logo
Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

(Nom scientifique : Leiothrix lutea)

Informations générales

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon est un magnifique oiseau au chant mélodieux (mâle) originaire d’Asie du Sud-Est et non du Japon comme son nom commun le laisse imaginer. Introduit en France pour alimenter les volières d’ornement, on le trouve depuis quelques années à l’état sauvage. La colonie la plus importante se trouve dans le Sud-Ouest. A l’origine, une dizaine d’individus se seraient échappés au début des années 1990 d’une volière couchée par une rafale de vent chez un particulier dans la région de Laroin (Pyrénées-Atlantiques). Ces oiseaux se sont parfaitement adaptés à leur nouvel environnement et se sont reproduits. Leur résistance naturelle aux conditions difficiles (celles des contreforts de l’Himalaya) ont également facilité leur implantation chez nous.

Cette origine, donnée au conditionnel dans une étude sérieuse, n’a pu bien sûr être validée en l’absence d’un suivi de ces oiseaux-là après cet incident. Ce qui est sûr est qu’ils ne peuvent provenir que d’un retour à l’état sauvage, qu’il soit accidentel ou voulu!

Depuis, ils ont continué leur expansion à partir de ce foyer. Ils ont colonisé une bonne partie du Béarn et ont étendu leur aire de répartition jusqu’à la côte basco-landaise d’une part, et en plein massif landais d’autre part. On a signalé également la présence d’un foyer au bord du bassin d’Arcachon dans les données 2019 de l’INPN.

Les effectifs béarnais sont les plus importants de l’Hexagone (en gros, plusieurs milliers). Ailleurs en Métropole, on signale la présence de petits noyaux reproducteurs en île-de-France, dans le Val-d’Oise (forêt de Montmorency et Vexin français) et dans les Yvelines (autour de Meulan) ainsi que dans les Alpes-Maritimes, dans la région de Nice. Je n’ai pas trouvé d’information récente sur les effectifs.

Contrairement au comportement d’autres espèces invasives, cette espèce ne semble pas perturber leur écosystème d’adoption.

Sa période de nidification s’étale de mai à juillet. Dans la nature, le nid est construit en forme de coupe profonde faite à l’aide de mousse, de paille, d’écorces, de brindilles et de radicelles, le fond est garni de crin. Il est habituellement placé sur la fourche d’une branche à peu de hauteur du sol. Ils vivent en couples au moment de la nidification; en dehors de cette période, on les trouve en petits groupes.

Mes observations

Dans notre Vic-Bilh, j’ai aperçu pour la première fois ce bel oiseau en juin 2014 à Lalongue, dans une haie très touffue entourant une prairie en bordure d’un ruisseau. L’espèce pouvait y être présente déjà depuis quelque temps mais cet oiseau est très discret et difficile à localiser au milieu de la végétation. Peu farouche, on peut l’approcher assez facilement mais le photographier reste un challenge : il est très vif et remuant.

Quand j’ai vu mon tout premier Léiothrix, il m’a interpellé :  je me suis dit tout de suite que cet oiseau était « exotique » et certainement échappé d’une cage. Puis j’en ai vu d’autres. J’ai fait alors des recherches sur internet et j’ai découvert son histoire. J’ai trouvé un peu plus tard un autre foyer dans la région de Gerderest, toujours au bord d’un ruisseau puis à Simacourbe ; les petites colonies locales se sont multipliées par la suite, généralement composées de 5 à 10 individus. Il est devenu courant chez nous et depuis l’été 2018, un groupe s’est fixé près de chez moi, intéressé à l’automne par les prunelles sauvages des haies et en cette saison par les cerises.

Les journées à la météo maussade, s’il reste encore un oiseau qui veut bien chanter, c’est lui!

Un léiothrix jaune dans un roncier, au mois de mars dernier. La couleur du bec peut être entièrement noire, et rouge quelques mois plus tard. Ce n’est pas un élément de dimorphisme.

Je le rencontre régulièrement dans des grands ronciers et fourrés, dans les végétations très denses en bordure de chemin, de prairies ou le long de petits ruisseaux dans des zones boisées.

On le décèle la plupart du temps par l’émission au sein de la végétation de petits gloussements discrets à notre approche. Puis le groupe commence à s’agiter et s’envole, la plupart du temps de branches très basses vers les hauteurs environnantes. Ils s’éloignent alors camouflés par la végétation dense en poussant en même temps des cris d’alarme, un genre de crépitement prolongé. Enfin, le silence revient et on ne sait pas ce qu’ils sont devenus, à moins de se rapprocher de nouveau.

Léiothrix en train de consommer des baies sauvages.

Léiothrix dans un roncier, au début de la saison des mûres.

Il est principalement insectivore, mais il se nourrit également de divers fruits et de baies sauvages.

Pas toujours évident de le distinguer dans la végétation, même à découvert.

Si on veut mieux le connaître, on trouve pas mal d’informations sur internet. Cet oiseau nouveau dans notre écosystème fait l’objet d’études et j’ai mis en fin d’article quelques liens vers des publications que j’ai trouvées intéressantes.

Comment différencier mâle et femelle

Les juvéniles ont leur livrée adulte à partir de la 12ème semaine de vie. Le dimorphisme sexuel chez le Léiothrix n’est pas évident. On peut cependant différencier mâle et femelle grâce à quelques critères.

Mâle adulte

Léiothrix chanteur, c’est un mâle.

seul le mâle chante, surtout d’avril à juin, ce qui correspond à la période nuptiale. Son chant l’aide à conquérir la femelle. Les sonorités sont mélodieuses, perçantes et puissantes. C’est peut-être pour cela qu’on l’appelle communément « le Rossignol du Japon », alors qu’il ne fait pas partie de cette famille et qu’au Japon, il n’y est qu’implanté!

Le bas de la gorge orangé. Un mâle. 

-des deux partenaires, le mâle est censé avoir le plumage le plus coloré. On le voit mieux en observant le bas de la gorge, orangé chez le mâle.

Un mâle, reconnaissable à la bande noire plus longue à l’intérieur des rectrices.

-le dessous de l’extrémité de la queue du mâle a un noir plus étendu, de l’ordre de 1,5 cm et sur toute la largeur. Quand l’oiseau ne chante pas, ce critère est le plus fiable pour différencier les deux sexes.

Femelle adulte

Une Femelle, reconnaissable à la bande noire de seulement 0,5 cm en dessous de l’extrémité de la queue. Sur ce cliché, je pense à une juvénile.

 La femelle a la gorge plus jaune qu’orange.

la femelle ne chante pas; elle pousse seulement de petits cris successifs, une sorte de tui-tui-tui-tui en réponse au mâle ou comme cris d’appel.

-ses couleurs sont un peu plus ternes que celles de son partenaire, mais je pense qu’ils faut qu’ils soient tous les deux côte à côte pour s’en rendre compte; c’est plutôt un critère en volière. C’est plus parlant au niveau de la gorge qui est plus jaune qu’orange chez la femelle.

-le dessous de l’extrémité de la queue de la femelle a un noir moins étendu, de l’ordre de 0,5 cm et sur toute la largeur.

Cette réussite de l’acclimatation de cet oiseau bien sympathique dans notre écosystème sans apparemment le perturber (du moins pour l’instant) ne doit pas faire oublier qu’il ne faut pas pour autant « ouvrir la cage aux oiseaux ». Laissons-les tranquilles dans leur biotope naturel. Ils y sont d’ailleurs tellement plus beaux!

Sources intéressantes consultées :

https://www.lpo.fr/images/actualites/2013/Ornithos_14_6_370_375.pdf

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-aquitaine.org/userfiles/FAPublications/0025FA2012Allochtone.pdf

https://www.faune-aquitaine.org/index.php?m_id=30359

http://especes-exotiques-envahissantes.fr/connaissez-vous-le-leiothrix-jaune (Leiothrix lutea)?

Le Renard d’un soir

Le Renard d’un soir

 

Le renard d’un soir (5 000 iso ; 1/60 s ; focale minimum au téléobjectif).

Cette publication tranche avec mes habitudes : c’est l’histoire d’une seule photo, celle d’un bref instant de vie auprès d’un renard.

C’est le week-end de l’Ascension et nous avons droit à notre première vague de chaleur de l’année. Ce soir, il me vient l’envie d’aller à l’affût au coucher du soleil, au moment où le peuple de la Nuit s’apprête à courir la campagne. Ces moments sont toujours particuliers; la chaleur est retombée et il fait bon d’attendre une éventuelle bonne surprise, tout en écouter les derniers chants d’oiseaux comme celui de la grive musicienne ou ceux des Léiothrix jaunes. L’Elanion blanc, à son habitude, va et vient au-dessus des champs cultivés et des friches environnantes.

Je m’assieds le dos calé contre une balle d’herbe séchée restée là depuis quelques jours et j’attends en tenue de camouflage, en partie caché dans l’herbe. Le temps passe et le soleil commence à se se coucher derrière moi. La lumière s’estompe doucement. Les rayons jaunissent la cime des arbres puis le versant d’en face exposé à l’ouest. Bientôt, ils disparaissent. Un brocard dans la force de l’âge débouche d’un champ cultivé et se met à brouter. Il est loin mais je fais quelques clichés même s’ils seront de mauvaise qualité, je ne sais pas rentrer bredouille. J’ai bien fait : en visionnant le résultat, je me rends compte qu’il faut que je force mes paramètres bien au-delà de mes habitudes pour arriver à accrocher un peu de lumière, si un animal se présente.

Comme il fait bon, je m’attarde encore un peu avec le maigre espoir de faire quand même une bonne rencontre, genre blaireau. Je sais déjà qu’il est trop tard pour faire des photos présentables.

Alors que je suis perdu dans mes pensées, je sens une présence sur le côté, à la limite de mon champ de vision. J’ai pris l’habitude de ne pas faire de geste brusque dans ces circonstances. Je tourne lentement ma tête et je vois … un renard adulte qui vient droit sur moi, déjà proche. Avec la poussée d’adrénaline provoquée par cette vision, j’ai du mal à le localiser dans le champ du téléobjectif. Mon cœur bat vite mais j’arrive enfin à le cadrer : il vient de s’arrêter et regarde dans ma direction. Trois clichés : celui de ce post que j’ai doublé et le troisième tout flou, quand il bondit  à 90° pour s’échapper! Il n’a pas réfléchi longtemps et seule la proximité m’a permis de faire une mise au point à peu près potable. Pour les paramètres, je ne pouvais pas faire mieux.

Au final, je rentre avec une seule photo, une photo qui décrit une émotion, un instant de vie!

Une pelouse en friche pour les chevreuils

Une pelouse en friche pour les chevreuils

Une pelouse en friche pour les chevreuils

J’ai la chance d’habiter sur le territoire d’une chevrette qui a donné naissance à un faon, l’été dernier. J’ai été le témoin de beaucoup d’instants de vie, pendant un an.

Les naissances de faons ont lieu pour la plupart entre la mi-mai et la mi-juin. C’est alors que va naître une relation fusionnelle entre la mère et son (ses) petit(s). Dans les premiers jours et en cas de danger, la mère frappe le sol avec son sabot qui déclenche chez le faon le réflexe de se tapir sans bouger. Elle s’éloigne du nouveau-né afin de ne pas attirer l’attention sur lui. Le faon a la faculté de retenir également son odeur pour échapper au prédateur. Il va par la suite suivre sa mère en permanence pour l’apprentissage de la Vie, en copiant ses moindres mouvements.

13 Juin 2018 – La naissance approche

La chevrette partage le territoire avec deux beaux brocards, un « quatre cors » et un « six cors ». Ils s’intéressent tous les trois aux pommes de la St-Jean du verger ainsi qu’aux graminées de la pelouse, en friche depuis plusieurs années. Une jeune chevrette de l’année précédente fait parfois elle aussi une incursion sous les pommiers.

13 juin 2018 – Ma dernière observation de la chevrette, avant qu’elle mette bas.

18 juin 2018 – Le maître des lieux, le quatre cors

Les pommes sont un mets de choix pour les chevreuils.

Sur la « pelouse »,  sous une pluie fine. Les chevreuils sont très sélectifs dans leur recherche de nourriture, ici des feuilles de pissenlit.

« Je me soulage ».

3 juillet 2018 – Le rut approche

Au moment du rut, le brocard défend farouchement son territoire contre tout intrus. Il frotte ses bois sur les arbres pour évacuer la tension nerveuse mais aussi pour marquer son domaine, déchirant l’écorce et laissant son odeur. Souvent, il gratte le sol en même temps, laissant aussi son odeur sur le sol. S’il croise un autre mâle sur son territoire, il le charge et, si l’autre mâle fait front, ils se battent, bois contre bois. Le perdant s’enfuit et le gagnant le poursuit avant de revenir sur son territoire.

Le 3 juillet, alors que le brocard  » six cors » a laissé des traces la nuit précédente sur les troncs d’arbre et les arbustes, une séquence vidéo le montre en train d’être chassé par le maître des lieux, le « quatre cors ». Lien de ma vidéo : https://vimeo.com/339319031

Que devient la chevrette?

Le « bambi » galope après sa mère, en bordure d’une culture.

Sur mon piège photo, la chevrette a « perdu du tour de taille » entre le 18 et le 22 juin.

Le 4 juillet, deux semaines plus tard, son faon apparaît enfin sur une séquence vidéo, en train de courir après sa mère. A ce moment-là, il peut encore être victime d’un accident agricole avec les fenaisons et les récoltes.

 24 Juillet 2018 – Le « quatre cors », toujours fidèle aux pommes

Le brocard « quatre cors » sous un pommier. Son concurrent a disparu de la pelouse. 

1 Septembre 2018 – Premier témoignage photo Mère et fille

Les pommes au verger sont une valeur sûre pour les chevreuils. Il y en a tellement que l’on peut bien partager! Et voilà enfin la présentation du petit animal à la maison.

Le faon apparaît enfin un soir, à la limite du sous-bois. Sa robe n’est pratiquement plus tachetée. Les tâches commencent à s’estomper à partir de 6 semaines.

Mère et fille (mais çà, je ne le savais pas encore).

7 septembre 2018 – Apparition dans un champ de luzerne

Et le 7 septembre, je peux m’en approcher dans un champ de luzerne, proche de la maison, où ils sont très occupés. A partir de maintenant, je les verrai régulièrement, jusqu’à la séparation en mai prochain.

7 septembre 2018, sous une belle lumière du soir – J’ai raté l’épisode des premiers jours du faon. Il est bien reconnaissable à ses oreilles d’une longueur disproportionnée par rapport à sa tête.

7 septembre 2018 – Portrait de face à quelques mètres : si je me relève, il file immédiatement dans le sous-bois!

7 septembre 2018 – La Mère, à proximité de son faon! 

11 Septembre 2018 – On joue sur la « pelouse »

Le chevreuil change de pelage deux fois dans l’année, en avril-mai et en septembre-octobre. Les jeunes muent en premier. Celle du faon a commencé au niveau du poitrail. Cette dernière mue est bien plus discrète dans toutes les catégories d’âge.

L’herbe de la pelouse en friche a pris une triste allure mais les chevreuils l’affectionnent. Les jeunes pousses d’acacias protégées de la tonte est un mets de choix pour eux.

« Je gambade dans une allée tondue, au milieu des premières feuilles mortes d’érables ». L’automne approche.

L’herbe est en train de faner et de s’aplatir.

Le brocard « quatre cors » a donné de sa personne pendant le rut : un bois est cassé. 

La tâche blanche, une fleur mal placée!

Les deux clichés ci-dessus sont trompeurs. Tout ce petit monde joue ensemble. Il y aura même un moment où le faon part à la poursuite du brocard!

Le sevrage du faon a lieu en octobre/novembre. Il devient un chevrillard jusqu’à un an. Pendant tout cet automne et cet hiver, la chevrette et son petit restent ensemble, avec parfois un brocard. En effet, à cette période-là, les mâles abandonnent leur comportement solitaire et territorial et rejoignent les femelles et leurs petits. Il y a eu des mauvais moments à passer. J’ai vu à plusieurs reprises un mâle débarquer de nulle part et se lancer dans une poursuite effrénée après le chevrillard. Ce n’était plus un jeu! Pour information, le rut principal a eu lieu en juillet-août mais il peut y avoir un rut secondaire en octobre-décembre.

Dès le début de la saison de la chasse, toute cette famille va être très discrète dans la journée. Dans les environs, il y aura des battues ; je vais me demander à chaque fois s’ils vont se sauver. Pendant les 6 mois suivants, j’aurai quand même l’occasion de les voir parfois le matin et/ou le soir, à des moments où la lumière est réduite et je n’ai aucun cliché montrable.

14 mars 2019 – Observation d’un mâle avec le tandem Mère-Fille

Le printemps est là et l’herbe repousse. La campagne commence à verdir et les journées rallongent. L’herbe de la pelouse a fané et s’est aplatie pendant l’hiver, puis elle repousse à nouveau. Les chevreuils sortent du sous-bois bien plus souvent. Les brocards vont quitter les structures familiales dans lesquelles ils se sont intégré à l’automne, pour reprendre une vie de solitaire consacrée en particulier à la défense de leur territoire. Les plus vieux sont les premiers à avoir leurs bois neufs, afin de défendre ce territoire face aux prétendants plus jeunes.

Le chevrillard est devenue une chevrette, un peu plus petite que sa mère pour le moment. Un brocard d’âge mûr est encore avec la famille, différent des deux quatre cors et six cors de l’an passé. Son trophée est atypique. Il frotte encore ses bois sur l’arbuste en arrière-plan et sur les troncs d’arbre pour se débarrasser des reliquats de velours; mais aussi, pour signaler sa présence aux autres mâles. Il s’attaque aux plantations mais il faut savoir payer un certain prix pour avoir le plaisir de l’observation. Je protège les jeunes plantations auxquelles je tiens par du grillage pendant quelque temps. Tout le monde a commencé à muer, « la Jeune » étant la plus précoce.

14 mars 2019 – Le brocard d’âge mûr, « La Jeune » (au centre) et la chevrette (toute à droite). Avec le temps, on s’habitue à ces petites bêtes, on parle d’elles avec empathie et on s’ « inquiète » quand on ne les voie pas de quelques jours! 

Une vue rapprochée du brocard ci-dessus. Ses bois atypiques ont encore quelques reliquats de velours. On le reverra quelques semaines plus tard sur la pelouse.

6 Avril 2019 – … sur le gazon

Les chevreuils ne boivent pas, ils se désaltèrent avec la rosée ainsi qu’avec la partie liquide de leur alimentation. Et il faut bien qu’ils urinent. La partie en friche de la pelouse est « arrosée », comme vous pouvez le voir!

C’est le printemps et l’herbe repousse. La chevrette, en pleine mue, n’est vraiment pas à son avantage. 

« La Jeune » – Le poil a quasiment disparu de son cou. Elle est « folasse » et se lance parfois dans des galops désordonnés autour de sa mère.

« La Jeune » aussi, … comme sa mère! Le pelage d’été commence à apparaître autour de ses oreilles.

A nouveau la mère, avec un début de pelage d’été sur le front. Sa mue est en retard par rapport à celle de sa fille. Elle a un petit ventre rond, c’est bon signe!

1 mai 2019 – Les derniers moments du couple fusionnel

Trois semaines ont passé. La Mère et la fille sont encore ensemble mais plus pour longtemps. Les clichés suivants sont les derniers où je pourrai observer ce duo fusionnel depuis juin dernier. La mère va bientôt mettre bas, d’ici 2 ou 3 semaines!

La mère, à l’arrière-plan, a le ventre qui s’est encore arrondi! La Jeune est toute « fine »!

La mue de « la Jeune » a bien avancé.

Un cliché qui j’aime beaucoup, au milieu des fleurs. La mue chez la mère est toujours en cours alors qu’elle est pratiquement terminée chez sa fille. 

4 mai 2019 – Seule!

4 mai 2019 – La petite chevrette a été chassée, d’abord par sa mère; mais aussi, peu après ce cliché, par un brocard surgi du champ en culture à l’arrière-plan. C’est sa destinée. Elle doit maintenant apprendre à faire face seule.

4 mai 2019 – Chassée par ce brocard qui, lui aussi, est en train de muer.

Et depuis? Mes dernières observations de mai sur la pelouse!

Les visites de brocards se succèdent sur la pelouse. C’est la loi du plus fort. Les nouveaux cherchent un territoire et les anciens le défendent. Il y en a principalement deux qui sont là régulièrement : le « quatre cors de la saison précédente », mâle dominant avec deux corps supplémentaires très discrets et un deuxième mâle, celui au trophée atypique (constitué de trois cors).

Le mâle dominant :

5 Mai 2019 – Le « quatre cors de l’an dernier »  frottera ses bois sur tous les arbustes pour se signaler aux prétendants potentiels. 

Quel mâle!

25 mai 2019 – Toujours le « quatre cors » avec ses deux cors supplémentaires très discrets! Avec un fait nouveau, … 

La jeune chevrette :

25 mai 2019 – … il accompagne la petite chevrette qui a terminé sa mue. Elle est maintenant une adulte et elle sera en âge de procréer à la prochaine période de rut, si elle a atteint un poids autour de vingt kilos minimum.

Et le deuxième brocard des lieux, très facilement reconnaissable : un bois unique à gauche et un bois avec deux cors partant de la base à droite :

L’herbe est à point pour y faire de bonnes siestes ou, tout simplement, s’y réfugier. C’est un havre de paix!

La jeune chevrette est donc, pour l’instant, restée sur le territoire où elle est née. Je n’ai pas revu sa mère depuis un mois, c’est-à-dire depuis le 1er mai. A-t’elle mis bas? L’an dernier, la mère avait été visible jusqu’au 13 juin pour donner naissance juste après et ne revenir sur la pelouse avec son faon que le 1 septembre! Il me tarde de voir son petit et pour cela, l’utilisation d’un piège photographique est très utile. Je verrai bien!

« Le » message

On n’est pas obligés de tondre toute sa pelouse! Laissons-en en friche et on sera surpris de voir la faune accaparer les lieux, d’observer une grande variété de fleurs sauvages et de constater le retour de bien d’insectes dont certains nous sont inconnus. Les pommiers attirent les chevreuils, qui ne dédaignent pas non plus les cerises tombées à terre. Quelques arbustes à baies sauvages comme haies et la Nature s’installe devant sa porte!

29 mai 2019 – Une visite nocturne des grosses bêtes.

Tout cela n’est pas idyllique et il faut accepter des compromis quand on habite « à la campagne » comme … avoir la pelouse régénérée de temps en temps par les grosses bêtes!

« Confidences au pied de l’arbre ».

La Couleuvre helvétique ou Couleuvre à collier (15 mai 2019)

La Couleuvre helvétique ou Couleuvre à collier (15 mai 2019)

La Couleuvre helvétique 

(Nom scientifique : Natrix helvetica)

J’ai eu une surprise cet après-midi, alors que j’allais relever un piège photographique installé sur une souille de sangliers : j’ai rencontré une jeune couleuvre à collier en train de chasser dans une grande flaque d’eau près d’un ruisseau. J’ai passé un peu plus d’une demi-heure à l’observer en train de nager, allant et venant avec la tête dans ou au-dessus de l’eau. Bien que discrète, l’agitation inhabituelle causée par ses ondulations a attiré mon attention. Les rayons du soleil qui passaient au travers des frondaisons des arbres éclairaient idéalement la scène.

La Couleuvre helvétique « Natrix helvetica » que l’on appelle communément une couleuvre à collier est la couleuvre la plus fréquente en France. On la trouve dans presque tous les départements. Quand elle est jeune, elle est liée à la proximité de l’eau où elle peut nager et plonger à la recherche de nourriture comme les têtards, petits poissons et invertébrés … . Les sujets adultes, quant à eux, peuvent vivre à l’écart des points d’eau. On la trouve jusqu’à 2 000 mètres d’altitude. Les mâles sont plus petits, un peu moins d’1m00 généralement et jusqu’à 1m40 pour les femelles. Les données divergent d’une vingtaine de centimètres selon les sources consultées.

Elle est très facile à reconnaître avec son « collier » qui se présente sous la forme de deux bandes en forme de croissant de couleurs blanche ou jaune crème et noire sur la nuque. Toutes les espèces de couleuvres à collier doivent d’ailleurs leur nom vernaculaire à la présence de celui-ci.

La partie visible de son corps est d’après la littérature de couleur très variable, d’un gris ou marron plus ou moins clair (parfois bleuté ou verdâtre), accompagné de quelques taches noires longitudinales.

Jusqu’à un passé récent, il existait deux espèces de couleuvres à collier en Europe, « Natrix astreptophora » et « Natrix natrix ». Cette dernière comportait 15 sous-espèces dont celle que l’on trouve en France, appelée alors « Natrix natrix helvetica ».

Une nouvelle étude publiée en 2017 dans la revue Scientific Reports a proposé une révision de la taxinomie de la couleuvre à collier, grâce à l’avancée des connaissances apportée par les progrès de la génétique. L’une des conclusions de cette étude est que les couleuvres à collier de l’ouest de l’Europe appartiennent en fait à une espèce différenciée, « Natrix helvetica » (auparavant considérée comme une sous-espèce de « Natrix natrix »).

La couleuvre à collier que l’on trouve en France, appelée avant 2017 « Natrix natrix helvetica » (sauf dans l’Aude et les Pyrénées Orientales), est donc une espèce à part entière et doit maintenant être nommée Couleuvre helvétique « Natrix helvetica ». (Certaines publications sur internet ne sont pas à jour). Chez « Natrix helvetica », le « collier » est très marqué, aussi bien chez les jeunes que chez les adultes. L’iris est de couleur jaunâtre.

Dans les départements de l’Aude et des Pyrénées orientales, la couleuvre à collier appelée avant 2017 « Natrix natrix astreptophora » (présente également dans la péninsule ibérique), a été élevée elle aussi au rang d’espèce. Elle s’appelle désormais la Couleuvre astreptophore « Natrix astreptophora », dont les particularités sont les suivantes :  à l’âge adulte, les individus n’ont pas de « collier »; l’œil est rouge vif tandis que la tête est grise, voire bleutée.

Pour rappel, la tête des couleuvres, de forme arrondie avec quelques grosses écailles sur le crâne permet de les différencier au premier coup d’œil des vipères dont la tête est triangulaire avec de nombreuses et fines écailles. Elles sont ovipares tandis que les vipères sont vivipares. Leur pupille est ronde, en fente verticale chez les vipères.

Comme tous les serpents, la couleuvre à collier est pratiquement sourde. En revanche, sa vue est bien développée et l’aide à chasser et à détecter les dangers. De nombreuses couleuvres diurnes, à pupille ronde et cristallin jaune, ont une rétine qui ne comporte que des cônes, cellules assurant la vision colorée et fonctionnant en lumière intense. Le frétillement de la langue, typique des serpents, leur permet de percevoir les odeurs.

La couleuvre à collier est une très bonne nageuse et elle se nourrit de ce qu’elle trouve dans et au bord de l’eau. Les jeunes, comme nous l’avons déjà vu plus haut, se nourrissent de larves, de têtards, de petits poissons et autres ressources trouvées uniquement dans le milieu aquatique. Dès que leur gueule est assez grande, le menu s’enrichit d’amphibiens (grenouilles, rainettes, tritons, …) et parfois des rongeurs (campagnols, mulots, musaraignes, …). Elle est alors moins dépendante de la proximité de l’eau.

Les proies sont avalées vivantes; les mâchoires de la couleuvre peuvent fortement s’écarter et elle est capable d’avaler des proies plus grandes que sa tête. La taille des proies reste proportionnelle à la taille de l’individu.

Elle ne possède pas de venin et ne présente donc aucun danger. Cependant, il vaut mieux l’éviter. Lorsqu’elle se sent en danger, elle peut éjecter un liquide nauséabond par le cloaque. Elle peut aussi simuler la mort en s’enroulant sur le dos, flasque, la bouche ouverte et la langue pendante; elle peut parfois, alors, émettre son odeur nauséabonde (surtout lorsque elle est saisie).

La Couleuvre helvétique juvénile, à comparer avec la Couleuvre verte et jaune juvénile ci-dessous.

Une Couleuvre verte et jaune juvénile (Vic-Bilh). 

La confusion des juvéniles est possible avec ceux de la Couleuvre verte et jaune (« Hierophis viridiflavus« ). Les 3  clichés ci-dessus permettent de voir la différence.

Dès que la flaque est passée dans l’ombre, la couleuvre est remontée dans la végétation. L’observation fut sympa, même si je ne suis pas spécialement fan de moments à passer avec les reptiles. Le choix des photos privilégie l’animal dans son élément, l’eau; il n’y a donc pas de gros plans. Assez régulièrement, ces gros plans sont obtenus en manipulant l’animal ou en le retenant prisonnier.

Victimes depuis toujours de leur mauvaise réputation, les serpents et les couleuvres en particulier sont concernés par l’érosion de la biodiversité. Le nombre d’espèces de couleuvres en France métropolitaine est deux fois plus important que celui de vipères, en gros. Avec les récents changements amenés par l’avancée des connaissances, je ne m’aventure pas à les citer, je me tromperais sûrement. Il m’arrive parfois d’en rencontrer, aussi bien en plaine qu’en montagne mais les occasions ont bien diminué ces dernières années.

Pour mon département des Pyrénées-Atlantiques on peut rencontrer, en plaine et en montagne (altitude maximum variable selon les espèces) :

Couleuvres (5 espèces, inoffensives) : la couleuvre helvétique (objet de cet article), la couleuvre vipérine (inféodée aux milieux aquatiques, altitude maximum 1 000 m), la couleuvre verte et jaune (qui est en fait noire et jaune, la plus grande et qui aime monter dans les arbres), la coronelle lisse et la coronelle girondine (qui peut facilement se confondre avec la précédente).

Vipères (morsure dangereuse) : la vipère aspic (Vipera aspis zinnikeri) et la vipère de Seoane ou des Pyrénées. La vipère de Seoane a une répartition très restreinte. Elle est présente le long de la frontière avec l’Espagne depuis la côte, au sud de Saint-Jean-de-Luz où elle est devenue très rare, jusqu’au massif d’Iraty où elle atteint sa limite Est, en passant par la vallée des Aldudes. Elle atteint côté français l’altitude maximale de 1250 m. C’est une des espèces les plus menacées d’extinction en Europe.

Depuis le 12 mai 1979 (ce n’est pas si vieux), ces reptiles font partie des espèces protégées.

Article présenté avec mes photos personnelles. Pour en savoir plus sur cet animal :

http://www.naturemp.org/Couleuvre-a-collier.html

http://www.serpentsdefrance.fr/Couleuvreacollier.php

http://coronella.free.fr/natnat.php

https://www.nature.com/articles/s41598-017-07847-9#additional-information

Deux couleuvres helvétiques en train de chasser en tandem au bord d’un petit ruisseau.

L’Ossau au printemps

L’Ossau au printemps

Un parterre de jonquilles devant l’Ossau.

Le printemps au pied de l’Ossau 

Une sortie au refuge d’Ayous (10 mai 2019)

Le lac Gentau (1947 m) en grande partie gelé, depuis les environs du refuge d’Ayous. 

Les lacs d’Ayous à partir de Bious Artigues est une sortie que je fais plusieurs fois par an. Mon moment préféré est à l’automne (fin octobre/début novembre) quand la montagne a retrouvé son calme. Les touristes sont alors repartis et les bêtes sont redescendues des estives. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de n’y rencontrer personne. Ou alors en juin, avant la grande cohue qui transforme cette boucle en véritable autoroute de montagne. Mais aussi au printemps quand il reste encore de la neige en altitude, à plusieurs depuis quelque temps. Quand la neige est présente, la boucle des lacs devient pour moi un aller/retour au refuge d’Ayous (1 980m), comme aujourd’hui.

C’est une randonnée facile et s’il y en a une seule à faire dans nos Pyrénées, c’est, à mon goût, celle-là : l’Ossau est grandiose quelle que soit la face que l’on contemple et quelle que soit la saison. Surnommé le « toit du Béarn » (2 884m), il doit être gravi au moins une fois dans sa vie par tout bon Ossalois; c’est une forme de « baptême ». Il porte aussi un prénom, un prénom que j’entend régulièrement prononcer comme si on était dans l’intimité de ce sommet mythique de notre région et que je ne citerai pas. Il semble que les Ossalois d’aujourd’hui n’y prêtent aucune attention et qu’ils font comme moi : c’est tout simplement l’Ossau, un ancien volcan.

Il faut quand même penser que la montagne peut être sournoise, même quand elle est « facile ». Chaque année dans ce secteur, la presse régionale se fait l’écho de certaines interventions des secours de montagne qui interpellent, dues à un équipement inadapté à la situation ou au manque d’appréciation de son niveau physique ou encore à l’ignorance des conditions météo ; celle-ci peut brusquement changer. Une remarque valable aussi bien pour l’ascension du sommet que pour les randonnées.

L’Ossau, son reflet et un parterre de jonquilles, depuis le col long d’Ayous (1700 m). 

L’Ossau dans les nuages, le lac Roumassot (1845 m, partiellement gelé) et la cascade déversoir du lac du Miey, qui donne à plein régime.

Le lac Gentau (1947 m) – Partis sous une pluie fine, la météo s’arrangera un peu et l’Ossau se découvrira partiellement.

Article rédigé avec mes photos personnelles (10 mai 2019).

Renardeaux pris au piège …. photographique

Renardeaux pris au piège …. photographique

L’un des trois renardeaux découvrant le piège photographique (03 mai 2019) – Copie écran d’une vidéo. 

Instants de vie de renardeaux

Nés début avril, les renardeaux sont sortis du terrier. Ils se promènent dans les environs immédiats à toute heure de la nuit mais également du jour. Leur distance d’investigation est d’une vingtaine de mètres. Je les surveille avec un piège photographique. Je les laisse tranquille et je ne tente pas de prendre de photos : ils pourraient partir ailleurs.

Deux des trois renardeaux – Le troisième est à droite, derrière la végétation (02 mai 2019) – Copie écran d’une vidéo.

Les séquences vidéos de nuit sont obtenues avec un éclairage nocturne à base de leds dites « noires » (940 nm). Ces leds sont quasiment invisibles pour ces animaux. Elles éclairent la zone se trouvant devant le piège photographique mais elles ne dégagent pratiquement aucune luminosité. Leur seul point négatif est leur portée, assez limitée.

Sur les séquences vidéos (liens en bas de ce post), on voit au maximum trois renardeaux ensemble. Ils peuvent être généralement plus nombreux, quatre à cinq petits en moyenne, mais cela dépend de certains facteurs comme par exemple l’abondance de la nourriture et l’âge de la mère. La mortalité est élevée chez les jeunes.

Nés sourds et aveugles, ils ne pesaient alors qu’une centaine de grammes mais ils grandissent vite. Leur mère est restée en permanence avec eux et elle les a allaité pendant quatre semaines. Ils commencent à consommer de petites proies à partir de 3 semaines. La femelle est pendant cette période d’allaitement nourrie par le mâle. A partir d’un mois, les petits sortent du terrier et ils sont éduqués par les parents. Leur face est devenue rousse et leur fourrure passe progressivement du gris souris au roux. Ils vont être rapidement sevrés, à partir de 6 semaines. Je vois qu’ils commencent déjà à rechercher d’eux-mêmes de la nourriture. Pour l’instant, ils restent dans le sous-bois, à proximité de leur terrier caché sous les ronciers.

Je n’ai vu qu’une seule fois les parents sur les vidéos, filmées sur une période de cinq jours. Il est 09h00 du matin : l’un passe brièvement devant le piège photo et l’autre fait sa toilette en arrière-plan. Sur les séquences nocturnes, on voit de temps en temps que les petits sont attentifs, intéressés par un événement derrière le piège vidéo et ils disparaissent de l’écran. Probablement l’arrivée d’un parent! Pendant la journée, ils jouent à proximité du terrier, du moins pour l’instant.

Renardeau venant se rasseoir toujours à la même place – Copie écran d’une vidéo.

Le choix de l’emplacement d’un piège photographique est plus complexe qu’il n’y parait. En effet, la pose est « en aveugle » : en dehors des coulées, il faut souvent tâtonner pour avoir un bon cadrage. Il faut savoir aussi que les renards adultes (ainsi que les blaireaux) distinguent quand même une faible luminosité sur les pièges photographiques et ils ont une réaction immédiate : faire demi-tour à vive allure. Ces animaux sont très rusés et « percutent » vite. Les renardeaux ne remarquent le piège photographique qu’au cours de la première journée de sa pose; pourtant, celui-ci est discret. Ils vont rapidement s’y habituer et se mettre à jouer.

Il ne faut pas rechercher de proximité comme celle de l’entrée du terrier pour installer ce type de camera : la famille déménagerait ailleurs.

Une petite bouille sympa! – Copie écran d’une vidéo.

Sur les vidéos, l’un des renardeaux est plus hardi pour explorer et les deux autres restent souvent ensemble. D’un jour à l’autre, ils font les pauses aux mêmes endroits : chacun a sa place réservée. La nuit, on se promène dans les abords immédiats en attendant le retour du père pour manger ; le jour, on joue. Une vie de renardeau!

Après avoir déplacé le piège vidéo une dizaine de mètres en arrière de l’aire de jeu, mes suppositions se confirment. On voit un adulte faire des allées et venues entre 21h00 et 6h30: il s’agit en fait des deux parents, que l’on arrive à différencier à leur queue légèrement différente. Parmi les renardeaux, il y en a un vraiment hardi, il explore et seulement de nuit, les deux autres restent en retrait. A aucune moment ils n’apparaissent de jour sur ce rayon d’investigation agrandi. Le déplacement du piège confirme bien que les parents ne sortent que la nuit et que les renardeaux, de jour, ne jouent qu’à proximité immédiate du terrier.

Le père des trois renardeaux en train de muloter à 500 mètres environ du terrier (04 mai 2019)

Le père a un rayon d’investigation assez grand, ainsi que je peux le remarquer sur des séquences récupérées à la même période. Je l’y surprends la plupart du temps à muloter, à partir de 22h00. Je l’apercevrai sans doute bientôt de jour pour nourrir sa famille qui va devenir de plus en plus exigeante en quantité de nourriture.

Les séquences sont postées sur Vimeo afin de ne pas surcharger mon site internet. Il suffit de suivre les liens ci-après :

Un petit résumé parmi les séquences filmées durant la nuit : https:/https://vimeo.com/334379041

De même, pour quelques séquences de jour : https://vimeo.com/334761127

 

 

 

 

Mars, le pelage mue – Instants de vie des chevreuils (16 mars 2019)

Mars, le pelage mue – Instants de vie des chevreuils (16 mars 2019)

De fin février au mois d’avril, les chevreuils perdent leurs poils d’hiver. D’abord les plus jeunes, suivis par leurs aînés. Ils tombent par touffes en commençant par la tête et le cou, puis les membres pour terminer par le tronc. Le pelage passe du gris foncé / brun, épais, au roux parfois vif, assez ras. Le changement d’épaisseur du pelage dans ce sens-là rend la mue de printemps très spectaculaire. Ces bêtes si sympathiques prennent alors une drôle d’allure. Habituellement photogéniques, elles ne sont plus à leur avantage pendant quelques jours.

Parti de bon matin photographier en billebaude, alors que je suivais un chemin entre un champ de luzerne et une terre fraîchement labourée, une chevrette immobile dans l’herbe a attirée mon regard. La présence d’un talus et un vent favorable m’ont permis de l’approcher, sans l’inquiéter. La suite en images :

Cette chevrette, immobile dans ce champ de luzerne, est captivée par quelque chose. Je suis son regard!

Un couple de chevreuils est tranquillement en train de se chauffer au soleil matinal, en boule dans une petite cuvette appelée « couchette ».

Au bout de quelques minutes, la chevrette vient rejoindre le couple.

Il est 9h00 et il fait très bon au soleil! Les animaux ne sont assoupis qu’en apparence, les oreilles restent à l’écoute!

Je continue à m’approcher, en contrebas du talus. La chevrette isolée reste sur le qui-vive!

Le couple! Le brocard a déjà un certain âge : on le devine à l’allure de ses bois qui commencent à dégénérer. Aussi, ses bois a lui ont fini de pousser alors que les jeunes sujets ont toujours leurs velours.

La chevrette isolée se relève, après 32 mn de repos. 

Un peu de toilette? Pendant la mue, il arrive que le chevreuil mange ses poils.

Elle se dirige vers le bord du champ.

Au bord du talus, elle hésite pour le descendre.

Le pelage démange. On aperçoit çà et là l’emplacement de touffes de poils arrachés par grattage ou avec les dents.

Elle se décide finalement à descendre tranquillement le talus qui m’a permis de l’approcher.

Plaqué contre le talus, j’ai du mal à la voir; elle aussi, elle hésite, 

Mon camouflage est efficace, elle ne réagit pas.

« Je te souris ».

Elle traverse tranquillement le sentier vers le labour. 

Le brocard s’est relevé.

Il attaque sa toilette. La chute des poils est, chez lui, plus avancée.

… et il attaque aussi la luzerne. Quelle allure!

Pendant ce temps, la première chevrette a traversé le chemin et traverse maintenant le labour, avant de regagner le bois.

Le brocard et la deuxième chevrette descendent à leur tour le talus.

La traversée du chemin.

Traverser un labour, c’est « pénible ».

Petit regard vers moi, avant de rentrer dans le bois pour se reposer jusqu’au soir. Entre le premier et le dernier cliché, 62 minutes se sont écoulées.

Un Brocard en velours (23 février 2019)

Un Brocard en velours (23 février 2019)

Il y a des soirées où la lumière est belle et où la chance vous sourit. Parti observer les signes d’activité de blaireaux autour de leurs terriers, je suis tombé sur ce brocard en train de brouter l’herbe dans une prairie et je l’ai vu avant qu’il ne me voit. Les conditions étaient bonnes pour qu’il m’approche par curiosité.

Le tête-à-tête initial.

Curieux, il approche prudemment.

Premier moment d’hésitation. Il va galoper quelques mètres sur la gauche en s’éloignant, avant de me faire face à nouveau.

On est quand même assez près, cela ne va pas durer. Il finit par comprendre !

Première fuite à la lisière du bois, où se trouve la chevrette. Il ne connaît toujours pas ce qui l’intrigue.

La fuite vers le haut de la prairie! La chevrette que je ne voyais pas n’était pas loin, en bas de la pente.

Le couple va s’arrêter pour observer, et la chevrette va finalement s’éloigner tranquillement dans les ronces du bois. Le brocard hésite encore, il n’a toujours pas « compris ».

Balade au lac de Corbères (04 février 2019)

Balade au lac de Corbères (04 février 2019)

Le lac de Corbères est une retenue collinaire du Vic-Bilh, utilisée pour l’irrigation du maïs. D’une superficie de 22 hectares, ce lac abrite des espèces autochtones nicheuses (colverts, hérons cendrés, grèbes huppés, martins pêcheurs, gallinules poule-d’eau, foulques macroule, cormorans, etc.), des hivernantes (sarcelles d’hiver, bécassines, vanneaux, etc.) et il est une halte sur la route de la migration avec le Balbuzard pêcheur, parfois quelques grues cendrées pour une nuit, certains anatidés comme le canard Souchet photographié aujourd’hui …

On y rencontre aussi l’Aigrette garzette, la grande Aigrette, le héron bihoreau, des limicoles (bécasseaux, échasses blanches, …). On peut y faire des photos sympas.

Une colonie importante de hérons garde-boeufs fréquente les prairies à bétail aux abords du lac.

La Sitelle torchepot. Ce lac a aussi un sentier de promenade ombragé, interdit à la circulation automobile. La végétation permet d’approcher et d’observer les locataires du lac sans les déranger. On y rencontre pas mal de passereaux divers et variés.

Passage d’un Elanion blanc, qui se plaît bien dans le Vic-Bilh.

Envol d’un canard Souchet mâle (en cours de migration) et d’une sarcelle d’hiver mâle. Le canard Souchet est rare dans le Vic-Bilh.

Envol matinal des sarcelles d’hiver au-dessus du lac.

Colonie de Grèbes huppés au milieu du lac. Le Grèbe ne s’approche du bord que très peu à cette période de l’année.

Grèbe huppé avec son plumage d’hiver

La pluviométrie est en déficit par rapport à une année normale. On voit sur la végétation les stigmates d’un niveau normal (c’est-à-dire, quand l’eau déborde au déversoir).

Toute cette végétation est normalement sous eau. 

La végétation non inondée attire de nombreux locataires.

Chevrette de Janvier (30 janvier 2019)

Chevrette de Janvier (30 janvier 2019)

Petit tour dans la soirée en bordure des champs de maïs ramassé, dans les environs de Gerderest. Une chevrette curieuse fait le spectacle.

Le couple à la lisière du champ en hivernage; les brocards sont toujours les derniers à sortir.

La chevrette est curieuse, elle s’est s’avancée.

Le mâle enfin s’avance. Il restera toujours en retrait par rapport à la femelle.

La chevrette s’est approchée de moi. 

Elle hésite!

Elle balance la tête, renifle l’air!

Elle n’a pas compris qui est là mais elle préfère faire demi-tour! Elle ira rejoindre le brocard resté prudemment en arrière. Puis, finalement, ils vont disparaître tous les deux au travers des ronces qui envahissent la bordure du sous-bois.

Le Chevreuil dans le Vic-Bilh (Béarn)

Le Chevreuil dans le Vic-Bilh (Béarn)

(Chevrette curieuse).

Le Chevreuil  dans le Vic-Bilh (Béarn)

Un mois de février en velours

(Les clichés d’illustration sont pris en majeure partie au mois de février).

(Sous le soleil matinal – Brocard au début de la repousse des bois).

(Brocard au gagnage dans une prairie).

Nous ne sommes que le 23 février, mais tout se passe comme si le printemps était déjà là. Les belles journées ensoleillées se succèdent depuis plusieurs jours. Les jonquilles, les primevères, les pervenches, les mimosas,  les pommiers du Japon … sont en fleurs. Les abeilles butinent les merisiers et les pruniers sauvages, les merles chantent au lever du jour et au coucher du soleil, accompagnés le soir par les grives. Les grues ont entamé leur migration retour.

Les chevreuils profitent de ce renouveau. On les voit plus souvent dans les prairies et dans les champs de maïs ramassé, où ils se repaissent d’herbe tendre. Aussi, la période de chasse qui les poussent à la méfiance arrive bientôt à sa fin, le 28 du mois; les palombes repartent et les sous-bois sont moins courus.

Le chevreuil (Capreolus capreolus) est un animal que j’aime pour sa finesse et son élégance et le Vic-Bilh est une région où il est bien représenté. Le biotope s’y prête, mélange de terres à polyculture, de prairies et de forêts de chênes, de châtaigniers et d’acacias. Il prospère tout en étant régulé comme partout ailleurs par des plans de chasse.

(Deux femelles sont hors champ. Ce groupe formé pour la mauvaise saison est sur le point de se séparer)

(Un brocard et 4 chevrettes dont 2 jeunes, sous la gelée matinale).

Il a passé l’hiver en petits groupes familiaux qui vont bientôt se défaire. Ici, l’habitat est dispersé au milieu d’exploitations agricoles constituées de parcelles morcelées ; humains et chevreuils vivent plutôt bien ensemble. Les meilleurs moments pour le rencontrer et le photographier sont le matin et surtout le soir.

Dans le Béarn et même plus loin, le chevreuil est souvent appelé, à tord bien sûr, biche. J’ai essayé de corriger cette erreur auprès de pas mal d’amis mais cela reste ancré dans les mœurs. On ne peut pourtant pas les confondre, cerfs et biches ne sont pas présents dans le Vic-Bilh et la morphologie est bien différente. Il arrive qu’un cerf élaphe soit de passage chez nous à la période du rut mais c’est tout. Les grands cervidés fréquentent le piémont pyrénéen et la forêt landaise.

Un peu de terminologie

A gauche, une jeune chevrette en train de muer

Au centre, un jeune brocard (avec toujours ses velours et en train de muer) et une femelle adulte

A droite, une femelle (présence de la brosse vulvaire) adulte (la mue  n’a pas commencée) en arrière-plan 

et un mâle plus âgé que celui du centre, en train de perdre ses velours 

L’appellation « chevreuil » s’applique indifféremment au mâle et à la femelle. La femelle du chevreuil est la « chevrette ». Le jeune s’appelle le « faon » jusqu’à l’âge de 6 mois puis « chevrillard » de 6 à 12 mois, et cela quel que soit le sexe. Vers le sixième mois, c’est-à-dire vers le mois de novembre, deux protubérances osseuses commencent à apparaître sur l’os frontal du jeune mâle, sous velours. Ce sont les futurs pivots. Les premiers bois ne se forment que plus tard, de mars à juin.

Le chevreuil du Vic-Bilh Barn brocard chevrette faon chevrillard daguet

(Au centre, chevrillard avec ses tout premiers bois, très petits).

A un an, le chevrillard mâle, devient un « brocard » pour le restant de sa vie; il porte deux petites dagues fourchues ou non, mais sans les meules qui n’apparaîtront qu’à la prochaine repousse. La meule est le renflement situé à la base des bois, en forme d’anneau et portant de nombreuses excroissances appelées pierrures. Elle fait le lien avec le pivot déjà cité.

Les tout premiers bois du brocard sont de petite taille, plus petits que les oreilles. Seul le mâle porte des bois, caducs, qui tomberont tous les ans à l’automne! La maturité sexuelle commence pour les deux sexes au début de la seconde année ; elle est également conditionnée par son poids pour la femelle.

Dès la deuxième année, chaque bois va s’orner à sa partie supérieure de pointes. La pointe peut s’appeler également « cor » ou « andouiller », indifféremment. La tige centrale entre la meule et la pointe est le merrain, qui a des perlures ressemblant à des gouttelettes; on dit que le bois est « perlé ».

Quelques informations utiles sur le chevreuil

(Beau brocard en pleine force de l’âge, à la nuit tombée).

Le chevreuil adulte pèse entre 15 et 30 kg en moyenne, selon les territoires et la densité de population  (à âge égal et dans de bonnes conditions de nourriture, la femelle est un peu plus petite et plus légère de 2 à 3 kg). En cas de surpopulation, la corpulence des animaux diminue, ainsi que la résistance aux maladies. Pour information, le cerf élaphe adulte pèse entre 160 et 250 kg et la biche, entre 90 et 150 kg : il est donc difficile de confondre un cerf avec un chevreuil, même de loin. Ce poids n’est qu’un ordre d’idée représentant des fourchettes mini/maxi et les chiffres dépendent des sources consultées. Pour le chevreuil et le cerf élaphe, la taille est fortement influencée par l’habitat. Elle augmente des Pyrénées vers l’est de la France et on trouve les plus grands spécimens en Lorraine, dans le Jura et dans les Ardennes.

(Deux photos de brocard. En haut, on voit les bois naissants, donc aucun problème d’identification. En bas, absence de la brosse vulvaire).

Après la chute des bois à l’automne, un moyen de différencier les mâles des femelles est la tâche claire et érectile située sur le fessier, que l’on appelle le miroir : en forme de haricot (partie convexe dirigée vers le haut) chez le brocard et de cœur inversé chez la chevrette. Cela ne me paraît pas d’ailleurs toujours évident de faire la différence. Ce miroir (appelé aussi roze) est blanc en hiver et jaunâtre en été. Il double de taille quand il est hérissé et avertit les congénères en cas de danger.

(Présence de la brosse vulvaire en partie basse du miroir chez la femelle, à gauche).

(Chez ce couple d’âge mûr, la femelle est un peu plus petite que le mâle et on voit bien la brosse vulvaire de profil).

La chevrette possède à la base du miroir une fausse queue constituée de long poils clairs, la brosse vulvaire, bien visible de profil (le chevreuil n’a pas de queue). Quant au brocard, on peut repérer de profil son pinceau pénien. L’aspect général de l’animal, vu de loin, est aussi une indication :  pour le brocard, la partie antérieure de son corps est plus large que la partie postérieure; chez la chevrette, au contraire, le centre de gravité est placé vers l’arrière-train.

« Triste mine »

Le chevreuil subit deux mues par an, à l’automne où son poil vire progressivement au gris-brun, bien épais, et au printemps : il devient alors d’une belle couleur roux vif et ras. La mue de printemps est brutale et la perte des poils lui donne vraiment une triste mine. Elle a déjà commencé et sera bien visible sur tous les sujets d’ici 3 à 4 semaines. La mue est plus précoce chez les jeunes. La chute des poils débute par la tête, le cou puis les membres et enfin le tronc.

Le chevreuil, contrairement au cerf, boit très rarement. Il se désaltère grâce à la rosée matinale .

Quelques informations sur les faons

Faon de biche, avec sa robe semée de taches disparates,

à ne pas confondre avec le faon de la chevrette, dont les taches sont alignées.

Les faons naissent entre la mi-mai et la mi-juin pour la plupart ; ils sont tachetés pendant les deux premiers mois de leur vie. Les taches sont alignées sur le dos et sur les flancs contrairement à celles du faon de cerf qui sont éparses. Les taches blanches s’estompent et disparaissent en octobre au plus tard. Lorsqu’ils naissent, les faons n’ont pas d’odeur corporelle dans les premières semaines de leur vie, particularité qui les protège de certains prédateurs comme les chiens errants et les renards. Une heure après la naissance, les jeunes se tiennent déjà debout sur leurs pattes, puis ils font leurs premiers pas.

Les portées sont de deux petits en moyenne (mâle et femelle), plus rarement trois. Le nombre est conditionné par le poids de la femelle; plus elle est lourde et plus elle a des chances de mettre bas un nombre conséquent de petits, mais un poids autour de 20 kg minimum est nécessaire. La taille de la portée est généralement de 2 faons (20 à 22 kg = 1 faon, 22 à 25 kg = 2 faons) . Elle peut atteindre 3 jeunes dans les milieux particulièrement favorables.

(A droite, un chevrillard avec ses premiers bois recouverts de velours. Il vit encore avec sa mère et sera bientôt chassé).

Le sevrage est achevé en octobre-novembre mais les petits restent avec la mère jusqu’à l’approche de la mise-bas suivante, à la fin du printemps, et sont ensuite chassés. Ils partent alors à la recherche d’un territoire disponible.

La mortalité est importante chez les faons ; dans les cas de naissances multiples, je vois la plupart du temps l’un des deux petits disparaître assez vite : par prédation (chiens errants, renards, sangliers …), accidentellement (réseau routier, noyade …), ou tout autre raison. La période des foins et des moissons est dramatique pour eux : en effet, le réflexe nature du faon encore très jeune est de se tapir au lieu de s’enfuir à l’approche de la faucheuse ou de la moissonneuse qui ne peut le voir et l’accident est fatal. Ils sont parfois infestés par les tiques, comme d’ailleurs leurs parents. La mortalité peut aller jusqu’à 90 % à la fin du premier hiver.

Mode de vie du chevreuil

(Très beau brocard, dans la force de l’âge).

Le chevreuil est sédentaire et reste toute l’année sur le même territoire, d’une superficie d’une vingtaine d’hectares environ mais variable suivant les ressources en nourriture.

(Groupe au gagnage après le coucher du soleil).

A l’approche du printemps, les petits groupes familiaux constitués à l’automne et pendant l’hiver se séparent et les mâles, solitaires sauf à la période du rut, retrouvent leurs comportements territoriaux jusqu’à la fin août. A la période du rut de mi-juillet à la mi-août, le mâle le défend farouchement et laisse son empreinte olfactive en frottant les glandes situées à la base de ses bois sur les troncs d’arbre et en grattant la terre.

(Brocard sur sa « couchette » dans un champ de luzerne, un soir d’été).

Le chevreuil alterne les phases d’activité et de repos dans la journée, mais il va de préférence au gagnage au lever du jour et au crépuscule. Il s’approche facilement des habitations les jours de mauvais temps. Quand il fait partie d’une troupe, le brocard sort le dernier à découvert, très méfiant. Le chevreuil est également actif la nuit. Quand il a décidé de se reposer, on peut parfois l’observer à la lisière du bois, au crépuscule, en train de tourner en rond tout en grattant le sol avec ses pattes avant pour en dégager la végétation, avant de se coucher en boule. Ces « couchettes » est une indication de leur présence.

Le chevreuil a une mauvaise vue surtout basée sur le mouvement, mais un excellent odorat et l’ouïe fine. Si un danger est identifié, il détale prestement. Dérangé, il émet pendant la fuite une série d’aboiements rauques ressemblant à ceux d’un chien, un signe d’inquiétude face à un danger potentiel non identifié, ou de colère! En sécurité dans le sous-bois et si le danger n’est toujours pas identifié, il répète longuement son cri avant de s’éloigner définitivement.

D’un naturel curieux et si quelque chose attire son attention, le chevreuil s’approche par étapes prudentes et s’arrête en bougeant la tête dans tous les sens pour chercher à identifier ce qui l’intrigue. S’il ne nous a pas repéré, il y a quelques opportunités pour faire de beaux clichés de proximité.

Les bois perdus en octobre-novembre ont commencé à repousser aussitôt durant l’hiver. Pendant cette repousse, ils sont recouverts d’une peau appelée velours qui protège et nourrit les bois pendant leur croissance. Quand celle-ci s’achève, l’irrigation du velours cesse et ce dernier se dessèche. Il va alors tomber en lambeaux que le chevreuil élimine en se frottant sur les écorces des arbres tout en occasionnant quelques dégâts, de mars à avril suivant les sujets. Les vieux brocards perdent leurs bois les premiers et les nouveaux bois seront alors opérationnels avant ceux des plus jeunes ; ils ont ainsi une longueur d’avance pour défendre leur territoire face aux générations « montantes ».

Comment avoir une idée empirique de l’âge d’un brocard

On arrive à déterminer approximativement l’âge du chevreuil par l’examen de sa denture; cela ne peut se faire que sur un individu prélevé. Sur un brocard bien vivant, la détermination de son âge est possible par sa tête mais c’est une chose peu facile, plus empirique. Les formes les plus classiques pour les bois (indépendantes de l’âge), sont le daguet, le 4 cors (avec deux andouillers antérieurs), et le 6 cors (un troisième andouiller vers l’avant). L’andouiller le plus bas est toujours dirigé vers l’avant. Un chevreuil âgé de 7 à 8 ans est déjà considéré comme étant vieux, pour une espérance de vie maximale de dix à douze ans.

(Brocard au début de sa 2ème année; ses premiers bois ont poussé et il ne vit plus avec sa mère).

_Le brocard d’un an a un cou long et frêle. Sa tête porte deux dagues de la longueur des oreilles.

(Daguet, ou  brocard « assassin »)

_Le brocard de deux ans a un cou moins mince; il porte une tache blanche au-dessus du noir des naseaux. Le bois est déjà creusé de gouttières. Chaque bois a deux cors (andouillers antérieurs) et parfois, dans de bonnes conditions, un embryon plus ou moins développé d’un troisième cors (andouiller vers l’avant). Aussi, un brocard de 2 ans peut ne posséder que 2 simples dagues – d’où le nom de « daguet » donné à l’animal à ce stade de sa vie. Un brocard portant des bois dépourvus d’andouillers est appelé brocard « assassin ». En effet, lors de combats à la période du rut, aucune garde ne vient arrêter les pointes qui peuvent se planter profondément dans les flancs ou le crâne de l’adversaire.

_Le brocard de trois ans a un cou épaissi, au front gris foncé et la masse du corps se porte sur l’avant. Les bois sont jolis, ne sont ni épais, ni encore bien perlés et ils ont chacun trois beaux cors bien marqués. La meule est plus grosse mais moins longue. Un brocard de deux à trois ans est considéré comme jeune.

_Les brocards à partir de quatre ans n’ont plus la tache blanche nasale. Les bois continuent à avoir trois cors chacun. Un chevreuil de 4 à 5 ans est considéré comme mature et possède alors ses bois les plus massifs.

_Le nombre de cors n’augmentera plus par la suite, les perlures deviendront plus abondantes, les gouttières plus profondes, les meules tendront à se rapprocher jusqu’à paraître soudées l’une à l’autre. Le nombre de cors n’est pas fonction de l’âge et ce nombre peut diminuer quand l’animal vieillit.

_Dès l’âge de 6 ans, le mâle devient un brocard âgé et la masse de ses bois régresse. Les cors d’un animal âgé de 7-8 ans sont courts et émoussés, les perlures sont rares.

Les vieux brocards muent plus tard que les jeunes. Quelques vieux sujets des deux sexes portent une « serviette », tache claire et ovale sur le poitrail, à la base du cou, parfois en deux parties.

En France, le chevreuil est une espèce classée gibier et soumise à des plans de chasse obligatoires depuis 1978. Aujourd’hui, on estime à 1,5 million le nombre d’individus et les prélèvements par les plans de chasse de la saison 2016/2017 est de 580 000.

Aucune menace ne pèse sur l’espèce, la population augmente régulièrement.

Article rédigé le 23 février 2019 à partir de mes photos, de constatations faites sur le terrain et de données trouvées sur internet, dont :

http://www.jyrousseau.com/le_chevr.shtml

http://dianehautsbosc.canalblog.com/archives/2007/07/27/5555197.html

Le Courlis cendré

Le Courlis cendré

Le Courlis cendré
(Nom scientifique Numenius arquata)
Son observation au lac de L’Ayguelongue (Béarn)

04 Février 2019-17:30 – L’amont du lac de l’Ayguelongue orienté nord-sud avec une vue sur l’Ossau enneigé

(cliché pris depuis la partie est de la digue)

Le lac de l’Ayguelongue ou d’Ayguelongue est une retenue collinaire d’une soixantaine d’hectares crée en 1999 et situé dans le Béarn (Pyrénées Atlantiques), sur les communes de Momas et de Mazerolles. Il fait partie des retenues gérées par l’Institution Adour.

Le niveau du lac varie suivant les périodes de l’année. En ce moment, début février, son déversoir donne à plein régime. Les espèces participant à la migration de printemps ont très peu d’opportunités pour se poser, à part les abords ou sur les deux petits îlots qui sont colonisés par des espèces sédentaires comme les hérons garde-boeufs, les hérons cendrés, des cormorans etc. On n’observe essentiellement à cette période que des migrateurs se posant sur l’eau, colverts, sarcelles d’hiver … et un petit groupes d’oies qui sont là depuis au moins octobre dernier.

Avec l’arrosage du maïs à partir de juin/juillet, le niveau va baisser, ce qui dégage de grandes vasières très favorables aux limicoles de passage qui entament leur migration vers le sud. Durant la période de juillet à octobre, de nombreuses espèces peuvent y être observées.

L’amont du lac est depuis quelques années colonisé par de la végétation invasive comme la Jussie. C’est la dernière vasière avant le franchissement des cols des Pyrénées par les limicoles migrateurs. On peut avoir de bonnes surprises tout au long de l’année, même si la période correspondant à la baisse du niveau du lac est la plus favorable.

Ce Lundi 4 février, j’ai eu l’agréable surprise de voir évoluer au-dessus du lac une petite volée d’oiseaux au vol très « graphique » ; j’ai pu les photographier, mais de loin. A deux reprises, des personnes qui viennent régulièrement se promener autour du lac sont venues vers moi pour me poser des questions sur ces oiseaux au chant puissant et mélodieux. Ils ne les avaient encore jamais vu et cela les intriguait : des Courlis cendrés !

Après le survol du lac et quelques tentatives infructueuses pour se poser, ils sont repartis vers le nord, au nombre de huit ! Probablement en cours de migration?

Le Courlis cendré est un oiseau qui, à chaque observation, me rappelle un très bon souvenir d’adolescence. J’ai toujours en tête notre première rencontre, lors d’un hiver très rude dans les Landes près du littoral atlantique. Une vague de froid accompagnée d’un peu de neige avait occasionné pas mal de mouvements migratoires et j’ai conservé en moi l’image de cette belle silhouette au bec atypique qui survolait lentement à basse altitude une grande prairie ouverte, à la recherche de nourriture. Cette prairie a été depuis remplacée par un grand champ de maïs.

Le courlis cendré est le plus grand de nos limicoles avec une belle envergure de 80 à 100 centimètres ; il peut peser le kilo (pour la femelle) et vit jusqu’à maximum 32 ans. On le reconnaît sans problème avec son long bec incurvé vers le bas. Les deux sexes ont un plumage identique et le mâle est plus petit que la femelle ; le mâle a aussi le bec plus court. Le retour d’hivernage a lieu de février à mai suivant la latitude.

Le courlis cendré peut seulement être confondu avec le Courlis corlieu, moins commun, plus petit et avec le bec moins courbé.

Habitat

C’est un oiseau des milieux très ouverts et le plus souvent humides. Au passage et en hivernage, on l’observe sur les vasières, qu’elles soient littorales ou de l’intérieur (comme les grands plans d’eau en vidange), dans les milieux herbacés littoraux, les estuaires, les bassins d’inondation, les grandes plaines agricoles. Le Courlis cendré est un oiseau farouche. Il se tient toujours sur ses gardes et à la moindre alerte, prend son envol.

Reproduction

Il se reproduit dans des habitats assez divers qui ont en commun une vue dégagée, un sol meuble et profond et une grande diversité végétale : marais et tourbières, prairies, landes plus ou moins humides, marais côtiers, etc.

Alimentation

Le Courlis cendré se nourrit essentiellement d’invertébrés capturés sur le sol ou dans le substrat dès lors que son bec peut s’y enfoncer. Il sonde de son long bec muni de cellules sensorielles les sols meubles ou détrempés, les vases et autres milieux riches en organismes vivants. Dans les prairies où il niche, il consomme essentiellement des insectes et des lombrics. Sur les lieux d’hivernage maritimes, il se nourrit de vers marins, de petits crabes et de mollusques.

Population et répartition

C’est une espèce qui est assez répandue dans une bonne partie du Monde. Bien qu’en régression, l’espèce ne semble pas menacée. En France, il y a deux populations principales : l’une, en déclin, sur la façade atlantique, l’autre, en progression, installée dans l’Est depuis le début du siècle. La première reste le long des côtes, l’autre migre vers le sud-ouest.

Article rédigé le 09 février 2019, à partir de mes photos, de constatations faites sur le terrain et de publications internet dont je cite les liens :

http://www.oiseaux.net/oiseaux/courlis.cendre.html

http://wcf.tourinsoft.com/syndication/aquitaine/d8fabc1c-3ab9-42c5-af0e-40c4e3153c90/object/PNAAQU064FS00017/Lac-d-Ayguelongue

Espèces remarquables et périodes d’observation à l’Ayguelongue (d’après le lien ci-dessus) :

Balbuzard pêcheur – De mars à mai puis d’août à novembre
Barge à queue noire – De juillet à octobre
Bécasseau cocorli – De mi-juillet à octobre
Bécasseau de Temninck – De mi-juillet à septembre
Bécasseau rousset – septembre
Bécassine des marais – D’août à avril
Bihoreau gris – Toute l’année
Chevalier sylvain – De juillet à septembre
Cigogne noire – De mi-février à mai puis de fin juillet à octobre
Combattant varié – De fin-juillet à octobre
Echasse blanche – D’août à mi-septembre
Elanion blanc – Toute l’année
Faucon hobereau – D’avril à octobre
Fuligule nyroca – De novembre à février
Grande aigrette – D’août à février
Grèbe huppé – Toute l’année
Grosbec casse-noyaux – D’octobre à mars
Guifette noire – D’avril à mai
Harle bièvre – De mi-novembre à février
Héron garde-boeufs – De juillet à mai
Héron pourpré – D’avril à mai puis de fin août à septembre
Martin-pêcheur d’Europe – Toute l’année
Petit gravelot – D’août à septembre
Pic épeichette – Toute l’année

Note : A proximité d’Ayguelongue, dans la zone géographique située autour du village de Bougarber entre Pau et Artix, se concentrerait la plus grosse population nicheuse d’élanions blancs de France (j’ai consacré récemment un article sur cet oiseau) . On y trouve également le busard cendré et le busard Saint Martin.

Novembre 2018 – Volée de Courlis cendrés en hivernage au lac de Puydarrieux (Hautes-Pyrénées)

L’Elanion blanc

L’Elanion blanc

L’Elanion blanc
(Nom scientifique : Elanus caeruleus)
Sa présence dans le Vic-Bilh

Description

L’Elanion blanc est un petit rapace que je rencontre de plus en plus souvent dans le Vic-Bilh. On le reconnaît aisément. Il est gris et blanc avec le haut des ailes noir et les yeux rouge foncé. La tête est blanche, avec un petit masque noir autour de l’œil. Je lui trouve un air sévère. Les deux sexes sont semblables.

Un jeune Elanion blanc

Le jeune se distingue par les plumes du dos des ailes et des couvertures bordées de blanc, par des marques brunâtres sur la calotte et la poitrine.

C’est un bel oiseau photogénique et il est recherché par les photographes. Son approche à une distance raisonnable est difficile. Les tentatives d’approche sans prendre de précautions créent de réels dérangements qui lui sont à la longue néfastes.

Son arrivée en France est relativement récente. Originaire d’Afrique, l’élanion blanc était présent depuis longtemps déjà dans la péninsule ibérique. Il a franchi nos Pyrénées au début des années 1980. Depuis le premier cas de reproduction fructueux dans les Landes en 1990, il s’est implanté dans les plaines de l’Adour et le bassin de la Garonne et il continue son expansion. Il n’est pas réellement migrateur mais il peut s’adonner à un certain nomadisme, parfois très loin des sites de reproduction traditionnels.

14 février 2015 16:14 – Mon deuxième élanion blanc, dans la plaine du Lées à Arricau-Bordes

J’ai vu mon premier élanion blanc au début de l’année 2014, au bord de l’Adour dans la région de Maubourguet  (65), à la limite entre les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Je n’avais pas le matériel nécessaire pour en faire un bon cliché mais ce fut une belle rencontre. Le second, c’était près de mon domicile, dans la plaine du Lées à Arricau-Bordes. Depuis, je le rencontre régulièrement dans le Vic-Bilh et depuis un an, un couple s’est installé à quelques mètres de la maison.

30 avril 2015 09:40 – Couple d’élanions blancs installé à Simacourbe, face à la chaîne des Pyrénées.

On distingue l’Ossau sur la droite et, en vol, un coucou. 

02 juillet 2015 13:20 – Couple d’élanions blancs au bord du Lées à Lalonquère – Toujours sur le même territoire en 2019

Observation puis attaque!

ll est souvent posé sur des poteaux téléphoniques ou électriques (ou sur leurs lignes), à la cime des arbres et les hautes branches d’arbres morts, où il chasse à l’affût, très souvent au crépuscule. Les petites proies sont dévorées en vol, et les plus grandes sont emportées sur une branche.

Il a repéré une proie. Prêt à l’attaque! 

Différentes phases de l’attaque: survol puis plongée sur la proie, les ailes en V

Survol du territoire, à la recherche de proies

Il prospecte aussi son territoire en décrivant des cercles dans le vent. Quand il a repéré une proie, il effectue un vol stationnaire pendant quelques secondes puis plonge rapidement, les ailes en V, pour la capturer. Ce vol en « Saint-Esprit » pour repérer sa proie, peut parfois le faire confondre pour un néophyte avec le Faucon crécerelle.

Les individus se déplacent seuls ou en couples. Ils sont agressifs si un intrus s’approche de leur poste d’affût, et ils attaquent vigoureusement les autres rapaces et corvidés qui passent sur leur territoire.

Plutôt silencieux, il pousse parfois des cris aigus ou des chuintements assez facilement reconnaissables.

Son Habitat

L’Elanion blanc fréquente les grands espaces ouverts, friches, champs cultivés et prairies. A ce jour, je ne l’ai rencontré qu’en plaine.

Sa Reproduction

L’élanion blanc niche en hauteur dans un arbre souvent isolé, habituellement un chêne dans notre région. La ponte a lieu en février-mars. Le couple, sédentaire, refait un nouveau nid chaque année au même endroit, et souvent dans le même arbre. Ce nid est fait de brindilles apportées par le mâle, arrangées par la femelle. La femelle couve et le mâle la nourrit au nid ou à côté pendant cette période. A la naissance des poussins, le mâle apporte les proies et la femelle nourrit sa progéniture. Par la suite, les deux adultes partent en chasse, mais seule la femelle continue à nourrir les jeunes jusqu’à ce qu’ils puissent le faire eux-mêmes.

Les jeunes ont leur plumage complet à environ 3 semaines. Ils peuvent voler à l’âge de 30 à 35 jours si la nourriture est abondante. Les jeunes retournent au nid entre leurs vols, et sont nourris par les adultes hors du nid. L’élanion blanc est très prolifique, ce qui favorise son expansion.

Son Alimentation

Un Elanion blanc immature dépeçant une musaraigne

Un autre élanion immature dévorant un campagnol.  Il fait partie d’une fratrie de 3 élanions nés en septembre 2016.

Les deux autres sont posés au-dessus et manifestent leur présence, envieux de la proie. 

L’Elanion blanc se nourrit de différentes proies : petits mammifères comme les campagnols, musaraignes, mais aussi de gros insectes capturés en vol, petits oiseaux, petits lézards.

Sa Population et répartition

L’élanion blanc a niché pour la première fois en France en 1990 dans les Landes. Jusqu’alors, seules des observations anecdotiques étaient rapportées. Depuis, sa population n’a fait que grandir dans notre Sud-Ouest et plus récemment en Midi-Pyrénées. En 2012 et 2013, entre 110 et 120 couples sont recensés en France dont 75 à 80 % en Aquitaine et 20 % à 25 % en Midi-Pyrénées. Le site « Nature en Occitanie » voir le lien en fin d’article) propose une étude complète : « Bilan des connaissances de 1990 à 2014, de la colonisation à l’installation, de l’élanion blanc en Midi-Pyrénées ». Je n’ai pas trouvé de statistiques plus récentes.

Bien que très prolifique et en progression, l’Elanion blanc ne présentait encore en 2013 qu’une population européenne limitée, de l’ordre de 2000 individus, et reste donc fragile.

Sa concurrence avec le Faucon crécerelle

 

L’élanion blanc pourrait à terme porter préjudice au Faucon crécerelle (Falco tinnunculus), bien installé chez nous : en effet, ils occupent le même territoire et ont le même régime alimentaire.

En France, il est intégralement protégé, « En danger » sur la Liste Rouge Nationale des Oiseaux Nicheurs

Article rédigé le 07 février 2019 à partir de mes photos, de constatations faites sur le terrain et de publications internet, dont :

http://www.oiseaux.net/oiseaux/elanion.blanc.html

http://www.naturemp.org/Elanion-blanc.html 

20 août 2017 20:00 – Un élanion blanc surveillant une prairie depuis un piquet de clôture, à Gerderest. 

(cette occasion de proximité est rare pour moi; l’oiseau n’a pas été dérangé)

Le Hibou des marais

Le Hibou des marais

Le Hibou des marais
(Nom scientifique : Asio flameus)
Avec le témoignage de sa présence dans le Béarn

Le Hibou des marais est un oiseau de taille moyenne. Partiellement diurne, c’est l’un des rapaces nocturnes les plus visibles à observer de jour, car il chasse surtout au crépuscule et tôt le matin. Il a beaucoup de succès auprès des photographes animaliers.

C’est un nomade qui se déplace en fonction de l’abondance de ses proies préférées, les campagnols. J’ai eu la chance de le rencontrer deux fois dans le Béarn, plus précisément dans le Vic-Bilh.

La première fois, c’était en bordure du vignoble du château de Gayon (Madiran et Pacherenc), le 6 mars 2016 – 19:50.

On était pratiquement à la nuit et il m’a surpris. Je me demandais ce que c’était. Les conditions pour l’immortaliser étaient mauvaises, le soleil était déjà couché. Heureusement, après quelques allées et venues, il m’est venu droit dessus et il s’est posé sur un piquet de vigne près de moi.

J’avais déjà vu des photos sur internet mais j’étais à des lieues de penser à lui. Une petite recherche m’en a appris un peu plus sur cette espèce et en particulier, que sa présence en ces lieux devait être rare. En effet, elle n’est pas avérée dans les Pyrénées-Atlantiques. Je ne l’ai pas revu les soirs suivants. Il ne devait être que de passage. C’est un migrateur!

01 mai 2017 – 09:20 Hibou des marais à Villafafila (Castilla y Leon) 

La rencontre suivante fut début mai 2017, dans une région où sa présence était courante : les steppes de Villafafila en Espagne, dans la région de Zamora. J’ai pu alors longuement observer leur comportement et en photographier un en plein jour. Je suis revenu à Villafafila début mai 2018 et je n’ai rien vu : un printemps pluvieux avait évité le pullulement des campagnols et les hiboux étaient parti chercher leur nourriture ailleurs.

(30 décembre 2018 – 17:30 – Palombes au dortoir à Gerderest, face au Pyrénées)

Ma deuxième rencontre dans le Béarn a eu lieu très récemment, pratiquement à domicile. Et cela m’a fait très plaisir : inutile de courir très loin, je l’avais à portée de main. Notre rencontre a été totalement fortuite, le 30 décembre au soir. J’observais le ballet aérien d’une grosse volée de palombes au-dessus de son dortoir, dans un vallon abrité face aux Pyrénées. Les lumières hivernales au coucher du soleil étaient magnifiques, d’une belle teinte rose jusqu’au niveau du pic du Midi de Bigorre.

30 décembre 2018 -17:50 – Nouvelle rencontre dans le Vic-Bilh avec le Hibou des marais, furtive! Cette deuxième observation n’était pas très probante!!!

Il a surgi, venant de nulle part et je me demandais ce que c’était. Intrigué, je l’ai photographié (focale équivalente à 900mm) mais les paramètres du reflex étaient bien en deçà de ce qui était nécessaire pour avoir un cliché net. Cette fois-là encore, il faisait déjà sombre et l’oiseau était loin, plus loin que la précédente rencontre au château de Gayon, il y avait presque trois ans déjà. Il allait et venait à quelques mètres au-dessus de la prairie en la quadrillant, plongeant de temps en temps pour se poser à terre et redémarrant un peu plus tard.

31 décembre 2018 – 17:35 – Hibou des marais au-dessus de la prairie abandonnée

Je revins le lendemain au même endroit peu après 17h00, avec le secret espoir de revoir ce rapace dont je n’étais pas sûr de l’identification; pas étonnant, quand on voit la qualité des clichés de la veille. A 17h35, jackpot! Il apparut enfin et recommença son ballet aérien au-dessus de la prairie abandonnée. Quel spectacle! J’avais eu le temps de me préparer à cette nouvelle rencontre, avec des paramètres qui me faisaient hélas monter en iso, mais qui me permettraient de figer le vol élégant et feutré de ce bel oiseau, devant un ciel aux belles couleurs pastel qui se développaient vers l’est!

Un spectacle qui dura une dizaine de minutes environ, avec des lumières qui disparaissaient progressivement!

A moment donné, il se prit de querelle avec une buse variable (à gauche sur le cliché) et s’éloigna un instant de son aire de chasse, sur fond de palombes qui se posaient au dortoir. Les belles couleurs du ciel continuaient à s’estomper, même sur la chaîne des Pyrénées.

Il revint enfin directement vers moi et me montra une dernière fois sa belle voilure. Pour ne pas le perturber et déjà trop content qu’il soit revenu, je m’éloignai discrètement. Une belle façon de terminer l’année 2018, comme je ne l’aurais jamais espéré : avoir eu à domicile dans les dernières heures de 2018 ce que j’étais allé cherché vainement quelques mois plus tôt à des centaines de kilomètres de là. Je ne savais pas encore que ce serait notre dernière rencontre mais qu’importe, je l’ai bien appréciée.

J’y suis revenu une semaine plus tard et les jours suivants : je ne l’ai plus revu malgré avoir sillonné toute la plaine de Gerderest, une plaine que j’affectionne car elle a encore gardé un aspect naturel. Il peut avoir changé d’endroit mais aussi d’horaires, peut-être? Il chasse aussi la nuit. Cela restera pour moi un excellent souvenir!

Description du Hibou des marais

31 décembre 2018 – 17:50 – Hibou des marais au-dessus de la prairie abandonnée – Simacourbe, dans le Vic-Bilh (Béarn)

06 mars 2016, 19:50 – Hibou des marais dans les vignes – Gayon, dans le Vic-Bilh (Béarn)

Les couleurs du hibou des marais lui fournissent un très bon camouflage au milieu des herbes. Son plumage est brun à jaune-roux avec des stries noires sur la poitrine, l’abdomen et le dos. Les ailes et la queue sont striées. Les ailes sont longues et étroites. Leur dessous est blanc avec une pointe noire. L’oiseau se déplace avec aisance, en battant des ailes régulièrement ou en planant brièvement en formant un V bien ouvert. Sa tête, bien ronde, porte des aigrettes très réduites, à peine visibles. Ses yeux jaunes sont cernés de noir et entourés de disques blanchâtres.

Reproduction

Le hibou des marais se reproduit sur les sites où la nourriture est abondante. Il affectionne particulièrement les espaces ouverts comme les champs en friche, les prairies humides, les marais et les grandes steppes herbeuses. Le nid, préparé au mois d’avril, est une simple cuvette creusée en grattant le sol dans la végétation. Sommaire, il est tapissé de brins d’herbes et de brindilles. Il est caché sous des broussailles, dans les roseaux ou dans les touffes d’herbes, souvent près de l’eau.

En France, le hibou des marais est un nicheur irrégulier que l’on rencontre le long des côtes de la façade atlantique, de la Gironde jusqu’au Morbihan. Son lieu de nidification est erratique, dicté par la nourriture disponible. On le trouve régulièrement dans le Marais Breton (Loire-Atlantique et Vendée). Il reste en France un nicheur très rare aux effectifs très fluctuants, estimés entre 10 et 100 couples en 1997. Je n’ai pas trouvé de statistiques plus récentes.

Où l’observer facilement

Les populations du nord de l’Europe sont migratrices strictes. Ailleurs, les hiboux des marais sont migrateurs partiels. Cette espèce présente un nomadisme marqué durant toute l’année, si bien que les apparitions en France peuvent se produire pendant toute l’année. Les oiseaux du nord de l’Europe hivernent plus ou moins loin vers le sud, en particulier en France. Cela dépend de la rigueur hivernale et de la disponibilité en proies. Les mouvements vers le sud ont lieu en septembre-novembre, vers le nord en mars-mai.

En France, la population hivernale subit de fortes variations d’une année à l’autre ; elle était évaluée dans une fourchette allant de 200 à 500 individus en 1997. Certains hivers, des afflux ont été constatés, comme durant l’hiver 2002-2003. Un effectif national minimum de 650 oiseaux avait été recensé.

Les principales observations se font dans les plaines maritimes le long du littoral Atlantique et de la Manche et le long de la côte de la mer du Nord, en Ardenne, dans le sud-est de l’Ile de France, également en Camargue et en Crau, en Lorraine, et dans une grande partie du centre de la France, au gré des afflux lors des vagues de froid ou suite à des saisons de reproduction à forte production démographique. Ailleurs, sa présence est sporadique et dépend de la nourriture disponible.

Le Hibou des marais est largement distribué dans le monde entier. L’espèce est classée « préoccupation mineure » au niveau mondial

Article rédigé le 30 janvier 2019 à partir de mes photos, de constatations faites sur le terrain et de publications interne sur lesquelles je me suis appuyé et dont je cite les liens :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Hibou_des_marais

http://www.oiseau-libre.net/Oiseaux/Especes/Hibou-des-marais.html

http://www.oiseaux.net/oiseaux/hibou.des.marais.html

https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Hibou-desmarais.pdf

06 mars 2016 – 20:00 Hibou des marais à Gayon, dans le Vic-Bilh (Béarn)

Le Grand Paon de nuit

Le Grand Paon de nuit

Femelle à gauche, mâle à droite (reconnaissables aux antennes).

Le Grand Paon de nuit

(Nom scientifique : Saturnia pyri)

Le Grand Paon de nuit est le plus grand papillon d’Europe, d’une envergure remarquable. J’ai fait sa découverte récemment dans mon jardin du Vic-Bilh dans les Pyrénées-Atlantiques, par hasard, en nettoyant un massif de plantes envahi par des feuilles mortes poussées par le vent cet hiver, à proximité du verger. En fait, ils étaient deux, un mâle et une femelle, très discrets et que l’on confondait avec les feuilles.

N’ayant jamais eu l’opportunité de rencontrer ce papillon auparavant, je n’avais aucune information sur lui ; je me doutais seulement qu’il s’agissait de papillons de nuit. Leur envergure exceptionnelle m’a interpelé et je l’ai donc mesurée, en évitant de les perturber ou de les toucher : 151 millimètres chez la femelle ! Le mâle, bien réveillé, faisait vibrer ses ailes et je l’ai laissé tranquille.

Ce papillon doit son nom aux cercles de couleurs présents sur ses quatre ailes, les ocelles, rappelant l’ornementation des plumes de la queue des paons. Ces « yeux », comme chez d’autres papillons, ont un effet dissuasif pour se préserver des prédateurs. Je leur trouve personnellement un effet hypnotique. Il a un « cousin », le Petit Paon de nuit (Eudia pavonia), mais avec lequel on ne peut le confondre, celui-ci ne mesurant qu’entre 55 et 80 millimètres (le mâle est plus petit que la femelle).

Le Grand Paon de nuit est rare en Béarn et il se raréfie ailleurs. Dans la mise à jour de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) du 6 décembre 2017, il n’y a pas de données sur sa présence dans le 32, 40, 64 et 65.

Il peut voler de jour, comme j’ai eu l’occasion de le constater quand le mâle a pris son envol, plus léger que la femelle qui avait probablement encore ses œufs. Son vol est impressionnant ; de nuit, on pourrait le confondre avec une chauve-souris. Ses ailes sont étalées au repos. Son corps est très trapu. Ses pattes, pourvues de griffes, ont une très bonne accroche ; il dégage une impression de force et de puissance.

ll n’a qu’une génération par an et sa durée de vie est très réduite, moins d’une semaine. Des données plus précises indiquent une durée de vie de 3 jours pour le mâle tandis que la femelle vivrait jusqu’à une dizaine de jours. Durant cette courte vie, il ne s’alimente pas : il ne possède pas de trompe. A-t-elle disparu parce qu’il ne l’utilisait pas ou n’a-t-elle jamais existé ? Son temps est dédié uniquement à la reproduction. Les deux sexes sont identiques. Le mâle se différencie de la femelle en observant les antennes : fines, très brièvement pectinées chez la femelle ; très développées et doublement pectinées (c.à.d, en forme de peigne) chez le mâle. On remarquera aussi les rondeurs abdominales de la femelle, bien plus prononcées avec la présence des œufs. La période de vol s’étend de fin mars à juin, suivant les régions. Ce papillon de nuit est présent dans toute la partie sud de la France, absent au-dessus d’une ligne passant au niveau de la région parisienne. Il est aussi présent en Europe sous les mêmes latitudes.

Femelle reconnaissable à ses antennes peu développées

Le mâle cherche les femelles aux premières heures de la nuit. Celle-ci, prête à être fécondée, émet des phéromones pour attirer le mâle qui les repère jusqu’à 5 kilomètres et même au-delà (jusqu’à 10 kilomètres suivant les sources), grâce aux « capteurs » de ses antennes. L’accouplement met fin à l’émission de ces phéromones, et à l’attractivité sexuelle. Les œufs sont pondus sur des arbres à feuilles caduques (surtout sur les arbres fruitiers) d’où émergeront de magnifiques chenilles d’une douzaine de centimètres, d’abord noires avec des bandes rouges et qui deviendront d’une belle couleur vert pomme avec des tubercules bleu turquoise portant des soies raides. La chenille, ni urticante ni dangereuse, se développe sur les espèces d’arbres suivants, répandus dans les vergers : pommier, prunier, prunellier, poirier, cognassier, pêcher, amandier (surtout) et dans les parcs : tilleuls, hêtre, frêne, châtaignier, noisetier, saules, peupliers … Puis elle s’enferme dans un cocon brun de 5 à 6 centimètres avant de se transformer en chrysalide. Cette dernière se métamorphosera en un nouvel adulte, 1 voire 2, et même 3 ans plus tard.

Mes spécimens étaient probablement en cours de reproduction. Les ai-je perturbés ? Sans doute et bien involontairement mais ils étaient tous les deux en très bonne santé. Le mâle s’est donc envolé et j’ai remis la femelle délicatement en place sans la toucher, là où je les avais involontairement perturbés ; elle avait disparu le lendemain-matin. Je ferai plus attention à leur éventuelle présence dans le futur, ainsi qu’à celle d’œufs, de chenilles ou de chrysalides que la bibliographie qui m’a aidé à écrire ce petit résumé, m’a appris à reconnaître !

Mâle reconnaissable à ses antennes bien « peignées ».

grand paon de nuit saturnia pyri béarn vic-bilh

Gros plan sur la tête de la Femelle (absence de trompe)

grand paon de nuit saturnia pyri béarn vic-bilh

Gros plan sur la tête du mâle (extrémité des pattes pourvues de griffes)

Article rédigé le 14 mai 2018 à partir de mes photos, d’observations personnelles et en résumant de la bibliographie consultée sur internet, dont :

-Jean-Henri Fabre  : https://www.e-fabre.com/e-texts/souvenirs_entomologiques/grand_paon.htm

-André Lequet  : https://www.insectes-net.fr/paon/paon2.htm

-Bernard … : http://www.baladesentomologiques.com/article-grand-paon-de-nuit-saturnia-pyri-visiteur-de-la-nuit-122468395.html