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Les bienfaits d’une pelouse en friche pour les chevreuils

Tous ces pissenlits pour la chevrette!

Les bienfaits d’une pelouse en friche
pour les chevreuils

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Nous avons la chance de cohabiter avec une chevrette, qui a adopté notre pelouse bordée d’un petit bois et laissée en friche depuis plusieurs années déjà. Nous avons été les témoins de beaucoup d’instants de vie pendant un an. J’en fais un reportage photographique, essentiellement du 13 juin 2018 au 20 juin 2019, qui suit.

Les naissances de faons ont lieu pour la plupart entre la mi-mai et la mi-juin et j’ai calqué ce reportage sur cette période. « Notre » chevrette et sa progéniture entretiennent une relation fusionnelle sous nos yeux, jusqu’à la mise bas de l’année suivante.

Dans les premiers jours après la mise-bas et en cas de danger, la mère frappe le sol avec son sabot qui déclenche chez le faon le réflexe de se tapir sans bouger. Elle s’éloigne alors du nouveau-né afin de ne pas attirer l’attention sur lui. Le faon n’a pas d’odeur corporelle dans les premières semaines de sa vie, ce qui lui permet d’échapper aux prédateurs à condition de rester immobile. Pendant cette période, on ne les voit pas sauf une rencontre « accidentelle » qui est à éviter. Il n’y aura donc pas de photos de ces moments-là.

Les jeunes vont par la suite suivre leur mère en permanence pour l’apprentissage de la Vie, en copiant ses moindres mouvements. Il est alors plus facile de les photographier, sans les perturber.

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19 septembre 2017 – Présentation du brocard dominant de la friche, un Quatre cors

Dans la famille Chevreuils, les mâles sont territoriaux de février à septembre. Cette territorialité disparaît après le rut et les mâles se déplacent alors hors des limites de leur ancien territoire. Ils perdent leur agressivité jusqu’au mois de février suivant. Pendant la période hivernale, ils forment généralement de petits groupes avec d’autres femelles et mâles.

09 septembre 2017 – La dernière visite du Quatre cors au verger pour les dernières pommes de la saison, des pommes rouges Starking Delicious. C’est lui qui a fécondé la chevrette. Je ne le reverrai plus sur la pelouse jusqu’au mois de février, où il revient avec sa nouvelle parure en velours après avoir perdu ses bois.

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13 Juin 2018 – La naissance est proche

La chevrette est restée tout l’hiver « à la maison », accompagnée de sa fille née en mai 2017. Elles sont plus sédentaires que le brocard. Depuis février, elle partage à nouveau les lieux avec le beau Quatre cors qui est revenu et qui sera le père de sa future progéniture. Ils s’intéressent tous les deux aux pommes de la St-Jean du verger, ainsi qu’aux graminées de la pelouse.

Sa fille, qu’elle a chassé il y a quelques jours et qui vit seule maintenant, fait encore parfois une incursion en solitaire sous les pommiers. Elle finira par quitter les lieux pour un nouveau territoire.

13 juin 2018 – Ma dernière observation de la chevrette, avant de s’isoler pour mettre bas très prochainement.

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18 juin 2018 – Le mâle territorial des lieux, le Quatre cors de l’an dernier

Les pommes de la Saint Jean sont appréciées.

Il aime bien aussi les feuilles de pissenlits.

Sur la pelouse en friche,  sous une pluie fine. Les chevreuils sont très sélectifs dans leur recherche de nourriture. Ce ne sont pas de simples brouteurs.

« Je me soulage ».

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03 juillet 2018 – Le rut approche

Au moment du rut, le brocard défend farouchement son territoire contre tout intrus. Il frotte ses bois sur les arbres pour évacuer la tension nerveuse mais aussi pour marquer son domaine, en laissant son odeur à partir des glandes situées sur son front. Souvent, il gratte le sol en même temps, où il laisse aussi son odeur. S’il croise un autre mâle sur son territoire, il le charge et, si l’autre mâle fait front, ils se battent, bois contre bois. Le perdant s’enfuit et le gagnant le poursuit avant de revenir sur son territoire.

Le 3 juillet, un brocard à six cors a laissé des traces la nuit précédente sur les troncs d’arbre et les arbustes ; la séquence vidéo suivante le montre en train d’être chassé par le maître des lieux, le Quatre cors. Lien de ma vidéo : https://vimeo.com/339319031

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04 juillet 2018 – Que devient la chevrette?

Le « bambi » galope après sa mère, en bordure d’une culture.

Sur mes pièges photographiques, la chevrette a « perdu du tour de taille » entre le 18 et le 22 juin.

Le 4 juillet, deux semaines plus tard, son faon apparaît enfin sur une séquence vidéo, en train de courir après sa mère au bord d’un champ de luzerne à proximité de la maison. A ce moment-là, il peut encore être victime d’un accident agricole avec les fenaisons et les récoltes.

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 24 Juillet 2018 – Le Quatre cors, pendant le rut

Le rut est en cours mais il peut être plus ou moins discret. Ce sera le cas cette année ; le Quatre cors, avec ses bois bien effilés, n’a pas de concurrent sérieux.

Les accouplements des chevreuils sont très brefs et imprévisibles. Ils peuvent avoir lieu à couvert et je n’en ai observé que rarement.

Le brocard Quatre cors, sous un pommier. Son concurrent a disparu de la pelouse et il semble plutôt serein. 

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01 Septembre 2018 -Le premier témoignage photo Mère et fille

Les pommiers croulent sous le poids des pommes. Il y en a tellement que l’on peut bien partager! Et voilà enfin la présentation du petit animal à la maison. Cette année, il y a à nouveau un seul faon. Elle en a peut-être eu un second mais je ne le saurai pas.

La mortalité est très élevée chez les faons au cours des premières semaines de leur vie : prédation, accidents, …

Le faon apparaît enfin un soir, à la limite du sous-bois. Sa robe n’est pratiquement plus tachetée. Les tâches commencent à s’estomper à partir de 6 semaines.

Mère et fille, ensemble. C’est bien une petite femelle, reconnaissable sur la photo à la présence d’une petite brosse vulvaire. 

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07 septembre 2018 – Observation dans un champ de luzerne

Le territoire de la chevrette ne se limite pas, bien sûr, à ma maison. Il leur faut un plus grand espace pour vivre. Le 7 septembre, je les observe dans un champ de luzerne, tout proche.

A partir de maintenant, je les verrai régulièrement, jusqu’à la séparation en mai prochain.

7 septembre 2018, sous une belle lumière du soir – Le faon est bien reconnaissable à ses oreilles d’une longueur disproportionnée par rapport à sa tête.

7 septembre 2018 – Portrait de face à quelques mètres : si je me relève, il file immédiatement dans le sous-bois!

7 septembre 2018 – La Mère, à proximité de son faon! 

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11 Septembre 2018 – On joue sur la « pelouse »

Le chevreuil change de pelage deux fois dans l’année, en mars-avril et en septembre-octobre. Les jeunes muent en premier. Cette dernière mue est bien plus discrète dans toutes les catégories d’âge.

L’herbe de la pelouse en friche a fané et s’est tassée mais les chevreuils l’affectionnent. Les jeunes pousses d’acacias sont régulièrement écorcées et meurent.

« Je gambade dans une allée tondue, au milieu des premières feuilles mortes d’érables ». L’automne approche ; la petite femelle commence à muer.

L’herbe est en train de changer d’aspect.

Le Quatre cors a quitté les lieux. D’autres brocards viendront faire de brèves apparitions.

Ce jeune brocard peut venir sans aucun risque. Il a quand même donné de sa personne pendant le rut : un bois est cassé. 

La tâche blanche, une fleur mal placée!

Tout ce petit monde joue ensemble, chevrette, faon et jeune brocard. Il y aura même un moment où le faon part à la poursuite du brocard!

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La période hivernale 2018/2019 (je n’ai pas fait de photo) 

Le sevrage du faon a lieu en octobre/novembre. Il devient un chevrillard (mâle ou femelle) jusqu’à un an. Pendant tout cet automne et cet hiver, la chevrette et son petit restent ensemble, avec parfois un brocard. A cette période-là, les mâles abandonnent leur comportement solitaire et territorial et rejoignent d’autres femelles et leurs petits.

Il y a eu des mauvais moments à passer. J’ai vu à plusieurs reprises un mâle débarquer de nulle part et se lancer dans une poursuite effrénée après la petite femelle. Ce n’était plus un jeu! Le rut principal a eu lieu en juillet-août mais il peut y avoir un rut secondaire en octobre-décembre. Était-ce le cas? Même précoce, cette petite femelle était encore bien jeune et cela n’est pas à ma connaissance possible.

Dès le début de la saison de la chasse, toute cette famille reste très discrète dans la journée. Dans les environs, il y aura des battues ; je vais me demander à chaque fois s’ils vont se sauver. Pendant les 6 mois suivants, j’aurai quand même l’occasion de les voir parfois le matin et/ou le soir, à des moments où la lumière est réduite et je n’ai aucun cliché montrable.

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14 mars 2019 – Observation d’un nouveau mâle avec le couple Mère-Fille

Le printemps est là! La campagne commence à verdir et les journées rallongent. L’herbe de la pelouse a fané et s’est aplatie pendant l’hiver ; elle repousse à nouveau. Les chevreuils sortent du sous-bois bien plus souvent et vont s’en occuper.

Les mâles ont déjà quitté les petits groupes familiaux dans lesquels ils se sont intégrés à l’automne, pour reprendre une vie de solitaire consacrée en particulier à la défense de leur territoire. Les plus vieux sont les premiers à avoir leurs bois neufs, afin de défendre ce territoire face aux prétendants plus jeunes.

Le chevrillard de notre pelouse a grandi et va devenir d’ici deux mois une chevrette, un peu plus petite que sa mère pour le moment. Un brocard d’âge mûr est avec la famille, différent du Quatre cors de l’an passé. Son trophée est atypique. On dit qu’il a une tête bizarde! Il frotte encore ses bois sur les troncs d’arbre pour se débarrasser des reliquats de velours ; mais aussi, pour signaler sa présence aux autres mâles. Il s’attaque aux plantations mais il y a un prix à payer pour avoir le plaisir de l’observation.

Tout le monde a commencé à muer, la jeune chevrette étant la plus précoce.

14 mars 2019 – Le brocard à la tête bizarde, la future chevrette (au centre) et sa mère.

Avec le temps, on s’habitue à ces petites bêtes, on parle d’elles avec empathie et on s’inquiète quand on ne les voie pas de quelques jours! 

Une vue rapprochée du brocard ci-dessus. Ses bois atypiques ont encore quelques reliquats de velours. On le reverra quelques semaines plus tard sur la pelouse.

C’est un nouveau!

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6 Avril 2019 – Mère et fille en train de muer

Les chevreuils ne boivent pas ou très peu ; ils se désaltèrent avec la rosée ainsi qu’avec la partie liquide de leur alimentation. Et il faut bien qu’ils urinent. La partie en friche de la pelouse est « arrosée », comme vous pouvez le voir!

La mère, en pleine mue, n’est vraiment pas à son avantage. 

La mue de sa fille est plus avancée ; le poil a quasiment disparu de son cou. Elle est « folasse » et se lance parfois dans des galops désordonnés autour de sa mère.

La fille aussi, … comme sa mère! Le pelage d’été commence à apparaître autour de ses oreilles.

A nouveau la mère, avec un début de pelage d’été sur le front. Elle a un petit ventre rond, c’est bon signe!

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01 mai 2019 – Les derniers moments du couple fusionnel

Trois semaines se sont écoulées. La Mère et la fille sont encore ensemble mais plus pour longtemps. Les clichés suivants sont les derniers où je pourrai observer ce duo fusionnel depuis juin dernier. La mère va bientôt mettre bas, d’ici 2 ou 3 semaines en principe. La plupart des naissances ont lieu du 15 mai au 15 juin!

La mère, à l’arrière-plan, a le ventre qui s’est encore arrondi! Sa fille est toute « fine »!

La mue de la jeunette est presque terminée.

Un cliché que j’aime beaucoup, au milieu des fleurs. La mue chez la mère est toujours en cours alors qu’elle est pratiquement terminée chez sa fille ; on le voit à couleur des pelages, l’un encore brun et l’autre déjà roux.

Ce sont les derniers moments passés avec sa mère, qui est hors cadre.

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4 mai 2019 – Seule! Le faon est devenu une chevrette

4 mai 2019 – La petite chevrette a été chassée, d’abord par sa mère ; mais aussi, peu après ce cliché, par un brocard surgi du champ en culture à l’arrière-plan. C’est sa destinée. Elle doit maintenant apprendre à faire face seule.

4 mai 2019 – Elle a été chassée par ce petit brocard qui, lui aussi, est en train de muer.

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Les visites de brocards se succèdent sur la pelouse. Ce sera la loi du plus fort. Les nouveaux cherchent un territoire et les anciens le défendent. Il y en a principalement deux qui sont là régulièrement : le Quatre cors présent depuis 2017 et un deuxième mâle, celui au trophée atypique (tête bizarde).

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05 mai 2019 – Le Quatre cors de l’an dernier marque son territoire

Ils ont tous l’habitude de venir frotter leur front sur le tronc à gauche de la photo ci-dessous.

5 Mai 2019 – Le Quatre cors frottera ses bois sur tous les arbustes, pour se signaler aux prétendants potentiels. 

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25 mai 2019 – Le Quatre cors se montre pour la dernière fois!

Je ne le sais pas encore, mais il va bientôt céder sa place! La compétition est rude chez les chevreuils et ils peuvent être très belliqueux!

Quel mâle!

25 mai 2019 – Le Quatre cors a eu deux cors supplémentaires très discrets (ceux dirigés vers l’arrière en partie haute). 

C’est la dernière photo que je ferai de lui!

25 mai 2019 – La petite chevrette a terminé sa mue et elle accompagne le Quatre cors, ou bien l’inverse. Elle est maintenant une adulte et elle sera en âge de procréer à la prochaine période de rut, si elle a atteint un poids autour de vingt kilos minimum.

Depuis quelques jours, la mère ne vient plus sur la pelouse. Elle s’est éloignée pour mettre bas.

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26 mai 2019 – Le nouveau mâle territorial de la pelouse en friche

A partir du 26 mai, je ne verrai plus le brocard que j’ai appelé le Quatre cors. Le nouveau mâle territorial est devenu celui à « la tête bizarde », si facile à identifier.

26 mai 2019 – L’herbe est à point pour y faire de bonnes siestes ou, tout simplement, s’y réfugier. C’est un havre de paix!

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20 juin 2019 – Une visite de la chevrette au verger?

Je n’ai pas revu la chevrette adulte depuis le 1er mai. L’an dernier, elle avait mis bas entre le 18 et le 22 juin.

20 juin 2019 – En fin de soirée, cette chevrette fait une apparition furtive au verger. 

Cette visite-là m’intrigue. La chevrette de cette photo semble porter une progéniture. Celle qui fréquente la pelouse en friche devrait avoir déjà mis bas ou être sur le point de le faire ; dans les deux cas, elle s’isole. Est-ce donc bien « la Nôtre » qui nous rend visite? Sans la présence de signe distinctif sur cette photo, je n’arrive pas à trancher.

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Que sont-ils devenus par la suite?

_ La jeune chevrette est restée encore plusieurs jours sur le territoire où elle est née. Sa dernière apparition date du 11 juin sur un de mes pièges photographiques, puis elle a quitté les lieux pour faire sa vie ailleurs. Elle n’a aucune particularité qui puisse m’aider à la reconnaître.

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_ Le Quatre cors n’est pas revenu sur la friche, même au moment du rut. Je ne l’ai pas revu dans les environs.

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_ La progéniture de la chevrette adulte vient pour la première fois au verger le 24 juillet (photos dans l’article suivant, « L’été chez les chevreuils »). « Elles » sont seules ! En effet, la chevrette adulte a donné naissance a deux faons, qui sont deux femelles et déjà grandes. Leur mère n’est pas loin ; en chaleurs, elle est occupée par le brocard a tête bizarde avec qui elle va s’accoupler.

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_ La chevrette adulte est revenue régulièrement au verger à partir du 30 juillet. Elle a minci, c’est évident. Avec le recul, je doute maintenant que ce soit elle qui nous a rendu visite le 20 juin, il y a 6 semaines ; ou alors son ventre rond n’était qu’une simple illusion et elle avait mis bas depuis quelques jours déjà!

30 juillet 2019 – L’appel des pommes pour la chevrette chargée de famille.

30 juillet 2019 – La chevrette, accompagnée de ses deux nouveaux faons.

La chevrette et ses deux faons vont passer tout l’hiver avec nous, puis ce sera à nouveau le cycle annuel du renouvellement de la vie chez les chevreuils : séparation de la famille, la mise bas et le rut.

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Le brocard à tête bizarde est resté sur la pelouse en friche jusqu’après le rut. Ses visites ont été régulières.

Le 29 juillet pendant le rut, je l’ai observé en train de se battre avec un jeune prétendant, qui ressemble fortement à celui qui avait un bois cassé après la saison du rut 2018 (11/09/2018) et … le même qui chassait la jeune chevrette le 4 mai 2019!

Jeune, petit mais … belliqueux, il n’a pas eu gain de cause contre le « tête bizarde »! Il a quand même insisté à plusieurs surprises avant de laisser la place à l’ancien!

C’est le jeune qui cherche des noises!

29 juillet 2019 – Le « tête » bizarde, avec un de ses deux bois long et bien effilé, va faire fuir le prétendant!

Généralement après le rut, les brocards sont bien plus discrets et cela a été aussi le cas pour le « tête bizarde ». Sa dernière apparition est le 20 août. Par la suite, l’ouverture générale de la chasse en septembre modifie les habitudes.

20 août 2019 – Ma toute dernière photo ; je ne le reverrai plus.

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Mon  » message »

Un Zygène de la filipendule (Zygaena filipendulae).

On n’est pas obligés de tondre toute sa pelouse! Laissons-en une partie en friche et on sera agréablement surpris de constater comment la faune s’accapare les lieux! Cela permet aussi d’observer une grande diversité de fleurs sauvages et constater le retour de bien d’insectes dont certains nous sont inhabituels.

Les pommiers attirent les chevreuils, qui ne dédaignent pas non plus les autres fruits tombés à terre comme les cerises, les prunes et plus tard les châtaignes.

En plantant des haies d’arbustes à baies sauvages, la Nature s’installe devant sa porte!

29 mai 2019 – Une visite nocturne des grosses bêtes.

Tout cela n’est pas idyllique et il faut accepter des compromis quand on habite « à la campagne » comme … avoir la pelouse régénérée de temps en temps par les grosses bêtes!

« Confidences au pied de l’arbre ».

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