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La désignation du cerf d’après l’observation de ses bois

Un Douze cors irrégulier, traversant un ruisseau avant de rentrer dans le bois. Il a l’andouiller d’œil, un surandouiller minuscule, la chevillure, une empaumure à trois épois côté gauche, une enfourchure de l’autre.

Nous avons le plus souvent dans les Pyrénées des Dix cors à fourches ou des Douze cors à empaumures. Les Quatorze cors sont déjà bien moins nombreux. Le record dans les Pyrénées se limite à quelques rares Dix-huit cors et en France, au Vingt-quatre cors. En septembre 2020, un Vingt-six cors aurait été prélevé dans le Var, mais son homologation n’est toujours pas disponible à la date de ma publication. Bizarre! Les records homologués ne concernent que des animaux ayant toujours vécu à l’état sauvage, en toute liberté.

Mais quel animal se cache donc derrière cette terminologie?

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I- La description de la ramure du mâle de Cerf élaphe

Mon seul Quatorze cors (irrégulier) du brame 2021, photographié dans une prairie du piémont pyrénéen laissée à l’abandon. Il a l’andouiller d’œil, le surandouiller, la chevillure, une empaumure à quatre épois et l’autre à seulement trois.

La ramure du Cerf élaphe mâle comporte des pointes, appelées des cors ou andouillers, qui le caractérise. Ces cors prennent divers noms selon leur positionnement sur le tronc du bois, appelé merrain ou perche. Nous avons d’abord les andouillers aux noms spécifiques : l’andouiller d’œil dit « de massacre », le surandouiller (parfois absent), l’andouiller médian appelé la chevillure et parfois un quatrième andouiller, la trochure.

Dans le cas d’un bois dont la partie au-dessus de la chevillure se termine en fourche, les deux pointes n’ont pas de nom spécifique. Ce sont simplement deux cors qui constituent ce que l’on appelle l’enfourchure et qui donnent alors un bois à fourche.

Dans le cas d’un bois à empaumure (au moins trois pointes au-dessus de la chevillure), la pointe s’appelle spécifiquement un époi. Si la trochure est présente, elle se compte dans l’empaumure : ainsi, un bois à fourche (qui a une enfourchure) avec présence de la trochure devient un bois à empaumure.

Le cumul des pointes caractérise donc l’animal, qui peut être « régulier » ou « irrégulier ». Quand les deux bois ont le même nombre de pointes, il est dit régulier.

Un magnifique Dix cors régulier à enfourchures.

Quand le nombre de pointes n’est pas identique sur les deux bois, on retient celui du bois le plus fourni et on le multiplie par deux. Par exemple, un cerf avec cinq pointes sur un bois et sept pointes sur l’autre bois, ne sera pas appelé un Douze cors : il s’agit d’un Quatorze cors irrégulier! On dit aussi qu’il est « mal semé ».

Mon plus gros cerf du brame 2020, d’un bel âge. Je ne l’ai hélas pas revu cette année 2021 ; victime de la chasse aux trophées? Il a des bois à fourches avec andouiller d’œil, surandouiller, chevillure et trochure côté droit, andouiller d’œil, surandouiller et chevillure côté gauche. En fait, la trochure se compte avec les deux pointes et il devient donc un douze cors irrégulier avec une empaumure à trois épois et une enfourchure.

Dans la brume du soir, il donnait de la voix. Un moment du brame 2020 que j’ai apprécié, …

Mon « inclassable » du brame 2020, que je n’ai pas revu, lui non plus, en 2021 ; du moins, pas dans cette configuration des bois. La place de brame était totalement vide, pas une biche! J’aurais bien aimé le revoir, pour savoir comment avait évolué son bois de droite qui ne passait pas inaperçu, probablement victime d’un traumatisme pendant sa croissance! Son bois de gauche, à empaumure à trois épois, comporte l’andouiller d’œil, le surandouiller et la chevillure. C’est un Douze cors. La photo est prise à 12 800 iso, à la limite des possibilités de mon matériel.

Cette année 2021, à proximité de cette place de brame 2020 qui était vide, un beau cerf était occupé avec plusieurs biches. Je l’ai observé à plusieurs reprises, de loin. Bien que cela soit tentant, je n’ai pas essayé de m’en rapprocher. C’était le seul grand cerf de tout le coin, un Douze cors à la belle ramure régulière. Je pense qu’il peut être mon « inclassable » du brame 2020, sans pouvoir l’affirmer car il n’a pas de signe distinctif évident.

Le beau Douze cors régulier à empaumures à trois épois, au milieu des genévriers, houx et autres arbustes, à proximité de la forêt. C’est peut-être mon inclassable de 2020, dont le bois de droite s’est régénéré normalement.  

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En ce qui concerne nos records de trophées pyrénéen et français validés, j’ai recherché des informations sur leurs ramures. L’histoire d’un animal a particulièrement retenu mon attention, que je résume ici :

Les forêts du Jura abritent un cerf de légende, « Vincent », qui aurait été encore aperçu sur un piège photographique en 2021. Son âge n’est pas connu avec précision mais la plupart des intervenants lui accorde un âge de 18 ans en 2021. Cet âge est très vénérable et il a déjà commencé à ravaler depuis quelque temps. Il n’avait plus que 20 cors pour certains début 2021 avant la perte de ses bois ; 8 et 6 cors en août sur sa nouvelle ramure, sur les photos d’un autre témoin. A 6 ans, il affichait déjà 20 cors (ce qui lui a valu son nom) puis 24 cors à son apogée, quatre ans plus tard. Ses mues (bois tombés à terre) sont très convoitées.

Il lui arrive parfois de disparaître de la circulation pendant quelque temps, ce qui fait craindre le pire pour sa survie. Son âge est exceptionnel pour un cerf à l’état sauvage. La plupart de ceux-ci dépassent rarement 12 ans. La pression de la chasse mais aussi les accidents et maladies y sont pour quelque chose. Il faut être très malin pour passer au travers des embûches mais le vieillissement naturel les rattrape un jour ; il varie d’un individu à l’autre, selon l’état de la dentition. Les dents s’usent, puis se déchaussent et tombent les unes après les autres ; l’animal, qui ne plus se nourrir convenablement, dépérit et meurt.

« Vincent » détient déjà le record de France des cerfs vivants avec ses 24 cors et il est en train de battre celui de la longévité. Vous retrouverez bon nombre d’informations sur ce « phénomène » sur le net.

Je n’ai pas réussi à savoir combien de 24 cors ont été à ce jour homologués en France ; est-il le seul? Vivant, sans doute mais pas sûr! Il est déjà trop tard pour Vincent mais pour les autres qui veulent vivre encore longtemps, il vaut mieux qu’ils vivent cachés et surtout dans l’anonymat, sans aucune publicité!

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II- Longueur minimale des andouillers

La longueur des andouillers doit avoir une valeur minimale pour qu’ils soient comptabilisés dans les cotations de trophées (cf : Association Française de Mensuration des Trophées ou A.F.M.T. – Guide technique). Elle est mesurée avec un mètre-ruban métallique (celui en textile plastifié est également admis), à 0,1 cm près, de la façon suivante :

_ pour l’andouiller d’œil, la mesure est prise sur la courbe inférieure, du bord supérieur de la meule jusqu’à la pointe de l’andouiller,

_ pour le surandouiller et la chevillure, elle est prise sur la courbe inférieure, depuis la bissectrice partageant l’angle formé par l’andouiller avec le merrain, jusqu’à la pointe de l’andouiller.

_ pour les autres andouillers (dont font partie aussi les épois), la longueur est mesurée depuis le milieu d’une ligne matérialisée sur la surface extérieure de la partie du bois d’où émerge la pointe.

_ lors de la mesure des longueurs des pointes des empaumures, le tronc commun d’une fourche ne peut être pris en compte qu’une fois.

La longueur du merrain est mesurée en suivant la courbe extérieure, du bord inférieur de la meule, jusqu’à l’extrémité de la pointe de l’empaumure qui confère la plus grande longueur.

L’AFMT est placée sous le patronage de l’Association Nationale des Chasseurs de Grand Gibier (ANCGG) et elle est affiliée au Conseil International de la Chasse et de la Conservation du Gibier (CIC). Les instructions du CIC stipulent que «pour être décompté, un andouiller doit mesurer au moins 2 centimètres». 

Les Plans de gestion cynégétique déterminent des modalités de prélèvement de Cerfs élaphes mâles en caractérisant des classes en fonction, entre autres, du nombre de cors. La façon de mesurer est identique et la longueur minimale retenue pour un andouiller est plus élevée ; elle est de cinq centimètres.

15 octobre 2021 – Ce cerf d’âge adulte est le maître de la place de brame, avec de nombreux jeunes prétendants. Sa ramure est atypique. Son bois de gauche a un andouiller d’œil bien développé, puis la chevillure et une enfourchure. Celui de droite a une très légère aspérité qui lui sert d’andouiller d’oeil et qui est trop peu marquée pour être comptabilisée, un petit surandouiller, la chevillure et une enfourchure. C’est donc un Huit cors à fourches, à la ramure particulière que je ne peux personnellement qualifier de régulier malgré 4 cors par bois.  

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III- Le cas des jeunes cerfs

La ramure des daguets et jeunes cerfs est moins montrée. Personnellement, j’aime bien les photographier, pour les étudier de plus près. Ce sont souvent des cerfs à pointes (partie sommitale des bois sans fourche), jusqu’à leurs quatre ans révolus.

29 septembre 2021 – Ce faon, âgé de 5 à 6 mois, va bientôt devenir un hère si des pivots commencent à pousser sur son os frontal, ou bien rester un faon jusqu’à son 1er anniversaire si c’est une femelle, une future bichette.

Tout d’abord, un faon mâle âgé de plus de six mois devient un hère jusqu’à un an. Durant cette période, des bosses apparaissent sur son front ; elles vont grandir de cinq à six centimètres et devenir à l’âge d’un an des pivots, recouverts de peau et de poils. Ces pivots s’élargiront avec l’âge mais ils ne s’allongeront plus.

Puis, on va suivre le développement de l’animal avec la première poussée de ses bois, suivie de leur renouvellement annuel au printemps de chaque année.

La chute des bois a lieu un peu plus tôt chez les sujets plus âgés, à la fin de l’hiver (février-début mars) et la repousse va durer plus longtemps que chez les jeunes ; ces derniers perdent leurs bois jusqu’à fin avril. Après une phase de cicatrisation, les bois mettent 3 à 5 mois environ pour repousser selon l’âge de l’individu. Fin juillet/courant août, leur croissance est terminée et le cerf se débarrasse de ses velours. Début septembre (et même plus tôt pour les individus les plus âgés), les bois sont prêts pour la période du rut qui approche (15 septembre – 15 octobre).

Mon tableau résumé de l’évolution des bois du cerf pendant ses premières années. 

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3-1) Un mâle de première tête a de simples dagues, qui poussent sous velours au début de sa deuxième année d’âge. Leur croissance puis le dépouillement du velours dure un peu plus de trois mois. Elles n’ont jamais de meule, ce renflement caractéristique qui relie le bois au pivot. On appelle le jeune un daguet, de un an à ses deux ans révolus.

25 septembre (2019) – Cette photo, prise à la nuit tombée à iso élevé, est intéressante pour son contenu. On y voit un faon, encore tacheté, en compagnie de deux daguets dont les bois sont en retard (ou atrophiés?), à peine visibles au-dessus des pivots. Cela peut être un signe de déficience.

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29 sept. 2021 – Un daguet, né en mai-juin 2020, qui a nettoyé ses premiers velours depuis un petit moment. Ses dagues sont petites, très pointues et blanches. Il n’a pas les signes physiques d’une future belle ramure.

29 septembre 2021 – Un daguet avec les pointes bien développées. C’est une première tête, confirmé par l’absence des meules.

Il m’a fait hésiter pour le classifier (photo fortement recadrée). L’extrémité de ses longues dagues est massive, émoussée et noirâtre ; leur base est perlée. Il aura en principe, plus tard, une belle ramure.

04 octobre 2021 – Un petit daguet, qui a nettoyé récemment ses velours. Ses dagues sont petites, en-dessous des oreilles, et pointues. Il n’a pas les signes d’une future belle ramure.

14 octobre 2021 (vitesse lente et iso élevés) – A la nuit tombée, un petit daguet aux dagues bien au-dessus des oreilles, d’épaisseur constante et aux pointes émoussées ; il démarre bien dans la vie. 

15 octobre 2021 – Un dernier daguet, avec des dagues dépassant ses oreilles, aux pointes émoussées et légèrement perlées à leur base. Il peut avoir lui aussi, plus tard, une belle ramure.

Le daguet va perdre ses bois en dernier, fin avril/mai, après décalcification de la base des dagues. Les bois suivants auront toujours une meule qui les reliera aux pivots. A chaque renouvellement annuel des bois, les pivots vont raccourcir avec l’âge et leur diamètre augmenter.

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3-2) Un mâle de deuxième tête est âgé de deux à trois ans. On dit aussi qu’il est sur sa troisième année. Il devient à l’apparition de ses seconds bois, un jeune cerf. C’est généralement un Six cors.

Les choses peuvent se compliquer pour le classifier mais c’est un exercice intéressant. En fait, il n’y a que pour le daguet que l’on ne peut pas se tromper. A partir de sa troisième année, même les plus expérimentés vont se tromper dans certains cas, car le développement du cerf va dépendre du milieu dans lequel il vit. Une bonne connaissance de celui-ci est primordiale avant d’avancer des hypothèses.

La nouvelle dague, plus longue et plus forte, devient le merrain sur lequel l’andouiller d’œil apparaît dans la plupart des cas, court et fin. Sa présence de celui-ci permet d’identifier à coup sûr au moins une deuxième tête. La chevillure apparaît chez les bons sujets.

Dans certains cas, l’individu n’est à nouveau coiffé que de deux simples dagues, plus développées que les précédentes. Un cerf de plus de deux ans qui a des dagues est considéré comme déficient.

Dans tous les cas et pendant que pousse le merrain, la meule se forme également à la base de celui-ci et elle réapparaîtra à chaque repousse. Elle relie le bois au pivot. Cette excroissance cylindrique, tout en s’élargissant à chaque repousse, va perdre de la hauteur et s’orner d’aspérités de plus en plus nombreuses (les pierrures).

La présence des meules, en particulier en présence de simples dagues, permet de confirmer un minimum d’âge de deux années révolues.

23 septembre 2021 – Un jeune cerf sur ses trois ans, en émoi. Les merrains sont en forme de lyre, courbés vers l’arrière. Avec deux petits andouillers d’œil, c’est un quatre cors.

Un Huit cors irrégulier au comportement de brame dans les rhododendrons, en compagnie d’une biche, son faon et sa bichette. On compte l’andouiller d’oeil, la chevillure, une pointe sur le bois de droite et une petite enfourchure sur celui de gauche. 

Je choisis des exemples pour montrer que l’exercice est difficile! Dans le cas ci-dessus, j’ai hésité entre une deuxième et une troisième tête pour le classer. En regardant son allure générale, svelte à la crinière réduite, il m’a semblé un très bon sujet de deuxième tête, bien que je trouve que ses bois sont déjà épais. L’andouiller d’oeil, à une petite distance de la meule pour le bois de droite (cas d’une 2ème tête) et proche de celle-ci pour le bois de gauche (cas d’une 3ème tête), est peu développé. C’est ce développement encore réduit qui m’a fait pencher pour une 2ème tête.

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3-3) Un mâle de troisième tête est âgé de trois à quatre ans, sur sa quatrième année. Il est généralement un Huit cors à pointes ou à enfourchures sans surandouiller.

Le surandouiller apparaît mais sa présence n’est pas systématique ; certains sujets bien plus âgés ne l’ont pas. Il n’est pas un critère pour l’âge. Sa présence permet d’identifier au moins une troisième tête. L’andouiller d’œil est développé. La chevillure est en principe présente, ainsi qu’une enfourchure plus ou moins développée chez les bons sujets.

15 octobre 2021 – Un cerf à pointes sur ses quatre ans, un Six cors. La chevillure est présente, ses andouillers d’œil sont bien développés. On remarque l’absence des surandouillers. 

Dans le cas ci-dessus, je me suis fié également à la corpulence. Mais ce jeune cerf pourrait être également un bon sujet sur sa troisième année! En l’absence des surandouillers, l’identification sûre demande une expérience que je n’ai pas.

13 octobre – Un cerf à pointes sur ses quatre ans, un Huit cors. Ses andouillers et ses surandouillers sont bien développés. Les chevillures, peu développées, sont présentes. Il n’y a pas de courbure caractéristique pour une future enfourchure.

15 octobre 2021 – Un Huit cors à pointes bien régulier, sur ses quatre ans (andouiller, surandouiller, chevillure et la pointe).

15 octobre 2021 – Un cerf, que je pensais être initialement un Six cors à pointes. En fait, son bois gauche à une toute petite enfourchure. C’est un Huit cors irrégulier. Bien que les surandouillers soient absents et au vu de l’importance des andouillers d’œil, il est au moins sur ses quatre ans et même probablement plus, en détaillant sa corpulence. Il participe activement au brame.

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3-4) Un mâle de quatrième tête est âgé de quatre à cinq ans, sur sa cinquième année. Il est généralement un Dix cors, un cerf à enfourchures. 

Le Dix cors est probablement le cerf le plus courant de nos Pyrénées ; on va le trouver dans toutes les classes d’âge, à partir de sa quatrième année : à enfourchure avec surandouiller, ou à empaumure sans surandouiller.

Dans le milieu de la vénerie, on emploie parfois l’expression « Dix cors jeunement », qui me semble plutôt ancienne et spécifique à ce milieu. Pour le Grand Larousse Universel (édition papier complète), un Dix-Cors est un cerf âgé de sept ans ; un cerf jeunement dix-cors est un cerf âgé de six ans. On retrouve cette définition dans plusieurs ouvrages de vénerie, desquels elle a été probablement reprise. Pour moi, je préfère ne pas retenir cette expression, car sa définition ne me convainc pas. Elle fait référence à un âge qui n’est pas dans la réalité figé pour porter dix cors pour la 1ère fois et certains cerfs ne les porteront jamais. Il y a des huit cors perpétuels!

A partir de la quatrième tête, un cerf à pointes est considéré comme déficient.

Photographié dans l’après-midi à la fin du brame 2021, il se requinque en broutant en plein soleil. Un petit Huit cors régulier, sans surandouillers. Sa classe d’âge est difficile à apprécier!

Dans le cas ci-dessus, je me suis fié à la longueur de ses andouillers principaux, aux détails de ses bois bien rainurés (gouttières) et qui s’épaississent, ainsi qu’à son allure générale. Cela reste très suggestif. En effet, ce petit cerf pourrait être également être un bon sujet à enfourchures sur sa quatrième année, sans surandouillers! Un exemple parmi d’autres de la complexité à donner un âge!

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3-5) A partir de l’apparition d’une enfourchure, il m’est impossible d’apprécier la différence entre les cerfs en voulant faire intervenir la notion d’âge. 

Le nombre de cors se stabilise assez rapidement, généralement vers l’âge de cinq à six ans; ce nombre n’a rien à voir avec l’âge de l’individu.

Les conditions alimentaires offertes par le milieu conditionnent fortement la poussée des bois qui vont continuer à grandir et à s’épaissir d’année en année en tenant compte également du capital génétique, sans acquérir obligatoirement de nouveaux cors.

Chez les sujets à empaumures, le nombre d’épois peut continuer à augmenter jusqu’à l’apogée de la ramure, qui va ensuite ravaler avec l’âge. Le nombre d’épois peut ponctuellement varier d’une année à l’autre.

La corpulence et l’allure générale de l’animal, l’importance et la couleur de sa crinière (ou fanon), vont également évoluer et deviennent des éléments intéressants dont il faut tenir compte pour l’incorporer dans une classe d’âge, avec prudence quand même. D’après la littérature, le moyen le plus fiable pour déterminer l’âge d’un cervidé est l’analyse de la dentition … sur un animal déjà mort.

Des cerfs à fourches auront dans leur descendance des cerfs à empaumures et vice versa. La génétique, d’après les études faites sur ce sujet, n’intervient pas. En dehors de cas particuliers chez des animaux plus jeunes dont les conditions de vie sont excellentes, l’empaumure à trois épois commence généralement à apparaître à la cinquième repousse, chez les cerfs adultes sur leur sixième année.

Un cerf est considéré d’âge mûr sur sa huitième année et dépasse rarement 12 ans à l’état sauvage.

La ramure représente la carte d’identité du cerf mais il vaut mieux aussi se fier à d’autres signes bien évidents pour l’identifier, comme la déchirure particulière d’une oreille pendant un combat passé.

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IV- Un témoignage de fin de brame 2021

Le jour où j’ai pris cette dernière photo du petit Huit cors régulier en Haute-Garonne, j’ai échangé avec un monsieur à propos de Cerf élaphe. Il m’a raconté un événement qui avait eu lieu dans les environs, peu de jours auparavant :

« Depuis plusieurs années, les habitués du coin avaient l’habitude de venir observer un grand cerf très sombre, presque noir et aux bois d’une taille exceptionnelle, qui revenait tous les ans à la période du brame. C’était le plus beau, il avait toutes les biches pour lui. C’était pas très loin d’ici, à … Cette année, des chasseurs venus d’ailleurs l’ont abattu en un rien de temps, avant de repartir tout aussi vite. Un simple aller/retour! Ils sont venus l’abattre sans aucune difficulté et ils ont traîné sa dépouille sur la piste derrière leur 4×4, devant des témoins qui n’en revenaient pas! Ils venaient de … (très loin), ils ont payé cher pour son trophée » . Une triste fin, sans gloire, corroboré par un second témoignage, un peu plus tard!

La chasse aux trophées a explosé ces dernières années. Un cerf peut arriver à l’âge mûr mais il devient rarement vieux avec la manie égoïste de certains de vouloir « prélever » pour soi dans la Nature tout ce qui peut être beau! De futurs nids à poussières accrochés aux murs, que plus personne ne regardera d’ici quelque temps!

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V- Bibliographie

_ Association Française de mensuration des trophées – Guide technique : https://docplayer.fr/67422469-Association-francaise-de-mensuration-des-trophees-guide-technique.html

_ Chevreuil Cerf, Sanglier (Les éditions de l’Orée), du Docteur Ed. VARIN (édition 1980).

_ Bambi, ou l’histoire d’un cerf  (texte et photos de Jérôme Garnier) : http://www.fdc61.fr/la-chasse/grand-gibier/bambi/default.asp

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