bombées des Pyrénées. Elle est localisée entre les communes de Louvie-Juzon et de Sainte-Colome, dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle a une histoire et des richesses à dévoiler ; elle a fait l’objet de nombreuses publications dans des revues scientifiques au niveau national et même international, comme « relique inestimable et rarissime ». Elle restitue par exemple (en partie) l’histoire du glacier d’Ossau pendant sa phase de retrait (bien que celui-ci n’ait pas recouvert le site, arrêté par un verrou rocheux) mais aussi bien d’autres informations scientifiques de première importance lors de campagnes de carottage de la tourbe. On y apprend également que l’Homme arrive sur ces lieux il y a 4 800 ans.

Une Droséra, plante carnivore bien présente dans la tourbière.

Ce site est en fait composé d’une tourbière principale (qui a été exploitée), propriété de la commune de Louvie-Juzon et de trois petites tourbières annexes (seulement drainées), interrompues par des prairies humides et des boisements. Elles sont bien distinctes et à des stades d’évolution différents. Le Conseil général a acquis en 2005 une de ces trois tourbières annexes interdite d’accès depuis, en raison de sa politique de gestion d’espaces naturels sensibles (ENS).

Ces tourbières ont été pendant très longtemps utilisées comme lieu de pâturage, ce qui leur a permis d’éviter leur fermeture naturelle. Après la Première Guerre Mondiale, l’administration cherche à développer l’exploitation des tourbières pyrénéennes comme une ressource potentielle de combustible. Commence alors le début de l’exploitation de la tourbière principale, où la tourbe est utilisée comme moyen de chauffage notamment pour les bâtiments publics du village.

En 1979, une société des environs en obtient la concession pour une exploitation industrielle. L’extraction intensive de la tourbe débute en 1991 après l’assèchement de la tourbière par des drains. Enrichie en matière organique, cette tourbe de qualité est ensuite commercialisée comme terreau pour les cultures de pépinière et horticoles. En 2001, cette concession n’est pas renouvelée et l’exploitation est définitivement arrêtée en 2003 par arrêté préfectoral. La pression avait été mise dès le début par les associations locales environnementales et les scientifiques pour que l’exploitation soit arrêtée.

A partir de 2008 un projet commence à voir le jour, avec pour objectif la restauration écologique du site et sa valorisation par la commune. Dès 2011, les jeunes habitants sont impliqués au sein de chantiers de restauration.

Cette démarche s’inscrit dans la nécessité de conserver et de valoriser ce patrimoine naturel, véritable bibliothèque à ciel ouvert où se cumulent 11 000 ans de l’histoire du piémont pyrénéen, emprisonnés sur plus de 7 mètres d’épaisseur de tourbe par endroits. Au cours du XXème siècle, on a constaté la disparition de près de 50% de la superficie des tourbières en France. Une prise de conscience progressive de l’intérêt scientifique, écologique et patrimonial de celles-ci a permis une nouvelle gestion de ces milieux uniques.

La Mairie de Louvie-Juzon a fait le choix de faire connaître ce site au grand public en accès libre. Le village se situe dans l’aire d’adhésion du Parc national des Pyrénées, qui est un des partenaires du projet : celui-ci a mis en place des panneaux pédagogiques.

La sortie d’aujourd’hui est organisée par le CPIE Béarn, avec l’intervention d’un accompagnateur qui nous fera découvrir cet environnement unique et trop méconnu : elle est riche en enseignements et je la recommande. 

Quelques informations sur les tourbières

Cet écosystème se caractérise, en premier lieu, par un sol saturé en permanence d’une eau stagnante ou très peu mobile privant de l’oxygène nécessaire à leur métabolisme les micro-organismes (bactéries et champignons) responsables de la décomposition et du recyclage de la matière organique. Dans ces conditions asphyxiantes, la litière végétale ne se minéralise que très lentement et très partiellement. Elle s’accumule alors, progressivement, formant un dépôt de matière organique mal ou non décomposée : la tourbe.​

Véritable roche végétale fossile, la tourbe est donc un sol organique issu de la dégradation incomplète de débris végétaux dans un milieu saturé en eau. Elle contient au moins 20 % de carbone et peut s’accumuler sur plusieurs mètres d’épaisseur, au rythme moyen de 0,2 à 1 mm par an. C’est un matériau combustible.

La plupart des tourbières s’étant formées après le retrait de la dernière glaciation (glaciation du Würm, il y a environ 12 000 ans), les dépôts de tourbe généralement observés ont une épaisseur comprise entre 50 cm et 5 à 10 m.

Les végétaux édificateurs de la tourbe sont essentiellement des bryophytes hygrophiles comme les sphaignes ou les mousses, des plantes sans fleurs n’ayant ni racines, ni tissus spécialisés pour la conduction de la sève.

Une tourbière est active tant que se poursuivent les processus d’élaboration et d’accumulation de la tourbe à partir de ces végétaux. Si ces processus cessent, la tourbière devient inactive… mais est parfois susceptible de se régénérer.

Selon la nature des végétaux dont elles sont issues, les tourbes présentent des caractéristiques bien marquées. Les tourbes blondes issues de la transformation des sphaignes, sont généralement des matériaux à faible densité, poreux, acides et riches en fibres de cellulose : c’est le cas de la tourbe de Louvie-Juzon. La tourbe blonde formée de sphaignes est celle qui est principalement utilisée en horticulture. Celle-ci possède de nombreuses propriétés physico-chimiques qui améliorent la structure, la capacité de rétention d’eau, l’aération et le pouvoir tampon des sols.

Les tourbes brunes ou noires sont issues de la décomposition plus avancée de grands hélophytes (plantes palustres qui vivent dans la vase mais dont les feuilles sont au-dessus de la ligne de flottaison). Ce sont des matériaux compacts, humifiés, contenant moins de fibres et dont la structure est plastique. Il existe des tourbes aux caractéristiques intermédiaires.

Sphaignes et Droséra – Extrait d’un panneau pédagogique sur le site, fourni par le Parc National des Pyrénées.

Les tourbières jouent un rôle écologique important. La tourbe a la capacité d’être une réserve d’eau. Comme une éponge, elle peut stocker d’importantes quantités d’eau qui seront restituées à la saison sèche. La tourbière se révèle donc un écosystème primordial dans la régulation du débit des cours d’eau.

Les tourbières sont aussi des réserves de biodiversité. Les conditions de vie (peu d’oxygène, beaucoup d’acidité) y sont très difficiles pour la faune et la flore. Aussi, on y trouve des espèces spécifiques à ces milieux hostiles : plantes carnivores (droséras), sphaignes, lézard vivipare, insectes, libellules et toute une faune de batraciens. Ces végétaux et animaux forment un groupe biologique particulier qui évolue dans un écosystème dont les buttes de sphaignes en sont les éléments les plus remarquables.

Quelques photos faites lors de la sortie

Une Dolomède des marais (Dolomedes fimbriatus). Ici, une femelle avec son cocon.

La Dolomède des marais est une araignée-pêcheuse; elle reste normalement à proximité immédiate de l’eau mais elle est également capable de marcher sur l’eau voire de plonger. Elle attrape principalement les insectes qui habitent les plantes des berges, mais elle peut aussi capturer les têtards, ou mêmes de temps en temps les petits poissons. Vers la fin du printemps le mâle parade longuement en bougeant les pattes antérieures devant la femelle jusqu’à qu’elle accepte l’accouplement. Deux à trois semaines après l’accouplement, la femelle tisse des cocons dans lesquels elle entourera ses œufs. Elle porte les cocons avec elle pendant quelques semaines et les installe dans une toile pouponnière lorsque les jeunes araignées sont prêts à éclore.

Un juvénile de Criquet vert (Mecostethus parapleurus).

Un Criquet ensanglanté (Stetophyma grossum) sur une Droséra. Il habite exclusivement les marécages, les tourbières et les prairies très humides.

Le Criquet ensanglanté doit son nom aux marques plus ou moins rouges que la femelle peut porter, mais ces taches ne sont pas toujours présentes, ou visibles. Les mâles sont parfois ornés de jaune vif et de vert.

Bruyère à quatre angles (Erica tetralix). Une bruyère des milieux humides et acides, aux fleurs roses. Appelée ainsi car les feuilles (que l’on devine à la base) forment quatre angles bien réguliers.

Droséra avec, dans le coin en bas à droite, une sauterelle verte.

La Narthécie des marais ( Narthecium ossifragum).

La Narthécie des marais est une plante très élégante qui pousse dans les tourbières à sphaignes. Elle est appelée aussi Narthécie brise-os ou Narthécie ossifrage. Le nom de « brise-os » provient d’une croyance selon laquelle cette plante provoquait la fracture des os des troupeaux qui la mangeaient. En réalité, il est fort probable que ces fractures étaient causées par les difficultés d’accès aux endroits où elle croît.

Un site très riche en agrions et libellules.

Des œufs d’une origine qui m’est inconnue.

Le Lézard vivipare – Extrait d’un panneau pédagogique fourni par le Parc National des Pyrénées.

Autre faune remarquable du site, illustrée par des clichés que j’ai pris ailleurs

Lézard vivipare de Lantz (deux photos prises dans une autre tourbière).

Le Lézard vivipare de Lantz (Zootoca vivipara sous-espèce louislantzy) est uniquement présent dans nos Pyrénées, le Pays Basque et le massif landais (voir mon article suivant du 16 juin 2019 sur la sortie au plateau du Benou). Il est exceptionnel. En effet, il est resté ovipare, alors que l’espèce très largement distribuée aux quatre coins du monde a évolué vers l’ovoviviparité.

Ce lézard, bien présent lors de notre sortie, est plus timide que le Lézard des murailles. Il n’est pas facile à photographier et il fut plus rapide que moi (il vaut mieux privilégier un téléobjectif pour l’immortaliser).

Grenouille rousse (photo prise au bord d’un lac d’altitude).

La Grenouille rousse (Rana temporaria) est de couleur très variable mais jamais verte. On peut facilement la confondre avec la Grenouille agile (Rana dalmatina). A cause d’une météo peu propice, on n’en a pas observé lors de cette sortie.

« Gardons à l’esprit que lorsqu’on achète de la tourbe en jardinerie pour nos plantes,

on contribue à la disparition de plusieurs milliers d’années de notre histoire ».

Article rédigé à partir de mes photos personnelles, des panneaux de présentation de la tourbière sur le site (fournis par le Parc National, cité) et de sources internet, en particulier :

www.tela-botanica.org/actu/IMG/CCTP.doc

M2GEP2015_Thibault_CASTETS_Anais_LORIER.pdf

 

La Peña de Oroel (Jaca) – 7 juin 2019

L’éperon rocheux de la Peña de Oroel et sa croix, tout à gauche à son sommet.

La Peña de Oroel (Jaca)

La Peña de Oroel (1769m) qui domine Jaca (en Aragon, au pied des Pyrénées sur l’axe Pau – Saragosse par le Tunnel du Somport) est une très belle destination pour les adeptes de la randonnée avec un peu de dénivelé. Je la conseille en particulier quand nous sommes lassés par les mauvaises conditions météo de notre côté des Pyrénées. Il n’y a pas de difficulté particulière.

Pour s’y rendre, à la sortie sud de Jaca, on prend l’A-1205 en direction de Buernes et de San Juan de la Peña. Après quelques kilomètres, on quitte la route principale pour prendre une route étroite à main gauche (virage serré). On arrive rapidement au Parador de Oroel (qui est un simple refuge), appelé aussi refuge Mirador de Oroel.

Le refuge Mirador de Oroel, au téléobjectif depuis la « Cruz de Oroel »

Présentation de l’itinéraire au départ du sentier.

Le départ de la randonnée est indiquée par un panneau (1186m). Il y a deux possibilités : aller directement à la Cruz de Oroel (1769m), au sommet de la Peña (dénivelé 613 m cumulé pour 8,59 km avec mes A/R sur mon GPS), avec la possibilité de faire un détour à l’aller ou au retour vers l’ermitage de « la Virgen de la Cueva ». Pour plus d’informations sur le topo, il y a des sites incontournables comme celui de Topopyrénées de Mariano, site auquel vous pouvez vous abonner. Il y a une mine d’informations sur les Pyrénées, conseils très utiles, randonnées avec traces GPS, faune et flore avec de magnifiques photos.

Quelques photos pendant la montée

Aperçu sur la Cruz de Oroel dressée au sommet de la Peña du même nom, pendant la montée.

Aperçu sur la plaine de Jaca et sa mosaïque de parcelles, pendant la montée.

A la sortie de la forêt, en direction de la Cruz de Oroel (1769m).

A l’approche de la Cruz de Oroel (1769m).

Depuis la ligne de crête, la végétation côté versant sud change. A l’horizon sur la droite dans la continuité du passage de la ligne HT, los Mallos de Riglos (côté gauche) suivies par la Peña Rueba (falaises claires côté droit).

400m environ de vide, versant nord.

A nos pieds, Jaca et les mosaïques de parcelles cultivées qui l’entourent – Le panorama sur la chaîne des Pyrénées avec au centre, la vallée de l’Aragon.

La pointe ouest de la Peña de Oroel avec, tout au fond à l’ouest, l’embalse de Yesa.

Rencontre au sommet!

Sur le chemin du retour, la vue en direction de la pointe est de la Peña de Oroel.

Un panorama grandiose sur la chaîne des Pyrénées

Ce qui m’a plu avant tout, c’est le beau panorama sur la chaîne des Pyrénées côté espagnol, avec des sommets bien connus comme le Bisaurin à l’ouest (2669m). Situé dans la province de Huesca, c’est le plus haut sommet pyrénéen rencontré en venant depuis l’océan Atlantique entre les massifs d’Aspe et d’Anie : je le vois très bien depuis la maison et il a pour moi une importance particulière. A l’est, on aurait dû apercevoir l’Aneto (3404m, le plus haut sommet des Pyrénées) mais je n’ai pas réussi à le localiser : en effet ce jour-là, certains sommets sont restés noyés dans les nuages.

De gauche à droite : los Dientes de Batanes – Le massif du Vignemale  et la Pique-Longue (3298m) – El Pico de la Tendeñera (pratiquement au centre dans le nuage) – Les Gabiétous – Le Taillon – La Fausse Brèche (la Brèche de Roland, à sa droite, est occultée) – Le Casque de Marboré – La Tour de Marboré – Le pic du Marboré – Le Cylindre du Marboré. 

De gauche à droite : Les Gabiétous – Le Taillon – La Fausse Brèche (la Brèche de Roland, à sa droite, est occultée) – Le Casque de Marboré – La Tour du Marboré – Le pic du Marboré – Le Cylindre du Marboré (dans les nuages) – Le Mont Perdu (dans les nuages) – Le Soum de Ramond (dans les nuages) – Le col d’Añisclo – Las Très Marias, puis à nouveau les nuages cachant l’Aneto!

Quelques vues sur des sommets connus

On identifie très bien quelques sommets du versant espagnol comme le Visaurin, le pic d’Aspe (2645m, qui nous domine quand on va au Somport), le Vignemale (sommet culminant des Pyrénées françaises à 3298m), le Taillon (3144m), la Fausse Brèche et d’autres 3.000m mythiques du cirque de Gavarnie; ainsi que d’autres sommets dont la liste suit en photos de l’ouest vers l’est.

Le Visaurin ou Bisaurín en espagnol (2654m).

De gauche à droite : el pico Llena del Bozo (2566m) – La Llena de la Garganta (2599m) – l’Aspe (2645m) – El pico Lecherín (2561m) – El pico Tortiellas (2364m).

La vallée du fleuve Aragon.

La Collarada (2886m) – La Collaradeta (2742m).

Le plus haut sommet à gauche, la Peña Retona (2781m).

Vue rapprochée sur la Peña Retona (2781m).

Au centre, la Peña Telera (2764m) avec, sur la droite en arrière-plan de la Peña Blanca, les pics d’Enfer (3082m).

Vue rapprochée sur la Peña Telera (2764m).

Los Dientes de Batanes (2894m), deuxièmes sommets à partir de la gauche puis le massif du Vignemale avec la Pique-Longue (3298m).

Plus haut sommet vers la gauche, la Tendeñera (2853m).

Les Gabiétous – Le Taillon – La Fausse Brèche (la Brèche de Roland, à sa droite, est occultée) – Le Casque de Marboré – La Tour du Marboré – A l’extrémité droite, le début du pic du Marboré.

Vue rapprochée sur les Gabiétous – Le Taillon – La Fausse Brèche.

Le Casque de Marboré – La Tour du Marboré, à la base du pic du Marboré (dû à l’angle de vue) – Le Cylindre du Marboré – Le Mont Perdu – Le Soum de Ramond. Au milieu du tiers inférieur, le canyon d’Ordesa.

Le ballet aérien des vautours

J’ai bien apprécié aussi le balai aérien des vautours nichant dans les falaises de poudingue de la face nord de la Peña. La présence de certaines fleurs m’a aussi interpellé : du muguet sauvage au début du sentier ainsi que quelques rares pieds de Sceau de Salomon odorant. Sur la crête de la Peña côté du versant sud, on trouve également de nombreuses Tulipes australes, une fleur que je n’avais jamais observé auparavant. Je n’ai pas su prendre le temps de les photographier.