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La Grande Outarde ou Outarde barbue (Villafafila – Castilla Y Léon)

La Grande Outarde ou Outarde barbue
( Avutarda Común – Great Bustard )
(Nom scientifique : Otis tarda)

L’Outarde barbue est un oiseau tout simplement magnifique, que l’on peut observer facilement en Espagne dans les plaines de Villafáfila en Castille-et-Léon, au-dessus de Zamora. J’en ai entendu parler pour la première fois en avril 2017 pendant un séjour naturaliste en Estrémadure, lors d’une conversation entre deux ornithologues. L’un était italien et l’autre français ; c’était au cours d’un repas pris ensemble dans un restaurant accueillant à cette époque de l’année pas mal d’étrangers passionnés d’oiseaux de toutes sortes. Quand j’ai vu l’oiseau apparaître sur l’écran du reflex, j’ai été définitivement conquis ! Quelques jours plus tard, j’allais leur rendre visite sur le chemin de retour en France. J’y suis de nouveau revenu en mai 2018 et j’espère bien encore y revenir. Cet oiseau vaut le voyage. La meilleure époque pour leur rendre visite est celle correspondant à leur parade nuptiale, qui a lieu normalement la deuxième quinzaine du mois d’avril pour Villafáfila (elle varie suivant les régions d’Espagne). Elle peut aussi glisser de quelques jours en fonction des conditions météorologiques. En 2017 année de grande sécheresse, elle était terminée lors de mon passage le 30 avril mais j’ai pu encore observer de jolis groupes sans aucune parade, une soixantaine d’individus au total dont une volée d’une vingtaine d’oiseaux. Les lagunes étaient à sec. En 2018, la parade a été retardée à cause d’un printemps pluvieux. Elle était à ses débuts le 01 mai et j’ai pu faire de belles observations. Par contre, le Hibou des marais (Asio flammeus) qui était présent en 2017, n’était pas revenu en 2018 : le printemps pluvieux avait empêché la prolifération des campagnols, leur principale nourriture.

Pour photographier l’outarde à Villafáfila, il vaut mieux utiliser un grand téléobjectif (focale 400mm et plus) mais on fait comme on peut. Les occasions rapprochées sont rares et elles nécessitent de prendre de bonnes précautions afin de respecter sa tranquillité. L’affût fixe est interdit sans l’obtention d’une autorisation préalable, qu’il faut demander (au moins quinze jours avant le déplacement) au directeur de « la Reserva Natural de Las Lagunas de Villafáfila ». Il existe quelques rares affûts fixes payants sur des terres privées ; il faut compter une somme non négligeable, sans garantie que les outardes seront bien au rendez-vous et à la bonne distance espérée. Personnellement, je préfère compter sur ma « veine » naturaliste.

Les meilleurs moments pour la photo sont le matin et au coucher du soleil. Dans la journée, la turbulence atmosphérique est élevée. La vision aux jumelles est floue et les photos sont de mauvaise qualité.

Un groupe d’outardes barbues mâle au bord d’une lagune.

Description de l’Outarde barbue

L’outarde barbue a le corps corpulent et elle est haute sur pattes. Le mâle est l’oiseau le plus lourd d’Europe capable de voler. Il est deux fois plus lourd que la femelle.

La taille varie entre 75 et 105cm, pour une envergure entre 170 et 190cm chez la femelle, 210 à 240cm chez le mâle. Le poids de la femelle varie entre 3,5 et 4kg, celui du mâle entre 7 et 17kg.

C’est un oiseau très farouche, que l’on ne peut observer que de loin. L’outarde a une excellente vue. Elle vit en petits groupes. Il y en a toujours au moins une qui observe pendant que les autres se nourrissent. Elle se déplace majestueusement, le cou bien droit. A la moindre alerte, elle s’éloigne lentement et prudemment; elle peut aussi courir très vite. Au moindre danger, elle s’envole. Par déontologie et par respect de la nature, on évite de les déranger. L’espèce a particulièrement besoin de calme !

Avec un peu de temps et de la patience, on peut arriver à faire de belles observations : une paire de jumelles ou une longue-vue sont des instruments indispensables !

Outardes barbues femelle.

Un mâle faisant la cour; la femelle est indifférente. Sur ce cliché, on peut apprécier la différence de gabarit.

La femelle est brun roussâtre sur le dessus du corps, blanche dessous, avec le cou gris. Son plumage est plus terne que celui du mâle. Les juvéniles ressemblent à la femelle. Les femelles sont moins nombreuses que les mâles. Plus petites, elles passent facilement inaperçues au milieu du couvert et j’en ai peu photographiées.

Le mâle porte en plus une bande pectorale rousse et en plumage nuptial, de larges moustaches blanches. Ce sont de longues plumes qui partent de chaque côté de la base du bec et retombent le long du cou. Elles peuvent atteindre la longueur de 12 à 15cm. Ces moustaches apparaissent vers l’âge de 3 ans et poussent régulièrement jusqu’à 6 ans.

Le mâle adulte en âge de procréer (à partir de 5-6 ans) change de plumage vers le mois de janvier. Il le changera à nouveau d’août à septembre. Il a les parties supérieures barrées noir et roux. Les ailes présentent une large tache blanche quand elles sont fermées. La queue est comme le dos, avec une large bande terminale noire et l’extrémité blanche. Les parties inférieures sont blanches. La tête et le devant du cou sont bleu-gris pâle, pour devenir blanc et ensuite châtain vif sur le bas du cou et la poitrine. Les yeux sont brun foncé. Les longues pattes robustes et les doigts forts sont gris.

Le mâle non-nicheur n’a pas les longues moustaches ; le cou et la poitrine sont gris clair au lieu de châtain.

A l’envol, le décollage est long avec de grands battements d’ailes dévoilant la belle envergure de cet oiseau. Il vole à faible hauteur ; ses ailes sont en partie blanches avec l’extrémité noire.

Habitat

L’Outarde barbue vit dans les paysages ouverts tels que les zones cultivées avec quelques arbres isolés et les steppes. Elle peut ainsi voir le danger venir de loin. On la trouve en Espagne dans les grandes mosaïques de jachère céréalière et de pâturages.

Comme pour bien d’autres espèces, malheureusement, son déclin est induit par la mécanisation et l’intensification de l’agriculture, par l’utilisation des pesticides et herbicides, par l’urbanisation et la réduction de son habitat. Les collisions avec les lignes électriques est une cause importante de mortalité non naturelle. L’espèce a également été chassée dans le passé, comme j’ai pu le constater : on trouve dans certains lieux publics comme les bars et les restaurants, des photos anciennes de trophées de chasse de mâles. Sa chasse a été interdite en Espagne en 1980.

Reproduction

Le mâle peut se reproduire à l’âge de 5-6 ans et la femelle vers 2-3 ans. Les mâles et les femelles vivent en groupes séparés, excepté pendant la parade nuptiale qui dure une quinzaine de jours environ. Elle a lieu à partir de mars et varie suivant la région et les conditions climatiques. Les mâles se rassemblent alors dans des endroits traditionnels appelés « Leks » ou « arènes », où ils attirent les femelles et paradent devant elles. Ils rivalisent d’apparence pour attirer l’attention des dulcinées. Je n’ai pas assisté à des intimidations ou disputes entre mâles à ce moment-là ; j’ai lu dans la littérature que des combats ont lieu durant l’hiver pour établir la suprématie des dominants dans les divers groupes.

La parade nuptiale est spectaculaire. Pour impressionner, le mâle renvoie sa tête en arrière, redresse sa queue et gonfle d’air une poche située sur le devant du cou. Il dresse ses longues moustaches et se contorsionne. Il arrive à faire pivoter ses ailes pour exposer l’envers de son plumage. Méconnaissable, il ressemble alors à une grosse boule de plumes d’un blanc immaculé. Le spectacle est simplement magnifique. Pendant quelques minutes, il pivote sur place face aux femelles ou se déplace lentement dans leur direction; son blanc éclatant sur fond de verdure le rend visible à une distance considérable. Une fois exposé, il maintient la posture pendant quelques minutes et en secouant ses plumes pour accentuer son apparence. Les femelles restent indifférentes et ce sont elles qui feront leur choix pour s’accoupler au moment voulu, après quelques jours de parade des mâles.

Le nid caché dans les herbes hautes, rudimentaire, consiste en une petite dépression creusée ou non dans le sol, parfois tapissé des quelques herbes écrasées. L’incubation et le nourrissage sont assurés par la femelle.

Les mâles, pendant ce temps, se rassemblent en petites bandes et errent dans les champs, indifférents. Les jeunes sont capables de voler à cinq semaines et restent avec leur mère jusqu’à un an environ.

Alimentation

L’outarde barbue est omnivore et son régime alimentaire varie suivant les saisons. Elle se nourrit surtout de végétaux en particulier de luzerne, également d’insectes, vers, lézards, amphibiens, petits rongeurs …

Population de l’Outarde barbue

L’espèce a disparu de France à la fin du 19è siècle. Près de chez nous, on la trouve essentiellement en Espagne (environ 60 % de la population mondiale) et un peu au Portugal (Castro Verde, dans le district de Beja, …).

Les chiffres différent selon les sources consultées. Je n’ai pas trouvé de statistiques récentes. Pour donner un ordre d’idée, il y en avait entre 29 400 et 34 300 en 2010 et 2 668 oiseaux ont été recensés en mars 2005 à Villafáfila.

L’espèce vit en général une dizaine d’années mais elle peut vivre plus longtemps, 15 ans et plus. La mortalité chez les mâles est plus élevée ; pendant les deux premières années de leur maturité, de violents combats ont lieu durant l’hiver pour établir la suprématie des dominants dans les divers groupes.

L’outarde barbue n’est pas vraiment migratrice. Elle peut se déplacer en petits groupes en fonction des conditions climatiques et de la ressource alimentaire vers un site plus favorable. Ces migrations partielles sont différentes selon le sexe : mâles et femelles migrent séparément dans des proportions variables en fonction de leurs particularités sexuelles liées à leur aptitude à procréer. On peut dire que l’espèce est sédentaire.

Les immatures peuvent faire des déplacements importants et un peu erratiques: de juin à août 2009, la présence de deux outardes barbues immatures a été validée à plusieurs reprises dans les Pyrénées-Atlantiques (région de Nabas). Le 5 août, elles seront revues par des ornithologues comptabilisant les oiseaux migrateurs, en train de remontant le vallon de Larrau vers l’Espagne. Toujours en 2009 et au mois d’août, un jeune mâle est vu à plusieurs reprises dans le Gers (région de Faget-Abbatial). En novembre 2013, une jeune outarde barbue s’est égarée aux Sables d’Olonne, épuisée. Baguée outre-Manche, elle a été ramenée au pays par des soigneurs anglais. L’Angleterre mène depuis 2004 un programme de réintroduction de l’espèce à partir d’individus nés en Russie.

Où observer facilement l’Outarde barbue

Le meilleur endroit pour l’observer à une distance encore raisonnable est, à ma connaissance, en l’Espagne dans la réserve naturelle de Villafáfila d’une superficie totale de 32.541 hectares et à une altitude de 700m. Une partie de la réserve est strictement interdite pour la protection de l’espèce. Il existe aussi des restrictions de circulation sur certaines routes et chemins agricoles. Respectez les différents panneaux de signalisation, autant pour la protection des espèces que pour la tranquillité des autochtones vivant et travaillant sur la réserve.

Je conseille d’aller se renseigner à la « Casa de la Reserva » (à 1,5km avant d’arriver à Villafáfila depuis Tapioles sur la ZA-715). Vérifier auparavant les jours et les heures d’ouverture. Le Centre peut vous fournir un dépliant et des conseils utiles.

L’espèce est classée « Vulnérable ».

Quelques oiseaux observés à Villafáfila à la même période

Un effort important est mené pour la nidification des petits rapaces et autres dans les steppes de Villafáfila

avec l’installation de nichoirs sur des poteaux (lutte écologique contre les campagnols des moissons).

Pour information, de nombreuses espèces d’oiseaux peuvent être observées et photographiées dans la région de Villafáfila, dont les lagunes est une halte migratoire de l’automne au printemps. C’est aussi un site intéressant pour l’observation de petites rapaces.

Le Hibou des marais (Asio flammeus) présent en 2017, absent en 2018.

Turbulences atmosphériques à midi.

Le Busard Saint Martin.

Cigognes dans la verdure.

Vanneau au bord d’une petite lagune.

Villafáfila, la terre nourricière.

Ouvrages utilisés pour mes séjours ornithologiques en Espagne :
« Where to watch birds in Southern and Western Spain », 3è édition.
« Where to watch birds in Northern and Eastern Spain », 3è édition (Steppes et lagunes de Villafáfila, p163 à 166).

On peut y retrouver les autres sites d’observation de l’Outarde barbue en Espagne, et ceux de bien d’autres espèces d’oiseaux!

Article rédigé le 22 janvier 2019 à partir de mes photos, de constatations faites sur place et de publications internet sur lesquelles je me suis appuyé et dont je cite les liens :

https://es.wikipedia.org/wiki/Otis_tarda

http://www.oiseaux.net/oiseaux/outarde.barbue.html

http://oiseaux-birds.com/fiche-outarde-barbue.html

L’un des nombreux pigeonniers historiques et typiques, éparpillés au hasard dans les grandes plaines de Villafáfila.

Certains servent d’abri et de nichoirs à des colonies de faucons crécerellette (Falco naumanni) et autres espèces.

L’Echasse noire (Black Stilt)

15 décembre 2017-14:30 – Echasse noire ou Black Stilt – Région de Twizel.

L’Echasse noire (Black Stilt)

(Nom scientifique : Himantopus novaezelandiae)

L’Echasse noire est un oiseau endémique de la Nouvelle-Zélande. En langue Maori, on la connaît sous le joli nom de Kakï. J’en ai entendu parler pour la première fois lors d’une conversation avec le propriétaire du camping au Glentanner Park Center (district de Mackenzie), alors que je revenais d’une sortie à l’aube avec mon appareil photo. « Avez-vous vu les kakï » ?

C’est ainsi que j’ai appris l’existence de ce limicole le plus rare au monde et dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Je suis revenu le lendemain-matin à l’endroit où je n’avais pas su voir la perle noire, dans les méandres de l’embouchure de la Tasman River qui alimente le lac Pukaki. Ma première rencontre fut une juvénile qui resta longuement autour de moi, un plaisir photographique avec un bel oiseau d’une élégance remarquable!

L’échasse noire était autrefois largement répandue, se reproduisant et hivernant dans les îles du Nord et du Sud de la Nouvelle-Zélande. Après un déclin à long terme, sa présence est maintenant limitée essentiellement au bassin du Mackenzie, haut plateau près du centre de l’île du Sud peu peuplé et connu pour ses élevages de moutons, ses vastes lacs glaciaires, ses cieux limpides pour l’astronomie, son tournage de scènes du Seigneur des Anneaux, etc.

L’Echasse noire est un oiseau classé « En danger critique d’extinction » !!!

1 4 décembre 2017 – Lever du soleil sur le bassin de la Tasman river, dominé par le Mount Cook / Aoraki,

le point culminant de la Nouvelle-Zélande (3564m).

4 décembre 2017 – Tasman glacier et Lake Tasman, alimentant la Tasman river.

Dominés par le Mount Cook / Aoraki bien enneigé.

Méandres (au fond) de la Tasman River venant  du glacier Tasman, au pied du Mount Cook / Aoraki.

Devant à gauche, la Hooker river venant des glaciers Mueller et Hooker. En bas à droite, Mount Cook Village.

1 5 décembre 2017 – L’un des nombreux chenaux de la Tasman river qui alimente le Lake Pukaki,

aujourd’hui d’un bleu laiteux typique des lacs d’origine glaciaire.

Description de l’Echasse noire

15 décembre 2017  – Echasse noire baguée – Région de Twizel.

Le plumage et le bec de l’échasse noire sont entièrement noirs. Les pattes sont rougeâtre rose et les yeux sont rouges. Les deux sexes sont identiques. La taille est équivalente à celle de notre Echasse blanche (Himantopus himantopus). L’espèce est peu farouche. Les couples restent généralement ensemble pour la vie.

Au-dessus de l’échasse noire, une Sterne à front noir – Black-fronted tern (Chlidonias albostriatus).

Espèce endémique.  C’est la seule sterne qui se reproduit exclusivement à l’intérieur des terres (rivières à tresses de l’est et du sud de l’île du Sud). La population en régression, estimée entre 5 000 et 10 000 individus, a les mêmes ennemis que l’échasse noire.

15 décembre 2017 10h45 – Echasse noire juvénile baguée – Tasman River

Les juvéniles, c’est-à-dire les oiseaux ayant le plumage acquis lors de la sortie du nid, ont la poitrine, le cou et la tête blancs. Le dos, le ventre et les sous-caudales sont noirs, le reste du corps blanc à l’exception d’un masque noir sur et en arrière de l’œil. Les immatures (ne sont plus juvéniles mais ne sont pas encore capables de se reproduire) sont presque entièrement noirs mais on peut voir quelques plumes blanches çà et là sur le corps, surtout sur le devant.

Juvéniles et immatures peuvent être confondus avec l’Echasse d’Australie (Himantopus leucocephalus). Quelques plumes de ventre noires les distinguent des échasses. Ils deviennent entièrement noirs vers 18 mois.

15 décembre 2017 – Echasses noires juvéniles à l’abri d’un vent violent – Tasman River.

15 décembre 2017 – Echasse noire juvénile baguée pour le suivi du projet de sauvegarde – Tasman River.

15 décembre 2017 – Une autre échasse noire juvénile baguée pour le suivi du projet de sauvegarde.

La séquence de couleurs est unique  pour une identification formelle : je vous présente BKGBK/ RO.

15 décembre 2017 – Echasse d’Australie (White-headed stilt) – Tasman River.

27 juin 2014 – Echasses blanches (Himantopus himantopus) – Lac de Corbères  – Pyrénées Atlantiques (France).

15 décembre 2017 – Echasse noire (Black stilt) et Echasses d’Australie (White-headed stilt)

Région de Twizel.

Les échasses noires sont agressives envers les autres échasses, qu’elles dominent dans les conflits territoriaux.

15 décembre 2017-14:30 – Conflit territorial entre une échasse noire et deux échasses d’Australie.

Habitat

L’habitat de reproduction typique de l’échasse noire est une combinaison de lits de rivière à tresses et de zones humides à proximité telles que des marais, des étangs et les bords peu profonds des lacs. En hiver, elle reste près des sites de reproduction. Quand un gel des zones d’eau calme survient pendant plusieurs semaines, elle peut descendre vers les grands deltas pour se nourrir.

Son habitat a été dégradé par le développement de l’agriculture avec l’assèchement des zones humides, les barrages hydroélectriques, l’expansion des loisirs aquatiques, l’introduction de plantes qui ont envahi certains espaces ouverts où elle habite.

14 décembre 2017 – Lake Pukaki, dominé par les Southern Alps et normalement d’un magnifique bleu laiteux par beau temps. Ce lac d’origine glaciaire alimenté par les glaciers Tasman et Hooker, fait partie de l’énorme projet hydroélectrique Waitaki.

Il a été artificiellement surélevé à deux reprises (9 mètres en 1952 et 37 mètres en 1976, ce qui a contribué à la diminution de l’habitat de l’échasse noire. Il fournit plus de la moitié de la capacité de stockage d’hydroélectricité de la Nouvelle-Zélande et son niveau peut artificiellement varier de 13.8 mètres. 

Certains cours d’eau à tresses ont été plus ou moins canalisés par l’homme pour éviter les inondations et d’autres souffrent de la propagation de plantes comme le saule fragile (Salix fragilis) et le lupin Russell (Lupinus polyphyllus).

16 décembre 2017 – L’Ahuriri river, une rivière à tresses typique, avec les berges envahies par le lupin et quelques saules fragiles. Les mammifères carnassiers sont particulièrement aidés par ce couvert pour approcher l’échasse noire.

Reproduction

Actuellement, la reproduction a lieu exclusivement au-dessus de la Waitaki River, une rivière à tresses qui est parmi les cours d’eau les plus importants du bassin de Mackenzie. Les couples nicheurs sont confinés à la zone située entre les bassins des lacs Tekapo et Pukaki, au nord de la rivière Ahuriri.

La plupart des échasses noires y restent toute l’année. Elle niche principalement sur les berges sèches de lit de rivières en galets et de lacs. Elle y est plus vulnérable que sur des îles. Les couples nichent en solitaire et sont très éloignés les uns des autres, contrairement aux autres espèces d’échasses qui nichent en colonie. Cela les rend plus sensibles à la prédation.

Le nid consiste en une dépression dans le sol, tapissée d’herbe et de brindilles. Il est le plus souvent placé près de l’eau ce qui le rend vulnérable aux crues. Les parents incubent leurs 4 œufs à tour de rôle. Il peut y avoir une ponte de remplacement.

L’échasse noire a une longévité de onze ans et elle commence à se reproduire à l’âge de deux, plus généralement trois ans.

Alimentation

Elle se nourrit principalement d’invertébrés aquatiques, de mollusques et de petits poissons.

Population de l’Echasse noire

L’introduction volontaire de mammifères terrestres européens comme le surmulot, le chat, le furet, la belette et l’hermine pour contrôler la population de lapins a été très néfaste pour l’échasse noire. Elle avait auparavant très peu d’ennemis terrestres.

15 décembre 2017  – 7h00 – Lapins matinaux en bordure de la Tasman river.

12 décembre 2017  – 20h00 – « C’est chaud » – Lake McGregor, près du lac Tekapo .

Outre la perte de son habitat et la prédation par les mammifères introduits, une autre menace a pesé sur l’espèce avec sa raréfaction dans le milieu naturel : l’hybridation avec l’échasse d’Australie (Himantopus leucocephalus) qui ressemble beaucoup à notre Echasse blanche (Himantopus himantopus), hybridation causée par la difficulté à trouver un partenaire. Cette hybridation est détectable par la présence de quelques plumes blanches chez l’adulte. Depuis que l’échasse noire est suivie de façon intensive, l’hybridation de l’espèce a été considérablement réduite.

Les effectifs dénombrés fluctuent un peu suivant les sources que j’ai consultées. Les informations suivantes sont fiables :

La population comptait peut-être entre 500 et 1 000 oiseaux dans les années 1940, on n’a pas de comptage précis. A ce moment-là, elle avait déjà cessé de se reproduire dans l’île du Nord depuis longtemps. Elle a commencé à décliner rapidement au début des années 1950 et seulement 68 adultes ont été dénombrés en 1962. Les effectifs ont continué à baisser pour atteindre 23 oiseaux en 1981, début de la protection et de la gestion intensive de l’espèce. L’échasse noire s’élève facilement en captivité, et elle y est à l’abri des prédateurs et de l’hybridation. Des échasses noires ont jusqu’à cinq couvées par saison en captivité. Les œufs sont enlevés et placés en couveuse pour permettre une nouvelle ponte.

En 1984, il y avait 32 adultes dans la nature et ils étaient 52 en 1992 dont 10 couples nicheurs (32 en captivité, dont 11 femelles et 10 mâles). En 1999-2000, la population reproductrice sauvage ne comprenait plus que quatre couples et un maximum de 31 adultes.

Depuis lors, la population a augmenté principalement grâce à la libération annuelle de 80 à 100 immatures et juvéniles élevés en captivité. Le Department of Conservation (DOC) gère un programme d’incubation à Twizel, en partenariat avec l’Isaac Conservation and Wildlife Trust à Christchurch.

Depuis 2013, le nombre de couples sauvages nicheurs a fluctué entre 17 et 28 couples et la population adulte totale est passée de 61 à 91 en 2016, 106 oiseaux en 2017, d’après le Department of Conservation. Elle est alors la plus élevée jamais enregistrée depuis le début de la prise en charge en 1981.

En août 2016, 26 juvéniles élevés à Christchurch par le « The Isaac Conservation and Wildlife Trust » sont relâchés sur le delta de la Godley River, rivière à tresses alimentée par le Godley Glacier et débouchant sur le lac Tekapo. C’est un nouveau site, afin de tester l’acclimatation de l’espèce. L’expérience sera positive.

En octobre 2016, deux échasses noires lâchées début janvier dans la vallée de Tasman et disparues dès le lendemain ont été vues dans la vallée d’Arahura sur la côte ouest (première observation d’échasses noires depuis le début de l’archivage en 1979).

En janvier 2017, le Department of Conservation à Twizel a relâché 19 oiseaux juvéniles sur la Tasman River, et 60 au mois d’août. 51 juvéniles élevés à Christchurch sont aussi relâchés au mois d’août sur le delta de la Godley River.

1 5 décembre 2017 – Echasses noire juvéniles, relâchées en août 2017 ? – Tasman River.

Chaque spécimen d’Echasse noire juvénile que j’ai pu photographier au bord de la Tasman River a une lourde responsabilité : celle de la survie de son espèce en milieu sauvage. Cela en fait un oiseau particulièrement fascinant pour moi.

13 décembre 2017 – Lake Tekapo, lac d’origine glaciaire d’un bleu laiteux malgré le vent et le temps couvert,

avec au fond le Mount Cook / Aoraki et l’embouchure de la Godley river.

Le taux de survie jusqu’à l’âge de la reproduction parmi les lâchers de juvéniles et d’immatures reste bas à 29%, avec une augmentation récente à 49% sur la Tasman River, où un contrôle à grande échelle des prédateurs est en cours. Grâce à la reproduction en captivité, presque toutes les échasses noires dans le milieu naturel sont de race pure. Les couples reproducteurs sont choisis par des tests ADN pour éviter la consanguinité. La majorité de la population adulte, aujourd’hui, a été élevée en captivité et remise en liberté, d’œufs pondus dans la nature ou d’origine captifs. L’échasse noire aurait, sinon, disparue définitivement.

En janvier 2018, 14 juvéniles ont été relâchés sur la Tasman river, et 71 au mois d’août. 64 juvéniles ont également été relâchés au mois d’août sur la Godley river. En août 2018, la population sauvage de l’échasse noire est estimée à 132 oiseaux adultes, pour 23 en 1981 !

Un projet à grande échelle, « Te Manahuna Aoraki Project », a vu le jour très récemment, en novembre 2018. Il est axé sur « la restauration des paysages naturels emblématiques et des espèces menacées du haut bassin du Mackenzie et du parc national Aoraki ». Le lien vers leur site en cours de construction à la date de publication de cet article est : www.temanahunaaoraki.org. C’est un grand espoir pour le futur, en particulier pour la sauvegarde de l’Echasse noire !

On peut suivre l’actualité des projets de sauvegarde de l’Echasse noire sur Facebook, avec : « The Isaac Conservation and Wildlife Trust », et « Kakī Recovery Programme ».

L’Echasse noire est actuellement considérée comme étant en Danger Critique d’Extinction.

Où observer facilement l’Echasse noire

Je propose l’embouchure de la Tasman River; se renseigner au Glentanner Park Center. Il est primordial de respecter la tranquillité de ces oiseaux pour augmenter leurs chances de survie !

15 décembre 2017 – Tasman River Ecosystem Care Code.

Quelques oiseaux observés dans le delta de la Tasman River

L’Aigrette à face blanche – White-faced heron (Ardea novaehollandiae).

Migration naturelle d’Australie dans les années 1940.

Le Vanneau soldat – Masked lapwing (Vanellus miles) – Arrivé naturellement en 1932.

Tadorne du paradis – Paradise shelduck (Tadorna variegata) – Endémique. La femelle a la tête blanche.

Pluvier à double collier en plumage nuptial – Banded Dotterel (Charadrius bicinctus) Endémique et vulnérable au niveau national (à cause des mammifères prédateurs introduits).

Pluvier à double collier en plumage pré-nuptial – Banded Dotterel (Charadrius bicinctus) .

Toutes les photos de cet article sont personnelles et ne sont pas libres de droits. Article rédigé le 14 janvier 2019, à partir de constatations faites sur place et de publications internet sur lesquelles je me suis appuyé et dont je cite les liens :

Facebook : « The Isaac Conservation and Wildlife Trust », « Kaki Recovery Programme »

http://www.oiseaux.net/oiseaux/echasse.noire.html

https://en.wikipedia.org/wiki/Black_stilt

https://www.doc.govt.nz/globalassets/documents/science-and-technical/TSRP04.pdf

https://www.doc.govt.nz/nature/native-animals/birds/birds-a-z/black-stilt-kaki/

https://blog.doc.govt.nz/2017/01/25/successful-start-for-newest-kaki/

14 décembre 2017 – premières lueurs sur le Mount Cook/Aoraki,

point culminant de la Nouvelle-Zélande (3564m).

Le manchot Antipode (Yellow-eyed penguin)

(16 décembre 2017-19:35 – Retour de la pêche, Bushy Beach Scenic Reserve – Otago)

Un survivant, le Manchot Antipode (Yellow-eyed penguin)

(Nom scientifique : Mégadyptes antipodes)

Le manchot Antipode vit exclusivement en Nouvelle-Zélande du Sud. Très timide et peu sociable, il préfère vivre en solitaire ou en couple. Espèce endémique et menacée, il est l’un des manchots les plus rares au monde. Il est en danger d’extinction.

La terre lui fournit un habitat de nidification ainsi que des espaces de repos et de mue. La mer lui fournit la nourriture et elle est également essentielle à la dispersion et à son déplacement entre les habitats terrestres. Il se nourrit principalement de poissons.

L’espèce se reproduit le long des côtes est et sud-est, ainsi que sur l’île Stewart, les îles Auckland et les îles Campbell. ll existe quatre grandes régions de reproduction sur le continent : la péninsule de Banks, l’Otago du Nord, la péninsule d’Otago et les Catlins. Une réserve protégeant plus de 10% de la population continentale a été créée à Long Point dans les Catlins en novembre 2007 par le Département Of Conservation (DOC) et le Yellow-Eyed Penguin Trust.

Le manchot Antipode ou manchot à yeux jaunes est devenu une espèce phare du tourisme axé sur la nature. Les colonies sur la péninsule d’Otago sont un lieu touristique recherché, où les visiteurs peuvent observer de près les manchots sur des sites aménagés et protégés.

(16 décembre 2017-19:50 – Profiter de la chaleur des derniers rayons du soir, Bushy Beach Scenic Reserve – Otago)

Description

Le manchot Antipode est un manchot de taille moyenne mesurant 65–80 cm de haut (quatrième plus grand manchot). Son poids varie en cours d’année, en moyenne de 4 à 8 kg juste avant la mue et de 3 à 6 kg après la mue. Il a une tête jaune pâle avec quelques plumes noires, un iris jaune. Le menton et la gorge sont noir brunâtre. Une bande de jaune vif coule de ses yeux autour de la tête. Le juvénile a la tête plus grise sans bande et leurs yeux ont un iris gris. Les deux sexes se ressemblent; le mâle est plus grand que la femelle.

Il vit dans les forêts indigènes et les garrigues côtières. Les sites de nidification sont choisis avec soin, avec une protection contre les intempéries et la chaleur du soleil. Ils sont accessibles depuis la mer via des plateformes rocheuses ou des plages de sable ou de gravier.

Il peut vivre longtemps, certains individus atteignent 20 ans. Il ne supporte pas la captivité.

Reproduction

Ce manchot niche généralement dans la forêt ou dans les broussailles, sur les pentes ou les ravins, ou sur le rivage même, face à la mer. Le nid lui-même est un bol peu profond généralement rempli de brindilles, d’herbe et d’autres végétaux. Ces zones sont généralement situées dans de petites baies ou dans les zones de pointe de grandes baies.

(16 décembre 2017-19:25 – Retour au nid, Bushy Beach Scenic Reserve – Otago)

Les sites de nidification sont bien dissimulés sous une végétation dense, les deux sexes contribuant à la construction du nid. Les couples peuvent y être vus ensemble dès juillet-août. La date moyenne de ponte est le 24 septembre sur la péninsule d’Otago, mais elle peut survenir plus tard dans des endroits plus au sud. Une couvée de deux œufs est pondue à 3 à 5 jours d’intervalle. Aucune ponte de remplacement n’a lieu. Les deux sexes couvent les œufs à partir de la ponte du deuxième œuf, de sorte que l’éclosion (principalement en novembre) est synchrone. La période d’incubation varie entre 39 et 51 jours.

(16 décembre 2017-20:26 – Retour au nid, Bushy Beach Scenic Reserve – Otago)

Pendant les six premières semaines après l’éclosion, les poussins sont gardés pendant la journée par l’un des parents tandis que l’autre est en train de se nourrir en mer. L’adulte en quête de nourriture revient au moins tous les jours pour nourrir les poussins et soulager le partenaire.

Après que les poussins aient atteint l’âge de six semaines, les deux parents vont en mer. Les poussins quittent d’habitude le nid à la mi-février et sont totalement indépendants à partir de ce moment-là.

(16 décembre 2017- 20:05 – Repos sur la plage, Bushy Beach Scenic Reserve – Otago)

Alimentation

Le manchot Antipode se nourrit principalement sur le plateau continental entre 2 km et 25 km au large, plongeant à des profondeurs allant de 40 à 120 m. Les manchots reproducteurs entreprennent généralement deux types de sorties en quête de nourriture: des excursions d’une journée où les oiseaux partent à l’aube et reviennent dans la soirée, à une distance pouvant aller jusqu’à 25 km de la côte, et des excursions plus courtes, au cours desquelles les oiseaux s’éloignent rarement de leur nid plus de quatre heures ou de plus de 7 km environ.

Ils pêchent des poissons de fond telles que le sprat (poisson au dos bleuté et au ventre argenté de 10 à 15cm de longueur), la morue rouge, l’ahuru (une espèce de morue mesurant jusqu’à 13cm), le menidia (petit poisson argenté) et la morue bleue, ainsi que des céphalopodes et des crustacés.

(16 décembre 2017-20:45 – Un retardataire, retour de la pêche, Bushy Beach Scenic Reserve – Otago)

Population du manchot Antipode

Depuis leurs premiers contacts avec des humains, les manchots Antipode ont connu des moments difficiles. Ils étaient traditionnellement chassés pour se nourrir et des incendies ont détruit de vastes étendues d’habitat. Cet habitat a également été remplacé par des propriétés agricoles et par l’urbanisation des côtes. Les filets de pêche les enchevêtrent en mer et, à terre, des mammifères prédateurs introduits par l’homme ont contribué à décimer la population restante.

Aujourd’hui, ces prédateurs (furets, chats, chiens … ) errent toujours dans les campagnes et continuent à arpenter l’espace côtier occupé par les manchots, mettant ainsi leur vie en danger.

Les prédateurs naturels de la mer comprennent l’escolar (poisson mesurant 1m30 en moyenne), les requins, les otaries à fourrure et les lions de mer. Les blessures les plus courantes causées par l’escolar sont les morsures aux pattes et à l’abdomen, devenant fatales si elles ne sont pas traitées. Les activités humaines en mer (pêche, pollution) ont aussi une influence très importante sur la tendance à la baisse de l’espèce.

(17 décembre 2017-13:20 – Otarie à fourrure – Katiki Point Historic Reserve – Moeraki Peninsula, Otago)

(17 décembre 2017-17:30 – Famille d’otaries à fourrure – Taiaroa Head – Otago Peninsula)

Une forte diminution du nombre de nids au cours des années 1980, suivie d’un événement de mortalité massive en janvier 1990, a réduit le nombre total de nids à 140 couples sur l’ensemble de la côte d’Otago lors de la saison suivante. En outre, les prédateurs tuaient jusqu’à 60% des poussins sur certains sites. Suite au travail accompli par les groupes de défense de la Nature visant à réduire le nombre des prédateurs, le nombre de couples a augmenté pour atteindre environ 600 couples sur le continent néo-zélandais en 1996/97.

Depuis cette époque, le nombre de nids a fluctué entre 400 et 600 couples. A partir de la saison 2008/09, une baisse progressive de la population a conduit à un minimum de 255 couples en 2015/16 – le niveau le plus bas depuis 1990/91.

Au cours de la saison 2016/17, il y avait environ 266 couples nicheurs. La forte diminution du nombre de nids est le résultat cumulatif d’une autre mortalité massive non identifiée en janvier 2013, d’une famine généralisée en 2014 et d’une augmentation de la prédation par l’escolar au début de 2015.

Leur nombre continue de diminuer en dépit des efforts actuels de gestion de la conservation. Ils sont considérés comme des sentinelles océaniques, aidant à comprendre les effets de la pollution, de la surpêche et du changement climatique. Ils sont très sensibles aux variations des océans et tirent la sonnette d’alarme quant aux menaces qui pèsent sur les écosystèmes marins.

Interférence du tourisme

Les perturbations non contrôlées et d’intensité relativement élevée provoquées par les touristes sont associées à une réduction du succès de la reproduction. Les personnes entrant dans les zones de nidification stressent les manchots nicheurs, très émotifs. Cela peut amener les adultes à retarder leur retour au nid en présence de personnes. Au final, la nourriture est consommée en mer par l’adulte et un repas non pris par le poussin devient une question de vie ou de mort.

(17 décembre 2017-13:50 – Séchage au soleil – Katiki Point Historic Reserve – Moeraki Peninsula, Otago)

Où l’observer facilement

On peut l’observer sans guide local sur des plages d’Oamaru, sur quelques plages proches de Dunedin et dans les Catlins. Par exemple: Allans Beach, Sandfly Bay (Péninsule d’Otago) ; Roaring Bay (près de Nugget Point), Hinahina Forest, Long Point et Curio Bay (Catlins).

Certaines activités touristiques commerciales de la péninsule d’Otago permettent aussi de l’observer comme à «Penguin Place», une réserve privée sur la route pour Taiaroa Head.

Personnellement, j’ai pu photographier ce magnifique oiseau sur les lieux suivants : Bushy Beach Scenic Reserve – Otago (je pensais voir sortir de l’eau des dizaines de manchots, au coucher du soleil : en fait, ce soir-là, je n’observerai qu’un couple et trois individus isolés. La population se limiterait à une dizaine d’individus sur ce site, d’après ce que j’ai lu) et Katiki Point Historic Reserve – Moeraki Peninsula, Otago (un individu isolé).

(17 décembre 2017 – Moment de repos – Katiki Point Historic Reserve – Moeraki Peninsula, Otago)

Depuis août 2010, le manchot antipode est protégé par la loi américaine Endangered Species Act .

Article rédigé le 08 janvier 2019 à partir de mes photos, de constatations faites sur place et de publications internet, dont:

http://nzbirdsonline.org.nz/species/yellow-eyed-penguin

https://www.yellow-eyedpenguin.org.nz/

https://www.doc.govt.nz/nature/native-animals/birds/birds-a-z/penguins/yellow-eyed-penguin-hoiho/

Pour en savoir plus, consulter cette bibliographie très bien documentée.

Le Grand Paon de nuit

Femelle à gauche, mâle à droite (reconnaissables aux antennes).

Le Grand Paon de nuit

(Nom scientifique : Saturnia pyri)

Le Grand Paon de nuit est le plus grand papillon d’Europe, d’une envergure remarquable. J’ai fait sa découverte récemment dans mon jardin du Vic-Bilh dans les Pyrénées-Atlantiques, par hasard, en nettoyant un massif de plantes envahi par des feuilles mortes poussées par le vent cet hiver, à proximité du verger. En fait, ils étaient deux, un mâle et une femelle, très discrets et que l’on confondait avec les feuilles.

N’ayant jamais eu l’opportunité de rencontrer ce papillon auparavant, je n’avais aucune information sur lui ; je me doutais seulement qu’il s’agissait de papillons de nuit. Leur envergure exceptionnelle m’a interpelé et je l’ai donc mesurée, en évitant de les perturber ou de les toucher : 151 millimètres chez la femelle ! Le mâle, bien réveillé, faisait vibrer ses ailes et je l’ai laissé tranquille.

Ce papillon doit son nom aux cercles de couleurs présents sur ses quatre ailes, les ocelles, rappelant l’ornementation des plumes de la queue des paons. Ces « yeux », comme chez d’autres papillons, ont un effet dissuasif pour se préserver des prédateurs. Je leur trouve personnellement un effet hypnotique. Il a un « cousin », le Petit Paon de nuit (Eudia pavonia), mais avec lequel on ne peut le confondre, celui-ci ne mesurant qu’entre 55 et 80 millimètres (le mâle est plus petit que la femelle).

Le Grand Paon de nuit est rare en Béarn et il se raréfie ailleurs. Dans la mise à jour de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) du 6 décembre 2017, il n’y a pas de données sur sa présence dans le 32, 40, 64 et 65.

Il peut voler de jour, comme j’ai eu l’occasion de le constater quand le mâle a pris son envol, plus léger que la femelle qui avait probablement encore ses œufs. Son vol est impressionnant ; de nuit, on pourrait le confondre avec une chauve-souris. Ses ailes sont étalées au repos. Son corps est très trapu. Ses pattes, pourvues de griffes, ont une très bonne accroche ; il dégage une impression de force et de puissance.

ll n’a qu’une génération par an et sa durée de vie est très réduite, moins d’une semaine. Des données plus précises indiquent une durée de vie de 3 jours pour le mâle tandis que la femelle vivrait jusqu’à une dizaine de jours. Durant cette courte vie, il ne s’alimente pas : il ne possède pas de trompe. A-t-elle disparu parce qu’il ne l’utilisait pas ou n’a-t-elle jamais existé ? Son temps est dédié uniquement à la reproduction. Les deux sexes sont identiques. Le mâle se différencie de la femelle en observant les antennes : fines, très brièvement pectinées chez la femelle ; très développées et doublement pectinées (c.à.d, en forme de peigne) chez le mâle. On remarquera aussi les rondeurs abdominales de la femelle, bien plus prononcées avec la présence des œufs. La période de vol s’étend de fin mars à juin, suivant les régions. Ce papillon de nuit est présent dans toute la partie sud de la France, absent au-dessus d’une ligne passant au niveau de la région parisienne. Il est aussi présent en Europe sous les mêmes latitudes.

Femelle reconnaissable à ses antennes peu développées

Le mâle cherche les femelles aux premières heures de la nuit. Celle-ci, prête à être fécondée, émet des phéromones pour attirer le mâle qui les repère jusqu’à 5 kilomètres et même au-delà (jusqu’à 10 kilomètres suivant les sources), grâce aux « capteurs » de ses antennes. L’accouplement met fin à l’émission de ces phéromones, et à l’attractivité sexuelle. Les œufs sont pondus sur des arbres à feuilles caduques (surtout sur les arbres fruitiers) d’où émergeront de magnifiques chenilles d’une douzaine de centimètres, d’abord noires avec des bandes rouges et qui deviendront d’une belle couleur vert pomme avec des tubercules bleu turquoise portant des soies raides. La chenille, ni urticante ni dangereuse, se développe sur les espèces d’arbres suivants, répandus dans les vergers : pommier, prunier, prunellier, poirier, cognassier, pêcher, amandier (surtout) et dans les parcs : tilleuls, hêtre, frêne, châtaignier, noisetier, saules, peupliers … Puis elle s’enferme dans un cocon brun de 5 à 6 centimètres avant de se transformer en chrysalide. Cette dernière se métamorphosera en un nouvel adulte, 1 voire 2, et même 3 ans plus tard.

Mes spécimens étaient probablement en cours de reproduction. Les ai-je perturbés ? Sans doute et bien involontairement mais ils étaient tous les deux en très bonne santé. Le mâle s’est donc envolé et j’ai remis la femelle délicatement en place sans la toucher, là où je les avais involontairement perturbés ; elle avait disparu le lendemain-matin. Je ferai plus attention à leur éventuelle présence dans le futur, ainsi qu’à celle d’œufs, de chenilles ou de chrysalides que la bibliographie qui m’a aidé à écrire ce petit résumé, m’a appris à reconnaître !

Mâle reconnaissable à ses antennes bien « peignées ».

grand paon de nuit saturnia pyri béarn vic-bilh

Gros plan sur la tête de la Femelle (absence de trompe)

grand paon de nuit saturnia pyri béarn vic-bilh

Gros plan sur la tête du mâle (extrémité des pattes pourvues de griffes)

Article rédigé le 14 mai 2018 à partir de mes photos, d’observations personnelles et en résumant de la bibliographie consultée sur internet, dont :

-Jean-Henri Fabre  : https://www.e-fabre.com/e-texts/souvenirs_entomologiques/grand_paon.htm

-André Lequet  : https://www.insectes-net.fr/paon/paon2.htm

-Bernard … : http://www.baladesentomologiques.com/article-grand-paon-de-nuit-saturnia-pyri-visiteur-de-la-nuit-122468395.html

Le Caméléon commun (Portugal)

Le Caméléon commun

(Nom scientifique : Chamaeleo chamaeleon)

Le Caméléon commun est un reptile bien sympathique, très utile et totalement inoffensif mesurant au maximum une trentaine de centimètres de long. Quand il se sent agressé, il prend des positions d’attaque et d’intimidation, ouvrant sa bouche et soufflant pour reprendre ensuite son indolence naturelle. Il ne mordra que rarement ; lorsqu’il le fait, il relâche de suite la pression de ses mâchoires ce qui fait que les rares cas de morsures humaines sont inoffensifs et quasiment indolores.

Il est la seule espèce de caméléon vivant en Europe. On ne le trouve que dans le sud du Portugal (l’Algarve), le sud de l’Espagne (l’Andalousie), en Sicile, à Malte, en Crête et à Chypre.

J’ai fait sa connaissance lors de vacances dans le Sud du Portugal, où j’ai pu le photographier dans l’île barrière de Culatra. Diurne, il est exclusivement arboricole et on peut le rencontrer en train de se chauffer au soleil à l’abri du vent. Il ne descend pratiquement jamais à terre, sauf la femelle pour pondre ses œufs. Par grand vent, il reste à l’abri dans la végétation où il est alors quasiment impossible de le distinguer à cause de son mimétisme. Il se nourrit d’insectes et d’arthropodes, petits animaux invertébrés dont le corps est composé de segments. Il vit en solitaire, sauf au moment de la reproduction qui s’étend de mi-juillet à fin septembre. En Algarve, il s’accouple au mois d’août. Le Caméléon commun est ovipare et la femelle pond ses œufs en octobre après une gestation d’environ deux mois, entre 10 et 30 environ, enfouis dans un sol meuble. L’incubation dépend de la température et du taux d’humidité. L’éclosion a lieu en mai, étalée sur une à deux semaines et les jeunes mesurent environ 35 millimètres jusqu’au cloaque. Ils grimpent de suite à un arbre et commencent alors à se nourrir.

Il est protégé en Europe par la Convention de Berne du 19 septembre 1979, signée par le gouvernement portugais le 3 décembre 1981. Tout prélèvement, toute commercialisation, tout transport et toute détention sont totalement interdits.

Il est très territorial et vit dans un biotope sec. Il adopte un arbuste ou un buisson dont il fait son gîte. Son habitat en Algarve se caractérise par la présence de pins maritimes, de genêts blancs et de la végétation de dunes. Dans les dunes côtières des îles barrières, on peut l’observer dans des buissons de deux ou trois mètres.

Au Portugal, cette espèce a été introduite. Il apparaît dans l’Algarve de l’est au XXè Siècle, probablement en 1918 où il aurait été apporté du sud de l’Espagne ou du Maroc par des pêcheurs ou des travailleurs (entre Monte Gordo et Vila Real de Santo Antonio proches de l’Espagne, séparé par le fleuve frontière Guadiana). Ils se sont très bien adaptés au point de coloniser rapidement toute la bande côtière jusqu’à Quarteira.

Une étude de 2005 sur sa répartition détermine une population fragmentée en lien direct avec l’impact de l’urbanisme, le long du littoral entre Vila Real de Santo Antonio et Lagos. Cette fragmentation est très importante entre Quarteira et Lagos. La plus grande densité côtière est à la pointe est de l’Algarve entre Vila Real et Monte Gordo. La population la plus importante des îles barrières de la ria Formosa est celle de Tavira où je n’en ai personnellement pas vu. La végétation y est plus propice avec la présence de pins maritimes et de genêts.

La peau du Caméléon commun a une couleur très variable et peut changer relativement vite, allant du jaune clair au vert (au repos), au brun rougeâtre (quand il est prêt à combattre un congénère) ou presque noir (pour traverser une bande de sable en plein soleil), mais rarement d’une apparence uniforme. Cette mosaïque de couleurs lui permet de se fondre dans le milieu.

Les doigts sont soudés en deux groupes (trois et deux, terminés par des griffes) opposables l’un à l’autre pour une bonne préhension, la queue est préhensile également.

Ses yeux sont logés dans des cônes sertis dans une orbite circulaire et bougent indépendamment. Il peut voir dans deux directions différentes en même temps. La vision est stéréoscopique et elle lui permet de bien calculer la distance de la proie. Sa technique de chasse est l’immobilité, à l’affût.

(On peut noter sur ce cliché le changement de pigmentation par rapport au cliché précédent, correspondant à un changement du milieu environnant)

L’espèce est en danger d’extinction au Portugal. On le comptait par milliers il y a quelques années d’après la tradition populaire que j’ai pu recueillir. C’est maintenant devenu difficile d’en voir un. Je n’ai pas trouvé de statistiques chiffrées sur sa présence, ni de mention de plan de protection ou de sauvegarde.

Il a été victime d’un certain engouement du public et le prélèvement lui a causé beaucoup de tort. Or, il ne peut vivre plus d’un mois en captivité.

Son habitat se réduit de plus en plus avec le changement des pratiques agricoles et la part grandissante de l’urbanisme et du tourisme de masse. La présence de plus en plus importante de routes, outre la mortalité par l’écrasement, isole les groupes d’individus.

Article rédigé le 23 mai 2017, à partir de mes photos, de constatations faites sur place, de témoignages verbaux et de bibliographie internet, dont : « Distribution and Conservation of the Common Chameleon, Chameleo chameleon, in Algarve, Southern Portugal », paru en janvier 2005 dans Israel Journal of Zoology.

Mon site de photos de Nature « lanaturemoi »

Mon site de photos de nature « LaNaturEMoi » a vu le jour avec l’aide précieuse de mon fils aîné qui en a eu l’idée. 

La photographie est pour moi un loisir qui occupe une partie de mon temps libre. Plus jeune, je m’y étais déjà un peu intéressé en développant mes propres photos Noir & Blanc dans un club. Cette première expérience a pris fin lors d’un déménagement.

L’apparition de la photo numérique a relancé mon intérêt et en 2013 j’ai acheté mon premier reflex Nikon, encore encouragé par mon fils. Avec le format raw, j’ai découvert une nouvelle façon de développer ses clichés. 

J’ai commencé à mettre en ligne mes photos de Nature sur un compte Facebook pour en faire profiter mes proches. Par la même occasion, j’ai fait la connaissance de belles personnes qui partagent les mêmes passions que moi. Hélas, FB a aussi des inconvénients. Las d’y constater certains comportements que je n’approuve pas du tout et en particulier dans le milieu de la photo animalière, je m’en suis éloigné sans regret.

Lors de mes balades photos, je rencontre régulièrement des promeneurs, randonneurs, chasseurs, pêcheurs avec qui j’aime bien échanger quelques mots. Ils me demandent parfois si je diffuse mes photos : c’est devenu la raison d’être de ce site, depuis ce mois de février 2016. Les photos ne sont pas libres de droit. La messagerie permet de me contacter.

Photographier, c’est être curieux, ouvrir les yeux sur son environnement, savoir capter les moments insolites et les belles lumières mai aussi … prendre tout simplement un bon bol d’air en se bougeant un peu, ce qui est mon cas! Mes domaines préférés sont la photographie animalière et la macro, la photo du ciel nocturne, celle de mes coins préférés du Béarn et des Pyrénées, quelques reportages sur mes voyages ; bref, la Nature en général!

Refuge d'Ayous - Lever du Soleil sur l'Ossau et le lac GentauLever du Jour

Refuge d’Ayous – Lever du Soleil sur l’Ossau et le lac Gentau

 

Bonne visite à toutes et à tous – Jacques