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Le Hibou des marais

Le Hibou des marais

Le Hibou des marais
(Nom scientifique : Asio flameus)
Avec le témoignage de sa présence dans le Béarn

Le Hibou des marais est un oiseau de taille moyenne. Partiellement diurne, c’est l’un des rapaces nocturnes les plus visibles à observer de jour, car il chasse surtout au crépuscule et tôt le matin. Il a beaucoup de succès auprès des photographes animaliers.

C’est un nomade qui se déplace en fonction de l’abondance de ses proies préférées, les campagnols. J’ai eu la chance de le rencontrer deux fois dans le Béarn, plus précisément dans le Vic-Bilh.

La première fois, c’était en bordure du vignoble du château de Gayon (Madiran et Pacherenc), le 6 mars 2016 – 19:50.

On était pratiquement à la nuit et il m’a surpris. Je me demandais ce que c’était. Les conditions pour l’immortaliser étaient mauvaises, le soleil était déjà couché. Heureusement, après quelques allées et venues, il m’est venu droit dessus et il s’est posé sur un piquet de vigne près de moi.

J’avais déjà vu des photos sur internet mais j’étais à des lieues de penser à lui. Une petite recherche m’en a appris un peu plus sur cette espèce et en particulier, que sa présence en ces lieux devait être rare. En effet, elle n’est pas avérée dans les Pyrénées-Atlantiques. Je ne l’ai pas revu les soirs suivants. Il ne devait être que de passage. C’est un migrateur!

01 mai 2017 – 09:20 Hibou des marais à Villafafila (Castilla y Leon) 

La rencontre suivante fut début mai 2017, dans une région où sa présence était courante : les steppes de Villafafila en Espagne, dans la région de Zamora. J’ai pu alors longuement observer leur comportement et en photographier un en plein jour. Je suis revenu à Villafafila début mai 2018 et je n’ai rien vu : un printemps pluvieux avait évité le pullulement des campagnols et les hiboux étaient parti chercher leur nourriture ailleurs.

(30 décembre 2018 – 17:30 – Palombes au dortoir à Gerderest, face au Pyrénées)

Ma deuxième rencontre dans le Béarn a eu lieu très récemment, pratiquement à domicile. Et cela m’a fait très plaisir : inutile de courir très loin, je l’avais à portée de main. Notre rencontre a été totalement fortuite, le 30 décembre au soir. J’observais le ballet aérien d’une grosse volée de palombes au-dessus de son dortoir, dans un vallon abrité face aux Pyrénées. Les lumières hivernales au coucher du soleil étaient magnifiques, d’une belle teinte rose jusqu’au niveau du pic du Midi de Bigorre.

30 décembre 2018 -17:50 – Nouvelle rencontre dans le Vic-Bilh avec le Hibou des marais, furtive! Cette deuxième observation n’était pas très probante!!!

Il a surgi, venant de nulle part et je me demandais ce que c’était. Intrigué, je l’ai photographié (focale équivalente à 900mm) mais les paramètres du reflex étaient bien en deçà de ce qui était nécessaire pour avoir un cliché net. Cette fois-là encore, il faisait déjà sombre et l’oiseau était loin, plus loin que la précédente rencontre au château de Gayon, il y avait presque trois ans déjà. Il allait et venait à quelques mètres au-dessus de la prairie en la quadrillant, plongeant de temps en temps pour se poser à terre et redémarrant un peu plus tard.

31 décembre 2018 – 17:35 – Hibou des marais au-dessus de la prairie abandonnée

Je revins le lendemain au même endroit peu après 17h00, avec le secret espoir de revoir ce rapace dont je n’étais pas sûr de l’identification; pas étonnant, quand on voit la qualité des clichés de la veille. A 17h35, jackpot! Il apparut enfin et recommença son ballet aérien au-dessus de la prairie abandonnée. Quel spectacle! J’avais eu le temps de me préparer à cette nouvelle rencontre, avec des paramètres qui me faisaient hélas monter en iso, mais qui me permettraient de figer le vol élégant et feutré de ce bel oiseau, devant un ciel aux belles couleurs pastel qui se développaient vers l’est!

Un spectacle qui dura une dizaine de minutes environ, avec des lumières qui disparaissaient progressivement!

A moment donné, il se prit de querelle avec une buse variable (à gauche sur le cliché) et s’éloigna un instant de son aire de chasse, sur fond de palombes qui se posaient au dortoir. Les belles couleurs du ciel continuaient à s’estomper, même sur la chaîne des Pyrénées.

Il revint enfin directement vers moi et me montra une dernière fois sa belle voilure. Pour ne pas le perturber et déjà trop content qu’il soit revenu, je m’éloignai discrètement. Une belle façon de terminer l’année 2018, comme je ne l’aurais jamais espéré : avoir eu à domicile dans les dernières heures de 2018 ce que j’étais allé cherché vainement quelques mois plus tôt à des centaines de kilomètres de là. Je ne savais pas encore que ce serait notre dernière rencontre mais qu’importe, je l’ai bien appréciée.

J’y suis revenu une semaine plus tard et les jours suivants : je ne l’ai plus revu malgré avoir sillonné toute la plaine de Gerderest, une plaine que j’affectionne car elle a encore gardé un aspect naturel. Il peut avoir changé d’endroit mais aussi d’horaires, peut-être? Il chasse aussi la nuit. Cela restera pour moi un excellent souvenir!

Description du Hibou des marais

31 décembre 2018 – 17:50 – Hibou des marais au-dessus de la prairie abandonnée – Simacourbe, dans le Vic-Bilh (Béarn)

06 mars 2016, 19:50 – Hibou des marais dans les vignes – Gayon, dans le Vic-Bilh (Béarn)

Les couleurs du hibou des marais lui fournissent un très bon camouflage au milieu des herbes. Son plumage est brun à jaune-roux avec des stries noires sur la poitrine, l’abdomen et le dos. Les ailes et la queue sont striées. Les ailes sont longues et étroites. Leur dessous est blanc avec une pointe noire. L’oiseau se déplace avec aisance, en battant des ailes régulièrement ou en planant brièvement en formant un V bien ouvert. Sa tête, bien ronde, porte des aigrettes très réduites, à peine visibles. Ses yeux jaunes sont cernés de noir et entourés de disques blanchâtres.

Reproduction

Le hibou des marais se reproduit sur les sites où la nourriture est abondante. Il affectionne particulièrement les espaces ouverts comme les champs en friche, les prairies humides, les marais et les grandes steppes herbeuses. Le nid, préparé au mois d’avril, est une simple cuvette creusée en grattant le sol dans la végétation. Sommaire, il est tapissé de brins d’herbes et de brindilles. Il est caché sous des broussailles, dans les roseaux ou dans les touffes d’herbes, souvent près de l’eau.

En France, le hibou des marais est un nicheur irrégulier que l’on rencontre le long des côtes de la façade atlantique, de la Gironde jusqu’au Morbihan. Son lieu de nidification est erratique, dicté par la nourriture disponible. On le trouve régulièrement dans le Marais Breton (Loire-Atlantique et Vendée). Il reste en France un nicheur très rare aux effectifs très fluctuants, estimés entre 10 et 100 couples en 1997. Je n’ai pas trouvé de statistiques plus récentes.

Où l’observer facilement

Les populations du nord de l’Europe sont migratrices strictes. Ailleurs, les hiboux des marais sont migrateurs partiels. Cette espèce présente un nomadisme marqué durant toute l’année, si bien que les apparitions en France peuvent se produire pendant toute l’année. Les oiseaux du nord de l’Europe hivernent plus ou moins loin vers le sud, en particulier en France. Cela dépend de la rigueur hivernale et de la disponibilité en proies. Les mouvements vers le sud ont lieu en septembre-novembre, vers le nord en mars-mai.

En France, la population hivernale subit de fortes variations d’une année à l’autre ; elle était évaluée dans une fourchette allant de 200 à 500 individus en 1997. Certains hivers, des afflux ont été constatés, comme durant l’hiver 2002-2003. Un effectif national minimum de 650 oiseaux avait été recensé.

Les principales observations se font dans les plaines maritimes le long du littoral Atlantique et de la Manche et le long de la côte de la mer du Nord, en Ardenne, dans le sud-est de l’Ile de France, également en Camargue et en Crau, en Lorraine, et dans une grande partie du centre de la France, au gré des afflux lors des vagues de froid ou suite à des saisons de reproduction à forte production démographique. Ailleurs, sa présence est sporadique et dépend de la nourriture disponible.

Le Hibou des marais est largement distribué dans le monde entier. L’espèce est classée « préoccupation mineure » au niveau mondial

Article rédigé le 30 janvier 2019 à partir de mes photos, de constatations faites sur le terrain et de publications interne sur lesquelles je me suis appuyé et dont je cite les liens :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hibou_des_marais

http://www.oiseau-libre.net/Oiseaux/Especes/Hibou-des-marais.html

http://www.oiseaux.net/oiseaux/hibou.des.marais.html

https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Hibou-desmarais.pdf

06 mars 2016 – 20:00 Hibou des marais à Gayon, dans le Vic-Bilh (Béarn)