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Lac d’Aule, randonnée en vallée d’Ossau

Le lac d’Aule (2 042 m) et l’Ossau (2 884 m)

Le lac d’Aule,
randonnée en vallée d’Ossau (21 août 2020)

Le lac d’Aule et ses chevaux. 

Le lac d’Aule est le lac de la vallée d’Ossau que je préfère. Il y en a bien sûr d’autres plus « photogéniques » mais j’ai des liens affectifs avec celui-là. J’y suis allé pour la première fois il y a déjà pas mal d’années avec un ami qui m’a fait découvrir et aimer les Pyrénées. L’aérien, le dénivelé, la durée, rien n’a effrayé Claude. Chaque sortie était assurée sans mauvaise surprise. Et, … il savait se mettre à ma portée, avec modestie. Il avait beaucoup d’anecdotes à raconter sur « sa » montagne et je l’écoutais avec passion. J’ai pensé à lui lors de cette sortie.

J’ai aussi pensé à ma dernière visite, c’était pour une sortie de pêche à la mouche avec mon fils et nous y avions bivouaqué. A peine arrivé sur le site, le brouillard est tombé sur le lac, l’enveloppant dans une ambiance très particulière. On était seuls en ce début d’automne, en compagnie des chevaux encore en estive. Réveillés par ceux-ci au milieu de la nuit, on a été interpellés par une luminosité inhabituelle au travers de la toile de tente. C’était pourtant une nuit sans Lune! On met le nez dehors, pour être saisis par le spectacle d’un magnifique ciel étoilé. La Voie Lactée était extraordinaire. On a passé un moment inoubliable à photographier le ciel depuis les promontoires environnants. Après s’être réchauffés avec un bol de soupe bien chaude, on s’est rendormis jusqu’à l’aube, pour pêcher sous les premiers rayons du soleil.

Depuis, je n’y étais pas retourné : pendant l’hiver 2015 / printemps 2016, le sentier entre la cabane d’Aule et le lac avait été fortement dégradé sur plusieurs passages en dévers. Il devenait risqué de l’emprunter sans un bon pied montagnard. La situation s’est améliorée par la suite avec le passage des troupeaux qui a remodelé les endroits à risques. A la date de mon passage, le 21 août 2020, il était praticable par temps sec sur les passages en devers, avec une bonne paire de chaussures tout en restant vigilant!

La situation est à l’appréciation de chacun car la glissade est interdite sur deux passages terreux et instables sur plusieurs mètres. Elle dépend de la météo du moment et elle peut aussi changer considérablement d’une année sur l’autre.

I – Le résumé de la sortie en photos

Départ : aire de stationnement de Bious Oumettes sur l’emplacement d’un ancien camping abandonné en 2006, l’accueil démoli et le refuge Pyrénéa-sports détruit. C’était le seul camping existant dans un parc national ; dérangeait-il tant que çà ? Cela peut prêter à sourire aujourd’hui quand on voit ce site qui était exceptionnel envahi d’une façon anarchique par … les camping cars et autres vans!

Durant la saison estivale, des placiers de la commune de Laruns sont présents pour canaliser le flux de véhicules vers le parking inférieur de Bious Oumettes et réguler la montée au parking supérieur de Bious Artigues (110 places). Ils peuvent fournir des informations, en particulier sur la législation appliquée aux nuitées sur le site (pas toujours respectée).

Altitude de départ : 1 302 m – Altitude lac d’Aule : 2 042 m. Dénivelé : 800 m (740m positifs). Montée : 2h30. Descente : 2h00. Les durées sont à apprécier selon chacun. La montée est soutenue bien qu’elle ne soit pas difficile, hormis les passages en devers dégradés déjà cités (terrain très friable). Le vallon d’Aule est peu fréquenté et n’est pas indiqué sur place, pour des raisons bien compréhensibles.

Le sentier amène tout d’abord à la cabane d’Aule (1 711 m – 1h10), occupée durant la saison des estives par deux bergers avec leurs importants troupeaux de brebis, trois patous et deux Border collies.

La suite en photos!

Après avoir laissé le véhicule au parking inférieur (Bious Oumettes) situé tout à gauche de la photo, on descend pour traverser la route (qui monte au lac de  Bious Artigues), puis le gave de Bious sur une passerelle. On continue sur le sentier bien marqué qui monte vers le bois. On laisse à main gauche la cabane de Bious-Oumette.

Après avoir pris un peu de hauteur, les tintements en cadence de plusieurs dizaines de cloches attirent mon attention. Un troupeau de vaches (au centre) vient de descendre du plateau de Bious et se disperse provisoirement en contrebas. Les bétaillères attendent plus bas, à la sortie de Laruns. 

L’entrée dans le sous-bois, en remontant la rive gauche de l’Arrec d’Aule (à main gauche). En gascon, un « arrec » est un ruisseau ou un ravin. 

La sortie du bois, après une trentaine de minutes. 

En se retournant à la sortie du bois, l’Ossau! 

On continue sur un sentier unique, en remontant l’Arrec d’Aule. Le panneau sur le rocher est clair :

AMIS TOURISTES

Attention aux patous qui gardent les troupeaux

Ils mordent

Gardez vos distances.

Côté droit du sentier, au-dessus du panneau, une inscription est gravée sur le rocher « AD 1876 ».

Arrivée à cette bifurcation, on a le choix (mieux visible sur les clichés du retour) :

Choix 1 – Continuer tout droit (rive gauche du ruisseau), ruisseau à main gauche. Le chemin bien marqué monte pour redescendre plus loin en ayant contourné la cabane d’Aule dans la direction du lac. Ce choix s’impose quand on ne peut pas traverser l’Arrec d’Aule en période de crue (passerelle improvisée régulièrement emportée).

Choix 2 – Descendre en contrebas et traverser à gué l’Arrec d’Aule. Le chemin prend ensuite de la hauteur (rive droite du ruisseau), ruisseau à main droite, en direction de la cabane d’Aule. C’est le chemin « officiel » et mon choix pour l’Aller.

L’une des cascades de l’Arrec d’Aule.

Au deuxième plan, la butte cache la cabane d’Aule (1 711 m-1h10), avec ses patous. 

Choix 1 – En suivant le chemin à gauche de la butte, peu marqué, on monte directement à la cabane et l’accès est bloqué par le parc temporaire d’un des deux troupeaux de brebis. Je l’évite en période d’occupation des bergers, par respect de leurs activités. C’est aussi un point de ravitaillement en eau au retour.

Choix 2– En suivant naturellement le chemin à droite de la butte, mieux marqué, on contourne la cabane par en dessous. On débouche sur un petit replat à la jonction de deux ruisseaux, avec le deuxième parc temporaire à brebis dont on peut enjamber facilement les clôtures. C’est le chemin officiel pour le lac : si le berger est présent, il vous encouragera à traverser le parc, ce qu’il a fait pour moi.  Habituellement, je le contournais par le haut à cette période (après avoir continué tout droit au gué de l’Arrec d’Aule).

Le premier berger et son troupeau de brebis (avec un patou), en train d’échanger avec une randonneuse qui a continué tout droit au gué de l’Arrec d’Aule.

Après avoir enjambé les clôtures du parc, on prend à gauche cette petite gorge et on remonte le sentier (rive gauche du ruisseau), ruisseau et cabane d’Aule à main gauche.

En se retournant, après avoir contourné la cabane par la petite gorge du ruisseau.

En se retournant, après avoir contourné la cabane (on aperçoit le sentier, sortant de la petite gorge du ruisseau).

En se retournant, après avoir contourné la cabane.

Sur le versant en face, le deuxième troupeau de brebis, gardé et avec la présence de deux patous et deux Border collies. On remonte la pente sur la droite.

Le vallon d’Aule, sa cabane et l’Ossau. A gauche, le premier troupeau est réuni, prêt à quitter le parc ; à droite, le deuxième troupeau est dispersé sur le versant. J’adore ces moments!

Au centre de la photo, un petit groupe à l’entrée de la partie en devers délicate. En arrière-plan, le pic Gaziès ( 2 457 m). 

Début du premier passage en devers endommagé.

Premier passage en devers endommagé (suite).

Premier passage en devers endommagé (suite).

Premier passage en devers endommagé (fin).

Reprise du sentier normal.

Début du deuxième passage en devers endommagé.

Deuxième passage en devers endommagé (suite).

Deuxième passage en devers endommagé (suite). Le ravin est profond!

Deuxième passage en devers endommagé (fin).

Le lac d’Aule est situé sur la gauche. On va quitter alors le sentier principal menant au col de Turon Garié, pour remonter un petit vallon juste avant le mamelon (au centre). Il n’y a aucune indication pour le lac.

L’arrivée dominante au lac d’Aule, avec l’Ossau en partie caché et … les chevaux!  Le pic d’Auliou (2 409 m) à droite du nuage, puis le le Soum d’Aas (2 427 m).

Le pic d’Auliou (2 409 m), au centre.

Le lac d’Aule et la baignade des chevaux. Il fait beau et il y a une brise très agréable.

Le pic Gaziès (2 457 m), accessible depuis le col de Turon Garié (2 265 m – 45 mn directement depuis le lac, le chemin le plus facile) ) : ce sont deux des objectifs finaux habituels de cette sortie. 

En montant vers le col de Turon Garié (2 265 m). 

Sur la gauche, le sentier venant du col de Turon Garié et redescendant vers le vallon d’Aule, en laissant le lac à main droite. Dans l’autre sens, on peut passer à côté du lac sans le voir.

On accède au lac en quittant le sentier principal menant au col de Turon Garié (c’est la sente de gauche sur la photo). La brise « joue » à la surface de l’eau.

Le col de Turon Garié sur l’horizon à gauche, puis le pic Gaziès (2 457 m).

Direction nord/nord-ouest, depuis la berge entre le grand et le petit lac d’Aule.

Direction sud vers l’Ossau, depuis la berge du petit lac.

Toujours le petit lac d’Aule.

L’Ossau et la chaîne des Pyrénées, depuis la pointe sud du lac d’Aule. Quelques sommets bien connus, tout à gauche  : le Lurien (2 826 m), puis le Balaïtous (3 144 m), les Frondellas (3 054 m – flancs blanchâtres) et le pic d’Arriel (2 824 m).

Les laquets sont à sec. A cette période de l’année, ce n’est pas toujours le cas. En arrière-plan à gauche, le pic d’Aule (2 392 m), puis le pic d’Aulère (2 279 m) et le pic Houratatère (2 182 m). 

Vue dominante, côté sud-est. De gauche à droite, le pic d’Auliou (2 409 m), le Soum d’Aas (2 427 m), le Turon Garié (2 381 m) et le col de Turon Garié.

Le Turon Garié (2 381 m) et le col de Turon Garié.

Le Turon Garié, le col de Turon Garié et le pic Gaziès.

Deuxième laquet d’Aule, aussi à sec.

Le Soum d’Aas (2 427 m) et le Turon Garié (2 381 m).

Début de la descente vers le vallon d’Aule. En face, le sentier montant vers le col de Turon Garié. Le chemin du retour part dans l’autre sens. Devant et se dirigeant à main gauche, l’itinéraire de l’aller remontant le vallon vers le lac. 

Début de la descente sur le sentier principal.

Le sentier, le 23 août 2010 (il y a 10 ans et 2 jours) : un sentier unique devant la randonneuse, large et en assez bon état.

Le même passage, le 21 août 2020 (c’est le deuxième passage en devers endommagé). Le sentier principal a pratiquement disparu en contrebas, remplacé au-dessus par une multitude de traces non stabilisées (terre emportée).

Premier passage en devers endommagé.

Premier passage en devers endommagé (suite).

Premier passage en devers endommagé (fin).

Descente vers la cabane d’Aule.

Au pied de l’Ossau, un aperçu sur le lac et le parking de Bious-Artigues. On comprend bien sur ce cliché pourquoi la cabane d’Aule est exposée aux avalanches.

Une vue vers l’arrière, après avoir dépassé la cabane d’Aule (rond rouge).

Flèches rouges : montée directe à la cabane (à éviter en saison estivale). Flèches bleues : contournement de la cabane (sentier officiel) à l’aller. Flèches vertes : variante retour, que je prends. 

Les paysages au retour sont plus intéressants. En contrebas, le lac et le parking de Bious-Artigues. En bas à droite, le sentier de l’aller.

En contrebas, le sentier de l’aller contournant la cabane d’Aule, cachée par la butte.

Les cascades sur l’Arrec d’Aule.

Flèche rouge : emplacement de la cabane d’Aule. Flèches bleues : contournement de la cabane d’Aule (sentier officiel). Flèches vertes : variante prise au retour.

L’Arrec d’Aule et ses cascades.

Poursuite de la descente jusqu’à la bifurcation de l’aller.

La bifurcation de l’aller. Ce matin, j’ai traversé l’Arrec d’Aule, sans prendre la passerelle. Retour par le sentier de droite.

Poursuite de la descente. L’Ossau et l’Arête de Moundelhs.

L’entrée dans la forêt.

Dans la forêt rafraîchissante, avec l’Arrec d’Aule en contrebas.

Retour vers la civilisation et sa ronde de camping cars.

Il ne reste plus qu’à se laisser en pente douce puis remonter légèrement vers le parking, tout à gauche.

C’était une sortie comme je les aime, dans un cadre pastoral peu fréquenté.

II – La cabane d’Aule en quelques dates

Ravitaillement en eau de randonneurs à la cabane d’Aule, le 23 août 2010 (il y a 10 ans et deux jours) – Photo personnelle.

Au début des années 2010, la cabane d’Aule n’était plus aux normes pour continuer une activité pastorale. La commune de Laruns a lancé un projet innovant pour sa réhabilitation.

26 octobre 2011 : la commune de Laruns est récompensée de la « Marianne d’Or 2011 du développement durable » pour son PROJET de réhabilitation de la cabane pastorale d’Aule, une initiative exemplaire pour le développement durable des territoires de montagne. Les deux bergers pourront produire à nouveau du fromage en estive. Les points forts sont l’intégration paysagère du bâti et de la toiture en zinc, l’amélioration de la qualité de l’eau par la réfection du captage d’eau potable, la mise en place d’un système d’assainissement autonome, la production photovoltaïque, les meilleures conditions de travail et de vie des deux bergers et l’encouragement du développement d’une activité au cœur du patrimoine local.

Printemps 2012 : début des travaux de réhabilitation de la cabane.

20 septembre 2012 – La nouvelle cabane d’Aule, bientôt terminée (photo personnelle). Au premier-plan, la fromagerie – Puis la cabane d’origine rénovée avec une extension (couchages) dans son prolongement que l’on ne voit pas.

02 décembre 2012 : la nouvelle cabane d’Aule est réceptionnée.

Printemps 2013 : l’inauguration officielle de la cabane est organisée lors de la montée des troupeaux. Elle est dorénavant équipée d’un atelier fromager qui permet de fabriquer à nouveau du fromage d’estive sur le site, pratique abandonnée jusqu’alors faute d’installations aux normes. L’estive est occupée cette année-là par un troupeau de 1 200 brebis.

Hiver 2014/2015 : une avalanche exceptionnelle balaie une partie de la cabane d’Aule (la cabane d’origine ainsi que les couchages construits à l’occasion de la mise aux normes en 2012). La fromagerie est épargnée.

Printemps 2015 : mise en place temporaire d’algecos pour les bergers (saisons 2015, 2016, 2017 et 2018). Les conditions de travail des bergers sont très difficiles. Il y a près de 1 500 brebis sur l’estive.

Un projet de reconstruction est préparé. La cabane ne peut être déplacée et doit être reconstruite dans la trajectoire de l’avalanche. Elle nécessite alors une étude technique poussée.

Printemps 2017 : début des travaux de reconstruction.

11 octobre 2018 : la nouvelle cabane est réceptionnée, en présence des deux bergers utilisateurs de l’estive. Le nouveau bâtiment résiste à 4T/m² de pression de neige. Elle est construite en béton, devant la fromagerie. Sa façade est en pierres du site et elle a une nouvelle toiture en zinc. Elle comprend une pièce à vivre et un couchage en combles.

Je n’ai pas photographié la nouvelle cabane. J’aimais bien le charme désuet de la toute première mais les conditions de vie y étaient bien plus difficiles.

Sources :

_bulletins municipaux de déc. 2012 et déc. 2018 de la ville de Laruns.

_La République des Pyrénées (27 octobre 2011, 3 décembre 2012, 18 décembre 2016).

_Sud-Ouest (25 octobre 2018)

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