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Sortie CPIE Béarn – Tichodrome échelette, l’oiseau papillon (12 mai 2019)

Sortie CPIE Béarn – Tichodrome échelette, l’oiseau papillon (12 mai 2019)

Sortie avec le CPIE Béarn en vallée d’Aspe,

à la recherche de l’Oiseau papillon (12 mai 2019)

Dans la vallée d’Aspe. Une partie du décor de la sortie.

Le CPIE Béarn (installé à Oloron Sainte-Marie) est un réseau d’associations environnementales et un centre permanent d’initiatives pour l’Environnement Béarn.

Il organise entre autres des sorties accompagnées tous publics à thèmes multiples, comme la découverte de la nature dans la région, l’usage des plantes, le jardinage écologique, etc. Son site internet permet d’en savoir plus sur ses missions et j’encourage à le consulter : https://www.cpiebearn.fr/

Résumé de la sortie de ce jour : à la recherche de l’oiseau papillon

Un soir d’automne devant le cirque de Lescun (novembre 2014).

Le rendez-vous d’aujourd’hui est à Lescun, avec un beau soleil matinal qui ne nous quittera pas de la journée. A mon avis, qui a vu une fois le cirque de Lescun aura envie d’y revenir. C’est un site incontournable pour s’imprégner de la beauté de nos Pyrénées. Le thème principal de la journée est la découverte du Tichodrome échelette ou des murailles « Tichodroma muraria », appelé aussi l’oiseau papillon. On le trouve à flanc des falaises et des parois escarpées en montagne et en particulier dans nos Pyrénées. En hiver, on peut parfois l’observer en plaine sur de vieux édifices comme un grand pont en pierre, une église, une cathédrale, une tour ou autres monuments, des lieux d’hivernage où il ne revient pas systématiquement. S’intéresser au tichodrome l’hiver revient un peu à s’intéresser à notre patrimoine culturel.

Il reste encore beaucoup de névés, terrains de jeux pour les isards qui n’hésitent à se vautrer à la recherche de fraîcheur? (clichés pris avec mon portable).

Posé à flanc de paroi, la couleur gris-cendré du tichodrome échelette lui permet de se fondre dans son environnement où il devient quasiment invisible. Il remonte par sauts à la façon d’un grimpereau, en entrouvrant ses larges ailes d’un rouge vif par saccades. C’est à ce moment-là que l’on peut avoir la chance de le détecter, en quête de nourriture composée essentiellement d’insectes et divers invertébrés. On peut aussi le détecter par son chant. Il est tellement petit que, face à l’immense paroi, j’ai l’impression de « chercher une aiguille dans une botte de foin ». Nous étions à plusieurs pour tenter de le localiser, équipés de jumelles et d’une longue-vue pour notre accompagnateur. Celui-ci délimite plusieurs secteurs que l’on va se partager pour faciliter notre recherche. Personnellement, j’avais amené mon téléobjectif, en espérant l’immortaliser. Cet oiseau se mérite et il faut s’armer de patience. Le chercher dans ce décor grandiose de la vallée d’Aspe nous a fait passer un bon moment. Cet oiseau, bien connu de ceux qui pratiquent l’escalade, reste quand même peu courant et son observation ne peut être garantie; mais quel plaisir le jour où je ferai sa rencontre! Pour voir à quoi il ressemble, il vous faudra aller faire un tour sur internet; en effet, je ne publie que des clichés personnels sur mon site.

La présence encore importante de névés à cette période de l’année ne nous a pas permis de faire la boucle initialement prévue mais la sortie reste très intéressante (dénivelé cumulé de 715m pour un dénivelé positif de 460m et une distance de 9,6km).

Bien que ce n’était pas le thème principal de la sortie, on a pu observer de nombreuses plantes et fleurs, dont la liste est assez longue. Il y en a une que j’aime bien, c’est l’érythrone dent-de-chien (Erythronium dens-canis), appelée plus simplement Dent-de-chien. Elle est en pleine floraison sur les pelouses supérieures. Ainsi que la Saxifrage des Pyrénées (Saxifraga longifolia), que j’ai pensé à photographier car hors de portée!

Nous avons vu aussi de nombreux isards se promenant sur les névés ainsi que quelques marmottes.

Parmi les oiseaux, j’ai bien apprécié l’observation d’un Aigle royal juvénile et celle d’un couple de monticoles de roche, un oiseau que je n’avais jamais aperçu auparavant. En plus des espèces courantes vues et/ou entendues en montant dans la forêt de hêtres, nous avons eu l’occasion de voir et entendre le Rougequeue noir et le Traquet motteux.

Le Rougequeue noir, un migrateur partiel initialement inféodé aux milieux rocheux en montagne, est maintenant présent en plaine dans les villes et les villages de notre région. Le Traquet motteux, habitant typique de la montagne, peut lui aussi de rencontrer à plus basse altitude.

On observera également de loin des couples de vautours en train de nicher sur la paroi ainsi que des faucons crécerelles. Et une bonne partie de la journée se passera en compagnie de Chocards à bec jaune, qui sont en pleine préparation du nid.

Notre accompagnateur nous permettra avec une longue-vue de faire des observations très rapprochées.

L’Ossau, un sommet visible même en vallée d’Aspe.

Le monticole merle de roche

Pour moi, c’est la vedette du jour : le Monticole de roche, ici un mâle. Il était accompagné d’une femelle que j’aurais pu également photographier mais j’ai douté du rendu en qualité du cliché. 

Le Monticole merle de roche (Monticola saxatilis) est communément appelé le Merle de roche. Je ne l’avais encore jamais observé et nous avons eu l’opportunité de voir évoluer un couple. Sa rencontre n’est pas courante. Leur comportement rappelle celui des traquets et des rougequeues, qui se mettent en évidence au sommet des rochers en hochant la queue.

Le mâle, en tenue nuptiale, est superbe. Il a la tête et le cou bleu-gris avec une tache blanche sur le dos; le poitrail et la queue sont de couleur orange. La femelle est de couleur discrète, avec la majeure partie de son corps brun moucheté; sa queue est également orange. Ils ont la taille du merle noir.

C’est un montagnard qui fréquente les éboulis et les pelouses parsemées de rochers. Il s’y nourrit d’insectes et de baies. Migrateur, il repart en août-septembre vers l’Afrique Tropicale où il passe l’hiver.

L’Aigle royal

L’aigle royal juvénile, reconnaissable à la tâche blanche plus claire au bout des ailes.

L’Aigle royal (Aquila chrysaetos) est une espèce remarquable de nos Pyrénées. Son envergure va de 1m90 à 2m20 environ. Il est sédentaire en France où il vit exclusivement dans les massifs montagneux.

Son observation n’est pas courante. En 2016, on comptait 70-80 couples présents dans les Pyrénées côté versant français dont 32 couples dans le Parc national des Pyrénées (source : Parc National).

L’Aigle royal adulte (octobre 2018 – Hautes-Pyrénées).

Ma dernière observation de l’Aigle royal datait d’octobre 2018 dans le cirque de Lis ou Erès Lit (Hautes-Pyrénées), dans le Parc national.

Autres photos de la journée

A la sortie de la forêt, la rencontre avec notre premier isard, un bouc qui est en train de muer vers sa livrée estivale. Il s’éloigne paisiblement sur le névé.

(Partage d’une peau d’isard. Au fond, un lit de Dents-de-chiens en pleine floraison).

Les Chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) récupèrent des matériaux pour la construction du nid. Ici, ils emportent des poils provenant des restes d’une peau d’isard. De loin, ils peuvent être confondus avec le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), qui a le bec … rouge!

Sur ce gros névé, une harde d’isards se promène en « dessinant » des motifs. Ils sont très loin de nous. Ils ont tous des cornes qui dépassent bien des oreilles, sauf un. Les clichés faits sur le versant opposé montrent que les chèvres n’ont pas encore mis bas : les chevreaux sont encore avec leur mère et on n’en voit pas sur les photos ci-dessus. Je pense alors à une harde de boucs avec un éterlou.

L’érythrone dent-de-chien, ou tout simplement Dent-de-chien. J’en avais vu des représentations tellement magnifiées sur certains sites de photographies que lorsque j’ai rencontré mes premières « en vrai », j’ai hésité pour leur mettre un nom dessus.

Sur les parois, de belles saxifrages des Pyrénées (Saxifraga longifolia), plante grasse endémique. Elle pousse sur les falaises calcaires. Elle fleurit de juin à août, sous la forme d’ une grande hampe (jusqu’à 80 cm) pouvant contenir plus d’une centaine de fleurs blanches puis elle meurt.

Un isard adulte. Il s’est éloigné à découvert dans les éboulis où il a hésité un bon moment, ne sachant pas trop quelle attitude adopter devant notre présence à distance conséquente. Quelques pas et puis quelques minutes d’observation et ainsi de suite pendant un long moment. Il va finir par se coucher dans ces éboulis. J’ai pensé à un moment à une femelle qui aurait mis bas et qui cherchait à nous éloigner de son chevreau. Les turbulences de chaleur dans les éboulis perturbent la netteté des clichés pour reconnaître à coup sûr. Plutôt un brocard solitaire? Les autres isards proches de lui, sur les clichés ci-dessous, sont des femelles avec leurs jeunes nés au printemps dernier.

Toutes nos observations sont faites sans perturber ces beaux animaux.

Une chèvre avec deux chevreaux. Le reste de la harde est un peu au-dessus et se dirige vers un névé.

La chèvre se retourne avant de s’éloigner définitivement.

Deux chèvres et trois chevreaux (nés au printemps dernier) sur le névé. Décompte fait avec la longueur des cornes par rapport à la longueur des oreilles.

La troisième mère se rafraîchit sur le névé, près du reste de la harde.

Les deux chevreaux  de la première photo font demi-tour.

Les vautours sont en train de nicher sur la paroi, au moins trois couples.

L’un des vautours fauve quitte le nid et passe près de nous. Il y aura peu de rapaces aujourd’hui; les thermiques n’étaient pas favorables pour leur ballet aérien habituel. 

Cette publication est faite à partir des photos prises lors de la sortie, exceptées celle du cirque de Lescun en automne (novembre 2014) et les deux représentant un Aigle royal adulte dans les Hautes-Pyrénées (octobre 2018).