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Le Cygne tuberculé – Son observation en cours de migration dans le Béarn

Le Cygne tuberculé – Son observation en cours de migration dans le Béarn

Lac de Bassillon – Cygnes tuberculés de passage. Apparemment, 2 couples au plumage blanc et cinq immatures avec quelques plumes encore grises (20 octobre 2019).

Le Cygne tuberculé à l’état sauvage

Une observation dans le nord-est du Béarn

Lac de Bassillon (04 novembre 2019). Deux cygnes tuberculés adultes avec au centre, un immature.

Le Cygne tuberculé (Cygnus olor) est un oiseau pour lequel je n’avais pas d’empathie particulière. Très commun et largement répandu, il a été longtemps pour moi un simple oiseau d’ornement des plans d’eau aménagés et des jardins publics. Un bel oiseau certes, mais qui mène une petite vie tranquille sans efforts! J’ai été surpris de le rencontrer sur un lac collinaire du Vic-Bilh, le lac de Bassillon, et cela m’a incité à m’y intéresser. Un groupe de neuf individus y a fait une halte: je les ai vus le 20 octobre dans la soirée par temps maussade et le 04 novembre 2019 dans l’après-midi sous la pluie (le lendemain de la tempête Amélie). C’était ma première observation dans la région et ils sont depuis repartis. Ils se nourrissaient près des bordures en fouillant dans l’eau peu profonde. D’où venaient-ils? Où sont-ils partis? Je n’en sais rien, mais je n’en avais jamais vu autant à la fois dans la région. Cela m’a incité à faire quelques recherches dans la littérature pour essayer d’en apprendre sur leur présence singulière.

Origine du Cygne tuberculé

Lac de Bassillon (20 octobre 2019) – Un groupe de cygnes tuberculés (adultes et immatures) de passage. 

Il existe en fait plusieurs espèces de cygnes. Le Cygne tuberculé, l’espèce que j’ai photographié, est reconnaissable à son bec orangé à rougeâtre, surmonté d’un tubercule noir charnu et adipeux. Il lui doit son nom vernaculaire.

Les deux sexes sont identiques, sauf à la période de nidification où le tubercule du mâle est plus développé. Les juvéniles ont un plumage brun-grisâtre qui commence à blanchir le premier hiver mais quelques plumes restent grises jusqu’à l’hiver suivant. L’espèce est originaire d’Asie centrale, introduite par l’homme en de nombreux endroits de l’Europe tempérée, d’Amérique du Nord, d’Afrique du Sud, d’Australie et de Nouvelle-Zélande. En France, il a été introduit à l’occasion d’initiatives privées vers la fin du Moyen-Age, comme oiseau d’agrément pour les plans d’eau des demeures seigneuriales. L’oiseau était également consommé lors de grands banquets.

Il est habituellement silencieux et on l’appelle aussi le Cygne muet. Il est normalement sédentaire mais il est quand même considéré comme migrateur partiel car les populations des pays nordiques peuvent migrer en automne (septembre à décembre) vers des contrées plus chaudes, et elles en repartent à partir du mois de mars.

Pour les populations présentes en Grande-Bretagne, en Irlande et en France, il y a peu ou pas de migration ou seulement quelques mouvements locaux. Ces populations sédentaires sont renforcées en hiver par les populations migratrices venant de Scandinavie et d’Europe de l’est.

Jusqu’à un passé récent, le cygne tuberculé ne se reproduisait pas à l’état sauvage en France. Dans un inventaire de l’avifaune en 1936, sa présence était même signalée comme « très accidentelle durant les hivers rigoureux ». Il devient ensuite un nicheur ponctuel. Depuis la loi de Protection de la Nature du 10 juillet 1976, l’espèce est devenue protégée et la population a alors augmenté à un rythme soutenu. Des réintroductions en milieu sauvage ont également eu lieu dans certaines régions à partir d’individus domestiqués. Leur nombre est passé de 50-100 couples en 1970 à 400 en 1982, 1 000 couples à la fin des années 1990, 1 500 – 2 000 couples dans les années 2000 et pour atteindre pratiquement 4 000 couples en 2010. Ces données peuvent un peu varier selon les sources consultées. Il niche plus particulièrement dans les deux tiers nord de la France.

Il a un « cousin » migrateur complet sous nos latitudes, le Cygne chanteur (Cygnus sygnus) appelé aussi Cygne sauvage, dont la taille est un peu plus importante; il est reconnaissable à son bec jaune et noir et à son cou rigide (celui du cygne tuberculé est arqué). Les effectifs français du Cygne chanteur en période d’hivernage sont assez marginaux, quelques dizaines d’individus, essentiellement au lac du Der en Champagne-Ardenne. Son observation dans les Pyrénées Atlantiques est très rare.

La présence du Cygne tuberculé dans l’arrière-pays des Pyrénées Atlantiques

Lac de Bassillon, sous la pluie (04 novembre 2019). Un cygne tuberculé immature à gauche et deux adultes à droite.

Les informations disponibles sont assez restreintes mais intéressantes pour moi. J’ai consulté, en particulier, le site consacré à l’observation des oiseaux d’un éminent naturaliste du Béarn, A. Guyot. Il accumule les données depuis 1984. Son site: https://oiseaupyrenees.blogspot.com

En 1992, A. Guyot signale une première nidification du cygne tuberculé sur le lac d’Artix. Le couple et trois immatures se déplacent en fin de nidification sur le lac de Denguin (situé entre Orthez et Pau). En mars 2011, il publie un cliché de cygnes en train de couver à Artix. En novembre 2017, il signale la présence ponctuelle d’un individu au lac de l’Ayguelongue (appelé aussi de Momas). Il précise que « cette présence est rare car l’espèce n’a pas d’herbier aquatique pour se nourrir, alors q’il niche au lac d’Artix à 11 km à vol d’oiseau, ainsi qu’au marais de Biron à 35 km « . Il publie d’ailleurs en mai 2018 un cliché pris au marais de Biron d’un adulte avec (au moins) 4 poussins.

J’avais pu observer moi-même un individu isolé à ce lac de l’Ayguelongue à la même période; je l’avais pris pour un oiseau domestique en vadrouille.

Dans la revue du Groupe Ornithologique des Pyrénées et de l’Adour (GOPA) d’avril 2001, un compte-rendu du comptage hivernal (hors zone côtière) des oiseaux d’eau de 1996 à 2000 pour la région signale sa présence sur nos lacs collinaires: en 1996, 2 sur le lac d’Artix; en 1997, 2 au lac de l’Ayguelongue; en 1998, 4 au lac d’Artix et 2 au lac de Corbères (Lembeye); en 1999, 16 au lac d’Artix et 3 au marais de Biron (Orthez); en 2000, 11 au lac d’Artix, 8 au marais de Biron. Aucune présence n’est signalée pour le lac de Bassillon. On mentionne aussi dans cette revue que « le Cygne tuberculé a été volontairement introduit à Denguin (entre Pau et Orthez) au début des années 1990 (A. Guyot 1993); l’espèce a colonisé le Gave de Pau et désormais quelques couples s’y reproduisent chaque année. Ces oiseaux sont sédentaires; il ne semble pas y avoir d’apport d’hivernants venus du nord. Quelques oiseaux sont vus parfois sur les lacs collinaires, mais il semble qu’ils aient aussi une origine captive ». Cet état des lieux, bien que déjà ancien, est intéressant car il émet à l’époque des réserves sur la possibilité de présence d’hivernants venant du nord de l’Europe. On y remarque que la population la plus importante est sur le lac d’Artix, lac où A. Guyot apporte le témoignage d’une première nidification en 1992.

La source la plus récente que j’ai pu trouver pour un inventaire complet est dans l’Atlas des Oiseaux Nicheurs d’Aquitaine paru en janvier 2015 aux Editions Delachaux & Niestlé (enquête de 2009 à 2013). Il y est noté qu’en Aquitaine, le cygne tuberculé niche dans les zones humides des 5 départements, mais avec une nette prédominance le long de la côte (étangs littoraux et bassin d’Arcachon), ainsi que ponctuellement le long de l’Adour et des Gaves. Pour la période de cette enquête, la population du cygne tuberculé en Aquitaine est estimée entre 51 et 68 couples. La présence avérée comme espèce nicheuse sur le lac d’Artix et sur le marais de Biron (Orthez) n’y est pas mentionnée.

Le Bassin d’Arcachon est un site important pour la nidification et l’hivernage de l’espèce; j’ai eu l’occasion de l’y voir sans lui avoir prêté d’intérêt en pensant à nouveau qu’il s’agissait d’oiseaux domestiques. Cette population locale s’est développée à partir de 2 couples lâchés dans la Réserve Ornithologique du Teich en 1972.

Lac de Bassillon (04 novembre 2019). Deux cygnes tuberculés adultes au centre, et deux immatures vers l’extérieur.

Alors, finalement, qui sont « mes » cygnes? Déjà, j’ai appris à mieux connaître cet oiseau que je mésestimais. Au vu du contexte, ce sont des cygnes qui se sont reproduits à l’état sauvage et en migration partielle, peut-être même des hivernants. Vu leur nombre quand même assez conséquent, ils peuvent venir de la zone côtière ou du nord de la France, peut-être même de plus haut. Mais, … où sont-ils maintenant?

Principale bibliographie consultée :

_http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/oiseaux/oiseaux-eau/FS287_pere.pdf

_http://www.xn--gopa-pyrnes-ibbb.fr/wp-content/uploads/2014/09/DocOiseaux-deauVol1n1.pdf

_http://www.aquitaineonline.com/culture-livres-musique/livres-cursives/5673-atlas-des-oiseaux-nicheurs-d-aquitaine.html

_http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/oiseaux/oiseaux-eau/rs07_fouque.pdf

_https://oiseaupyrenees.blogspot.com

Le Torcol fourmilier – Une observation dans le Vic-Bilh

Le Torcol fourmilier – Une observation dans le Vic-Bilh

09 novembre 2019 à 15h00 – Un Torcol familier dans le Vic-Bilh, probablement en cours de migration. Il m’a fallu un bon moment pour le localiser et réussir une mise au point. Ce cliché sert uniquement à témoigner de sa présence chez nous. Pour une meilleure connaissance de cette espèce, de nombreuses photos sont disponibles sur internet.

Le Torcol fourmilier (Jynx torquilla)

Je viens de rencontrer mon premier Torcol fourmilier, sur le territoire de Gerderest, un petit village du Vic-Bilh. Il se tenait dans une haie en bordure d’une prairie occupée par des vaches, entourée d’une forêt de chênes et de pins. Après un été et un début d’automne très secs, il a bien plu ces derniers jours avec un épisode neigeux important en montagne (jusqu’à 1m00 de neige à l’ouest des Pyrénées). Cette nuit, j’ai entendu passer des grues et ce matin, de nombreuses grives s’envolent de partout dans les haies. De petites volées de grues continuent à passer dans la journée vers les Pyrénées. Il fait très frais et mon pauvre Torcol le ressent manifestement; je pense qu’il est étonnant de le rencontrer ici et dans ces conditions à cette période de l’année. Il est probablement en chemin pour trouver des températures plus clémentes vers l’Afrique. Il fait sans doute lui aussi partie de cette vague migratoire. Nous sommes placés sur l’axe de migration connu de l’espèce. Je ne l’ai pas revu les 3 jours suivants.

09 novembre 2019, face aux Pyrénées enneigées – Alouettes en cours de migration reprenant des forces dans un labour d’hiver.

09 novembre 2019 – Elles se dirigent toutes vers les Pyrénées. Le lendemain, elles seront obligées de rebrousser chemin ou de changer de direction vers l’océan.

09 novembre 2019 – La chaîne des Pyrénées enneigées depuis le Vic-Bilh, au même moment.

C’est un oiseau proche parent des pics et un peu plus petit qu’une grive; il doit son nom à la curieuse façon qu’il a de tordre son cou très mobile et tourner la tête dans tous les sens.

Son plumage mimétique a la couleur de l’écorce et rappelle celui de l’Engoulevent d’Europe, que j’ai plus souvent l’occasion d’observer. Les deux sexes sont semblables. Il peut être difficile à observer et ce fut mon cas: après l’avoir vu s’envoler d’une haie, j’ai eu bien du mal à le localiser au sein d’un arbre voisin, un jeune châtaignier envahi par la végétation. L’espèce a l’habitude de se déplacer ainsi, en courts trajets sans hâte d’un arbre à l’autre.

Il se nourrit surtout au sol, se déplaçant par bonds successifs. Comme son nom le laisse deviner, il recherche essentiellement les fourmis certaines espèces), leurs larves et leurs nymphes, qu’il attrape de sa longue langue collante. Il collecte aussi d’autres petits insectes sur l’écorce ou les fissures des arbres et des arbustes.

Ce n’est pas un oiseau forestier. Il fréquente les campagnes cultivées avec vergers à haute tige, prés, bocages à herbe rase, bois clairs entrecoupés de champs, bosquets de feuillus, parcs, … Sa présence est un bon indicateur de milieu préservé. Les sites fréquentés sont en général bien secs et bien exposés aux rayons du soleil.

Migrateur, il a des mœurs plutôt solitaires. Il migre de nuit. L’aire de répartition de l’espèce est vaste. Les populations hivernant en Afrique nichent dans la majeure partie de l’Europe de l’Ouest. L’arrivée sur les sites de nidification s’effectue principalement en mars-avril. Le départ s’amorce en août avec un pic au début du mois de septembre et se poursuit jusqu’en octobre. A cette occasion, les observations visuelles sont plus faciles, l’espèce perdant de sa discrétion naturelle. La migration de mon spécimen en dehors de ce créneau m’intrigue.

En période de nidification, le couple recherche un territoire avec des vieux arbres présentant des cavités et des zones herbacées (pelouses, prairies) pour la recherche alimentaire. Il choisit une cavité naturelle pour son nid ou utilise un nid de pic vide. Sa distribution géographique en France pendant la nidification est apparemment homogène dans le Sud-Ouest, une partie du Massif Central et l’Est de la France du nord au sud (Alsace, massif alpin…). Dans les Pyrénées Atlantiques, on le trouve jusqu’à 650m d’altitude d’après les témoignages de présence.

Les quartiers d’hivernage se situent le long des rivages de la Méditerranée, en Afrique du Nord et jusqu’au sud du Sahara. Des individus hivernent régulièrement aussi en France dans les départements du littoral méditerranéen, principalement dans les Bouches-du-Rhône et en Corse.

La densité de population est évaluée à l’écoute: le chant permet de déceler la présence des nicheurs, dont la discrétion rend les contacts visuels difficiles. L’espèce est classée « de préoccupation mineure », mais elle est strictement protégée en France; les effectifs nicheurs s’avèrent en diminution probable de 20 à 50% depuis les années 70. Ce mauvais état de conservation se traduit également par une restriction de son aire de répartition, causes pour la plupart liées aux activités humaines. L’effectif français est estimé à quelques milliers de couples (entre 15 000 et 35 000 en 2012, données Inventaire National du Patrimoine Naturel) et ne représente qu’une faible proportion des effectifs européens.

Si vous en possession d’informations concernant la présence du Torcol fourmilier dans les Pyrénées Atlantiques, les Landes, le Gers ou les Hautes-Pyrénées, je suis intéressé.

(vous pouvez me contacter par la messagerie du site ou l’indiquer en commentaire). 

Source bibliographique principalement consultée, bien documentée :

_https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Torcol-fourmilier.pdf

 

Le Cerf élaphe dans les Pyrénées (Partie 1) – Son origine et la population

Le Cerf élaphe dans les Pyrénées (Partie 1) – Son origine et la population

Le Cerf élaphe dans les Pyrénées

Partie I – Origine de l’espèce, aperçu sur sa population

Un mâle dans la force de l’âge. 

Le Cerf élaphe (Cervus elaphus) est le plus grand mammifère sauvage que l’on puisse trouver en France, à l’exception de l’ours. Il était à l’origine une espèce de milieux ouverts devenue forestière avec l’augmentation de l’activité humaine. On le retrouve aujourd’hui dans les massifs boisés très étendus, d’autant plus s’ils sont peu fréquentés par l’homme. Le mâle ou cerf est un animal majestueux qui a son heure de gloire auprès des photographes à la période du brame. C’est en effet le moment où il est le plus facile à observer. La plupart des clichés de mes articles consacrés à cet animal sont d’ailleurs pris à cette période-là. La biche, sa femelle, est plus facile à rencontrer le reste de l’année.

Origine de l’espèce

Présente depuis la préhistoire dans la montagne pyrénéenne et sur son piémont, cette espèce a été considérée comme éteinte autour des années 1700, causé par une pression excessive de la chasse et la diminution de la surface occupée par les forêts. En 1875, une réintroduction de l’espèce est menée avec un premier lâcher dans le Luchonnais. Les résultats sont initialement encourageants mais après 1920, l’espèce a de nouveau sévèrement décliné.

Vigilant sur une crête!

A partir des années 1950, quelques dizaines d’individus provenant de la réserve de chasse de Chambord ont été relâchés pour la réintroduire à nouveau. Les premiers sont relâchés dans les Hautes-Pyrénées en 1958 en trois fois sur la commune de Ferrère, dans la vallée de Barousse (2 mâles et 10 femelles pleines). Les lâchers suivants ont lieu en Haute-Garonne avec douze autres sur la commune de Cagire suivi de sept biches et trois cerfs en 1966 et 1969 à Luchon, et enfin deux mâles et trois femelles à Melles.

Biche adulte dans une estive.

Un cliché que j’aime bien, au lever du soleil. Une biche, avec son nouveau pelage gris, début octobre. 

A partir de cette souche unique de 38 bêtes (une femelle a péri noyée), les effectifs du cerf élaphe se sont fortement développés et ont colonisé intégralement la zone de piémont mais aussi la haute chaîne. Son aire de répartition locale va maintenant de la limite de la Haute-Garonne à celle des Hautes-Pyrénées, (et vers les Pyrénées-Atlantiques, lire plus loin) selon une densité s’amenuisant de l’est vers l’ouest.

Une scène pas courante, aux premiers rayons du soleil. Un cerf et deux biches (en bas à droite) broutent en compagnie de deux isards (en haut à gauche et au milieu). 

Pour ces Pyrénées centrales, la superficie occupée par le cerf élaphe a été multipliée par 5 de 1985 à 2015 et elle continue à s’étendre. La colonisation a été surtout spectaculaire dans le milieu montagnard.

Les divers intervenants ont décidé qu’il n’avait pas sa place au nord de l’autoroute A64 (Toulouse-Tarbes), pour des questions de sécurité liées à la présence de celle-ci. Une autre raison importante est la présence (dans des départements limitrophes concernés comme le Gers) de massifs forestiers trop petits pour éviter des préjudices aux arbres. En effet, en dessous de 600 m environ, le cerf est nettement inféodé aux forêts de feuillus et résineux.

Dans la sécurité du sous-bois.

Plus récemment une seconde souche de l’espèce est apparue dans les Pyrénées-Atlantiques, au Pays Basque. Son origine provient d’individus issus des monts de Tolède au centre de la Péninsule ibérique et réintroduits dans la partie navarraise (vallées de Salazar et d’Aezkoa) de la forêt d’Iraty. Ces animaux qui n’ont pas de frontières ont essaimé vers la forêt d’Iraty de Soule et le massif des Arbailles au début des années 1980. La forêt d’Iraty est considérée comme étant la plus grande hêtraie d’Europe; elle s’étage de 900 à 1500 m d’altitude de part et d’autre de la frontière franco-espagnole, sur 17 000 hectares dont 2 300 côté français. Des lâchers ont également eu lieu avec succès en Haute Soule en 2006. Depuis 2009, une nouvelle population issue d’un enclos particulier est apparue entre les vallées d’Aspe et d’Ossau, qui comprenait au départ trois individus.

Dans les Pyrénées – Rencontre avec une biche sur une crête, un soir d’été.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, le souhait est de limiter (et interdire si possible) l’implantation de l’espèce au nord de l’autoroute A 64 (Tarbes-Bayonne). A ce jour, on estime la population totale de ce noyau de l’ouest de la chaîne aux alentours de 500 cerfs et biches. Ils se sont bien acclimatés et continuent à prospérer dans ce secteur par endroits inaccessible.

Le cerf élaphe s’est bien adapté au milieu pyrénéen et les individus montagnards sont devenus plus sveltes que la souche d’origine. Un mâle d’âge mûr pèse jusqu’à 170 kg environ, pour 250 kg en plaine. En fin d’été et à l’automne, il monte en altitude (au-dessus de 1 000 m) sur les places de brame à la rencontre des femelles, fréquentant les bordures forestières supérieures puis il redescend en hiver dans les fonds des vallées comme les Baronnies (altitude moyenne 500m) où il reste en sous-bois. Les biches sont généralement sédentaires.

Il est également présent comme espèce réintroduite à la même période des années 1950 dans d’autres départements à l’est de la chaîne des Pyrénées où je ne suis jamais allé l’observer, de l’Ariège aux Pyrénées Orientales en passant par l’Aude.

L’estimation des effectifs au niveau national

Le réseau « Ongulés sauvages » de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) suit l’évolution du cerf élaphe en France depuis 1985 par le biais d’une enquête réalisée tous les 5 ans. Elle est conduite à l’échelle départementale et réalisée par les interlocuteurs techniques ONCFS et FDC (Fédérations Départementales de la Chasse) du réseau.

Le cerf élaphe progresse de façon continue à l’échelle nationale, malgré la mise en place de plans de chasse avec l’attribution de quotas annuels de prélèvement (plans généralisés à l’ensemble du territoire national depuis la loi 78-1240 du 29 décembre 1978, article 17).

Jusqu’en 2010, les effectifs étaient estimés par un minimum et un maximum. Exemple : 30 000 à 45 000 individus en 1985 (9 305 prélevés pour la saison 1984-1985); 55 000 à 75 000 individus en 1995 (18 151 prélevés saison 1994-1995); 130 000 à 190 000 en 2010 (49 344 prélevés saison 2009-2010).

Cette estimation des effectifs nationaux était une donnée subjective et elle tenait dans une fourchette très large. La validité de ces estimations était vérifiée d’une enquête à l’autre, en utilisant le nombre de cerfs réalisés par le plan de chasse qui est une donnée beaucoup plus fiable. L’ONCFS partait du principe qu’une population devrait être en augmentation si les prélèvements (qui sont des données connues) sont inférieurs à 25% des effectifs estimés, et qu’elle devrait diminuer si les prélèvements sont supérieurs à 35%. Toutes les zones dont les données n’étaient pas cohérentes étaient vérifiées et les estimations revues avec les interlocuteurs techniques des départements concernés.

Lors de la dernière enquête en 2015, cette notion a été définitivement abandonnée en accord avec la stratégie de l’ONCFS, qui privilégie à l’heure actuelle le suivi et la gestion des populations par les Indicateurs de Changement Ecologique (ICE) et non plus par des estimations d’effectifs. Il existe quatre indicateurs spécifiques au cerf: un indicateur appelé « Indice Nocturne » pour l’abondance des populations et trois autres pour la performance des individus prélevés (« masse corporelle des jeunes », « longueur des dagues » et « taux de gestation des femelles de deuxième année »). Ce suivi est complété par deux autres indicateurs pour la pression exercée sur le milieu forestier, mais qui s’appliquent à tous les ongulés (« variation de la pression de consommation des ongulés » et « variation de la pression de consommation des ongulés sur les semis de chêne »).

Pour la campagne de chasse 2017-2018, 62 418 individus tous confondus ont été prélevés au niveau national.

La population pyrénéenne

Mâle adulte en altitude, parmi les myrtilliers.

On sait que la population du cerf élaphe dans les Pyrénées est en progression continue depuis sa réintroduction. Je n’ai pas trouvé d’information récente sur sa population. La raison en est le changement de stratégie de l’ONCFS évoquée dans le paragraphe précédent. Les comptages sont rendus difficiles par la complexité du biotope et par le développement géographique des populations. La séparation des massifs à cerf n’est plus aussi évidente à l’heure actuelle que par le passé.

Période du brame dans les Pyrénées – Un cerf et une biche adultes, celle-ci accompagnée de son faon (à sa gauche) et de sa fille de l’année précédente.

L’observation sur secteur de rut des mâles et femelles et les écoutes à la période du brame pour apprécier l’évolution de la répartition spatiale ne sont plus utilisés. L’indice nocturne de présence en fin de chasse fournit une tendance d’évolution des effectifs.

On voit bien que l’estimation est très aléatoire; les intervenants ont des difficultés pour s’avancer au-delà d’une impression de tendance.

Dans le plan de chasse 2017-2018, il a été prélevé 1 477 individus (âges et sexes confondus) dans les Pyrénées-Orientales, 1 623 en Ariège, 1 761 dans la Haute-Garonne, 1 902 dans les Hautes-Pyrénées et 156 dans les Pyrénées-Atlantiques, en deçà des quotas attribués pour tous ces départements.

En considérant que cette population augmente malgré les prélèvements effectués et que ceux-ci représentent 20 à 25% des effectifs, j’avance comme ordre d’ici une fourchette de 8 000 à 10 000 individus pour la Haute-Garonne, un peu moins pour les Hautes-Pyrénées et 500 à 600 pour les Pyrénées-Atlantiques.

Une rencontre en soirée.

Je vous encourage à regarder mes trois articles suivants, consacrés d’abord au vocabulaire spécifique au cerf élaphe et à ses classes d’âge, puis à son mode de vie et enfin, au brame.

Article rédigé à partir de mes photos personnelles et de quelques sources internet dont je cite les liens :

http://www.oncfs.gouv.fr/Connaitre-les-especes-ru73/Le-Cerf-elaphe-ar978#

http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/mammiferes/ongules/reseau_ongules_sauvages_oncfs_fnc.pdf

http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/publications/revue%20faune%20sauvage/FS-314-trente-ans-de-suivi-cerf-france.pdf

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-aquitaine.org/userfiles/Atlasmammifres/AMSATome2.pdf

http://www.pyrenees-orientales.gouv.fr/content/download/16935/135834/file/2-Partie-1-projet-SDGC-2016-2022.pdf

http://www.hautes-pyrenees.gouv.fr/IMG/pdf/Memoire_Redaction_final_cle0d26ec.pdf

https://oatao.univ-toulouse.fr/12176/1/Mottier-Vidal_12176.pdf

La bâche d’ensilage, « un envers du décor » – Septembre 2019

La bâche d’ensilage, « un envers du décor » – Septembre 2019

Triste spectacle que ces bâches et ficelles emportées dans le lit de ce ruisseau où elles ont été « oubliées » !

La bâche plastique d’ensilage

ou la pollution d’un petit ruisseau du Vic-Bilh

Enfin propre, et … naturel après quelques efforts!

L’ensilage a permis l’industrialisation de l’agriculture et l’élevage dense, hors sol. Cette technique de conservation a connu un essor significatif dans notre pays dès la fin des années 60 associé à celui du machinisme agricole et au développement de la culture du maïs. La conservation de l’herbe par ensilage s’est développée avec l’intensification de la production fourragère, afin d’optimiser sa gestion annuelle.

Les films de bâche d’ensilage pour la couverture de tas de fourrage sont devenus un incontournable pour certaines exploitations agricoles tournées vers l’élevage. Ils sont utilisés sur deux types de silos, le silo taupinière et le silo couloir (délimité par deux murs), où ils recouvrent le tas de fourrage sur une largeur de 6 à 20 mètres.

Fabriqués à partir de polyéthylène (PE), la fonction de ces films est d’obtenir une bonne étanchéité à l’air et à l’eau. Leur durée de vie (exposition aux UV) est communément d’une année mais peut aller jusqu’à deux à trois ans dans certains cas. Certains agriculteurs recouvrent la bâche neuve avec la bâche de l’année précédente afin d’assurer une protection physique supplémentaire. Leur épaisseur est généralement comprise entre 100 et 180 microns (0,10 à 0,18 millimètre). Ils sont apparus sur le marché il y a pas mal d’années déjà, sans qu’il y est en parallèle une filière bien structurée de collecte des matériaux usagés. Depuis 2008, la situation a évolué dans le bon sens.

Cependant, des bâches restent encore entassées de nos jours en bordure de chemin ou de champ, recouvertes par la végétation, mais aussi dans des lieux où elles ont un impact plus nocif sur l’environnement. C’est la raison de cet article.

Un petit ruisseau pollué par de la bâche d’ensilage.

En juillet 2018, je suis revenu me promener avec mon fils au bord d’un petit ruisseau où nous allions parfois pêcher. C’était il y a une vingtaine d’années déjà, le temps passe vite. Cette promenade devait être un plaisir, nous avions gardé le souvenir d’un joli coin de nature et nous espérions assister au frai des vairons et en faire des photos. Nous l’avons retrouvé dans un triste état!

La désolation! Il y en a partout comme çà!

De la bâche d’ensilage mais aussi des grands sacs en plastique se délitant en petits morceaux.

Les lambeaux de bâche accrochent un peu partout dans la végétation et se déchirent, accompagnés de bouts de ficelle en polypropylène (sigle PP). 

Désolant!

Dès les premiers mètres dans le lit du ruisseau, c’est un désastre! C’est un cimetière de bâche d’ensilage! Il y en a partout, dans le lit et sur les rives! Ce ruisseau a connu un débordement inhabituel il y a plusieurs années déjà, comme on peut le constater aux stigmates encore visibles malgré le temps passé. Lors de cette inondation, l’eau a entraîné avec elle un dépôt de bâches situé probablement à proximité immédiate, mais aussi des sacs plastiques et autres déchets divers et variés. Des lambeaux pendaient partout, accrochés aux branches des arbres, coincés au milieu des troncs charriés par la montée des eaux, partiellement enfouis dans le lit du ruisseau par le sable et les graviers transportés, accrochés aux racines, etc. Il y en avait de toutes tailles, de quelques centimètres jusqu’à plusieurs mètres.

La partie émergée seulement. Certaines bâches sont enfouies sous plusieurs dizaines de centimètres de sable et de graviers.

Des bâches, mais aussi des ficelles en polypropylène.

Elles se déchirent en petits morceaux. Et toujours de la ficelle!

Heureusement, les racines jouent un rôle de ralentisseur de la dispersion des déchets. 

Le spectacle est de plus en plus désolant au fur et à mesure que l’on remonte le ruisseau. Heureusement, le ruisseau n’a pas cessé de vivre : quel plaisir d’observer dans les trous d’eau la présence d’une quantité impressionnante de vairons, goujons et autres petits poissons comme la lamproie de rivière, qui évoluent sans s’inquiéter de la présence de tous ces déchets!

On se promet tous les deux de faire quelque chose pour ce ruisseau, il ne peut rester en l’état! Cela ne sera pas possible dans l’immédiat mais l’idée va rester ancrée en moi.

Le nettoyage du ruisseau.

Ce dimanche 16 septembre 2018, au moment du déjeuner, il me vient brusquement une idée : il fait très beau, si j’allais nettoyer ce pauvre ruisseau? « La grande journée mondiale de nettoyage de la planète 2018 » est déjà passée d’un jour mais il n’est jamais trop tard pour essayer de bien faire. De plus, c’est le moment où le débit d’eau est au plus bas et le lit du ruisseau est partout accessible. Les feuilles commencent déjà à tomber, il ne faut pas tarder. Avant que mes bonnes intentions ne retombent (cela m’arrive parfois), me voilà parti! En effet, je me demande de plus en plus souvent à quoi tout cela peut bien servir! Le temps qui passe est devenu le temps qu’il me reste et je ferais mieux de l’occuper à autre chose! Mais je sais que je ferai plaisir à quelqu’un, si ce n’est à moi!

Rassemblement en tas des déchets souillés de sable, graviers et végétaux divers, avant de les remonter au point de collecte.

Je passerai en fait deux journées à nettoyer la partie la plus visiblement polluée, en regroupant les bâches et déchets divers par tas puis en rassemblant le tout à un endroit accessible pour la collecte. Je ne compte pas les suées en tirant sur les lambeaux de bâches partiellement enterrés et les A/R pour remonter les tas alourdis par l’eau piégée dans les replis et les détritus divers (sable, graviers, etc.).

L’évacuation des déchets

Opération de collecte et d’évacuation des déchets avec une remorque.

Tout s’est bien passé tant qu’il ne s’agissait que de transpirer. Maintenant, les complications arrivent. Ignorant de la réglementation sur ce type de déchets, je voyais les choses d’une façon très simpliste en pensant ramener mes déchets (qui ne m’appartiennent pas) à la déchetterie publique. « Non, Monsieur, nous ne les prenons pas. Il s’agit de bâche agricole, il y a une filière de collecte spécifique pour cela. Mais je ne suis pas un agriculteur, je suis un particulier. Cela ne change rien, je ne peux rien pour vous. Je vous conseille de vous renseigner dans le milieu agricole ».

Nettoyage des bâches et autres déchets plastiques à l’eau, puis séchage et triage.

De retour à la maison avec mon chargement, je passe quelques appels pour résoudre ce problème imprévu, à aborder avec tact dans ma situation de particulier qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. Après quelques contacts, je trouve enfin une solution pour évacuer proprement et dans le respect total de la législation en vigueur ma cargaison encombrante auprès d’un organisme habilité. Et, bien sûr, j’ai eu droit à la remarque : « pourquoi faites-vous çà? Ce n’est pourtant pas à vous de le faire ». Rien n’est aussi évident!

Malheureusement, l’agriculteur a probablement commis une erreur dont il n’est peut-être même pas au courant. Je n’ai personnellement aucune idée de l’origine de ces déchets. Ils ont sans doute été stockés à une époque où il n’existait pas de filière de collecte. Mais où sont donc tous les garde-fous à ce genre de situation? Il n’en manque pas pourtant, qui sont plus concernés que moi!

Je suis revenu voir le ruisseau ces jours-ci, un an après l’avoir nettoyé. Il n’a pas plu depuis longtemps et son niveau est au plus bas, c’est impeccable pour vérifier son état. Quel plaisir de le retrouver sous son aspect naturel! J’ai eu quand même deux demi-journées de nettoyage pour terminer le travail comme je le souhaitais.

Quelques bribes éparses de plastique traînent encore par-ci, par-là, c’est négligeable. A droite, un résidu de sac plastique, matière qui se dégrade rapidement en nombreux morceaux.

Ce bout de bâche se retrouve à nu et est facilement récupérable.

En laissant les choses en l’état, les …aines de m2 de bâches présentes finissent en confettis qui sont entraînés vers l’aval. Durée de vie du Polyéthylène? 

Un morceau de bâche charrié par les eaux depuis l’amont.

Un morceau de pneu, une courroie, de la ficelle en polypropylène, de la bâche brûlée, etc.

La partie que j’avais nettoyé l’an dernier était pratiquement propre; j’ai seulement ramassé quelques petits lambeaux accrochés çà et là à quelques branches.

A partir de là, je commence à retrouver quelques déchets charriés depuis l’amont sur une partie que j’avais déjà nettoyé, rien d’important. 

Jusque là, la quantité de déchets ramassés sur la partie nettoyée l’an dernier remplit au 3/4 un sac poubelle de 100 litres, c’est un succès pour moi!

La limite amont de la zone nettoyée l’an dernier (2018) est évidente, la voici!

Etat n°1 : avant le nettoyage.

La quantité de lambeaux de bâches récupérés uniquement sur la photo ci-dessus!

Un martin-pêcheur est venu se poser en ma présence sur la branche, attiré par les fourmis qui sortaient des bâches où une fourmilière s’était installée. Il m’a agréablement surpris!

Etat n°2 : après le nettoyage. 

La limite amont de mon intervention de cette année (2019) est située au niveau de cette confluence, à laquelle je ne toucherai pas pour laisser un témoignage! On devine à gauche des lambeaux retenus par les ronces. 

Puis, j’ai continué le nettoyage jusqu’à une confluence au-delà duquel le ruisseau se restreint et est partiellement fermé par la végétation envahissante sur les rives; il est donc peu accessible. Les déchets, retenus par les ronces, n’iront pas plus bas et les enlever serait un chantier qui n’est plus compatible avec mes possibilités d’intervention.

Sur la carte des cours d’eau de la Direction départementale des Territoires et de la Mer des Pyrénées-Atlantiques en date 8 février 2019, le cours d’eau au-delà de la confluence est à expertiser (comme bien d’autres, il n’y a aucun rapport avec le sujet de cet article). S’il l’est un jour, cela sera peut-être bénéfique pour lui.

Bâche enfouie à quelques mètres du bord, lorsque le ruisseau est sorti de son lit (avant). 

Bâche enfouie à quelques mètres du bord, lorsque le ruisseau est sorti de son lit (après). 

L’an dernier, cette bâche était enfouie et retenue par un arbre enseveli dans le lit du ruisseau. Je n’avait pu enlever que la partie émergée. Les eaux en période hivernale l’ont dégagée et l’ont rendue accessible. 

La bâche dégagée. J’ai mis un point d’honneur à enlever tout ce qui pouvait rester encore apparent dans le lit du ruisseau.

La deuxième demi-journée a été consacrée à déterrer à la pioche les lambeaux de bâches restés partiellement enfouis depuis l’an dernier et à évacuer le tout.

J’ai ensuite pris le temps de faire un A/R pour m’assurer que ce petit coin que j’ai redécouvert après l’avoir longtemps ignoré était enfin « PROPRE »! La suite en quelques clichés :

Désormais, je pourrai amener du monde dans ce petit cours d’eau qui a retrouvé son aspect naturel sur 440 mètres de son parcours. C’est si insignifiant mais quand même si utile pour toute la biodiversité insoupçonnée qui l’a adopté. J’ai été surpris d’y observer des Grenouilles Agiles de toutes tailles que j’ai fait bondir pendant mon intervention.

Je termine ce petit reportage par un rappel de la réglementation applicable aux bâches d’ensilage, pour ceux qui ont encore le courage de lire. Personnellement, j’en ai retiré des enseignements sur les filières des déchets. L’information ne circule jamais assez! Et ceux qui devraient savoir ne sont pas toujours les mieux informés!

Le cadre réglementaire des déchets 

Article L 541-2 du code de l’Environnement (ordonnance n°2010 -1579 du 17 décembre 2010 – art.2, consultable ICI ) : « Tout producteur ou détenteur de déchets est tenu d’en assurer ou d’en faire assurer la gestion, conformément aux dispositions du code de l’environnement. Tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de la gestion de ces déchets jusqu’à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers. Tout producteur ou détenteur de déchets s’assure que la personne à qui il les remet est autorisée à les prendre en charge ».

Article L 541-3 du code de l’environnement (modifié par la loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019 – art. 9, consultable ICI ) : « Lorsque des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du code de l’environnement et des règlements pris pour leur application, l’autorité titulaire du pouvoir de police compétente avise le producteur ou détenteur de déchets des faits qui lui sont reprochés ainsi que des sanctions qu’il encourt et, après l’avoir informé de la possibilité de présenter ses observations, écrites ou orales, dans un délai de dix jours, le cas échéant assisté par un conseil ou représenté par un mandataire de son choix, peut le mettre en demeure d’effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé ». … 

Article L 172 du code de l’environnement, définissant l’autorité titulaire du pouvoir de police compétente (modifié par la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 – art.30, consultable ICI ) : « Outre les officiers et agents de police judiciaire et les autres agents publics spécialement habilités par le présent code, sont habilités à rechercher et à constater les infractions aux dispositions du présent code et des textes pris pour son application et aux dispositions du code pénal relatives à l’abandon d’ordures, déchets, matériaux et autres objets les fonctionnaires et agents publics affectés dans les services de l’Etat chargés de la mise en œuvre de ces dispositions, ou à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, dans les parcs nationaux et à l’Agence française pour la biodiversité ».  

Article 16 du code de police pénale, définissant la qualité d’officier de police judiciaire, consultable ICI, la qualité d’agence de police judiciaire (Article 20) consultable ICI et agent de police judiciaire adjoint (Article 21) consultable ICI.

La filière de récupération et de valorisation des F.A.U

Les FAU (Films Agricoles Usagés), issus d’une activité professionnelle, sont considérés comme des déchets professionnels. Les exploitations agricoles détentrices de ces déchets ont la responsabilité directe de la gestion et de l’élimination de ceux-ci. Elles doivent être en mesure de prouver qu’elles ont bien évacué leurs déchets dans les conditions requises. L’enfouissement et le brûlage sont interdits. Jusqu’en 2009, les agriculteurs se trouvaient souvent sans solution. Les bâches d’ensilage sont collectées depuis 2009 dans les Pyrénées Atlantiques.

Les déchetteries ne sont pas tenues d’accepter ces types de déchets (pages 19 et 48 du Plan départemental de gestion des déchets ménagers et assimilés des Pyrénées Atlantiques, novembre 2008, consultable ICI ).

En 2008, le Comité français des Plastiques en Agriculture crée la commission APE (Agriculture Plastiques et Environnement) et met progressivement en place la filière nationale de collecte et de valorisation des films plastiques agricoles usagés confiée à Adivalor. Elle permet :
– la mise en conformité du monde agricole avec  la réglementation,
– l’apport aux agriculteurs d’une solution pour l’élimination de ces films plastiques usagés,
– une contribution à la protection de l’environnement par abandon des pratiques d’élimination devenues interdites (brûlage, enfouissement, mise en décharge),
– une économie de matières premières par fabrication de matière première secondaire,
–  le développement des capacités de recyclage et la création d’emplois.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, la chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques en partenariat avec les distributeurs, la Fédération départementale des Cumas (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole), le GDS (Groupements de Défense Sanitaire, associations gérées par et pour les éleveurs) et Adivalor (Agriculteurs, Distributeurs, Industriels, pour la Valorisation des déchets agricoles), propose depuis quelques années déjà un ensemble de collectes adaptées aux besoins :
– produits phytosanitaires ou vétérinaires,
– bidons usagés,
– big-bag, sac d’engrais de semence,
bâches plastique, filets, ficelles.

Les déchets sont à rapporter au distributeur. Chaque apport de produits, quel qu’il soit, donne lieu à la remise d’un bon de livraison à l’agriculteur certifiant la gestion de ses déchets selon des « bonnes pratiques agricoles ». Ce document doit être conservé dans le cadre de la conditionnalité des aides PAC (Politique Agricole Commune). Aujourd’hui, Adivalor (structure 100 % professionnelle agricole) et les distributeurs contribuent financièrement en totalité aux opérations mises en place.

Dans les Pyrénées-Atlantiques (mais aussi dans tous les départements), une collecte des déchets annuelle est aussi proposée aux agriculteurs auprès de plusieurs sites, à des dates définies à l’avance et selon certaines modalités. Pour en savoir plus, cliquer  ICI

 Le recyclage des films agricoles

Constitués de polymères homogènes et de bonne qualité, les films agricoles permettent un recyclage facile et donnent naissance à une matière première secondaire de bonne qualité. En revanche, ils peuvent avoir un taux de souillure (terre, eau, débris végétaux) assez élevé, le plus souvent très supérieur à beaucoup de films d’origine industrielle. Ils doivent être nettoyés, pliés et séparés!

La bonne pratique est de : dérouler entièrement les bâches, puis d’enlever les corps étrangers (pierres, morceaux de bois, etc.) avant de les balayer pour retirer un maximum d’ensilage, de terre et de sable. Ensuite, les plier puis les ficeler, avant de les stocker à l’abri.

Sources consultées :

https://pa.chambre-agriculture.fr/gestion-de-lentreprise/je-securise-mon-entreprise/gerer-ses-dechets/

https://www.adivalor.fr/collectes/films_plastiques_elevage.html

http://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/plan_64.pdf

https://www.dechets-nouvelle-aquitaine.fr/gestion-dechets/?dpt=64&dcht=57&orgtype=7

Le Coucou gris – L’observation d’un juvénile (04 août 2019)

Le Coucou gris – L’observation d’un juvénile (04 août 2019)

Coucou gris juvénile – Observation du 4 août 2019.

Le Coucou gris

(Nom scientifique : Cuculus canorus)

Le Coucou gris est un migrateur strict, largement connu du grand public par son chant mais aussi méconnu par sa discrétion. Il est très commun et difficile à observer : c’est un oiseau solitaire (hors reproduction) et qui se montre très peu. Le chant du mâle permet parfois de le localiser et la femelle est quasiment invisible.

En France, la façade atlantique est colonisée la première, lors de son retour aux beaux jours. Dans le Vic-Bilh, j’attends le premier chant avec impatience, il confirme l’arrivée du printemps. C’est celui du mâle, qui arrive avant les femelles : 28 mars 2009, 24 mars 2010, 26 mars 2011, 24 mars 2012, 22 mars 2013, 30 mars 2014, 28 mars 2016, 27 mars 2017, 28 mars 2018, 25 mars 2019! Et avant? Je ne pouvais pas vivre aussi bien au rythme de la Nature et mes observations étaient moins fiables.

Une fois arrivé, le « cou-cou » sonore, clair et répétitif du mâle résonne à toute-heure, parfois très tôt; c’est celui de la parade pour attirer les femelles et pour éloigner les rivaux. On l’entend essentiellement pendant la période de reproduction. La femelle ne chante pas. Elle pousse un cri qui ressemble à une sorte de gloussement, une série assez longue de sons descendants. Le mâle répond aussi bien au chant d’un autre mâle qu’au cri de la femelle, et peut être attiré facilement par une imitation surtout en début de cycle reproducteur, où il est assez excité.

J’ai régulièrement l’occasion de l’observer en vol, quand il traverse entre deux bosquets d’arbres. On peut le confondre facilement avec un épervier : c’est ce que j’ai failli faire aujourd’hui, pensant qu’ils étaient tous partis! Jusqu’à présent, je n’étais pas sensibilisé à la migration retardée des jeunes!

Coucou gris juvénile se nourrissant sur une pelouse.

L’oiseau se nourrit majoritairement de chenilles qu’il trouve sur le sol, les plantes ou les buissons, avec une prédilection pour les grandes poilues, et souvent urticantes, que délaissent beaucoup d’autres espèces. Son arrivée par la façade atlantique est à mon avis en partie liée à la présence en très grand nombre de la chenille processionnaire dans les forêts de pins, au début du printemps. Cette chenille a très peu de prédateurs : les différentes espèces de mésanges consomment les œufs l’été et les jeunes chenilles en automne et en hiver, puis les coucous prennent le relais au début du printemps pendant la procession, puis la huppe faciès s’attaque aux chrysalides, et enfin l’engoulevent mange les papillons adulte.

Si son arrivée est claironnée, son départ est beaucoup plus discret.

Après s’être reproduits en pratiquant la méthode du parasitisme de couvée, les parents coucous peuvent déjà repartir vers l’Afrique au début de l’été. En effet, ils n’ont pas besoin de couver les œufs ni de nourrir les jeunes et ils nous quittent avant que les jeunes coucous soient prêts pour migrer.

Cette reproduction est largement documentée sur internet, si on veut plus de détails. Après le début de la ponte de l’espèce-hôte choisie, la femelle remplace un seul œuf par nid (en le gobant parfois) par un des siens : elle dépose ainsi en moyenne une dizaine d’œufs dans une dizaine de nids différents d’oiseaux-hôtes, au cours du printemps. Elle pond un œuf tous les deux jours et le nombre total d’œufs peut être bien plus élevé, jusqu’à une trentaine à la fin juin, d’après la littérature. Chaque femelle semble se spécialiser dans le parasitisme d’une espèce-hôte particulière, peut-être celle qui l’a élevée. L’œuf se rapproche par sa couleur de ceux de l’espèce-hôte. Il n’existe pas d’œuf de coucou type : les teintes sont très variables.

Le taux de réussite de la reproduction est assez faible, de l’ordre de 20 à 30 %.

Dans le Vic-Bilh, le coucou adulte se met en route de fin juin à mi-juillet environ. Je ne m’en rends pas compte de suite à cause de sa discrétion habituelle: le chant si caractéristique du mâle s’est espacé dans la deuxième quinzaine de juin et je ne remarque leur absence définitive qu’au bout de quelques jours, quand la forêt est redevenue « silencieuse » et que je n’observe plus ce vol rapide et direct à basse altitude entre deux bosquets.

C’est un migrateur solitaire, qui vole essentiellement de nuit. Après avoir accumulé des réserves énergétiques suffisantes sous forme de graisse, il migre directement en parcourant de très grandes distances!

Le jeune coucou, quant à lui, s’envole un à deux mois plus tard, sans avoir jamais connu ses vrais parents : il est instinctivement capable de migrer seul, sans qu’un adulte lui montre le chemin. Le comportement du coucou est en effet inné et le jeune trouve instinctivement les quartiers d’hiver de l’espèce lors de son premier long voyage en solitaire, un voyage vers l’inconnu! Il fait partie de ces migrateurs au long cours (ou longue-distance) qui hivernent au sud du Sahara, essentiellement des espèces insectivores comme lui et dont la source d’alimentation est trop rare au nord du Sahara en hiver pour subvenir à leurs besoins. Ce sont les premières espèces migratrices à repartir.

La destination finale des coucous ne se recoupe pas suffisamment selon les sources consultées et je préfère rester vague à ce sujet.

Ce dimanche 4 août, j’observais les allées et venues d’un oiseau pris d’abord pour un épervier et j’ai découvert ce juvénile sur mes clichés : j’ai alors appris quelque chose de nouveau pour moi, la migration retardée des jeunes coucous!

Les jeunes ont des plumages variables mais souvent roux avec une tache blanche à la nuque, que l’on voit bien sur les clichés.

Chassé par un Geai des chênes! La ressemblance avec un rapace (épervier, entre autres) peut entraîner une méprise chez d’autres oiseaux et déclencher leur attaque à coups de bec.

06 août 2019 – Notre deuxième rencontre, sous une belle lumière matinale. Je ne le reverrai plus. L’approcher ainsi m’a bien appris sur le mode de vie de cet oiseau. Bon vent vers l’Afrique!

« Le folklore, dans mes Landes natales entre autres,  raconte que si un promeneur a de l’argent en poche lorsqu’il entend le premier coucou de l’année, il sera riche l’année entière ».

Article rédigé à partir de mes photos personnelles. Sources bibliographiques consultées :

https://www.migraction.net/index.php?m_id=1517&bs=169

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.nature79.org/userfiles/COINnaturaliste/Ornitho/FicheCoucou.pdf

https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Coucou-gris.pdf

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

(Nom scientifique : Leiothrix lutea)

Informations générales

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon est un magnifique oiseau au chant mélodieux (mâle) originaire d’Asie du Sud-Est et non du Japon comme son nom commun le laisse imaginer. Introduit en France pour alimenter les volières d’ornement, on le trouve depuis quelques années à l’état sauvage. La colonie la plus importante se trouve dans le Sud-Ouest. A l’origine, une dizaine d’individus se seraient échappés au début des années 1990 d’une volière couchée par une rafale de vent chez un particulier dans la région de Laroin (Pyrénées-Atlantiques). Ces oiseaux se sont parfaitement adaptés à leur nouvel environnement et se sont reproduits. Leur résistance naturelle aux conditions difficiles (celles des contreforts de l’Himalaya) ont également facilité leur implantation chez nous.

Cette origine, donnée au conditionnel dans une étude sérieuse, n’a pu bien sûr être validée en l’absence d’un suivi de ces oiseaux-là après cet incident. Ce qui est sûr est qu’ils ne peuvent provenir que d’un retour à l’état sauvage, qu’il soit accidentel ou voulu!

Depuis, ils ont continué leur expansion à partir de ce foyer. Ils ont colonisé une bonne partie du Béarn et ont étendu leur aire de répartition jusqu’à la côte basco-landaise d’une part, et en plein massif landais d’autre part. On a signalé également la présence d’un foyer au bord du bassin d’Arcachon dans les données 2019 de l’INPN.

Les effectifs béarnais sont les plus importants de l’Hexagone (en gros, plusieurs milliers). Ailleurs en Métropole, on signale la présence de petits noyaux reproducteurs en île-de-France, dans le Val-d’Oise (forêt de Montmorency et Vexin français) et dans les Yvelines (autour de Meulan) ainsi que dans les Alpes-Maritimes, dans la région de Nice. Je n’ai pas trouvé d’information récente sur les effectifs.

Contrairement au comportement d’autres espèces invasives, cette espèce ne semble pas perturber leur écosystème d’adoption.

Sa période de nidification s’étale de mai à juillet. Dans la nature, le nid est construit en forme de coupe profonde faite à l’aide de mousse, de paille, d’écorces, de brindilles et de radicelles, le fond est garni de crin. Il est habituellement placé sur la fourche d’une branche à peu de hauteur du sol. Ils vivent en couples au moment de la nidification; en dehors de cette période, on les trouve en petits groupes.

Mes observations

Dans notre Vic-Bilh, j’ai aperçu pour la première fois ce bel oiseau en juin 2014 à Lalongue, dans une haie très touffue entourant une prairie en bordure d’un ruisseau. L’espèce pouvait y être présente déjà depuis quelque temps mais cet oiseau est très discret et difficile à localiser au milieu de la végétation. Peu farouche, on peut l’approcher assez facilement mais le photographier reste un challenge : il est très vif et remuant.

Quand j’ai vu mon tout premier Léiothrix, il m’a interpellé :  je me suis dit tout de suite que cet oiseau était « exotique » et certainement échappé d’une cage. Puis j’en ai vu d’autres. J’ai fait alors des recherches sur internet et j’ai découvert son histoire. J’ai trouvé un peu plus tard un autre foyer dans la région de Gerderest, toujours au bord d’un ruisseau puis à Simacourbe ; les petites colonies locales se sont multipliées par la suite, généralement composées de 5 à 10 individus. Il est devenu courant chez nous et depuis l’été 2018, un groupe s’est fixé près de chez moi, intéressé à l’automne par les prunelles sauvages des haies et en cette saison par les cerises.

Les journées à la météo maussade, s’il reste encore un oiseau qui veut bien chanter, c’est lui!

Un léiothrix jaune dans un roncier, au mois de mars dernier. La couleur du bec peut être entièrement noire, et rouge quelques mois plus tard. Ce n’est pas un élément de dimorphisme.

Je le rencontre régulièrement dans des grands ronciers et fourrés, dans les végétations très denses en bordure de chemin, de prairies ou le long de petits ruisseaux dans des zones boisées.

On le décèle la plupart du temps par l’émission au sein de la végétation de petits gloussements discrets à notre approche. Puis le groupe commence à s’agiter et s’envole, la plupart du temps de branches très basses vers les hauteurs environnantes. Ils s’éloignent alors camouflés par la végétation dense en poussant en même temps des cris d’alarme, un genre de crépitement prolongé. Enfin, le silence revient et on ne sait pas ce qu’ils sont devenus, à moins de se rapprocher de nouveau.

Léiothrix en train de consommer des baies sauvages.

Léiothrix dans un roncier, au début de la saison des mûres.

Il vit habituellement dans les fourrés. Il est peu courant de le surprendre en train de se nourrir à terre.

Il est principalement insectivore, mais il se nourrit également de divers fruits et de baies sauvages.

Pas toujours évident de le distinguer dans la végétation, même à découvert.

Si on veut mieux le connaître, on trouve pas mal d’informations sur internet. Cet oiseau nouveau dans notre écosystème fait l’objet d’études et j’ai mis en fin d’article quelques liens vers des publications que j’ai trouvées intéressantes.

Comment différencier mâle et femelle

Les juvéniles ont leur livrée adulte à partir de la 12ème semaine de vie. Le dimorphisme sexuel chez le Léiothrix n’est pas évident. On peut cependant différencier mâle et femelle grâce à quelques critères.

Mâle adulte

Léiothrix chanteur, c’est un mâle.

seul le mâle chante, surtout d’avril à juin, ce qui correspond à la période nuptiale. Son chant l’aide à conquérir la femelle. Les sonorités sont mélodieuses, perçantes et puissantes. C’est peut-être pour cela qu’on l’appelle communément « le Rossignol du Japon », alors qu’il ne fait pas partie de cette famille et qu’au Japon, il n’y est qu’implanté!

Le bas de la gorge orangé. Un mâle. 

-des deux partenaires, le mâle est censé avoir le plumage le plus coloré. On le voit mieux en observant le bas de la gorge, orangé chez le mâle.

Un mâle, reconnaissable à la bande noire plus longue à l’intérieur des rectrices.

-le dessous de l’extrémité de la queue du mâle a un noir plus étendu, de l’ordre de 1,5 cm et sur toute la largeur. Quand l’oiseau ne chante pas, ce critère est le plus fiable pour différencier les deux sexes.

Femelle adulte

Une Femelle, reconnaissable à la bande noire de seulement 0,5 cm en dessous de l’extrémité de la queue. Sur ce cliché, je pense à une juvénile.

 La femelle a la gorge plus jaune qu’orange.

la femelle ne chante pas; elle pousse seulement de petits cris successifs, une sorte de tui-tui-tui-tui en réponse au mâle ou comme cris d’appel.

-ses couleurs sont un peu plus ternes que celles de son partenaire, mais je pense qu’ils faut qu’ils soient tous les deux côte à côte pour s’en rendre compte; c’est plutôt un critère en volière. C’est plus parlant au niveau de la gorge qui est plus jaune qu’orange chez la femelle.

-le dessous de l’extrémité de la queue de la femelle a un noir moins étendu, de l’ordre de 0,5 cm et sur toute la largeur.

Cette réussite de l’acclimatation de cet oiseau bien sympathique dans notre écosystème sans apparemment le perturber (du moins pour l’instant) ne doit pas faire oublier qu’il ne faut pas pour autant « ouvrir la cage aux oiseaux ». Laissons-les tranquilles dans leur biotope naturel. Ils y sont d’ailleurs tellement plus beaux!

Sources intéressantes consultées :

https://www.lpo.fr/images/actualites/2013/Ornithos_14_6_370_375.pdf

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-aquitaine.org/userfiles/FAPublications/0025FA2012Allochtone.pdf

https://www.faune-aquitaine.org/index.php?m_id=30359

http://especes-exotiques-envahissantes.fr/connaissez-vous-le-leiothrix-jaune (Leiothrix lutea)?

Le printemps chez les chevreuils du Vic-Bilh, Béarn

Le printemps chez les chevreuils du Vic-Bilh, Béarn

18 Mai 2019 – Le vieux brocard. Je me noie dans son regard!

Le printemps chez les chevreuils

Que s’est-il passé chez les chevreuils depuis le mois de mars?

Le mois d’avril est une période de bouleversement pour eux. La mue de printemps de leur pelage est en cours; elle est impressionnante et leur apparence est celle d’un animal « malade ». J’ai déjà publié des photos d’illustration dans des articles précédents.

La plupart des mâles ont passé l’automne et l’hiver au sein d’une harde, qu’ils ont quitté au mois de mars pour mener une vie de solitaire jusqu’à l’automne prochain. Les bois se sont renouvelés en premier chez les brocards les plus âgés, ce qui leur permet d’asseoir leur autorité sur le territoire déjà acquis les années précédentes. Ils vont parcourir leur zone vitale en y déposant des marques sur la végétation; ils chasseront les intrus qui se rabattront sur les territoires vacants. Les plus jeunes, encore avec leurs velours, sont pour l’instant démunis de moyen pour impressionner ou pour se battre. La dispersion des jeunes de l’an passé, mâles et femelles (chevrillards), commence vers la fin du mois.

Au mois de mai, la mue se poursuit et se termine. Le pelage est passé du gris-brun au roux vif. Le ventre des chevrettes s’est bien arrondi; on ne peut plus rien cacher. Le chevrillard (mâle ou femelle) est chassé par sa mère, et celle-ci va mettre bas. C’est le mois des naissances qui commence au milieu du mois et continuera jusqu’à la mi-juin, ou la fin juin pour les retardataires.

18 mai 2019 – J’ai failli rater tous les clichés de ce vieux mâle. J’ai involontairement activé un réglage qui diminue le cadrage de 30%, au format 18×12. Heureusement, j’ai pu m’en rendre compte suffisamment tôt. Mon modèle est facile à reconnaître, avec son oreille gauche déchirée. A la base de ses bois magnifiques, on voit très bien les meules et ses pierrures. Les perlures, au-dessus, ont encore des reliquats de velours. Celui-là, j’aimerais bien retrouver son trophée à l’automne, quand il sera tombé (c’est très difficile à localiser)! 

La belle cambrure de ses bois!

18 mai 2019 – Toujours le même brocard. Seule sa tête a le pelage d’été. Le reste du poil est toujours en train de muer. Les mâles les plus âgés ont leurs bois en premier et leur pelage mue en dernier.

07 avril – Conciliabule entre deux chevrettes, un soir dans les hautes herbes.

25 avril – Un brocard tout en puissance!

05 mai 2019 – La belle lumière du soir.

La traversée prudente du chemin, pour aller brouter dans la luzerne.

Il m’a vu! Il est facile à reconnaître, la partie supérieure de son bois droit est cassée!

05 mai 2019 – Derniers rayons!

Le brocard précédent photographié le 15 mars 2019 en bordure d’un labour, avec sa « carte d’identité » (sommet du bois droit cassé).

01 juin 2019 – A la nuit tombée, un autre joli brocard dans des conditions limites de prise de vue (5000 iso, 1/40 sec au téléobjectif). C’est le moment que je préfère pour l’observation; il faut accepter que la qualité du cliché en pâtisse.

Le Chevreuil dans le Vic-Bilh, Béarn – Mars, le pelage mue

Le Chevreuil dans le Vic-Bilh, Béarn – Mars, le pelage mue

De fin février au mois d’avril, les chevreuils perdent leurs poils d’hiver. D’abord les plus jeunes, suivis par leurs aînés. Ils tombent par touffes en commençant par la tête et le cou, puis les membres pour terminer par le tronc. Le pelage passe du gris foncé / brun, épais, au roux parfois vif, assez ras. Le changement d’épaisseur du pelage dans ce sens-là rend la mue de printemps très spectaculaire. Ces bêtes si sympathiques prennent alors une drôle d’allure. Habituellement photogéniques, elles ne sont plus à leur avantage pendant quelques jours.

Parti de bon matin photographier en billebaude, alors que je suivais un chemin entre un champ de luzerne et une terre fraîchement labourée, une chevrette immobile dans l’herbe a attirée mon regard. La présence d’un talus et un vent favorable m’ont permis de l’approcher, sans l’inquiéter. La suite en images (clichés pris le 16 mars 2019) :

Cette chevrette, immobile dans ce champ de luzerne, est captivée par quelque chose. Je suis son regard!

Un couple de chevreuils est tranquillement en train de se chauffer au soleil matinal, en boule dans une petite cuvette appelée « couchette ».

Au bout de quelques minutes, la chevrette vient rejoindre le couple.

Il est 9h00 et il fait très bon au soleil! Les animaux ne sont assoupis qu’en apparence, les oreilles restent à l’écoute!

Je continue à m’approcher, en contrebas du talus. La chevrette isolée reste sur le qui-vive!

Le couple! Le brocard a déjà un certain âge : on le devine à l’allure de ses bois qui commencent à dégénérer. Aussi, ses bois a lui ont fini de pousser alors que les jeunes sujets ont toujours leurs velours.

La chevrette isolée se relève, après 32 mn de repos. 

Un peu de toilette? Pendant la mue, il arrive que le chevreuil mange ses poils.

Elle se dirige vers le bord du champ.

Au bord du talus, elle hésite pour le descendre.

Le pelage démange. On aperçoit çà et là l’emplacement de touffes de poils arrachés par grattage ou avec les dents.

Elle se décide finalement à descendre tranquillement le talus qui m’a permis de l’approcher.

Plaqué contre le talus, j’ai du mal à la voir; elle aussi, elle hésite, 

Mon camouflage est efficace, elle ne réagit pas.

« Je te souris ».

Elle traverse tranquillement le sentier vers le labour. 

Le brocard s’est relevé.

Il attaque sa toilette. La chute des poils est, chez lui, plus avancée.

… et il attaque aussi la luzerne. Quelle allure!

Pendant ce temps, la première chevrette a traversé le chemin et traverse maintenant le labour, avant de regagner le bois.

Le brocard et la deuxième chevrette descendent à leur tour le talus.

La traversée du chemin.

Traverser un labour, c’est « pénible ».

Petit regard vers moi, avant de rentrer dans le bois pour se reposer jusqu’au soir. Entre le premier et le dernier cliché, 62 minutes se sont écoulées.

Le Courlis cendré

Le Courlis cendré

Le Courlis cendré
(Nom scientifique Numenius arquata)
Son observation au lac de L’Ayguelongue (Béarn)

04 Février 2019-17:30 – L’amont du lac de l’Ayguelongue orienté nord-sud avec une vue sur l’Ossau enneigé

(cliché pris depuis la partie est de la digue)

Le lac de l’Ayguelongue ou d’Ayguelongue est une retenue collinaire d’une soixantaine d’hectares crée en 1999 et situé dans le Béarn (Pyrénées Atlantiques), sur les communes de Momas et de Mazerolles. Il fait partie des retenues gérées par l’Institution Adour.

Le niveau du lac varie suivant les périodes de l’année. En ce moment, début février, son déversoir donne à plein régime. Les espèces participant à la migration de printemps ont très peu d’opportunités pour se poser, à part les abords ou sur les deux petits îlots qui sont colonisés par des espèces sédentaires comme les hérons garde-boeufs, les hérons cendrés, des cormorans etc. On n’observe essentiellement à cette période que des migrateurs se posant sur l’eau, colverts, sarcelles d’hiver … et un petit groupes d’oies qui sont là depuis au moins octobre dernier.

Avec l’arrosage du maïs à partir de juin/juillet, le niveau va baisser, ce qui dégage de grandes vasières très favorables aux limicoles de passage qui entament leur migration vers le sud. Durant la période de juillet à octobre, de nombreuses espèces peuvent y être observées.

L’amont du lac est depuis quelques années colonisé par de la végétation invasive comme la Jussie. C’est la dernière vasière avant le franchissement des cols des Pyrénées par les limicoles migrateurs. On peut avoir de bonnes surprises tout au long de l’année, même si la période correspondant à la baisse du niveau du lac est la plus favorable.

Ce Lundi 4 février, j’ai eu l’agréable surprise de voir évoluer au-dessus du lac une petite volée d’oiseaux au vol très « graphique » ; j’ai pu les photographier, mais de loin. A deux reprises, des personnes qui viennent régulièrement se promener autour du lac sont venues vers moi pour me poser des questions sur ces oiseaux au chant puissant et mélodieux. Ils ne les avaient encore jamais vu et cela les intriguait : des Courlis cendrés !

Après le survol du lac et quelques tentatives infructueuses pour se poser, ils sont repartis vers le nord, au nombre de huit ! Probablement en cours de migration?

Le Courlis cendré est un oiseau qui, à chaque observation, me rappelle un très bon souvenir d’adolescence. J’ai toujours en tête notre première rencontre, lors d’un hiver très rude dans les Landes près du littoral atlantique. Une vague de froid accompagnée d’un peu de neige avait occasionné pas mal de mouvements migratoires et j’ai conservé en moi l’image de cette belle silhouette au bec atypique qui survolait lentement à basse altitude une grande prairie ouverte, à la recherche de nourriture. Cette prairie a été depuis remplacée par un grand champ de maïs.

Le courlis cendré est le plus grand de nos limicoles avec une belle envergure de 80 à 100 centimètres ; il peut peser le kilo (pour la femelle) et vit jusqu’à maximum 32 ans. On le reconnaît sans problème avec son long bec incurvé vers le bas. Les deux sexes ont un plumage identique et le mâle est plus petit que la femelle ; le mâle a aussi le bec plus court. Le retour d’hivernage a lieu de février à mai suivant la latitude.

Le courlis cendré peut seulement être confondu avec le Courlis corlieu, moins commun, plus petit et avec le bec moins courbé.

Habitat

C’est un oiseau des milieux très ouverts et le plus souvent humides. Au passage et en hivernage, on l’observe sur les vasières, qu’elles soient littorales ou de l’intérieur (comme les grands plans d’eau en vidange), dans les milieux herbacés littoraux, les estuaires, les bassins d’inondation, les grandes plaines agricoles. Le Courlis cendré est un oiseau farouche. Il se tient toujours sur ses gardes et à la moindre alerte, prend son envol.

Reproduction

Il se reproduit dans des habitats assez divers qui ont en commun une vue dégagée, un sol meuble et profond et une grande diversité végétale : marais et tourbières, prairies, landes plus ou moins humides, marais côtiers, etc.

Alimentation

Le Courlis cendré se nourrit essentiellement d’invertébrés capturés sur le sol ou dans le substrat dès lors que son bec peut s’y enfoncer. Il sonde de son long bec muni de cellules sensorielles les sols meubles ou détrempés, les vases et autres milieux riches en organismes vivants. Dans les prairies où il niche, il consomme essentiellement des insectes et des lombrics. Sur les lieux d’hivernage maritimes, il se nourrit de vers marins, de petits crabes et de mollusques.

Population et répartition

C’est une espèce qui est assez répandue dans une bonne partie du Monde. Bien qu’en régression, l’espèce ne semble pas menacée. En France, il y a deux populations principales : l’une, en déclin, sur la façade atlantique, l’autre, en progression, installée dans l’Est depuis le début du siècle. La première reste le long des côtes, l’autre migre vers le sud-ouest.

Article rédigé le 09 février 2019, à partir de mes photos, de constatations faites sur le terrain et de publications internet dont je cite les liens :

http://www.oiseaux.net/oiseaux/courlis.cendre.html

http://wcf.tourinsoft.com/syndication/aquitaine/d8fabc1c-3ab9-42c5-af0e-40c4e3153c90/object/PNAAQU064FS00017/Lac-d-Ayguelongue

Espèces remarquables et périodes d’observation à l’Ayguelongue (d’après le lien ci-dessus) :

Balbuzard pêcheur – De mars à mai puis d’août à novembre
Barge à queue noire – De juillet à octobre
Bécasseau cocorli – De mi-juillet à octobre
Bécasseau de Temninck – De mi-juillet à septembre
Bécasseau rousset – septembre
Bécassine des marais – D’août à avril
Bihoreau gris – Toute l’année
Chevalier sylvain – De juillet à septembre
Cigogne noire – De mi-février à mai puis de fin juillet à octobre
Combattant varié – De fin-juillet à octobre
Echasse blanche – D’août à mi-septembre
Elanion blanc – Toute l’année
Faucon hobereau – D’avril à octobre
Fuligule nyroca – De novembre à février
Grande aigrette – D’août à février
Grèbe huppé – Toute l’année
Grosbec casse-noyaux – D’octobre à mars
Guifette noire – D’avril à mai
Harle bièvre – De mi-novembre à février
Héron garde-boeufs – De juillet à mai
Héron pourpré – D’avril à mai puis de fin août à septembre
Martin-pêcheur d’Europe – Toute l’année
Petit gravelot – D’août à septembre
Pic épeichette – Toute l’année

Note : A proximité d’Ayguelongue, dans la zone géographique située autour du village de Bougarber entre Pau et Artix, se concentrerait la plus grosse population nicheuse d’élanions blancs de France (j’ai consacré récemment un article sur cet oiseau) . On y trouve également le busard cendré et le busard Saint Martin.

Novembre 2018 – Volée de Courlis cendrés en hivernage au lac de Puydarrieux (Hautes-Pyrénées)

L’Elanion blanc

L’Elanion blanc

L’Elanion blanc
(Nom scientifique : Elanus caeruleus)
Sa présence dans le Vic-Bilh

Description

L’Elanion blanc est un petit rapace que je rencontre de plus en plus souvent dans le Vic-Bilh. On le reconnaît aisément. Il est gris et blanc avec le haut des ailes noir et les yeux rouge foncé. La tête est blanche, avec un petit masque noir autour de l’œil. Je lui trouve un air sévère. Les deux sexes sont semblables.

Un jeune Elanion blanc

Le jeune se distingue par les plumes du dos des ailes et des couvertures bordées de blanc, par des marques brunâtres sur la calotte et la poitrine.

C’est un bel oiseau photogénique et il est recherché par les photographes. Son approche à une distance raisonnable est difficile. Les tentatives d’approche sans prendre de précautions créent de réels dérangements qui lui sont à la longue néfastes.

Son arrivée en France est relativement récente. Originaire d’Afrique, l’élanion blanc était présent depuis longtemps déjà dans la péninsule ibérique. Il a franchi nos Pyrénées au début des années 1980. Depuis le premier cas de reproduction fructueux dans les Landes en 1990, il s’est implanté dans les plaines de l’Adour et le bassin de la Garonne et il continue son expansion. Il n’est pas réellement migrateur mais il peut s’adonner à un certain nomadisme, parfois très loin des sites de reproduction traditionnels.

14 février 2015 16:14 – Mon deuxième élanion blanc, dans la plaine du Lées à Arricau-Bordes

J’ai vu mon premier élanion blanc au début de l’année 2014, au bord de l’Adour dans la région de Maubourguet  (65), à la limite entre les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Je n’avais pas le matériel nécessaire pour en faire un bon cliché mais ce fut une belle rencontre. Le second, c’était près de mon domicile, dans la plaine du Lées à Arricau-Bordes. Depuis, je le rencontre régulièrement dans le Vic-Bilh et depuis un an, un couple s’est installé à quelques mètres de la maison.

30 avril 2015 09:40 – Couple d’élanions blancs installé à Simacourbe, face à la chaîne des Pyrénées.

On distingue l’Ossau sur la droite et, en vol, un coucou. 

02 juillet 2015 13:20 – Couple d’élanions blancs au bord du Lées à Lalonquère – Toujours sur le même territoire en 2019

Observation puis attaque!

ll est souvent posé sur des poteaux téléphoniques ou électriques (ou sur leurs lignes), à la cime des arbres et les hautes branches d’arbres morts, où il chasse à l’affût, très souvent au crépuscule. Les petites proies sont dévorées en vol, et les plus grandes sont emportées sur une branche.

Il a repéré une proie. Prêt à l’attaque! 

Différentes phases de l’attaque: survol puis plongée sur la proie, les ailes en V

Survol du territoire, à la recherche de proies

Il prospecte aussi son territoire en décrivant des cercles dans le vent. Quand il a repéré une proie, il effectue un vol stationnaire pendant quelques secondes puis plonge rapidement, les ailes en V, pour la capturer. Ce vol en « Saint-Esprit » pour repérer sa proie, peut parfois le faire confondre pour un néophyte avec le Faucon crécerelle.

Les individus se déplacent seuls ou en couples. Ils sont agressifs si un intrus s’approche de leur poste d’affût, et ils attaquent vigoureusement les autres rapaces et corvidés qui passent sur leur territoire.

Plutôt silencieux, il pousse parfois des cris aigus ou des chuintements assez facilement reconnaissables.

Son Habitat

L’Elanion blanc fréquente les grands espaces ouverts, friches, champs cultivés et prairies. A ce jour, je ne l’ai rencontré qu’en plaine.

Sa Reproduction

L’élanion blanc niche en hauteur dans un arbre souvent isolé, habituellement un chêne dans notre région. La ponte a lieu en février-mars. Le couple, sédentaire, refait un nouveau nid chaque année au même endroit, et souvent dans le même arbre. Ce nid est fait de brindilles apportées par le mâle, arrangées par la femelle. La femelle couve et le mâle la nourrit au nid ou à côté pendant cette période. A la naissance des poussins, le mâle apporte les proies et la femelle nourrit sa progéniture. Par la suite, les deux adultes partent en chasse, mais seule la femelle continue à nourrir les jeunes jusqu’à ce qu’ils puissent le faire eux-mêmes.

Les jeunes ont leur plumage complet à environ 3 semaines. Ils peuvent voler à l’âge de 30 à 35 jours si la nourriture est abondante. Les jeunes retournent au nid entre leurs vols, et sont nourris par les adultes hors du nid. L’élanion blanc est très prolifique, ce qui favorise son expansion.

Son Alimentation

Un Elanion blanc immature dépeçant une musaraigne

Un autre élanion immature dévorant un campagnol.  Il fait partie d’une fratrie de 3 élanions nés en septembre 2016.

Les deux autres sont posés au-dessus et manifestent leur présence, envieux de la proie. 

L’Elanion blanc se nourrit de différentes proies : petits mammifères comme les campagnols, musaraignes, mais aussi de gros insectes capturés en vol, petits oiseaux, petits lézards.

Sa Population et répartition

L’élanion blanc a niché pour la première fois en France en 1990 dans les Landes. Jusqu’alors, seules des observations anecdotiques étaient rapportées. Depuis, sa population n’a fait que grandir dans notre Sud-Ouest et plus récemment en Midi-Pyrénées. En 2012 et 2013, entre 110 et 120 couples sont recensés en France dont 75 à 80 % en Aquitaine et 20 % à 25 % en Midi-Pyrénées. Le site « Nature en Occitanie » voir le lien en fin d’article) propose une étude complète : « Bilan des connaissances de 1990 à 2014, de la colonisation à l’installation, de l’élanion blanc en Midi-Pyrénées ». Je n’ai pas trouvé de statistiques plus récentes.

Bien que très prolifique et en progression, l’Elanion blanc ne présentait encore en 2013 qu’une population européenne limitée, de l’ordre de 2000 individus, et reste donc fragile.

Sa concurrence avec le Faucon crécerelle

 

L’élanion blanc pourrait à terme porter préjudice au Faucon crécerelle (Falco tinnunculus), bien installé chez nous : en effet, ils occupent le même territoire et ont le même régime alimentaire.

En France, il est intégralement protégé, « En danger » sur la Liste Rouge Nationale des Oiseaux Nicheurs

Article rédigé le 07 février 2019 à partir de mes photos, de constatations faites sur le terrain et de publications internet, dont :

http://www.oiseaux.net/oiseaux/elanion.blanc.html

http://www.naturemp.org/Elanion-blanc.html 

20 août 2017 20:00 – Un élanion blanc surveillant une prairie depuis un piquet de clôture, à Gerderest. 

(cette occasion de proximité est rare pour moi; l’oiseau n’a pas été dérangé)

Le Hibou des marais

Le Hibou des marais

Le Hibou des marais
(Nom scientifique : Asio flameus)
Avec le témoignage de sa présence dans le Béarn

Le Hibou des marais est un oiseau de taille moyenne. Partiellement diurne, c’est l’un des rapaces nocturnes les plus visibles à observer de jour, car il chasse surtout au crépuscule et tôt le matin. Il a beaucoup de succès auprès des photographes animaliers.

C’est un nomade qui se déplace en fonction de l’abondance de ses proies préférées, les campagnols. J’ai eu la chance de le rencontrer deux fois dans le Béarn, plus précisément dans le Vic-Bilh.

La première fois, c’était en bordure du vignoble du château de Gayon (Madiran et Pacherenc), le 6 mars 2016 – 19:50.

On était pratiquement à la nuit et il m’a surpris. Je me demandais ce que c’était. Les conditions pour l’immortaliser étaient mauvaises, le soleil était déjà couché. Heureusement, après quelques allées et venues, il m’est venu droit dessus et il s’est posé sur un piquet de vigne près de moi.

J’avais déjà vu des photos sur internet mais j’étais à des lieues de penser à lui. Une petite recherche m’en a appris un peu plus sur cette espèce et en particulier, que sa présence en ces lieux devait être rare. En effet, elle n’est pas avérée dans les Pyrénées-Atlantiques. Je ne l’ai pas revu les soirs suivants. Il ne devait être que de passage. C’est un migrateur!

01 mai 2017 – 09:20 Hibou des marais à Villafafila (Castilla y Leon) 

La rencontre suivante fut début mai 2017, dans une région où sa présence était courante : les steppes de Villafafila en Espagne, dans la région de Zamora. J’ai pu alors longuement observer leur comportement et en photographier un en plein jour. Je suis revenu à Villafafila début mai 2018 et je n’ai rien vu : un printemps pluvieux avait évité le pullulement des campagnols et les hiboux étaient parti chercher leur nourriture ailleurs.

(30 décembre 2018 – 17:30 – Palombes au dortoir à Gerderest, face au Pyrénées)

Ma deuxième rencontre dans le Béarn a eu lieu très récemment, pratiquement à domicile. Et cela m’a fait très plaisir : inutile de courir très loin, je l’avais à portée de main. Notre rencontre a été totalement fortuite, le 30 décembre au soir. J’observais le ballet aérien d’une grosse volée de palombes au-dessus de son dortoir, dans un vallon abrité face aux Pyrénées. Les lumières hivernales au coucher du soleil étaient magnifiques, d’une belle teinte rose jusqu’au niveau du pic du Midi de Bigorre.

30 décembre 2018 -17:50 – Nouvelle rencontre dans le Vic-Bilh avec le Hibou des marais, furtive! Cette deuxième observation n’était pas très probante!!!

Il a surgi, venant de nulle part et je me demandais ce que c’était. Intrigué, je l’ai photographié (focale équivalente à 900mm) mais les paramètres du reflex étaient bien en deçà de ce qui était nécessaire pour avoir un cliché net. Cette fois-là encore, il faisait déjà sombre et l’oiseau était loin, plus loin que la précédente rencontre au château de Gayon, il y avait presque trois ans déjà. Il allait et venait à quelques mètres au-dessus de la prairie en la quadrillant, plongeant de temps en temps pour se poser à terre et redémarrant un peu plus tard.

31 décembre 2018 – 17:35 – Hibou des marais au-dessus de la prairie abandonnée

Je revins le lendemain au même endroit peu après 17h00, avec le secret espoir de revoir ce rapace dont je n’étais pas sûr de l’identification; pas étonnant, quand on voit la qualité des clichés de la veille. A 17h35, jackpot! Il apparut enfin et recommença son ballet aérien au-dessus de la prairie abandonnée. Quel spectacle! J’avais eu le temps de me préparer à cette nouvelle rencontre, avec des paramètres qui me faisaient hélas monter en iso, mais qui me permettraient de figer le vol élégant et feutré de ce bel oiseau, devant un ciel aux belles couleurs pastel qui se développaient vers l’est!

Un spectacle qui dura une dizaine de minutes environ, avec des lumières qui disparaissaient progressivement!

A moment donné, il se prit de querelle avec une buse variable (à gauche sur le cliché) et s’éloigna un instant de son aire de chasse, sur fond de palombes qui se posaient au dortoir. Les belles couleurs du ciel continuaient à s’estomper, même sur la chaîne des Pyrénées.

Il revint enfin directement vers moi et me montra une dernière fois sa belle voilure. Pour ne pas le perturber et déjà trop content qu’il soit revenu, je m’éloignai discrètement. Une belle façon de terminer l’année 2018, comme je ne l’aurais jamais espéré : avoir eu à domicile dans les dernières heures de 2018 ce que j’étais allé cherché vainement quelques mois plus tôt à des centaines de kilomètres de là. Je ne savais pas encore que ce serait notre dernière rencontre mais qu’importe, je l’ai bien appréciée.

J’y suis revenu une semaine plus tard et les jours suivants : je ne l’ai plus revu malgré avoir sillonné toute la plaine de Gerderest, une plaine que j’affectionne car elle a encore gardé un aspect naturel. Il peut avoir changé d’endroit mais aussi d’horaires, peut-être? Il chasse aussi la nuit. Cela restera pour moi un excellent souvenir!

Description du Hibou des marais

31 décembre 2018 – 17:50 – Hibou des marais au-dessus de la prairie abandonnée – Simacourbe, dans le Vic-Bilh (Béarn)

06 mars 2016, 19:50 – Hibou des marais dans les vignes – Gayon, dans le Vic-Bilh (Béarn)

Les couleurs du hibou des marais lui fournissent un très bon camouflage au milieu des herbes. Son plumage est brun à jaune-roux avec des stries noires sur la poitrine, l’abdomen et le dos. Les ailes et la queue sont striées. Les ailes sont longues et étroites. Leur dessous est blanc avec une pointe noire. L’oiseau se déplace avec aisance, en battant des ailes régulièrement ou en planant brièvement en formant un V bien ouvert. Sa tête, bien ronde, porte des aigrettes très réduites, à peine visibles. Ses yeux jaunes sont cernés de noir et entourés de disques blanchâtres.

Reproduction

Le hibou des marais se reproduit sur les sites où la nourriture est abondante. Il affectionne particulièrement les espaces ouverts comme les champs en friche, les prairies humides, les marais et les grandes steppes herbeuses. Le nid, préparé au mois d’avril, est une simple cuvette creusée en grattant le sol dans la végétation. Sommaire, il est tapissé de brins d’herbes et de brindilles. Il est caché sous des broussailles, dans les roseaux ou dans les touffes d’herbes, souvent près de l’eau.

En France, le hibou des marais est un nicheur irrégulier que l’on rencontre le long des côtes de la façade atlantique, de la Gironde jusqu’au Morbihan. Son lieu de nidification est erratique, dicté par la nourriture disponible. On le trouve régulièrement dans le Marais Breton (Loire-Atlantique et Vendée). Il reste en France un nicheur très rare aux effectifs très fluctuants, estimés entre 10 et 100 couples en 1997. Je n’ai pas trouvé de statistiques plus récentes.

Où l’observer facilement

Les populations du nord de l’Europe sont migratrices strictes. Ailleurs, les hiboux des marais sont migrateurs partiels. Cette espèce présente un nomadisme marqué durant toute l’année, si bien que les apparitions en France peuvent se produire pendant toute l’année. Les oiseaux du nord de l’Europe hivernent plus ou moins loin vers le sud, en particulier en France. Cela dépend de la rigueur hivernale et de la disponibilité en proies. Les mouvements vers le sud ont lieu en septembre-novembre, vers le nord en mars-mai.

En France, la population hivernale subit de fortes variations d’une année à l’autre ; elle était évaluée dans une fourchette allant de 200 à 500 individus en 1997. Certains hivers, des afflux ont été constatés, comme durant l’hiver 2002-2003. Un effectif national minimum de 650 oiseaux avait été recensé.

Les principales observations se font dans les plaines maritimes le long du littoral Atlantique et de la Manche et le long de la côte de la mer du Nord, en Ardenne, dans le sud-est de l’Ile de France, également en Camargue et en Crau, en Lorraine, et dans une grande partie du centre de la France, au gré des afflux lors des vagues de froid ou suite à des saisons de reproduction à forte production démographique. Ailleurs, sa présence est sporadique et dépend de la nourriture disponible.

Le Hibou des marais est largement distribué dans le monde entier. L’espèce est classée « préoccupation mineure » au niveau mondial

Article rédigé le 30 janvier 2019 à partir de mes photos, de constatations faites sur le terrain et de publications interne sur lesquelles je me suis appuyé et dont je cite les liens :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hibou_des_marais

http://www.oiseau-libre.net/Oiseaux/Especes/Hibou-des-marais.html

http://www.oiseaux.net/oiseaux/hibou.des.marais.html

https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Hibou-desmarais.pdf

06 mars 2016 – 20:00 Hibou des marais à Gayon, dans le Vic-Bilh (Béarn)

Le Grand Paon de nuit

Le Grand Paon de nuit

Femelle à gauche, mâle à droite (reconnaissables aux antennes).

Le Grand Paon de nuit

(Nom scientifique : Saturnia pyri)

Le Grand Paon de nuit est le plus grand papillon d’Europe, d’une envergure remarquable. J’ai fait sa découverte récemment dans mon jardin du Vic-Bilh dans les Pyrénées-Atlantiques, par hasard, en nettoyant un massif de plantes envahi par des feuilles mortes poussées par le vent cet hiver, à proximité du verger. En fait, ils étaient deux, un mâle et une femelle, très discrets et que l’on confondait avec les feuilles.

N’ayant jamais eu l’opportunité de rencontrer ce papillon auparavant, je n’avais aucune information sur lui ; je me doutais seulement qu’il s’agissait de papillons de nuit. Leur envergure exceptionnelle m’a interpelé et je l’ai donc mesurée, en évitant de les perturber ou de les toucher : 151 millimètres chez la femelle ! Le mâle, bien réveillé, faisait vibrer ses ailes et je l’ai laissé tranquille.

Ce papillon doit son nom aux cercles de couleurs présents sur ses quatre ailes, les ocelles, rappelant l’ornementation des plumes de la queue des paons. Ces « yeux », comme chez d’autres papillons, ont un effet dissuasif pour se préserver des prédateurs. Je leur trouve personnellement un effet hypnotique. Il a un « cousin », le Petit Paon de nuit (Eudia pavonia), mais avec lequel on ne peut le confondre, celui-ci ne mesurant qu’entre 55 et 80 millimètres (le mâle est plus petit que la femelle).

Le Grand Paon de nuit est rare en Béarn et il se raréfie ailleurs. Dans la mise à jour de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) du 6 décembre 2017, il n’y a pas de données sur sa présence dans le 32, 40, 64 et 65.

Il peut voler de jour, comme j’ai eu l’occasion de le constater quand le mâle a pris son envol, plus léger que la femelle qui avait probablement encore ses œufs. Son vol est impressionnant ; de nuit, on pourrait le confondre avec une chauve-souris. Ses ailes sont étalées au repos. Son corps est très trapu. Ses pattes, pourvues de griffes, ont une très bonne accroche ; il dégage une impression de force et de puissance.

ll n’a qu’une génération par an et sa durée de vie est très réduite, moins d’une semaine. Des données plus précises indiquent une durée de vie de 3 jours pour le mâle tandis que la femelle vivrait jusqu’à une dizaine de jours. Durant cette courte vie, il ne s’alimente pas : il ne possède pas de trompe. A-t-elle disparu parce qu’il ne l’utilisait pas ou n’a-t-elle jamais existé ? Son temps est dédié uniquement à la reproduction. Les deux sexes sont identiques. Le mâle se différencie de la femelle en observant les antennes : fines, très brièvement pectinées chez la femelle ; très développées et doublement pectinées (c.à.d, en forme de peigne) chez le mâle. On remarquera aussi les rondeurs abdominales de la femelle, bien plus prononcées avec la présence des œufs. La période de vol s’étend de fin mars à juin, suivant les régions. Ce papillon de nuit est présent dans toute la partie sud de la France, absent au-dessus d’une ligne passant au niveau de la région parisienne. Il est aussi présent en Europe sous les mêmes latitudes.

Femelle reconnaissable à ses antennes peu développées

Le mâle cherche les femelles aux premières heures de la nuit. Celle-ci, prête à être fécondée, émet des phéromones pour attirer le mâle qui les repère jusqu’à 5 kilomètres et même au-delà (jusqu’à 10 kilomètres suivant les sources), grâce aux « capteurs » de ses antennes. L’accouplement met fin à l’émission de ces phéromones, et à l’attractivité sexuelle. Les œufs sont pondus sur des arbres à feuilles caduques (surtout sur les arbres fruitiers) d’où émergeront de magnifiques chenilles d’une douzaine de centimètres, d’abord noires avec des bandes rouges et qui deviendront d’une belle couleur vert pomme avec des tubercules bleu turquoise portant des soies raides. La chenille, ni urticante ni dangereuse, se développe sur les espèces d’arbres suivants, répandus dans les vergers : pommier, prunier, prunellier, poirier, cognassier, pêcher, amandier (surtout) et dans les parcs : tilleuls, hêtre, frêne, châtaignier, noisetier, saules, peupliers … Puis elle s’enferme dans un cocon brun de 5 à 6 centimètres avant de se transformer en chrysalide. Cette dernière se métamorphosera en un nouvel adulte, 1 voire 2, et même 3 ans plus tard.

Mes spécimens étaient probablement en cours de reproduction. Les ai-je perturbés ? Sans doute et bien involontairement mais ils étaient tous les deux en très bonne santé. Le mâle s’est donc envolé et j’ai remis la femelle délicatement en place sans la toucher, là où je les avais involontairement perturbés ; elle avait disparu le lendemain-matin. Je ferai plus attention à leur éventuelle présence dans le futur, ainsi qu’à celle d’œufs, de chenilles ou de chrysalides que la bibliographie qui m’a aidé à écrire ce petit résumé, m’a appris à reconnaître !

Mâle reconnaissable à ses antennes bien « peignées ».

grand paon de nuit saturnia pyri béarn vic-bilh

Gros plan sur la tête de la Femelle (absence de trompe)

grand paon de nuit saturnia pyri béarn vic-bilh

Gros plan sur la tête du mâle (extrémité des pattes pourvues de griffes)

Article rédigé le 14 mai 2018 à partir de mes photos, d’observations personnelles et en résumant de la bibliographie consultée sur internet, dont :

-Jean-Henri Fabre  : https://www.e-fabre.com/e-texts/souvenirs_entomologiques/grand_paon.htm

-André Lequet  : https://www.insectes-net.fr/paon/paon2.htm

-Bernard … : http://www.baladesentomologiques.com/article-grand-paon-de-nuit-saturnia-pyri-visiteur-de-la-nuit-122468395.html