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Une chevrette au soleil couchant dans le Béarn (23 février 2020)

Une chevrette

au soleil couchant (23 février 2020)

Après avoir cherché et trouvé la première orchidée qui fleurit sur les coteaux de notre Vic-Bilh, l’Ophrys de mars (Ophrys occidentalis), j’ai passé une partie de mon après-midi à observer les allers et venues de quelques abeilles qui s’agrippaient à elles pour les féconder. J’ai même essayé de les photographier.

L’Ophrys de mars – J’ai vainement attendu qu’une abeille se présente sur cette fleur.

L’Ophrys de mars, en avance avec cet hiver exceptionnel. Quelques fleurs sont même déjà fanées. Les abeilles préféraient les fleurs au stade de floraison avancé.

J’ai ainsi flâné en prospectant ce coteau (situé sur la commune de Cadillon) et que j’aime bien pour son côté naturel et isolé. Il est classé Natura 2000. Il faisait très bon au soleil et plusieurs espèces de papillons se sont montrés ; les lézards aussi d’ailleurs, très faciles à détecter aux craquements des feuilles pendant leur fuite.

J’espérais tomber sur une Couleuvre verte et jaune en train de se chauffer au soleil sur une des quelques pierres calcaires qui émergent par ci par là sur le coteau; sans succès, il est peut-être encore trop tôt pour elles. Outre l’Ophrys de mars, d’autres plantes sont déjà en fleurs, comme quelques Pulmonaires à longues feuilles. De nombreuses Cardamines des près sont déjà présentes dans les endroits plus ombragés et humides en bas du coteau.

La chaîne des Pyrénées est bien dégagée et c’est une journée de passage de grues cendrées, dont j’entends plus facilement les cris que je ne les voie; elles sont très hautes et les localiser dans le bleu infini et uniforme du ciel est un petit exercice.

Alors que les lumières commencent à jaunir, je m’apprête à rentrer. En descendant pour rejoindre ma voiture, je croise une coulée dans la prairie avec des traces nettes et récentes de sangliers. Par curiosité, je me mets à la suivre pour voir où elle mène. Le soleil se rapproche de l’horizon sur le coteau d’en face et la végétation commence à se parer de jolis tons chauds.

Alors que le chemin se dirige vers un passage au travers d’une haie, elle surgit brusquement, comme venue de nulle part. Elle me regarde à peine et s’enfuit immédiatement par la trouée au travers de la végétation. J’ai sur le coup un petit pincement au cœur de surprise. Tout est allé très vite et elle ne m’a pas laissé le temps de réagir. En fait, elle se reposait tout simplement au pied de la haie, cachée par l’herbe et profitant de cette chaleur inhabituelle.

A peine quelques instants plus tard, elle apparaît à nouveau derrière la végétation et me regarde, bougeant la tête de droite à gauche. La curiosité l’a emporté! Je suis en tenue de camouflage et elle a du mal à me distinguer.

Elle se protège derrière la végétation, avec en face d’elle ma silhouette et le soleil couchant. J’abandonne l’idée de me déplacer pour voir sa jolie tête en entier et je la photographie comme elle est. 

Le déclic de l’appareil photo la fait avancer par petites étapes jusqu’au bord de la haie qu’elle ne traversera pas, prudente! Après m’avoir bien jaugé, elle part sur le côté pour descendre au travers d’un petit bois en faisant craquer les feuilles. Puis, elle s’arrête et lance son aboiement rauque, bien caractéristique! Je me fais copieusement insulter et je l’entends à nouveau s’enfuir. En général, les mâles aussi bien que les femelles aboient devant un danger qu’ils n’ont pas identifié pour prévenir les autres, mais aussi pour dissuader cet ennemi potentiel. Je l’apercevrai une dernière fois en contrebas et puis plus rien!

Je regarde mes clichés en zoomant sur l’écran de l’appareil : super, la chevrette est bien nette, bien exposée. La lumière était idéale et cela faisait déjà un petit moment que j’espérais pouvoir immortaliser un animal sous cette chaude lumière de soleil couchant. Je n’ai même pas eu le réflexe de vérifier mes paramètres!

La fuite du lièvre dans la végétation. J’aurai au moins vu l’arrière!

Je reprends alors ma descente vers la voiture, content de cette belle et chaude après-midi singulière pour un mois de février. Le soleil a déjà disparu. Un lièvre se trahit en faisant craquer des feuilles. Je ne pourrai pas l’immortaliser convenablement, la végétation est trop fournie.

La chaîne des Pyrénées commence à prendre une drôle de couleur. En fait, la période des écobuages a déjà commencé depuis quelques jours et cette journée y est propice. C’est une activité séculaire et réglementée. Pour les informations et les risques potentiels en randonnée, il est important d’aller consulter la carte des écobuages en cours et prévisionnels sur le site suivant :  « https://jaimelagriculture64.fr/ », rubrique « Les balades ».

Au centre, la silhouette bien caractéristique du pic du Midi d’Ossau (2 884 m), le « toit » du Béarn.

Puis, la lumière continue à diminuer et sur le chemin du retour, les Pyrénées rosissent du pic du Midi d’Ossau au pic du Midi de Bigorre et même un peu plus loin vers l’est. Ce fut vraiment une belle journée, que je terminerai en rendant visite à mes chevreuils du voisinage.

En haut à gauche, un élanion blanc effectue sa dernière ronde du soir. Au milieu, un brocard en velours à cette période de l’année (cliché pris à iso élevé pour immortaliser l’oiseau). En bas à gauche, une toute petite lumière signale la présence d’un village sur le coteau d’en face.

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