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Comment photographier les chauves-souris en vol : la méthode complète

 

Oreillard gris en train de s'abreuver

Un Oreillard roux, prêt à s’abreuver.

Introduction

Les chiroptères, appelés couramment chauves-souris, sont les seuls mammifères capables de voler activement. La France métropolitaine héberge 34 des 36 espèces présentes en Europe, dont 27 en Nouvelle-Aquitaine (1). Toutes sont insectivores, à l’exception de la Grande Noctule (Nyctalus lasiopterus), rare en France et ponctuellement carnivore.

Longtemps victimes d’une mauvaise réputation, les chauves-souris constituent pourtant un monde fascinant, encore largement méconnu. Leur photographie permet non seulement de révéler des comportements difficilement observables, mais aussi de sensibiliser le public à leur protection.

Je suis Damien Brouste, passionné par l’observation de ces mammifères. Depuis plusieurs années, je développe des techniques photographiques nocturnes permettant de les immortaliser en vol, tout en respectant leurs habitudes naturelles. Avec la méthode décrite dans cet article, j’ai pu photographier plus d’une dizaine d’espèces différentes.

Cet article présente une approche naturaliste complète de la photographie des chauves-souris au-dessus des points d’eau : repérage du terrain, installation du matériel, réglages, éthique et retours d’expérience.


Quelques images avant de commencer

Un Murin de Bechstein Myotis bechsteinii en train de boire

Murin de Bechstein (Myotis bechsteinii), focale 180mm.

pipistrelle genre pipistrellus en train de chasser

Pipistrelle (Genre Pipistrellus), focale 50mm.

chauve-souris en vol au-dessus de l'eau

Pipistrelle (Genre Pipistrellus), focale 185mm.

Une Barbastelle chasse au-dessus de l'eau

Une Barbastrelle commune (Barbastella barbastellus), focale 90mm.

Ces images ont toutes été réalisées sans manipulation des animaux, uniquement grâce à l’observation de leurs habitudes naturelles.


1 — Comprendre le comportement des chauves-souris

Pourquoi photographier sur les points d’eau ?

Durant leur période d’activité nocturne, les chauves-souris survolent fréquemment les points d’eau afin de s’abreuver. Elles effleurent alors la surface exactement comme le font les hirondelles.

Certaines espèces utilisent également ces zones pour capturer des insectes.

Les points d’eau constituent donc des lieux privilégiés pour la photographie :

•  trajectoires relativement prévisibles ;

•  vol à faible hauteur ;

•  vitesse plus faible pendant l’abreuvement ;

•  possibilité d’obtenir des reflets ;

•  concentration de plusieurs espèces sur une même zone.

Quelques observations des trajectoires de différentes espèces venant s’abreuver.


Les meilleurs sites

Le site idéal est généralement :

•  un petit cours d’eau de 1 à 3 mètres de largeur ;

•  sous une frondaison suffisamment dense pour canaliser le vol ;

•  avec une surface d’eau calme ;

•  avec un léger débit afin d’avoir une eau claire ;

•  ponctué de zones lisses et peu profondes de quelques mètres de longueur.

J’appelle souvent ces petites zones calmes des « piscines » pour l’avifaune. Un nombre restreint de ces « piscines » sur un parcours permettra une meilleure concentration des observations.

Les grands cours d’eau sont souvent moins favorables :

•  trajectoires moins prévisibles ;

•  largeur excessive ;

•  fréquentation par les ragondins (Myocastor coypus) pouvant perturber les installations.

Ruisseau abreuvoir pour chauves-souris en vol

Un site bien fréquenté par les chauves-souris. À l’arrière-plan, on distingue le puits de lumière dans les frondaisons par lequel elles arrivent ou repartent.


Activité nocturne selon les espèces

Le rythme d’activité varie fortement selon les espèces et les périodes de l’année.

D’après une étude de VIGIE-NATURE (2), les espèces présentes en France métropolitaine peuvent être regroupées en trois grands groupes :

Espèces crépusculaires

Elles présentent deux pics d’activité marqués :

•  juste après le coucher du soleil ;

•  juste avant son lever.

Espèces tardives

Elles sont surtout actives au cœur de la nuit.

Espèces intermédiaires

Leur activité se situe entre les deux groupes précédents.

Cette connaissance du rythme d’activité est importante : elle permet d’optimiser les horaires d’installation et d’anticiper les passages.


2 — Repérer les zones de passage avec une caméra de chasse

Une étape indispensable

Avant toute installation lourde, il est indispensable d’identifier précisément les trajectoires de vol.

L’utilisation d’une caméra de chasse — également appelée trail camera ou piège photographique — est ici extrêmement utile.

Caméra de chasse Hapimp PH810W équipée de LEDs infrarouges 940 nm.


Pourquoi utiliser le mode time-lapse ?

Les chauves-souris sont trop rapides pour déclencher correctement la majorité des systèmes de détection intégrés.

Le mode time-lapse permet de contourner ce problème.

Une image de 3 ou 5 Mp est prise toutes les 3 secondes, puis assemblée en vidéo accélérée.

Cette méthode permet :

•  de détecter les couloirs de vol réguliers ;

•  d’identifier les horaires d’activité ;

•  d’observer les trajectoires ;

de vérifier la présence éventuelle d’animaux (tels que sangliers et ragondins) susceptibles d’endommager le matériel.


Bons et mauvais spots

ruisseau abreuvoir pour chauves-souris en vol

Un spot intéressant pour les chauves-souris.

Arbitrairement, un spot peut être considéré comme bien fréquenté si on observe le passage d’une dizaine de chauves-souris au ras de l’eau en l’espace de 3h00 (durée moyenne des batteries des appareils photos pendant cette opération).

A noter que le passage d’une partie des chauves-souris ne sera pas enregistré dans le cas où elles viennent boire entre 2 photos.

photo timelapse camera chasse 03

Ce point d’eau, trop profond et trop vaste, est finalement peu fréquenté par les chauves-souris. Une famille de ragondins multiplie en revanche les allers-retours devant la caméra.


Exemple de trajectoire répétée

photo timelapse camera chasse 04

21 h 08 — Plusieurs chauves-souris sont déjà passées au ras de l’eau à l’arrière-plan. Celle-ci s’est approchée de la caméra.

photo timelapse camera chasse 05

22 h 46 — Même trajectoire.

photo timelapse camera chasse 06

23 h 07 min 12 — Nouveau passage dans le même sens.

photo timelapse camera chasse 07

23 h 07 min 43 — Nouveau passage trente secondes plus tard.

L’animal effectue probablement une boucle sous les frondaisons avant de revenir emprunter le même couloir.

Ce type d’observation est extrêmement précieux pour positionner ensuite la barrière infrarouge.


3 — Principe général de la prise de vue

Avant d’aborder l’installation du matériel, il est important de comprendre le fonctionnement général du système.

Le principe est relativement simple :

•  l’appareil photo reste en pose longue ;

•  la chauve-souris coupe un faisceau infrarouge ;

•  la barrière déclenche les flashs ;

•  le très bref éclair des flashs crée la photo.

L’image est donc produite uniquement par l’éclair des flashs.

Ce système permet de figer parfaitement un animal volant à grande vitesse.

Schéma de l'installation pour la photographie de chauves-souris

SCHÉMA — Vue générale du dispositif.


4 — Installation du matériel

Pour une installation complète (mise en place du matériel et réglages), il faut compter en moyenne 1h00 à deux personnes rodées à ce genre d’exercice, à effectuer de jour ; prévoir suffisamment de temps, afin que l’installation soit terminée et testée avant l’arrivée des chauves-souris. Pour le démontage et l’emballage toujours à deux, une vingtaine de minutes suffisent largement.

Il faut prévoir d’avoir fini avant l’arrivée de la nuit car certaines espèces n’hésitent pas à sortir alors qu’il fait encore jour.

Une Pipistrelle à la tombée du jour

Cette pipistrelle est passée 1 min après la fin de notre installation.

Positionnement d’un repère

Le premier élément à installer est un repère visuel provisoire matérialisant l’endroit exact où l’on souhaite photographier le passage de la chauve-souris.

support mise au point 02

J’utilise ici un trépied d’accessoire photo. On peut voir le laser de la barrière infrarouge (petit point rouge) : il nous aide pour affiner le positionnement de la barrière.

Il doit être positionné :

•  à partir des observations faites avec la caméra de chasse ;

•  au niveau exact du futur faisceau infrarouge ;

•  à la hauteur de passage des animaux.

Nous le retirerons lorsque l’installation sera terminée.


Positionnement des flashs

Une dizaine de flashs (ici des Triopo TR-950) sont placés de part et d’autre de la zone de passage, jamais directement dans l’axe (afin de ne pas perturber leur zone de vol).

L’objectif est :

•  d’obtenir un éclairage homogène ;

•  de figer parfaitement le mouvement ;

•  de limiter les ombres dures.

Il pourra être avantageux de mettre 1 ou 2 flashs proches des boitiers afin de déboucher certaines ombres sous la chauve-souris.

Deux chauves-souris se croisent au-dessus de l'eau

Ombres débouchées sous les chauves-souris. Genre Pipistrellus, focale 180mm.

Si un élément naturel est présent au-dessus du couloir de vol, il peut être intéressant d’y fixer 1 ou 2 flashs afin de révéler les nervures des ailes par transparence.

pipistrelle et insecte au ras de l'eau

Observation des nervures des ailes par transparence.


Positionnement des boîtiers

Les appareils photo doivent être installés après les flashs, le plus près possible de la surface de l’eau.

Cela présente plusieurs avantages :

•  regard de l’animal au niveau du capteur ;

•  amélioration des reflets ;

•  rendu plus immersif.

deux chauves-souris en vol au-dessus d'un ruisseau

Boîtier positionné au ras de l’eau.

une pipistrelle, genre Pipistrellus, au-dessus de l'eau

Genre Pipistrellus, focale 90mm.

Selon les habitudes observées, les boîtiers peuvent être placés :

•  du même côté ;

•  ou de part et d’autre de la barrière infrarouge (dans le cas où elles s’abreuvent dans les 2 sens).

Installation pour la photographie de chauves-souris en vol

Boîtiers positionnés dans les deux sens de passage.

Positionnement de la barrière infrarouge

C’est le dernier élément à installer. Le faisceau de la barrière infrarouge doit atteindre le repère placé au centre de l’installation. On veillera à orienter ce faisceau de manière aussi perpendiculaire que possible à l’axe de visée des boîtiers. Les axes de visée des différents boîtiers n’étant pas parfaitement parallèles, ce réglage sera nécessairement un compromis.

barrière infrarouge pour photographier les chauves-souris

Cette configuration permet de limiter les déclenchements hors du plan de mise au point, et donc de réduire le nombre de clichés ratés.

Installation complète

Installation pour la photographie de chauves-souris en vol

Une dernière réflexion avant de quitter les lieux.

Installation pour la photographie de chauves-souris en vol

Installation complète sur un petit ruisseau sous couvert végétal. Le repère central a été retiré.

Installation pour la photographie de chauves-souris en vol

Installation dans une petite forêt traversée par un ruisseau encaissé.

montage ruisseau abreuvoir pour chauves-souris en vol

Installation en bordure d’une prairie pâturée par le bétail.


Erreurs fréquentes

Eléments artificiel au-dessus du couloir de vol

Installation pour la photographie de chauves-souris en vol

Sur cette première installation, les flashs étaient montés sur une barre transversale.

Les chauves-souris ont immédiatement refusé de passer dessous : ce soir-là, aucune photo d’elles n’a été prise.

Flashs dans l’axe de prise de vue

Il faut bien faire attention à adapter le positionnement des boitiers photos en fonction de la position des flashs, en tenant compte notamment de leur reflet à la surface de l’eau!

chauve-souris en vol, photo à éviter

Boîtier trop haut et flash placé dans l’axe. Murin de Daubenton (Myotis daubentonii), focale 75mm.


Influence du vent

Sur les sites ouverts, les chauves-souris viennent souvent boire face au vent.

Ce détail est important pour choisir de quel côté du faisceau de la barrière infrarouge il faut positionner les boitiers. Cela évite d’avoir des photos prises uniquement de dos (cela m’est arrivé une soirée où le vent a tourné après l’installation!).

 

Une chauve-souris de dos

Cela peut être frustrant de n’avoir que des photos prises de dos.


5 — Réglages du matériel

Réglages des flashs

Puissance

•  1/128 : idéal pour figer parfaitement ailes et poils ;

•  1/64 : compromis acceptable avec un léger risque de flou.

Plus la puissance est faible, plus la durée du flash est courte.


Synchronisation

Les flashs sont utilisés en synchro optique.

Chaque cellule réceptrice doit être en visibilité directe du flash pilote relié à la barrière infrarouge.


Réglages du boîtier

Réglages typiques utilisés :

•  ouverture : f/6.3 ;

•  ISO : 400 ;

•  réduction du bruit : désactivée ;

•  retardateur : désactivé ;

•  stabilisation : désactivée.

Note : l’alimentation des boitiers par des petites power banks permet d’augmenter leur autonomie.

Note 2 : si vous avez le luxe de pouvoir utiliser plusieurs boitiers simultanément, pensez à synchroniser l’heure. Cela permet d’accéder facilement aux différents angles de vue dans votre bibliothèque, et ainsi de faciliter l’identification.


Choix des focales

Les longues focales permettent :

•  de conserver une certaine distance ;

•  d’obtenir des cadrages serrés.

Les grands angles sont intéressants sur les très petits cours d’eau.

Installation pour la photographie de chauves-souris en vol

Installation avec grand angle 15-30mm et 50mm.

chauve souris en vol 12

Murin de Bechstein – Résultat grand angle, focale 25mm. 

Un Murin de Bechstein dans un cadre de verdure

Murin de Bechstein – Résultat 50mm.


Mise au point

La mise au point est probablement l’étape la plus critique.

Elle doit être effectuée manuellement sur le repère provisoire.

Il est préférable de faire la mise au point légèrement en amont (1 ou 2 cm) du faisceau infrarouge afin d’obtenir la tête nette lorsque les ailes déclenchent le système.

Installation pour la photographie de chauves-souris en vol

Mise au point finale (boîtiers tous du même côté). 

support mise au point

Mise au point sur la colonne centrale du trépied.

Note 1 : Attention aux objectifs focus-by-wire : certains perdent leur mise au point après extinction du boîtier.

Note 2 : S’il se fait tard et que la lumière diminue, n’hésitez pas à pointer une frontale vers le repère afin de maximiser vos chances de faire une bonne mise au point.


6 — Déclenchement et prise de vue

Pose longue et intervallomètre

Le boîtier fonctionne en pose longue continue.

Réglages typiques :

•  pose : 20 secondes ;

•  intervalle : 21 secondes ;

•  vues par intervalle : 1.

L’appareil produit alors énormément d’images entièrement noires.

La photo n’existe réellement qu’au moment du déclenchement des flashs.

Il est possible de régler un temps de pose plus long (30s) ; le risque est d’avoir plus de déclenchements sur une même photo.

Mais on peut également régler un temps de pose plus court ; le nombre de photos sera alors plus important. Sachant qu’il y a généralement 1s de temps mort entre les expositions, la probabilité de passage d’une chauve-souris entre 2 photos sera plus grand.


Pourquoi ne pas déclencher directement le boîtier ?

Le temps de réaction des appareils photo est trop lent.

Si l’appareil déclenchait seulement au passage de la chauve-souris devant la barrière infrarouge, l’animal serait déjà hors zone de focus.


Vérifications avant de quitter le site

Avant de partir, plusieurs points doivent être contrôlés :

•  bon fonctionnement des flashs ;

•  déclenchement correct de la barrière ;

•  fonctionnement continu de l’intervallomètre ;

•  luminosité des écrans masquée par un carton faisant la taille de l’écran (ce dernier peut être tenu en place par du scotch d’électricien). Cela évite d’attirer l’attention.

test barrière infrarouge 02

Une dernière vérification avant de quitter le site.


Une soirée interrompue par l’orage

photo timelapse camera chasse 01

20 h 43 — Fin de l’installation.

photo timelapse camera chasse 11

22 h 11 — Le vent secoue les frondaisons. Les débris déclenchent les flashs.

photo timelapse camera chasse 10

22 h 20 — L’orage approche. Démontage précipité du matériel.

Aucune chauve-souris ne sortira finalement ce soir-là.

Ces soirées font partie intégrante de la photographie animalière de terrain.


7 — Cadrage et composition

Le cadrage mérite une attention particulière.

Un cadrage trop serré augmente le risque :

•  d’amputation des ailes ;

•  de sortie de cadre.

Un cadrage large permet en revanche :

•  d’intégrer le décor ;

•  de montrer le comportement ;

•  de voir l’intégralité de la scène ;

•  de révéler les reflets.


Exemples de cadrages

barrière infrarouge pour la photographie de chauves-souris en vol

Cadrage large – Genre Pipistrellus, focale 50mm.

deux chauves-souris se croisent au-dessus de l'eau

Même instant que la photo précédente mais avec une  focale de 200mm.

Murin de Bechstein (Myotis bechsteinii), au-dessus d'un petit trou d’eau

Petit trou d’eau –  Murin de Bechstein (Myotis bechsteinii),  focale 50mm. 

 

Murin de Daubenton Myotis daubentonii passe sous un tronc d'arbre

Murin de Daubenton (Myotis daubentonii) passant sous un tronc à quelques centimètres de l’eau, focale 135mm.

On peut voir qu’elles ne rechignent pas à passer sous un élément naturel proche de l’eau.

Un Oreillard roux, Oreillard commun, Plecotus auritus et son reflet dans l'eau

Oreillard roux (Plecotus auritus), focale 50mm.

Oreillard roux (Plecotus auritus) en train de chasser

Oreillard roux (Plecotus auritus), focale 90mm.

pipistrelle en train de boire sur un ruisseau

Genre Pipistrellus, focale 90mm.

Murin de Bechstein Myotis bechsteinii en vol

Murin de Bechstein (Myotis bechsteinii) en vol – Focale 135mm.


Galerie des espèces, commentée

Les espèces qui suivent ont été identifiées sur le site iNaturalist.

Une Barbastelle d'Europe qui vient de boire sur un ruisseau

Genre BarbastellaBarbastelle d’Europe ou commune (Barbastella barbastellus).

la sérotine commune Cnephaeus serotinus et son reflet dans l'eau

Genre Eptesicus – Sérotine commune (Cnephaeus serotinus).

un murin de bechstein Myotis bechsteinii ouvre sa bouche

Genre Myotis Murin de Bechstein (Myotis bechsteinii).

un murin cryptique Myotis crypticus en train de voler

Genre Myotis – Murin cryptique (Myotis crypticus).

un murin de daubenton Myotis daubentonii en vol

Genre Myotis – Murin de Daubenton (Myotis daubentonii). 

Murin de Daubenton Myotis daubentonii venant de capturer un insecte

Murin de Daubenton (Myotis daubentonii) venant de capturer un insecte (un Gerris ou un Tipule) au ras de l’eau.

un murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus en train de chasser

Genre Myotis – Murin à oreilles échancrées (Myotis emarginatus).

murin à moustaches, complexe myotis mystacinus

Genre Myotis – Murin à moustaches (Complexe Myotis mystacinus). 

complexe myotis nattenari

Genre Myotis – Murin de Natterer (Complexe Myotis nattereri).

Une noctule, genre nyctalus, en vol

Genre Nyctalus Une des 3 espèces de noctules possibles (identification incomplète). 

Une pipistrelle commune vient de boire sur un plan d'eau

Genre PipistrellusPipistrelle commune (Pipistrellus pipistrellus).

une pipistrelle de khul pipistrellus kuhlii et son reflet dans l'eau

Genre PipistrellusPipistrelle de Kuhl (Pipistrellus kuhlii).

une pipistrelle de nathusius pipistrellus nathusii au ras de l'eau

Genre PipistrellusPipistrelle de Nathusius (Pipistrellus nathusii).

Un oreillard roux plecotus auritus en vol

Genre PlecotusOreillard roux, Oreillard commun (Plecotus auritus). 

Un Oreillard roux (Plecotus auritus) boit en vol avec sa langue

Oreillard roux (Plecotus auritus).


8 — La barrière infrarouge

La barrière infrarouge est un élément essentiel du dispositif.

Il existe des systèmes commerciaux spécialisés pour la photographie animalière.

Personnellement, j’ai conçu et programmé ma propre barrière, capable de fonctionner avec jusqu’à quatre faisceaux.

Son principal avantage est de ne pas nécessiter de récepteur en face.

La barrière infrarouge pour photographier les chauves-souris en vol

Barrière infrarouge personnelle, ici avec deux faisceaux.

La barrière déclenche les flashs toutes les 20 minutes afin d’éviter leur mise en veille.

Un article spécifique sera consacré ultérieurement à sa conception.


9 — Éthique et respect des animaux

La photographie des chauves-souris doit impérativement rester compatible avec leur préservation.

Règles essentielles

•  Ne jamais déranger un gîte ou une maternité ;

•  utiliser des flashs à faible puissance ;

•  limiter le nombre de sessions sur un même site.


Les chauves-souris et la lumière

Contrairement à une idée reçue, les chauves-souris ne sont pas aveugles.

Elles utilisent à la fois :

•  leur vision ;

•  leur écholocation.

Elles peuvent être dérangées si l’éclairage est mal maîtrisé.

C’est précisément pour cette raison que les flashs sont utilisés à très faible puissance.


Observations de terrain

À plusieurs reprises, j’ai observé des individus effectuant plusieurs passages successifs sous les flashs.

Six passages d’une Pipistrelle de Kuhl (Pipistrellus kuhlii) devant l'appareil photo

Exemple de pose de 20 secondes avec six passages d’une Pipistrelle de Kuhl (Pipistrellus kuhlii).

Si l’éclairage provoquait un dérangement important, les animaux quitteraient probablement immédiatement la zone.


Relations avec les riverains

Une activité nocturne au bord d’un cours d’eau peut parfois prêter à confusion.

Lorsque cela est possible, il est préférable de prévenir les propriétaires riverains avant l’installation du matériel (3) et (4).


10 — Participer à la connaissance des chauves-souris

Je vous encourage vivement à partager vos observations sur le site iNaturalist (5).

Cette plateforme de science participative permet :

•  de publier ses observations ;

•  d’obtenir une aide à l’identification ;

•  de contribuer à la connaissance scientifique.

Les données collectées sont précieuses pour les programmes de conservation.


Conclusion

Photographier les chauves-souris en vol demande du temps, de la patience et beaucoup d’observation.

Le matériel joue évidemment un rôle important, mais la réussite repose surtout sur :

•  la compréhension du comportement des animaux ;

•  la qualité du repérage ;

•  la discrétion de l’installation ;

•  le respect des sites.

Chaque soirée est différente.

Certaines installations resteront totalement vides.

D’autres permettront d’observer pendant quelques secondes un monde nocturne habituellement invisible.

C’est probablement ce qui rend cette pratique aussi fascinante.


Webographie

(1) Ruys T., Bernard Y., (coords.) 2014. Atlas des Mammifères sauvages d’Aquitaine – Tome 4 – les Chiroptères. Cistude Nature & LPO Aquitaine. Edition C. Nature, 256 pp.
:
 https://www.cistude.org/telechargement/T4_web.pdf

(2) VIGIE-NATURE — Suivi des chauves-souris tout au long de la nuit : implications pour les mesures de conservation – Publié le 16 février 2023 : https://www.vigienature.fr/fr/tous-nos-articles/suivi-des-chauves-souris-tout-au-long-de-la-nuit

(3) Code de l’Environnement — Eau et milieux aquatiques et marins (Article L210-1 à L219-18) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000006129023

(4) Code de l’Environnement — Droits des riverains (Articles L215-1 à L215-6) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006074220/LEGISCTA000006159224

(5) iNaturalist — Réseau mondial de science participative : https://www.inaturalist.org/

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