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Sortie C.E.N. Aquitaine – Zones humides du plateau du Benou (16 juin 2019)

L’entrée du plateau du Benou avec, devant la forêt de conifères, « les Fontaines de Houndas ».

(transhumance du 11-07-2014) .

Les Zones Humides du plateau du Benou

Les Fontaines de Houndas, avec au premier plan le ruisseau des Serres (14 juin 2019).

Le pic du Ger, depuis le plateau de Roland.

Le thème de cette sortie organisée par le Conservatoire des Espaces Naturels d’Aquitaine est la découverte des milieux aquatiques (ruisseau, zones humides) du plateau du Benou et des espèces associées. Elle a été très riche en enseignements apportés par notre Chargée de missions responsable de la sortie et en échanges entre les participants, dans un climat de convivialité très agréable.

Très absorbé par les explications ainsi que par mes observations, je n’ai pris que peu de photos! Certains clichés de cet article proviennent d’autres occasions et je le mentionne en indiquant la date du cliché. Mais l’essentiel, c’est quand même tout ce que j’ai à retenir. En somme, une journée bien remplie avec une expérience que je renouvellerai avec plaisir.

Un peu d’historique sur le plateau du Benou

L’entrée du plateau du Benou avec les « Fontaines de Houndas », depuis les crêtes de Lazerque (16 décembre 2016). En face, le pic du Ger, la vallée d’Ossau, puis les Cinq Monts avec son pic de Gerbe, le Lauriolle, le Mailh Massibé.

Le plateau de Roland (au centre le parking de stationnement), depuis les crêtes de Lazerque (16 décembre 2016). En face, le pic de Gerbe (tout à gauche), le Lauriolle, le Mailh Massibé, le Rocher d’Aran,  l’Ourlénotte et l’Ourlène.

Le plateau du Benou ou tout simplement Le Benou est situé sur la route du col de Marie-Blanque reliant la vallée d’Ossau à la vallée d’Aspe. Il est le point de départ de nombreuses balades et randonnées.

Il est dominé au nord par le massif du Soum de Counée (1361m) et au sud, par le massif du Pic de l’Ourlène (1813m). Entre les deux massifs, dans la dépression qui forme le plateau, passe une faille très importante. Elle est constituée de brèches et d’écailles, de terrains variés et de roches basiques intrusives. Pour information, une écaille est comparable à un copeau géant de croûte terrestre coincé dans une faille.

Ce relief n’est pas visible facilement, à part les écailles constituées de roches plus dures émergeant du plateau comme le Turon de la Técouère, vestige de l’érosion glaciaire.

En contrebas : le Turon de la Técouère (1067m), « écaille » de croûte terrestre coincée dans la faille du plateau du Benou. Cliché pris depuis le Soum de Counée (1361m), le 30 avril 2019. 

En effet à la fin du Quaternaire, le plateau était recouvert d’un glacier suspendu. L’érosion provoquée par son déplacement a remodelé le paysage : la lherzolite du Turon de la Técouère a résisté et de là vient la présence insolite sur le plateau de ce sommet modeste et très caractéristique ressemblant à une pyramide, culminant à 1067m (1).

Haut-lieu du pastoralisme ossalois, on peut y admirer ses nombreuses granges; à l’arrivée des beaux jours, le bétail y évolue en liberté. Avec ce beau soleil dominical, beaucoup de gens sont venus pique-niquer ou simplement se promener. Les sonnailles des troupeaux retentissent et rajoutent un petit air de fête. La présence de la « Salers » et de la « Gasconne » (dont un très beau taureau) m’a particulièrement interpellé. Ce sont deux races que j’aime particulièrement.

Transhumance du 11 juillet 2014 – Traversée du plateau par le bétail, en direction de Laruns et des estives d’Ayous.

La transhumance du bétail du plateau du Benou vers l’estive d’Ayous est un grand événement de la vallée d’Ossau et elle déplace beaucoup de monde. Elle a lieu cette année les 5 et 6 juillet (2019). Voici un lien vers une petite vidéo sans prétention que j’avais réalisée en 2012 lors de la traversée du village de Laruns ( https://vimeo.com/56898620).

Transhumance du 11 juillet 2014 – Traversée de la zone de résurgence de l’eau aux « Fontaines de Houndas ».

Résumé de la sortie

Après avoir laissé nos voitures au plateau de Roland (880m d’altitude) au parking prévu à cet effet, nous avons remonté à pied la piste à circulation restreinte pour rejoindre le plateau de la Técouère (890m). A partir de là, nous avons prospecté les berges de l’Arriou Tort ainsi que les zones humides environnantes (tourbières, marais, …) jusqu’aux sources du ruisseau au pied du Turon de la Técouère.

Nous sommes ensuite revenus sur nos pas par la piste jusqu’au plateau de Roland pour localiser et observer les dolines dites de Roland puis nous avons suivi l’Arriou Tort jusqu’à sa disparition dans des gouffres appelés « pertes karstiques ». Ces pertes se situent au contact entre les argiles glaciaires résultant de l’érosion du glacier et les calcaires mésozoïques (sédiments marins). Certains gouffres sont alimentés, d’autres actuellement à sec. L’eau va transiter dans le karst de ces calcaires du Mésosoïque pour réapparaître plus bas dans une zone appelée les Fontaines de Houndas, à l’entrée du plateau (pour information, un karst est ensemble de réseaux de galeries souterraines, creusées par les eaux, dans les massifs calcaires). Ces résurgences vont donner naissance au ruisseau des Serres, affluent du gave d’Ossau.

Enfin, en deuxième partie de la journée, nous allons nous déplacer au parking situé à proximité de la chapelle de Houndas au bord de la D294, en face des « Fontaines de Houndas » à l’entrée du plateau. Nous y continuerons notre prospection en remontant le ruisseau des Serres vers les sources et les zones humides (bottes indispensables).

Que peut-on observer

La Tétragnathe étirée (Tetragnatha extensa).

La Thomise variable ou araignée crabe (Misumena vatia), une femelle – 11/09/2018. Celle que j’ai observé était jaune comme sur ce cliché, mais elle peut être aussi blanche ou vert pâle. Elle adopte (dans une certaine mesure) la couleur de son support, surtout des fleurs. Le mâle est foncé et plus petit que la femelle. 

Bouvier commun.

œdémère noble femelle (Oedemera nobilis).

En plus des nombreux odonates (libellules et demoiselles dont l’Agrion de Mercure, donné comme rare mais bien représenté ici), on observera des papillons, quelques éphémères, des larves de trichoptères à fourreau (ou porte-bois), des insectes divers et variés (scarabées, araignées, etc.).

Bondrée apivore (13/07/2017).

Tarier pâtre mâle (9/04/2017)

Bruant jaune mâle (19/9/2017)

Mais aussi des passereaux dont le serin Sini et le Bruant jaune, une pie-grièche écorcheur, la linotte mélodieuse, le Tarier pâtre ainsi que des rapaces: des vautours fauves, un percnoptère d’Egypte et une bondrée apivore pas farouche.

Pour information, le Bruant jaune peut facilement être confondu avec le Bruant zizi qui est moins coloré que le premier chez les deux sexes. Le Bruant zizi, chez le mâle, présente une face rayée typique : menton, haut de la gorge et trait sourcilier noirâtres, sourcil jaune.

Ce site est également important pour la reproduction de la Grenouille rousse (Rana temporaria) dont nous avons observé la présence d’un adulte ainsi que de très nombreuses grenouillettes. Aussi des têtards de crapaud accoucheur à un stade bien avancé, de nombreux vairons, un goujon (qui ne devait pas être seul), le Triton palmé, des larves diverses, etc.

Lézard vivipare de Lantz (deux clichés pris dans une autre tourbière).

Sans oublier le Lézard vivipare de Lantz (Zootoca vivipara louislantzi) : très lié aux tourbières, il apprécie notamment les sphaignes, qui sont des plantes sans fleurs et sans racines qui poussent sous la forme de coussinets qui ne cessent de croître; elles constituent la végétation principale d’une tourbière et sont à l’origine de la formation de la tourbe. Ce lézard est uniquement en son genre!

En effet, le Lézard vivipare Zootoca vivipara, très largement distribué aux quatre coins du monde, présente la particularité d’avoir des populations vivipares tandis que d’autres sont ovipares (2), (3), (4). Il en existe quatre sous-espèces dont deux que nous trouvons en France  :

   -la sous-espèce Zootoca vivipara louislantzi ou Lézard vivipare de Lantz (5) est présente uniquement dans nos Pyrénées, le Pays Basque et le massif landais, et elle est ovipare! La Garonne constitue la limite de son extension vers le nord. Ailleurs, on la trouve aussi en Espagne dans les Monts Cantabriques. Les œufs sont conservés dans l’utérus jusqu’aux stades embryonnaires où intervient alors la ponte, constituée de cinq à six œufs en moyenne (jusqu’à dix) qui seront incubés dans le milieu naturel.

   -la sous-espèce Zootoca vivipara vivipara est présente dans d’autres régions. En Aquitaine, elle semble présente dans l’extrême nord-est de la Dordogne et probablement en Lot-et-Garonne. Elle est ovovivipare. A l’échelle des temps géologiques, la viviparité est apparue dans certaines populations chez ce lézard durant les glaciations du Quaternaire et aurait été sélectionnée par l’Evolution en raison de l’avantage procuré par la meilleure résistance au froid. La population pyrénéenne, elle, n’a pas évolué!

   -Aucune zone de contact n’est connue entre les deux sous-espèces.

Comme son nom l’indique, la viviparité est un mode de reproduction où le développement embryonnaire a lieu à l’intérieur de l’organisme de la femelle qui fournit les apports nutritifs et met au monde des jeunes entièrement formés.

Pour le Lézard vivipare comme la sous-espèce « vivipera », il n’y a pas d’apport nutritif de la mère à l’embryon: la dénomination de « vivipare » est donc mal appropriée. Il s’agit en fait d’ovoviviparité : dans cette modalité, le développement embryonnaire complet se déroule dans un œuf en consommant les réserves qu’il contient, à l’intérieur des voies génitales de la femelle jusqu’à son éclosion. La femelle donne alors naissance à des jeunes immédiatement actifs, autonomes et indépendants.

Le Trèfle d’eau, au début de la floraison.

Nous avons observé aussi pas mal de fleurs dont le Trèfle d’eau que je ne connaissais pas, la Linaigrette, la Grassette, etc. Les orchidées étaient présentes également, avec l’Orchis de Fuchs (Dactylorhiza fuchsii) et l’Orchis maculé ou tacheté (Dactylorhiza maculata).

Ces deux orchidées sont facilement confondues et l’identification est parfois problématique. Après l’observation de terrain, je me suis replongé dans mes ouvrages pour contrôler mes critères d’identification de ces deux espèces (sources : « à la découverte des Orchidées d’Aquitaine » et « Les Orchidées de France, Belgique et Luxembourg » – Parthénope Collection). Un bon moyen pour les différencier est l’observation du labelle, situé en bas de la fleur et constitué de trois lobes.

Orchis de Fuchs, …

Orchis de Fuchs, …

Orchis de Fuchs, de couleurs variables.

  -chez l’Orchis de Fuchs, il est très fortement trilobé et le lobe médian est pointu et plus long que les latéraux mais de largeur équivalente. S’il y a un doute, on regarde la première feuille à la base du pied qui doit être ronde (non pointue).

Orchis maculé ou tacheté, …

Orchis maculé ou tacheté.

  -chez l’Orchis maculé ou tacheté, il est faiblement trilobé et le lobe médian, lui aussi pointu, est plus étroit que les latéraux et il ne les dépasse pas. A l’inverse de la précédente, la première feuille à la base du pied est pointue.

Il est certain qu’après cette journée très agréable, je vais regarder le plateau du Benou sous un œil très différent!

Article rédigé à partir des enseignements de la journée, de mes observations personnelles, de mes photos personnelles ainsi que de recherches bibliographiques dont je cite les liens :

(1) http://sigesaqi.brgm.fr/IMG/pdf/1-balade_hydrogeologique_benou_-_introduction.pdf

(2)http://reptile-database.reptarium.cz/species?genus=Zootoca&species=vivipara&search_param=%28%28taxon%3D%27Lacertidae%27%29%29

(3) https://www.zobodat.at/pdf/HER_21_3_4_0123-0146.pdf

(4)http://www.trameverteetbleue.fr/sites/default/files/syntheses-bibliographiques-especes/131219_lezard_vivipare_avril2012.pdf

(5) http://www.lacerta.de/AS/Bibliografie/BIB_11068.pdf

Sortie CPIE Béarn – Une tourbière aux richesses insoupçonnées (15 juin 2019)

Extrait d’un panneau pédagogique présent sur le site, fourni par le Parc National des Pyrénées.

La tourbière de Pédestarrès (Louvie-Juzon)

Coupe schématique d’une tourbière – Panneau pédagogique sur le site, fourni par le Parc National des Pyrénées (extrait).

La tourbière de Pédestarrès, appelée aussi Tourbières de l’Auga, est une des rares tourbières bombées des Pyrénées. Elle est localisée entre les communes de Louvie-Juzon et de Sainte-Colome, dans les Pyrénées-Atlantiques. Elle a une histoire et des richesses à dévoiler ; elle a fait l’objet de nombreuses publications dans des revues scientifiques au niveau national et même international, comme « relique inestimable et rarissime ». Elle restitue par exemple (en partie) l’histoire du glacier d’Ossau pendant sa phase de retrait (bien que celui-ci n’ait pas recouvert le site, arrêté par un verrou rocheux) mais aussi bien d’autres informations scientifiques de première importance lors de campagnes de carottage de la tourbe. On y apprend également que l’Homme arrive sur ces lieux il y a 4 800 ans.

Une Droséra, plante carnivore bien présente dans la tourbière.

Ce site est en fait composé d’une tourbière principale (qui a été exploitée), propriété de la commune de Louvie-Juzon et de trois petites tourbières annexes (seulement drainées), interrompues par des prairies humides et des boisements. Elles sont bien distinctes et à des stades d’évolution différents. Le Conseil général a acquis en 2005 une de ces trois tourbières annexes interdite d’accès depuis, en raison de sa politique de gestion d’espaces naturels sensibles (ENS).

Ces tourbières ont été pendant très longtemps utilisées comme lieu de pâturage, ce qui leur a permis d’éviter leur fermeture naturelle. Après la Première Guerre Mondiale, l’administration cherche à développer l’exploitation des tourbières pyrénéennes comme une ressource potentielle de combustible. Commence alors le début de l’exploitation de la tourbière principale, où la tourbe est utilisée comme moyen de chauffage notamment pour les bâtiments publics du village.

En 1979, une société des environs en obtient la concession pour une exploitation industrielle. L’extraction intensive de la tourbe débute en 1991 après l’assèchement de la tourbière par des drains. Enrichie en matière organique, cette tourbe de qualité est ensuite commercialisée comme terreau pour les cultures de pépinière et horticoles. En 2001, cette concession n’est pas renouvelée et l’exploitation est définitivement arrêtée en 2003 par arrêté préfectoral. La pression avait été mise dès le début par les associations locales environnementales et les scientifiques pour que l’exploitation soit arrêtée.

A partir de 2008 un projet commence à voir le jour, avec pour objectif la restauration écologique du site et sa valorisation par la commune. Dès 2011, les jeunes habitants sont impliqués au sein de chantiers de restauration.

Cette démarche s’inscrit dans la nécessité de conserver et de valoriser ce patrimoine naturel, véritable bibliothèque à ciel ouvert où se cumulent 11 000 ans de l’histoire du piémont pyrénéen, emprisonnés sur plus de 7 mètres d’épaisseur de tourbe par endroits. Au cours du XXème siècle, on a constaté la disparition de près de 50% de la superficie des tourbières en France. Une prise de conscience progressive de l’intérêt scientifique, écologique et patrimonial de celles-ci a permis une nouvelle gestion de ces milieux uniques.

La Mairie de Louvie-Juzon a fait le choix de faire connaître ce site au grand public en accès libre. Le village se situe dans l’aire d’adhésion du Parc national des Pyrénées, qui est un des partenaires du projet : celui-ci a mis en place des panneaux pédagogiques.

La sortie d’aujourd’hui est organisée par le CPIE Béarn, avec l’intervention d’un accompagnateur qui nous fera découvrir cet environnement unique et trop méconnu : elle est riche en enseignements et je la recommande. 

Quelques informations sur les tourbières

Cet écosystème se caractérise, en premier lieu, par un sol saturé en permanence d’une eau stagnante ou très peu mobile privant de l’oxygène nécessaire à leur métabolisme les micro-organismes (bactéries et champignons) responsables de la décomposition et du recyclage de la matière organique. Dans ces conditions asphyxiantes, la litière végétale ne se minéralise que très lentement et très partiellement. Elle s’accumule alors, progressivement, formant un dépôt de matière organique mal ou non décomposée : la tourbe.​

Véritable roche végétale fossile, la tourbe est donc un sol organique issu de la dégradation incomplète de débris végétaux dans un milieu saturé en eau. Elle contient au moins 20 % de carbone et peut s’accumuler sur plusieurs mètres d’épaisseur, au rythme moyen de 0,2 à 1 mm par an. C’est un matériau combustible.

La plupart des tourbières s’étant formées après le retrait de la dernière glaciation (glaciation du Würm, il y a environ 12 000 ans), les dépôts de tourbe généralement observés ont une épaisseur comprise entre 50 cm et 5 à 10 m.

Les végétaux édificateurs de la tourbe sont essentiellement des bryophytes hygrophiles comme les sphaignes ou les mousses, des plantes sans fleurs n’ayant ni racines, ni tissus spécialisés pour la conduction de la sève.

Une tourbière est active tant que se poursuivent les processus d’élaboration et d’accumulation de la tourbe à partir de ces végétaux. Si ces processus cessent, la tourbière devient inactive… mais est parfois susceptible de se régénérer.

Selon la nature des végétaux dont elles sont issues, les tourbes présentent des caractéristiques bien marquées. Les tourbes blondes issues de la transformation des sphaignes, sont généralement des matériaux à faible densité, poreux, acides et riches en fibres de cellulose : c’est le cas de la tourbe de Louvie-Juzon. La tourbe blonde formée de sphaignes est celle qui est principalement utilisée en horticulture. Celle-ci possède de nombreuses propriétés physico-chimiques qui améliorent la structure, la capacité de rétention d’eau, l’aération et le pouvoir tampon des sols.

Les tourbes brunes ou noires sont issues de la décomposition plus avancée de grands hélophytes (plantes palustres qui vivent dans la vase mais dont les feuilles sont au-dessus de la ligne de flottaison). Ce sont des matériaux compacts, humifiés, contenant moins de fibres et dont la structure est plastique. Il existe des tourbes aux caractéristiques intermédiaires.

Sphaignes et Droséra – Extrait d’un panneau pédagogique sur le site, fourni par le Parc National des Pyrénées.

Les tourbières jouent un rôle écologique important. La tourbe a la capacité d’être une réserve d’eau. Comme une éponge, elle peut stocker d’importantes quantités d’eau qui seront restituées à la saison sèche. La tourbière se révèle donc un écosystème primordial dans la régulation du débit des cours d’eau.

Les tourbières sont aussi des réserves de biodiversité. Les conditions de vie (peu d’oxygène, beaucoup d’acidité) y sont très difficiles pour la faune et la flore. Aussi, on y trouve des espèces spécifiques à ces milieux hostiles : plantes carnivores (droséras), sphaignes, lézard vivipare, insectes, libellules et toute une faune de batraciens. Ces végétaux et animaux forment un groupe biologique particulier qui évolue dans un écosystème dont les buttes de sphaignes en sont les éléments les plus remarquables.

Quelques photos faites lors de la sortie

Une Dolomède des marais (Dolomedes fimbriatus). Ici, une femelle avec son cocon.

La Dolomède des marais est une araignée-pêcheuse; elle reste normalement à proximité immédiate de l’eau mais elle est également capable de marcher sur l’eau voire de plonger. Elle attrape principalement les insectes qui habitent les plantes des berges, mais elle peut aussi capturer les têtards, ou mêmes de temps en temps les petits poissons. Vers la fin du printemps le mâle parade longuement en bougeant les pattes antérieures devant la femelle jusqu’à qu’elle accepte l’accouplement. Deux à trois semaines après l’accouplement, la femelle tisse des cocons dans lesquels elle entourera ses œufs. Elle porte les cocons avec elle pendant quelques semaines et les installe dans une toile pouponnière lorsque les jeunes araignées sont prêts à éclore.

Un juvénile de Criquet vert (Mecostethus parapleurus).

Un Criquet ensanglanté (Stetophyma grossum) sur une Droséra. Il habite exclusivement les marécages, les tourbières et les prairies très humides.

Le Criquet ensanglanté doit son nom aux marques plus ou moins rouges que la femelle peut porter, mais ces taches ne sont pas toujours présentes, ou visibles. Les mâles sont parfois ornés de jaune vif et de vert.

Bruyère à quatre angles (Erica tetralix). Une bruyère des milieux humides et acides, aux fleurs roses. Appelée ainsi car les feuilles (que l’on devine à la base) forment quatre angles bien réguliers.

Droséra avec, dans le coin en bas à droite, une sauterelle verte.

La Narthécie des marais ( Narthecium ossifragum).

La Narthécie des marais est une plante très élégante qui pousse dans les tourbières à sphaignes. Elle est appelée aussi Narthécie brise-os ou Narthécie ossifrage. Le nom de « brise-os » provient d’une croyance selon laquelle cette plante provoquait la fracture des os des troupeaux qui la mangeaient. En réalité, il est fort probable que ces fractures étaient causées par les difficultés d’accès aux endroits où elle croît.

Un site très riche en agrions et libellules.

Des œufs d’une origine qui m’est inconnue.

Le Lézard vivipare – Extrait d’un panneau pédagogique fourni par le Parc National des Pyrénées.

Autre faune remarquable du site, illustrée par des clichés que j’ai pris ailleurs

Lézard vivipare de Lantz (deux photos prises dans une autre tourbière).

Le Lézard vivipare de Lantz (Zootoca vivipara sous-espèce louislantzy) est uniquement présent dans nos Pyrénées, le Pays Basque et le massif landais (voir mon article suivant du 16 juin 2019 sur la sortie au plateau du Benou). Il est exceptionnel. En effet, il est resté ovipare, alors que l’espèce très largement distribuée aux quatre coins du monde a évolué vers l’ovoviviparité.

Ce lézard, bien présent lors de notre sortie, est plus timide que le Lézard des murailles. Il n’est pas facile à photographier et il fut plus rapide que moi (il vaut mieux privilégier un téléobjectif pour l’immortaliser).

Grenouille rousse (photo prise au bord d’un lac d’altitude).

La Grenouille rousse (Rana temporaria) est de couleur très variable mais jamais verte. On peut facilement la confondre avec la Grenouille agile (Rana dalmatina). A cause d’une météo peu propice, on n’en a pas observé lors de cette sortie.

« Gardons à l’esprit que lorsqu’on achète de la tourbe en jardinerie pour nos plantes,

on contribue à la disparition de plusieurs milliers d’années de notre histoire ».

Article rédigé à partir de mes photos personnelles, des panneaux de présentation de la tourbière sur le site (fournis par le Parc National, cité) et de sources internet, en particulier :

www.tela-botanica.org/actu/IMG/CCTP.doc

M2GEP2015_Thibault_CASTETS_Anais_LORIER.pdf

 

La Peña de Oroel (Jaca) – 7 juin 2019

L’éperon rocheux de la Peña de Oroel et sa croix, tout à gauche à son sommet.

La Peña de Oroel (Jaca)

La Peña de Oroel (1769m) qui domine Jaca (en Aragon, au pied des Pyrénées sur l’axe Pau – Saragosse par le Tunnel du Somport) est une très belle destination pour les adeptes de la randonnée avec un peu de dénivelé. Je la conseille en particulier quand nous sommes lassés par les mauvaises conditions météo de notre côté des Pyrénées. Il n’y a pas de difficulté particulière.

Pour s’y rendre, à la sortie sud de Jaca, on prend l’A-1205 en direction de Buernes et de San Juan de la Peña. Après quelques kilomètres, on quitte la route principale pour prendre une route étroite à main gauche (virage serré). On arrive rapidement au Parador de Oroel (qui est un simple refuge), appelé aussi refuge Mirador de Oroel.

Le refuge Mirador de Oroel, au téléobjectif depuis la « Cruz de Oroel »

Présentation de l’itinéraire au départ du sentier.

Le départ de la randonnée est indiquée par un panneau (1186m). Il y a deux possibilités : aller directement à la Cruz de Oroel (1769m), au sommet de la Peña (dénivelé 613 m cumulé pour 8,59 km avec mes A/R sur mon GPS), avec la possibilité de faire un détour à l’aller ou au retour vers l’ermitage de « la Virgen de la Cueva ». Pour plus d’informations sur le topo, il y a des sites incontournables comme celui de Topopyrénées de Mariano, site auquel vous pouvez vous abonner. Il y a une mine d’informations sur les Pyrénées, conseils très utiles, randonnées avec traces GPS, faune et flore avec de magnifiques photos.

Quelques photos pendant la montée

Aperçu sur la Cruz de Oroel dressée au sommet de la Peña du même nom, pendant la montée.

Aperçu sur la plaine de Jaca et sa mosaïque de parcelles, pendant la montée.

A la sortie de la forêt, en direction de la Cruz de Oroel (1769m).

A l’approche de la Cruz de Oroel (1769m).

Depuis la ligne de crête, la végétation côté versant sud change. A l’horizon sur la droite dans la continuité du passage de la ligne HT, los Mallos de Riglos (côté gauche) suivies par la Peña Rueba (falaises claires côté droit).

400m environ de vide, versant nord.

A nos pieds, Jaca et les mosaïques de parcelles cultivées qui l’entourent – Le panorama sur la chaîne des Pyrénées avec au centre, la vallée de l’Aragon.

La pointe ouest de la Peña de Oroel avec, tout au fond à l’ouest, l’embalse de Yesa.

Rencontre au sommet!

Sur le chemin du retour, la vue en direction de la pointe est de la Peña de Oroel.

Un panorama grandiose sur la chaîne des Pyrénées

Ce qui m’a plu avant tout, c’est le beau panorama sur la chaîne des Pyrénées côté espagnol, avec des sommets bien connus comme le Bisaurin à l’ouest (2669m). Situé dans la province de Huesca, c’est le plus haut sommet pyrénéen rencontré en venant depuis l’océan Atlantique entre les massifs d’Aspe et d’Anie : je le vois très bien depuis la maison et il a pour moi une importance particulière. A l’est, on aurait dû apercevoir l’Aneto (3404m, le plus haut sommet des Pyrénées) mais je n’ai pas réussi à le localiser : en effet ce jour-là, certains sommets sont restés noyés dans les nuages.

De gauche à droite : los Dientes de Batanes – Le massif du Vignemale  et la Pique-Longue (3298m) – El Pico de la Tendeñera (pratiquement au centre dans le nuage) – Les Gabiétous – Le Taillon – La Fausse Brèche (la Brèche de Roland, à sa droite, est occultée) – Le Casque de Marboré – La Tour de Marboré – Le pic du Marboré – Le Cylindre du Marboré. 

De gauche à droite : Les Gabiétous – Le Taillon – La Fausse Brèche (la Brèche de Roland, à sa droite, est occultée) – Le Casque de Marboré – La Tour du Marboré – Le pic du Marboré – Le Cylindre du Marboré (dans les nuages) – Le Mont Perdu (dans les nuages) – Le Soum de Ramond (dans les nuages) – Le col d’Añisclo – Las Très Marias, puis à nouveau les nuages cachant l’Aneto!

Quelques vues sur des sommets connus

On identifie très bien quelques sommets du versant espagnol comme le Visaurin, le pic d’Aspe (2645m, qui nous domine quand on va au Somport), le Vignemale (sommet culminant des Pyrénées françaises à 3298m), le Taillon (3144m), la Fausse Brèche et d’autres 3.000m mythiques du cirque de Gavarnie; ainsi que d’autres sommets dont la liste suit en photos de l’ouest vers l’est.

Le Visaurin ou Bisaurín en espagnol (2654m).

De gauche à droite : el pico Llena del Bozo (2566m) – La Llena de la Garganta (2599m) – l’Aspe (2645m) – El pico Lecherín (2561m) – El pico Tortiellas (2364m).

La vallée du fleuve Aragon.

La Collarada (2886m) – La Collaradeta (2742m).

Le plus haut sommet à gauche, la Peña Retona (2781m).

Vue rapprochée sur la Peña Retona (2781m).

Au centre, la Peña Telera (2764m) avec, sur la droite en arrière-plan de la Peña Blanca, les pics d’Enfer (3082m).

Vue rapprochée sur la Peña Telera (2764m).

Los Dientes de Batanes (2894m), deuxièmes sommets à partir de la gauche puis le massif du Vignemale avec la Pique-Longue (3298m).

Plus haut sommet vers la gauche, la Tendeñera (2853m).

Les Gabiétous – Le Taillon – La Fausse Brèche (la Brèche de Roland, à sa droite, est occultée) – Le Casque de Marboré – La Tour du Marboré – A l’extrémité droite, le début du pic du Marboré.

Vue rapprochée sur les Gabiétous – Le Taillon – La Fausse Brèche.

Le Casque de Marboré – La Tour du Marboré, à la base du pic du Marboré (dû à l’angle de vue) – Le Cylindre du Marboré – Le Mont Perdu – Le Soum de Ramond. Au milieu du tiers inférieur, le canyon d’Ordesa.

Le ballet aérien des vautours

J’ai bien apprécié aussi le balai aérien des vautours nichant dans les falaises de poudingue de la face nord de la Peña. La présence de certaines fleurs m’a aussi interpellé : du muguet sauvage au début du sentier ainsi que quelques rares pieds de Sceau de Salomon odorant. Sur la crête de la Peña côté du versant sud, on trouve également de nombreuses Tulipes australes, une fleur que je n’avais jamais observé auparavant. Je n’ai pas su prendre le temps de les photographier.

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

(Nom scientifique : Leiothrix lutea)

Informations générales

Le Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon est un magnifique oiseau au chant mélodieux (mâle) originaire d’Asie du Sud-Est et non du Japon comme son nom commun le laisse imaginer. Introduit en France pour alimenter les volières d’ornement, on le trouve depuis quelques années à l’état sauvage. La colonie la plus importante se trouve dans le Sud-Ouest. A l’origine, une dizaine d’individus se seraient échappés au début des années 1990 d’une volière couchée par une rafale de vent chez un particulier dans la région de Laroin (Pyrénées-Atlantiques). Ces oiseaux se sont parfaitement adaptés à leur nouvel environnement et se sont reproduits. Leur résistance naturelle aux conditions difficiles (celles des contreforts de l’Himalaya) ont également facilité leur implantation chez nous.

Cette origine, donnée au conditionnel dans une étude sérieuse, n’a pu bien sûr être validée en l’absence d’un suivi de ces oiseaux-là après cet incident. Ce qui est sûr est qu’ils ne peuvent provenir que d’un retour à l’état sauvage, qu’il soit accidentel ou voulu!

Depuis, ils ont continué leur expansion à partir de ce foyer. Ils ont colonisé une bonne partie du Béarn et ont étendu leur aire de répartition jusqu’à la côte basco-landaise d’une part, et en plein massif landais d’autre part. On a signalé également la présence d’un foyer au bord du bassin d’Arcachon dans les données 2019 de l’INPN.

Les effectifs béarnais sont les plus importants de l’Hexagone (en gros, plusieurs milliers). Ailleurs en Métropole, on signale la présence de petits noyaux reproducteurs en île-de-France, dans le Val-d’Oise (forêt de Montmorency et Vexin français) et dans les Yvelines (autour de Meulan) ainsi que dans les Alpes-Maritimes, dans la région de Nice. Je n’ai pas trouvé d’information récente sur les effectifs.

Contrairement au comportement d’autres espèces invasives, cette espèce ne semble pas perturber leur écosystème d’adoption.

Sa période de nidification s’étale de mai à juillet. Dans la nature, le nid est construit en forme de coupe profonde faite à l’aide de mousse, de paille, d’écorces, de brindilles et de radicelles, le fond est garni de crin. Il est habituellement placé sur la fourche d’une branche à peu de hauteur du sol. Ils vivent en couples au moment de la nidification; en dehors de cette période, on les trouve en petits groupes.

Mes observations

Dans notre Vic-Bilh, j’ai aperçu pour la première fois ce bel oiseau en juin 2014 à Lalongue, dans une haie très touffue entourant une prairie en bordure d’un ruisseau. L’espèce pouvait y être présente déjà depuis quelque temps mais cet oiseau est très discret et difficile à localiser au milieu de la végétation. Peu farouche, on peut l’approcher assez facilement mais le photographier reste un challenge : il est très vif et remuant.

Quand j’ai vu mon tout premier Léiothrix, il m’a interpellé :  je me suis dit tout de suite que cet oiseau était « exotique » et certainement échappé d’une cage. Puis j’en ai vu d’autres. J’ai fait alors des recherches sur internet et j’ai découvert son histoire. J’ai trouvé un peu plus tard un autre foyer dans la région de Gerderest, toujours au bord d’un ruisseau puis à Simacourbe ; les petites colonies locales se sont multipliées par la suite, généralement composées de 5 à 10 individus. Il est devenu courant chez nous et depuis l’été 2018, un groupe s’est fixé près de chez moi, intéressé à l’automne par les prunelles sauvages des haies et en cette saison par les cerises.

Les journées à la météo maussade, s’il reste encore un oiseau qui veut bien chanter, c’est lui!

Un léiothrix jaune dans un roncier, au mois de mars dernier. La couleur du bec peut être entièrement noire, et rouge quelques mois plus tard. Ce n’est pas un élément de dimorphisme.

Je le rencontre régulièrement dans des grands ronciers et fourrés, dans les végétations très denses en bordure de chemin, de prairies ou le long de petits ruisseaux dans des zones boisées.

On le décèle la plupart du temps par l’émission au sein de la végétation de petits gloussements discrets à notre approche. Puis le groupe commence à s’agiter et s’envole, la plupart du temps de branches très basses vers les hauteurs environnantes. Ils s’éloignent alors camouflés par la végétation dense en poussant en même temps des cris d’alarme, un genre de crépitement prolongé. Enfin, le silence revient et on ne sait pas ce qu’ils sont devenus, à moins de se rapprocher de nouveau.

Léiothrix en train de consommer des baies sauvages.

Léiothrix dans un roncier, au début de la saison des mûres.

Il vit habituellement dans les fourrés. Il est peu courant de le surprendre en train de se nourrir à terre.

Il est principalement insectivore, mais il se nourrit également de divers fruits et de baies sauvages.

Pas toujours évident de le distinguer dans la végétation, même à découvert.

Si on veut mieux le connaître, on trouve pas mal d’informations sur internet. Cet oiseau nouveau dans notre écosystème fait l’objet d’études et j’ai mis en fin d’article quelques liens vers des publications que j’ai trouvées intéressantes.

Comment différencier mâle et femelle

Les juvéniles ont leur livrée adulte à partir de la 12ème semaine de vie. Le dimorphisme sexuel chez le Léiothrix n’est pas évident. On peut cependant différencier mâle et femelle grâce à quelques critères.

Mâle adulte

Léiothrix chanteur, c’est un mâle.

seul le mâle chante, surtout d’avril à juin, ce qui correspond à la période nuptiale. Son chant l’aide à conquérir la femelle. Les sonorités sont mélodieuses, perçantes et puissantes. C’est peut-être pour cela qu’on l’appelle communément « le Rossignol du Japon », alors qu’il ne fait pas partie de cette famille et qu’au Japon, il n’y est qu’implanté!

Le bas de la gorge orangé. Un mâle. 

-des deux partenaires, le mâle est censé avoir le plumage le plus coloré. On le voit mieux en observant le bas de la gorge, orangé chez le mâle.

Un mâle, reconnaissable à la bande noire plus longue à l’intérieur des rectrices.

-le dessous de l’extrémité de la queue du mâle a un noir plus étendu, de l’ordre de 1,5 cm et sur toute la largeur. Quand l’oiseau ne chante pas, ce critère est le plus fiable pour différencier les deux sexes.

Femelle adulte

Une Femelle, reconnaissable à la bande noire de seulement 0,5 cm en dessous de l’extrémité de la queue. Sur ce cliché, je pense à une juvénile.

 La femelle a la gorge plus jaune qu’orange.

la femelle ne chante pas; elle pousse seulement de petits cris successifs, une sorte de tui-tui-tui-tui en réponse au mâle ou comme cris d’appel.

-ses couleurs sont un peu plus ternes que celles de son partenaire, mais je pense qu’ils faut qu’ils soient tous les deux côte à côte pour s’en rendre compte; c’est plutôt un critère en volière. C’est plus parlant au niveau de la gorge qui est plus jaune qu’orange chez la femelle.

-le dessous de l’extrémité de la queue de la femelle a un noir moins étendu, de l’ordre de 0,5 cm et sur toute la largeur.

Cette réussite de l’acclimatation de cet oiseau bien sympathique dans notre écosystème sans apparemment le perturber (du moins pour l’instant) ne doit pas faire oublier qu’il ne faut pas pour autant « ouvrir la cage aux oiseaux ». Laissons-les tranquilles dans leur biotope naturel. Ils y sont d’ailleurs tellement plus beaux!

Sources intéressantes consultées :

https://www.lpo.fr/images/actualites/2013/Ornithos_14_6_370_375.pdf

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-aquitaine.org/userfiles/FAPublications/0025FA2012Allochtone.pdf

https://www.faune-aquitaine.org/index.php?m_id=30359

http://especes-exotiques-envahissantes.fr/connaissez-vous-le-leiothrix-jaune (Leiothrix lutea)?

Le Renard d’un soir

 

Le renard d’un soir (5 000 iso ; 1/60 s ; focale minimum au téléobjectif).

Cette publication tranche avec mes habitudes : c’est l’histoire d’une seule photo, celle d’un bref instant de vie auprès d’un renard.

C’est le week-end de l’Ascension et nous avons droit à notre première vague de chaleur de l’année. Ce soir, il me vient l’envie d’aller à l’affût au coucher du soleil, au moment où le peuple de la Nuit s’apprête à courir la campagne. Ces moments sont toujours particuliers; la chaleur est retombée et il fait bon d’attendre une éventuelle bonne surprise, tout en écouter les derniers chants d’oiseaux comme celui de la grive musicienne ou ceux des Léiothrix jaunes. L’Elanion blanc, à son habitude, va et vient au-dessus des champs cultivés et des friches environnantes.

Je m’assieds le dos calé contre une balle d’herbe séchée restée là depuis quelques jours et j’attends en tenue de camouflage, en partie caché dans l’herbe. Le temps passe et le soleil commence à se se coucher derrière moi. La lumière s’estompe doucement. Les rayons jaunissent la cime des arbres puis le versant d’en face exposé à l’ouest. Bientôt, ils disparaissent. Un brocard dans la force de l’âge débouche d’un champ cultivé et se met à brouter. Il est loin mais je fais quelques clichés même s’ils seront de mauvaise qualité, je ne sais pas rentrer bredouille. J’ai bien fait : en visionnant le résultat, je me rends compte qu’il faut que je force mes paramètres bien au-delà de mes habitudes pour arriver à accrocher un peu de lumière, si un animal se présente.

Comme il fait bon, je m’attarde encore un peu avec le maigre espoir de faire quand même une bonne rencontre, genre blaireau. Je sais déjà qu’il est trop tard pour faire des photos présentables.

Alors que je suis perdu dans mes pensées, je sens une présence sur le côté, à la limite de mon champ de vision. J’ai pris l’habitude de ne pas faire de geste brusque dans ces circonstances. Je tourne lentement ma tête et je vois … un renard adulte qui vient droit sur moi, déjà proche. Avec la poussée d’adrénaline provoquée par cette vision, j’ai du mal à le localiser dans le champ du téléobjectif. Mon cœur bat vite mais j’arrive enfin à le cadrer : il vient de s’arrêter et regarde dans ma direction. Trois clichés : celui de ce post que j’ai doublé et le troisième tout flou, quand il bondit  à 90° pour s’échapper! Il n’a pas réfléchi longtemps et seule la proximité m’a permis de faire une mise au point à peu près potable. Pour les paramètres, je ne pouvais pas faire mieux.

Au final, je rentre avec une seule photo, une photo qui décrit une émotion, un instant de vie!

Le printemps chez les chevreuils du Vic-Bilh, Béarn

18 Mai 2019 – Le vieux brocard. Je me noie dans son regard!

Le printemps chez les chevreuils

Que s’est-il passé chez les chevreuils depuis le mois de mars?

Le mois d’avril est une période de bouleversement pour eux. La mue de printemps de leur pelage est en cours; elle est impressionnante et leur apparence est celle d’un animal « malade ». J’ai déjà publié des photos d’illustration dans des articles précédents.

La plupart des mâles ont passé l’automne et l’hiver au sein d’une harde, qu’ils ont quitté au mois de mars pour mener une vie de solitaire jusqu’à l’automne prochain. Les bois se sont renouvelés en premier chez les brocards les plus âgés, ce qui leur permet d’asseoir leur autorité sur le territoire déjà acquis les années précédentes. Ils vont parcourir leur zone vitale en y déposant des marques sur la végétation; ils chasseront les intrus qui se rabattront sur les territoires vacants. Les plus jeunes, encore avec leurs velours, sont pour l’instant démunis de moyen pour impressionner ou pour se battre. La dispersion des jeunes de l’an passé, mâles et femelles (chevrillards), commence vers la fin du mois.

Au mois de mai, la mue se poursuit et se termine. Le pelage est passé du gris-brun au roux vif. Le ventre des chevrettes s’est bien arrondi; on ne peut plus rien cacher. Le chevrillard (mâle ou femelle) est chassé par sa mère, et celle-ci va mettre bas. C’est le mois des naissances qui commence au milieu du mois et continuera jusqu’à la mi-juin, ou la fin juin pour les retardataires.

18 mai 2019 – J’ai failli rater tous les clichés de ce vieux mâle. J’ai involontairement activé un réglage qui diminue le cadrage de 30%, au format 18×12. Heureusement, j’ai pu m’en rendre compte suffisamment tôt. Mon modèle est facile à reconnaître, avec son oreille gauche déchirée. A la base de ses bois magnifiques, on voit très bien les meules et ses pierrures. Les perlures, au-dessus, ont encore des reliquats de velours. Celui-là, j’aimerais bien retrouver son trophée à l’automne, quand il sera tombé (c’est très difficile à localiser)! 

La belle cambrure de ses bois!

18 mai 2019 – Toujours le même brocard. Seule sa tête a le pelage d’été. Le reste du poil est toujours en train de muer. Les mâles les plus âgés ont leurs bois en premier et leur pelage mue en dernier.

07 avril – Conciliabule entre deux chevrettes, un soir dans les hautes herbes.

25 avril – Un brocard tout en puissance!

05 mai 2019 – La belle lumière du soir.

La traversée prudente du chemin, pour aller brouter dans la luzerne.

Il m’a vu! Il est facile à reconnaître, la partie supérieure de son bois droit est cassée!

05 mai 2019 – Derniers rayons!

Le brocard précédent photographié le 15 mars 2019 en bordure d’un labour, avec sa « carte d’identité » (sommet du bois droit cassé).

01 juin 2019 – A la nuit tombée, un autre joli brocard dans des conditions limites de prise de vue (5000 iso, 1/40 sec au téléobjectif). C’est le moment que je préfère pour l’observation; il faut accepter que la qualité du cliché en pâtisse.

Le cirque d’Estaubé

Le cirque d’Estaubé (31 mai 2019)

Le cirque d’Estaubé est un très beau site pour s’imprégner de la beauté de nos Pyrénées. Situé sur le territoire du Parc National, il se prête parfaitement à une sortie Nature. Plus petit que ses voisins de Gavarnie et de Troumouse, il en est aussi plus sauvage; il est très intéressant par la diversité des paysages, de la faune, de la flore et pour ses nombreuses cascades, tout en restant d’accès facile. On y accède depuis le village de Gèdre où on prend la D922 en direction du barrage des Gloriettes. A l’embranchement du pont de l’Araillé avant le village de Héas, on prend à droite la D176 étroite et sinueuse. On accède alors au bout de quelques kilomètres à un parking situé au pied du barrage. Ce parking est vite rempli en période d’affluence et il vaut mieux arriver tôt. Un deuxième parking plus petit situé plus bas demandera un peu plus d’effort aux personnes intéressées uniquement par l’accès au lac. La route est fermée en hiver à cause de la présence de neige.

Le premier centre d’intérêt est le lac des Gloriettes, situé à 1668m d’altitude. Le barrage qui le domine permet d’avoir un joli panorama sur le site avec une vue sur les crêtes du cirque. Il est accessible en quelques minutes à partir du parking supérieur. Il faut compter une heure environ pour faire le tour complet du lac sur un sentier de découverte, sans les arrêts (longueur 2.9 km avec peu de dénivelé, autour de 80 m). Le site est hors Parc National mais il est classé Natura 2000. Ce tour est très intéressant: flore diverse, marmottes, beaux panoramas. Les panneaux explicatifs incitent à le faire dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, en passant d’abord sur la digue du barrage. On peut cependant le faire aussi dans l’autre sens, en partant du fond du parking.

On peut aussi poursuivre dans le cirque d’Estaubé, ce que nous avons fait. Les photos de l’article sont prises avec mon portable (panoramas) ou avec un téléobjectif. Elles ont essentiellement un intérêt « Nature », c’était le but de cette sortie. Je recommande vivement d’avoir avec soi une paire de jumelles pour profiter au mieux des nombreuses opportunités offertes.

La sortie d’aujourd’hui est une boucle jusqu’au fond du cirque, au Pla d’Ailhet où se trouve la cascade du même nom. La météo était parfaite; le premier nuage n’est apparu que dans la soirée.

Le panneau de présentation du sentier de découverte du lac des Gloriettes, avant de passer sur la digue du barrage.

L’aller, jusqu’au fond du cirque

Après être passé sur la digue du barrage, on continue sur une piste jusqu’à une bifurcation avec des panneaux de directions. On prend sur la gauche en descendant vers la bordure du lac, dans la direction du Parc National.

Poteau indicateur des diverses directions, après le barrage. Tout droit, on va vers le plateau de Coumély (0h30) et ses granges, vers Gèdre par le sentier de Ramond (2h00) ou vers Gavarnie (2h15).

Le plateau de Coumély (photographié à la fin de la sortie d’un point de vue au-dessus du parking).

A cette bifurcation, on peut augmenter l’intérêt de la sortie en faisant d’abord le détour au plateau de Coumély et ses granges (1h00 environ A/R sans les pauses, avec un magnifique point-de-vue sur le lac et le cirque avant d’arriver aux premières granges. Aucune difficulté), puis reprendre le sentier de découverte.

Le lac des Gloriettes (sens inverse des aiguilles d’une montre). La partie grise et minérale des rochers est sous eau quand le lac est plein. Au fond, on aperçoit quelques sommets du cirque d’Estaubé encore enneigés.

Le sentier dans ce sens passe près de la bordure du lac, alors qu’il la surplombe sur la rive opposée. Au fur et à mesure de la progression, le cirque va se dévoiler. On observe dès le départ la Fritillaire des Pyrénées ou Fritillaire noire (Fritillaria pyrenaica), endémique des Cévennes méridionales, des Corbières et des Pyrénées, relativement rare. Elles ne sont pas totalement en fleur et je n’ai pas pris de photo.

Les premières marmottes; il y en aura bien d’autres dans la journée.

L’accenteur mouchet (Prunella modularis), un passereau sobre ressemblant à un moineau par son plumage. Très discret en période hivernale, le mâle se tient bien en vue en période de reproduction pour chanter. 

Le site est aussi fréquenté par le Traquet motteux (Oenanthe oenanthe) et le Rougequeue noir (Phoenicurus ochruros). Avec ce beau soleil, tout le monde chante! On arrive ainsi au fond du lac. Puis on continue tout droit sur le chemin bien tracé en remontant la vallée le long de la rive gauche du gave d’Estaubé (gave à main gauche) se jetant derrière nous dans le lac. Après avoir passé un portillon pour le bétail, on longe une zone humide avec des panneaux explicatifs sur ce milieu naturel.

On arrive alors à une bifurcation avec un poteau indicateur de directions (0h30 depuis le départ) :

1-On peut continuer sur le sentier de découverte avec le retour au parking des Gloriettes par l’autre rive du lac (0h35). Il faut alors bifurquer à gauche et cette direction est commune avec celles se dirigeant vers la cabane de Groutte (1h45) ou le cirque de Troumouse (3h30). On traverse le gave sur une passerelle. On passera par là au retour pour finir le tour du lac.

2-Ou on continue tout droit dans le cirque.  

C’est ce que nous avons fait. On continue donc dans la direction indiquée pour la cabane d’Estaubé (1h00), la Hourquette d’Alans (3h15) ou le Port de Pinède (3h30).

Un peu plus loin, le sentier longe la limite du Parc National (à main droite). On continue le chemin jusqu’à un embranchement indiquant à nouveau plusieurs possibilités (oh50 depuis le parking). A ce niveau-là, on entre dans le Parc National! (matérialisé par le panneau de la réglementation au sein du Parc et les fameuses têtes d’isard rouge sur fond blanc).

L’embranchement est matérialisé par les deux panneaux suivants :

3-On peut bifurquer à gauche sur un chemin proche de l’eau, en direction de la cabane d’Estaubé que l’on atteint après avoir traversé le gave sur le pont d’Estaubé (niveau promenade – 1h30 environ depuis le départ; 1h15 pour la descente – dénivelé faible, moins de 100m – 7 km A/R environ).

De la cabane, on peut continuer jusqu’au fond du cirque en remontant le gave jusqu’au Pla d’Ailhet (1834 m) et sa cascade (1899m) (niveau marche – Balisage jaune – 2h30 environ depuis le départ; 2h00 pour la descente – dénivelé positif 230 m – 12 km A/R environ). Au-delà, la progression n’est plus possible.

4-ou continuer par le sentier à main droite, bien tracé, qui s’éloigne du gave en prenant de l’altitude, avec les trois possibilités indiquées sur le panneau : Hourquette d’Alans (2h15), Port Neuf de Pinède (2h30), Les Espuguettes (2h40). Mais aussi, brèche et refuge de Tuquerouye. La Hourquette d’Alans se fait aussi en traversée du barrage des Gloriettes à Gavarnie : après l’avoir franchie (2430m), on bascule dans le cirque de Gavarnie vers le refuge des Espuguettes et on descend à Gavarnie. Pour ces options qui ne sont plus de la sortie Nature mais de la randonnée de haute-montagne, il y a des topos très bien faits sur internet.

5-On peut rester rive gauche du gave (gave à main gauche) en suivant la direction vers la Hourquette d’Alans, pour aller visiter une jolie cascade sur le ruisseau de Pouey Arrabi. On descend ensuite hors sentier vers le Pla d’Ailhet pour retrouver sa cascade au fond du cirque, en traversant le gave à pied. Cette option permet de découvrir les deux rives du gave d’Estaubé.

C’est ce que nous avons fait ce jour-là car le niveau du gave permettait de le traverser dans sa partie supérieure sans trop se mouiller les chaussures.

Le cirque d’Estaubé, avec de gauche à droite :

Le pic Blanc (2828m), Le Port Neuf de Pinède (2466m), la punta del Forcarral (2716m), le Pic de Pinède (2860m), la brèche de Tuquerouye (2666m), le pic de Tuquerouye (2819m), la brèche des deux Bornes. Encore cachés, en continuant vers la droite : le Grand Astazou (3071m), le pic Rouge de Pailla (2780m) et la Hourquette d’Alans (2430m). 

Vue rapprochée sur le pic Blanc (2828m).

Vue rapprochée sur le port Neuf de Pinède (2466m) et la punta del Forcarral (2716m).

Vue encore plus rapprochée sur le port Neuf de Pinède (2466m).

Vue rapprochée sur le pic de Pinède (2860m).

Vue rapprochée de la brèche de Tuquerouye, avec le piton de la Borne de Tuquerouye Oriental (2471m).

Vue rapprochée sur le pic de Tuquerouye (2819m), avec la brèche des deux Bornes, située à droite.

Vue très rapprochée de la brèche située à gauche du sommet du Tuquerouye (voir cliché précédent).

Vue rapprochée de la brèche des deux Bornes.

Vue encore plus rapprochée de la brèche des deux Bornes. 

Le pic Rouge de Pailla (2780m). La Hourquette d’Alans (2430m) est sur la droite, hors cadre.

Un doublé de marmottes.

Et toujours des marmottes.

Choucards à bec jaune, sur fond de brèche de Tuquerouye.

Un moment particulier : une « explication » entre un Traquet motteux (une femelle) et une marmotte.

Primevère farineuse (Primula farinosa).

Gentiane de Koch (Gentiana kochiana).

Gentiane de printemps ou Gentiane printanière (Gentiana verna).

Primevère farineuse (Primula farinosa).

Saxifrage aizoon (saxifraga paniculata).

Parterre de fleurs au bord du gave (Primevère farineuse et Grassette vulgaire).

Jonquilles et Gentiane de Koch.

Primevère farineuse et Grassette vulgaire (Pinguicula vulgaris).

Une des nombreuses cascades alimentant le gave d’Estaubé, côté rive gauche (prise au téléobjectif avec deux focales différentes).

Visite au pied de la cascade un peu à l’écart du sentier menant à la Hourquette d’Alans, avant de quitter celui-ci pour descendre vers le Pla d’Ailhet. Ruisseau de Pouey Arrabi.

La descente hors sentier vers le Pla d’Ailhet pour traverser le gave d’Estaubé. Au fond du cirque, on aperçoit le névé empêchant la progression vers la cascade du Pla d’Ailhet.

Vue rapprochée du névé par-dessus le gave d’Escaubé, empêchant la progression vers la cascade du Pla d’Ailhet.

Traversée du gave au niveau du Pla d’Ailhet. En haut du cliché à droite, les deux pitons sous la brèche des deux bornes s’appellent « Les deux Bornes ».

Sur le Pla d’Ailhet, en direction du fond du cirque.

A la source du gave, le même gros névé qui barre l’accès plus avant pour la cascade du Pla d’Ailhet.

Une « curiosité sur un rocher » à la source du gave.

Sur le sommet d’un énorme rocher, à la source du gave. 

Impossible d’aller voir la cascade du Pla d’Ailhet.

Au bord du névé, avec le gave qui coule par-dessous.

La cascade du Pla d’Ailhet est située vers la gauche et au-dessus de la barre rocheuse surplombant le névé. 

Vue rapprochée sur la cascade du Pla d’Ailhet (à gauche), avec l’accès bloqué par plusieurs névés. 

Vue rapprochée de la cascade située au milieu du cliché panoramique, juste au-dessus du névé.

Le refuge de Tuquerouye en haut de la brèche de Tuquerouye, depuis le fond du cirque.Tout à droite, le piton de la Borne de Tuquerouye Oriental.

Vue rapprochée sur le refuge de Tuquerouye et sa Vierge (surplombant le refuge, à sa gauche). Le refuge inauguré le 5 août 1890 est le plus vieux et le plus haut refuge des Pyrénées (2666 m), agrandi en 1927 et restauré en 1999. Quelques jours après l’inauguration, le 11 août 1890, cette statue de la Vierge pesant 75 kg est montée à dos d’homme par le guide François Bernat-Salles depuis Gavarnie.

Le Grand Astazou (3071m), une vue rapprochée depuis le fond du cirque.

Un éterlou (isard d’un an, né en mai 2018).

Un deuxième éterlou, légèrement plus haut que le précédent.

Moment sympa sur les premiers contreforts au fond du cirque : la rencontre de deux éterlous, chassés par leurs mères qui viennent de mettre bas. On ne verra pas d’autres isards de la sortie. 

Le retour vers le lac des Gloriettes et le parking

Une vue différente du pic Rouge de Pailla (2780m), en quittant le fond du cirque. Il domine la Hourquette d’Alans (2430m) située à droite, hors cadre.

Au pied du massif montagneux, le chemin monte en lacets jusqu’à la Hourquette d’Alans (2430m) encore enneigée, toute à gauche.

Le retour s’effectue rive droite du gave d’Estaubé (gave à main gauche), en le suivant jusqu’à la cabane d’Estaubé, puis en obliquant vers le pont d’Estaubé où on retrouve le chemin aller. On le continue jusqu’à la bifurcation pour terminer le tour du lac par le sentier de découverte.

Le gave d’Estaubé grossit, alimenté par de nombreux ruisseaux descendant des deux versants de la montagne.

Je verrai à deux reprises un cincle plongeur ou Merle d’eau (Cinclus cinclus), mais il était trop pressé et je n’ai pas pu l’immortaliser.

Cascades sur un des nombreux ruisseaux alimentant le gave.

C’est la troisième carcasse trouvée dans le cirque, avant de repasser sur le pont d’Estaubé.

Au loin en se retournant, le premier nuage de la journée se forme côté Espagne, au-dessus de la brèche de Tuquerouye (à droite, le pic de Tuquerouye).

Cliché pris au même moment que le précédent, au format portrait.

Encore des marmottes, en train de faire une roulade. Elles auront été très nombreuses, lors de cette sortie.

Le gave d’Estaubé.

Vues rapprochées de l’effet de la lumière et du vent sur l’eau dévalant les falaises.

On sort du Parc National et on arrive à la première bifurcation de ce matin.

Ce matin, on est arrivé du barrage des Gloriettes (0h30) et on s’est dirigé vers la Hourquette d’Alans. On a quitté plus haut le sentier pour traverser le gave à pied , direction le fond du cirque.

Maintenant, on reprend le parcours de découverte (parking des gloriettes) qui fait le tour du lac des Gloriettes dans le sens inverse des aiguilles d’une montre.  

Encore une cascade!

Primevère farineuse.

Myosotis …

Le lac des Gloriettes, que l’on domine sur la deuxième partie du sentier de découverte.

Prendre la direction du parking.

Encore une cascade!

Toujours le lac des Gloriettes.

Les granges de Coumély dominant le barrage des Gloriettes. Mon dernier cliché de la sortie, pris au-dessus du parking. 

Cet article n’est pas un topo; je vous recommande de vous munir de la carte IGN au 1:25 000 1748 OT. Les temps de marche ne sont qu’indicatifs. En effet, le but principal de la sortie était, avant tout, d’ouvrir les yeux sur la Nature! Nous avons été bien occupés toute la journée.

Information sur la cabane de Groutte

Dans la deuxième partie du tour du lac des Gloriettes par le sentier de découverte, vous verrez ce panneau situé à 15 mn du retour au parking, à l’opposé de la digue du barrage. Je vous conseille de chercher un topo sur « la randonnée au lac des Gloriettes depuis la cabane de Groutte ». En effet, il est possible de se garer en voiture à cette cabane en pierre, située sur le bord de la route en direction du cirque de Troumouse après le village de Héas (comme pour le parking des Gloriettes, il vaut mieux arriver tôt en période de grande affluence). Le sentier à partir de cette cabane jusqu’au lac des Gloriettes ne présente pas de difficulté et la sortie peut se combiner avec une boucle autour du lac ou dans le cirque d’Estaubé avec un retour au point de départ (ou prévoir l’utilisation de deux voitures).

Une pelouse en friche pour les chevreuils

Une pelouse en friche pour les chevreuils

J’ai la chance d’habiter sur le territoire d’une chevrette qui a donné naissance à un faon, l’été dernier. J’ai été le témoin de beaucoup d’instants de vie, pendant un an.

Les naissances de faons ont lieu pour la plupart entre la mi-mai et la mi-juin. C’est alors que va naître une relation fusionnelle entre la mère et son (ses) petit(s). Dans les premiers jours et en cas de danger, la mère frappe le sol avec son sabot qui déclenche chez le faon le réflexe de se tapir sans bouger. Elle s’éloigne du nouveau-né afin de ne pas attirer l’attention sur lui. Le faon a la faculté de retenir également son odeur pour échapper au prédateur. Il va par la suite suivre sa mère en permanence pour l’apprentissage de la Vie, en copiant ses moindres mouvements.

13 Juin 2018 – La naissance approche

La chevrette partage le territoire avec deux beaux brocards, un « quatre cors » et un « six cors ». Ils s’intéressent tous les trois aux pommes de la St-Jean du verger ainsi qu’aux graminées de la pelouse, en friche depuis plusieurs années. Une jeune chevrette de l’année précédente fait parfois elle aussi une incursion sous les pommiers.

13 juin 2018 – Ma dernière observation de la chevrette, avant qu’elle mette bas.

18 juin 2018 – Le maître des lieux, le quatre cors

Les pommes sont un mets de choix pour les chevreuils.

Sur la « pelouse »,  sous une pluie fine. Les chevreuils sont très sélectifs dans leur recherche de nourriture, ici des feuilles de pissenlit.

« Je me soulage ».

3 juillet 2018 – Le rut approche

Au moment du rut, le brocard défend farouchement son territoire contre tout intrus. Il frotte ses bois sur les arbres pour évacuer la tension nerveuse mais aussi pour marquer son domaine, déchirant l’écorce et laissant son odeur. Souvent, il gratte le sol en même temps, laissant aussi son odeur sur le sol. S’il croise un autre mâle sur son territoire, il le charge et, si l’autre mâle fait front, ils se battent, bois contre bois. Le perdant s’enfuit et le gagnant le poursuit avant de revenir sur son territoire.

Le 3 juillet, alors que le brocard  » six cors » a laissé des traces la nuit précédente sur les troncs d’arbre et les arbustes, une séquence vidéo le montre en train d’être chassé par le maître des lieux, le « quatre cors ». Lien de ma vidéo : https://vimeo.com/339319031

Que devient la chevrette?

Le « bambi » galope après sa mère, en bordure d’une culture.

Sur mon piège photo, la chevrette a « perdu du tour de taille » entre le 18 et le 22 juin.

Le 4 juillet, deux semaines plus tard, son faon apparaît enfin sur une séquence vidéo, en train de courir après sa mère. A ce moment-là, il peut encore être victime d’un accident agricole avec les fenaisons et les récoltes.

 24 Juillet 2018 – Le « quatre cors », toujours fidèle aux pommes

Le brocard « quatre cors » sous un pommier. Son concurrent a disparu de la pelouse. 

1 Septembre 2018 – Premier témoignage photo Mère et fille

Les pommes au verger sont une valeur sûre pour les chevreuils. Il y en a tellement que l’on peut bien partager! Et voilà enfin la présentation du petit animal à la maison.

Le faon apparaît enfin un soir, à la limite du sous-bois. Sa robe n’est pratiquement plus tachetée. Les tâches commencent à s’estomper à partir de 6 semaines.

Mère et fille (mais çà, je ne le savais pas encore).

7 septembre 2018 – Apparition dans un champ de luzerne

Et le 7 septembre, je peux m’en approcher dans un champ de luzerne, proche de la maison, où ils sont très occupés. A partir de maintenant, je les verrai régulièrement, jusqu’à la séparation en mai prochain.

7 septembre 2018, sous une belle lumière du soir – J’ai raté l’épisode des premiers jours du faon. Il est bien reconnaissable à ses oreilles d’une longueur disproportionnée par rapport à sa tête.

7 septembre 2018 – Portrait de face à quelques mètres : si je me relève, il file immédiatement dans le sous-bois!

7 septembre 2018 – La Mère, à proximité de son faon! 

11 Septembre 2018 – On joue sur la « pelouse »

Le chevreuil change de pelage deux fois dans l’année, en avril-mai et en septembre-octobre. Les jeunes muent en premier. Celle du faon a commencé au niveau du poitrail. Cette dernière mue est bien plus discrète dans toutes les catégories d’âge.

L’herbe de la pelouse en friche a pris une triste allure mais les chevreuils l’affectionnent. Les jeunes pousses d’acacias protégées de la tonte est un mets de choix pour eux.

« Je gambade dans une allée tondue, au milieu des premières feuilles mortes d’érables ». L’automne approche.

L’herbe est en train de faner et de s’aplatir.

Le brocard « quatre cors » a donné de sa personne pendant le rut : un bois est cassé. 

La tâche blanche, une fleur mal placée!

Les deux clichés ci-dessus sont trompeurs. Tout ce petit monde joue ensemble. Il y aura même un moment où le faon part à la poursuite du brocard!

Le sevrage du faon a lieu en octobre/novembre. Il devient un chevrillard jusqu’à un an. Pendant tout cet automne et cet hiver, la chevrette et son petit restent ensemble, avec parfois un brocard. En effet, à cette période-là, les mâles abandonnent leur comportement solitaire et territorial et rejoignent les femelles et leurs petits. Il y a eu des mauvais moments à passer. J’ai vu à plusieurs reprises un mâle débarquer de nulle part et se lancer dans une poursuite effrénée après le chevrillard. Ce n’était plus un jeu! Pour information, le rut principal a eu lieu en juillet-août mais il peut y avoir un rut secondaire en octobre-décembre.

Dès le début de la saison de la chasse, toute cette famille va être très discrète dans la journée. Dans les environs, il y aura des battues ; je vais me demander à chaque fois s’ils vont se sauver. Pendant les 6 mois suivants, j’aurai quand même l’occasion de les voir parfois le matin et/ou le soir, à des moments où la lumière est réduite et je n’ai aucun cliché montrable.

14 mars 2019 – Observation d’un mâle avec le tandem Mère-Fille

Le printemps est là et l’herbe repousse. La campagne commence à verdir et les journées rallongent. L’herbe de la pelouse a fané et s’est aplatie pendant l’hiver, puis elle repousse à nouveau. Les chevreuils sortent du sous-bois bien plus souvent. Les brocards vont quitter les structures familiales dans lesquelles ils se sont intégré à l’automne, pour reprendre une vie de solitaire consacrée en particulier à la défense de leur territoire. Les plus vieux sont les premiers à avoir leurs bois neufs, afin de défendre ce territoire face aux prétendants plus jeunes.

Le chevrillard est devenue une chevrette, un peu plus petite que sa mère pour le moment. Un brocard d’âge mûr est encore avec la famille, différent des deux quatre cors et six cors de l’an passé. Son trophée est atypique. Il frotte encore ses bois sur l’arbuste en arrière-plan et sur les troncs d’arbre pour se débarrasser des reliquats de velours; mais aussi, pour signaler sa présence aux autres mâles. Il s’attaque aux plantations mais il faut savoir payer un certain prix pour avoir le plaisir de l’observation. Je protège les jeunes plantations auxquelles je tiens par du grillage pendant quelque temps. Tout le monde a commencé à muer, « la Jeune » étant la plus précoce.

14 mars 2019 – Le brocard d’âge mûr, « La Jeune » (au centre) et la chevrette (toute à droite). Avec le temps, on s’habitue à ces petites bêtes, on parle d’elles avec empathie et on s’ « inquiète » quand on ne les voie pas de quelques jours! 

Une vue rapprochée du brocard ci-dessus. Ses bois atypiques ont encore quelques reliquats de velours. On le reverra quelques semaines plus tard sur la pelouse.

6 Avril 2019 – … sur le gazon

Les chevreuils ne boivent pas, ils se désaltèrent avec la rosée ainsi qu’avec la partie liquide de leur alimentation. Et il faut bien qu’ils urinent. La partie en friche de la pelouse est « arrosée », comme vous pouvez le voir!

C’est le printemps et l’herbe repousse. La chevrette, en pleine mue, n’est vraiment pas à son avantage. 

« La Jeune » – Le poil a quasiment disparu de son cou. Elle est « folasse » et se lance parfois dans des galops désordonnés autour de sa mère.

« La Jeune » aussi, … comme sa mère! Le pelage d’été commence à apparaître autour de ses oreilles.

A nouveau la mère, avec un début de pelage d’été sur le front. Sa mue est en retard par rapport à celle de sa fille. Elle a un petit ventre rond, c’est bon signe!

1 mai 2019 – Les derniers moments du couple fusionnel

Trois semaines ont passé. La Mère et la fille sont encore ensemble mais plus pour longtemps. Les clichés suivants sont les derniers où je pourrai observer ce duo fusionnel depuis juin dernier. La mère va bientôt mettre bas, d’ici 2 ou 3 semaines!

La mère, à l’arrière-plan, a le ventre qui s’est encore arrondi! La Jeune est toute « fine »!

La mue de « la Jeune » a bien avancé.

Un cliché qui j’aime beaucoup, au milieu des fleurs. La mue chez la mère est toujours en cours alors qu’elle est pratiquement terminée chez sa fille. 

4 mai 2019 – Seule!

4 mai 2019 – La petite chevrette a été chassée, d’abord par sa mère; mais aussi, peu après ce cliché, par un brocard surgi du champ en culture à l’arrière-plan. C’est sa destinée. Elle doit maintenant apprendre à faire face seule.

4 mai 2019 – Chassée par ce brocard qui, lui aussi, est en train de muer.

Et depuis? Mes dernières observations de mai sur la pelouse!

Les visites de brocards se succèdent sur la pelouse. C’est la loi du plus fort. Les nouveaux cherchent un territoire et les anciens le défendent. Il y en a principalement deux qui sont là régulièrement : le « quatre cors de la saison précédente », mâle dominant avec deux corps supplémentaires très discrets et un deuxième mâle, celui au trophée atypique (constitué de trois cors).

Le mâle dominant :

5 Mai 2019 – Le « quatre cors de l’an dernier »  frottera ses bois sur tous les arbustes pour se signaler aux prétendants potentiels. 

Quel mâle!

25 mai 2019 – Toujours le « quatre cors » avec ses deux cors supplémentaires très discrets! Avec un fait nouveau, … 

La jeune chevrette :

25 mai 2019 – … il accompagne la petite chevrette qui a terminé sa mue. Elle est maintenant une adulte et elle sera en âge de procréer à la prochaine période de rut, si elle a atteint un poids autour de vingt kilos minimum.

Et le deuxième brocard des lieux, très facilement reconnaissable : un bois unique à gauche et un bois avec deux cors partant de la base à droite :

L’herbe est à point pour y faire de bonnes siestes ou, tout simplement, s’y réfugier. C’est un havre de paix!

La jeune chevrette est donc, pour l’instant, restée sur le territoire où elle est née. Je n’ai pas revu sa mère depuis un mois, c’est-à-dire depuis le 1er mai. A-t’elle mis bas? L’an dernier, la mère avait été visible jusqu’au 13 juin pour donner naissance juste après et ne revenir sur la pelouse avec son faon que le 1 septembre! Il me tarde de voir son petit et pour cela, l’utilisation d’un piège photographique est très utile. Je verrai bien!

« Le » message

On n’est pas obligés de tondre toute sa pelouse! Laissons-en en friche et on sera surpris de voir la faune accaparer les lieux, d’observer une grande variété de fleurs sauvages et de constater le retour de bien d’insectes dont certains nous sont inconnus. Les pommiers attirent les chevreuils, qui ne dédaignent pas non plus les cerises tombées à terre. Quelques arbustes à baies sauvages comme haies et la Nature s’installe devant sa porte!

29 mai 2019 – Une visite nocturne des grosses bêtes.

Tout cela n’est pas idyllique et il faut accepter des compromis quand on habite « à la campagne » comme … avoir la pelouse régénérée de temps en temps par les grosses bêtes!

« Confidences au pied de l’arbre ».

La Couleuvre helvétique ou Couleuvre à collier (15 mai 2019)

La Couleuvre helvétique 

(Nom scientifique : Natrix helvetica)

J’ai eu une surprise cet après-midi, alors que j’allais relever un piège photographique installé sur une souille de sangliers : j’ai rencontré une jeune couleuvre à collier en train de chasser dans une grande flaque d’eau à proximité d’un ruisseau. J’ai passé un peu plus d’une demi-heure à l’observer en train de nager, allant et venant avec la tête dans ou au-dessus de l’eau. Bien que discrète, l’agitation inhabituelle causée par ses ondulations a attiré mon attention. Les rayons du soleil qui passaient au travers des frondaisons des arbres éclairaient idéalement la scène.

La Couleuvre helvétique « Natrix helvetica » que l’on appelle communément une couleuvre à collier est la couleuvre la plus fréquente en France. On la trouve dans presque tous les départements. Quand elle est jeune, elle reste à proximité de l’eau où elle peut nager et plonger à la recherche de nourriture comme les têtards, petits poissons et invertébrés … . Les sujets adultes, quant à eux, peuvent vivre à l’écart des points d’eau. On la trouve jusqu’à 2 000 mètres d’altitude. Les mâles sont plus petits, un peu moins d’1m00 généralement et jusqu’à 1m40 pour les femelles. Les données divergent d’une vingtaine de centimètres selon les sources consultées.

Elle est très facile à reconnaître avec son « collier » qui se présente sous la forme de deux bandes en forme de croissant de couleurs blanche ou jaune crème et noire sur la nuque. Toutes les espèces de couleuvres à collier doivent d’ailleurs leur nom vernaculaire à la présence de celui-ci.

La partie visible de son corps est d’après la littérature de couleur très variable, d’un gris ou marron plus ou moins clair (parfois bleuté ou verdâtre), accompagné de quelques taches noires longitudinales.

Jusqu’à un passé récent, il existait deux espèces de couleuvres à collier en Europe, « Natrix astreptophora » et « Natrix natrix ». Cette dernière comportait 15 sous-espèces dont celle que l’on trouve en France, appelée alors « Natrix natrix helvetica ».

Une nouvelle étude publiée en 2017 dans la revue Scientific Reports a proposé une révision de la taxinomie de la couleuvre à collier, grâce à l’avancée des connaissances apportée par les progrès de la génétique. L’une des conclusions de cette étude est que les couleuvres à collier de l’ouest de l’Europe appartiennent en fait à une espèce différenciée, « Natrix helvetica » (auparavant considérée comme une sous-espèce de « Natrix natrix »).

La couleuvre à collier que l’on trouve en France, appelée jusqu’en 2017 « Natrix natrix helvetica » (sauf dans l’Aude et les Pyrénées Orientales), est depuis devenue une espèce à part entière et doit être nommée Couleuvre helvétique « Natrix helvetica » (certaines publications sur internet ne sont pas à jour). Chez « Natrix helvetica », le « collier » est très marqué, aussi bien chez les jeunes que chez les adultes. L’iris est de couleur jaunâtre.

Dans les départements de l’Aude et des Pyrénées orientales, la couleuvre à collier appelée avant 2017 « Natrix natrix astreptophora » (présente également dans la péninsule ibérique), a été élevée elle aussi au rang d’espèce. Elle s’appelle désormais la Couleuvre astreptophore « Natrix astreptophora », dont les particularités sont les suivantes :  à l’âge adulte, les individus n’ont pas de « collier »; l’œil est rouge vif tandis que la tête est grise, voire bleutée.

Pour rappel, la tête des couleuvres, de forme arrondie avec quelques grosses écailles sur le crâne permet de les différencier au premier coup d’œil des vipères dont la tête est triangulaire avec de nombreuses et fines écailles. Elles sont ovipares tandis que les vipères sont vivipares. Leur pupille est ronde, en fente verticale chez les vipères.

Comme tous les serpents, la couleuvre à collier est pratiquement sourde. En revanche, sa vue est bien développée et l’aide à chasser et à détecter les dangers. De nombreuses couleuvres diurnes, à pupille ronde et cristallin jaune, ont une rétine qui ne comporte que des cônes, cellules assurant la vision colorée et fonctionnant en lumière intense. Le frétillement de la langue, typique des serpents, leur permet de percevoir les odeurs.

La couleuvre à collier est une très bonne nageuse et elle se nourrit de ce qu’elle trouve dans et au bord de l’eau. Les jeunes, comme nous l’avons déjà vu plus haut, se nourrissent de larves, de têtards, de petits poissons et autres ressources trouvées uniquement dans le milieu aquatique. Dès que leur gueule est assez grande, le menu s’enrichit d’amphibiens (grenouilles, rainettes, tritons, …) et parfois des rongeurs (campagnols, mulots, musaraignes, …). Elle est alors moins dépendante de la proximité de l’eau.

Les proies sont avalées vivantes; les mâchoires de la couleuvre peuvent fortement s’écarter et elle est capable d’avaler des proies plus grandes que sa tête. La taille des proies reste proportionnelle à la taille de l’individu.

Elle ne possède pas de venin et ne présente donc aucun danger. Cependant, il vaut mieux l’éviter. Lorsqu’elle se sent en danger, elle peut éjecter un liquide nauséabond par le cloaque. Elle peut aussi simuler la mort en s’enroulant sur le dos, flasque, la bouche ouverte et la langue pendante; elle peut parfois, alors, émettre son odeur nauséabonde (surtout lorsque elle est saisie).

La Couleuvre helvétique juvénile, à comparer avec la Couleuvre verte et jaune juvénile ci-dessous.

Une Couleuvre verte et jaune juvénile (Vic-Bilh). 

La confusion des juvéniles est possible avec ceux de la Couleuvre verte et jaune (« Hierophis viridiflavus« ). Les 3  clichés ci-dessus permettent de voir la différence.

Dès que la flaque est passée dans l’ombre, la couleuvre est remontée dans la végétation. L’observation fut sympa, même si je ne suis pas spécialement fan de moments à passer avec les reptiles. Le choix des photos privilégie l’animal dans son élément, l’eau; il n’y a donc pas de gros plans. Assez régulièrement, ces gros plans sont obtenus en manipulant l’animal ou en le retenant prisonnier.

Victimes depuis toujours de leur mauvaise réputation, les serpents et les couleuvres en particulier sont concernés par l’érosion de la biodiversité. Le nombre d’espèces de couleuvres en France métropolitaine est deux fois plus important que celui de vipères, en gros. Avec les récents changements amenés par l’avancée des connaissances, je ne m’aventure pas à les citer, je me tromperais sûrement. Il m’arrive parfois d’en rencontrer, aussi bien en plaine qu’en montagne mais les occasions ont bien diminué ces dernières années.

Pour mon département des Pyrénées-Atlantiques on peut rencontrer, en plaine et en montagne (altitude maximum variable selon les espèces) :

Couleuvres (5 espèces, inoffensives) : la couleuvre helvétique (objet de cet article), la couleuvre vipérine (inféodée aux milieux aquatiques, altitude maximum 1 000 m), la couleuvre verte et jaune (qui est en fait noire et jaune, la plus grande et qui aime monter dans les arbres), la coronelle lisse et la coronelle girondine (qui peut facilement se confondre avec la précédente).

Vipères (morsure dangereuse) : la vipère aspic (Vipera aspis zinnikeri) et la vipère de Seoane ou des Pyrénées. La vipère de Seoane a une répartition très restreinte. Elle est présente le long de la frontière avec l’Espagne depuis la côte, au sud de Saint-Jean-de-Luz où elle est devenue très rare, jusqu’au massif d’Iraty où elle atteint sa limite Est, en passant par la vallée des Aldudes. Elle atteint côté français l’altitude maximale de 1250 m. C’est une des espèces les plus menacées d’extinction en Europe.

Depuis le 12 mai 1979 (ce n’est pas si vieux), ces reptiles font partie des espèces protégées.

Article présenté avec mes photos personnelles. Pour en savoir plus sur cet animal :

http://www.naturemp.org/Couleuvre-a-collier.html

http://www.serpentsdefrance.fr/Couleuvreacollier.php

http://coronella.free.fr/natnat.php

https://www.nature.com/articles/s41598-017-07847-9#additional-information

Deux couleuvres helvétiques en train de chasser en tandem au bord d’un petit ruisseau.

Sortie CPIE Béarn – Tichodrome échelette, l’oiseau papillon (12 mai 2019)

Sortie avec le CPIE Béarn en vallée d’Aspe,

à la recherche de l’Oiseau papillon (12 mai 2019)

Dans la vallée d’Aspe. Une partie du décor de la sortie.

Le CPIE Béarn (installé à Oloron Sainte-Marie) est un réseau d’associations environnementales et un centre permanent d’initiatives pour l’Environnement Béarn.

Il organise entre autres des sorties accompagnées tous publics à thèmes multiples, comme la découverte de la nature dans la région, l’usage des plantes, le jardinage écologique, etc. Son site internet permet d’en savoir plus sur ses missions et j’encourage à le consulter : https://www.cpiebearn.fr/

Résumé de la sortie de ce jour : à la recherche de l’oiseau papillon

Un soir d’automne devant le cirque de Lescun (novembre 2014).

Le rendez-vous d’aujourd’hui est à Lescun, avec un beau soleil matinal qui ne nous quittera pas de la journée. A mon avis, qui a vu une fois le cirque de Lescun aura envie d’y revenir. C’est un site incontournable pour s’imprégner de la beauté de nos Pyrénées. Le thème principal de la journée est la découverte du Tichodrome échelette ou des murailles « Tichodroma muraria », appelé aussi l’oiseau papillon. On le trouve à flanc des falaises et des parois escarpées en montagne et en particulier dans nos Pyrénées. En hiver, on peut parfois l’observer en plaine sur de vieux édifices comme un grand pont en pierre, une église, une cathédrale, une tour ou autres monuments, des lieux d’hivernage où il ne revient pas systématiquement. S’intéresser au tichodrome l’hiver revient un peu à s’intéresser à notre patrimoine culturel.

Il reste encore beaucoup de névés, terrains de jeux pour les isards qui n’hésitent à se vautrer à la recherche de fraîcheur? (clichés pris avec mon portable).

Posé à flanc de paroi, la couleur gris-cendré du tichodrome échelette lui permet de se fondre dans son environnement où il devient quasiment invisible. Il remonte par sauts à la façon d’un grimpereau, en entrouvrant ses larges ailes d’un rouge vif par saccades. C’est à ce moment-là que l’on peut avoir la chance de le détecter, en quête de nourriture composée essentiellement d’insectes et divers invertébrés. On peut aussi le détecter par son chant. Il est tellement petit que, face à l’immense paroi, j’ai l’impression de « chercher une aiguille dans une botte de foin ». Nous étions à plusieurs pour tenter de le localiser, équipés de jumelles et d’une longue-vue pour notre accompagnateur. Celui-ci délimite plusieurs secteurs que l’on va se partager pour faciliter notre recherche. Personnellement, j’avais amené mon téléobjectif, en espérant l’immortaliser. Cet oiseau se mérite et il faut s’armer de patience. Le chercher dans ce décor grandiose de la vallée d’Aspe nous a fait passer un bon moment. Cet oiseau, bien connu de ceux qui pratiquent l’escalade, reste quand même peu courant et son observation ne peut être garantie; mais quel plaisir le jour où je ferai sa rencontre! Pour voir à quoi il ressemble, il vous faudra aller faire un tour sur internet; en effet, je ne publie que des clichés personnels sur mon site.

La présence encore importante de névés à cette période de l’année ne nous a pas permis de faire la boucle initialement prévue mais la sortie reste très intéressante (dénivelé cumulé de 715m pour un dénivelé positif de 460m et une distance de 9,6km).

Bien que ce n’était pas le thème principal de la sortie, on a pu observer de nombreuses plantes et fleurs, dont la liste est assez longue. Il y en a une que j’aime bien, c’est l’érythrone dent-de-chien (Erythronium dens-canis), appelée plus simplement Dent-de-chien. Elle est en pleine floraison sur les pelouses supérieures. Ainsi que la Saxifrage des Pyrénées (Saxifraga longifolia), que j’ai pensé à photographier car hors de portée!

Nous avons vu aussi de nombreux isards se promenant sur les névés ainsi que quelques marmottes.

Parmi les oiseaux, j’ai bien apprécié l’observation d’un Aigle royal juvénile et celle d’un couple de monticoles de roche, un oiseau que je n’avais jamais aperçu auparavant. En plus des espèces courantes vues et/ou entendues en montant dans la forêt de hêtres, nous avons eu l’occasion de voir et entendre le Rougequeue noir et le Traquet motteux.

Le Rougequeue noir, un migrateur partiel initialement inféodé aux milieux rocheux en montagne, est maintenant présent en plaine dans les villes et les villages de notre région. Le Traquet motteux, habitant typique de la montagne, peut lui aussi de rencontrer à plus basse altitude.

On observera également de loin des couples de vautours en train de nicher sur la paroi ainsi que des faucons crécerelles. Et une bonne partie de la journée se passera en compagnie de Chocards à bec jaune, qui sont en pleine préparation du nid.

Notre accompagnateur nous permettra avec une longue-vue de faire des observations très rapprochées.

L’Ossau, un sommet visible même en vallée d’Aspe.

Le monticole merle de roche

Pour moi, c’est la vedette du jour : le Monticole de roche, ici un mâle. Il était accompagné d’une femelle que j’aurais pu également photographier mais j’ai douté du rendu en qualité du cliché. 

Le Monticole merle de roche (Monticola saxatilis) est communément appelé le Merle de roche. Je ne l’avais encore jamais observé et nous avons eu l’opportunité de voir évoluer un couple. Sa rencontre n’est pas courante. Leur comportement rappelle celui des traquets et des rougequeues, qui se mettent en évidence au sommet des rochers en hochant la queue.

Le mâle, en tenue nuptiale, est superbe. Il a la tête et le cou bleu-gris avec une tache blanche sur le dos; le poitrail et la queue sont de couleur orange. La femelle est de couleur discrète, avec la majeure partie de son corps brun moucheté; sa queue est également orange. Ils ont la taille du merle noir.

C’est un montagnard qui fréquente les éboulis et les pelouses parsemées de rochers. Il s’y nourrit d’insectes et de baies. Migrateur, il repart en août-septembre vers l’Afrique Tropicale où il passe l’hiver.

L’Aigle royal

L’aigle royal juvénile, reconnaissable à la tâche blanche plus claire au bout des ailes.

L’Aigle royal (Aquila chrysaetos) est une espèce remarquable de nos Pyrénées. Son envergure va de 1m90 à 2m20 environ. Il est sédentaire en France où il vit exclusivement dans les massifs montagneux.

Son observation n’est pas courante. En 2016, on comptait 70-80 couples présents dans les Pyrénées côté versant français dont 32 couples dans le Parc national des Pyrénées (source : Parc National).

L’Aigle royal adulte (octobre 2018 – Hautes-Pyrénées).

Ma dernière observation de l’Aigle royal datait d’octobre 2018 dans le cirque de Lis ou Erès Lit (Hautes-Pyrénées), dans le Parc national.

Autres photos de la journée

A la sortie de la forêt, la rencontre avec notre premier isard, un bouc qui est en train de muer vers sa livrée estivale. Il s’éloigne paisiblement sur le névé.

(Partage d’une peau d’isard. Au fond, un lit de Dents-de-chiens en pleine floraison).

Les Chocards à bec jaune (Pyrrhocorax graculus) récupèrent des matériaux pour la construction du nid. Ici, ils emportent des poils provenant des restes d’une peau d’isard. De loin, ils peuvent être confondus avec le Crave à bec rouge (Pyrrhocorax pyrrhocorax), qui a le bec … rouge!

Sur ce gros névé, une harde d’isards se promène en « dessinant » des motifs. Ils sont très loin de nous. Ils ont tous des cornes qui dépassent bien des oreilles, sauf un. Les clichés faits sur le versant opposé montrent que les chèvres n’ont pas encore mis bas : les chevreaux sont encore avec leur mère et on n’en voit pas sur les photos ci-dessus. Je pense alors à une harde de boucs avec un éterlou.

L’érythrone dent-de-chien, ou tout simplement Dent-de-chien. J’en avais vu des représentations tellement magnifiées sur certains sites de photographies que lorsque j’ai rencontré mes premières « en vrai », j’ai hésité pour leur mettre un nom dessus.

Sur les parois, de belles saxifrages des Pyrénées (Saxifraga longifolia), plante grasse endémique. Elle pousse sur les falaises calcaires. Elle fleurit de juin à août, sous la forme d’ une grande hampe (jusqu’à 80 cm) pouvant contenir plus d’une centaine de fleurs blanches puis elle meurt.

Un isard adulte. Il s’est éloigné à découvert dans les éboulis où il a hésité un bon moment, ne sachant pas trop quelle attitude adopter devant notre présence à distance conséquente. Quelques pas et puis quelques minutes d’observation et ainsi de suite pendant un long moment. Il va finir par se coucher dans ces éboulis. J’ai pensé à un moment à une femelle qui aurait mis bas et qui cherchait à nous éloigner de son chevreau. Les turbulences de chaleur dans les éboulis perturbent la netteté des clichés pour reconnaître à coup sûr. Plutôt un brocard solitaire? Les autres isards proches de lui, sur les clichés ci-dessous, sont des femelles avec leurs jeunes nés au printemps dernier.

Toutes nos observations sont faites sans perturber ces beaux animaux.

Une chèvre avec deux chevreaux. Le reste de la harde est un peu au-dessus et se dirige vers un névé.

La chèvre se retourne avant de s’éloigner définitivement.

Deux chèvres et trois chevreaux (nés au printemps dernier) sur le névé. Décompte fait avec la longueur des cornes par rapport à la longueur des oreilles.

La troisième mère se rafraîchit sur le névé, près du reste de la harde.

Les deux chevreaux  de la première photo font demi-tour.

Les vautours sont en train de nicher sur la paroi, au moins trois couples.

L’un des vautours fauve quitte le nid et passe près de nous. Il y aura peu de rapaces aujourd’hui; les thermiques n’étaient pas favorables pour leur ballet aérien habituel. 

Cette publication est faite à partir des photos prises lors de la sortie, exceptées celle du cirque de Lescun en automne (novembre 2014) et les deux représentant un Aigle royal adulte dans les Hautes-Pyrénées (octobre 2018).