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Un Raton laveur dans le Nord-Est du Béarn

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16 Août 2026 – Observation du Raton laveur (photo extraite d’une vidéo de piège photographique).

Cette présence, je ne pensais pas en être un jour le témoin. La première apparition nocturne, je l’ai classée dans « animal indéterminé ». L’animal a contourné un tas de bois adossé au tronc d’un pin parasol et il a continué son chemin, avec le comportement tranquille de celui qui prospecte. Ce pin abrite des Tourterelles turques (Streptopelia decaocto) en cours de nidification, l’a-t-il visité? Je ne pouvais pas le deviner sur le moment.

La seconde fois, toujours de nuit au milieu de ce mois d’août 2026, il n’y a plus de doute : l’animal indéterminé est un Raton laveur (Procyon Lotor). Une sacrée surprise! Il déambule tranquillement dans un petit cours d’eau, alimenté par des sources qui produisent encore malgré les canicules successives et la sécheresse qui dure!

Cet article est écrit pour laisser un témoignage, sensibiliser à la présence de l’espèce ainsi qu’aux menaces qu’elle est suspectée de représenter pour notre biodiversité.

A partir de l’observation d’un individu isolé, on est encore bien loin d’être confronté à l’implantation d’un nouveau foyer et il n’y a pas de quoi être alarmiste.


1. Quelques informations sur le Raton laveur

1.1 Témoignages recueillis dans les Pyrénées-Atlantiques

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16 août 2026, 22h21 – Sa queue annelée et son arrière-train surélevé sont les 2 caractéristiques qui ont de suite attiré mon attention.

Bien qu’elles ne soient pas de très bonne qualité, les trois photos et la vidéo (en fin de publication) de l’animal que j’ai observé ne laissent aucune doute quant à son identité. Bien que le département des Pyrénées-Atlantiques détient historiquement la toute première mention de l’espèce en Aquitaine, les témoignages demeurent rares. En 1967, un premier individu mort est décrit sur photographie aux environs de Lagor (1).

Par la suite, les signalements avérés demeurent exceptionnels dans notre département. J’en ai trouvé mention à deux dates très proches à Garindein (Pays basque) au début du printemps 2014 sur le site FAUNA (Observatoire de la faune sauvage de Nouvelle-Aquitaine), puis plus rien jusqu’à aujourd’hui. J’ai retrouvé deux autres témoignages sur le site Faune Nouvelle-Aquitaine, à Arbonne (Pays basque) en 2013 et à Pontacq (Béarn) en 2015 ; 2 décès par collision routière.

En février-mars 2025, une nouvelle donnée de présence du Raton laveur au cœur de notre département a été répertoriée par la Fédération Départementale des Chasseurs du 64 (2).

Ces informations mettent en lumière que mon observation personnelle reste exceptionnelle, du moins à ce jour. Son adaptation remarquable à nos écosystèmes peut en faire une espèce à surveiller avec une attention particulière. Son mode de vie est nocturne et il passe facilement inaperçu ; d’autre part, tous les témoignages n’ont pas de répercussion médiatique.

1.2 Présentation succincte du Raton laveur

Le Raton laveur est un mammifère à prédominance carnivore, à la silhouette ronde et trapue. Sa tête est courte et large avec des oreilles bien visibles. Un masque noir, cerclé de blanc, recouvre ses yeux et s’étire jusqu’au museau. Le pelage dorsal est gris brun et plus clair sur le ventre. Sa queue est assez longue (20-30 cm), touffue et annelée, comptant de 5 à 7 anneaux noirs séparés par des poils plus clairs.

Ses pattes sont courtes et comptent 5 longs doigts chacune, très flexibles. Il utilise ses pattes avant, très sensibles, pour explorer, manipuler et examiner son environnement. Cette grande dextérité lui permet de faire des manipulations compliquées. Agile, il n’a aucune difficulté à grimper aux arbres où il s’y déplace, très à l’aise.

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On arrive à distinguer ici son bandeau noir caractéristique.

L’adulte pèse 5 à 10 kg en moyenne, les mâles étant plus gros que les femelles. Supérieur à celui de la Genette d’Europe (1,5 – 2,5 kg) et du Renard roux (5-7 kg), ce poids avoisine celui de la Loutre d’Europe (6 – 11 kg) ; ce sont bien sûr uniquement des moyennes, qui varient aussi avec la période de l’année.

Sa taille varie entre 45 et 70 cm, sans la queue ; sa hauteur au garrot est de 30-35 cm. Cette queue est plus courte que celle de la Genette d’Europe (40 – 50 cm), qui comporte aussi plus d’anneaux (8 à 12, de couleur noire également). Son espèrance de vie dans la nature irait jusqu’à 5 ans environ.

Omnivore opportuniste et très adaptable dans son régime alimentaire, le Raton laveur peut se nourrir selon la saison de fruits divers, de graines (blé, maïs, etc.), d’insectes et de petits invertébrés, oiseaux, œufs, amphibiens, rongeurs, ou encore de déchets alimentaires dans les zones habitées ; l’éventail est très large et il ne meurt pas de faim. Il consomme préférentiellement les ressources les plus facilement accessibles, qu’il peut trouver jusque dans les poubelles.

Le plus souvent solitaire, on peut l’observer toute l’année dans nos régions. Crépusculaire à nocturne, il s’observe préférentiellement avant minuit. En journée, il se repose à l’abri sous des souches, dans le creux d’un arbre ou dans son terrier, celui d’un blaireau ou d’un renard squatté. Il n’a que très peur de l’homme et s’approche volontiers des habitations.

Quand il est présent en effectif important, il peut occasionner des dégâts sur les cultures (maïs notamment) et sur les animaux de basse-cour.

Il s’accouple en janvier-février et la femelle met bas après 63 jours de gestation (mai-août). Le nombre de petits par portée varie de 2 à 8, avec une moyenne située autours de 4. Le pelage des jeunes est similaire à celui des adultes dès 7 semaines. La maturité sexuelle est atteinte vers 12-15 mois.

Dans nos régions, il occupe préférentiellement des zones boisées près de l’eau, à basse altitude. Il est un bon nageur.

Il est susceptible d’être porteur et de transmettre plusieurs maladies (comme d’autres mammifères sauvages indigènes) : rage (infection virale transmissible par la salive via une morsure ou une griffure), leptospirose (une bactérie présente dans l’urine des animaux infectés et qui peut contaminer l’eau, le sol ou les aliments).

Il peut également être infecté par la baylisascariase, une infection causée par le nématode Baylisascaris procyonis communément appelé « ascaris du raton laveur », un ver rond présent dans son intestin. Les œufs se trouvent dans les déjections et peuvent contaminer l’environnement.

La fréquentation de ces déjections par des espèces de la faune indigène peut entraîner une infection par le nématode. Ces infections sont susceptibles d’avoir un impact à long terme sur les populations de mammifères et d’oiseaux indigènes et de favoriser la propagation de cette parasitose. Il ne semble pas que cela soit pour le moment un sujet préoccupant.

Je n’ai trouvé à ce jour aucune information scientifique récente qui puisse m’informer sur le degré de dangerosité effectif de ces maladies vis à vis de l’écosystème local.

1.3 Quelques photos du Racoon, le Raton laveur de Guadeloupe

J’ai directement photographié un Raton laveur en fin de journée en Guadeloupe. Appelé localement le Racoon avec un statut initial d’espèce endémique et emblématique intégralement protégée, il n’est pas en fait une espèce native des Antilles. Il a été introduit dans certaines îles des Caraïbes, à partir de populations nord-américaines. Il est aujourd’hui présent dans plusieurs régions de l’Archipel, sans faire partie de la faune originelle de Guadeloupe.

L’espèce a été déclassée par arrêté ministériel du 18 janvier 2018 de la liste des espèces protégées de Guadeloupe et a été inscrite en 2020 dans la liste des Espèces Exotiques Envahissantes par la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL).

Les photos personnelles qui suivent ont pour fonction d’avoir une vision diurne de la morphologie de cet animal.

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Le « visiteur masqué ».

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Sa fourrure épaisse et laineuse, ses longs doigts griffus non rétractiles.

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Sa belle fourrure brunâtre.

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Le Raton laveur, en train de grignoter avec ses pattes très préhensiles.

2. Son origine et le développement de sa présence en France

Originaire d’Amérique du nord, le Raton laveur a été introduit et colonise la majeure partie de l’Europe occidentale, notamment chez nous.

Introduit initialement dans l’Hexagone comme animal de compagnie vers 1920 par des militaires nord-américains stationnés dans l’Aisne à la sortie de seconde guerre mondiale, trois populations distinctes se sont établies, issues d’au moins trois introductions indépendantes avec une faible diversité génétique.

La région la plus ancienne et la plus importante est le Grand Nord-Est, avec la Picardie, Aisne, Marne, etc. Elle s’est constituée à partir de 1966, quand le départ précipité de l’armée américaine de la base de Couvron (Aisne) a conduit à l’abandon des ratons laveurs mascottes dans la nature.

Les deux autres régions sont l’Auvergne (à partir de 2007 essentiellement, avec le Puy-de-Dôme, Allier, Haute-Loire) et la Nouvelle-Aquitaine (en Gironde autour de Cadaujac, à partir de 2007). Les populations de ces deux dernières régions sont suspectées d’être issues à l’origine d’animaux échappés de centres zoologiques et/ou d’éleveurs particuliers.

Le foyer le plus proche de nos Pyrénées-Atlantiques, celui de la Gironde, se disperse naturellement vers ses départements limitrophes le long des cours d’eau et des forêts : Dordogne, Lot-et-Garonne, Landes où on le trouve en particulier le long de la Leyre. On le trouve en 2023 dans la région d’Aire-sur-l’Adour, depuis laquelle il peut remonter naturellement chez nous par les affluents de ce fleuve.

En l’absence de prédateurs (sauf pour les jeunes), la population ne cesse actuellement de croître. Cette grande capacité d’adaptation explique sa présence dans des environnements variés.


3. Statut du Raton laveur

Il est classé en Europe comme Espèce Exotique Envahissante (EEE).

Il figure parmi les espèces concernées par l’arrêté ministériel du 2 septembre 2016 relatif au contrôle par la chasse des populations de certaines espèces non indigènes et fixant, en application de l’article R.427-6 du code de l’environnement, la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces non indigènes d’animaux classés nuisibles sur l’ensemble du territoire métropolitain.

S’il venait à s’installer durablement dans le 64, il pourrait représenter une menace directe pour la biodiversité locale et entrerait en compétition avec des espèces locales menacées comme la Loutre d’Europe (Lutra lutra) ou le Vison d’Europe (Mustela lutreola).

Les titres alarmistes et racoleurs de certains journaux régionaux m’interpellent. Je reste personnellement prudent car l’incidence de la présence du Raton laveur autant du point de vue impact sur la biodiversité locale que sur les risques sanitaires, si elle est documentée, n’est pas à ma connaissance accessible au grand public ; je ne peux approfondir mes connaissances sur ces sujets.


4. Vidéo de l’observation du Raton laveur

C’est l’une des trois vidéos que j’ai pu recueillir, la plus proche de l’animal.

16 Août 2026 à 22h21 – Le Raton laveur remonte ce petit cours d’eau, presque à sec.

Alors, pourquoi nomme-t-on cet animal à l’apparence quand même sympathique, le Raton laveur? Plusieurs versions ont circulé par le passé et on a longtemps cru que l’animal lavait ses aliments par souci de propreté avant de les manger.

Celle qui semble être en vogue aujourd’hui est la suivante : son sens du toucher, déjà très développé, s’améliore encore en milieu humide en ramollissant la peau de ses doigts ; en mouillant ses proies ou sa nourriture entre les doigts de ses pattes avant et en les pétrissant, il peut mieux identifier ce qu’il s’apprête à manger.


5.Webographie

Le Raton laveur n’a pas été beaucoup étudié en France. Les informations présentées dans cette publication peuvent ne plus être à jour au moment de votre lecture. Vérifiez la date de publication :

_ (1) fauen-aquitaine.org articles – Le Raton-laveur en Gironde, une nouvelle espèce pour l’Aquitaine : https://cdnfiles2.biolovision.net/www.faune-aquitaine.org/userfiles/FAPublications/0022-FA2012.pdf

_ (2) Fédération Départementale des Chasseurs des Pyrénées-Atlantiques – Programme Envahis’Sent 2024 – 2026 – Rapport de synthèse Sessions 3 & 4 – 2025 du 17/12/2025 : https://chasseurs64.com/wp-content/uploads/2026/06/Mission-Vison-Annee-2025-comp.pdf

EURORACCOON – Une science collaborative pour une meilleure gestion d’une espèce exotique hautement envahissante en Europe : https://euromammals.org/euroraccoon/

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