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Le Loriot d’Europe (Oriolus oriolus)

Loriot d'Europe mâle, dans le feuillage

29 avril – 18h00. Mon premier Loriot d’Europe de la saison, un mâle.

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Le Loriot d’Europe est enfin arrivé dans notre Béarn !

Nous sommes le 29 avril. Cet après-midi, j’ai enfin entendu chanter le Loriot d’Europe. Sa prestation n’a duré qu’une petite minute, mais elle a suffi à confirmer son retour. Il était posé dans la parcelle forestière habituelle où un couple niche chaque année. Au même moment, une Tourterelle des bois faisait également entendre son roucoulement lancinant.

Je l’attendais depuis plusieurs jours. J’ai pris l’habitude de noter sa date d’arrivée, qui se situe généralement ici entre le 20 et le 30 avril, soit environ un mois après celle du Coucou gris.

Pourtant, la nuit dernière, il a neigé sur les Pyrénées au-dessus de 2 000 mètres d’altitude. Je pensais devoir patienter encore un peu avant son retour. Il n’en a rien été : le loriot avait déjà franchi la montagne pour rejoindre ses quartiers d’été.

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I- La description du Loriot d’Europe

D’un gabarit comparable à celui du Merle noir, le Loriot d’Europe est un oiseau particulièrement discret et difficile à photographier. Son chant mélodieux, audible de loin, trahit toutefois sa présence dans les frondaisons. À son arrivée, ses notes flûtées résonnent surtout à l’aube et en fin de soirée.

Loriot d'Europe mâle en vol

Le 02 mai au matin, au travers de quelques frondaisons. Arrivé il y a  3 jours, ce mâle s’est déjà requinqué et se déplace de cime en cime pour chanter.

Le mâle arbore un plumage d’un jaune d’or éclatant sur la tête et le corps. Les ailes et la queue sont d’un noir profond rehaussé de marques jaunes. Son bec rose foncé complète cette livrée aux allures exotiques qui fait de lui l’un des plus beaux oiseaux de nos étés.

Loriot d'Europe femelle, au sommet d'un arbre

Une femelle Loriot.

La femelle présente une coloration beaucoup plus discrète. Le dessus du corps est jaune verdâtre, tandis que les ailes et la queue sont vert olive foncé. La poitrine est grisâtre et finement striée de brun.

une femelle Loriot d'Europe âgée

Une femelle âgée.

Les femelles âgées ressemblent davantage aux mâles mais conservent toujours les stries brunes du poitrail ainsi qu’un jaune plus terne.

Le jeune ressemble à la femelle, avec des couleurs encore plus atténuées et des stries parfois plus marquées sur la poitrine. Le critère le plus fiable pour les distinguer reste la couleur du bec : gris chez le juvénile, rose foncé chez la femelle, comme chez le mâle mais généralement un peu moins vif.

On représente souvent le mâle en train de chanter tant il est photogénique. Pourtant, la femelle chante également et elle répond parfois aux vocalises de son partenaire. Son chant est moins fréquent, plus court, plus bref et semble plus aigu.

Ils émettent également un cri rauque et retentissant, un genre de « creeeck » éraillé commun aux deux partenaires. Selon son intensité et sa répétition, il peut être un cri d’alarme ou d’inquiétude pour prévenir que l’oiseau a détecté une situation anormale. Très insistant et à intervalles rapprochés, il devient un signe de comportement agressif.

Les loriots sont de retour, depuis peu. N’hésitez pas à monter le son si nécessaire et écoutez ci-dessus le chant d’un mâle ; il me semble qu’une femelle lui répond au tout début.

Ci-dessus, il peut s’agir du chant d’une femelle.

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Loriot d'Europe femelle, cachée par le feuillage

08 mai – Cette femelle chante juste au-dessus de moi, à la cime d’un merisier au milieu de la forêt. Son chant très mélodieux me semble moins affirmé et plus mélancolique que celui d’un mâle.

Les adultes effectuent une mue complète dès la fin juillet, avant leur départ vers l’Afrique. Chez les jeunes, la première mue intervient durant leur premier hiver. Elle n’est que partielle et aboutirait à un plumage prénuptial pouvant être conservé plus d’un an. Cette information, que je n’ai pas pu vérifier visuellement, me laisse perplexe et je n’ai pas pu en savoir davantage pour m’aider à l’identification de l’oiseau sur les deux photos qui suivent.

Loriot d'Europe femelle âgée, de dos

04 août, après la mue. Ce loriot, de dos, est en train de pousser des cris d’alerte – Sur la branche morte de ce vieux châtaignier, il domine les environs. Dans cette position, on pense qu’il s’agit d’un mâle.

Loriot d'Europe femelle âgée, de face

04 août – Le même oiseau, de face. Bien qu’il soit très jaune, on distingue des stries sur son poitrail. Il s’agirait donc d’une femelle.

En regardant ces deux photos, je me suis demandé s’il pouvait s’agir d’un immature mâle (né donc l’année précédente) en plumage prénuptial incomplet.

La longévité maximale connue du Loriot est d’environ quinze ans.

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II- Le régime alimentaire du Loriot d’Europe

Le loriot se nourrit principalement de gros insectes, notamment de chenilles, coléoptères, sauterelles, mouches, abeilles, qu’il capture dans les frondaisons protectrices où il passe l’essentiel de son temps. Plus tard dans la saison, il complète son alimentation avec des fruits, riches en énergie et en sucres essentiels pour sa migration d’automne. Il apprécie particulièrement les cerises, mûres, puis les figues au cours de la migration.

Il descend rarement au sol, sauf lorsqu’il est attiré par des ressources alimentaires alternatives telles que des grillons, escargots, vers de terre ou encore des sangsues,…

L’eau joue également un rôle important dans son quotidien. Il boit fréquemment et affectionne les bains.

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III- Le comportement du Loriot d’Europe

Timide et farouche, le Loriot arrive au moment où les arbres se couvrent de feuilles. Cette synchronisation lui permet de demeurer largement invisible au cœur du feuillage.

Envol du Loriot d'Europe mâle

29 avril – Les feuilles d’acacia ne sont pas encore très fournies, mais elles sont suffisantes pour le camoufler.

Les mâles arrivent les premiers afin de reprendre possession de leur territoire et d’en écarter les éventuels concurrents. Les femelles les rejoignent quelques jours plus tard.

Au début de la saison de reproduction, le mâle utilise un chant particulièrement expressif pour attirer les femelles tout en affirmant sa présence territoriale.

Le Loriot est une espèce forestière qui affectionne les forêts riveraines et les boisements bordant les cours d’eau, en particulier lorsqu’ils comportent quelques clairières. Les peupleraies humides figurent parmi ses habitats favoris.

Il ne se montre que rarement à découvert, ce qui rend chaque observation privilégiée. Les photographies illustrant cet article relèvent d’ailleurs d’un heureux concours de circonstances. L’espèce affectionne les grands arbres de haute futaie au feuillage dense, où elle peut facilement passer inaperçue.

Loriot d'Europe mâle, en train de chanter

Mi-juillet en fin de soirée – Le Loriot mâle en train de chanter.

Doté d’une excellente vue, le loriot est difficile à approcher. Souvent, il disparaît silencieusement avant même que l’observateur n’ait perçu le moindre mouvement d’aile, pour reprendre son chant quelques dizaines de mètres plus loin.

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IV- La nidification du Loriot d’Europe

La première reproduction intervient généralement entre deux et trois ans. Il arrive que des jeunes de l’année précédente participent à l’élevage d’une nichée en aidant un couple à nourrir les oisillons.

Arrivée sur le site de reproduction, la femelle est courtisée par le mâle déjà en place au cours d’un rituel qui comprend entre autres des poursuites dans la partie supérieure des arbres.

Dès les parades nuptiales terminées, elle entreprend la construction d’un nid très robuste. Celui-ci est installé dans la partie supérieure d’un grand arbre, suspendu comme un hamac à une fine fourche de branche.

Le mâle participe à la structure grossière en apportant des brindilles qu’il entrelace, tandis que la femelle réalise seule les finitions à l’aide d’herbes et de mousse. Elle ramollit les tissus végétaux avec sa salive, les rendant suffisamment flexibles pour tisser un ensemble suspendu. Durant cette période, le chant du mâle accompagne fréquemment son activité.

Un même site peut être utilisé plusieurs années consécutives, ce qui témoigne d’une fidélité au lieu de reproduction.

La ponte, composée de trois à quatre œufs, intervient généralement au cours de la dernière décade de mai. L’incubation débute immédiatement. La femelle couve généralement seule, tandis que le mâle assure son ravitaillement.

À partir de ce moment, celui-ci chante beaucoup moins, puis devient presque totalement silencieux jusqu’à l’envol des oisillons. Cette discrétion réduit le risque d’attirer l’attention des prédateurs vers le nid. Il lui arrive néanmoins d’émettre quelques babillements rapides et peu sonores, parfois ponctués de notes plus flûtées.

Très territorial et belliqueux, il surveille attentivement les alentours et défend sa famille avec vigueur. Il n’est pas rare de le voir poursuivre un intrus tout en poussant des cris particulièrement agressifs.

Loriot d'Europe mâle et Coucou gris

Loriot d'Europe mâle attaque un Coucou gris

Le 06 Mai, pendant la construction du nid – Interpelé par des cris d’oiseau inhabituels, j’ai levé la tête pour apercevoir ce Loriot mâle poursuivre un Coucou gris en faisant des piqués sur lui. Le Coucou n’en menait pas large. 

Les jeunes naissent après 14-16 jours de couvaison. Ils sont nourris par les deux parents pendant environ deux semaines avant de quitter le nid. Ils sont autonomes vers la fin juin/début juillet. Ils deviennent progressivement autonomes vers la fin juin ou le début juillet et demeurent alors en compagnie des adultes jusqu’à leur première migration, moment où le mâle les quitte.

loriot d'Europe femelle me regarde

12 juin, 11h00 – J’ai assisté pendant une 1/2 heure au remue-ménage causé par cette femelle, accompagnée par sa nichée de 2 ou 3 petits, difficiles à compter. Elle n’a pas arrêté de chanter, alternant quelques notes avec une espèce de miaulement pas très agréable à entendre. 

Le Loriot peut nicher du niveau de la mer jusqu’en moyenne montagne, mais il devient rare au-dessus de 1 000 mètres.

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V- La migration postnuptiale du Loriot d’Europe

Arrivés en Béarn à la fin avril ou au début de mai, les loriots repartent déjà dès la fin juillet ou le début août. Leur séjour est bref et leur départ me laisse toujours un sentiment de nostalgie.

Un long voyage les conduit vers les forêts africaines situées bien au sud du Sahara, où ils passeront l’hiver. Sur leurs quartiers africains, les loriots se montrent encore plus discrets et demeurent généralement silencieux.

La migration postnuptiale se déroule principalement de nuit et en ordre dispersé. Alors que la migration de printemps est relativement directe, notamment via le Maghreb, celle du retour emprunte un « chemin des écoliers » plus oriental. Les oiseaux traversent la Méditerranée entre l’Italie et la Turquie, puis franchissent le Sahara parallèlement à la vallée du Nil avant de poursuivre leur route jusqu’aux régions équatoriales de l’Afrique.

Il m’est arrivé d’observer, au cours du mois d’août, plusieurs loriots perchés à la cime des arbres alors que les oiseaux nicheurs locaux avaient déjà quitté les lieux depuis quelques jours. Ces visiteurs de passage étaient vraisemblablement des mâles effectuant une halte migratoire.

Les mâles et les femelles migrent en groupes séparés, les mâles voyageant parfois en solitaire. Les jeunes de l’année migreraient avec les femelles.

Loriot d'Europe mâle

Début juillet dans les frondaisons d’un acacia, au moment où la chaleur retombe – Ce mâle vient de manifester sa présence en poussant quelques cris d’alerte. Deux autres loriots agités l’accompagnent, invisibles sur la photo ; sans doute des jeunes qui ont quitté le nid.

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J’ai la chance d’accueillir chaque année un couple qui vient se reproduire à proximité de ma maison. J’ignore si les jeunes reviennent ensuite sur leur lieu de naissance. Une chose est certaine : lorsque les loriots quittent notre Béarn, leur absence laisse derrière elle un petit vide qui ne sera comblé qu’au printemps suivant.

Loriot d'Europe mâle me regarde

Cette dernière photo est celle que je préfère, avec le petit regard de ce beau chanteur dans ma direction!

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VI- Bibliographie

Les Passereaux (Tome I), de Paul Géroudet (Paru en 1980) – Editions Delachaux et Niestlé.

Les Oiseaux voyageurs – Carnet de Routes, de Stéphane Durand (Paru en 2003) – Editions du Seuil.

Comments ( 3 )

  • Chaski says:

    Bonjour et merci pour ce reportage détaillé, je suis aussi passionné par cet oiseau, et je vis également dans le Béarn.

    J’essaye tout comme vous de tenir un agenda de ses arrivées, pontes etc depuis que j’ai découvert cet oiseau il y a à peine 3 ans !

    Bonne journée !

  • Barbara Bacon says:

    C’est génial ! Merci beaucoup pour ce partage. Nous venons dans le Cher en vacances depuis 13 ans. J’ai découvert cet oiseau l’an passé grâce à l’appli Merlin. Je n’y croyais pas. Un oiseau avec un tel plumage en France ! Jusqu’à ce qu’un individu passe au dessus de ma tête au petit déjeuner. Malheureusement je suis trop peu sur place pour profiter pleinement de son temps d’itinérance chez nous. Mais maintenant que je connais un peu mieux son comportement, je vais tenter d’être là fin mai pour plus l’observer. Merci

  • Claire augereau says:

    Bonjour , me demandant pourquoi nous n’entendions plus les loriots , nos amis du matin , et ceci depuis 10 jours , je suis tombée sur votre site et j’ai eu ma réponse .
    J’habite en Provence au pied du Luberon et c’est un bonheur quand nos amis les loriots arrivent et s’installent dans les grands arbres des voisins .
    Depuis trois ans , ils sont venus nicher sur notre terrain , ils sont plus nombreux et on peut mieux les observer et apprécier leur chant .
    Bonheur de partager leur vie .
    Claire

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