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La Rainette méridionale

Le mimétisme de la Rainette au milieu de la végétation ( 8 avril 2020).

La Rainette méridionale

(Hyla meridionalis)

La Rainette méridionale fait partie des 38 espèces françaises d’Amphibiens, plus particulièrement du Groupe des Anoures qui en comportent déjà vingt-cinq : onze grenouilles (Ranidés), trois rainettes (Hylidés), trois crapauds (Bufonidés), deux Pélobates (Pelobatidés), un pélodyte (Pelobatidé), un Alyte et trois Discoglosses (Discoglossidés) et le Sonneur à ventre jaune (Bombinatoridé). Il y a de quoi s’intéresser à la biodiversité.

Le deuxième Groupe constitue les Amphibiens Urodèles avec treize espèces : un hydromante (Plethodontidé), puis six Tritons, quatre Salamandres et deux Eurproctes (Salamandridés).

Description

La Rainette méridionale est un petit anoure terrestre et arboricole mesurant jusqu’à 5 cm de longueur totale à l’âge adulte. Ses membres postérieurs sont fins et longs. Elle est capable de bonds puissants.

Rainette méridionale tachetée, prenant le soleil.

Son dos parfaitement lisse et généralement de couleur vert pomme lui assure un excellent camouflage dans son environnement naturel. Il est parfois tacheté de noir. La face ventrale est blanchâtre à légèrement jaunâtre. Ses très longs doigts, non palmés, sont munis de disques adhésifs qui lui permettent d’adhérer à n’importe quelle surface. Ses yeux ont des pupilles horizontales et l’iris est brun ou doré. Les tympans, plus sombres que le corps, sont bien visibles.

Deux Rainettes méridionales prenant le soleil , au mois de février.

Elle ressemble beaucoup à la Rainette verte appelée aussi Rainette arboricole (Hyla arborea), que nous n’avons pas ici dans le Nord-est du Béarn (Vic-Bilh). Elle s’en distingue par sa bande latérale brun noir bordée d’un liseré clair qui part de la narine et s’interrompt à l’insertion de la patte antérieure. Chez la Rainette verte, cette barre continue jusqu’aux pattes postérieures et se termine en virgule, en séparant très nettement le dos du ventre le long des flancs.

Certaines d’entre elles ont une couleur jaunâtre, grise ou brune, en fonction de leur environnement mais la couleur reste toujours uniforme. Personnellement, j’ai pu observer cette couleur brunâtre et même parfois tirant sur le noirâtre selon la lumière, auprès de quelques spécimens à la sortie de leur refuge hivernal sous une bâche noire : un effet de mimétisme évident avec le milieu.

On distingue le mâle de la femelle par la présence d’un sac vocal externe pour le premier, positionné au niveau de la gorge et se présentant au repos sous la forme d’une peau plissée.

Habitat

 

Un « pied de nez ».

Elle peut fréquenter des habitats assez différents pourvu qu’ils soient humides, comme les rives boisées et denses des mares et des étangs, les roselières et les prairies humides. Elle s’accommode aussi du voisinage des hommes. On la rencontre dans les jardins, dans les massifs de grandes plantes buissonnantes, les ronciers, les hautes herbes, les fossés encombrés, bénéficiant d’un bon ensoleillement et généralement non loin d’un point d’eau.

Moeurs

Elle s’active à la tombée de la nuit pour se nourrir et se repose la journée. Elle se nourrit de petits insectes en pratiquant l’affût, en particulier de moustiques, mouches, fourmis, etc.

Grappe de rainettes, se chauffant au soleil de février (huit visibles et deux que l’on devine).

Dans la journée, on peut l’observer perchée en hauteur dans la végétation, recroquevillée sur elle-même. Elle se chauffe parfois au soleil par grappes d’une dizaine d’individus. Elle a des mœurs moins arboricoles que la rainette verte.

A l’automne dès les premiers signes de rafraîchissement, j’en trouvais régulièrement à l’arrivée de la nuit sur la porte d’entrée ou sur les baies vitrées. Attention aussi à l’ouverture ou fermeture des volets, elles se font malheureusement parfois écraser!

Cela faisait un petit moment déjà que j’en voyais moins. J’ignore la raison de cette raréfaction qui dépassait mon environnement immédiat. Cette année, la tendance a l’air de s’inverser à la maison. Quelques gouttes de pluie dans la journée et elles se mettent à chanter ; elles sont bien là, tapies un peu partout près de mon point d’eau.

L’une des Grenouilles vertes de mon point d’eau.

Mes grenouilles vertes sont de plus en plus nombreuses et j’ai introduit il y a quelques années 4 alevins de carpes qui étaient mélangés avec des gardons. Les carpes ont grandi. Cette raréfaction serait-elle due à la prédation des têtards par ces Grenouilles vertes et ces carpes?

Les rainettes à l’inverse des grenouilles n’hibernent pas systématiquement mais elles se font encore plus discrètes à la mauvaise saison (décembre à février). Quand la température remonte à l’occasion d’une belle journée ensoleillée, il arrive qu’il y en ait une par-ci par-là qui trahisse sa présence par son chant solitaire. Le reste du temps, elles sont à l’abri de caches naturelles.

Reproduction

Repos dans la journée, avant le concert nocturne.

Au moment de la reproduction, les rainettes méridionales se regroupent sur les sites propices. Les mâles viennent à l’eau les premiers à partir de fin mars. Ils passent la journée dans la végétation et au crépuscule, ils commencent à chanter pour attirer les femelles, en gonflant leur large sac vocal. Leur chant est facilement reconnaissable, c’est un son puissant et grave, lent et bref. La nuit, ils entrent carrément dans l’eau et continuent leur sérénade qui porte à de très grandes distances. Ils chantent en séquences de plusieurs minutes entrecoupées de pauses de plus en plus longues avec l’avancement de la nuit.

Les accouplements ont lieu jusqu’à fin mai. La femelle séduite pond dans des eaux stagnantes peu profondes et ensoleillées. Elle dépose plusieurs centaines d’œufs qui sont fécondés par le sperme du mâle agrippé à ses épaules, au fur et à mesure qu’ils sont expulsés en petits paquets de la taille d’une noix. Ils sont ensuite soigneusement accrochés aux plantes aquatiques (joncs, roseaux, branche morte, …) ou simplement posés au fond de l’eau.

Les œufs sont bicolores, le dessus gris ou brun clair et le reste, jaune. Ils ont un diamètre de 3 à 5 mm. Chaque paquet contient de 10 à 30 œufs environ, parfois moins.

Les têtards en sortent 10 à 15 jours après, suivant la température de l’eau. Ils mesurent environ 3 mm de longueur. Tout au long de leur développement, ils acquièrent une teinte dorée, avec une peau irisée et translucide. Ils ont des yeux très écartés et une crête caudale très prononcée. Leur queue présente trois lignes sombres (une seule chez la rainette verte) et elle est très pointue à son extrémité. Ils peuvent atteindre de 40 à 50 mm de longueur à la fin de leur stade larvaire. Ils mettent environ 3 mois à se métamorphoser et ils ne sortiront de l’eau qu’à l’apparition de leurs pattes arrières remplaçant progressivement la queue (juin-juillet). Cela ne se produira qu’après avoir échappé à de nombreuses embûches (dont l’assèchement des points d’eau provisoires) et prédateurs (dont les larves de libellules et les Grenouilles vertes).

Puis les jeunes rainettes s’éloignent du bord des eaux qui les ont vu naître et se dispersent dans la nature environnante. L’espèce ne recherche la présence de l’eau que pour la reproduction comme le font, par exemple, les crapauds que l’on a plus l’habitude d’observer.

Aire de distribution

Elle a de fortes affinités méditerranéennes ; on la trouve dans le nord-ouest de l’Afrique (de la côte atlantique du Maroc à la Tunisie) et dans le sud-ouest de l’Europe (Péninsule ibérique, France et Italie). Elle occupe des milieux largement ensoleillés dont la température moyenne annuelle serait supérieure à 12 °C.

Dans la péninsule ibérique, elle est répartie en noyaux isolés. On la trouve dans le Pays basque, l’île de Minorque (îles Baléares), les îles Canaries (introduite) et dans tous le sud-ouest de la Péninsule. Elle est présente aussi en Catalogne, en lien avec les populations de l’Italie (région de la Ligurie, dans le nord-ouest) et de la France.

En France, on ne la trouve que dans la partie méridionale et elle est progressivement remplacée par la Rainette verte en remontant vers les 2/3 nord. Elle est abondante sur les plaines littorales du pourtour méditerranéen et dans le Bassin Aquitain (couloir de la Garonne et le pays calcaire). Elle est totalement absente des zones montagneuses, sa limite altitudinale étant d’environ 600 mètres, avec un maximum de 800 m sur le Causse du Larzac. Elle occupe quelques endroits en plaine au pied de nos Pyrénées. Elle est absente de Corse. Le triangle des Landes de Gascogne est en cours de colonisation depuis les années 80.

Grâce à des résultats d’analyse génétique, on a établi que les populations du nord de la péninsule ibérique et du sud de la France viennent du nord du Maroc par introduction humaine, sans que l’on ait pu déterminer ni la date, ni le lieu.

Les populations semblent se maintenir à un bon niveau. Elle est intégralement protégée au niveau national. « Il est interdit sur tout le territoire national et en tout temps de détruire ou d’enlever les œufs ou les nids, de détruire, de mutiler, de capturer ou d’enlever, de naturaliser et, qu’ils soient vivants ou morts, de transporter, de colporter, d’utiliser et de commercialiser cette espèce ».

Article rédigé à partir de mes photos personnelles, de mes observations sur le terrain, d’un ouvrage et de publications internet dont je cite les principaux liens : 

_ Les Amphibiens de France, Belgique et Luxembourg (Biotope éditeur – 2005)

_ http://batrachos.free.fr/Etlesautres.htm3 rainettes

_ http://coronella.free.fr/anoures/hylmer.php

_ http://danhobylesite.e-monsite.com/pages/la-faune-du-midi/la-rainette-meridionale.html

_ http://digital.csic.es/bitstream/10261/108552/1/hylmer_v4.pdf

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