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Lumières sur la chaîne des Pyrénées depuis le Vic-Bilh (26 janvier 2019)

Lumières sur la chaîne des Pyrénées depuis le Vic-Bilh (26 janvier 2019)

Les lumières du couchant sur la chaîne des Pyrénées depuis les hauteurs du Vic-Bilh sont magnifiques depuis quelques jours ; un aperçu dans la direction du pic d’Anie (cirque de Lescun).

Lumières en direction du sud, vers l’Espagne. Au-dessus de l’horizon, la ligne THT EDF 400 kV venant de Marsillon (près de Lacq-Artix) et se dirigeant vers la gauche dans la direction de Toulouse et … plus loin.

 

Soleil couchant sur la chaîne des Pyrénées depuis le Vic-Bilh

Tout à gauche, le Visaurin (2670m), situé en Espagne dans la province de Huesca. Il est situé entre les massifs d’Aspe et d’Anie; c’est le plus haut sommet pyrénéen rencontré en venant depuis l’océan Atlantique. Pratiquement au milieu, le pic d’Anie (2504m) faisant partie du cirque de Lescun.

Depuis longtemps, ce bouquet de pins situé sur une crête vers l’ouest en direction des Pyrénées du Pays Basque attire mon regard. Le Pin est un arbre peu courant dans le Vic-Bilh, qui est plutôt dédié aux chênes et châtaigniers.

Le Gypaète barbu

Le Gypaète barbu

Le Gypaète barbu

(Nom scientifique : Gypaetus barbatus)

2018, une année riche en rencontres 

Le Gypaète barbu est le plus grand rapace d’Europe, et aussi le plus rare. Le rencontrer est, pour moi, un véritable cadeau venu du ciel.

8 mars 2016 17:00 – Mon premier gypaète barbu sur le plateau du Benou, encore enneigé (Vallée d’Aspe)

J’ai photographié mon tout premier gypaète barbu début mars 2016, lors d’un « bol d’air » pris en vallée d’Aspe, sur le plateau du Benou. La neige était encore présente. A la fin de la journée qui avait été plutôt maussade et alors que je surplombais le village de Lescun, j’ai aperçu cette forme inhabituelle qui descendait la vallée pour disparaître derrière la montagne. Pensif, je continuais à admirer ce beau cirque de Lescun avec ses sommets mythiques comme les aiguilles d’Ansabère, les deux Billare, … quand quelque chose me fit me retourner instinctivement. C’était lui, se dirigeant droit sur moi à basse altitude, majestueux! Mon cœur bondit ! Sans crainte, il plana devant moi, silencieux. Quelle noblesse! Puis il s’éloigna en m’observant toujours du coin de l’œil (comme j’ai pu le constater sur mes clichés) avant de disparaître. Contrairement aux vautours, il est plutôt rare qu’il fasse une nouvelle passe. De toute façon, au vu de ce qu’il tenait entre ses serres, il allait à son nid. Quel souvenir ! Cette rencontre a été pour moi un véritable privilège.

Je n’ai plus revu de gypaète jusqu’en septembre 2018. Ces derniers mois ont été riches en événements ; cinq rencontres dans cinq endroits différents. Ce fut pour moi un festival d’apparitions : en vallée d’Ossau à deux reprises, en vallée d’Aspe, en vallée d’Aure et en Haute-Garonne. Le gypaète est manifestement un oiseau curieux : trois d’entre eux sont venus me voir à quelques mètres à plusieurs reprises.

26 septembre 2018 14:00 – Gypaète barbu adulte passant devant l’Ossau, cliché pris depuis le col d’Ayous  avec une focale de 200mm, insuffisante

28 septembre 2018 11:15 – Gypaète barbu au sommet d’un col lors d’une randonnée en vallée d’Aure

02 octobre 2018 12:00 – Gypaète barbu juvénile à la Hourquette Chermentas (Hautes-Pyrénées)

11 octobre 2018 16:30 Gypaète barbu au port de Balès (1755m) entre la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées 

19 octobre 2018 14:30 – Gypaète barbu immature et bagué,  au pied de la face sud de l’Ossau

23 novembre 2018 13:40 – Gypaète barbu au début d’une averse de neige, en vallée d’Aspe

Description du Gypaète barbu

11 octobre 2018 16:30 Gypaète barbu au port de Balès (1755m) entre la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées 

Les deux sexes sont semblables, avec la femelle plus grande que le mâle. Le gypaète barbu tient son nom des « mèches » de plumes noires qui encadrent son gros bec recourbé, en formant une barbiche. Il est facilement reconnaissable à l’âge adulte grâce à la couleur rouille orangé de son plumage ventral. Cette couleur n’est pas génétique, elle provient d’une teinture due à des bains répétés d’eau ou de boue ferrugineuses. Les yeux sont jaunes, entourés d’un cercle d’un rouge intense qui lui donne un regard menaçant. Le bec est fort et puissant, aplati latéralement et très crochu. Les pattes sont emplumées. La tête est de couleur crème. Un masque noir entoure ses yeux, et les deux parties du masque se rejoignent sur le haut de la tête, en une fine ligne noire. Ses épaules et ses ailes sont formées d’un plumage ardoisé. Chacune de ses plumes est ornée d’une raie blanche. Il pèse entre 5 et 7 kg pour une envergure entre 2m50 et 2m80. Il peut vivre longtemps, plus de 30 ans.

Gypaète barbu juvénile poursuivi par un Crave à bec rouge 

19 octobre 2018 14:30 – Gypaète barbu immature et bagué au pied de la face sud de l’Ossau, dans le brouillard qui sévira une bonne partie de la randonnée

L’immature est brun, avec la tête noirâtre. Il acquiert son plumage adulte après 6 ans.

Habitat

Le Gypaète est sédentaire et vit chez nous toute l’année en haute montagne, généralement en couple. Leur territoire s’étend sur plus de 50 000 ha, entre 700 et 2300 m environ et comprenant des sites de falaises et surtout de grandes zones de pâtures et d’éboulis où l’oiseau trouve sa nourriture. Il le défend âprement contre l’intrusion de ses congénères.

11 octobre 2018 – Gypaète barbu adulte poursuivi par un grand Corbeau

Il est peu agressif et poursuit rarement les oiseaux qui s’approchent de son nid. Je l’ai vu à plusieurs reprises être pris à partie par bien plus petit que lui sans réaction autre que continuer son chemin.

Lors de journées ensoleillées, … ou pas, on peut apercevoir sa silhouette longiligne aux ailes effilées et à la queue en losange haut dans le ciel, planant au-dessus de son territoire à la recherche de nourriture.

Reproduction

11 octobre 2018 16:30 – Un couple de Gypaètes barbus au Port de Balès (1755m)  entre la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées

Le Gypaète barbu vit en couple et reste fidèle à son partenaire. La parade nuptiale a lieu à l’automne vers la mi-novembre (novembre-décembre). A cette occasion, le couple se livre à des jeux aériens, des vols synchrones, des offrandes, des courbettes ou encore à des soins respectifs.

Le couple construit ou aménage un de ses nids, dans des anfractuosités de falaises inaccessibles et bien à l’abri des intempéries. Les nids sont occupés à intervalles de 4 ou 5 ans, afin de permettre la disparition des parasites accumulés. Il est situé le plus souvent entre 1 500 et 1 800 mètres. Les matériaux utilisés sont multiples : branches, herbes, laine de mouton, poils d’origine animale, ossements, morceaux de peau, …

La femelle gypaète dépose un ou deux œufs début janvier (entre décembre et février). L’incubation dure environ de 55 à 60 jours. Elle est assurée de façon alternée par le mâle et la femelle et se poursuit après l’éclosion jusqu’à ce que le jeune poussin soit apte à réguler sa température. En général, le poussin le plus malingre périt, affamé par le plus vigoureux. Le femelle s’occupe attentivement du petit, et reste au nid pendant plusieurs jours. Le mâle apporte la majeure partie des proies et des os. Le jeune s’envole vers la mi-juillet et est nourri par les parents pendant encore 1 à 2 semaines après son envol.

Le jeune quitte le territoire vers la fin juillet et présente un fort erratisme qui l’entraîne sur toute la chaîne pyrénéenne avant de revenir progressivement s’installer le plus souvent près de son territoire de naissance. Il atteint la maturité sexuelle vers l’âge de 8-10 ans.

Alimentation

8 mars 2016 17:00 – Mon premier gypaète barbu sur le plateau du Benou (Vallée d’Aspe)

Le Gypaète barbu contribue à l’élimination des carcasses en montagne. Les 3/4 de sa nourriture sont constitués d’os, de pattes, de tendons et de ligaments. Il repère les cadavres de moutons ou d’isards et attend que les vautours aient nettoyé la partie molle pour se servir. Il se saisit des os et quand ceux-ci sont trop volumineux, il les laisse tomber d’une hauteur de 50 à 100 mètres sur des pierriers pour les briser. Il recommence autant de fois qu’il est nécessaire. C’est la raison pour laquelle on le surnomme « le casseur d’os ». Son gosier élastique est large et il peut engloutir directement des os entiers qui sont dissous par les sucs digestifs.

Population, répartition et menaces sur le Gypaète barbu

28 septembre 2018 11:15 – Gypaète barbu au sommet d’un col en vallée d’Aure

« En France, il est présent dans les Pyrénées, en Corse. Il a été réintroduit avec succès dans les Alpes et récemment dans les Cévennes. Le Parc national des Pyrénées a constitué, avec le Pays basque, la zone de sauvegarde du Gypaète barbu. Depuis 50 ans, le nombre de couples a augmenté, passant de 3 à 4 couples dans les années 1950 pour atteindre, en 2016, 14 couples dans le Parc national des Pyrénées. 2 à 4 couples sont présents dans chacune des vallées. Menacé de disparition, le Gypaète barbu fait l’objet d’un suivi scientifique important en France et en Espagne. Cette espèce fait l’objet d’un plan national de restauration. Depuis 20 ans, le Parc national apporte un complément alimentaire à certains couples en hiver pour aider à l’élevage du jeune. Une surveillance annuelle est faite pour éviter les abandons de nids suite à survol d’hélicoptères ou autres intrusions ».

Le gypaète barbu est le rapace le plus rare d’Europe. Dans l’ensemble des Pyrénées, le nombre de couples est passé de 61 en 1995 à 160 en 2018, dont 43 sur le versant français. Treize jeunes se sont envolés l’été dernier, nés au sein d’un espace protégé plus à l’abri des dérangements. Rien n’est définitivement gagné, notamment à l’extrémité ouest du massif où la population est en déclin (il ne reste plus que 2 couples au Pays Basque contre 4 en l’an 2000) et où les gypaètes se reproduisent mal à cause de dérangements fréquents aux abords de leurs sites de nidification : survols, travaux bruyants, chasse en battue, fréquentation routière, sports de nature, écobuage, etc.

Le principal prédateur du gypaète était l’homme qui l’a chassé avant qu’il soit protégé en avril 1979 (convention de Berne).

Aujourd’hui, les premiers ennemis de l’oiseau sont souvent les lignes électriques et les câbles des remontées mécaniques. Des mesures de prévention ont été prises pour éviter les échecs de reproduction dus à l’impact des activités humaines comme le survol des nids par les hélicoptères, les parapentes, les delta-plane, les avions de tourisme et aussi les passages trop près du nid des grimpeurs, des photographes animaliers.

En 2018, le Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage 64 Hegalaldia a accueilli trois gypaètes barbus pour des soins :

– « Silvanio, une femelle âgée de 22 ans découverte le 30 janvier par des chasseurs sur la commune de Mendive dans le Pays Basque. Équipée d’une balise GPS, Silviano avait ingéré une boucle d’oreille de brebis en s’alimentant dans le milieu naturel. Une boucle qui avait déclenché un début d’occlusion intestinale et suffisamment douloureuse pour qu’elle s’écrase au sol occasionnant au passage quelques blessures physiques. Durant sa captivité Silviano a complètement digéré cette boucle, entraînant une intoxication au plomb et donc la chute de bon nombre de plumes et un état de faiblesse général. Après avoir eu droit à un lourd traitement pour diminuer les concentrations de plomb dans son sang et après avoir passé un long moment en volière de réhabilitation, Silviano a pu retrouver le milieu naturel d’origine le samedi 23 juin 2018 à 11h au sommet du col d’Haltza, sur la D18 entre Lecumberry et Iraty.

– Le 4 mars 2018, un deuxième gypaète est également trouvé et signalé par des chasseurs sur la commune de Laruns cette fois. Rapidement pris en charge par les agents du Parc National des Pyrénées, ces derniers ont aussi rapatrié l’oiseau jusqu’au centre de soins Hegalaldia. Après avoir heurté une ligne électrique, l’oiseau avait frôlé la mort. En état de choc, amaigri (moins de 4 kilogrammes) et en hypothermie, ilsouffrait de plusieurs plaies aux ailes, aux pattes et sur le corps. Sans oublier le crâne, très touché : ce dernier avait probablement subi l’acharnement des corvidés une fois l’oiseau au sol. Son pronostic vital était engagé. Pris en charge pendant quatre mois par l’association, le grand rapace a pu être relâché en Vallée d’Ossau sur le site de Tormon près du col du Pourtalet, le lundi 23 juillet à 14h.

– Biès (le troisième récupéré), a été trouvé mal-en-point sur le Parc National des Pyrénées. Équipé de marquages alaires, l’oiseau avait développé une infection généralisée et souffrait également d’une importante luxation à une épaule. Il avait également plusieurs rémiges de l’aile droite de sectionnées, ce qui l’handicape d’autant plus. Il est toujours à ma connaissance au centre de soins à la date de rédaction de cet article.
Note: le marquage alaire est couramment utilisé chez les rapaces planeurs. Il consiste à la pose de marques en plastique sur les ailes et permet une reconnaissance individuelle de chaque oiseau à une distance de plusieurs centaines de mètres.

Hegalaldia est une association de protection de la nature, reconnue d’intérêt général. Elle gère l’unique centre de sauvegarde pour la faune sauvage des Pyrénées-Atlantiques (64). Située à Ustaritz, elle intervient aussi sur les départements voisins du sud des Landes et des Hautes-Pyrénées. Elle est soutenue par des bénévoles et par des dons.

En France, le Gypaète barbu est intégralement protégé, classé « En Danger »

Article rédigé le 18 février 2019, à partir de mes photos, de constatations faites sur le terrain et de publications internet dont je cite les liens :

http://www.oiseaux.net/oiseaux/gypaete.barbu.html

http://www.pyrenees-parcnational.fr/fr/des-connaissances/le-patrimoine-naturel/faune/gypaete-barbu

https://www.hegalaldia.org/

28 septembre 2018 11:15 – Gypaète barbu au sommet d’un col en vallée d’Aure

Le Cincle plongeur (Cinclus cinclus)

Le Cincle plongeur (Cinclus cinclus)

Le Cincle plongeur (Cinclus cinclus)

Le compagnon des pêcheurs

Lors d’une randonnée automnale récente dans la vallée d’Ossau, occupé à photographier un oiseau dans le lit d’un gave sur le plateau de Bious, une amie m’observait de loin. Plus tard, elle m’a demandé ce que je faisais et je lui ai parlé du Cincle plongeur. Finalement, elle m’a donné l’idée d’écrire cet article et je l’en remercie.

(octobre 2018 – Cincle plongeur dans le gave de Bious).

(octobre 2018 – l’automne au coucher du soleil sur le plateau de Bious et son gave, au pied de l’Ossau).

Au-dessus des eaux vives du Piémont pyrénéen et des lacs de moyenne montagne, un cri particulier que je reconnais entre mille retient parfois mon attention ; il me fait parfois battre le cœur un peu plus vite. C’est celui d’un Cincle plongeur. Il arrive alors vers moi, rasant la surface de l’eau d’un vol rapide et direct.

Je n’y ai pas toujours prêté attention. J’ai « ouvert les yeux » alors que mon fils Damien m’initiait à la photo. Nous étions allés ensemble dans le Jura pour un séjour de pêche à la mouche chez son ami Nicolas et j’ai aperçu cet oiseau atypique dans le décor des rivières jurassiennes. Je demandai alors à Nicolas le nom de cet oiseau étonnant et unique par son comportement. Depuis, j’ai une affection particulière pour l’« âme » de nos torrents pyrénéens: Gaves, Nestes et Nives aux eaux pures et galopantes.

(Le pays des nestes (Hautes-Pyrénées) depuis le col d’Aspin, au retour d’une sortie aux cincles).

Le cincle est présent et niche en Europe, de l’Espagne à l’Islande, et jusqu’en Russie et en Turquie. En Norvège, il est devenu l’oiseau national. En France, on le rencontre en Corse, les Pyrénées, les Alpes, le Massif central, le Morvan, le quart nord-est et sud-est de la France, sauf la plaine méditerranéenne. On le trouve aussi en Asie et en Afrique du nord.

DESCRIPTION DU CINCLE PLONGEUR

Le cincle plongeur est un oiseau brun au plastron blanc et à la silhouette ronde et trapue, qui vit aux abords des rivières à cours rapide et peu profondes au lit caillouteux. On le surnomme le « merle d’eau » ; il est cependant plus petit que notre Merle noir (Turdus merula). Ses ailes courtes et sa queue souvent dressée lui donnent l’allure d’un gros troglodyte. Mâle et femelle se ressemblent, mais cette dernière est légèrement plus petite.

Son plumage épais est imperméable et lui procure une bonne isolation pour supporter l’eau glacée des torrents.

Les yeux ont une membrane nictitante (1) blanchâtre, visible quand il cligne des yeux. Cette membrane protège ses yeux quand il est immergé. Il voit aussi bien sous que hors de l’eau.

(1)Nictitante : la membrane nictitante est une troisième paupière transparente ou translucide que possèdent certains animaux qui recouvre l’œil afin de le protéger et l’humidifier tout en permettant une certaine visibilité.

COMPORTEMENT

Le cincle plongeur a des particularités étonnantes : c’est le seul passereau à pouvoir plonger et marcher au fond de l’eau. Ses griffes et sa force lui permettent de résister au courant parfois violent et de s’agripper sur le lit du cours d’eau. Il nage sous l’eau à l’aide de ses puissantes ailes entrouvertes.

Il se perche souvent sur une pierre dans l’eau où il exécute d’incessantes révérences, exposant ainsi sa poitrine blanche ; en particulier au cours des parades nuptiales ou lorsque il est excité.

Il défend aussi son territoire contre les intrusions des autres cincles du secteur, posé sur un rocher au milieu de l’eau.

Il peut disparaître brusquement après un bref plongeon depuis son perchoir. On le verra ressortir un peu plus bas.

Le cincle plongeur est habituellement vu seul ou en couple. Sédentaire, il reste sur son territoire toute l’année. Les jeunes, chassés par les parents de leur territoire, doivent se disperser. Ils peuvent changer parfois de cours d’eau.

Il trahit sa présence par l’accumulation de fientes liquides blanches sur certains galets.

HABITAT

Le Cincle plongeur fréquente les fleuves, les rivières et les torrents au cours rapide, au fond rocailleux et où se trouvent des rochers plus ou moins immergés. C’est le compagnon des pêcheurs de truites à la mouche.

Il a besoin d’enrochement à proximité ou de ponts pour nidifier. Il s’adapte bien aux développements humains sur les rives quand l’eau traverse une ville. Il a quand même besoin de rivières proches de l’état naturel, propres et bien oxygénées et de suffisamment de tranquillité.

Le lac Casterau en vallée d’Ossau, où j’ai fait la rencontre de mon premier cincle dans les Pyrénées.

Je n’oublierai plus ce moment-là!

On le trouve parfois sur les bords des lacs, mais surtout dans des zones assez élevées. Dans les Pyrénées, je le trouve régulièrement au bord des lacs d’Ayous à 2000 mètres d’altitude.

ALIMENTATION ET METHODE DE PÊCHE

Le cincle se nourrit principalement de larves d’insectes aquatiques et de petits crustacés qu’il déniche en fouillant le fond du cours d’eau.

On le voit souvent perché sur un rocher au milieu de l’eau, regardant les flots en effectuant de brèves courbettes. Une fois que la proie est détectée, il plonge la tête la première même si le courant est rapide et agité.

Ensuite, il marche sur le fond en agrippant les pierres et les graviers qu’ils retourne afin de faire sortir les petits invertébrés qui s’y cachent. Il marche souvent à contre-courant, les ailes à demi-ouvertes, avec la tête baissée pour localiser une éventuelle proie. La force du courant contre son dos courbé le maintient collé au lit de la rivière.

On le voit aussi la tête plongée dans l’eau en train de retourner les cailloux. Ses plongées durent plusieurs secondes et sont consacrées uniquement à la recherche de nourriture.

Après le plongeon, il lui arrive de se laisser flotter dans le sens du courant sur une courte distance, avec les ailes partiellement ouvertes avant d’émerger.

Afin de glisser sous la surface, il se tend vers le bas, avec la tête bien baissée et le corps oblique, et une fois dans l’eau, il agrippe le fond avec ses griffes puissantes et bouge librement.

Il marche et court aussi sur le sol, sur les rives des cours d’eau, pour chercher des insectes terrestres.

REPRODUCTION

La saison de reproduction a lieu au printemps, et la ponte en mars-avril. Les couples commencent à se former à partir de janvier. Les parades nuptiales sont observables à tout moment de l’année, mais sont plus nombreuses en mars et avril. Au début, la femelle fuit les avances du mâle, qui chante en sa présence, marchant ou nageant comme un canard autour d’elle. La scène est superbe mais elle ne dure pas ; je n’ai pas eu le réflexe de l’immortaliser, captivé par le spectacle. Lorsque la saison des amours approche, la femelle sollicite de la nourriture à son partenaire, en se repliant sur elle-même et agitant ses ailes. Le mâle s’exécute à contrecœur au début, et c’est lorsque ils échangent de la nourriture que le couple est formé.

(Un couple près du nid, situé dans l’enrochement).

La construction du nid s’effectue entre février et avril, avec de la mousse, des tiges et des feuilles, principalement des feuilles de chêne pédonculé.

L’espèce est protégée et classée « préoccupation mineure ».

Article rédigé le 29 janvier 2019 à partir de mes photos, de constatations personnelles faites sur le terrain et de publications internet sur lesquelles je me suis appuyé et dont je cite les liens :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cincle_plongeur et ses liens externes

http://www.oiseaux-birds.com/dossier-cincle-plongeur.html

http://www.oiseau-libre.net/Oiseaux/Especes/Cincle-plongeur.html

23 février 2018 – Le gardien de la Neste (Hautes-Pyrénées).