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Le lis des Pyrénées (Lilium pyrenaicum)

Une petite grappe de fleurs de Lis des Pyrénées, à trois stades de la floraison.

Le sujet de ce jour est le Lis des Pyrénées (Lilium pyrenaicum Gouan). Au fait, Lis ou Lys? Cela n’a pas d’importance, les deux orthographes sont bonnes mais le « Lis » est dans l’orthographe officielle.

La fleur du Lis, en pleine floraison.

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I- Présentation du lis des Pyrénées

Plante prisée des photographes, les publications à son sujet sont nombreuses. La fleur est particulièrement attrayante et se prête très bien à la photographie macro. J’ai longtemps pensé, à tord, que ce lis était protégé ; non, il ne l’est pas mais à qui viendrait à l’idée de cueillir ou déterrer ce petit joyau de la Nature?

Présenté comme endémique des Pyrénées, on peut cependant le trouver ailleurs. Il existe, dans les départements du Lot, du Tarn et du Tarn-et-Garonne (Gorges de l’Aveyron), quelques stations isolées où il est protégé au niveau départemental. Il en existe également une station dans l’Aude (forêt de la Loubatière). D’autres endroits sont parfois cités mais les diverses sources d’information ne sont pas concordantes.

Vue d’ensemble de Lis des Pyrénées dans une fougeraie.

Une vue rapprochée.

Assez commun sur toute la chaîne pyrénéenne, on ne le trouve pas aisément. Certains habitués de la randonnée en montagne ne l’ont jamais observé. Il pousse en stations : certaines ne regroupent que quelques pieds, mais il peut être aussi très abondant quand il se plait bien. La première fois que je l’ai vu, j’ai été interpelé : d’après les photos que j’avais déjà consultées, la fleur aurait due être plus grande. Je pensais alors, à tord, être tombé sur des pieds en régression. Les photos peuvent être trompeuses!

Sur cette photo, on peut remarquer les différents stades de la floraison.

Associé parfois à des fougères, ces dernières peuvent prendre le dessus et le Lis passe alors inaperçu.

(Les limaces étaient présentes et actives sur certains pieds, comme sur celui en arrière-plan  – Il n’y avait pas de troupeau).

Son biotope dans la moyenne montagne, seulement suggéré sur cette photo.

Il fleurit en moyenne montagne de fin mai à début juillet dans divers milieux, entre 800 mètres (début de l’étage montagnard, versant nord) et 2 400 mètres d’altitude (fin de l’étage subalpin, versant sud). Il aime les endroits frais et ouverts comme les bois peu ombragés, les clairières, les prairies, les éboulis et les couloirs de rocaille non avalancheux.

On attribue des vertus médicinales à plusieurs espèces de Lis et le Lis des Pyrénées en fait partie. Il est régulièrement cité pour soulager les plaies, les brûlures et les piqûres mais je n’en ai retrouvé aucune preuve scientifique. On le cite aussi en usage externe pour la maturation des abcès, furoncles et panaris et les pétales en pansement antiseptique. Toutes ces mentions ne reposent pas, à ma connaissance, sur des études valides et ce n’est que mieux. Je le dis à nouveau : « à qui viendrait à l’idée de cueillir ou déterrer ce petit joyau de la Nature »?

Ses stations restent généralement secrètes, même avec l’arrivée d’internet et ses publications ; cela le protège des éventuelles cueillettes et autres arrachages ravageurs.

Un Lis martagon avec sa grappe de fleurs encore refermées, à côté d’un Lis des Pyrénées qui a commencé à faner.

La fin de la floraison du Lis des Pyrénées coïncide avec le début de celle du Lis martagon (Lilium martagon), une autre beauté de nos montagnes. Les fleurs se ressemblent mais le Martagon est de couleur pourpre ; rare en plaine, la répartition de ce dernier s’élargit aux autres massifs montagneux français.

Le lis martagon en fleurs.

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II- Description de la plante, illustrée en photos 

C’est une plante grande et robuste, dont la taille moyenne varie entre 50 et 100 cm environ.

La plante avant la floraison – Les fleurs se regroupent en grappe au sommet d’une tige robuste, feuillue jusqu’à son extrémité ; ici, on compte huit futures fleurs. 

Un pied de trois futures fleurs, à un stade légèrement plus avancé.

Un autre pied de trois fleurs. On remarque la forme étroite et allongée des feuilles, nombreuses et rapprochées.

Un pied de deux fleurs, en début de floraison. Il est dépassé par les fougères.

Un pied de seulement une fleur. Une fleur solitaire est plus rare ;  je n’en ai pas trouvé d’autres.

Un grand pied de huit fleurs, avec au moins trois stades différents de floraison.

En résumé, les nombreux pieds que j’ai observés à ce jour ont pour la plupart entre deux et huit fleurs. Je n’ai pas trouvé dans la bibliographie l’information qui puisse m’indiquer un nombre de fleurs par pied supérieur à huit.

Les pieds ayant le plus de fleurs sont, d’après mes observations, les plus grands mais cela reste également à confirmer sur un plus grand nombre de stations.

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III- Description de la fleur, notions de reproduction

La corolle de la fleur mesure entre 25 et 50 millimètres environ.

La corolle de gauche, au début de son épanouissement, commence à découvrir des étamines encore immatures. La corolle de droite commence tout juste à s’ouvrir.

Une vue rapprochée d’une corolle et des étamines proches de la maturité. L’étamine est constituée du filet (la partie fine et verdâtre) qui soutient l’anthère, le réservoir à grains de pollen. Cette fleur n’est pas pleinement épanouie et le style n’apparaît pas encore sur ce cliché.

Entouré par les six étamines en pleine maturité, le style, terminé par trois stigmates à 120 °. Les grains de pollen vont bientôt se disperser. 

Les anthères libèrent le pollen qui vient se fixer sur les stigmates du style, au centre des étamines.

Vue de dessous – On voit bien les trois stigmates prolongeant le style et sur lesquels les graines de pollen libérées par les anthères viennent se coller.

La fleur, hermaphrodite, s’épanouit à l’extrémité d’un long pédoncule recourbé. Tournée vers le sol, la corolle se compose de six divisions jaunes roulées vers l’extérieur au fur et à mesure de la floraison, avec des ponctuations noires en lignes plus ou moins bien agencées. Ces ponctuations disparaissent sur le dessus de la corolle. En observant la fleur d’un peu plus près, on remarque que ces divisions sont sur deux rangs : trois sépales sur le rang externe et trois pétales sur le rang interne, indifférenciées. Quand sépales et pétales se ressemblent, on utilise généralement un seul terme pour les nommer ; ce sont des « tépales ».

Les six longues étamines (organe mâle de la fleur) à anthères orangées, bien saillantes, entourent le style terminé par trois stigmates visqueux plus élargis. Avec l’avancée de la floraison, le style et ses stigmates descend au niveau des anthères et même les dépasse parfois. Les anthères vont virer au rouge puis au brun pendant qu’elles relâchent le pollen, récupéré par les stigmates.

A la racine du style, se trouve l’ovaire à trois loges, contenant les ovules qui seront fécondées par le pollen libéré par les anthères. L’ovaire, le style et les trois stigmates constituent l’ensemble appelé pistil (organe femelle de la fleur).

Chaque grain de pollen déposé sur le stigmate va germer et former un tube pollinique qui s’allonge et s’enfonce à l’intérieur du style en remontant vers l’ovaire et rejoindre un ovule. Ainsi faisant, le tube pollinique conduit le noyau de la cellule reproductrice mâle vers le noyau de la cellule reproductrice femelle. Les deux noyaux fusionnent pour donner la cellule-œuf qui sera à l’origine d ‘une future graine.

J’ai quand même trouvé un pied fané avec neuf fleurs : c’es pour l’instant mon record personnel. En bas à gauche et au bout du pédoncule, l’ovaire de couleur verdâtre initialement occulté par les tépales apparaît.

La fleur fane, les tépales et les étamines tombent à terre pour mettre à nu le pistil au bout du pédoncule. Le style tombe à son tour. Au bout du pédoncule qui se redresse, l’ovaire de couleur verdâtre enfle avec le développement des graines et va se transformer en fruit. Ce fruit se présente sous une forme cylindrique aux extrémités arrondies. En séchant, il devient une capsule qui s’entrouvre en trois segments pour libérer les graines qui seront dispersées. La plante a alors terminé son cycle annuel et si tout va bien, l’année suivante …

IV- Quelques photos supplémentaires

Les photos qui suivent sont sans légende, juste pour le plaisir d’une promenade virtuelle.

Publication faite avec des photos exclusivement personnelles.

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