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Sortie C.E.N. Aquitaine – Zones humides du plateau du Benou (16 juin 2019)

L’entrée du plateau du Benou avec, devant la forêt de conifères (des Mélèzes), les Fontaines de Houndas.

Les Fontaines de Houndas, avec au premier plan le ruisseau des Serres.

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Le thème de cette sortie organisée par le Conservatoire des Espaces Naturels d’Aquitaine est la découverte des milieux aquatiques (ruisseau, zones humides) du plateau du Benou et des espèces associées. La journée a été bien remplie ; certains clichés de cet article (essentiellement les paysages) ont été pris en d’autres occasions.

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I- Un peu d’historique sur le plateau du Benou

L’entrée du plateau du Benou avec les « Fontaines de Houndas », depuis les crêtes de Lazerque. En face, le pic du Ger, la vallée d’Ossau, puis les Cinq Monts avec son pic de Gerbe, le Lauriolle, le Mailh Massibé.

Le plateau de Roland (au centre le parking de stationnement), depuis les crêtes de Lazerque. En face, le pic de Gerbe (tout à gauche), le Lauriolle, le Mailh Massibé, le Rocher d’Aran,  l’Ourlénotte et l’Ourlène.

Le plateau du Benou ou tout simplement le Benou est situé sur la route du col de Marie-Blanque reliant la vallée d’Ossau à la vallée d’Aspe. Il est le point de départ de nombreuses balades et randonnées.

Il est dominé au nord par le massif du Soum de Counée (1 361m) et au sud, par le massif du Pic de l’Ourlène (1 813m). Entre les deux massifs, dans la dépression qui forme le plateau, passe une faille très importante. Elle est constituée de brèches et d’écailles, de terrains variés et de roches basiques intrusives. En géologie, une écaille est comparable à un copeau géant de croûte terrestre coincé dans une faille.

Ce relief n’est pas visible facilement, à part les écailles constituées de roches plus dures émergeant du plateau comme le Turon de la Técouère, vestige de l’érosion glaciaire.

En contrebas : le Turon de la Técouère (1067m), « écaille » de croûte terrestre coincée dans la faille du plateau du Benou. Cliché pris depuis le Soum de Counée (1 361m). 

En effet à la fin du Quaternaire, le plateau était recouvert d’un glacier suspendu. L’érosion provoquée par son déplacement a remodelé le paysage : la lherzolite du Turon de la Técouère a résisté et de là vient la présence insolite sur le plateau de ce sommet modeste et très caractéristique ressemblant à une pyramide, culminant à 1 067m (1).

Haut-lieu du pastoralisme ossalois, on peut y admirer ses nombreuses granges ; à l’arrivée des beaux jours, le bétail y évolue en liberté. Avec ce beau soleil dominical, beaucoup de gens sont venus pique-niquer ou simplement se promener. Les sonnailles des troupeaux retentissent et rajoutent un petit air de fête. La présence de la « Salers » et de la « Gasconne » (dont un très beau taureau) m’a particulièrement interpellé. Ce sont deux races que j’aime particulièrement.

Transhumance de juillet – Traversée du plateau par le bétail, en direction de Laruns et des estives d’Ayous.

Transhumance de juillet – Traversée de la zone de résurgence de l’eau aux « Fontaines de Houndas ».

La transhumance du bétail du plateau du Benou vers l’estive d’Ayous est un grand événement de la vallée d’Ossau et elle déplace beaucoup de monde. Elle a lieu chaque année début juillet.

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II- Le résumé de la sortie

Après avoir laissé nos voitures au plateau de Roland (880m d’altitude) au parking prévu à cet effet, nous avons remonté à pied la piste à circulation restreinte pour rejoindre le plateau de la Técouère (890m). A partir de là, nous avons prospecté les berges de l’Arriou Tort ainsi que les zones humides environnantes (tourbières, marais, …) jusqu’aux sources du ruisseau au pied du Turon de la Técouère.

Le pic du Ger, depuis le plateau de Roland.

Nous sommes ensuite revenus sur nos pas par la piste jusqu’au plateau de Roland pour localiser et observer les dolines dites de Roland. Puis nous avons suivi l’Arriou Tort jusqu’à sa disparition dans des gouffres appelés « pertes karstiques ». Ces pertes se situent au contact entre les argiles glaciaires résultant de l’érosion du glacier et les calcaires mésozoïques (sédiments marins). Certains gouffres sont alimentés, d’autres actuellement à sec. L’eau va transiter dans le karst de ces calcaires du Mésosoïque pour réapparaître plus bas dans une zone appelée les Fontaines de Houndas, à l’entrée du plateau (en géologie, un karst est ensemble de réseaux de galeries souterraines, creusées par les eaux, dans les massifs calcaires). Ces résurgences vont donner naissance au ruisseau des Serres, affluent du gave d’Ossau.

En deuxième partie de la journée, nous allons nous déplacer au parking situé à proximité de la chapelle de Houndas au bord de la D 294, en face des « Fontaines de Houndas » à l’entrée du plateau. Nous y continuerons notre prospection en remontant le ruisseau des Serres vers les sources et les zones humides (bottes indispensables).

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III- Que peut-on observer

La Tétragnathe étirée (Tetragnatha extensa).

La Thomise variable ou araignée crabe (Misumena vatia), ici une femelle – Elle peut être également blanche ou vert pâle. Elle adopte la couleur de son support, surtout des fleurs. Le mâle est foncé et plus petit que la femelle. 

 

Bouvier commun.

 

Une œdémère noble femelle (Oedemera nobilis), posée sur une Campanule étalée (Campanula patula).

En plus des nombreux odonates (libellules et demoiselles dont l’Agrion de Mercure, espèce rare mais bien représentée ici), on observera des papillons, quelques éphémères, des larves de trichoptères à fourreau (appelées communément porte-bois), des insectes divers et variés (scarabées, araignées, etc.).

Une Bondrée apivore (Pernis apivorus).

Tarier pâtre mâle (Saxicola rubicola). 

Bruant jaune mâle (Emberiza citrinella).

Mais aussi des passereaux dont le serin Sini et le Bruant jaune, une pie-grièche écorcheur, la linotte mélodieuse, le Tarier pâtre ainsi que des rapaces : des vautours fauves, un percnoptère d’Egypte et une bondrée apivore pas farouche.

Le Bruant jaune peut facilement être confondu avec le Bruant zizi qui est moins coloré que le premier chez les deux sexes. Le Bruant zizi, chez le mâle, présente une face rayée typique : menton, haut de la gorge et trait sourcilier noirâtres, sourcil jaune.

Ce site est également important pour la reproduction de la Grenouille rousse (Rana temporaria) dont nous avons observé la présence d’un adulte ainsi que de très nombreuses grenouillettes. Aussi des têtards de crapaud accoucheur à un stade bien avancé, de nombreux vairons, un goujon (qui ne devait pas être seul), le Triton palmé, des larves diverses, etc.

Lézard vivipare de Lantz (ces deux clichés sont pris dans une autre tourbière).

Sans oublier le Lézard vivipare de Lantz (Zootoca vivipara louislantzi), dont la présence est très lié aux tourbières où il apprécie les sphaignes. Ce sont des plantes sans fleurs et sans racines qui poussent sous la forme de coussinets qui ne cessent de croître, à l’origine de la formation de la tourbe. Ce lézard est unique en son genre! On ne le trouve que dans nos Pyrénées, le Pays Basque et le massif landais. La Garonne constitue la limite de son extension vers le nord. Ailleurs, on le trouve aussi en Espagne dans les Monts Cantabriques.

Nous avons observé aussi pas mal de fleurs dont le Trèfle d’eau que je ne connaissais pas, la Linaigrette, la Grassette, etc. Les orchidées étaient présentes également, avec l’Orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii) et l’Orchis maculé ou tacheté (Dactylorhiza maculata).

Ces deux orchidées sont facilement confondues et l’identification est parfois problématique. Après l’observation de terrain, je me suis replongé dans mes ouvrages pour contrôler mes critères d’identification de ces deux espèces (sources : « à la découverte des Orchidées d’Aquitaine » et « Les Orchidées de France, Belgique et Luxembourg » – Parthénope Collection). Un bon moyen pour les différencier est l’observation du labelle, situé en bas de la fleur et constitué de trois lobes.

 

Orchis de Fuchs, …

Orchis de Fuchs, de couleurs différentes.

_ chez l’Orchis de Fuchs, le labelle est très fortement trilobé et le lobe médian est pointu et plus long que les latéraux mais de largeur équivalente. S’il y a un doute, on regarde la première feuille à la base du pied qui doit être ronde (non pointue).

Orchis maculé ou tacheté, …

Orchis maculé ou tacheté.

_ chez l’Orchis maculé ou tacheté, le labelle est faiblement trilobé et le lobe médian, lui aussi pointu, est plus étroit que les latéraux et il ne les dépasse pas. A l’inverse de la précédente, la première feuille à la base du pied est pointue.

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En résumé, le plateau du Benou est très riche en possibilités d’observations diverses.

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IV- Sources bibliographiques

Article rédigé à partir des enseignements de la journée, de mes observations personnelles, de mes photos personnelles ainsi que de recherches bibliographiques :

(1) Balades hydrologiques en Aquitaine – Formations karstiques du plateau du Benou : sigesaqi.brgm.fr/IMG/pdf/1-balade_hydrogeologique_benou_-_introduction.pdf

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