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El Meloncillo, la Mangouste ichneumon (Espagne)

El Meloncillo, la Mangouste ichneumon (Espagne)

La Mangouste ichneumon

(Herpestes ichneumon widdringtonii)

El Meloncillo (11 déc. 2019 – 11h30) – Parque Natural Sierra de Andujar (l’un des espaces protégés de la Sierra Morena).

La Mangouste ichneumon est la seule mangouste européenne. Elle est présente uniquement dans le sud-ouest de la péninsule ibérique : la Sierra Morena, le parc national de Doñana et les montagnes de Cadix et de Malaga pour la partie espagnole, dans l’Algarve pour le Portugal. La tendance actuelle est un début d’expansion de l’espèce en remontant vers le nord de l’Espagne : une indication de réchauffement climatique?

Ma rencontre a été fortuite, une surprise. J’ignorais jusqu’alors son existence. Alors que je remontais la berge du rio Jándula sur un sentier en direction del Encinarejo dans l’espoir de rencontrer un lynx pardelle, cet animal a surgi d’un roncier. Une mangouste! Elle a marqué un arrêt, également surprise! Un deuxième arrêt un peu plus loin puis la vision ultime d’un bond dans un fourré au bord de la rivière. Hélas, le décor et la lumière n’étaient pas au top et la présence de végétation a compliqué la mise au point. Je n’ai pas eu le temps ni la présence d’esprit de peaufiner les réglages : la plupart de mes clichés sont flous! Heureux de toute façon d’avoir rencontré ma première mangouste!

Appelée « El Meloncillo » en espagnol (« Sacarrabos » en portugais), elle est facile à reconnaître à son corps allongé et court sur pattes et à sa tête fine, pas plus large que son cou.

Son corps mesure une cinquantaine de centimètres environ et sa queue, presque tout aussi longue, se termine par une touffe noire. Son pelage sombre est constituée de poils longs, noirs à pointes jaune crème et bruns à pointes gris argent, ce qui lui donne un aspect marbré. Ses oreilles sont courtes, larges et arrondies. Son poids varie entre 2 et 4 kg environ.

Ses yeux, d’une couleur plutôt claire, ont une pupille horizontale qui lui donne un aspect inquiétant : c’est une caractéristique exceptionnelle chez les carnivores.

Son habitat typique est la basse montagne méditerranéenne avec des chênes verts et des chênes-lièges. Elle se réfugie aussi dans les îlots de ronces et peut être présente dans les forêts fluviales. Elle est essentiellement diurne. Elle sort à peine la nuit et passe beaucoup de temps à se reposer. Elle vit dans un terrier : elle  peut le creuser elle-même ou bien adapter d’anciens terriers de lapins ou parfois de blaireaux. Les meilleurs moments pour l’observer sont un peu avant midi et vers le milieu de l’après-midi.

Elle se nourrit principalement de lapins, de micro-mammifères et de reptiles. Elle rentre en concurrence avec le lynx pardelle, qui devient son seul prédateur naturel.

D’origine africaine, elle fut d’abord longtemps considérée comme une espèce introduite lors de l’occupation musulmane de la Péninsule ibérique à partir des années 700. Puis, des découvertes de squelettes lors de fouilles archéologiques ont fait penser qu’elle était présente encore plus tôt, depuis le 1er Siècle avec les Romains. Enfin, tout récemment, des études scientifiques montrent une forte différenciation génétique par rapport aux populations africaines, indiquant que cette espèce aurait atteint la péninsule en traversant le détroit de Gibraltar pendant les fluctuations du niveau de la mer survenues à la fin du Pléistocène, qui excluraient l’introduction par l’homme. Elle a fait l’objet d’une grande adoration dans les rituels de l’Égypte ancienne.

« El Meloncillo » (11 décembre 2019 – 11h30)

Article rédigé à partir de mes photos, de mes observations lors de cette rencontre et de bibliographie dont je cite les liens:

_ https://www.faunaiberica.org/meloncillo

_ https://es.wikipedia.org/wiki/Herpestes_ichneumon