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Barthes de l’Adour et marais d’Orx, dans les Landes (21 février 2019)

Barthes de l’Adour et marais d’Orx, dans les Landes (21 février 2019)

Le marais d’Orx est un lieu très connu pour observer la faune aquatique. Au regard de son fort intérêt ornithologique, cette vaste propriété du Conservatoire du Littoral de près de 1000 ha (1989), est classée en Réserve Naturelle Nationale sur 774 ha en 1995 et intégrée au réseau européen Natura 2000 au titre des Directives Habitats et Oiseaux. Asséché sous Napoléon III à des fins agricoles, cet ancien polder ceinturé de canaux, constitue aujourd’hui une halte privilégiée pour les oiseaux migrateurs qui y trouvent repos et nourriture. Composé d’une mosaïque de milieux (plans d’eau, saulaies, roselières, prairies, jonçaies…), le Marais d’Orx accueille en particulier une grande diversité d’oiseaux d’eau, et est devenu un site d’importance communautaire pour l’hivernage des anatidés. On observe également un grand nombre d’espèces inféodées aux zones humides (amphibiens, reptiles, insectes, mammifères…).Le marais d’Orx est un ensemble de plans d’eau et de zones humides situé dans les communes de Labenne, Orx et Saint-André-de-Seignanx, au sud du département français des Landes, au nord de Bayonne et en retrait de l’océan Atlantique. Il est la propriété du Conservatoire du littoral depuis 1989 et est classé en réserve naturelle nationale depuis 1995. Sa gestion est assurée par le Syndicat mixte pour la gestion des milieux naturels des Landes depuis 2004.

UNE FIN D’APRES-MIDI AU MARAIS D’ORX,

AVEC UN CROCHET PAR LES BARTHES DE L’ADOUR

Le marais d’Orx est un ensemble de plans d’eau et de zones humides situé au sud du département des Landes, en retrait de l’océan Atlantique. C’est la dernière grande zone humide avant les Pyrénées. Asséché sous Napoléon III avec l’installation d’un système de pompage, il est drainé à des fins agricoles puis plus particulièrement pour la culture du maïs après la Seconde guerre mondiale. Il retrouve son état originel de marais dans les années 1980, suite à l’arrêt du pompage induit par le coût trop élevé de l’électricité.

Par sa position privilégiée sur la plus importante voie de migration d’Europe occidentale, cette zone humide composée d’une mosaïque de milieux naturels accueille une multitude d’oiseaux migrateurs. Elle offre aussi refuge, nourriture et quiétude à une faune sauvage inféodée à ces biotopes (amphibiens, reptiles, insectes, mammifères). Cette vaste étendue de près de 1000 hectares est acquise par le Conservatoire du Littoral en 1989 avec l’aide financière du WWF France. Soustraite à l’agriculture intensive, elle est restaurée en zone humide.

Le marais est classé en réserve naturelle nationale sur 774 hectares depuis 1995. C’est le royaume de la Spatule blanche, choisie comme emblème. Sur le site, 247 espèces d’oiseaux différentes ont été identifiées, dont 137 migratrices. (informations recueillies dans la plaquette du site que l’on trouve sur internet, très bien faite et instructive). 

Barthes de l’Adour à Saubusse

Ambiance hivernale du coucher de soleil sur les barthes à Saubusse (cliché du 15 mars … 2015)

Avant d’arriver au marais situé sur les communes de Labenne, Orx, Saint-André de Seignanx et Saubrigues, je fais un crochet par les Barthes de l’Adour à Saubusse, un lieu que j’affectionne particulièrement en hiver. Aujourd’hui, peu d’espèces seront visibles.

Les pylônes de la ligne TER de Dax à Hendaye et passant près des barthes sont colonisés par les nids de cigognes. Celles-ci font des allers/retours incessants sur les barthes aux alentours.

Une ambiance que j’apprécie dans la zone humide des barthes à la végétation encore endormie. Je ne verrai que des aigrettes garzette et des cigognes. Cette dernière se promène à une distance raisonnable.

Cet après-midi, passage important de vols de grues au-dessus des barthes. Elles ont peut-être fait halte la nuit précédente en Espagne à la lagune de Gallocanta ou à l’embalse de Sotorena avant le passage des Pyrénées, bien dégagées ces derniers jours.

Sur le marais d’Orx

La belle météo d’aujourd’hui, n’était apparemment pas un moment propice pour se promener dans les barthes à Saubusse. Un peu déçu par le peu d’espèces observées, je continue ma route vers le marais d’Orx, en espérant profiter d’une belle lumière du soir. 

La Cistude d’Europe, bien représentée sur le marais, est sortie d’hibernation avec la chaleur inhabituelle à cette période.

La vedette du moment : un Pygargue à queue blanche fait une halte depuis quelques jours sur le marais. J’arrive un peu tard pour une bonne proximité de prise de vue. Il s’envolera de son poste d’observation pour se remiser pour la nuit avant mon arrivée à un observatoire mieux placé situé à quelques centaines de mètres plus loin. 

Le Courlis cendré 

L’avifaune est pour la plupart du temps assez éloignée des postes d’observation. Nombreux anatidés présents, avec la seule Spatule blanche que j’aurai l’occasion de rencontrer. Des jumelles ou un digiscope sont les bienvenus pour reconnaître les espèces : ce sont les outils utilisés par la plupart des personnes que j’ai rencontré.

L’ambiance « courlis cendré » en fin de journée.

Le courlis est bien représenté sur le marais, jusqu’à 80 courlis observés ensemble. Aujourd’hui, le marais se prêtera plus à des photos d’ambiance qu’à des « gros plans ».

Le soleil se couche. Un autre marais va bientôt revivre.

Le Courlis cendré

Le Courlis cendré

Le Courlis cendré
(Nom scientifique Numenius arquata)
Son observation au lac de L’Ayguelongue (Béarn)

04 Février 2019-17:30 – L’amont du lac de l’Ayguelongue orienté nord-sud avec une vue sur l’Ossau enneigé

(cliché pris depuis la partie est de la digue)

Le lac de l’Ayguelongue ou d’Ayguelongue est une retenue collinaire d’une soixantaine d’hectares crée en 1999 et situé dans le Béarn (Pyrénées Atlantiques), sur les communes de Momas et de Mazerolles. Il fait partie des retenues gérées par l’Institution Adour.

Le niveau du lac varie suivant les périodes de l’année. En ce moment, début février, son déversoir donne à plein régime. Les espèces participant à la migration de printemps ont très peu d’opportunités pour se poser, à part les abords ou sur les deux petits îlots qui sont colonisés par des espèces sédentaires comme les hérons garde-boeufs, les hérons cendrés, des cormorans etc. On n’observe essentiellement à cette période que des migrateurs se posant sur l’eau, colverts, sarcelles d’hiver … et un petit groupes d’oies qui sont là depuis au moins octobre dernier.

Avec l’arrosage du maïs à partir de juin/juillet, le niveau va baisser, ce qui dégage de grandes vasières très favorables aux limicoles de passage qui entament leur migration vers le sud. Durant la période de juillet à octobre, de nombreuses espèces peuvent y être observées.

L’amont du lac est depuis quelques années colonisé par de la végétation invasive comme la Jussie. C’est la dernière vasière avant le franchissement des cols des Pyrénées par les limicoles migrateurs. On peut avoir de bonnes surprises tout au long de l’année, même si la période correspondant à la baisse du niveau du lac est la plus favorable.

Ce Lundi 4 février, j’ai eu l’agréable surprise de voir évoluer au-dessus du lac une petite volée d’oiseaux au vol très « graphique » ; j’ai pu les photographier, mais de loin. A deux reprises, des personnes qui viennent régulièrement se promener autour du lac sont venues vers moi pour me poser des questions sur ces oiseaux au chant puissant et mélodieux. Ils ne les avaient encore jamais vu et cela les intriguait : des Courlis cendrés !

Après le survol du lac et quelques tentatives infructueuses pour se poser, ils sont repartis vers le nord, au nombre de huit ! Probablement en cours de migration?

Le Courlis cendré est un oiseau qui, à chaque observation, me rappelle un très bon souvenir d’adolescence. J’ai toujours en tête notre première rencontre, lors d’un hiver très rude dans les Landes près du littoral atlantique. Une vague de froid accompagnée d’un peu de neige avait occasionné pas mal de mouvements migratoires et j’ai conservé en moi l’image de cette belle silhouette au bec atypique qui survolait lentement à basse altitude une grande prairie ouverte, à la recherche de nourriture. Cette prairie a été depuis remplacée par un grand champ de maïs.

Le courlis cendré est le plus grand de nos limicoles avec une belle envergure de 80 à 100 centimètres ; il peut peser le kilo (pour la femelle) et vit jusqu’à maximum 32 ans. On le reconnaît sans problème avec son long bec incurvé vers le bas. Les deux sexes ont un plumage identique et le mâle est plus petit que la femelle ; le mâle a aussi le bec plus court. Le retour d’hivernage a lieu de février à mai suivant la latitude.

Le courlis cendré peut seulement être confondu avec le Courlis corlieu, moins commun, plus petit et avec le bec moins courbé.

Habitat

C’est un oiseau des milieux très ouverts et le plus souvent humides. Au passage et en hivernage, on l’observe sur les vasières, qu’elles soient littorales ou de l’intérieur (comme les grands plans d’eau en vidange), dans les milieux herbacés littoraux, les estuaires, les bassins d’inondation, les grandes plaines agricoles. Le Courlis cendré est un oiseau farouche. Il se tient toujours sur ses gardes et à la moindre alerte, prend son envol.

Reproduction

Il se reproduit dans des habitats assez divers qui ont en commun une vue dégagée, un sol meuble et profond et une grande diversité végétale : marais et tourbières, prairies, landes plus ou moins humides, marais côtiers, etc.

Alimentation

Le Courlis cendré se nourrit essentiellement d’invertébrés capturés sur le sol ou dans le substrat dès lors que son bec peut s’y enfoncer. Il sonde de son long bec muni de cellules sensorielles les sols meubles ou détrempés, les vases et autres milieux riches en organismes vivants. Dans les prairies où il niche, il consomme essentiellement des insectes et des lombrics. Sur les lieux d’hivernage maritimes, il se nourrit de vers marins, de petits crabes et de mollusques.

Population et répartition

C’est une espèce qui est assez répandue dans une bonne partie du Monde. Bien qu’en régression, l’espèce ne semble pas menacée. En France, il y a deux populations principales : l’une, en déclin, sur la façade atlantique, l’autre, en progression, installée dans l’Est depuis le début du siècle. La première reste le long des côtes, l’autre migre vers le sud-ouest.

Article rédigé le 09 février 2019, à partir de mes photos, de constatations faites sur le terrain et de publications internet dont je cite les liens :

http://www.oiseaux.net/oiseaux/courlis.cendre.html

http://wcf.tourinsoft.com/syndication/aquitaine/d8fabc1c-3ab9-42c5-af0e-40c4e3153c90/object/PNAAQU064FS00017/Lac-d-Ayguelongue

Espèces remarquables et périodes d’observation à l’Ayguelongue (d’après le lien ci-dessus) :

Balbuzard pêcheur – De mars à mai puis d’août à novembre
Barge à queue noire – De juillet à octobre
Bécasseau cocorli – De mi-juillet à octobre
Bécasseau de Temninck – De mi-juillet à septembre
Bécasseau rousset – septembre
Bécassine des marais – D’août à avril
Bihoreau gris – Toute l’année
Chevalier sylvain – De juillet à septembre
Cigogne noire – De mi-février à mai puis de fin juillet à octobre
Combattant varié – De fin-juillet à octobre
Echasse blanche – D’août à mi-septembre
Elanion blanc – Toute l’année
Faucon hobereau – D’avril à octobre
Fuligule nyroca – De novembre à février
Grande aigrette – D’août à février
Grèbe huppé – Toute l’année
Grosbec casse-noyaux – D’octobre à mars
Guifette noire – D’avril à mai
Harle bièvre – De mi-novembre à février
Héron garde-boeufs – De juillet à mai
Héron pourpré – D’avril à mai puis de fin août à septembre
Martin-pêcheur d’Europe – Toute l’année
Petit gravelot – D’août à septembre
Pic épeichette – Toute l’année

Note : A proximité d’Ayguelongue, dans la zone géographique située autour du village de Bougarber entre Pau et Artix, se concentrerait la plus grosse population nicheuse d’élanions blancs de France (j’ai consacré récemment un article sur cet oiseau) . On y trouve également le busard cendré et le busard Saint Martin.

Novembre 2018 – Volée de Courlis cendrés en hivernage au lac de Puydarrieux (Hautes-Pyrénées)