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Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

(Nom scientifique : Leiothrix lutea)

Informations générales

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon est un magnifique oiseau au chant mélodieux (mâle) originaire d’Asie du Sud-Est et non du Japon comme son nom commun le laisse imaginer. Introduit en France pour alimenter les volières d’ornement, on le trouve depuis quelques années à l’état sauvage. La colonie la plus importante se trouve dans le Sud-Ouest. A l’origine, une dizaine d’individus se seraient échappés au début des années 1990 d’une volière couchée par une rafale de vent chez un particulier dans la région de Laroin (Pyrénées-Atlantiques). Ces oiseaux se sont parfaitement adaptés à leur nouvel environnement et se sont reproduits. Leur résistance naturelle aux conditions difficiles (celles des contreforts de l’Himalaya) ont également facilité leur implantation chez nous.

Cette origine, donnée au conditionnel dans une étude sérieuse, n’a pu bien sûr être validée en l’absence d’un suivi de ces oiseaux-là après cet incident. Ce qui est sûr est qu’ils ne peuvent provenir que d’un retour à l’état sauvage, qu’il soit accidentel ou voulu!

Depuis, ils ont continué leur expansion à partir de ce foyer. Ils ont colonisé une bonne partie du Béarn et ont étendu leur aire de répartition jusqu’à la côte basco-landaise d’une part, et en plein massif landais d’autre part. On a signalé également la présence d’un foyer au bord du bassin d’Arcachon dans les données 2019 de l’INPN.

Les effectifs béarnais sont les plus importants de l’Hexagone (en gros, plusieurs milliers). Ailleurs en Métropole, on signale la présence de petits noyaux reproducteurs en île-de-France, dans le Val-d’Oise (forêt de Montmorency et Vexin français) et dans les Yvelines (autour de Meulan) ainsi que dans les Alpes-Maritimes, dans la région de Nice. Je n’ai pas trouvé d’information récente sur les effectifs.

Contrairement au comportement d’autres espèces invasives, cette espèce ne semble pas perturber leur écosystème d’adoption.

Sa période de nidification s’étale de mai à juillet. Dans la nature, le nid est construit en forme de coupe profonde faite à l’aide de mousse, de paille, d’écorces, de brindilles et de radicelles, le fond est garni de crin. Il est habituellement placé sur la fourche d’une branche à peu de hauteur du sol. Ils vivent en couples au moment de la nidification; en dehors de cette période, on les trouve en petits groupes.

Mes observations

Dans notre Vic-Bilh, j’ai aperçu pour la première fois ce bel oiseau en juin 2014 à Lalongue, dans une haie très touffue entourant une prairie en bordure d’un ruisseau. L’espèce pouvait y être présente déjà depuis quelque temps mais cet oiseau est très discret et difficile à localiser au milieu de la végétation. Peu farouche, on peut l’approcher assez facilement mais le photographier reste un challenge : il est très vif et remuant.

Quand j’ai vu mon tout premier Léiothrix, il m’a interpellé :  je me suis dit tout de suite que cet oiseau était « exotique » et certainement échappé d’une cage. Puis j’en ai vu d’autres. J’ai fait alors des recherches sur internet et j’ai découvert son histoire. J’ai trouvé un peu plus tard un autre foyer dans la région de Gerderest, toujours au bord d’un ruisseau puis à Simacourbe ; les petites colonies locales se sont multipliées par la suite, généralement composées de 5 à 10 individus. Il est devenu courant chez nous et depuis l’été 2018, un groupe s’est fixé près de chez moi, intéressé à l’automne par les prunelles sauvages des haies et en cette saison par les cerises.

Les journées à la météo maussade, s’il reste encore un oiseau qui veut bien chanter, c’est lui!

Un léiothrix jaune dans un roncier, au mois de mars dernier. La couleur du bec peut être entièrement noire, et rouge quelques mois plus tard. Ce n’est pas un élément de dimorphisme.

Je le rencontre régulièrement dans des grands ronciers et fourrés, dans les végétations très denses en bordure de chemin, de prairies ou le long de petits ruisseaux dans des zones boisées.

On le décèle la plupart du temps par l’émission au sein de la végétation de petits gloussements discrets à notre approche. Puis le groupe commence à s’agiter et s’envole, la plupart du temps de branches très basses vers les hauteurs environnantes. Ils s’éloignent alors camouflés par la végétation dense en poussant en même temps des cris d’alarme, un genre de crépitement prolongé. Enfin, le silence revient et on ne sait pas ce qu’ils sont devenus, à moins de se rapprocher de nouveau.

Léiothrix en train de consommer des baies sauvages.

Léiothrix dans un roncier, au début de la saison des mûres.

Il vit habituellement dans les fourrés. Il est peu courant de le surprendre en train de se nourrir à terre.

Il est principalement insectivore, mais il se nourrit également de divers fruits et de baies sauvages.

Pas toujours évident de le distinguer dans la végétation, même à découvert.

Si on veut mieux le connaître, on trouve pas mal d’informations sur internet. Cet oiseau nouveau dans notre écosystème fait l’objet d’études et j’ai mis en fin d’article quelques liens vers des publications que j’ai trouvées intéressantes.

Comment différencier mâle et femelle

Les juvéniles ont leur livrée adulte à partir de la 12ème semaine de vie. Le dimorphisme sexuel chez le Léiothrix n’est pas évident. On peut cependant différencier mâle et femelle grâce à quelques critères.

Mâle adulte

Léiothrix chanteur, c’est un mâle.

seul le mâle chante, surtout d’avril à juin, ce qui correspond à la période nuptiale. Son chant l’aide à conquérir la femelle. Les sonorités sont mélodieuses, perçantes et puissantes. C’est peut-être pour cela qu’on l’appelle communément « le Rossignol du Japon », alors qu’il ne fait pas partie de cette famille et qu’au Japon, il n’y est qu’implanté!

Le bas de la gorge orangé. Un mâle. 

-des deux partenaires, le mâle est censé avoir le plumage le plus coloré. On le voit mieux en observant le bas de la gorge, orangé chez le mâle.

Un mâle, reconnaissable à la bande noire plus longue à l’intérieur des rectrices.

-le dessous de l’extrémité de la queue du mâle a un noir plus étendu, de l’ordre de 1,5 cm et sur toute la largeur. Quand l’oiseau ne chante pas, ce critère est le plus fiable pour différencier les deux sexes.

Femelle adulte

Une Femelle, reconnaissable à la bande noire de seulement 0,5 cm en dessous de l’extrémité de la queue. Sur ce cliché, je pense à une juvénile.

 La femelle a la gorge plus jaune qu’orange.

la femelle ne chante pas; elle pousse seulement de petits cris successifs, une sorte de tui-tui-tui-tui en réponse au mâle ou comme cris d’appel.

-ses couleurs sont un peu plus ternes que celles de son partenaire, mais je pense qu’ils faut qu’ils soient tous les deux côte à côte pour s’en rendre compte; c’est plutôt un critère en volière. C’est plus parlant au niveau de la gorge qui est plus jaune qu’orange chez la femelle.

-le dessous de l’extrémité de la queue de la femelle a un noir moins étendu, de l’ordre de 0,5 cm et sur toute la largeur.

Cette réussite de l’acclimatation de cet oiseau bien sympathique dans notre écosystème sans apparemment le perturber (du moins pour l’instant) ne doit pas faire oublier qu’il ne faut pas pour autant « ouvrir la cage aux oiseaux ». Laissons-les tranquilles dans leur biotope naturel. Ils y sont d’ailleurs tellement plus beaux!

Sources intéressantes consultées :

https://www.lpo.fr/images/actualites/2013/Ornithos_14_6_370_375.pdf

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-aquitaine.org/userfiles/FAPublications/0025FA2012Allochtone.pdf

https://www.faune-aquitaine.org/index.php?m_id=30359

http://especes-exotiques-envahissantes.fr/connaissez-vous-le-leiothrix-jaune (Leiothrix lutea)?

Comments ( 23 )

          • Sériès says:

            Je viens de montrer à Claude ton dossier sur le rossignol du Japon
            comme moi, il a trouvé les photos magnifiques et un travail de documentation admirable !
            à bientôt
            Claude et Jacques

          • annie haltrecht says:

            Bonjour,
            J’habite dans les Hautes Pyrénées, à 800m d’altitude.
            Depuis 15 jours environ une petite dizaine de rossignols du Japon vient se nourrir dans la mangeoire avec les autres oiseaux de la nature.
            C’est la première année que je découvre ces oiseaux magnifiques.
            Cordialement.

          • lavis says:

            Bonjour,
            j’ai retrouvé un rossignol mâle mort au pied de mon saule.
            je me situe au Pays basque à la frontière béarnaise; Roquiague;
            ils sont arrivés jusqu’ici!
            merci

          • OSDOIT says:

            Bonjour,
            de retour d’une ballade en foret de Montmorency , j’essayais de mettre un nom sur ce magnifique oiseau que j’ai vu pour la deuxieme fois : quelle magnifique découverte!
            Merci pour votre article .
            vu pour la 1ere fois dans le 95 pres de Saint Prix ( tour du Plumet) et aujourd’ hui à quelques KM près de l’Etang Neuf , ( Saint Leu la Foret ) dans le même massif , dans les zones de plantations .
            Bien cordialement .
            15 aout 2020
            mme OSDOIT

          • Jacques says:

            Merci à vous pour votre témoignage bien renseigné. Je vous souhaite de continuer à faire de belles observations. Bien cordialement – Jacques Jean.

          • Vaxelaire says:

            16 OCT 2020 9H15 BILLERE Bonjour 3 oiseaux se sont assommés contre les vitres du séjour après un temps de récupération ceux cI se sont réfugiés dans un malus pour leur baies

          • Vaxelaire says:

            Ps 3 magnifiques leothrix

          • CO.ROBERT says:

            Cela faisait au moins 2 semaines que j’entendais de nouveaux bruissements d’oiseaux dans l’énorme thuya bordant le jardin. Je rêvais de voir apparaître des perruches ou autres oiseaux exotiques. Impossible de visualiser même avec les jumelles. Puis un jour, j’ai aperçu ce petit oiseau vert et jaune, très élégant avec son petit œil noir qui me regardais au moment ou j’entrais dans mon jardin. Trop Beau ! même pas le temps de réaliser pour prendre une photo. Le lendemain, je passe la chanson « Rossignol de mes amours » qui montre des diapositives, et toc je trouve mon oiseau en photo. Alors je cherche sur internet, et tac je tombe sur votre article qui explique exactement l’Histoire du Rossignol du Japon dans le Béarn ! Merci, j’habite à Pau centre urbain… Corine

          • CENDRINE says:

            Je suis venue me documenter car j’en ai vu deux magnifiques près d’un arrêt de bus derrière le tribunal à Pau. Malheureusement ils étaient sans vie. Et par hasard sur Facebook j’ai vu une publication où plusieurs personnes se plaignaient de les trouver morts sur la chaussée et d’autres relataient que les rossignols fonçaient dans les fenêtres et mourraient assommés. J’ai trouvé ça très préoccupant. Les publications se trouvent sur le groupe « Tu sais que tu viens de Pau quand….  »

            Ceci dit merci pour vos magnifiques photos et petit reportage bien éducatif.

          • Romann. says:

            Bonjour,
            Un Rossignol du Japon a atterri dans nos vitres.
            Il est revenu a lui dans les mains de mon époux. Il est resté un bon moment à attendre. Ici dans le Gers c est la 1ere fois que j’ en vois.
            Cordialement

          • Rodolphe says:

            J’habite caupenne d’armagnac gers et j’ai plusieurs individus dans mon jardin depuis au moins 2 ans.

          • Forthoffer says:

            27/10/2020
            Vu superbe rossignol du Japon dans le jardin
            ce matin à Mont de Marsan (. Identification certaine , et je viens de lire l historique de sa présence ds le sud ouest sur le site ..)

          • Bernard Rico says:

            Retrouvé Rossignol du « japon » mort sur rebord de fenêtre 1 étage Anla 65370 vallée de Barousse haute Pyrénées le 03/11/2020

          • Patrice Chevalier says:

            Je viens d’en récupérer un qui s’est assommé sur une porte-fenêtre (malgré les autocollants), il a récupéré, je l’ai photographié puis mis dans un nichoir de mon jardin, à mon retour de courses il était parti (chouette !). Quelle magnifique petite beauté ! (je n’en avais jamais vu et ne connaissais même pas son existence ici dans les Landes (Bélis).

          • Bombail marc says:

            C’est la première fois que j’en voyais un par chez nous.j’habite dans l’Ariège à 500m d’altitude. Il était magnifique, il s’est tué en tapant sur la baie vitrée.

          • patricia basti-garnier says:

            merci pour ces informations. je viens d’en apercevoir plusieurs ( si je ne fais pas d’erreur) . Ils sont dans les Hautes Pyrénées à environ 500 m d’altitude (village de Boo-Silhen, entre Lourdes et Argelès-Gazost). Ils étaient plusieurs dans une haie puis dans un arbre.

          • Baudon xavier says:

            Bonjour. Je vis à Ciboure / Socoa, en bordure d’un petit bois a peine a 10m de mes fenêtres. Aujourdhui 29 Novembre 2020, vers 10H j’ai entendu des oiseaux se chamailler avec des cris que je reconnaissais pas. J’ai aperçu 6 oiseaux et le temps que je prenne mes jumelles tous étaient partis sauf deux sur une petite branche, un couple que j’ai pu admirer 5mn. Que du bonheur !!

          • Annie says:

            Bonjour,
            Je vis à Gondrin dans le Gers et hier pour la première fois j’ai remarqué un de ces oiseaux à la mangeoire que j’installe tous les hivers. Un individu, puis deux, puis trois… au total je pense qu’ils étaient 7 ou 8. C’est en cherchant des informations que je suis arrivée sur votre site, merci pour ces informations.
            J’espère les revoir aujourd’hui.

          • SYLVIE V. says:

            Bonjour, nous habitons Nérac-en-Albret (47). La semaine dernière, nous avons tout d’abord entendu un chant que nous ne connaissions pas. L’un d’eux s’est malheureusement tué sur une baie vitrée, ce qui nous a permis de l’observer et trouver sur internet qu’il s’agissait du léiothrix lutea. Nous avons été rassurés quand, lors de travaux au jardin, nous avons à nouveau entendu chanter un rossignol, voire plusieurs d’après mon mari. L’an dernier nous avions installé un nichoir pour mésanges, et il y a eu une nichée. Cette année, un 2ème nichoir…Est-ce que nous pourrions proposer un nichoir à ces rossignols ? et de quel type ? Espérons qu’ils s’installent dans notre région.

          • Jacques says:

            Bonjour, je n’ai pas l’expérience nécessaire pour vous répondre concrètement. Ces oiseaux ont avant tout besoin de tranquillité et d’un bon couvert végétal et devraient se débrouiller par eux-mêmes s’ils ont adopté votre jardin. L’endroit semble déjà leur convenir. Pour leur proposer un nichoir, le mieux est de contacter un éleveur professionnel ; certains tiennent des blogs sur internet. Cordialement,

          • Sarah Deschamps says:

            Un couple de Léiothrix dans le jardin ce midi, le 29.12.20. En compagnie de pinsons, moineaux et mésanges. En train de manger des graines, tombées de la mangeoire, par terre. Dans le 47 entre Casteljaloux et Nérac.

          • DEYTS Jean claude says:

            Jeudi 14 janvier 2020
            Depuis bientôt un mois une petite colonie de rossignols du Japon viens manger dans la mangeoire de mon jardin se baigner également
            Je suis sur mont de marsan landes
            Ils sont magnifiques

          • cheverry says:

            Bonjour, j’ai eu la grande joie de voir et d’entendre des rossignols du japon , dans mon jardin au Pays Basque a Bardos. Certain parlent d’envahisseurs , mais tout ceux qui viennent d’Asie , ne sont pas frelons (je suis apicultrice ). ; ces petites merveilles vont nous apporter un peut de lumière et je sais que eux pour le moins ne mangerons pas mes abeilles . JE SOUHAITE A TOUS LES AMIS DE LA NATURE UNE BELLE ANNEE 2021 ET BEAUCOUP DE ROSSIGNOLS A ENTENDRE

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