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Le Cerf élaphe dans les Pyrénées (Partie 4) – Le brame

Le Cerf élaphe dans les Pyrénées

Le Brame

Dans la rédaction de mes articles, j’aborde en priorité ce qui est important pour moi de retenir afin de mieux comprendre et apprécier la Nature. J’essaie de l’illustrer avec mes photos.

Le Cerf élaphe (Cervus elaphus) ne fait pas (encore) partie de mon environnement immédiat et j’aime bien aller à sa rencontre en montagne.

Après avoir publié sur son origine, sa population, le vocabulaire nécessaire pour mieux le connaître et son mode de vie, voilà enfin mon dernier article consacré au brame.

Le brame

Il annonce le début de la période de reproduction qui a lieu à la fin de l’été – début de l’automne. Le cerf est alors en rut, une période très épuisante pour lui où il perdra beaucoup de poids. Il en « oublie » parfois de s’alimenter.

Au lever du soleil. Ce « pauvre » cerf semble bien exténué par une nuit agité. Il disparaît rapidement dans la végétation pour récupérer jusqu’en soirée.

Les cerfs sont souvent fidèles aux mêmes lieux et retournent dans le secteur où ils ont vu le jour. Ils peuvent parcourir de longues distances pour revenir chaque année au même endroit, la place de brame.

Les grands mâles se rapprochent des femelles tandis que les plus jeunes forment de petits groupes à part.

Polygame, le cerf va d’abord se constituer un harem. Il regroupe les femelles pour mieux les surveiller sur un territoire qu’il va défendre âprement en défiant les rivaux qui oseraient s’y aventurer. C’est le meilleur moment pour l’observation visuelle du « roi de la forêt ».

A découvert à la lisière d’un bois, …

Dans une clairière, …

Sur une crête, …

Au bord d’une falaise, …

Dans des éboulis, …

Sur une « pelouse »,

En effet, concentré sur sa quête amoureuse, il est beaucoup moins craintif et se montre volontiers à découvert à la lisière d’un bois, dans une clairière, en surplomb sur une crête ou au bord d’une falaise.

Mâle et femelles commencent à se manifester en fin d’après-midi.

Les femelles sortent à découvert les premières.

Le mâle descend prudemment, …

…, et rejoint les femelles à découvert.

Les biches sont les premières à sortir du couvert pour venir brouter tranquillement dans les estives et surveiller les environs. Le mâle, méfiant, ne sortira qu’en dernier et plus tard.

A la moindre alerte, il file se réfugier sous le couvert.

Devant un danger potentiel, il est bien plus prompt à fuir que les femelles, qui s’éloignent en bon ordre sans paniquer. Quand elles aperçoivent un humain de loin, elles s’arrêtent de manger et peuvent le laisser encore un peu avancer, tant qu’il reste dans leur champ de vision. Si l’humain est momentanément hors de celui-ci, elles en profitent pour décamper.

Sur ce cliché, on peut remarquer la différence de couleur sur le pelage; une des deux biches a déjà mué.

Le meilleur moment pour assister au spectacle du brame est, pour moi, juste avant la tombée de la nuit et depuis un point dominant. Il faut être déjà en place bien plus tôt et rester discret.

Quand le mâle apparaît, il pousse son cri rauque et puissant pour prévenir les femelles qu’il est bien là et pour intimider ses concurrents potentiels, le fameux brame, raire ou rée. Le terme « raire » ou « rée » s’applique d’ailleurs aussi à d’autres espèces lors du rut, comme le chevreuil, le chamois, l’isard.

Le soleil va bientôt éclairer et réchauffer le versant de la montagne. Il est bientôt l’heure d’aller se reposer pour la journée!

D’un versant à l’autre de la montagne, son cri résonne à partir de 18h00-19h00 jusqu’à tard dans la nuit et aussi de l’aurore jusqu’aux environs de 9h00; tout cela dépend du lieu et de l’avancement de la reproduction.

Un moment de quiétude en soirée sur une estive du piémont pyrénéen – Ce superbe « 12 cors » y règne en maître absolu, sans concurrence. Deux faons au premier plan, deux biches et une bichette à leur gauche. Cette année, il était absent mais j’y suis très peu allé. J’espère, bien sûr, l’y revoir! Celui-là, je ne l’ai jamais entendu bramer.

Les meilleures places d’écoute sont celles bien sûr où ils sont nombreux; s’il n’y a pas de brame, cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas de cerf mais simplement qu’il n’y a pas de compétition.

Excité, il lacère le sol avec ses bois,  frotte son front contre la végétation haute.

Le cerf montre son excitation en tirant et rentrant la langue à plusieurs reprises pour la passer sur son museau. Il peut aussi s’asperger le ventre et le museau d’un puissant parfum, composé de… sperme et d’urine!

Ce jeune mâle s’approche prudemment de quelques femelles, déjà sous la domination d’un autre mâle momentanément absent.

Le mâle dominant intervient rapidement et éloigne ses femelles, tandis que le faon s’attarde à faire « ami-ami » avec le nouveau-venu.

Le mâle dominant revient sur ses pas, après avoir éloigné son harem. Il est en colère! Un autre jeune s’est approché.

Le « jeune », à gauche, n’en mène pas large (à voir ses oreilles); il ne fait pas le poids. Il n’insiste pas et feint d’ignorer le mâle.

Le dominant revient vers ses femelles, qu’il repousse vers les hauteurs!

Si un rival se présente pour revendiquer la place, les deux cerfs tentent d’abord de s’impressionner en bramant puis se jaugent en se déplaçant l’un à côté de l’autre, en bavant et tirant la langue. La plupart du temps, l’intimidation suffit pour repousser le prétendant qui n’insistera pas.

Quand les deux antagonistes sont de puissance égale et qu’aucun des deux ne veut céder la place, la confrontation est inévitable. Les deux cervidés s’affrontent alors en se jetant l’un contre l’autre, la tête en avant afin de déséquilibrer l’adversaire et le chasser. Les bois s’entrechoquent dans un bruit sec. Quand le vaincu prend la fuite, il est brièvement poursuivi par le maître de la place qui, après s’être assuré que le challenger est bien en déroute, poussera à son intention un cri triomphant.

Trois « huit cors » rôdent sur le flanc de la montagne, à distance prudente d’un dominant.

Les plus jeunes rôdent à la périphérie. L’un d’entre eux profite parfois de cette situation d’affrontement pour couvrir une femelle réceptive à l’insu du maître de la place. Ils ont aussi leur chance à la fin du rut, quand le dominant, trop épuisé, baisse la garde.

Dans les estives du piémont, le harem est un peu plus important qu’en altitude. 

En effet, dans les endroits escarpés, il est plus difficile pour le mâle de regrouper ou de maintenir groupées les femelles récalcitrantes.

La femelle n’est réceptive que peu de temps, une seule journée. Il est vital pour la reproduction de l’espèce que l’observation du brame, qui est une pratique qui se développe de plus en plus, ne vienne perturber les animaux à un moment si sensible. Elle demande de garder des distances respectables et d’être discret, de ne pas les perturber par des comportements inappropriés (utilisation d’un éclairage, par exemple); tout cela n’est en fait qu’une simple question de bon sens.

L’augmentation importante de son taux de testostérone durant cette période rend le cerf agressif. L’animal, qui fuit normalement devant un danger, peut se sentir menacé s’il est dérangé dans son environnement immédiat et avoir un comportement impulsif. Bien que les attaques de cerfs soient très rares, il est inutile de se mettre en danger.

Mon meilleur souvenir de brame

C’est le récit d’une belle rencontre, la meilleure façon pour moi de remercier ce bel animal qui m’a fait ressentir des sensations inattendues et inoubliables :

« Alors que je commençais tranquillement à redescendre vers la vallée à l’approche de la nuit, il a surgi devant moi, comme venu de nulle part. Après quelques pas de côté provoqués par la surprise, il me fait à nouveau face, tranquille et intrigué. Entre-temps, j’ai relevé lentement mon téléobjectif et mon visage est masqué par la protection anti-bruit.

Rendu discret par mes vêtements couleur camouflage, il a du mal à me discerner et ne sait apparemment pas à quoi il a affaire. Le temps s’est figé de part et d’autre. Mon cœur bat fort. J’arrive à trouver le réglage iso/vitesse qui me permet de figer ce moment. J’aurai la chance qu’il garde une immobilité parfaite.

Puis on s’observe dans un grand silence, mon regard légèrement décalé au-dessus du viseur de l’appareil photo. Mes bras, relevés, commencent à trembler sous l’effort pour garder la position immobile. Je n’en peux plus mais je ne veux pas qu’il parte.

Après m’avoir bien toisé et évalué, il décide enfin de s’éloigner et me laisse le champ libre pour continuer la descente. Il était temps, la nuit arrive vite. 

Je redescendrai, prudemment, en évitant au début d’allumer la frontale pour ne pas perturber la magie d’une rencontre réussie. Tout fut parfait, je rejoins la voiture sans encombre ».

Le bel animal à une heure tardive.

Article rédigé à partir de mes photos personnelles et de mes observations de terrain ainsi que de quelques sources internet déjà citées dans mes articles précédents.

Je recommande aussi, pour une meilleure connaissance de l’animal, l’ouvrage très intéressant du Dr Ed. VARIN « Chevreuil Cerf et Sanglier », paru en 1980 aux Editions de l’Orée (2ème édition, revue et augmentée). Bon nombre des thèses s’en sont d’ailleurs inspiré.

Pour assister au combat de deux cerfs dans les Pyrénées, suivre le lien qui mène à ma petite vidéo sur Vimeo : c’est ICI.

Le Cerf élaphe dans les Pyrénées (Partie 3) – Son mode de vie

Le Cerf élaphe dans les Pyrénées

Partie III – Comportement, mœurs et vie sociale

Après avoir abordé dans les précédents articles l’origine et la population du Cerf élaphe (Cervus elaphus) dans les Pyrénées suivi par le vocabulaire utile pour mieux le connaître, voici maintenant quelques informations sur son mode de vie. Je traiterai ensuite dans un dernier article du brame.

Comportement du cerf élaphe

A l’approche de la nuit – Ces trois femelles m’ont repéré : leurs oreilles dressées à l’écoute, elles sont immobiles, leurs museaux tendus vers le même point. Elles restent longuement à m’observer jusqu’à ce que je passe sous le couvert. Elles vont alors disparaître furtivement, sans que je m’en aperçoive.

L’ouïe et surtout l’odorat du cerf élaphe sont très développés. Il peut détecter une odeur suspecte jusqu’à 300 m, avec vent favorable. Sa vue est meilleure que celle du chevreuil, mais en cas de parfaite immobilité, le cerf élaphe aura du mal à vous identifier; j’ai pu le vérifier à plusieurs reprises.

Au crépuscule, fin septembre – Deux daguets (nés il y a environ 16 mois) en compagnie d’un faon de l’année (avec encore ses taches). Il est le petit frère (ou sœur) de l’un des deux. Les velours des daguets sont très petits, les dagues commencent juste à pousser: cela m’intrigue. D’après la littérature, cela pourrait être un signe de croissance défectueuse. Dans tous les cas, les daguets les plus précoces à avoir leurs dagues sont aussi ceux promus à un bel avenir du point de vue ramure.

Il a des habitudes essentiellement crépusculaires et nocturnes. En montagne, son cycle journalier est régulier: il quitte les fonds de vallée le matin pour monter vers des zones plus tranquilles où il se reposera toute la journée. Il redescend en soirée pour se nourrir et rejoindre les points d’eau où il se souille pour se débarrasser des parasites. La souille (flaque d’eau boueuse où l’animal se vautre) est fréquentée par les deux sexes en été et pendant les mues, par le mâle pendant le brame.

A l’approche de la nuit – Un joli mâle, à la sortie de la souille. Sa crinière (ou fanon) est mouillée. Il va passer un petit moment à s’ébrouer devant moi.

Il recherche sa nourriture à l’aube et au crépuscule. C’est un herbivore et un ruminant; sa consommation quotidienne de végétaux est en moyenne de 10 à 15 kg. Elle est composée pour beaucoup d’herbes diverses auxquelles s’ajoutent des feuilles d’arbre et d’arbuste, des bourgeons, des rejets, des écorces, des bruyères, des fruits divers (glands, marrons et châtaignes en automne et en hiver). Il aime bien les pommes. La variété de son alimentation est fonction de la diversité du territoire occupé. Il boit très peu, se contentant comme le chevreuil de l’eau contenue dans les végétaux et de la rosée du matin (sauf en été et en période de rut).

Moeurs du cerf élaphe

Les premiers émois d’un cerf sur sa troisième année – Il n’aura pas l’occasion de conclure (chassé par le mâle dominant).

La maturité sexuelle est atteinte vers 18-24 mois chez le mâle; c’est aussi l’âge où il va quitter le noyau familial. Au brame suivant, sur sa troisième année (et jusqu’à 5-6 ans), il peut être actif mais non dominant, s’il y a de la concurrence. Il sera en effet confronté à bien plus fort que lui et il n’aura de descendance assurée que quand il sera en capacité de s’imposer.

Un soir d’été sur une crête – Une biche d’un certain âge, reconnaissable à son museau allongé. 

Dans la brume en altitude, à la fin d’une journée un peu triste mais propice à l’approche de ces animaux attachants. 

Cette maturité sexuelle est située entre dix-huit et trente mois chez la femelle, parfois plus. Elle a besoin d’un poids d’environ 60 kg pour une première reproduction. Elle n’est sexuellement réceptive qu’une seule journée dans l’année, à la période du brame. Elle donnera naissance en mai-juin à un seul faon par an après une gestation de huit mois environ (225 – 245 jours). La biche s’isole alors de la harde pour la mise bas dans une zone non enherbée, à l’abri du dérangement et la rejoindra à nouveau dès que le faon est capable de la suivre, environ 15 jours plus tard. Elle retrouve la bichette ou le daguet de l’année précédente.

Allaitement du faon, un soir de septembre en montagne.

A la naissance, le faon pèse de 6 à 9 kg environ (le mâle est plus lourd que la femelle) et sa croissance est rapide pour atteindre 45 à 60 kg à 6 mois. Il est sevré dès l’âge de 6 mois et l’allaitement peut encore durer jusqu’à 8-10 mois.

La maturité corporelle est atteinte vers 4-5 ans chez la biche (80 à 130 kg, pour 1,00 à 1,20 m au garrot) et vers 7-8 ans chez le cerf (130 à 250 kg, pour 1,20 à 1,45 m au garrot). Ces valeurs morphologiques différent sensiblement selon les sources consultées et c’est normal; elle dépendent du biotope et il ne faut les retenir que comme un ordre d’idée.

Un mâle dominant avec une de ses biches, dans une estive fin septembre.

Je rappelle que le cerf élaphe pyrénéen, espèce réintroduite, s’est adapté à son environnement montagnard en étant plus petit, plus léger (jusqu’à 170 kg environ) et plus agile que celui de la plaine!

Un faon dans une estive, fin septembre. Les taches blanches sont encore bien présentes.

A la même période mais en altitude. Ce faon a déjà perdu sa livrée tachetée, son pelage a bientôt fini de muer.

Et ce faon-là (à droite et toujours à la même période), a perdu ses taches mais garde encore son pelage d’été.

La livrée brun clair du faon est tachetée de blanc à la naissance. Ces tâches disparaissent à partir du 4ème mois, à la mue d’automne. Pour information, la disposition de ces tâches sur les flancs sont disparates alors qu’elles sont alignées chez le faon de la chevrette (femelle du chevreuil). Mais le meilleur moyen pour les différencier, en dehors de la taille bien sûr, est que le faon du cerf élaphe a une queue, contrairement à celui de chevreuil. 

Dans une forêt de conifères, au mois de mai – Une biche adulte,au milieu des arbres couchés par une tempête.

Quelques secondes plus tard, c’est au tour de sa fille de passer, devenue maintenant une bichette avec encore son poil d’hiver.

La couleur du pelage de l’espèce varie suivant les saisons et elle est plus foncée pour le mâle. L’espèce connait deux mues par an, un pelage d’été léger brun-roux (avril-mai), celui de l’hiver étant plus épais pour lutter contre le froid, gris-brun (octobre). Comme pour le chevreuil, la mue de printemps est très marquée.

Un cerf d’âge mûr.

Au-delà de huit ans, un cerf est considéré d’âge mûr. Il ne grandit pratiquement plus et tout l’apport alimentaire en minéraux d’ossification est entièrement disponible pour la repousse des bois (celle-ci arrive plus tardivement chez les jeunes). La croissance de la ramure s’accélère aussi. La couronne majestueuse portée par le « Roi de la forêt » devient d’année en année de plus en plus imposante.

Un autre mâle, lui aussi dans la force de l’âge. 

Leur espérance de vie est d’une quinzaine d’années environ.

La vie sociale du cerf élaphe

Ce sont des animaux grégaires. Hors période de reproduction, ils se répartissent en deux groupes où mâles et femelles adultes vivent séparés la majeure partie de l’année. Les deux groupes ont des territoires propres, bien distincts. Les grands cerfs se tiennent vraiment à l’écart, dans des secteurs souvent beaucoup plus lointains que ceux des femelles. Les mâles choisissent leurs secteurs en privilégiant la discrétion et la tranquillité, les femelles d’après la qualité de la nourriture. Elles ne s’éloignent généralement pas du lieu où elles sont nées; les mâles, eux, y reviennent pour le brame.

A l’approche de la nuit. De gauche à droite, la biche, le faon et en arrière-plan, la bichette.

L’organisation sociale est matriarcale. Le noyau familial de base est constituée par la mère accompagnée de son faon. La jeune femelle de l’année précédente reste avec elle jusqu’à ses deux ans. Plus tard, elle restera à proximité directe de celle-ci et gardera des contacts avec sa mère la vie durant.

Une harde de plusieurs femelles adultes est généralement constituée d’individus apparentés. En effet, la jeune biche née deux ans 1/2 plus tôt et pouvant être elle-même suitée, s’associe assez souvent au trio de sa mère, formant alors une harde de quatre ou cinq animaux et ainsi de suite. C’est surtout pendant l’hiver que ces groupes familiaux se réunissent pour former une plus grande harde sous la vigilance de la vieille biche qui devient meneuse.

Dans une estive, fin septembre – Une biche adulte, son faon de l’année encore tacheté et en partie caché par la végétation qui me protège, son daguet avec encore ses velours. Il quittera sa mère dans les semaines qui suivent le rut.

Le jeune mâle, par contre, quitte sa mère vers l’âge de 18 à 24 mois. Il rejoint une harde de mâles déjà existante ou en fonde une nouvelle avec des mâles de son âge.

Un cerf adulte sur sa place de brame, en altitude. Devant lui, un groupe matriarcal constitué d’une biche, sa bichette et son faon.

Les mâles de deux ans et plus vivent donc aussi en hardes dont la cohésion varie au cours des saisons. Fin août, les groupes se disloquent à l’approche du rut. La hiérarchie s’affirme et les grands mâles deviennent individualistes. Au début de l’automne, le cerf gagne la place de brame. Après le rut (qui a lieu de la mi-septembre à la mi-octobre), les mâles quittent la place et retournent sur leurs quartiers de nourrissage où ils se regroupent à nouveau. Cet instinct grégaire leur assure une meilleure protection contre les dangers. Du jour au lendemain et contrairement au chevreuil, ils reviennent rarement à couvert au même endroit pour se reposer, leur territoire vital est grand. Certains vieux mâles restent seuls et s’isolent.

Ces hardes de mâles ou de femelles ont des effectifs plus restreints dans nos contreforts pyrénéens qu’en plaine.

Je vous encourage à regarder mon article suivant, consacré uniquement au brame.

Article rédigé à partir de mes photos personnelles, de mes observations de terrain et de sources internet déjà citées dans mes articles précédents.

Je recommande aussi, pour une meilleure connaissance de l’animal, l’ouvrage très intéressant du Dr Ed. VARIN « Chevreuil Cerf et Sanglier », paru en 1980 aux Editions de l’Orée (2ème édition, revue et augmentée). Bon nombre des thèses s’en sont d’ailleurs inspiré.

Le Cerf élaphe dans les Pyrénées (Partie 2) – Le vocabulaire et les classes d’âge du cerf

Le Cerf élaphe dans les Pyrénées

Partie II – Vocabulaire et classes d’âge du cerf 

Après avoir parlé dans mon précédent article de l’origine et de la population du Cerf élaphe dans les Pyrénées, j’aborde ici le vocabulaire qu’il est, je pense, important de connaître. Je parlerai dans les publications suivantes des autres thèmes qui m’intéressent sur cet animal comme son comportement, sa vie sociale et le brame.

Le vocabulaire dédié à l’animal

Une harde de femelles à la période du rut, fin septembre. Elle est composée de deux faons, deux daguets avec encore leurs velours et quatre femelles dont probablement trois biches et une bichette.

Le terme « Cerf élaphe » désigne aussi bien la femelle que le mâle. La harde désigne indifféremment un regroupement de femelles avec leur progéniture ou un regroupement de mâles.

Fin septembre – Un faon encore tacheté dans une estive.

A partir de l’âge de 6 mois, un vocabulaire particulier en rapport avec l’avancement en âge s’applique à chaque sexe :

     _La femelle se dénomme faon jusqu’à un an (qui correspond à la venue au monde du faon suivant), bichette jusqu’à ses deux ans puis biche au-delà; elle est alors en âge de procréer. Elle est suitée si son faon l’accompagne, meneuse quand elle se trouve en tête d’une harde qu’elle dirige. Une biche âgée et stérile est appelée bréhaigne.

« J’ai vu une biche! ». Dans l’esprit de beaucoup de gens, biche ou chevreuil (mâle ou femelle), c’est la même chose. J’ai régulièrement essayé de corriger cette erreur, avec peu de succès, je l’avoue.

Fin septembre – Une biche adulte et son faon dont le pelage a pratiquement mué.

Un faon encore tacheté, sa mère et une bichette (sa grande sœur).

    _Le mâle se dénomme faon jusqu’à l’apparition de ses pivots, à partir de ses 6 mois ou un peu plus tard; le pivot est l’assise génératrice de ses futurs bois. Jusqu’alors, il était difficile de le différencier de la femelle. Au-delà et jusqu’à l’âge d’un an, on le dénomme hère. A un an, il devient un daguet, puis cerf au-delà de deux ans. Le daguet porte deux dagues qui grandissent sous velours, surtout à partir de juillet : ce sont des bois sans meule ni ramifications, dont la croissance sera terminée fin août-septembre. Le velours tombe courant septembre-début octobre: le daguet est alors âgé d’environ 1 an 1/2.

Un 10 cors dans la force de l’âge.

On caractérise souvent le mâle par le nombre de ces ramifications. Par exemple, le 10 cors porte cinq andouillers sur chaque bois. On parle aussi de cerf de 1ère, 2ème ou … 10ème tête, … (expression que j’ai entendu pour la première fois cette année) suivant qu’il a des bois pour la 1ère, 2ème ou … 10ème année. En principe, le cerf de 1ère tête est daguet et les deux termes sont souvent confondus. Au-delà, l’âge précis du cerf est délicat à donner, on le verra plus loin.

Le vocabulaire dédié aux bois du cerf

Les bois du cerf – A la base : 1- Le pivot; 2- La meule; 3- Le merrain;

Puis, les andouillers caractéristiques : 4- L’andouiller de massacre 5- Le surandouiller 6- La chevillure (andouiller médian)

Et la partie sommitale : 7- La fourche, composée de 2 cors et 8- L’empaumure, composée de minimum 3 cors ou plus. 

Le pivot, déjà cité, est une protubérance osseuse sur l’os frontal du mâle; elle abrite l’assise génératrice des bois.

La meule est le renflement en forme d’anneau situé à la base des bois et elle n’apparaît qu’à la deuxième repousse (le daguet n’en porte pas). Elle fait le lien entre le pivot et le merrain.

Le merrain est le tronc des bois du cerf d’où partent les ramifications caractéristiques appelées andouillers ou cors. Il est situé au-dessus de la meule. Le mot « merrain » est employé à partir de la deuxième repousse: le daguet a perdu ses dagues et est devenu un jeune cerf de deux ans dont les bois portent ses premières ramifications.

Les bois sont des organes osseux vascularisés, constitués de la meule et du merrain d’où partent les andouillers ou cors, qui se dirigent généralement vers l’avant. La ramure représente l’ensemble des deux bois.

On dit qu’un cerf ravale quand, arrivé à un âge avancé, son nombre de cors diminue, sa ramure régresse en taille.

Parmi les andouillers, on distingue l’andouiller de massacre, premier andouiller du bas, puis le surandouiller, la chevillure (andouiller médian).

On arrive, enfin, à la partie sommitale des bois : elle peut être composée d’une simple pointe, d’une fourche (deux pointes) ou d’une empaumure.

Un mâle adulte avec une fourche à gauche et une empaumure à droite.

On considère comme empaumure toute formation minimale de 3 pointes d’au moins cinq centimètres au-dessus de la chevillure ou andouiller médian. Ces trois pointes (ou plus) sont alors appelées épois. La trochure, andouiller qui vient parfois s’insérer sur le merrain entre la chevillure et la formation sommitale, est à compter dans l’empaumure.

Cette partie sommitale sert à définir des classes d’âge pour le mâle, sujet que l’on abordera un peu plus loin.

Quelques informations sur les bois de cerf

La croissance des bois (ainsi que le nombre de cors) dépend à la fois de la génétique, de la richesse alimentaire du milieu et de la densité d’animaux. Quand les conditions de vie sont très bonnes, les bois connaissent une croissance rapide, se ramifiant plus précocement. A l’inverse, les jeunes cerfs sont majoritairement porteurs de pointes sommitales.

Les bois sont caducs; ils tombent tous les ans à la fin de l’hiver. Les vieux cerfs les perdent en premier (à partir de fin février) tandis que les jeunes daguets sont les derniers à les perdre, à partir du mois d’avril. En l’absence de ces bois, on les appelle tous des mulets. La repousse commence aussitôt sous forme de velours et la minéralisation des nouveaux bois est rapide. Elles se termine en juillet-août (pour les plus vieux) par la chute du velours et la coloration du bois.

Un cerf adulte à la ramure brune.

Cette coloration du bois dépend des essences d’arbres sur lesquels le cerf le(s) frotte(nt). Elle est le résultat d’une oxydation des pigments qui se trouvent sur celui-ci. En effet, cette oxydation pour être complète nécessite l’intervention de sucs contenus dans la sève de l’arbre. On a constaté que l’animal ayant frotté ses bois sur des hêtres ou des bouleaux avait une ramure rousse, qu’elle était brune avec le chêne, le frêne et les résineux, noirâtre avec le charme et le tremble. Tout le bois n’est pas coloré; les extrémités des andouillers restent blancs, la sève ne se fixant pas à ces endroits-là par suite des frottements fréquents auxquels ils sont exposés.

La morphologie des bois étant déterminée par le patrimoine génétique, il apparaît très improbable de rencontrer deux cerfs aux ramures identiques. La forme des bois varie individuellement et on peut identifier le porteur avec cette caractéristique, d’une année sur l’autre.

La longueur des merrains, le volume et la masse des bois augmentent régulièrement avec l’âge, mais pas le nombre d’andouillers. Ce nombre n’indique absolument pas l’âge du cerf!

La croissance des bois est continue sur un an, avant leur renouvellement. Elle ralentit vers 8-10 ans et se stabilise vers 12 ans. La ramure peut être de grande taille. Chaque bois peut peser jusqu’à 4-6 kg pour une longueur de 0,80 à 1 mètre sur un bel animal.

Dans nos Pyrénées, le nombre moyen de cors est de 10-12, avec un maximum de 18 cors.

Les classes d’âge du cerf

Quand je vois un cerf de belle prestance en photo, je me demande régulièrement: quel est son âge? Il est difficile de répondre avec précision à moins d’être un spécialiste de la question.

Malgré les exceptions toujours présentes, on peut déjà en avoir un ordre d’idée. En effet, la forme sommitale de la ramure des mâles reflète globalement leur classe d’âge. En l’observant, on peut distinguer trois catégories de cerfs:

Schéma extrait de l’ouvrage du Docteur Varin: Chevreuil Cerf et Sanglier. Utile pour le rappel de certains termes.

Les cerfs à pointes: ce sont les daguets (2 dagues), les 4 cors (avec l’andouiller de massacre), 6 cors (avec l’arrivée de l’andouiller médian ou chevillure), 8 cors à surandouillers.

Pendant le brame – Tout à gauche, un jeune cerf à pointes sur sa deuxième année reste à l’écart. Il est possible que sa mère fasse partie de la harde et qu’il en a été exclu par ce mâle dominant, un dix cors d’un certain âge.

Un jeune 4 corps, fin septembre : les meules sont bien présentes, les dagues sont longues avec une courbure en lyre. L’andouiller de massacre est bien développé et il manque l’andouiller médian ou chevillure : c’est en quelque sorte un six corps raté, de deux ans révolus (appelé 2è tête).

Un jeune six corps,  fin septembre : andouillers de massacre (peu développés), surandouillers, andouillers médians appelés chevillures, puis la pointe. Il a trois ans révolus (appelé un 3è tête).

Ces individus à pointes sont essentiellement des jeunes (de la 1ère à la 3è tête, de un à trois ans). Un jeune de deux ans sera normalement six corps et peut même déjà, dans les meilleurs cas, devenir 8 corps. Le surandouiller n’apparaît, sauf cas exceptionnels, qu’à partir de la troisième année.

Les cerfs à fourches: ils ont toujours au moins l’andouiller de massacre et l’andouiller médian (la chevillure). Ce sont donc les 8 cors sans surandouillers et les 10 cors à surandouillers, avec une fourche au-dessus de la chevillure. Ils se rencontrent dans toutes les classes d’âge, jusqu’au vieux 8 ou 10 cors perpétuels :

Un dix cors à fourches à surandouillers, adulte.

Les cerfs à empaumures: ils ont toujours au moins l’andouiller de massacre, l’andouiller médian et  au moins trois pointes ou épois à l’empaumure. Ce sont donc les 10 cors sans surandouillers, les 12 cors et plus avec surandouillers. Ce sont surtout des animaux adultes (de 6 à 8 ans), mûrs (9, 10 ans, à leur apogée physique et comportementale) et au-delà (les vieux cerfs ravalent au-delà de 12 ans) :

Un 12 cors à empaumures.

L’analyse d’un bois retrouvé dans la nature peut également donner une idée de la classe d’âge. La meule forme une margelle qui, en fonction du vieillissement, devient rehaussée de pierrures: leur nombre s’amplifie avec le temps. Elle s’élargit et s’amenuise en longueur au fur et à mesure que les années passent. Le merrain, lisse chez les jeunes, s’enrichit plus tard de nodulations rugueuses en forme de perles ou perlures. Il présente aussi des sillons linéaires dans l’axe du bois, les gouttières, qui seront de plus en plus profondément sculptées. Le poids et l’épaisseur du bois d’un cerf adulte augmente avec les années; ce poids se déplace vers le bas.

Un dernier regard avant de disparaître sur l’autre versant de la montagne.

Je vous encourage à regarder mes articles suivants, consacrés au mode de vie du cerf, puis au brame.

Article rédigé à partir de mes photos personnelles, de mes observations de terrain ainsi que de quelques sources internet, dont celle-ci:

http://www.oncfs.gouv.fr/Connaitre-les-especes-ru73/Le-Cerf-elaphe-ar978#

Je recommande aussi, pour une meilleure connaissance de l’animal, l’ouvrage très intéressant du Dr Ed. VARIN « Chevreuil Cerf et Sanglier », paru en 1980 aux Editions de l’Orée (2ème édition, revue et augmentée). Bon nombre des thèses s’en sont d’ailleurs inspiré.

Le Cerf élaphe dans les Pyrénées (Partie 1) – Son origine et la population

Le Cerf élaphe dans les Pyrénées

Partie I – Origine de l’espèce, aperçu sur sa population

Un mâle dans la force de l’âge. 

Le Cerf élaphe (Cervus elaphus) est le plus grand mammifère sauvage que l’on puisse trouver en France, à l’exception de l’ours. Il était à l’origine une espèce de milieux ouverts devenue forestière avec l’augmentation de l’activité humaine. On le retrouve aujourd’hui dans les massifs boisés très étendus, d’autant plus s’ils sont peu fréquentés par l’homme. Le mâle ou cerf est un animal majestueux qui a son heure de gloire auprès des photographes à la période du brame. C’est en effet le moment où il est le plus facile à observer. La plupart des clichés de mes articles consacrés à cet animal sont d’ailleurs pris à cette période-là. La biche, sa femelle, est plus facile à rencontrer le reste de l’année.

Origine de l’espèce

Présente depuis la préhistoire dans la montagne pyrénéenne et sur son piémont, cette espèce a été considérée comme éteinte autour des années 1700, causé par une pression excessive de la chasse et la diminution de la surface occupée par les forêts. En 1875, une réintroduction de l’espèce est menée avec un premier lâcher dans le Luchonnais. Les résultats sont initialement encourageants mais après 1920, l’espèce a de nouveau sévèrement décliné.

Vigilant sur une crête!

A partir des années 1950, quelques dizaines d’individus provenant de la réserve de chasse de Chambord ont été relâchés pour la réintroduire à nouveau. Les premiers sont relâchés dans les Hautes-Pyrénées en 1958 en trois fois sur la commune de Ferrère, dans la vallée de Barousse (2 mâles et 10 femelles pleines). Les lâchers suivants ont lieu en Haute-Garonne avec douze autres sur la commune de Cagire suivi de sept biches et trois cerfs en 1966 et 1969 à Luchon, et enfin deux mâles et trois femelles à Melles.

Biche adulte dans une estive.

Un cliché que j’aime bien, au lever du soleil. Une biche, avec son nouveau pelage gris, début octobre. 

A partir de cette souche unique de 38 bêtes (une femelle a péri noyée), les effectifs du cerf élaphe se sont fortement développés et ont colonisé intégralement la zone de piémont mais aussi la haute chaîne. Son aire de répartition locale va maintenant de la limite de la Haute-Garonne à celle des Hautes-Pyrénées, (et vers les Pyrénées-Atlantiques, lire plus loin) selon une densité s’amenuisant de l’est vers l’ouest.

Une scène pas courante, aux premiers rayons du soleil. Un cerf et deux biches (en bas à droite) broutent en compagnie de deux isards (en haut à gauche et au milieu). 

Pour ces Pyrénées centrales, la superficie occupée par le cerf élaphe a été multipliée par 5 de 1985 à 2015 et elle continue à s’étendre. La colonisation a été surtout spectaculaire dans le milieu montagnard.

Une jeune biche au pelage atypique en bordure d’un bois en fin de soirée – Près de Marciac, Gers (07 septembre 2019).

Les divers intervenants ont décidé qu’il n’avait pas sa place au nord de l’autoroute A64 (Toulouse-Tarbes), pour des questions de sécurité liées à la présence de celle-ci. Une autre raison importante est la présence (dans des départements limitrophes concernés comme le Gers) de massifs forestiers trop petits pour éviter des préjudices aux arbres. En effet, en dessous de 600 m environ, le cerf est nettement inféodé aux forêts de feuillus et résineux.

Dans la sécurité du sous-bois.

Plus récemment une seconde souche de l’espèce est apparue dans les Pyrénées-Atlantiques, au Pays Basque. Son origine provient d’individus issus des monts de Tolède au centre de la Péninsule ibérique et réintroduits dans la partie navarraise (vallées de Salazar et d’Aezkoa) de la forêt d’Iraty. Ces animaux qui n’ont pas de frontières ont essaimé vers la forêt d’Iraty de Soule et le massif des Arbailles au début des années 1980. La forêt d’Iraty est considérée comme étant la plus grande hêtraie d’Europe; elle s’étage de 900 à 1500 m d’altitude de part et d’autre de la frontière franco-espagnole, sur 17 000 hectares dont 2 300 côté français. Des lâchers ont également eu lieu avec succès en Haute Soule en 2006. Depuis 2009, une nouvelle population issue d’un enclos particulier est apparue entre les vallées d’Aspe et d’Ossau, qui comprenait au départ trois individus.

Dans les Pyrénées – Rencontre avec une biche sur une crête, un soir d’été.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, le souhait est de limiter (et interdire si possible) l’implantation de l’espèce au nord de l’autoroute A 64 (Tarbes-Bayonne). A ce jour, on estime la population totale de ce noyau de l’ouest de la chaîne aux alentours de 500 cerfs et biches. Ils se sont bien acclimatés et continuent à prospérer dans ce secteur par endroits inaccessible.

Le cerf élaphe s’est bien adapté au milieu pyrénéen et les individus montagnards sont devenus plus sveltes que la souche d’origine. Un mâle d’âge mûr pèse jusqu’à 170 kg environ, pour 250 kg en plaine. En fin d’été et à l’automne, il monte en altitude (au-dessus de 1 000 m) sur les places de brame à la rencontre des femelles, fréquentant les bordures forestières supérieures puis il redescend en hiver dans les fonds des vallées comme les Baronnies (altitude moyenne 500m) où il reste en sous-bois. Les biches sont généralement sédentaires.

Il est également présent comme espèce réintroduite à la même période des années 1950 dans d’autres départements à l’est de la chaîne des Pyrénées où je ne suis jamais allé l’observer, de l’Ariège aux Pyrénées Orientales en passant par l’Aude.

L’estimation des effectifs au niveau national

Le réseau « Ongulés sauvages » de l’ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) suit l’évolution du cerf élaphe en France depuis 1985 par le biais d’une enquête réalisée tous les 5 ans. Elle est conduite à l’échelle départementale et réalisée par les interlocuteurs techniques ONCFS et FDC (Fédérations Départementales de la Chasse) du réseau.

Le cerf élaphe progresse de façon continue à l’échelle nationale, malgré la mise en place de plans de chasse avec l’attribution de quotas annuels de prélèvement (plans généralisés à l’ensemble du territoire national depuis la loi 78-1240 du 29 décembre 1978, article 17).

Jusqu’en 2010, les effectifs étaient estimés par un minimum et un maximum. Exemple : 30 000 à 45 000 individus en 1985 (9 305 prélevés pour la saison 1984-1985); 55 000 à 75 000 individus en 1995 (18 151 prélevés saison 1994-1995); 130 000 à 190 000 en 2010 (49 344 prélevés saison 2009-2010).

Cette estimation des effectifs nationaux était une donnée subjective et elle tenait dans une fourchette très large. La validité de ces estimations était vérifiée d’une enquête à l’autre, en utilisant le nombre de cerfs réalisés par le plan de chasse qui est une donnée beaucoup plus fiable. L’ONCFS partait du principe qu’une population devrait être en augmentation si les prélèvements (qui sont des données connues) sont inférieurs à 25% des effectifs estimés, et qu’elle devrait diminuer si les prélèvements sont supérieurs à 35%. Toutes les zones dont les données n’étaient pas cohérentes étaient vérifiées et les estimations revues avec les interlocuteurs techniques des départements concernés.

Lors de la dernière enquête en 2015, cette notion a été définitivement abandonnée en accord avec la stratégie de l’ONCFS, qui privilégie à l’heure actuelle le suivi et la gestion des populations par les Indicateurs de Changement Ecologique (ICE) et non plus par des estimations d’effectifs. Il existe quatre indicateurs spécifiques au cerf: un indicateur appelé « Indice Nocturne » pour l’abondance des populations et trois autres pour la performance des individus prélevés (« masse corporelle des jeunes », « longueur des dagues » et « taux de gestation des femelles de deuxième année »). Ce suivi est complété par deux autres indicateurs pour la pression exercée sur le milieu forestier, mais qui s’appliquent à tous les ongulés (« variation de la pression de consommation des ongulés » et « variation de la pression de consommation des ongulés sur les semis de chêne »).

Pour la campagne de chasse 2017-2018, 62 418 individus tous confondus ont été prélevés au niveau national.

La population pyrénéenne

Mâle adulte en altitude, parmi les myrtilliers.

On sait que la population du cerf élaphe dans les Pyrénées est en progression continue depuis sa réintroduction. Je n’ai pas trouvé d’information récente sur sa population. La raison en est le changement de stratégie de l’ONCFS évoquée dans le paragraphe précédent. Les comptages sont rendus difficiles par la complexité du biotope et par le développement géographique des populations. La séparation des massifs à cerf n’est plus aussi évidente à l’heure actuelle que par le passé.

Période du brame dans les Pyrénées – Un cerf et une biche adultes, celle-ci accompagnée de son faon (à sa gauche) et de sa fille de l’année précédente.

L’observation sur secteur de rut des mâles et femelles et les écoutes à la période du brame pour apprécier l’évolution de la répartition spatiale ne sont plus utilisés. L’indice nocturne de présence en fin de chasse fournit une tendance d’évolution des effectifs.

On voit bien que l’estimation est très aléatoire; les intervenants ont des difficultés pour s’avancer au-delà d’une impression de tendance.

Dans le plan de chasse 2017-2018, il a été prélevé 1 477 individus (âges et sexes confondus) dans les Pyrénées-Orientales, 1 623 en Ariège, 1 761 dans la Haute-Garonne, 1 902 dans les Hautes-Pyrénées et 156 dans les Pyrénées-Atlantiques, en deçà des quotas attribués pour tous ces départements.

En considérant que cette population augmente malgré les prélèvements effectués et que ceux-ci représentent 20 à 25% des effectifs, j’avance comme ordre d’ici une fourchette de 8 000 à 10 000 individus pour la Haute-Garonne, un peu moins pour les Hautes-Pyrénées et 500 à 600 pour les Pyrénées-Atlantiques.

Une rencontre en soirée.

Je vous encourage à regarder mes trois articles suivants, consacrés d’abord au vocabulaire spécifique au cerf élaphe et à ses classes d’âge, puis à son mode de vie et enfin, au brame.

Article rédigé à partir de mes photos personnelles et de quelques sources internet dont je cite les liens :

http://www.oncfs.gouv.fr/Connaitre-les-especes-ru73/Le-Cerf-elaphe-ar978#

http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/mammiferes/ongules/reseau_ongules_sauvages_oncfs_fnc.pdf

http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/file/publications/revue%20faune%20sauvage/FS-314-trente-ans-de-suivi-cerf-france.pdf

https://cdnfiles1.biolovision.net/www.faune-aquitaine.org/userfiles/Atlasmammifres/AMSATome2.pdf

http://www.pyrenees-orientales.gouv.fr/content/download/16935/135834/file/2-Partie-1-projet-SDGC-2016-2022.pdf

http://www.hautes-pyrenees.gouv.fr/IMG/pdf/Memoire_Redaction_final_cle0d26ec.pdf

https://oatao.univ-toulouse.fr/12176/1/Mottier-Vidal_12176.pdf

Le frai du vairon

2 juillet – Un groupe de vairons mâles sur une frayère avec, en haut du cliché, un individu très coloré.

Le frai du vairon (Phoxinus phoxinus)

dans le Vic-Bilh

2 juillet – Au centre, un vairon mâle, avec ses « boutons de noces » bien visibles sur la tête. Les clichés de cet article sont pris avec un téléobjectif 150 – 600mm, en surplomb d’un tout petit ruisseau. Bien qu’il faisait beau, ils ont manqué de luminosité ; la scène était alors à l’ombre.

Généralités sur le vairon

Le Vairon est le premier poisson pêché par des générations de jeunes pêcheurs au coup. Il symbolise avec bonheur le souvenir des vacances d’été à la campagne à la période de l’enfance, celui des bons moments passés au bord de l’eau.

Il mesure de 5 à 10 cm de long en moyenne et les femelles sont plus grandes que les mâles. Le poids varie de 3 à 10 grammes environ, suivant son âge. Toujours en mouvement et grégaire, il vit en bancs de quelques individus à plusieurs centaines suivant le biotope et la saison. Ces bancs sont constitués essentiellement d’individus apparentés.

Il est présent partout en France. On le trouve facilement dans les ruisseaux non pollués à faible courant, peu profonds où l’eau est limpide, fraîche et bien oxygénée avec un fond de sable ou de graviers. On le trouve aussi dans les rivières rapides à mêmes caractéristiques, ainsi que dans les lacs de montagne. Il est un très bon indicateur de la qualité de l’eau.

Il est omnivore et très vorace ; durant la journée, il est en recherche permanente de nourriture. Il se nourrit d’algues filamenteuses et de débris végétaux, de petits vers, de petits mollusques et de larves d’insectes, etc., parfois d’œufs d’autres poissons. Quand il est présent dans des zones à truites, il peut s’attaquer à leurs alevins vésiculés. En hiver avec la baisse de la température de l’eau, il a tendance à passer la journée caché dans des abris, sortant la nuit pour se nourrir, afin d’éviter les prédateurs actifs de jour.

Il est un maillon essentiel de la chaîne alimentaire des cours d’eau à salmonidés.

Le vairon mène une vie collective qui est essentielle à sa survie, en particulier pour l’apprentissage des juvéniles et pour réagir face aux prédateurs. Il est doté d’un excellent odorat qui lui permet de détecter la présence d’un prédateur dans un grand rayon. En cas d’attaque ou s’il est blessé, il secrète une substance d’alarme qui avertit ses congénères du danger. Il fait aussi preuve de personnalité avec des comportements individuels. Il cohabite facilement dans nos cours d’eau du Vic-Bilh avec les goujons et les loches.

Il est la proie de nombreux poissons carnivores comme la truite, la perche et le brochet, ainsi que du martin-pêcheur.

2 juillet – Dans cette cuvette au bord d’un petit ruisseau, une femelle vient de déposer ses œufs et des dizaines de mâles s’agitent frénétiquement sur la frayère pour les féconder.

Le frai est déclenché par l’augmentation de la température de l’eau, entre 12 et 14°C environ. L’augmentation saisonnière de cette température ainsi que celle de la photopériode (rapport entre la durée du jour et de la nuit, considéré du point de vue de ses effets biologiques) influencent la gamétogenèse (qui correspond au développement des gamètes; elle permet la formation d’ovocytes chez la femelle et de spermatozoïdes chez le mâle) et la ponte. Les vairons se rassemblent dans des eaux peu profondes à fond de gravier propre. Le mâle arbore alors une parure nuptiale d’une coloration accentuée. Sa tête porte des tubercules nuptiaux de couleur blanche ou légèrement bleutée, appelés « boutons de noce ». La femelle est de couleur beaucoup plus neutre et se reconnaît à son ventre énorme.

2 juillet – Dans la frénésie de la fécondation, certains mâles se retrouvent hors de l’eau sur les graviers et cailloux et finissent, heureusement et à force d’agitation, par retrouver le milieu aquatique.

L’incitation à la ponte se fait par libération de phéromones. La femelle dépose alors jusqu’à plusieurs milliers d’œufs suivant sa taille, qu’elle libère en plusieurs fois dans le temps (sur une période de 6 semaines environ), dans une eau à faible courant. Les œufs sont collants et ils adhèrent de suite au substrat, où ils sont fécondés par la laitance des mâles.

La durée d’incubation est de 5 à 10 jours. La règle communément retenue est la suivante : nombre de jours = 60°C / Température de l’eau. Les larves à l’éclosion mesurent autour de 2,5 mm. A un an, le vairon mesure de 3 à 4 cm. Il atteint sa maturité sexuelle vers 2 – 3 ans. A ce stade, peu de vairons ont survécu. Son espérance de vie moyenne est de 4 à 6 ans, avec un maximum de 11 ans.

2 juillet – Quelques mâles se retrouvent « hors d’eau » – A gauche, quelques femelles continuent à faire des va-et-vient. 

2 juillet – Un foisonnement de « boutons de noce ».

Mon témoignage du frai des vairons

Mon observation personnelle du frai des vairons a eu lieu un 2 juillet. Alors que je passais en bordure d’un petit ruisseau, une agitation inhabituelle au bord de l’eau a attiré mon attention et j’ai découvert ce spectacle. Après avoir pris quelques photos, j’ai essayé de filmer à main levée : le résultat n’est pas terrible, je bougeais trop. Je suis donc revenu avec un trépied et j’ai alors remarqué que l’agitation avait diminué ; la ponte était déjà bien avancée. Par contre, les rayons de soleil passaient maintenant au travers du feuillage des arbres dominant le ruisseau et ils éclairaient la scène. J’ai pu filmer quelques séquences et j’en ai tiré les enseignements suivants en les visionnant, certaines au ralenti :

« La frayère principale de ces vairons se situe dans une petite cuvette au milieu de graviers et de cailloux propres, en bordure d’un trou d’eau d’un mètre de profondeur environ, de trois mètres de large et avec un fond en pente douce. Ce trou d’eau est oxygéné par une cascade, en amont de laquelle les vairons sont absents.

La ponte a eu lieu un après-midi par beau temps. A mon arrivée vers 15h45, certaines femelles avaient déjà déposé leurs œufs. D’autres restent à proximité de la frayère, en pleine eau et sans agitation particulière, comme si elles attendaient leur tour.

La frénésie des mâles était à son maximum au début de mon observation, un moment que je n’ai pas filmé mais j’en ai pris quelques clichés. On les reconnaît bien à leurs boutons de noce. L’eau éclabousse partout autour de la cuvette avec leurs mouvements vifs et désordonnés. Leur apparence générale varie du marron clair au vert sombre tirant sur le noirâtre. Ils sont pratiquement tous de la même taille. Ceux qui ont la tenue la plus colorée sont dominateurs, agressifs envers les autres. Certains mâles tentent d’empêcher leurs congénères d’approcher quand une ponte a eu lieu.

Dès qu’une femelle vient déposer ses œufs, la cuvette bouillonne à nouveau de l’activité des mâles. Ils s’agglutinent à l’endroit de la ponte pour répandre leur semence, bousculant la (ou les) femelle(s). Quelques-uns se retrouvent même parfois hors d’eau, et frétillent pour revenir dans leur élément. Et cette scène se répète à plusieurs reprises ».

Cette observation a duré jusqu’à 18h00. La ponte était alors pratiquement terminée et la frénésie des mâles s’était bien calmée. Quelques mâles ont continué à fréquenter la cuvette sans agitation particulière, pendant 2-3 jours supplémentaires. D’après la littérature, les mâles vairons ont tendance à effectuer une prédation sur les œufs et les alevins de leur propre espèce; c’était peut-être alors le cas, du moins pour les œufs, bien sûr.

Pour visionner une séquence vidéo de la frénésie des mâles au moment de ce frai, c’est ICI.

Le frai du vairon – La fécondation des œufs.

L’usage de la ficelle agricole en polypropylène

Dans le Béarn – Un brocard (chevreuil mâle) « orné »  d’une ficelle en polypropylène.

L’usage de la ficelle agricole

dans nos campagnes

Ficelle naturelle en sisal et ficelle en polypropylène.

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La ficelle naturelle en sisal

La ficelle naturelle en sisal a été la seule utilisée jusque dans les années 1970 par nos agriculteurs pour lier leurs bottes de foin.

La fibre de sisal est la plus longue et la plus résistante des fibres végétales. Elle est extraite des feuilles de l’Agave sisalana (appelée communément sisal), une plante originaire de l’est du Mexique. Elle est issue d’un savoir-faire ancestral. Très résistante, cette fibre a servi et sert encore à la fabrication de cordages, sacs, toiles, chapeaux …, de tissus grossiers et de tapis. Sa production est en régression sensible du fait de la concurrence des fibres synthétiques.

La ficelle sisal agricole est encore utilisée, entre autres, pour les botteleuses basse et moyenne densité. Il existe plusieurs modèles de ficelles avec des diamètres/charges de rupture adaptés à l’utilisation prévue.

Issue d’une matière 100% naturelle, elle est écologique et totalement biodégradable à l’état naturel. Non traitée, elle est utilisée en agriculture biologique.

Elle reste sensible à l’humidité et à la moisissure. Certains modèles sont traités avec une huile spéciale contre les rongeurs et l’humidité, non dangereuse, mais qui ne sont dans ce cas-là pas autorisés en agriculture biologique.

La ficelle en polypropylène

Depuis la mise en service dans les années 70 des presses à bottes haute densité dans nos campagnes, une nouvelle matière est utilisée pour la ficelle agricole, le polypropylène (sigle PP).

Ces nouveaux types de presse ont nécessité l’utilisation d’une ficelle plus résistante que le sisal avec plus de sécurité au nouage, ainsi qu’un diamètre et structure constants. La ficelle agricole en polypropylène a répondu à cette demande.

Le polypropylène est une matière hydrophobe et très légère (il surnage toujours à la surface de l’eau), peu onéreuse. Il souffre par contre d’une faible résistance aux UV et les ficelles reçoivent un traitement de protection. Il n’est pas biodégradable mais il est 100% recyclable. On peut le recycler plusieurs fois avant d’atteindre sa fin de vie où il sera incinéré sans émettre, en principe, de substances toxiques (cela dépend des additifs rajoutés pour des besoins spécifiques).

La ficelle se décline en plusieurs couleurs, noire, blanche, ou bleue bien souvent. Certains colorants sont organiques de grade alimentaire. Il en existe différents modèles adaptés au matériel utilisé : presse moyenne densité, à haute densité et presse à balle ronde (pour les balles rondes, le liage filet en polyéthylène haute densité prend le dessus).

Elle est aussi régulièrement utilisée, en couleur bleue, comme clôture provisoire pour délimiter un couloir de déplacement de bovins ou pour fermer un champ. Les vaches l’évitent. Les études sont contradictoires concernant la vision des couleurs des bovins. Certaines affirment qu’ils voient essentiellement les ondes bleu-vert.

Elle est vendue en gros pour les agriculteurs, par paquets de deux bobines ou plus de 5 kg minimum et même par palettes. Pour avoir une idée de ce que cela représente, une ficelle standard de diamètre 3.5mm a une longueur de 336m/kg, 1 800 mètres pour une seule bobine.

Pourquoi cet article

Les avancées technologiques ont permis de remplacer l’usage en grande quantité de la ficelle naturelle en sisal par celle en polypropylène non biodégradable. J’en trouve de plus en plus, oubliée dans des haies ou sur les chemins partout où je passe pour faire de la photo animalière. Mais, également, sur des « endroits » qui m’interpellent, comme sur les photos suivantes :

La ficelle en polypropylène a une résistance à la rupture qui dépend de son diamètre. On la décrit régulièrement en indiquant le nombre de mètres par kilo de ficelle. La ficelle de 3.5mm (336 m/kg) qui semble être celle de mes photos (blanche ou bleue), a une résistance à la rupture de 135-140kg. En se débattant, l’animal peut s’emprisonner dans une pelote de plusieurs brins. Les nœuds sont heureusement moins résistants.

Sur les clichés ci-dessus, l’animal a réussi à la rompre à deux endroits.

Dans le piémont pyrénéen, pendant le brame (début octobre 2019). « La corde au cou »!

Plus sérieusement, ce cerf, même s’il s’est libéré et que ses bois tomberont bientôt, aurait pu se mutiler!

Le risque classique pour cette ficelle qui serait abandonnée dans la Nature, bien qu’elle soit inerte, est le même que celui engendré par tous les plastiques, c’est l’accumulation exponentielle de déchets sur notre planète; rien de bien nouveau! Si elle a tendance à se dégrader sous l’action des rayons U.V, elle ne disparaît pas pour autant. Elle a juste des possibilités accrues d’être un jour ingérée par un animal quelconque, sur terre, dans une étable ou dans l’eau.

Quelques exemples de situations que l’on trouve en bien des endroits où la ficelle en polypropylène peut présenter un risque pour la faune quand elle est oubliée.

Mais il y a aussi des situations où un animal peut être piégé, rester longtemps à l’agonie et mourir sur place ou ailleurs s’il n’arrive pas à se libérer ou à se nourrir. Il faut en avoir conscience.

Que faire pour rester positif ? C’est une bonne question. On ne va pas quand même demander de tout interdire! Personnellement, si je vois de la ficelle oubliée par terre, je la ramasse. Si elle ne m’est pas utile, je la mets au recyclage.

La surprise, quand on la ramasse, c’est la longueur finale! 

La bâche d’ensilage, « un envers du décor » – Septembre 2019

Triste spectacle que ces bâches et ficelles emportées dans le lit de ce ruisseau où elles ont été « oubliées » !

La bâche plastique d’ensilage

ou la pollution d’un petit ruisseau du Vic-Bilh

Enfin propre, et … naturel après quelques efforts!

L’ensilage a permis l’industrialisation de l’agriculture et l’élevage dense, hors sol. Cette technique de conservation a connu un essor significatif dans notre pays dès la fin des années 60 associé à celui du machinisme agricole et au développement de la culture du maïs. La conservation de l’herbe par ensilage s’est développée avec l’intensification de la production fourragère, afin d’optimiser sa gestion annuelle.

Les films de bâche d’ensilage pour la couverture de tas de fourrage sont devenus un incontournable pour certaines exploitations agricoles tournées vers l’élevage. Ils sont utilisés sur deux types de silos, le silo taupinière et le silo couloir (délimité par deux murs), où ils recouvrent le tas de fourrage sur une largeur de 6 à 20 mètres.

Fabriqués à partir de polyéthylène (PE), la fonction de ces films est d’obtenir une bonne étanchéité à l’air et à l’eau. Leur durée de vie (exposition aux UV) est communément d’une année mais peut aller jusqu’à deux à trois ans dans certains cas. Certains agriculteurs recouvrent la bâche neuve avec la bâche de l’année précédente afin d’assurer une protection physique supplémentaire. Leur épaisseur est généralement comprise entre 100 et 180 microns (0,10 à 0,18 millimètre). Ils sont apparus sur le marché il y a pas mal d’années déjà, sans qu’il y est en parallèle une filière bien structurée de collecte des matériaux usagés. Depuis 2008, la situation a évolué dans le bon sens.

Cependant, des bâches restent encore entassées de nos jours en bordure de chemin ou de champ, recouvertes par la végétation, mais aussi dans des lieux où elles ont un impact plus nocif sur l’environnement. C’est la raison de cet article.

Un petit ruisseau pollué par de la bâche d’ensilage.

En juillet 2018, je suis revenu me promener avec mon fils au bord d’un petit ruisseau où nous allions parfois pêcher. C’était il y a une vingtaine d’années déjà, le temps passe vite. Cette promenade devait être un plaisir, nous avions gardé le souvenir d’un joli coin de nature et nous espérions assister au frai des vairons et en faire des photos. Nous l’avons retrouvé dans un triste état!

La désolation! Il y en a partout comme çà!

De la bâche d’ensilage mais aussi des grands sacs en plastique se délitant en petits morceaux.

Les lambeaux de bâche accrochent un peu partout dans la végétation et se déchirent, accompagnés de bouts de ficelle en polypropylène (sigle PP). 

Désolant!

Dès les premiers mètres dans le lit du ruisseau, c’est un désastre! C’est un cimetière de bâche d’ensilage! Il y en a partout, dans le lit et sur les rives! Ce ruisseau a connu un débordement inhabituel il y a plusieurs années déjà, comme on peut le constater aux stigmates encore visibles malgré le temps passé. Lors de cette inondation, l’eau a entraîné avec elle un dépôt de bâches situé probablement à proximité immédiate, mais aussi des sacs plastiques et autres déchets divers et variés. Des lambeaux pendaient partout, accrochés aux branches des arbres, coincés au milieu des troncs charriés par la montée des eaux, partiellement enfouis dans le lit du ruisseau par le sable et les graviers transportés, accrochés aux racines, etc. Il y en avait de toutes tailles, de quelques centimètres jusqu’à plusieurs mètres.

La partie émergée seulement. Certaines bâches sont enfouies sous plusieurs dizaines de centimètres de sable et de graviers.

Des bâches, mais aussi des ficelles en polypropylène.

Elles se déchirent en petits morceaux. Et toujours de la ficelle!

Heureusement, les racines jouent un rôle de ralentisseur de la dispersion des déchets. 

Le spectacle est de plus en plus désolant au fur et à mesure que l’on remonte le ruisseau. Heureusement, le ruisseau n’a pas cessé de vivre : quel plaisir d’observer dans les trous d’eau la présence d’une quantité impressionnante de vairons, goujons et autres petits poissons comme la lamproie de rivière, qui évoluent sans s’inquiéter de la présence de tous ces déchets!

On se promet tous les deux de faire quelque chose pour ce ruisseau, il ne peut rester en l’état! Cela ne sera pas possible dans l’immédiat mais l’idée va rester ancrée en moi.

Le nettoyage du ruisseau.

Ce dimanche 16 septembre 2018, au moment du déjeuner, il me vient brusquement une idée : il fait très beau, si j’allais nettoyer ce pauvre ruisseau? « La grande journée mondiale de nettoyage de la planète 2018 » est déjà passée d’un jour mais il n’est jamais trop tard pour essayer de bien faire. De plus, c’est le moment où le débit d’eau est au plus bas et le lit du ruisseau est partout accessible. Les feuilles commencent déjà à tomber, il ne faut pas tarder. Avant que mes bonnes intentions ne retombent (cela m’arrive parfois), me voilà parti! En effet, je me demande de plus en plus souvent à quoi tout cela peut bien servir! Le temps qui passe est devenu le temps qu’il me reste et je ferais mieux de l’occuper à autre chose! Mais je sais que je ferai plaisir à quelqu’un, si ce n’est à moi!

Rassemblement en tas des déchets souillés de sable, graviers et végétaux divers, avant de les remonter au point de collecte.

Je passerai en fait deux journées à nettoyer la partie la plus visiblement polluée, en regroupant les bâches et déchets divers par tas puis en rassemblant le tout à un endroit accessible pour la collecte. Je ne compte pas les suées en tirant sur les lambeaux de bâches partiellement enterrés et les A/R pour remonter les tas alourdis par l’eau piégée dans les replis et les détritus divers (sable, graviers, etc.).

L’évacuation des déchets

Opération de collecte et d’évacuation des déchets avec une remorque.

Tout s’est bien passé tant qu’il ne s’agissait que de transpirer. Maintenant, les complications arrivent. Ignorant de la réglementation sur ce type de déchets, je voyais les choses d’une façon très simpliste en pensant ramener mes déchets (qui ne m’appartiennent pas) à la déchetterie publique. « Non, Monsieur, nous ne les prenons pas. Il s’agit de bâche agricole, il y a une filière de collecte spécifique pour cela. Mais je ne suis pas un agriculteur, je suis un particulier. Cela ne change rien, je ne peux rien pour vous. Je vous conseille de vous renseigner dans le milieu agricole ».

Nettoyage des bâches et autres déchets plastiques à l’eau, puis séchage et triage.

De retour à la maison avec mon chargement, je passe quelques appels pour résoudre ce problème imprévu, à aborder avec tact dans ma situation de particulier qui se mêle de ce qui ne le regarde pas. Après quelques contacts, je trouve enfin une solution pour évacuer proprement et dans le respect total de la législation en vigueur ma cargaison encombrante auprès d’un organisme habilité. Et, bien sûr, j’ai eu droit à la remarque : « pourquoi faites-vous çà? Ce n’est pourtant pas à vous de le faire ». Rien n’est aussi évident!

Malheureusement, l’agriculteur a probablement commis une erreur dont il n’est peut-être même pas au courant. Je n’ai personnellement aucune idée de l’origine de ces déchets. Ils ont sans doute été stockés à une époque où il n’existait pas de filière de collecte. Mais où sont donc tous les garde-fous à ce genre de situation? Il n’en manque pas pourtant, qui sont plus concernés que moi!

Je suis revenu voir le ruisseau ces jours-ci, un an après l’avoir nettoyé. Il n’a pas plu depuis longtemps et son niveau est au plus bas, c’est impeccable pour vérifier son état. Quel plaisir de le retrouver sous son aspect naturel! J’ai eu quand même deux demi-journées de nettoyage pour terminer le travail comme je le souhaitais.

Quelques bribes éparses de plastique traînent encore par-ci, par-là, c’est négligeable. A droite, un résidu de sac plastique, matière qui se dégrade rapidement en nombreux morceaux.

Ce bout de bâche se retrouve à nu et est facilement récupérable.

En laissant les choses en l’état, les …aines de m2 de bâches présentes finissent en confettis qui sont entraînés vers l’aval. Durée de vie du Polyéthylène? 

Un morceau de bâche charrié par les eaux depuis l’amont.

Un morceau de pneu, une courroie, de la ficelle en polypropylène, de la bâche brûlée, etc.

La partie que j’avais nettoyé l’an dernier était pratiquement propre; j’ai seulement ramassé quelques petits lambeaux accrochés çà et là à quelques branches.

A partir de là, je commence à retrouver quelques déchets charriés depuis l’amont sur une partie que j’avais déjà nettoyé, rien d’important. 

Jusque là, la quantité de déchets ramassés sur la partie nettoyée l’an dernier remplit au 3/4 un sac poubelle de 100 litres, c’est un succès pour moi!

La limite amont de la zone nettoyée l’an dernier (2018) est évidente, la voici!

Etat n°1 : avant le nettoyage.

La quantité de lambeaux de bâches récupérés uniquement sur la photo ci-dessus!

Un martin-pêcheur est venu se poser en ma présence sur la branche, attiré par les fourmis qui sortaient des bâches où une fourmilière s’était installée. Il m’a agréablement surpris!

Etat n°2 : après le nettoyage. 

La limite amont de mon intervention de cette année (2019) est située au niveau de cette confluence, à laquelle je ne toucherai pas pour laisser un témoignage! On devine à gauche des lambeaux retenus par les ronces. 

Puis, j’ai continué le nettoyage jusqu’à une confluence au-delà duquel le ruisseau se restreint et est partiellement fermé par la végétation envahissante sur les rives; il est donc peu accessible. Les déchets, retenus par les ronces, n’iront pas plus bas et les enlever serait un chantier qui n’est plus compatible avec mes possibilités d’intervention.

Sur la carte des cours d’eau de la Direction départementale des Territoires et de la Mer des Pyrénées-Atlantiques en date 8 février 2019, le cours d’eau au-delà de la confluence est à expertiser (comme bien d’autres, il n’y a aucun rapport avec le sujet de cet article). S’il l’est un jour, cela sera peut-être bénéfique pour lui.

Bâche enfouie à quelques mètres du bord, lorsque le ruisseau est sorti de son lit (avant). 

Bâche enfouie à quelques mètres du bord, lorsque le ruisseau est sorti de son lit (après). 

L’an dernier, cette bâche était enfouie et retenue par un arbre enseveli dans le lit du ruisseau. Je n’avait pu enlever que la partie émergée. Les eaux en période hivernale l’ont dégagée et l’ont rendue accessible. 

La bâche dégagée. J’ai mis un point d’honneur à enlever tout ce qui pouvait rester encore apparent dans le lit du ruisseau.

La deuxième demi-journée a été consacrée à déterrer à la pioche les lambeaux de bâches restés partiellement enfouis depuis l’an dernier et à évacuer le tout.

J’ai ensuite pris le temps de faire un A/R pour m’assurer que ce petit coin que j’ai redécouvert après l’avoir longtemps ignoré était enfin « PROPRE »! La suite en quelques clichés :

Désormais, je pourrai amener du monde dans ce petit cours d’eau qui a retrouvé son aspect naturel sur 440 mètres de son parcours. C’est si insignifiant mais quand même si utile pour toute la biodiversité insoupçonnée qui l’a adopté. J’ai été surpris d’y observer des Grenouilles Agiles de toutes tailles que j’ai fait bondir pendant mon intervention.

Je termine ce petit reportage par un rappel de la réglementation applicable aux bâches d’ensilage, pour ceux qui ont encore le courage de lire. Personnellement, j’en ai retiré des enseignements sur les filières des déchets. L’information ne circule jamais assez! Et ceux qui devraient savoir ne sont pas toujours les mieux informés!

Le cadre réglementaire des déchets 

Article L 541-2 du code de l’Environnement (ordonnance n°2010 -1579 du 17 décembre 2010 – art.2, consultable ICI ) : « Tout producteur ou détenteur de déchets est tenu d’en assurer ou d’en faire assurer la gestion, conformément aux dispositions du code de l’environnement. Tout producteur ou détenteur de déchets est responsable de la gestion de ces déchets jusqu’à leur élimination ou valorisation finale, même lorsque le déchet est transféré à des fins de traitement à un tiers. Tout producteur ou détenteur de déchets s’assure que la personne à qui il les remet est autorisée à les prendre en charge ».

Article L 541-3 du code de l’environnement (modifié par la loi n° 2019-773 du 24 juillet 2019 – art. 9, consultable ICI ) : « Lorsque des déchets sont abandonnés, déposés ou gérés contrairement aux prescriptions du code de l’environnement et des règlements pris pour leur application, l’autorité titulaire du pouvoir de police compétente avise le producteur ou détenteur de déchets des faits qui lui sont reprochés ainsi que des sanctions qu’il encourt et, après l’avoir informé de la possibilité de présenter ses observations, écrites ou orales, dans un délai de dix jours, le cas échéant assisté par un conseil ou représenté par un mandataire de son choix, peut le mettre en demeure d’effectuer les opérations nécessaires au respect de cette réglementation dans un délai déterminé ». … 

Article L 172 du code de l’environnement, définissant l’autorité titulaire du pouvoir de police compétente (modifié par la loi n° 2016-1087 du 8 août 2016 – art.30, consultable ICI ) : « Outre les officiers et agents de police judiciaire et les autres agents publics spécialement habilités par le présent code, sont habilités à rechercher et à constater les infractions aux dispositions du présent code et des textes pris pour son application et aux dispositions du code pénal relatives à l’abandon d’ordures, déchets, matériaux et autres objets les fonctionnaires et agents publics affectés dans les services de l’Etat chargés de la mise en œuvre de ces dispositions, ou à l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, dans les parcs nationaux et à l’Agence française pour la biodiversité ».  

Article 16 du code de police pénale, définissant la qualité d’officier de police judiciaire, consultable ICI, la qualité d’agence de police judiciaire (Article 20) consultable ICI et agent de police judiciaire adjoint (Article 21) consultable ICI.

La filière de récupération et de valorisation des F.A.U

Les FAU (Films Agricoles Usagés), issus d’une activité professionnelle, sont considérés comme des déchets professionnels. Les exploitations agricoles détentrices de ces déchets ont la responsabilité directe de la gestion et de l’élimination de ceux-ci. Elles doivent être en mesure de prouver qu’elles ont bien évacué leurs déchets dans les conditions requises. L’enfouissement et le brûlage sont interdits. Jusqu’en 2009, les agriculteurs se trouvaient souvent sans solution. Les bâches d’ensilage sont collectées depuis 2009 dans les Pyrénées Atlantiques.

Les déchetteries ne sont pas tenues d’accepter ces types de déchets (pages 19 et 48 du Plan départemental de gestion des déchets ménagers et assimilés des Pyrénées Atlantiques, novembre 2008, consultable ICI ).

En 2008, le Comité français des Plastiques en Agriculture crée la commission APE (Agriculture Plastiques et Environnement) et met progressivement en place la filière nationale de collecte et de valorisation des films plastiques agricoles usagés confiée à Adivalor. Elle permet :
– la mise en conformité du monde agricole avec  la réglementation,
– l’apport aux agriculteurs d’une solution pour l’élimination de ces films plastiques usagés,
– une contribution à la protection de l’environnement par abandon des pratiques d’élimination devenues interdites (brûlage, enfouissement, mise en décharge),
– une économie de matières premières par fabrication de matière première secondaire,
–  le développement des capacités de recyclage et la création d’emplois.

Dans les Pyrénées-Atlantiques, la chambre d’Agriculture des Pyrénées-Atlantiques en partenariat avec les distributeurs, la Fédération départementale des Cumas (Coopératives d’Utilisation de Matériel Agricole), le GDS (Groupements de Défense Sanitaire, associations gérées par et pour les éleveurs) et Adivalor (Agriculteurs, Distributeurs, Industriels, pour la Valorisation des déchets agricoles), propose depuis quelques années déjà un ensemble de collectes adaptées aux besoins :
– produits phytosanitaires ou vétérinaires,
– bidons usagés,
– big-bag, sac d’engrais de semence,
bâches plastique, filets, ficelles.

Les déchets sont à rapporter au distributeur. Chaque apport de produits, quel qu’il soit, donne lieu à la remise d’un bon de livraison à l’agriculteur certifiant la gestion de ses déchets selon des « bonnes pratiques agricoles ». Ce document doit être conservé dans le cadre de la conditionnalité des aides PAC (Politique Agricole Commune). Aujourd’hui, Adivalor (structure 100 % professionnelle agricole) et les distributeurs contribuent financièrement en totalité aux opérations mises en place.

Dans les Pyrénées-Atlantiques (mais aussi dans tous les départements), une collecte des déchets annuelle est aussi proposée aux agriculteurs auprès de plusieurs sites, à des dates définies à l’avance et selon certaines modalités. Pour en savoir plus, cliquer  ICI

 Le recyclage des films agricoles

Constitués de polymères homogènes et de bonne qualité, les films agricoles permettent un recyclage facile et donnent naissance à une matière première secondaire de bonne qualité. En revanche, ils peuvent avoir un taux de souillure (terre, eau, débris végétaux) assez élevé, le plus souvent très supérieur à beaucoup de films d’origine industrielle. Ils doivent être nettoyés, pliés et séparés!

La bonne pratique est de : dérouler entièrement les bâches, puis d’enlever les corps étrangers (pierres, morceaux de bois, etc.) avant de les balayer pour retirer un maximum d’ensilage, de terre et de sable. Ensuite, les plier puis les ficeler, avant de les stocker à l’abri.

Sources consultées :

https://pa.chambre-agriculture.fr/gestion-de-lentreprise/je-securise-mon-entreprise/gerer-ses-dechets/

https://www.adivalor.fr/collectes/films_plastiques_elevage.html

http://www.nouvelle-aquitaine.developpement-durable.gouv.fr/IMG/pdf/plan_64.pdf

https://www.dechets-nouvelle-aquitaine.fr/gestion-dechets/?dpt=64&dcht=57&orgtype=7

Biès, femelle Gypaète barbu

Le retour à la liberté de Biès,

femelle Gypaète barbu (28 août 2019)

L’histoire de Biès

Biès est une femelle Gypaète barbu âgée de 7 ans, marquée en Espagne pour le suivi de quelques oiseaux de son espèce. Au mois de mars 2018, elle est découverte mal-en-point par un habitant du village de Bedous en vallée d’Aspe, qui prévient le Parc National. Les gardes du Parc viennent la récupérer et la confient au Centre de Sauvegarde de la Faune Sauvage des Pyrénées-Atlantiques, l’association Hegalaldia basée à Ustaritz (64). Elle est en hypothermie avec une grosse luxation de l’épaule droite; la quasi-totalité des rémiges primaires (grandes plumes) de la main droite sont sectionnées net, la rendant incapable de voler.

Exemple de marquages alaires sur un gypaète barbu photographié en Aragon le 23 juillet 2019. Il s’agit de Bolisla, un mâle reproducteur âgé de plus de sept ans, avec des bandes alaires rouge et jaune 2F et équipé d’une balise Gps. Pour en savoir plus sur les identifications, c’est ICI !  

Prise en charge au centre de soins, l’état général de l’oiseau n’est pas fameux. Les soigneurs lui retirent ses marquages alaires pour voir plus en profondeur ses plaies. Ils constatent qu’elle souffre aussi d’une infection généralisée due à la pose récente de ces marquages mal positionnés : ce sont des bandes en plastique (genre bâche de camion en différentes couleurs) fixées sur les ailes. Leur but est de permettre une reconnaissance individuelle de chaque oiseau à une distance de plusieurs centaines de mètres.

Mise sous traitement à base d’antibiotiques pour arrêter l’infection, son état s’améliore légèrement. Après un long moment passé dans une volière adaptée pour sa rééducation, la mobilité de son aile s’est un peu corrigée.

En septembre 2018, l’oiseau est transféré dans une volière de 50 mètres de long. Il commence aussi des séances d’ostéopathie.

Ne constatant aucune mue du plumage depuis son accueil qui date d’un an, une « greffe » de quatre plumes (opération appelée enture) est tentée au mois de mars 2019 afin que l’oiseau retrouve le plumage fonctionnel qui lui permettrait de faire travailler son épaule luxée et de soigner son mal. L’opération consiste à prolonger les moignons restants des rémiges primaires (sectionnés près de la base) par des rémiges rapportées et raccourcies pour respecter la longueur totale; le raccordement s’effectuant par un embout cylindrique enduit de colle et enfilé de part et d’autre dans la partie creuse du rachis.

L’opération réussit et dès son retour en volière, l’oiseau s’exerce déjà au vol. Dans cette volière spéciale de grande longueur et après quelques semaines d’exercice, la luxation de l’épaule disparaît. La reconstitution artificielle de ses plumes ne peut cependant pas permettre à l’oiseau d’avoir une portance suffisante s’il est relâché, la solution n’est que temporaire.

Et la bonne nouvelle arrive enfin! Biès effectue une mue au bon moment et qui lui permet de perdre deux de ces plumes « greffées » au profit de deux nouvelles plumes en parfait état. L’association Hegalaldia envisage enfin une remise en liberté.

Le retour à la liberté de Biès (28 août 2019)

L’événement est programmé pour le mercredi 28 août 2019, sur les hauteurs d’Accous, en présence de gardes du Parc National, d’élus locaux, de journalistes et du public prévenu par les médias et réseaux sociaux. La suite en images :

L’arrivée de Biès dans sa cage de transport sur le lieu de la remise en liberté, au-dessus d’Accous. Accompagnée par ses soigneurs d’Hegalaldia et de gardes du Parc National.

La sortie de Biès de sa cage de transport.

Un dernier salut à son public, venu assister à sa remise en liberté.

L’envol. On aperçoit bien sur ce cliché l’enture effectuée sur la deuxième rémige primaire sur son aile droite.

Biès s’éloigne, …

… puis, revient, entamant plusieurs allers/retours en contrebas du lieu de son relâcher. Un moment chargé d’émotion!

Un milan royal se joint à elle un instant, puis elle disparaît du regard en contrebas dans la vallée.

Un petit moment plus tard, elle réapparaît et tournoie au-dessus du public venu assister à son envol, pour le plaisir de tous. On peut remarquer qu’elle a perdu pendant ses soins la couleur rouille de son plumage ventral. Celle-ci reviendra un peu plus tard après quelques bains dans les sources d’eau ferrugineuse.

Est-elle revenue pour remercier toutes celles et ceux qui l’ont soigné pendant presque 18 mois?

Un vautour fauve se joint à elle, et ils entament tous les deux un ballet ascensionnel.

Quel plaisir de voir ce bel oiseau retrouver la liberté!

Biès s’éloigne définitivement. Bon vent!

La montagne enfin retrouvée!

Article rédigé à partir de mes photos personnelles et de la bibliographie suivante :

https://www.sudouest.fr/2019/08/28/video-pyrenees-le-gypaete-barbu-soigne-par-hegalaldia-a-pris-son-envol-6493067-4955.php

https://www.hegalaldia.org/

Bilans de santé de Biès communiqués au public par l’association Hegalaldia

L’été chez les Chevreuils du Vic-Bilh, Béarn

27 juillet 2019 – Combat sur la pelouse pendant le rut. Attention au bois dépourvu d’andouiller, c’est une arme « fatale » qui favorise la suprématie de son propriétaire! 

Que se passe-t’il en été chez les chevreuils

30 juillet 2019 – La première apparition des jumeaux!

J’ai déjà écrit plusieurs articles sur le chevreuil. Il est l’un de mes animaux préférés pour sa finesse et son élégance. J’ai l’opportunité de côtoyer régulièrement toute une famille, grâce à la présence d’une pelouse que je laisse en friche. Les bêtes l’ont adoptée et viennent la visiter pour brouter de jeunes pousses d’acacias et autres, pour y faire la sieste et même parfois s’y réfugier. Elles s’occupent aussi activement des fruits du verger. L’article de ce jour leur est destiné.

Contrairement à ce que je prévoyais dans mon dernier article du mois de mai à leur propos, le maître des lieux de l’an dernier n’est pas resté. Un brocard au trophée atypique a fait son apparition à la mi-mars sur la friche; il ne s’est pas imposé de suite. Après deux mois de coexistence apparemment pacifique avec son prédécesseur, il règne maintenant en maître absolu et chasse tous les prétendants, du moins jusqu’à la fin du rut, courant août. Le précédent occupant des lieux était pourtant une bête massive et robuste et je suis étonné qu’il ait laissé sa place. Je ne l’ai plus revu depuis fin mai.

La chevrette amène sa nouvelle progéniture chez nous pour la troisième année consécutive. Elle avait momentanément disparu début mai pour mettre bas après avoir délaissé sa dernière fille, née en mai ou juin 2018 et devenue depuis une jolie chevrette.

Cette jeune et jolie chevrette, après avoir quitté sa mère début mai, est restée encore quelques jours chez nous avant de disparaître fin mai, en même temps que l’ancien maître des lieux avec qui je l’avais observé à plusieurs reprises. Ils ont migré (ensemble?) vers un autre territoire. Ainsi va la vie des chevreuils.

Cette année, la chevrette a deux petits. Ce nombre dépend du poids de la mère comme je l’ai fait remarquer dans un article précédent. Un poids minimum de 20 kg est nécessaire pour porter un futur faon: 20 à 22 kg = 1 faon, 22 à 25 kg = 2 faons. Il arrive qu’une chevrette ait 3 faons dans un milieu particulièrement favorable. Cette année tout comme l’an dernier, je ne sais pas à quel moment la chevrette a mis bas. Elle disparaît pendant plusieurs semaines et réapparaît enfin chez nous avec sa progéniture déjà grande, capable de se nourrir seule. Les deux petits nouveaux resteront avec leur mère jusqu’au mois de mai prochain: devenus adultes, ils quitteront aussi leur mère qui s’isolera à nouveau pour mettre bas.

Pour rappel, le jeune chevreuil s’appelle un faon jusqu’à 6 mois (novembre), puis un chevrillard (mâle et femelle) jusqu’à 12 mois (mai suivant). Au-delà, on l’appelle Brocard (mâle) ou Chevrette (femelle).

Quelques moments immortalisés :

9 juin 2019 – Le maître des lieux de l’an dernier a quitté son territoire. Le nouveau « locataire » marque les arbres en frottant ses bois (on appelle cela un « frottis »), puis il dépose une sécrétion forte qui provient de glandes situées à la base des bois, pour signaler sa présence à ses rivaux.

Parfois, de l’herbe reste accrochée à ses bois. Ses oreilles retroussées trahissent son excitation, il ne faut pas venir le déranger.

10 juin 2019 – Le brocard a toutes ses chances devant un adversaire : un bois sans andouiller et l’autre avec deux andouillers partant de la base.

10 juin 2019 – Le brocard au verger. Les prunes sont encore vertes, mais qu’importe! Il les adore! Il a son beau poil roux d’été. Les pommiers et les pruniers croulent sous le poids des fruits! Pendant tout le mois de juin et une bonne partie de juillet, il sera seul à fréquenter le verger.

24 juillet 2019 – Première apparition d’un faon, seul, à la nuit tombée! Il ne restera qu’un instant!

27 juillet 2019 – Le rut a déjà commencé; çà chauffe aux quatre coins de la pelouse! Le chevreuil de gauche, au trophée modeste, m’est familier. Il avait fait quelques apparitions courant mai, mais il n’était pas resté. Notre brocard s’est déjà battu à plusieurs reprises; son pelage est marqué par des « estafilades » mais il tient bon!

27 juillet 2019 – « Aïe, ma tête ». Le jeune brocard n’a aucune chance devant la force et le trophée du maître des lieux. Poursuivi inlassablement dans les champs voisins et après quelques rebiffades inutiles, il abandonnera les lieux (après avoir insisté quand même pendant deux jours).

27 juillet 2019 – Un faisan Obscur! Les graminées et les cachettes dans les hautes herbes attirent du monde!

28 juillet 2019 – Tour de garde sous la pluie. Quelques estafilades apparaissent sur le dos. Une petite plaie sur la partie droite de son poitrail, invisible sur ce cliché, va rapidement guérir.  

29 juillet 2019 – Quelques clichés du brocard que j’aime bien, pris sous une belle lumière tardive et au travers de la végétation. On y voit bien la particularité de ses deux bois.

30 juillet 2019 – Coucou!

30 juillet 2019 – La chevrette réapparaît pour la première fois depuis début mai, accompagnée par ses deux faons et intéressée par les prunes! La végétation puis la distance entre eux m’empêchera de les avoir tous les trois sur un cliché.

Le faon à l’arrière-plan est manifestement un peu plus grand.

30 juillet 2019 – Pommes, prunes, feuilles, tout intéresse le plus petit des faons.

31 juillet 2019 – La chevrette vient faire un tour aux pommes et aux prunes avec le plus petit de ses deux faons.

07 août 2019 – La chevrette fait une apparition tardive avec ses deux faons. Le plus grand est toujours en retrait, à l’orée du bois.

11 août 2019, sous la pluie. Le rut tire à sa fin! L’excitation retombe chez notre brocard et la pelouse retrouve sa quiétude. Il va bientôt abandonner son comportement territorial. Quelques instants après ce cliché, il frotte les glandes de son front au feuillage d’un chêne des marais (ce que l’on appelle un «  »frottis« ) puis effectue ce que l’on appelle un « grattis« , c’est-à-dire qu’il va encore marquer son territoire en grattant le sol qu’il imprègne de l’odeur de ses glandes pédieuses (glandes des pieds). Le tout est appelé un « régalis« . Il va ensuite se coucher tranquillement dans l’herbe pour se reposer sur sa « couchette » pendant plus d’une heure, les sens toujours aux aguets. « Le repos du guerrier », que l’on peut visionner Ici.

11 août 219, dans la soirée. La chevrette vient se restaurer, seule.

La chevrette a réinvesti les lieux après les avoir délaissés pendant près de trois mois pour mettre bas et allaiter ses faons à l’abri du danger. Elle a aussi sans doute été « couverte » par le brocard « au trophée atypique » : c’est un moment particulier où les faons sont laissés seuls, comme j’ai pu le constater à la fréquentation du verger. Maintenant, les deux jumeaux vont retrouver leur mère à plein temps jusqu’au printemps suivant, en principe; ils ne sont pas tirés d’affaire et ne le seront en fait jamais. Tout ce petit monde va passer quelques jours sereins, jusqu’à l’Ouverture de la chasse, une période perturbatrice (pour ne pas dire plus).

Le lac d’Arlet depuis Urdos (maison Lamourane) – 06 août 2019

A droite, le refuge d’Arlet dominé par le pic d’Aillary (2215m).

En vallée d’Aspe – Le lac et Refuge d’Arlet 

depuis la maison Lamourane (Urdos)

Une simple visite, à l’écart du troupeau dont il a la charge.

Le refuge d’Arlet du Parc National (1986m) est situé en vallée d’Aspe; il est à la croisée de plusieurs randonnées et sur la Haute Route Pyrénéenne (H.R.P.), entre les étapes d’Ansabère et le col du Somport. Il y a plusieurs départs possibles pour y accéder pour une randonnée à la journée :

1- depuis les forges d’Abel au parking d’Espelunguère (altitude 1349m).

2- depuis le parking d’Aumet sur le plateau de Lhers au-dessus de Lescun (altitude 1138m) – Déjà effectuée, c’est une belle randonnée.

3- depuis Borce par la piste pastorale de Belonce (parking altitude 1190m). L’itinéraire remonte le vallon de Belonce et rejoint l’itinéraire précédent entre le col de Saoubathou et le refuge, à la cabane de Lapassa.

4- Peu avant Urdos, direction quartier d’Aubise (de suite à droite après le fort du Pourtalet) – Maison Lamourane (altitude 1158m). Possibilité de faire une boucle en redescendant du refuge par l’itinéraire précédent (3), que l’on quitte dans la partie basse par une bifurcation vers la droite (altitude 1250m) en direction du col de Lagréou et retour à la maison Lamourane.

Les photos de cet article illustrent un A/R au lac et Refuge d’Arlet depuis la maison Lamourane. La route d’accès au petit parking est étroite et sinueuse. Les places sont limitées et elles sont rapidement occupées, particulièrement en été. Cette route étroite dessert plusieurs maisons riveraines juste en aval du parking, que l’on peut déranger par des stationnements sauvages. A mon arrivée, le parking était plein : deux camping-cars dont un en travers et qui ont sans doute pris toute la largeur de la route pour monter; aussi des voitures garées avec une largeur entre elles juste insuffisante pour garer la mienne. Il a été compliqué de trouver une place pour se garer sans gêner personne.

Ce  qui suit ne peut être un topo, il y en a de très bien faits sur internet, en particulier sur le site « Topopyrénées ». Les photos ont pour seul but de faire apprécier cette vallée d’Aspe que j’aime bien : en particulier pour son pastoralisme, bien présent lors de cette sortie. Alors que je pratique la montagne pour le plaisir qu’elle m’apporte par la connaissance de la faune et de la flore, rien de tout cela aujourd’hui. Le téléobjectif est resté à la maison et j’ai profité des paysages avec un objectif Grand-angle (20mm).

Environ 30mn après le départ, l’entrée dans le Parc National, dans la forêt.

Regard en arrière sur le vallon du Baralet, après la sortie de la forêt.

La cabane Pacheu (1417m) – Vente de Fromage à la cabane.

Après la traversée sur un pont en ciment peu après la cabane Pacheu, on passe sur la rive droite du gave du Baralet. La montée en lacets dégage un très beau panorama sur le vallon du même nom.

A main gauche, le sentier monte sous les falaises de grès rouges de Souperet.

Puis, il bifurque vers la droite, en descendant légèrement devant une cascade.

Il débouche ensuite sur le plateau de Banasse, dominé par la montagne de Banasse et occupé par des troupeaux de brebis et par des chevaux, des vaches aussi. Le sentier continue au loin en remontant à flanc de montagne vers un large col à droite (derrière le col, le lac et refuge d’Arlet). Au loin, presque au centre, la cabane de Lurbe. 

En se retournant : la Mèze (1923m) et sa falaise de grès rouges, à gauche,  fait face au pic du Baralet (2052m) et au Souperet (2033m).

En arrière-plan, sur la droite : le Capéran de Sesques (2410m) et sa forme caractéristique. Puis, à sa gauche, le Soum de Moundaut (2526m) et le pic de Sesques (2606m). 

Arrivée à une bifurcation : à gauche, le sentier (itinéraire H.R.P.) venant du parking d’Espelunguère. Derrière moi, le sentier venant du parking d’Aubise (maison Lamourane). A main droite, le refuge d’Arlet, gîte d’étape sur l’HRP. 

Le sentier (itinéraire H.R.P.) venant du parking d’Espelunguère par le col de Lapachouaou (1891m) situé à gauche, dégageant la vue sur l’Ossau. A droite de l’Ossau, le pic en forme de pyramide est le pic des Moines (2349m), au pied duquel passe par le col des Moines une variante (GR 108) du chemin de Compostelle « La Voie d’Arles » ou GR653.

Vue sur l’Ossau au centre (2884m), le pic des Moines (2349m) à sa droite, les pics d’Enfer (bien visibles à l’oeil nu mais difficile sur ce cliché pris au Grand Angle), le pic d’Anayet (2545 m) et le Vertice d’Anayet (2555 m) à droite.

Après la montée d’une butte herbeuse, le refuge d’Arlet se dévoile. « Méconnaissable » au centre, un patou monte la garde.

Le lac et le refuge d’Arlet (1986 m), dominé à droite par le pic d’Aillary (2215 m). 

Tout à gauche, le pic d’Arlet (2207 m).

Le refuge d’Arlet, le col d’Arlet (2095 m, frontière avec l’Espagne), le pic d’Ailhary (2215 m), le pic Rouge vers la droite (2177m). Puis, les sommets du cirque de Lescun, du pic et table des Trois Rois au Pic d’Anie. Le sentier en contrebas descend du refuge vers Borce ou vers le parking d’Aumet (plateau de Lhers).

Le pic d’Ailhary (2215 m), le pic Rouge (2177m), le cirque de Lescun (table des Trois Rois au Pic d’Anie), la Table de Souperret (2116m) et le pic de Labigouer (2175 m) tout à droite.

Sur le chemin du retour, on profite bien mieux des paysages.

Retour par le même sentier, l’H.R.P. sur la droite, que l’on quitte un peu plus loin pour se diriger vers la cabane de Gourgue Sec, que l’on aperçoit vers la droite au bord de sa mare. Devant, le plateau de Banasse que l’on va traverser à nouveau pour redescendre le vallon du Baralet jusqu’au parking.

La cabane des Caillaous (1877m), une cabane en pierre entièrement rénovée sur l’H.R.P, avant de bifurquer vers la cabane de Gourgue Sec.

Dans le creux, un peu plus loin : la cabane de Lurbe (1845m), à l’écart de la HRP et occupée par le berger en été.

Le sentier laisse sur la droite la cabane de Gourgue Sec (1830m), cabane habitée en été. Très bon accueil de la famille de bergers, avec vente de fromage.

Puis, on redescend à nouveau du plateau de Banasse (sur la gauche) vers le vallon du Baralet.

La falaise de grès rouges de la la Mèze (1923m), à gauche. Aucune indication pour les autres sommets.

La cabane Pacheu (1451m), avant le retour au parking. Le panneau « vente de fromage » invite au détour au retour (cliché pris à l’aller).

L’entrée dans le bois (cliché pris à l’aller).

En résumé, une très belle sortie que je recommande. Dénivelé cumulé de 915 mètres pour une distance de 15km800. Le temps? Comptons 3H30 Aller – 2H45 Retour en moyenne, sans se presser.