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Le Lézard vert occidental (Lacerta bilineata)

deux lézards verts verts occidentals au soleil

Un couple de Lézards verts au soleil.

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Après le Lézard ocellé (Timon lepidus, menacé d’extinction en France et mesurant en moyenne entre 40 et 60 cm), le Lézard vert occidental est le plus grand de nos lézards ; il est tout simplement magnifique. Au gré des rencontres, la couleur vert pomme de sa livrée nuptiale accroche le regard.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, on le rencontre plutôt sur la côte atlantique et sur le piémont des Pyrénées. Dans les Landes, j’en ai observé aux abords des lacs situés à l’arrière du cordon dunaire.

Ce jour de début juin, j’ai eu la chance d’en photographier deux ensemble, puis un troisième à plusieurs centaines de mètres de là : un couple, puis un mâle. Un moment faste pour moi!

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I- Présentation du Lézard vert occidental

un mâle lézard vert occidental sur une souche

Un mâle se chauffe au soleil, aplati sur une souche.

Sur le site Faune France, on l’appelle maintenant le Lézard à deux raies et sur iNaturalist, on continue à l’appeler le Lézard Vert Occidental. On le connait aussi sous l’appellation le Lézard à deux bandes, en référence à cette particularité présente chez les subadultes et certaines femelles.

lézard vert sur une souche

Une vue rapprochée du mâle. On peut remarquer la longueur de ses griffes arrière.

Il est très proche du Lézard vert (Lacerta viridis) d’Europe centrale et orientale (Grèce et la totalité des Balkans), appelé parfois chez nous le lézard vert oriental pour souligner la différence : il est très ressemblant mais génétiquement différent. Les adultes se confondent ; chez les juvéniles, les différences dans la coloration de leur peau écaillée sont voyantes. Longtemps considérés comme une seule espèce, les progrès de la recherche génétique ont confirmé depuis 1997 qu’il s’agit de deux espèces à part entière. Une limite nord-sud traversant l’Istrie sépare les deux espèces. L’Istrie est la grande péninsule de la Croatie pointée vers le sud et qui s’avance dans la Mer Adriatique. Les deux espèces cohabitent dans une zone limitée au nord-est de l’Italie ; on dit qu’elles peuvent parfois s’hybrider.

un lézard vert occidental femelle

La femelle – A part une tête moins massive, celle de mes photos a une livrée ressemblant à celle du mâle ; ce n’est généralement pas le cas. Leur comportement amoureux ne laissera cependant pas de doute.

un lézard vert femelle avec la queue coupée

La femelle s’est séparé d’une partie de sa queue qui repoussera, une action bien connue des lézards appelée « autotomie ».

Sa taille est d’une trentaine de centimètres environ et les plus grands sujets mesurent jusqu’à une quarantaine de centimètres, dont les 2/3 pour la queue (la queue est deux fois plus longue que le reste de son corps). Il est capable d’autotomie en l’abandonnant pour constituer un leurre qui s’agite encore quelques instants, ce qui détourne l’attention de ses prédateurs.

tête du lézard vert occidental mâle

Le ventre jaune du mâle. La gorge de celui-ci a très peu bleui ; il y a des variations selon les individus. 

Les livrées que l’on peut observer sont nombreuses. Les deux sexes ont en commun une couleur verte avec un ventre jaune ou vert pâle uni. En période inter-nuptiale, les mâchoires et la gorge sont teintées de bleu pâle chez les adultes (surtout chez le mâle et parfois chez la femelle).

un lézard vert mâle en tenue nuptiale

Le mâle, reconnaissable ici à sa tête massive.

tête bleue du lézard vert occidental

Un aperçu sur sa livrée nuptiale très vive, piquetée de noir.

Le dimorphisme sexuel est prononcé :

Le mâle du Lézard vert lacerta bilineata a une grosse tête

Le mâle « a la grosse tête ».

_ La tête du mâle et son allure générale sont plus massives. Sa livrée à dominante vert uniforme est piquetée de noir. A la période nuptiale, elle devient d’un vert acidulé, le dessus de la tête s’assombrit, le bleu de la gorge et des mâchoires s’intensifie et devient bleu vif.

_ La robe de la femelle est bien plus variable avec un vert généralement moins prononcé, des taches noires plus ou moins étendues. Sa gorge est généralement blanche ; elle peut aussi parfois bleuir en période de reproduction, mais la tendance reste plus discrète que chez le mâle. Il arrive que sa livrée se rapproche de celle du mâle, comme c’est le cas ici dans ma publication.

Portrait du Lézard vert lacerta bilineata femelle

La femelle a une tête plus fine.

Chez les vieilles femelles, les taches noires disparaissent au profit de la coloration vert pâle et foncé.

_ Les jeunes ont une coloration dorsale d’un brun plus ou moins clair. Le ventre et les flancs sont de couleur vert clair et uni ; la gorge est verte. Au cours de leur deuxième année (subadultes), la livrée devient tachetée de noir avec l’apparition de deux lignes latéro-dorsales jaune pâle à blanchâtre. Il s’ajoute parfois deux nouvelles lignes qui parcourent les flancs de l’animal, plus discrètes.

 Ces lignes sont également présentes chez certaines femelles, ce qui peut amener une confusion avec un subadulte.

un couple de lézards à deux raies

On peut remarquer ici la différence de coloration des gorges. Généralement, celle du mâle est plus bleutée que celle de la femelle. Ici, c’est l’inverse!

C’est une espèce inoffensive ; cependant, il va se défendre en pinçant parfois douloureusement si on cherche à le saisir. En tant qu’espèce protégée, il n’y a pas de raison de le manipuler sinon pour le secourir … avec précaution.

Il est essentiellement terrestre. Rapide et très agile, les griffes de ses pattes longues et puissantes lui permettent de grimper dans la végétation, un arbre ou sur un muret pour chasser ou se mettre à l’abri.

La température extérieure régule son activité annuelle ; il a besoin d’une température ambiante minimale de 15 °C pour sortir de son trou d’hivernage. En été, il reste à l’abri aux heures très chaudes de la journée : il affectionne les chaleurs en deçà de 30-32°C. On peut généralement l’observer plus facilement en début de matinée et en fin de journée.

Vers la fin octobre et alors que les températures chutent durablement, il commence à hiverner. Il se réfugie à l’abri sous terre dans dans un terrier qu’il a creusé ou celui abandonné d’un rongeur, sous un tas de pierres ou de débris végétaux.

Vers la mi-mars, il réapparait à nouveau, dès que le soleil printanier a suffisamment réchauffé l’atmosphère. Les femelles hivernent en premier et les mâles sont les premiers à réapparaître.

un lézard à deux raies avec tiques

Entre la patte et le tympan, une petite tique s’est incrustée entre les écailles, bien placée pour y séjourner longtemps. 

Comme les autres lézards, il renouvelle régulièrement sa peau pour se débarrasser de ses parasites, les tiques en particulier. La première mue de sa période annuelle d’activité, la livrée nuptiale, est la plus éclatante ; elle ravive ses couleurs à la sortie de ses longs mois d’hivernation. Les autres mues de l’année perdront de leur éclat.

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II- Le régime alimentaire du Lézard vert occidental

C’est un insectivore très utile ; il se nourrit de nombreux invertébrés comme les vers, sauterelles, coléoptères, mouches, escargots, etc., directement avalés. Il peut aussi à l’occasion se nourrir de fruits bien mûrs et de baies. Sa mâchoire est puissante mais ses dents sont très petites et ne lui permettent pas de mastiquer (ou de blesser).

Il a besoin d’eau pour survivre, qu’il trouve avec les gouttes de rosée. Un climat trop sec ne lui convient donc pas.

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III- La reproduction du Lézard vert occidental

Au moment de la reproduction d’avril à mi-juin environ, la gorge du mâle prend une superbe couleur bleu vif. C’est un atout pour conquérir les femelles et un signe d’agressivité pour impressionner les autres mâles. Ils peuvent s’adonner à de violents combats, qui finissent parfois mal pour les vaincus.

un lézard vert

Le mâle s’approche de la femelle, pour tenter de s’accoupler.

un lézard vert mâle grimpe sur la femelle

Il grimpe sur son dos, …

un lézard vert

Il tente de faire son affaire? Tout est allé très vite, je ne l’ai pas vu s’accoupler.

un lézard vert

Il s’apprête à revenir à la charge. La femelle peut s’accoupler plusieurs fois.

un lézard vert

La femelle reste impassible et consentante.

un lézard vert

Il en fait le tour,

un lézard vert

Puis, il se place à nouveau derrière elle.

lézard vert mâle pose sa tête sur le dos femelle

Il pose sa tête et une patte sur la femelle, ce qui a comme effet de la faire réagir. Il reste ainsi un petit moment.

un lézard vert

un lézard vert mâle mord la femelle

Il tente de la mordiller à plusieurs reprises, ce qui va finir par l’importuner. Ce n’est pas le moment!

un lézard vert mâle mord la queue de la femelle

Elle tente de s’échapper mais il la rattrape par la queue.

un lézard vert

Elle se retourne, …

un lézard à deux raies mord la queue de sa femelle

…, et revient. Il pince, mais avec ses petites dents, il ne la blesse pas.

un lézard vert

La femelle ne montre aucun signe de gêne ou d’agressivité. Il finit par lâcher prise.

un lézard vert

La femelle redescend à l’abri dans la végétation, où Monsieur va la rejoindre (pour continuer les ébats?).

Quand il a conquis la femelle, il va alors tenter de s’accoupler en lui mordant la queue pour la retenir. Puis il grimpe sur son dos en lui pinçant le cou, tout en la maintenant de ses pattes arrière et l’accouplement a lieu.

Après l’accouplement, la femelle pond jusqu’à une vingtaine d’œufs dans un terrier à faible profondeur dans un substrat meuble, puis elle ne s’en occupe plus.

Dès début août après une dizaine de semaines d’incubation selon la température du substrat, les jeunes lézards (3 à 5 cm de longueur) sortent de leur coquille. Ils se dispersent alors sans intervention parentale et restent à proximité de leur lieu de naissance.

Ils sont soumis à un taux de prédation assez élevé de la part des serpents (Vipère aspic et Couleuvre verte et jaune, essentiellement), de certains rapaces, de chats errants ou non, …, avant d’arriver à leur tour à l’âge adulte.

Leur maturité sexuelle est atteinte à partir de 2 ans. La longévité est en moyenne de 7-8 ans et elle peut aller jusqu’à une quinzaine d’années.

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IV- L’habitat du Lézard vert occidental

C’est une espèce sédentaire et plutôt timide ; on peut le rencontrer en bordure d’un sentier, sur un rocher, un talus bien exposé ou une souche en train de se chauffer au soleil. Sa livrée très voyante l’expose à découvert. A la moindre alerte, il ira prestement se réfugier dans la végétation dense ou dans son terrier, à proximité immédiate.

un lézard vert

Mon deuxième mâle de la sortie, en sécurité dans la végétation. 

Il fréquente les milieux rocheux et sableux, les endroits ouverts secs, broussailleux et bien exposés comme les lisières de bois, les clairières, les friches, , etc. Il affectionne le couvert végétal bas, épais et piquant comme certaines haies, les ronciers, les ajoncs, etc. où il ira se mettre en sécurité contre ses prédateurs.

un lézard vert

Il vient « lézarder » au soleil, sur le sentier. Plus petit que le précédent, ses mâchoires et sa gorge sont d’un bleu plus intense ; le dessus de sa tête est verdâtre alors que celle du précédent était bleutée et tirant sur le noirâtre. 

le dos d'un lézard vert occidental

Le même, de dos.

Il fuit généralement la proximité immédiate de l’homme mais on peut le trouver dans les jardins et les vergers ayant gardé un coin naturel et sauvage où il ne sera pas inquiété. On le trouvera alors sur un endroit dégagé où il peut prendre le soleil, à proximité d’un refuge comme un tas de pierres, un vieux muret en pierre sèche, etc. Avec le temps, il peut s’habituer à la présence humaine et se laisser approcher, si on évite de le brusquer.

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V- La répartition du Lézard vert occidental

On le trouve dans l’Europe de l’Ouest : le Nord de l’Espagne, en France, en Italie, en Sicile, dans le Sud de la Suisse et dans l’ouest de l’Allemagne (où son aire est très limitée).

En France, il est globalement présent au sud de la Seine, jusqu’à une altitude de 1 500 mètres environ ; il est absent de Corse. Considéré comme absent de la Normandie dans certaines publications, il gagne un peu de terrain sur la côte de la Manche. Une petite population est également présente en Alsace, notamment dans le Haut-Rhin.

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VI- Le statut du Lézard vert occidental

un lézard vert

Mon premier mâle, en train de poser.

L’espèce est protégée par l’Arrêté du 19 novembre 2007 fixant les listes des amphibiens et des reptiles protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection. Elle n’est pas considérée comme menacée, mais elle reste surveillée.

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VII- Informations scientifiques complémentaires

Pour compléter les connaissances sur ce saurien très photogénique, il en existe quatre sous-espèces :

_ Lacerta bilineata bilineata, qui occupe le territoire français et le nord de l’Italie,

_ Lacerta bilineata chlorosecunda, présente en Italie (région sud, talon de la Botte au bord de la Mer Adriatique, de Vieste à Tarente),

_ Lacerta bilineata chloronota, présente en Sicile et en Calabre,

_ Lacerta blineata fejervary, présente en Italie (région de Naples).

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VIII- Galerie de photos en bonus, annotée

Ces quelques photos ont été prises ultérieurement, au gré des rencontres. Elles me permettent d’illustrer, pour les premières, qu’il n’est pas toujours simple de faire la différence entre un subadulte et une femelle.

lézard vert lacerta bilineata subadulte

Ce spécimen me semble être un jeune de l’année précédente (un subadulte).

Son allure générale est plus massive que celle d’une femelle adulte. Sa tête est plus fine, moins colorée à cette période de l’année (mai) que celle d’un mâle adulte. Le vert de sa robe est plus éclatant que celui d’une femelle et elle est plus piquetée de noir que tachetée.

On remarque la présence de ces deux fines raies dorsales jaunâtres qui ont donné le nom à l’espèce. Selon certains observateurs, ce sont uniquement les individus subadultes qui présentent ces deux bandes bien marquées sur le dos et la queue, mais elles peuvent être aussi présentes chez certaines femelles.

Hélas, il est parti très vite et je n’ai pu avoir que cette photo. Je penche ici pour être en présence d’un mâle subadulte mais sans pouvoir le confirmer.

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Un autre individu, que j’identifie comme étant une femelle adulte, n’a plus du tout la même apparence que la femelle du couple observé précédemment.

Lézard vert lacerta bilineata femelle

La voici!.  

lezard vert lacerta bilineata 42

La même femelle, avec ses deux raies blanches bien visibles. 

lezard vert lacerta bilineata 43

Les mâchoires de sa gorge sont bleutées.

lezard vert lacerta bilineata 44

Le ventre et la gorge sont uniformément jaunes.

Lézard vert lacerta bilineata femelle au soleil

Il s’agit pour moi d’une femelle ; elle est maintenant en plein soleil et sa robe tire vers le jaune verdâtre.

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lezard vert lacerta bilineata 34

Un mâle adulte, à la tête massive et colorée.

lezard vert lacerta bilineata 35

Le même mâle, sur lequel on remarque l’absence de raies. Sa livrée est jaunâtre piquetée de noir et le dessus de sa tête tire sur le vert.

Lézard vert lacerta bilineata avec des tiques

La gorge et les mâchoires sont bleu. Des tiques se sont incrustées entre les écailles.

Lézard vert lacerta bilineata mâle

La tête du léezard vert lacerta bilineata mâle

Toujours le même mâle.

Lézard vert lacerta bilineata tire la langue

Langue bifide tirée.

Chez le lézard, la langue fourchue est un organe essentiel pour la chasse. Il sort sa langue bifide pour capter les odeurs, en effectuant de rapides allers-retours. Les deux extrémités constituent deux sources d’informations afin de détecter et situer une proie potentielle.

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