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Le Milan royal dans les Pyrénées

Le Milan royal dans les Pyrénées

Le Milan royal, reconnaissable en particulier à sa queue roux vif et échancrée qui lui sert de gouvernail.

Le Milan royal (Milvus milvus)

 

Le Milan royal, reconnaissable aussi aux tâches blanches à l’extrémité de ses ailes.

Présentation du Milan royal

 

Le Milan royal est un rapace que j’affectionne particulièrement. Il est facile à reconnaître. Son plumage est châtain-roux, sa tête est gris pâle rayée de petits filets noirs. Sa queue, bien échancrée, est de de couleur roux vif. La base de son bec et ses yeux sont jaunes, ainsi que ses pattes.

« Merveilleux voilier d’exploration, il flâne, plane et louvoie au-dessus des terrains découverts, le gouvernail de la queue sans cesse en action … » Paul Géroudet.

Ses rémiges sont noires et une grande tâche blanche apparaît sous l’extrémité de ses ailes. Leur envergure varie selon les sources consultées, en moyenne 1m45 à 1m65!

Coucou! Il est temps que ma mue commence (7 mai 2019)!

La queue a elle aussi besoin d’être rénovée (col de la Courade dans la vallée de Campan – 7 mai 2019)!

La mue commence en avril-mai par les rémiges primaires pour se terminer en septembre par les pennes de la queue, juste avant le départ en migration pour les populations du nord de l’Europe.

L’Habitat du Milan royal

Le Milan royal affectionne les zones boisées éparses ou les bouquets d’arbres, avec des surfaces en herbage et des terres cultivées. C’est un oiseau typique des zones agricoles ouvertes associant l’élevage extensif et la polyculture, comme nous en trouvons ici dans le Vic-Bilh. C’est aussi son site de nidification.

A l’entrée de la vallée d’Aspe. Tâches blanches aux ailes et queue échancrée, ils sont faciles à reconnaître.

Il est fréquent également dans le piémont des Pyrénées et plus haut en montagne ; je le rencontre régulièrement en randonnée dans les estives. Les meilleurs spots que je connaisse pour en voir en grande quantité à un distance raisonnable en période d’hivernage sont à l’entrée de la vallée d’Aspe et dans le val d’Azun.

Le Comportement du Milan royal

 

Le Milan royal, contrairement à son cousin le Milan noir, est un migrateur partiel. Les populations de l’Europe du nord traversent le continent du nord-est au sud-ouest pour aller hiverner en France, en Espagne et plus rarement en Afrique du Nord. Ceux qui vivent dans le sud de l’Europe (dont ceux vivant en France) sont sédentaires. En hiver, les Milans royaux se rassemblent volontiers pour former des groupes qui peuvent être très nombreux, jusqu’à une centaine d’individus et même plus. Le reste de l’année, ils sont le plus souvent solitaires ou, pendant la reproduction, en couples.

En ce début mars, je n’observe plus chez nous que des individus isolés ou des petits groupes de 2-3 individus.

Pré-dortoir de milans royaux peu avant l’arrivée de la nuit, région de Gerderest dans le Vic-Bilh (28 dec. 2019).

Il est plutôt silencieux et je l’entends rarement, sauf quand il s’approche de son dortoir hivernal ; son arrivée imminente est précédée par une espèce de miaulement.

Milans royaux dans le Vic-Bilh, région de Gerderest – J’en ai compté 51 ensemble (26 janvier 2020).

Il vole en larges cercles, de la même manière sur le versant d’une montagne qu’en plaine. Il bat lentement et posément des ailes tout en explorant attentivement le sol. Sa longue queue va d’un côté à l’autre en lui servant de gouvernail.

Le régime alimentaire du Milan royal

 

Le Milan royal effectue la majeure partie de ses captures sur les terrains découverts, volant au ras du sol. S’il repère une charogne, il tourne lentement au-dessus avant de se poser à proximité. En revanche, s’il aperçoit une proie vivante, il plonge en piqué, les pattes en avant juste au moment de l’atterrissage pour la saisir avec ses griffes.

Il ne se complique pas la vie et c’est avant tout un opportuniste. Outre les cadavres de petits animaux, il se nourrit de rongeurs, de reptiles, de batraciens, de petits oiseaux, d’insectes, etc. Il lui arrive de tenter de dérober des proies à d’autres rapaces. Je le voie aussi tourner au-dessus des exploitations agricoles ou de champs récemment amendés, où il trouver des restes d’animaux domestiques ou autres restes.

La reproduction du Milan royal

 

En vallée d’Aspe – Prémices de parade nuptiale (08 février 2020).

Avant de s’accoupler, au cours du mois de mars, mâle et femelle paradent en volant de concert au dessus du site de nidification. Parfois, les deux partenaires s’accrochent l’un à l’autre par les pattes et tombent en vrille, ailes ouvertes jusqu’au ras de la cime des arbres.

Les couples unis pour la vie peuvent reprendre et aménager le nid de l’année précédente ou en construire un nouveau à partir d’un vieux nid de corvidé. Il est installé le plus souvent sur un arbre élevé près d’une lisière ou à l’intérieur d’un bois isolé dans la plaine. Le même territoire de nidification ressert année après année. Le milan royal est très attaché à son site de vie.

Poursuite d’un milan royal par des corbeaux, dont il s’est trop approché du site de nidification (26 janvier 2020).

La femelle dépose 3 œufs en moyenne. L’incubation, assurée par la femelle nourrie par le mâle, dure environ un mois et le mâle peut occasionnellement la remplacer pendant un court moment. Les jeunes prendront leur premier vol au bout d’une cinquantaine de jours. Leur maturité sexuelle est acquise à deux à trois ans. Le record de longévité est de vingt-six ans, tenue par une femelle.

Population – Comptage du Milan royal

 

La population européenne représente à peu près 95 % de la population mondiale. On le trouve essentiellement en Allemagne (50% de l’espèce nicheuse), en France, en Espagne, en Suisse et en Suède. Il ne niche régulièrement que dans une vingtaine de pays, dont seulement dix hébergent plus de 100 couples. L’Allemagne, la France et l’Espagne abritent à elles trois, environ 72% des couples nicheurs. Si l’on ajoute la Suède, le Royaume-Uni et la Suisse, on obtient pour ces six pays les 95% environ cités plus haut.

J’avance comme ordre d’idée une population d’environ 30 000 couples nicheurs, à défaut de données récentes. Presque toute la population transite par la France pour rejoindre les zones d’hivernage. A l’automne 2017, plus de 19 000 milans royaux ont été recensés sur les cols pyrénéens du Pays basque quand à peine 5 000 étaient comptés en 2000.

La traversée des Pyrénées s’effectue principalement de la deuxième quinzaine de septembre à la deuxième d’octobre pour prendre fin à la mi-novembre. Le gros de la migration post-nuptiale s’effectue néanmoins pendant tout le mois d’octobre.

Plus diffus que le passage post-nuptial, le passage pré-nuptial s’étend de la deuxième décade de février à la fin mai.

Depuis 2007, un comptage européen des dortoirs de milans royaux a lieu début janvier. De la mi-décembre à la mi-janvier, les populations migratrices sont sur leur zones d’hivernage et c’est le moment où le comptage global (sédentaires et migrateurs) est le plus représentatif de la réalité. En France, le dénombrement national des 4 et 5 janvier 2020 auquel j’ai eu l’occasion de participer en vallée d’Aspe en temps que bénévole offre un nouveau record après ceux de 2018 (11 891) et 2019 (12 373) : 14 487 milans royaux regroupés dans 237 dortoirs. Le Cantal bat un record avec 3 511 individus sur 33 dortoirs. On a ensuite les Pyrénées Atlantiques avec 2  640 individus sur 52 dortoirs (1 027 sur 20 dortoirs dans le Béarn et 1 613 sur 32 dortoirs dans le Pays Basque), puis les Hautes-Pyrénées avec 1 642 individus sur 26 dortoirs. Le bilan complet est consultable en suivant le lien LPO en fin d’article.

Pré-dortoir de milans royaux au soleil couchant, région de Gerderest dans le Vic-Bilh (26 janvier 2020).

A l’approche de la nuit, les milans royaux arrivent seuls ou par petits groupes pour se poser à la cime de grands arbres. Il arrive qu’au dernier moment, ils s’envolent tous ou presque pour aller se poser définitivement ailleurs pour la nuit. On appelle alors cela des pré-dortoirs.

Je n’ai pas encore localisé le dortoir définitif des milans royaux de la région de Gerderest. Leur pré-dortoir (photos ci-dessus) est utilisé depuis plusieurs années. Les dortoirs ne sont pas figés dans le temps!

Statut et menaces

 

Le milan royal est classé depuis 2005 parmi les espèces «quasi-menacées» sur la liste rouge mondiale de l’UICN et parmi les espèces vulnérables en France. La persécution par l’homme, la chasse, les empoisonnements et la modification des habitats sont les menaces principales, et dans une moindre mesure les collisions et l’électrocution avec les lignes électriques. La stérilité est présente, provoquée par la contamination due aux insecticides. Il bénéficie d’une protection totale sur le territoire français depuis l’arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire.

Présentation rapide du Milan noir

 

Toilette d’un milan noir posé sur une ligne électrique, dans le Vic-Bilh (17 juillet 2017). Sa présence chez nous à cette époque de l’année m’a interpellé! Tout début de la migration retour?

Le Milan noir (Milvus migrans) ressemble à son « cousin », le Milan royal. On dit qu’il en est la version brune. J’ouvre une parenthèse rapide dans cet article car on peut les confondre dans certaines circonstances. En effet, son plumage est brun sombre ainsi que le dessous de ses ailes où les tâches blanches bien caractéristiques du milan royal sont absentes.

Sa queue brune est droite et non pas échancrée, ce qui permet de les distinguer de loin.

Le Milan noir fréquente les grandes vallées alluviales, à proximité de lacs ou de grands étangs. Il reste attiré par les zones humides.

Milans noirs à l’arrivée de la nuit dans le Vic-Bilh (13 avril 2018).

Migration post-nuptiale de Milans noirs au-dessus de la vallée de Campan (Pic de Barran, 03 septembre 2019). Accompagnés aussi de Bondrées apivores, absentes des photos.

Observation de la migration retour ou migration pré-nuptiale du Milan noir dans le Vic-Bilh (07 mars 2020). Ils passent malgré deux tempêtes consécutives en 36 heures (Karine et Myriam) suivies de mauvais temps accompagné de neige en montagne. Le lendemain, la dizaine d’individus que j’avais observé ne sont plus là! Ils ont probablement continué leur route vers le nord. 

Le Milan noir est un migrateur complet. Il passe l’hiver en Afrique tropicale, du Sénégal au Kenya. Il est l’un des premiers à revenir de migration fin février / début mars, en groupes de plusieurs dizaines d’individus, pour repartir mi-juillet / début août. Mes observations sont faites essentiellement sur des individus qui se déplacent. Je n’ai aucune information sur une possible nidification du Milan noir dans le nord-est du Béarn. Nous n’y disposons que de retenues collinaires dont la plus grande ne dépasse pas 200 ha.

Un couple de milans dans le Vic-Bilh (9 avril 2019). Alors, Milan royal ou  Milan noir?

En Estrémadure au mois de mai (Espagne). Le repérage d’une charogne au sol. Alors, Milan royal ou bien Milan noir?

Il s’agit de Milans noirs. En effet, ce rapace ne paraît vraiment noir que lorsqu’on l’observe de loin ; son plumage est, en fait, brun sombre uniforme sur le dessus du corps, mais il est brun-roux strié de noir dessous, avec une zone beige diffuse sur les primaires. Dans de bonnes conditions d’observation, une zone pâle se distingue sous l’aile.

Bibliographie

Article rédigé à partir de mes photos personnelles, d’observations sur le terrain et de sources internet dont je cite les liens :

_ http://rapaces.lpo.fr/milan-royal

_ https://www.oiseaux.net/oiseaux/milan.royal.html

_ https://www.migraction.net/index.php?m_id=1517&bs=16

La photo que je préfère.

La Mésange à longue queue

La Mésange à longue queue

La Mésange à longue queue

(Aegithalos caudatus)

Pas toujours simple de photographier cette « boule de plumes », toujours en mouvement au milieu de la végétation!

La Mésange à longue queue est ma mésange préférée. Je l’observe moins souvent que ses « cousines », la Mésange bleue (Cyanistes caeruleus), la Mésange charbonnière (Parus major) et la Mésange nonnette (Poecile palustris). Il en existe d’autres espèces mais je ne les côtoie pas. Jusqu’à ce jour, j’avais négligé de la photographier. En effet, elles sont toujours en mouvement et souvent cachées par les branches ou le feuillage. J’ai comblé cette lacune en observant un couple en train de préparer probablement leur nid (16 février 2020), leurré par les températures anormalement élevées de ce mois de février.

Elle fait partie de la famille des « Aegithalidés » dont elle est la seule représentante européenne, alors que les « vraies » mésanges sont dans celle des « Paridés ». En 2018, la Commission Internationale des Noms Français des Oiseaux (CINFO) a modifié son appelation après de longues années d’hésitation. Son nom normalisé est devenu l’Orite à longue queue.

Description

C’est un oiseau minuscule; elle mesure entre 13 et 15 cm de long (dont la moitié pour la queue) pour un poids d’une dizaine de grammes maximum. C’est un de nos oiseaux les plus légers. Elle vit entre 3 et 5 ans.

« Adorable boule de plumes » (expression d’une amie), elle est immédiatement reconnaissable à sa silhouette bien caractéristique : une boule de plumes, effectivement, sans cou apparent et suivie d’une queue étroite aussi longue que le reste de son corps. Dans les arbres, elle est à l’aise dans toutes les positions et sa queue lui sert de balancier ; c’est une excellente acrobate. Son vol est irrégulier, caractérisé par une chute brusque après chaque battement d’ailes et suivi d’un bond en avant.

La partie supérieure de sa tête est blanche jusqu’au bec avec deux bandeaux noirs au-dessus des yeux. Son ventre est blanc légèrement rosé, le dos est noir avec les épaules brun-rosé. Ses ailes arrondies et la queue sont noires, avec quelques plumes blanches. Son bec est court et conique (celui des vraies mésanges est plus long et pointu). Son iris est cerné d’anneaux oculaires jaune.

Des petits cris de contact brefs et aigus caractéristiques signalent l’arrivée bruyante de la troupe qui passe d’arbre en arbre à la recherche de nourriture. Quelques instants plus tard, leur bavardage s’éloigne; elles continuent leur chemin à la queue leu leu.

Alimentation

Elle se nourrit essentiellement d’insectes, de larves et de petits invertébrés, qu’elle recherche dans le feuillage, l’écorce et les lichens des branches. En hiver, elle mange des bourgeons, des petites graines et des baies. Sa petite taille accroît les pertes énergétiques qu’elle doit combler par une alimentation soutenue. La bande reste quelques instants sur un arbre et visite les branches puis vole vers le suivant. Elle se déplace ainsi, toujours en mouvement et … en chantant.

Répartition

Elle vit partout en Europe, sauf dans les régions froides où sa petite taille la rend très vulnérable aux déperditions d’énergie. On la trouve aussi au Moyen-orient ainsi qu’en Asie. D’après l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (I.N.P.N.), la population nicheuse est estimée en 2013 entre 400 000 et 800 000 couples en France et les effectifs sont stables (qualité de l’estimation moyenne).

Mode de vie

C’est un oiseau sédentaire, très social et dynamique qui évolue la plupart du temps dans les arbres en petite troupe allant jusqu’à plusieurs dizaines d’individus, à la recherche de nourriture.  Les couples se forment au tout début du printemps après la dispersion du groupe familial hivernal. Ils élèvent leurs petits et reforment à nouveau des groupes familiaux qui dureront de l’été à la fin de l’hiver suivant. Les groupes importants comportent plusieurs familles. Ils peuvent être accompagnés par de véritables mésanges ou d’autres petits passereaux.

Elle fréquente les fourrés et les buissons, les zones boisées de feuillus avec un sous-bois buissonneux, les parcs et les jardins, les haies avec des grands arbres pour se percher et se nourrir. Elle ne descend que rarement à terre.

Reproduction

La préparation du nid a déjà commencé (16 février 2020).

Contrairement à ses autres « cousines », la mésange à longue queue ne fait pas son nid dans une cavité. Elle construit son propre nid, un véritable chef-d’oeuvre. Il a une forme ovale de 15 à 20 cm de hauteur, complètement fermé, avec une petite entrée latérale circulaire dans la partie supérieure. Il est composé de mousses, de lichens, de petits morceaux d’écorce et autres fibres végétales, assemblés par des fils d’araignées. L’intérieur est très confortable, garni de très nombreuses plumes et de poils.

Le mâle apporte les matériaux à la femelle qui les assemblent dans un arbuste ou un buisson dense, à faible hauteur. Sa construction prend entre 2 à 3 semaines environ.

Une première ponte a lieu fin Mars / début Avril. La femelle pond de 6 à 12 œufs blancs tachetés de marron clair qu’elle couve seule pendant 12 à 14 jours. Le mâle la nourrit et défend son territoire.

A leur naissance, les oisillons sont nourris par les 2 parents pendant 2 semaines. Ils apprennent alors à voler à proximité du nid tout en restant encore nourris pendant une semaine de plus. Puis ils se débrouillent tout seuls tout en restant  à proximité de leurs parents lors de la seconde nichée en juin.

La famille de l’année constituera le prochain groupe hivernal.

Statut

Elle bénéficie d’une protection totale en France depuis l’arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l’ensemble de notre territoire. D’autre part et toujours valable à ce jour, l’article 3-II de l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection rappelle que : «  Sont interdites sur les parties du territoire métropolitain où l’espèce est présente ainsi que dans l’aire de déplacement naturel des noyaux de populations existants la destruction, l’altération ou la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos des animaux. Ces interdictions s’appliquent aux éléments physiques ou biologiques réputés nécessaires à la reproduction ou au repos de l’espèce considérée, aussi longtemps qu’ils sont effectivement utilisés ou utilisables au cours des cycles successifs de reproduction ou de repos de cette espèce et pour autant que la destruction, l’altération ou la dégradation remette en cause le bon accomplissement de ces cycles biologiques« .

Il est clairement interdit en tout temps la destruction intentionnelle ou l’enlèvement des nids. On ne peut pas détenir de nid d’oiseau chez soi, même ramassé vide et abandonné à terre, ou détruire par exemple un nid vide d’hirondelles dont les salissures gêneraient.

Du coin de l’œil, elle me surveille!

Les « vraies » mésanges

La mésange bleue (Cyanistes caeruleus). Elle est spécialiste des chenilles défoliatrices du chêne, notamment la tordeuse du chêne.

La mésange charbonnière (Parus major), dans un décor « exotique ». A la période de la nidification, elle montre une forte agressivité envers ses congénères et autres petits passereaux, allant jusqu’à la mort de l’intrus. En période de disette, elle brise l’arrière du crâne de ses victimes grâce à son bec pointu et puissant, pour se nourrir de leur cerveau. Elle est le plus grand prédateur naturel de la chenille processionnaire. 

Cet article est rédigé à partir de mes photos personnelles, de mes observations et d’informations recueillies sur internet, dont celles trouvées sur un site sur les mésanges très bien fait, que je recommande de visiter :

_ http://oiseau-mesange.fr/mesange-a-longue-queue-aegithalos-caudatus

Le Renard roux (Vulpes vulpes)

Le Renard roux (Vulpes vulpes)

Jeune renard un matin, à la fin du mois d’août. 

Le Renard roux

(Vulpes vulpes)

 

Renard adulte, fin novembre.

Le Renard roux est un bel animal ; la littérature a fait beaucoup pour sa popularité auprès des enfants. Et puis, les enfants grandissent ; il peut rester un animal fascinant et utile ou bien devenir un simple nuisible. On l’a longtemps chassé pour sa fourrure à la période hivernale. Une étiquette lui colle encore à la peau, celle d’un voleur de poules porteur de la rage! Mais s’il n’avait que des poules à se mettre sous la dent, il ne survivrait pas longtemps, encore moins longtemps s’il ne comptait que sur les coqs qui dérangent et qui disparaissent de nos campagnes! On lui concède quand même une qualité : être rusé comme … un renard!

Un beau matin de mi-juillet, dans un champ de luzerne récemment coupée.

Je le rencontre de temps en temps et c’est un réel plaisir! L’observer fait prendre conscience de son quotidien et on s’y attache. Je l’ai d’ailleurs choisi comme avatar pour mon site internet. L’été dernier, j’ai eu une expérience intéressante : « je m’étais posté à couvert en bordure d’un champ de blé et d’un bois peu avant le coucher de soleil. Après un petit moment d’attente, un renard adulte a pointé son museau. Il s’est approché de moi par petites étapes et il m’a dépassé en regardant dans ma direction puis il a continué sa route. Quelques minutes plus tard, c’était au tour d’un renardeau de se montrer : il est resté à une distance bien respectable, a hésité un petit moment avec des allers/venues en parallèle et en humant l’air puis il a fait demi-tour. Que s’est-il donc passé pour que le plus expérimenté soit le moins prudent? Peut-être que le plus vieux qui connaissait bien mon odeur ne l’identifiait plus comme un danger potentiel ? »

Présentation

Renard adulte, une femelle, fin août.

« Renard » est un terme un peu générique qui regroupe en fait plusieurs espèces. Je ne les connais pas toutes. Cet article fait référence à celui qui vit dans mon environnement mais j’ai aussi un faible pour celui que j’ai côtoyé pendant de très longues nuits d’hiver au-delà du Cercle Polaire, le Renard arctique, blanc comme la neige à cette période-là. Il était pour moi un sujet de distraction et j’aimais aller à sa rencontre, alors que ses yeux très lumineux trahissaient sa présence dans la lueur blafarde de ma lampe torche.

Rusé comme un renard!

Le Renard roux est un mammifère de taille moyenne au pelage roux marqué de blanc sous le ventre et la gorge, au museau fin et allongé et à la queue longue et touffue. Ce pelage est nuancé de différents tons du jaune clair au marron foncé selon les individus, les endroits et la saison. Le mâle est un peu plus gros que la femelle. Il reste quand même difficile de les distinguer, en dehors de l’observation de l’appareil digital du mâle ou des mamelles de la femelle en période d’allaitement.

La mue du poil a lieu tout au long de l’année. Le pelage du renard est composé de deux couches : le poil de bourre fin, court et très dense constituant la couche inférieure puis le poil de jarre, plus long (jusqu’à 10 cm), plus grossier et nettement moins épais que la couche précédente. Les poils de bourre muent en premier au mois d’avril, puis ce sont les poils de jarre. Le pelage du renard peut parfois prendre un aspect étrange pas vraiment esthétique, avec des poils de longueurs différentes. Les poils repoussent tout d’abord en bas des pattes, puis les parties supérieures du corps muent progressivement durant l’été, en commençant par les flancs, puis le dos et la queue. En automne, le renard commence à retrouver progressivement sa belle toison hivernale, plus dense et plus épaisse que son pelage d’été et qui lui permettra d’affronter la mauvaise saison.

Un face à face que l’on n’oublie pas.

Son odorat et son ouïe sont très développés. Il a aussi une très bonne vue. Je l’observe avec des pièges photographiques à Leds noires sensées ne dégager aucune luminosité et c’est le seul animal, la nuit, à rebrousser brusquement chemin devant la camera et à une distance respectable. Cependant, il a du mal à distinguer à une certaine distance des sujets parfaitement immobiles.

Il ne vit pas très vieux dans son milieu naturel, entre deux et cinq ans en moyenne. Je ne peux pas le constater par moi-même et il peut y avoir quelques divergences selon les sources consultées. La chasse, le trafic routier et la maladie en sont les principales raisons. En captivité, il peut vivre jusqu’à 14 ans.

Son habitat

Un renardeau dans la rosée, mi-juillet.

On le trouve un peu partout, en Europe (sauf tout au nord où il est remplacé par le Renard polaire), en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique du Nord et en Australie où il a été introduit. En résumé, il est très bien représenté, absent seulement des régions très chaudes ou très froides.

Début octobre en moyenne montagne, en rentrant de l’observation du brame du cerf. Il a du mal à m’identifier et fera quelques pas dans ma direction pour se faire une idée. Il se pare de sa fourrure hivernale plus tôt qu’en plaine.

Il fréquente tous les biotopes de la plaine à la montagne (jusqu’à 2 000 – 2 500 m d’altitude environ) et il ne craint pas la proximité de l’homme. Il marque une préférence pour les régions de bocage, les lisières, les taillis, les haies, les petits bois enclavés dans les terrains agricoles. Le Renard roux a une grande faculté d’adaptation. Avec notre urbanisation galopante, son espace vital se restreint et il a appris à prospérer au dépend de l’homme, en colonisant progressivement nos villes où il trouve sa nourriture parmi nos déchets. Je le rencontre plus facilement en moyenne montagne, peut-être parce qu’il y est moins chassé ou perturbé?

Son comportement

Le Renard roux peut vivre en couple (uni qu’au moment de la reproduction) ou en petits groupes familiaux sur un territoire dont la superficie est assez importante (jusqu’à 400 hectares environ). Il n’est pas figé dans un mode de vie et il s’adapte très facilement. Si la nourriture est insuffisante, il reste en solitaire jusqu’à la « saison des amours ».

Dans tous les cas, il chasse seul. Il parcourt inlassablement la campagne au trot ponctué d’arrêts et de retour en arrière, les sens toujours aux aguets. Il a des itinéraires répétitifs et d’autres occasionnels. Pour capturer ses proies, il pratique entre autres le mulotage dans les zones herbeuses ou lors des fenaisons.

Fin juin en pleine chaleur – Un mâle en train de muloter sur une prairie récemment fauchée.

Il existe des estimations de son prélèvement annuel de rongeurs mais dans les faits, celles-ci varient obligatoirement selon les régions et les conditions climatiques. C’est de l’ordre de plusieurs milliers par an. Je souligne seulement que l’ONCFS reconnait que : « Il faut noter qu’il (le renard) a un impact positif sur la régulation des populations de rongeurs ». Le renard arrive à repérer ses proies même sous une bonne couche de neige, en utilisant son ouïe fine.

Renard au crépuscule, en train de chasser dans un champ de luzerne  fauchée.

Début mai en pleine journée, dans un grand roncier. Encore un mâle. Les proies sont là mais difficiles à attraper (je l’ai observé un bon moment).

Il est actif du crépuscule aux premières lueurs de l’aube, sauf en période de nourrissage des petits où il sort même en pleine journée. Il reste quand même plus facile à observer à l’aube.

Mâle ou femelle urinent très fréquemment et en très petite quantité pour marquer leur territoire. La communication par les odeurs est très utilisée. Ils disposent aussi de diverses glandes pour le marquage et/ou communiquer entre eux. Le renard n’est pas vraiment agressif envers ses congénères pour défendre son espace de vie, au contraire des brocards (chevreuil mâle).

Il dispose d’un langage vocal très élaboré, le plus connu étant le glapissement émis essentiellement à la période du rut.

Son alimentation

A l’écoute d’un rongeur!

Son régime alimentaire est très diversifié et contribue à sa capacité d’adaptation. Il est omnivore à prédominance carnivore. Il se nourrit de rongeurs, de lapins, d’amphibiens, d’oiseaux, d’œufs, de fruits (pommes, pêches, cerises, prunes, raisins …), de champignons, etc. Le régime dépend de la période de l’année. Il est fortement déconseillé de cueillir des fruits ou des baies à la portée du renard à cause du risque de contamination par certaines maladies.

Il reste opportuniste et s’intéresse aussi au contenu des poubelles, à la campagne comme en ville.

La reproduction

Mi-janvier en fin de journée, au moment du rut où on peut l’observer plus facilement de jour. Il m’a fixé un bon moment.

Le renard est monogame. Les accouplements ont lieu en ce moment, de mi-décembre à fin février avec quelques variantes locales suivant la température. Puis, la femelle mettra bas ses petits aux beaux jours après deux mois de gestation dans une niche tapissée de ses poils, dans un terrier avec plusieurs sorties. Le terrier est occupé la plus grande partie de l’année par les femelles. C’est parfois celui abandonné par une famille de blaireaux qu’elle modifie. Les deux espèces peuvent même cohabiter sur une même zone de terriers, les blaireaux occupant les niches les plus profondes.

Le choix de l’emplacement du terrier n’est pas dû au hasard, qu’il soit à creuser ou déjà prêt. Il est généralement situé dans un endroit où les rayons de soleil peuvent l’atteindre, sur un sol en pente en terrain sec et meuble à proximité d’un cours d’eau.

Vieux(?) renard pendant sa sieste au soleil sur une « reposée », dans une prairie abandonnée (mi-septembre). Il m’a surpris et a vite décampé dès qu’il m’a repéré.

Sur une « reposée » en moyenne montagne, les sens toujours en éveil et la queue repliée sur le bout du museau. 

Le mâle ne fréquente le terrier qu’après la mise bas de la femelle. Il vit au grand air le reste de l’année et se repose dans la journée sur une « reposée« . Dans bien des cas, se réfugier au terrier demeure la parade favorite du renard pour échapper au danger. Il connaît parfaitement l’emplacement des terriers implantés sur son territoire, ce qui lui permet de s’y mettre à l’abri quelles que soient les circonstances, comme les grands froids ou les grosses précipitations.

Les portées sont de deux à six petits, selon l’état de santé de la mère, son âge et la disponibilité de nourriture. Les petits naissent aveugles et commencent à voir au bout d’une quinzaine de jours. La femelle reste à leur côté pour les allaiter et faire leur toilette pendant que le mâle chasse pour la nourrir. Ils sont sevrés vers un mois et ils délaissent alors le lait maternel au profit d’une nourriture carnée ramenée par les deux parents. Leur pelage laineux roussit en commençant par la face.

C’est le moment où ils s’enhardissent et se mettent à explorer leur environnement immédiat. Ils alternent jeux, bagarres et poursuites autour du terrier, en attente du retour des parents. Ces bagarres leur permettent d’établir une hiérarchie entre eux. Pour voir des vidéos personnelles (pièges photographiques) de renardeaux à la sortie du terrier, c’est : ICI et ICI. Je ne fais pas de photos, je les laisse tranquilles (la femelle peut déplacer la portée en cas de dérangement et qui sait, dans un endroit où ils peuvent être plus vulnérables sans le savoir!).

Début juillet, les jeux et poursuites de deux jeunes renards sur une parcelle fraîchement labourée.

A partir de trois mois, ils peuvent se nourrir seuls sans apprentissage préalable des parents et ils partent à l’aventure. Ils vont abandonner la sécurité du terrier fréquenté par leur mère pour passer plus de temps dans la journée avec le mâle, qui partage leurs jeux.

J’aime bien les observer les soirs d’été à l’arrivée de la nuit, en train de se courser à découvert sur une prairie ou un champ ramassé.

Renardeau dans la rosée. Mi-juillet.

Ils se disperseront à l’automne vers l’âge de 5-6 mois alors qu’ils sont devenus autonomes, les mâles en premier. Certaines jeunes femelles peuvent rester avec leur mère.

Les jeunes renards atteignent leur maturité sexuelle vers 10 mois et peuvent se reproduire dès l’année suivante sur un nouveau territoire. Un territoire vacant pour une raison quelconque (décès naturel ou accidentel) est rapidement récupéré.

Un renardeau, fin août. Il était encore accompagné d’un adulte.

On considère que 80% des renardeaux périssent avant d’arriver à l’âge d’un an.

Leur population

A la tombée de la nuit.

On n’a pas d’information précise sur la population et son taux de renouvellement. En l’absence de directives nationales prévoyant la restitution des données de destruction à tir et par déterrage, les prélèvements de certaines espèces comme le renard restent également mal estimés.

Il y aurait environ 500 à 600 000 renards (estimation de 2014) prélevés chaque année par la chasse, le piégeage, le déterrage et le tir de nuit par des agents habilités. Il n’y a pas de quota de prélèvement comme il en existe pour l’isard, le cerf ou le chevreuil, par exemple. Les effectifs seraient assez stables et l’ONCFS estime la densité moyenne des populations à un renard par km2 (100 hectares) en zone rurale (plus élevée en ville). Sa capacité de reproduction augmente pour compenser un déficit sur un territoire donné, pour une même quantité de nourriture disponible.

Mi-janvier – Dans un fossé, au bord de la route.

Le Renard roux paye aussi un lourd tribut à la circulation routière, en particulier les jeunes!

La Renarde traverse prudemment le sentier montant directement au sommet du Poey (652 m). Son renardeau la suit, insouciant et batifolant au milieu des fougères (cliché de juillet 2019).

Les œuvres éphémères de Thierry Fresneau véhiculent depuis une douzaine d’années un message philosophique et humaniste, un dessin par an. Elles sont immanquables à l’entrée de la vallée d’Aspe, sur la colline du Poey au-dessus du village d’Accous. 2019/2020 est l’ « année du Renard ».

Ses maladies

Le renard fut vecteur de la rage vulpine ; des abattages massifs et des gazages ont eu lieu pour essayer d’enrailler la contagion. Heureusement, un vaccin par ingestion orale a été mis au point et la maladie a officiellement disparue sur le territoire français en 2001.

Il reste vecteur de maladies mortelles pour l’homme, comme l’échinococcose alvéolaire, une maladie du foie causée par un parasite, l’échinocoque. C’est un petit tænia hermaphrodite; ses œufs expulsés avec les fèces du renard contaminent à leur tour les petits mammifères qui seront à nouveau ingérés par les renards. Ces maladies sont transmises par contact buccal avec les excréments des animaux infectés mais aussi, bien plus sournoisement, par la récolte de fruits sauvages (mûres, …) ou de champignons souillés. Attention à la consommation sur place! Un petit bolet cru, c’est bon mais c’est risqué! La maladie affecterait une dizaine à une quinzaine de personnes par an.

L’état général de ce mâle m’avait d’abord intrigué. Sa queue normalement touffue a perdu de l’ampleur. Simple mue.

Il peut aussi contracter la gale sarcoptique, une maladie parasitaire et contagieuse provoquée par un acarien et qui va le faire mourir après d’atroces démangeaisons. Elle est facilement identifiable à l’observation d’importantes pertes de poils, commençant au départ de la queue et derrière les pattes, puis la croupe et le reste du corps. La contamination de toute la famille s’effectue par simple contact. Cette maladie n’a aucune incidence sur la santé humaine et elle est une cause naturelle de régulation de leur population.

Très courte vidéo non choquante d’un renard contaminé par la gale, la queue a déjà perdu tous ses poils (piège photographique, à la mi-mars).

Statut du renard roux

Fin avril – Rencontre avec un mâle dans une prairie fleurie.

Il est classé dans la liste des espèces « susceptibles d’occasionner des dégâts », ex catégorie « nuisibles » et il peut être chassé toute l’année par différents moyens.

La tradition populaire a très longtemps renvoyé de lui l’image d’un mangeur de poules. De nos jours, on multiplie les grands élevages où elles sont confinées, pour finir tuées, plumées et vidées prêtes à cuire. Voir partir dans la gueule d’un renard une poule que l’on avait eu du mal à élever, c’était une grande perte à une période où les conditions de vie étaient plus précaires et difficiles. Est-ce vraiment le cas maintenant? Une enquête objective sur ce prélèvement de volaille par le renard (et autres) serait intéressante à analyser pour le quantifier, en connaître les responsables et voir les précautions prises pour l’empêcher.

Entre chat et loup.

On l’accuse aussi de chaparder le gibier de tir lâché par les sociétés de chasse à la veille ou en période d’ouverture, dont les faisans et perdreaux. Ces animaux d’élevage manifestent leur présence pathétique en déambulant autour des maisons, sur les routes et les chemins; ils n’ont que très peu ou aucune chance de survivre. Ils sont une proie facile pour le renard (mais pas que pour lui) : on ne reproche pas à l’animal de contribuer à la perte de la biodiversité (l’homme est là pour çà), mais seulement de se servir avant « les chasseurs de lâchers ».

L’homme a longtemps chassé pour se nourrir et diversifier son régime alimentaire à partir d’une faune naturelle (le reprocher est un tout autre débat qui ne concerne pas le renard). C’est devenu maintenant et avant tout un loisir. Il faudra bien se rendre compte qu’il y a quelque chose d’artificiel et de vain (sinon pour les trésoreries des associations) à maintenir ces pratiques de lâchers d’élevage en les assimilant à la « pratique de la chasse ». D’ailleurs et à ma connaissance, de plus en plus de chasseurs ne sortent plus le jour de l’Ouverture et certainement pas parce que le renard est passé avant eux; par simple prise de conscience!

A l’écoute d’un rongeur.

Que dire pour défendre le renard? Il rend de bons services à l’agriculture en détruisant un grand nombre de rongeurs. Il permet aussi de réduire la propagation de la maladie de Lyme, maladie qui peut être mortelle pour l’homme. Elle est issue des tiques infectées par la bactérie Borrelia et portées par ces rongeurs. Selon les chiffres de Santé publique France et du réseau de surveillance Sentinelles, l’évolution de cette maladie transmise par les tiques était stable, autour de 26 000 nouveaux cas par an entre 2009 et 2014, avant d’augmenter à 33 200 en 2015 et 54 600 en 2016, puis de retomber à 44 700 cas diagnostiqués en 2017 et 67 000 en 2018. Les associations de patients jugent ces chiffres sous-estimés car de nombreux cas ne sont selon elles pas diagnostiqués. Les prévisions futures du réchauffement climatique auront une incidence à la hausse des nouveaux cas. Les chasseurs avec les forestiers sont les premiers exposés et il n’existe pas de vaccin contre cette maladie.

Enquête publique de juin 2019

Le Ministère de la Transition Ecologique et Solidaire a lancé une enquête publique du 06 au 27 juin 2019 sur un projet d’arrêté pris pour « fixer la liste, les périodes et les modalités de destruction des espèces susceptibles d’occasionner des dégâts » (dont le renard) pour la période du 1er juillet 2019 au 30 juin 2022. Le grand public a massivement répondu (53 853 contributions) en émettant un avis très partagé sur ce projet d’arrêté, avec un avantage aux contributeurs défavorables à celui-ci (65%). Le contenu des commentaires des contributeurs et l’analyse qui en a été faite par le Ministère sont pour moi intéressants à consulter (les liens sont à la fin de mon article). Certains sont très éclairés (dans les deux camps) et d’autres ne sont pas prêts encore pour faire évoluer les mentalités et les pratiques (dans les deux camps également).

Le seul point évolutif est la modification de l’arrêté du 1er avril 2019 relatif à l’exercice de la vénerie et qui encadrait mieux cette pratique. Cet arrêté interdisait la capture directe de l’animal par des chiens et limitait les souffrances des animaux capturés. Suite à cette consultation du public, cette mesure sera étendue à la destruction du renard (dans le projet initial, il pouvait être toute l’année déterré avec ou sans chien).

Apprivoise-moi

La méfiance vis à vis de l’homme du renard n’existe pas à l’origine. Elle est apprise au renardeau au contact de ses parents et par son expérience individuelle.

Le renard peut s’apprivoiser. Ce mot « apprivoiser » ramène immanquablement à la conversation entre le Renard et le Petit Prince de Saint-Exupery (paru en 1943). Cette conversation sert régulièrement pour tirer à boulets rouges sur les chasseurs mais je pense qu’il y a des moyens plus objectifs et efficaces pour défendre le renard. Il y a entre autres des consultations publiques où on peut exprimer son avis en faisant avancer le débat.

J’ai personnellement gardé en tête l’histoire très médiatisée il y a une dizaine d’années d’un certain « Zouzou », renardeau orphelin (mère écrasée sur la route) élevé par une famille; celle-ci avait due se mettre en conformité avec la législation. En effet, la possession d’un renard par un particulier ou tout autre animal (apprivoisé ou non) comme le sanglier, chevreuil, écureuil, etc., nécessite une autorisation préalable et de prendre certaines précautions en accord avec la législation actuelle. On ne se sert plus dans la Nature comme avant.

Il est en principe interdit de détenir un animal sauvage. Mais avec la magie du droit, lorsque certaines conditions sont réunies, l’animal sauvage se transforme juridiquement en animal non domestique et cette détention devient alors possible. Dans le langage courant, les animaux non domestiques sont des animaux sauvages qui ne sont pas mentionnés par l’arrêté interministériel des ministres de l’Agriculture et de la pêche ainsi que celui de l’Ecologie et du Développement durable du 11 août 2006. Ils font partie des animaux apprivoisés ou tenus en captivité, considérés comme des êtres vivants doués de sensibilité. Ils se voient appliquer les règles protectrices du droit pénal, ce qui n’est pas le cas des animaux sauvages.

La seule détention d’un animal non domestique par un particulier constitue un élevage d’agrément (élevage amateur, à but non lucratif). Il lui faut au préalable faire la demande d’un certificat de capacité qui est délivré par l’Administration. Les conditions requises pour obtenir ce certificat visent d’une part à préserver la biodiversité en limitant le nombre des captures, d’autre part de s’assurer des bonnes conditions de vie des animaux vivant en captivité et de garantir la sécurité et la santé des personnes qui s’en occupent. L’animal doit être muni d’un marquage individuel et permanent.

Il est très important de garder en tête qu’apprivoiser un animal ne lui rend pas obligatoirement service, sauf s’il ne peut survivre seul dans son milieu naturel! Et on en devient responsable pour le restant de ces jours.

Fin août.

Article rédigé à partir de mes photos personnelles, de mes observations sur le terrain et d’informations recueillies sur divers sites et qui se recoupent.

Principales sources bibliographiques consultées :

_ http://theses.vet-alfort.fr/telecharger.php?id=510

_ https://lorrainature.wordpress.com/2016/06/07/le-renard-vulpes-vulpes/

_Arrêté du 11 août 2006 fixant la liste des espèces, races ou variétés d’animaux domestiques : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000789087&categorieLien=id

_Arrêté du 8 octobre 2018 fixant les règles générales de détention d’animaux d’espèces non domestiques : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000037491137&categorieLien=id

_ Projet d’arrêté soumis à la consultation publique du 6 au 27 juin 2019 : http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2019-06-06_arrete_especes_susceptibles_occasionner_degats_2019.pdf

_ Projet d’arrêté ministériel soumis à consultation publique du 6 au 27 juin 2019 – Commentaires des contributeurs : http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/projet-d-arrete-ministeriel-pris-pour-l-a1986.html

_ Participation du public à la consultation publique de juin 2019 – Motif de la décision : http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/motifs_de_la_decision_arrete_esod_2019.pdf

_ Synthèse de la consultation publique de juin 2019 : http://www.consultations-publiques.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/2019-07-02_synthese-consultation_2019-italiques.pdf

Ma photo préférée.