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Les glaciers de la face nord du Vignemale

Le glacier des Oulettes de Gaube, novembre 2015.

Le glacier des Oulettes de Gaube (glacier de cirque et de surracumulation) – Nov. 2015

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I- La définition d’un glacier

Les glaciers font partie du domaine des « neiges éternelles ». Ils se présentent sous la forme d’une masse de glace en mouvement qui s’écoule lentement sous l’effet de son propre poids et de la pente. Cette glace se forme par les tassements successifs d’épaisses couches de neige accumulées pendant l’hiver et conservées. Après l’expulsion progressive de l’air emprisonné, les cristaux de neige se soudent entre eux pour former une matière homogène, la glace (un phénomène appelé la diagénèse).

On les sépare en deux catégories : le glacier véritable qui présente des crevasses caractéristiques d’un écoulement glaciaire, et le glacier résiduel qui a été un glacier véritable, dépourvu maintenant de signes d’écoulement.

glacier résiduel de Barroude

Le glacier résiduel de Barroude (altitude moyenne 2 475 m) et le grand lac. L’eau a la couleur laiteuse caractéristique des eaux de fonte de glacier (août 2014).

Un glacier a une très longue existence derrière lui ; la glace est présente en été comme en hiver et en permanence à l’échelle du temps humain, quelle que soit sa taille. Cela permet de le différencier du névé que l’on trouve pendant l’été au-dessus d’une certaine altitude (en lien avec l’isotherme O°C) mais qui a une espérance de vie restreinte, quelques années. La présence de moraines frontales et/ou latérales est une preuve d’activité passée d’un glacier.

Les glaciers présentent plusieurs morphologies, déterminées par les formes du relief qui les soutient : le glacier de fond de vallée, le glacier de cirque, le glacier de suraccumulation, le glacier suspendu, le glacier de versant, etc.

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II- Associations d’étude des glaciers

Vous trouverez en fin d’article (webographie) les liens qui vous redirigent vers les deux associations que je cite. Elles constituent la source principale de mes informations. Ce n’est pas une liste exhaustive et il en existe d’autres.

2-1 L’association Moraine (France)

L’association Moraine est à l’origine de nombreuses publications très instructives que je recommande de lire. Elle a aussi édité un livre « Les glaciers des Pyrénées – Le réchauffement climatique en images » aux éditions CAIRN, paru en mai 2013. Elle vient d’en éditer un nouveau, « Glaciers des Pyrénées 25 ans d’explorations et de mesures » co-édité aux éditions Le Festin avec le Parc national des Pyrénées, en librairie depuis le 21 novembre 2025. Pour en savoir plus, vous trouverez toutes les informations sur le Web.

Créée en 2001, elle est un observatoire des glaciers des Pyrénées françaises. Elle étudie depuis 2001 selon un protocole de mesures strictes l’évolution de certains glaciers représentatifs. Une collaboration étroite avec les glaciologues espagnols lui permet d’avoir des informations complètes à l’échelle de la chaîne

Les glaciers sont encore au nombre de 17 sur 9 massifs en 2023 (cinq en France, trois en Espagne et un transfrontalier) : Las Néous (massif de Balaïtous), Enfer Central (Enfer), Ossoue et Oulettes de Gaube (Vignemale), Gabiétous, Taillon, Pailla Est, Astazou, Mont Perdu (Gavarnie-Mont Perdu), Munia, Barroude (Munia), Llardana (Posets), Seil de la Baque (Luchonnais), Maladeta, Aneto, Tempêtes (Aneto) et Arcouzan (Mont Valier). Les mesures de l’association sont reconnues et utilisées par la Communauté scientifique internationale.

L’inventaire est effectué annuellement : d’une façon arbitraire, il ne concerne que les glaciers dont la surface est supérieure à 2 hectares, à l’exception du glacier Arcouzan qui ne fait plus que 1,5 ha en 2023.

Pour marquer les esprits, la surface cumulée des glaciers français étudiés ne représente plus que 66,2 hectares en 2023, contre 79 ha en 2019 et 140 en 2001.

2-2 Projet Criosfera Pirineos (Espagne)

Ce projet au sein de l’Observatorio Pyrenaico del Cambio Climatico ou Observatoire pyrénéen du changement climatique (OPCC – CTP) a été créé en 2010. Les glaciers sont un élément sensible qui a été spécialement suivi et analysé en raison de leur extrême sensibilité au changement climatique. Il est consacré à la documentation de l’évolution des glaciers pyrénéens (français et espagnols) à travers des données historiques, des images comparatives et des analyses accessibles. Il s’inscrit dans les objectifs et les actions du projet Life Pyrénées4Clima.

Il met entre autres en évidence la disparition de 51 glaciers pyrénéens au cours des quatre dernières décennies (depuis 1985).

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III- Quelques glaciers des Pyrénées

Les glaciers des Pyrénées disparaissent les uns après les autres! Ils ont commencé leur régression à partir de 1850, à la fin du Petit Âge Glaciaire, nom donné à la période climatique froide entre 1560 et 1830 et principalement localisée sur l’Atlantique Nord. On appelle scientifiquement cette période, le « minimum de Maunder ». Vers 1850, on comptabilisait alors 23 km² (2 300 ha) environ de glace répartis sur près d’une centaine de glaciers. En 1984, ils étaient encore 39.

Je ne m’intéresse à eux que depuis peu. J’ai pensé, à une période où je pratiquais la montagne sans prendre le temps de la regarder de près, qu’il n’en restait pratiquement plus « chez nous ». Pourquoi? Parce que pour moi un glacier, cela devait être « impressionnant ».

Descendus au nombre de 25 en 2016 sur toute la chaîne (dont 15 côté français) pour une surface totale réduite à 2,6 km² (260 ha), ils ne sont plus que 17 en 2023 (dont 11 côté français). On disait il y a peu de temps que nos glaciers pyrénéens auront peut-être tous disparu pour les environs de 2050, mais d’après les connaissances 2025 de leur sur leur régression, cela devrait arriver bien plus tôt!

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Voici d’abord quelques témoignages en photos personnelles de glaciers qui disparaissent, côté français :

Brèche de Roland juillet 1994

12 Juillet 1994, à l’époque des appareils photo « jetables » – Le glacier de la Brèche de Roland (glacier de versant), sous la neige. Il a aujourd’hui disparu! 

Le glacier de la Brèche de Roland occupait encore une superficie de 3 ha environ en 2000. Il a disparu vers 2010, pour ne laisser subsister que quelques névés. La meilleure période pour l’observation d’un glacier est fin août/début septembre, quand la neige a fondu.

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Glacier du Taillon juillet 1994

12 juillet 1994 – Le glacier véritable du Taillon (glacier de cirque) recouvert par la neige, en montant à la Brèche de Roland. En arrière-plan, la Fausse Brèche (2 909 m) et son Doigt.

Le glacier véritable du Taillon prenait initialement naissance dans le gradin supérieur du cirque, à la base de la Fausse Brèche. Son névé, recouvert encore par la neige sur ma photo, a disparu en 2023.

En 2006, le glacier s’est divisé définitivement en un glacier moyen et un glacier inférieur, au niveau de la paroi rocheuse à moitié enfouie sous la glace et la neige au centre de la photo. Puis, la distance entre les deux s’est accrue d’année en année.

Le glacier moyen s’est très rapidement détérioré. Les derniers signes d’activité ont été observés pour la dernière fois en 2022 et en 2024, il montrait des signes évidents d’effondrement.

Le glacier inférieur maintient encore en 2024 une faible dynamique dans sa partie supérieure, avec une évolution vers une structure de type névé.

Situé à 2 550 m d’altitude, l’ensemble (névé moyen et glacier inférieur) a une extension de (1,7+5,7) 7,4 ha en 2023.

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Glacier résiduel de Barroude

Le glacier et la Muraille de Barroude (août 2014), en vallée d’Aure. A gauche du glacier recouvert par la neige, on remarque la moraine latérale résiduelle du Petit Age Glaciaire.

Le glacier résiduel de Barroude est à l’agonie. Quand j’ai pris cette photo, je pensais que ce n’étais qu’un simple névé. Il était un glacier de suraccumulation de neiges, provenant des éboulements du mur de Barroude entre les pics Troumouse (3 085 m) et Heid (3 022 m). Il est resté comme glacier actif jusqu’en 2010 environ. Recouvert effectivement par un névé, il n’a plus aujourd’hui d’activité. En 2001, l’Association Moraine lui attribuait une superficie de 5 hectares ; il ne fait plus que 2,3 ha en 2023. Sa limite inférieure est située juste au dessus des lacs de Barroude, dont l’altitude est de 1 355 m.

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Refuge d'Arrémoulit

Depuis le refuge d’Arrémoulit, on peut observer la face nord du pic d’Arriel (qui est ce jour-là dans les nuages, tout à droite). Au pied de la paroi abrupte, son glacier résiduel, débarrassé de la neige de l’hiver : c’est la tache blanche tout à droite ( Septembre 2007).

Le dernier glacier aquitain, le glacier de l’Arriel, est passé sous la barre des deux hectares autour de 2010. Quand je l’ai photographié en septembre 2007, je ne savais pas alors que je passais à côté de ce qui ne serait quelques années plus tard qu’un souvenir du passé. Pour acter sa disparition complète, une plaque commémorative a été déposée au refuge d’Arrémoulit (depuis lequel le glacier pouvait être observé) le 23 octobre 2019. Son épitaphe :

« Le glacier d’Arriel, glacier le plus haut à l’ouest des Pyrénées, a disparu, comme 50% des glaciers pyrénéens ces dernières années.

Ils disparaitront probablement tous d’ici 2040.

Cette plaque atteste que nous savons ce qu’il se passe et que nous savons ce qu’il faut faire.

Vous seul-e-s saurez si nous l’avons fait.

Oct. 2019 – Nouvelle Aquitaine (Dépt 64) – 416 PPM CO2. »

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glaciers montferrat et ossoue

Le glacier de Montferrat à gauche, au pied du pic Montferrat (3 289 m). Le glacier d’Ossoue à droite, avec l’Epaule Chausenque (3 154 m) au premier-plan, puis la Pointe Chausenque (3 204 m), le Piton Carré (3 197 m, peu visible), la Pique Longue (3 298 m) et le Clot de la Hount (3 289 m) – 27 août 2024, depuis les environs du barrage d’Ossoue.

glacier du montferrat

Le glacier suspendu de Montserrat.

Le glacier suspendu de Montferrat était niché sur une dalle calcaire à forte pente, entre 2 700 et 2 850 m d’altitude environ sous l’arête entre les pics Montferrat et Tapou. Les avalanches de neige qui s’en détachent finissent 700 m plus bas, au lieu appelé le Pont de neige. Ses eaux de fonte alimentent le gave d’Ossoue. L’ancien glacier occupait environ 8 ha à l’Epoque Glaciaire. Devenu un névé, ce dernier n’occuperait plus en 2024 qu’une superficie de 0,2 ha (2 000 m2) environ. Des combes à neige rendent parfois son observation difficile, comme ce fut le cas en été 2024.

glacier ossoue

Le glacier d’Ossoue, avec l’Epaule Chausenque, puis la Pointe Chausenque, le Piton Carré peu visible et en arrière-plan, la Pique Longue. Il y a beaucoup de monde au sommet!

Le glacier d’Ossoue, très étudié, est un glacier véritable. Il occupe le second rang en superficie, après le glacier d’Aneto. Pour illustrer son déclin, il occupe une superficie de 58 ha en 2002 (début du suivi), 45 ha en 2011 (- 13 ha en 10 ans), 31 ha en 2021 (- 14 ha en 10 ans). Il est passé à 24 ha en 2023 (- 7 ha en 2 ans). Les années 2022 et 2023 ont été deux années record successives de fonte. Au total, de 2002 à 2023, il a perdu 39 mètres d’épaisseur.

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Témoignage en photos personnelles, côté espagnol :

Pic d'Aneto

A gauche à l’arrière plan, le pic d’Aneto situé en Aragon (le plus haut sommet des Pyrénées avec 3 404 m) et son glacier de versant, en partie caché. Puis le pic de la Maladeta (3 312 m) et son glacier de cirque. Séparant les 2 glaciers, l’arête des Portillons – Octobre 2021.

Pic d'Aneto

Une vue rapprochée du panorama précédent (octobre 2021).

Le glacier véritable de l’Aneto est le plus grand glacier des Pyrénées avec une superficie de 69 ha en 2007, 62,2 ha en 2011 réduite à 56 ha en 2016, 37 ha en 2023. Il reste néanmoins le plus grand glacier des Pyrénées. Il apparaît aujourd’hui sans relief, mais les risques de crevasses subsistent.

Le glacier véritable de la Maladeta s’est scindé en deux en 1992. Il est au quatrième rang avec 31,3 ha en 2011, 29 (25+4) ha en 2016. Il passe au troisième rang avec 16 ha en 2023. Des crevasses sont visibles à sa surface. Il perd en moyenne deux mètres d’épaisseur/an.

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IV- Mes témoignages détaillés sur les glaciers de la face nord du Vignemale

Ce sont ceux que je côtoie le plus régulièrement et, hélas, ce sont aussi ceux que je verrai disparaître très vite. Le glacier des Oulettes de Gaube est un glacier de cirque et de suraccumulation très dynamique, attesté par ses importantes crevasses dont certaines dépassent une trentaine de mètres, les plus profondes des glaciers pyrénéens. Il est aussi le plus rapide, avec une vitesse maximum comprise entre 50 et 70 mètres/an.

Le glacier du Petit Vignemale est un glacier suspendu. En 1850, les deux glaciers étaient réunis et occupaient une superficie de 60 ha environ. Ils formaient alors le glacier Nord du Vignemale ; ils se sont dissociés à la fin du 19è siècle.

Les photos suivantes couvrent la période de 2009 à 2018. Avant, je ne les photographiais pas. Depuis, j’ai continué visuellement à observer l’accélération de leur déclin.

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Oulettes de Gaube

Les Oulettes de Gaube, ses glaciers et son refuge (vallée de Gaube).

Dans les Pyrénées, une oulette désigne un cirque ou une cuvette glaciaire. On peut observer aux Oulettes de Gaube, dans les Hautes-Pyrénées, deux des derniers glaciers des Pyrénées et je les photographie maintenant. Pourquoi? C’est un patrimoine naturel que j’ai la chance de pouvoir encore observer, alors qu’ils ne seront bientôt qu’un souvenir nostalgique.

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4-1 _ Glaciers de la face nord du Vignemale, septembre 2009

Les Oulettes de Gaube

Les Oulettes de Gaube – Juillet 2009. Le Petit Vignemale (3 032 m), la pointe Chausenque (3 204 m), le Piton Carré (3 197 m) et la Pique Longue (3 298 m), point culminant des Pyrénées françaises.

Le glacier des Oulettes occupe alors une superficie de 13 hectares (de 2 270 à 2 550 m), avec une longueur maximum horizontale de 550 mètres. Le glacier du petit Vignemale occupe une superficie de 3,5 ha (2 700 à 2 900 m). Il se développe sous le col des glaciers (2 990 m).

Depuis 2006, le glacier des Oulettes tend à se scinder en deux, avec l’apparition d’un mur de glace d’une vingtaine de mètres de hauteur. De gros blocs de glace s’en détachent régulièrement. Situé au pied du Couloir de Gaube, il est alimenté par les avalanches qui s’accumulent au pied des couloirs. C’est le glacier le plus bas des Pyrénées, facilement accessible et instructif.

Le glacier du Petit Vignemale et le glacier des Oulettes de Gaube

Le glacier du Petit Vignemale (à gauche) et le glacier des Oulettes de Gaube (au centre) – Juillet 2009.

Tout en haut et à droite du cliché ci-dessus, nous avons un névé de longue date, déjà présent sur les cartes postales du début du 20è siècle. Il est représenté comme un glacier sur la carte IGN au 1:25 000è mais il ne porte pas de nom. Alimenté par deux couloirs d’avalanche, sa superficie aujourd’hui est bien inférieure à 2 ha.

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4-2 _ Glaciers de la face nord du Vignemale, août 2010

Cette année-là, je n’ai pas eu connaissance d’évènement notoire.

Le glacier du Petit Vignemale et le glacier des Oulettes de Gaube

En descendant du col des Mulets – La vue sur les deux glaciers de la face Nord du Vignemale (Août 2010).

Le glacier du Petit Vignemale et le glacier des Oulettes de Gaube

En descendant de la Hourquette d’Ossoue – La vue sur les deux glaciers de la face Nord du Vignemale (Septembre 2010). En bas à droite, l’amas de débris caillouteux en forme de fer à cheval est la moraine centrale correspondant à la limite basse du glacier à la fin du Petit Age Glaciaire (1850).

Sur la partie supérieure du flanc opposé, on trouve toujours sous l’arête de Gaube mon « névé éternel » sans nom, cité plus haut. On distingue bien sur la photo sa moraine frontale. De l’autre côté de la crête sur le versant espagnol, se trouve le petit glacier du Clot de la Hount, bien visible depuis le col d’Arratille.

En 160 ans (de 1850 à 2010), le glacier des Oulettes a reculé de 475 mètres (80 m en altitude), illustré sur la photo ci-dessus!!!

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4-3 _ Glaciers de la face nord du Vignemale, novembre 2015

J’ai utilisé mon téléobjectif pour faire des photos rapprochées des deux glaciers ; je l’avais amené pour prendre des photos du rut des isards un peu plus bas dans la vallée de Gaube.

Le glacier des Oulettes de Gaube

Les crevasses et séracs du glacier des Oulettes de Gaube – Novembre 2015.

On peut trouver plusieurs définitions pour décrire un sérac, dont celle du Larousse : « bloc(s) de glace provenant de la fragmentation d’un glacier … Ils occupent, en groupes chaotiques, les sections du lit du glacier caractérisées par une brutale augmentation de pente ».

Le glacier des Oulettes de Gaube

Le glacier des Oulettes de Gaube (novembre 2015, après un épisode neigeux). Les crevasses apparaissent quand on a dépassé la limite de plasticité de la glace.

Le glacier du Petit Vignemale

Une partie du glacier suspendu du Petit Vignemale (glacier véritable, avec ses crevasses et ses séracs) – Novembre 2015.

Le glacier du Petit Vignemale et le glacier des Oulettes de Gaube

Le genre de moment que j’aime bien. Novembre 2015.

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4-4 _ Glaciers de la face nord du Vignemale, août 2016

Le glacier suspendu du Petit Vignemale n’occupe plus qu’une superficie de 2,5 ha ; elle a diminué d’1 ha (28%) en 7 ans. Le glacier de cirque des Oulettes de Gaube occupe encore 11 ha (5è rang en superficie) ; il a perdu 2 ha ou 15% de surface en 7 ans.

Le front des glaciers pyrénéens régresse en moyenne de  7,9 mètres par an. Nettement plus exposé à l’ensoleillement de fin de journée que celui des Oulettes, le glacier du Petit Vignemale recule plus vite.

Le glacier du Petit Vignemale et le glacier des Oulettes de Gaube

Les Oulettes et ses Linaigrettes – Août 2016.

Les Linaigrettes à feuilles étroites (Eriophorum angustifolium Honck) affectionnent le plateau des Oulettes de Gaube. Cette fleur se développe très bien dans les tourbières et les surfaces inondables en bordure des mares, des ruisseaux et des rivières.

Le glacier du Petit Vignemale et le glacier des Oulettes de Gaube

Un superbe parterre, que j’éviterai de piétiner – Août 2016.

Le glacier du Petit Vignemale et le glacier des Oulettes de Gaube

Le fond du fond du plateau et ses moraines successives – Août 2016.

Les moraines sont constituées de débris de roches arrachés au relief et que les glaciers transportent puis déposent en différents endroits de leur lit. Elles ont une forme en fer à cheval pour les moraines frontales et elles ont une forme linéaire pour les moraines latérales.

Leur formation, en forme de talus de section pyramidale, demande une certaine stabilité glaciaire pour que les les débris s’accumulent sur le même site. On peut ainsi les associer à une période climatique assez précise. Les moraines les plus anciennes, au-delà de la zone glaciaire, sont le témoin de l’extension maximale du glacier.

Oulettes de Gaube

Un petit regard en arrière vers le refuge des Oulettes, depuis la limite maximale du glacier en 1850 – Août 2016.

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4-5 _ Glaciers de la face nord du Vignemale, août 2018

J’ai l’occasion de bivouaquer sur le plateau des Oulettes. Les glaciers « travaillent » aussi la nuit. Mon sommeil léger a été régulièrement accompagné de craquements et du bruit sourd provoqué par la chute de blocs de glace.

Oulettes de Gaube

Le lever du soleil sur la face nord du Vignemale. Quelques blocs de glace ont roulé durant la nuit sur la tache sombre devant le front du glacier – Août 2018.

Oulettes de Gaube

Le lever du soleil. Le petit névé « éternel » est le premier à recevoir les rayons – Août 2018.

Sur la face nord du Vignemale, une formation géologique m’interpelle : c’est celle du relief de couleur ocre qui supporte mon « névé éternel », à droite de la Pique Longue sur la photo ci-dessus. Les lumières du levant sur la paroi mettent bien en valeur cette couleur particulière. Sur la carte géologique GAVARNIE n° 1082 au 1/50 000 éditée par le BRGM, ce sont des roches sédimentaires superficielles du Quaternaire mises en place dans un environnement continental, sans information complémentaire sur leur lithologie. Ce sont en fait des schistes rouges. Le schiste ne désigne pas une roche précise mais une texture de roche particulière, qui se débite en feuillets.

4-6 _ Informations 2023

Le glacier du petit Vignemale cesse d’être observé : sa superficie ne faisait plus que 1,5 ha. Celui des Oulettes de Gaube est de 5,5 ha (superficie divisée par 2 depuis 2016). L’accélération de leur déclin est un signal fort de notre bouleversement climatique. Je les photographierai à nouveau en 2026.

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V- Webographie

Lien utile vers le site d’un passionné qui s’est intéressé de près aux glaciers pyrénéens, à titre personnel, jusqu’en juin 2 000 :

_ Pyrénées Passion : http://ham.chez-alice.fr/glaciers

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Liens utiles pour suivre le devenir des glaciers des Pyrénées au travers d’associations :

_ L’association Moraine : _http://asso.moraine.free.fr

_ Observatorio Pirenaico del Cambio Climatico (OPCC – CTP) :  https://opcc-ctp.org/fr/contenido/presentation-opcc

_  Projet « Criosfera Pirineos » : https://criosfera.opcc-ctp.org/fr/

_ Observatoire du Parc national des Pyrénées : https://observatoire.pyrenees-parcnational.fr/suivi-des-glaciers-des-pyrenees 

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