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La Cistude d’Europe (Emys orbicularis)

Une Cistude d’Europe sur une souche émergée, une femelle (ses yeux sont jaunes).

La Cistude d’Europe est l’une de nos deux espèces de tortues terrestres autochtones, avec l’Emyde lépreuse (Mauremys leprosa). Mieux connaître notre Cistude, c’est mieux la protéger. Elle en a grand besoin ; bien que nous sommes de plus en plus sensibles à l’impact de nos activités sur l’érosion de la biodiversité, il arrive encore, en certains endroits, que la dégradation de son habitat ne lui permette plus de se reproduire normalement.

L’autre espèce de nos tortues aquatiques autochtones, l’Emyde lépreuse ; elle n’est présente que dans le Sud de la France. Légèrement plus petite que la Cistude, elle s’en différencie au premier regard par l’absence de points jaunes sur sa peau.

Très farouche et très discrète, la Cistude peut disparaître localement dans l’indifférence générale par ignorance ou … par bêtise. J’ai une anecdote à raconter à ce propos qui date du début des années 2000, alors que l’espèce était déjà totalement protégée depuis 1979. J’avais remarqué la présence régulière de quelques Cistudes en aval des ruines d’un vieux moulin dont le toit et une partie des murs s’étaient effondrés suite à la chute de grands arbres. L’exutoire du moulin donnait sur une grande mare naturelle qui ne s’asséchait qu’à la fin de l’été. Elle était elle aussi encombrée d’arbres couchés et les tortues y étaient bien tranquilles, à l’abri des regards. Je n’avais pas ébruité leur présence, pensant bien faire.

Ces lieux étaient une propriété communale. La municipalité entreprit des travaux d’embellissement dans le village qui conduisirent à récupérer les pierres des murs du moulin et à combler la mare avec des gravats. Fin de l’épisode « cistudes » (et peut-être d’autres espèces protégées)! Les meules du moulin restées heureusement en place devinrent par la suite une attraction de courte durée, rapidement enfouies sous les ronces, tout comme les gravats!

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I- Présentation de la Cistude

 

Le bain de soleil d’une femelle solitaire, sur un arbre flottant.

La Cistude fait partie du groupe des tortues aquatiques qui passent la majeure partie de leur temps dans l’eau douce (ou légèrement saumâtre), sauf pour prendre des bains de soleil et pour pondre. Les tortues terrestres et aquatiques sont parmi les plus anciens reptiles vivants ; elles sont apparues il y a environ 220 millions d’années, au Trias. Pour la situer, cette période est précédée par le Permien et ses grès rouges dont je parle parfois (- 299 à – 252 Ma) et suivie par le Jurassique (- 200 à – 145 Ma). Elles ont très peu évolué au cours du temps.

Les tortues en général ont un capital « sympathie » très prononcé auprès du grand public. Ce sont des reptiles à carapace, constituée d’un fond appelé le plastron et d’une dossière plus ou moins bombée ; ces deux parties sont reliées entre elles par un pont osseux.

Cistudes sur une racine, dans un chenal (deux femelles puis un mâle aux yeux orangés).

La Cistude est une tortue de petite taille. La taille et le poids varie selon le sexe : 20 cm maximum pour 1 000 g maximum pour les femelles (selon la plupart de sources officielles), 17 cm et 700 g maximum pour les mâles (une source officielle).

Sa dossière est lisse et de couleur marron clair à foncé allant jusqu’au noirâtre chez certains individus, avec une forme légèrement bombée et parfois ponctuée de petits points jaunes. Le plastron est de couleur jaune à rougeâtre plus ou moins maculé de noir ; cette couleur varie d’un individu à l’autre et aussi en fonction de l’âge. La ligne centrale du plastron, épaisse et claire chez les jeunes individus, s’affine et s’assombrit en vieillissant. La tête, les pattes et la queue (plutôt longue) sont noires, ponctuées de jaune très marqué. Le terme orbicularis fait référence à la présence de tous ces petits points jaune sur la peau et la carapace.

La forme ovale et la couleur de cette carapace, parfois parée de végétaux ou de boue, lui confère un certain mimétisme. On peut la confondre avec un gros galet ou même, parfois, ne pas la discerner dans son milieu ambiant.

Une femelle de belle taille aux yeux jaunes. Ses griffes sont bien acérées.

Un petit mâle aux yeux rouges, sur une grosse branche qui pourrit dans l’eau.

Le dimorphisme sexuel est bien marqué. Les yeux sont de couleur orangé à rouge chez le mâle, jaune chez la femelle et les jeunes. D’autres éléments permettent (mais en les manipulant) d’identifier le sexe :

– la forme du plastron : légèrement concave chez le mâle, il est plat chez la femelle. Cette particularité permet au mâle d’être plus stable sur le dos de la femelle, lors de l’accouplement.

– l’épaisseur de la queue à sa base et la position du cloaque : la queue du mâle présente un renflement pénien entre le plastron et le cloaque, absent chez la femelle qui présente une queue fine.

Une Cistude mâle au premier plan (yeux orangés), puis une femelle (yeux jaunes). Le mâle, plus petit avec une dossière plus plate, a une queue plus épaisse.

Un mâle âgé, assoupi ; on peut remarquer le renflement pénien à la base de sa queue.

Le mâle précédent a changé sa position d’exposition au soleil ; la femelle qui le talonne, aux pattes exclusivement noires, a une queue sans renflement à sa base.

La Cistude est inoffensive pour nous mais ses pattes palmées sont munies de griffes fortes et bien aiguisées qui lui permettent de creuser le sol. S’il est nécessaire de la manipuler pour la tirer d’un mauvais pas, il est bien sûr préférable d’éviter ses griffes.

C’est aussi une bonne nageuse, plus à l’aise dans l’eau que sur terre.

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II- Son habitat selon son cycle biologique

La Cistude est un animal de plaine (altitude maxi 600 m environ) qui a besoin d’un habitat diversifié, aquatique et terrestre, qu’elle va fréquenter selon son cycle biologique :

-un site aquatique principal fréquenté aux beaux jours pour s’alimenter, s’exposer au soleil et s’accoupler ; c’est celui où on peut l’observer,

-un site terrestre dégagé et ensoleillé, non inondable et avec de la terre meuble, où la femelle va venir pondre au début de l’été. C’est celui où les œufs vont se développer et sa disponibilité est primordiale pour la pérennité de l’espèce,

-en cas d’asséchement temporaire de son site aquatique principal à la période estivale et sans autre solution de repli à proximité, la Cistude peut faire appel sur place au phénomène d’estivation (défini un plus loin),

-un site d’hivernation.

Très à l’aise et en sécurité dans l’eau, le déplacement terrestre de la Cistude entre chaque site peut être parfois long pour elle et l’expose à des dangers. Une tortue aquatique sur la terre ferme n’est pas une tortue égarée ; il faut la laisser vivre sa vie, sauf si elle est en mauvaise posture.

Elle connait bien et reste fidèle à ses différents lieux de vie. Les déplacements quotidiens routiniers pour se nourrir et s’insoler sont de faible amplitude. Les mouvements les plus importants sont effectués par certains mâles qui assurent un brassage génétique lors de déplacements pouvant atteindre plusieurs kilomètres. La dégradation de son milieu ou la surpopulation par rapport à la disponibilité des ressources peut l’amener à coloniser des milieux plus favorables.

Mon lieu d’observation de Cistude le plus inhabituel pour moi est dans les Landes, où j’ai eu la surprise de voir une Cistude descendre la Grande Leyre près de sa source (pont de Mouliocq, entre la route de Solférino et la route de Morcenx). C’était un après-midi du mois de juillet et elle se laissait guider par le courant de ce cours d’eau au fond sablonneux et à la température plutôt fraîche. Que faisait-elle là?

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2-1) _ Le site de nourrissage et d’accouplement :

Une saulée inondée à la queue d’une retenue collinaire, fréquentée au printemps et au début de l’été par la Cistude.

A l’arrivée des premiers beaux jours, la Cistude sort de son engourdissement. Elle quitte son site d’hivernation pour rejoindre son habitat principal. Elle affectionne les habitats humides aux eaux calmes et même stagnantes, avec de la végétation aquatique abondante où elle se sentira en sécurité. Elle y mène une vie essentiellement diurne.

Deux Cistudes femelles dans un bras mort de l’Adour, mais où l’eau circule. Celle du premier-plan a des traits discontinus jaunes sur sa dossière.

Dans ma région, on la trouve généralement dans les bras morts des cours d’eau comme l’Adour, le gave de Pau et dans leurs anciennes gravières, les étangs et marais comme celui d’Orx, en queue de certaines retenues collinaires, dans les mares forestières ou même les petites mares de ferme anciens abreuvoirs à bétail, etc.

Dans un bras mort vaseux et presque asséché de l’Adour – Au premier-plan, deux Tortues à tempes rouges (la « fameuse » Tortue de Floride) puis une Cistude d’Europe.

Elle y apprécie les fonds vaseux pour y trouver sa nourriture et reconstituer ses réserves pour la reproduction et le prochain hivernage. On l’appelle d’ailleurs aussi la tortue bourbeuse ou la tortue des marais.

En queue d’une retenue collinaire – Au premier-plan, une Cistude mâle à la dossière parsemée de petits points jaunes ; à l’arrière-plan, deux Tortues à tempes rouges. 

Ces biotopes humides auront tous un point commun : des postes d’insolation, ceinturés d’eau. En effet, le soleil est indispensable à la tortue pour réguler son métabolisme (la thermorégulation). Elle choisit un rocher, une grosse racine, une grosse branche ou un tronc d’arbre flottant qui seront autant de solariums sur lesquels elle se hisse, souvent à plusieurs. En bon reptile qui se respecte, elle s’y expose aux heures où la température est la plus optimale pour ses activités, la tête souvent relevée en situation de guet. Elle évite les heures très chaudes.

Très craintive, elle plonge à la moindre alerte. Elle est très difficile à approcher : sa vue est excellente.

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2-2) _ Le site de ponte :

Au début de l’été, la femelle quitte momentanément son milieu aquatique pour aller pondre sur la terre ferme. L’endroit choisi ne craint aucune inondation ; il est aussi bien orienté et ensoleillé, avec de la végétation rase. Le plus souvent, ce sera une pelouse, une prairie ou une lande sèche, une bordure de sentier. Elle reste fidèle à ses lieux de ponte sous réserve qu’ils n’ont pas été perturbés par l’activité humaine ou refermés par la végétation. Cela peut parfois l’amener à effectuer un déplacement important pour gagner une zone propice.

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2-3) _ Le site d’estivation :

Durant la période estivale, il arrive que le site d’activité printanière soit asséché ; c’est le cas par exemple chez nous pour les retenues collinaires qui ont pour vocation de stocker pendant la période hivernale l’eau de pluie pour l’arrosage du maïs, une culture majoritaire dans la région. La queue de la retenue se retrouve asséchée et la partie aval avec son fond stérile et sans support d’insolation n’est plus favorable au maintien des Cistudes. Elles disparaissent jusqu’au printemps suivant et ce cycle se répète tous les ans.

Que font-elles quand le site est asséché? Deux situations se présentent :

– les cistudes engagent des déplacements (allant jusqu’à un kilomètre environ au maximum) pour rejoindre un autre plan d’eau permanent,

– elles restent sur place et s’enfouissent dans le sol dans la végétation environnante ou dans des cavités sous berge, un terrier de ragondin, etc. où elles restent en dormance à l’abri de la chaleur. Ce phénomène s’appelle une « estivation ». Il évite à la tortue de dépasser la température maximale critique au-delà de laquelle elle risque une hyperthermie léthale. En cas d’asséchement prolongé, cette période peut se prolonger jusqu’à la phase d’hivernation.

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2-4) _ Le site d’hivernation :

Cette saulée marécageuse est aussi propice à l’hivernation des Cistudes. Le niveau de l’eau reste stable en hiver, avec la présence d’un exutoire.

Cette phase commence à l’automne avec la baisse sensible des températures et de la durée d’ensoleillement. Les Cistudes se déplacent alors vers leur site d’hivernation, généralement proche. Elles s’y regroupent sur de petites surfaces.

Cet hivernation va avoir lieu la plupart du temps sous quelques dizaines de centimètres d’eau, avec une bonne épaisseur de vase et/ou de végétaux (feuilles mortes tombées à l’eau, etc.). Les Cistudes vont s’y enfouir afin de bénéficier de conditions thermiques stables.

L’endroit retenu pour ce repos total aura pour particularité d’avoir un niveau d’eau à peu près stable et peut donc être dans une zone plus restreinte de son site d’activité printanière à estivale. Il est généralement situé dans un boisement humide encombré.

Les dates et la durée de cette période dépendent largement de la température saisonnière de la zone géographique ; aujourd’hui, ces conditions varient d’une année sur l’autre.

Les Cistudes auront une activité très ralentie, sans parler de léthargie : diminution de la température corporelle, du rythme respiratoire et du rythme cardiaque avec un arrêt de l’alimentation mais parfois des déplacements très minimes. A l’arrivée des beaux jours, elles vont réapparaître. Quand la remontée des températures se confirme, elles se dispersent à nouveau sur l’ensemble de leur habitat propice.

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III- Régime alimentaire

La Cistude d’Europe se nourrit exclusivement dans l’eau, à l’affût ou en fouillant la vase selon les proies convoitées. Elle est essentiellement carnivore et se nourrit de petits invertébrés aquatiques (vers, mollusques, larves, etc.), d’alevins, de têtards, quelques insectes tombés à l’eau. Elle a aussi un comportement charognard en débarrassant les lieux des poissons et batraciens morts. Elle devient omnivore en vieillissant.

L’exposition au soleil lui est indispensable pour atteindre la température corporelle optimale selon les besoins : activité de chasse ou pour la digestion, avec en supplément le développement interne des œufs pour la femelle. Les heures choisies varient selon ces besoins et la période de l’année ; la durée dépendra des conditions locales (température de l’air et de l’eau, exposition du poste d’insolation).

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IV- La reproduction

 

10 avril 2022, au bord d’une ancienne gravière de l’Adour (Jû-Belloc) – Une jeune Cistude, née à l’automne 2021. 

La maturité sexuelle est généralement atteinte à l’arrêt de la croissance (ou légèrement plus tard) et cette dernière varie selon les régions géographiques. On annonce donc plutôt des fourchettes d’âge, qui se resserrent lors de l’étude d’une population donnée : après six ans pour le mâle et jusqu’à 13 ans, un à deux ans plus tard (8 à 15 ans) pour la femelle. Cela n’a rien d’étonnant car les Cistudes vivent longtemps.

Les accouplements peuvent commencer dès la sortie de l’hivernation. La période la plus propice couvre les mois de mars et avril ; elle dépend des régions selon la tendance des températures et peut aller jusqu’en mai.

L’accouplement est difficile à observer car il se passe généralement sous l’eau. Le mâle monte sur la femelle réceptive et se maintient fermement sur elle avec ses griffes en l’empêchant d’avancer ; puis il connecte son cloaque à celui de la femelle. Alors que la tortue est un animal placide, les mâles qui sont en rut sont facilement reconnaissables à leur comportement insistant auprès des femelles. Une femelle peut s’accoupler avec plusieurs mâles.

Protection d’une zone de ponte.

La ponte a lieu de mai à mi-juillet environ, avec un pic en juin. A l’approche de la nuit, la femelle s’éloigne de son milieu aquatique pour aller pondre sur la terre ferme entre 4 et 18 œufs (la moyenne varie selon bon nombre de facteurs). Elle creuse dans le sol meuble avec ses pattes postérieures munies de griffes puissantes un petit puits peu profond, une dizaine de centimètres environ. Elle y dépose ses œufs, puis le rebouche. Elle peut s’aider dans cette tâche en humidifiant le sol avec une petite quantité d’eau qu’elle transporte dans une cavité abdominale appropriée. La durée de la ponte est variable selon la facilité de creuser, une à trois heures environ. Elle retourne ensuite dans son milieu aquatique.

L’opération complète de ponte dépend de la distance parcourue, de la difficulté à trouver éventuellement un nouveau site, etc. Cette phase peut durer autour de 24h00 mais parfois bien plus. C’est pour cela qu’il est important de favoriser la disponibilité de lieux de pontes ou de protéger ceux existants.

Pendant ces déplacements, il ne faut surtout pas la perturber! Elle utilise parfois un petit cours cours d’eau, un canal ou un fossé pour se déplacer vers les sites de ponte éloignés : ce sont autant de zones relais pour se reposer et se nourrir. La présence de ces zones relais favorise aussi la survie des jeunes Cistudes qui y font des haltes intermédiaires, avant leur retour au milieu humide fréquenté par les géniteurs.

L’incubation dure entre 80 et 90 jours environ. La quantité de chaleur reçue par les œufs pendant cette phase va contribuer à déterminer le sexe des tortues à leur naissance, ainsi que la date effective de l’éclosion. Pendant cette incubation, les œufs sont convoités par des prédateurs, sangliers, etc.

On observe deux périodes d’émergence : l’une automnale entre début septembre et mi-octobre et favorisée par un orage ou le retour des pluies, l’autre printanière dans le cas d’une ponte tardive ou de mauvaises conditions estivales d’ensoleillement. Dans ce dernier cas, les jeunes Cistudes vont rester dans la cavité qui les a vu naître ou s’enfoncer davantage dans le sol pour y passer l’hiver, puis émerger au printemps et prendre la direction de leur futur milieu aquatique.

Après s’être frayées un chemin vers l’air libre, les jeunes Cistudes deviennent sur la terre ferme des proies faciles pour bon nombre de prédateurs. Leur petite taille (entre 20 et 30 mm) et leur carapace molle les rendent très vulnérables. Heureusement, leur instinct va guider les nouveau-nés vers le milieu humide le plus proche propice à leur survie, parfois une simple mare temporaire ou un fossé, pour rejoindre progressivement celui fréquenté par les géniteurs.

10 avril 2022 – La même jeune Cistude à Jû-Belloc, sous un angle différent. Sa carapace mesurait à coup sûr moins de 50 mm. 

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VI- Répartition

La Cistude d’Europe est présente sur les 2/3 sud de notre territoire national. Les principales populations sont localisées en Indre, en Charente-Maritime, en Aquitaine (Gironde, Dordogne, Landes, Lot-et-Garonne et Pyrénées-Atlantiques), dans le Gers, en Isère, dans les Bouches-du-Rhône, dans le Var et en Corse.

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VII- Menaces et protection

 

La Cistude, comme bon nombre de tortues, peut vivre longtemps dans de bonnes conditions : jusqu’à une cinquantaine d’années et même davantage si les conditions lui sont favorables. Lentes et peu agressives, elles sont faciles à capturer. L’homme a été longtemps son prédateur, pour la cuisiner ou pour la garder comme animal de compagnie.

Depuis 1979 (statut de protection au niveau européen à travers l’annexe II de la Convention de « la vie sauvage et du milieu naturel » de Berne), elle est protégée et sa détention par un particulier est aujourd’hui strictement interdite et passible de poursuites.

Elle a beaucoup de prédateurs quand elle est jeune : corbeaux, hérons, certains rapaces, hérissons, carnassiers (brochets, silures, blackbass) et autres. Elle leur paye un lourd tribut. Une fois arrivée à l’âge adulte, la prédation diminue fortement.

La principale menace provient actuellement de la modification ou la destruction de son environnement, lieu de vie mais aussi lieu de ponte.

Une autre menace potentielle est apparue avec le lâcher dans la nature de la Tortue à tempes rouges appelée aussi Tortue de Floride (Trachemys scripta), massivement importée dans les années 1980. Aujourd’hui, on ne parle plus de l’une sans citer l’autre, une espèce devenue invasive. On les trouve souvent ensemble sur les places d’insolation.

Tortue à tempes rouges. Les griffes de la femelle sont droites et courtes ; celles du mâle courbées et plus longues.

Regroupement de Tortues à tempes rouges sur un gros tronc plongeant dans l’eau. D’autres sortent juste leur tête hors de l’eau, dans le flou du premier plan.

La Tortue à tempes rouges est plus colorée, plus grande (jusqu’à une trentaine de cm) pour un poids qui peut aller jusqu’à 3 kg. Les deux espèces ont une longévité équivalente et fréquentent les mêmes biotopes. On parle régulièrement dans les publications de compétition néfaste pour les places d’insolation et pour l’accès aux ressources alimentaires mais il me semble que le risque le plus important est dû au fait que cette nouvelle venue est sujette à transmettre ses propres parasites.

La Cistude d’Europe fait actuellement l’objet d’un Plan national d’actions 2020-2029 pour la conservation de l’espèce, dont le lien est dans la bibliographie. Il fait suite à un Plan national d’actions 2011 – 2015.

Mon témoignage au début de cette publication met en évidence qu’il est important de signaler toute présence de la Cistude d’Europe dans un endroit précis, afin de la protéger contre une perturbation involontaire de son milieu.

Le mieux à faire, à mon avis, est de signaler cette présence auprès d’une association spécialisée dans sa protection. Par exemple :

– Région Nouvelle-Aquitaine : association Cistude Nature (Nouvelle-Aquitaine),

– Région Occitanie : association Nature en Occitanie.

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VIII- Bibliographie utilisée

Les publications suivantes m’ont été très utiles pour compléter mes observations, faites comme d’habitude avec des photos uniquement personnelles :

_ Etude d’une population de Cistude d’Europe (Emys orbicularis) sur le Site Pilote des Anciennes Gravières de Jû-Belloc (32) – Thèse Docteur Vétérinaire Mickaël Nicolas – Université Blaise Pascal Clermond Ferrand (année 2009) : http://cheloniens.online.fr/Inventaire/Img87095.pdf

_ Synthèse des connaissances actuelles sur la Cistude d’Europe (Emys orbicularis) et étude d’une pathologie de sa carapace  – Thèse Docteur Vétérinaire Biot Lilian – Ecole Nationale Vétérinaire Toulouse (année 2017) : oatao.univ-toulouse.fr/17874/1/Biot_17874.pdf

_ Guide technique pour la conservation de la Cistude d’Europe en Aquitaine (juin 2009) : www.cenlr.org/sites/www.cenlr.org/files//documenst_communs/pdf/cistude/PRIOL_Cistude_guide_Aquitaine.pdf

_ Plan national d’actions 2011 – 2015 en faveur de la Cistude d’Europe : www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Cistude-d-Europe_2011-2015.pdf

_ Plan national d’actions 2020 – 2029 en faveur de la Cistude d’Europe : www.ecologie.gouv.fr/sites/default/files/PNA_Cistude_2020_2029.pdf

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