logo

Le Grand Paon de nuit

Le Grand Paon de nuit

(Nom scientifique : Saturnia pyri)

Le Grand Paon de nuit est le plus grand papillon d’Europe, d’une envergure remarquable. J’ai fait sa découverte récemment dans mon jardin du Vic-Bilh dans les Pyrénées-Atlantiques, par hasard, en nettoyant un massif de plantes envahi par des feuilles mortes poussées par le vent cet hiver, à proximité du verger. En fait, ils étaient deux, un mâle et une femelle, très discrets et que l’on confondait avec les feuilles.

N’ayant jamais eu l’opportunité de rencontrer ce papillon auparavant, je n’avais aucune information sur lui ; je me doutais seulement qu’il s’agissait de papillons de nuit. Leur envergure exceptionnelle m’a interpelé et je l’ai donc mesurée, en évitant de les perturber ou de les toucher : 151 millimètres chez la femelle ! Le mâle, bien réveillé, faisait vibrer ses ailes et je l’ai laissé tranquille.

Ce papillon doit son nom aux cercles de couleurs présents sur ses quatre ailes, les ocelles, rappelant l’ornementation des plumes de la queue des paons. Ces « yeux », comme chez d’autres papillons, ont un effet dissuasif pour se préserver des prédateurs. Je leur trouve personnellement un effet hypnotique. Il a un « cousin », le Petit Paon de nuit (Eudia pavonia), mais avec lequel on ne peut le confondre, celui-ci ne mesurant qu’entre 55 et 80 millimètres (le mâle est plus petit que la femelle).

Le Grand Paon de nuit est rare en Béarn et il se raréfie ailleurs. Dans la mise à jour de l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (INPN) du 6 décembre 2017, il n’y a pas de données sur sa présence dans le 32, 40, 64 et 65.

Il peut voler de jour, comme j’ai eu l’occasion de le constater quand le mâle a pris son envol, plus léger que la femelle qui avait probablement encore ses œufs. Son vol est impressionnant ; de nuit, on pourrait le confondre avec une chauve-souris. Ses ailes sont étalées au repos. Son corps est très trapu. Ses pattes, pourvues de griffes, ont une très bonne accroche ; il dégage une impression de force et de puissance.

ll n’a qu’une génération par an et sa durée de vie est très réduite, moins d’une semaine. Des données plus précises indiquent une durée de vie de 3 jours pour le mâle tandis que la femelle vivrait jusqu’à une dizaine de jours. Durant cette courte vie, il ne s’alimente pas : il ne possède pas de trompe. A-t-elle disparu parce qu’il ne l’utilisait pas ou n’a-t-elle jamais existé ? Son temps est dédié uniquement à la reproduction. Les deux sexes sont identiques. Le mâle se différencie de la femelle en observant les antennes : fines, très brièvement pectinées chez la femelle ; très développées et doublement pectinées (c.à.d, en forme de peigne) chez le mâle. On remarquera aussi les rondeurs abdominales de la femelle, bien plus prononcées avec la présence des œufs. La période de vol s’étend de fin mars à juin, suivant les régions. Ce papillon de nuit est présent dans toute la partie sud de la France, absent au-dessus d’une ligne passant au niveau de la région parisienne. Il est aussi présent en Europe sous les mêmes latitudes.

Femelle reconnaissable à ses antennes peu développées

Le mâle cherche les femelles aux premières heures de la nuit. Celle-ci, prête à être fécondée, émet des phéromones pour attirer le mâle qui les repère jusqu’à 5 kilomètres et même au-delà (jusqu’à 10 kilomètres suivant les sources), grâce aux « capteurs » de ses antennes. L’accouplement met fin à l’émission de ces phéromones, et à l’attractivité sexuelle. Les œufs sont pondus sur des arbres à feuilles caduques (surtout sur les arbres fruitiers) d’où émergeront de magnifiques chenilles d’une douzaine de centimètres, d’abord noires avec des bandes rouges et qui deviendront d’une belle couleur vert pomme avec des tubercules bleu turquoise portant des soies raides. La chenille, ni urticante ni dangereuse, se développe sur les espèces d’arbres suivants, répandus dans les vergers : pommier, prunier, prunellier, poirier, cognassier, pêcher, amandier (surtout) et dans les parcs : tilleuls, hêtre, frêne, châtaignier, noisetier, saules, peupliers … Puis elle s’enferme dans un cocon brun de 5 à 6 centimètres avant de se transformer en chrysalide. Cette dernière se métamorphosera en un nouvel adulte, 1 voire 2, et même 3 ans plus tard.

Mes spécimens étaient probablement en cours de reproduction. Les ai-je perturbés ? Sans doute et bien involontairement mais ils étaient tous les deux en très bonne santé. Le mâle s’est donc envolé et j’ai remis la femelle délicatement en place sans la toucher, là où je les avais involontairement perturbés ; elle avait disparu le lendemain-matin. Je ferai plus attention à leur éventuelle présence dans le futur, ainsi qu’à celle d’œufs, de chenilles ou de chrysalides que la bibliographie qui m’a aidé à écrire ce petit résumé, m’a appris à reconnaître !

Mâle reconnaissable à ses antennes bien « peignées ».

Gros plan sur la tête de la Femelle (absence de trompe)

Gros plan sur la tête du mâle (extrémité des pattes pourvues de griffes)

 

Article rédigé le 14 mai 2018 à partir d’observations personnelles et en résumant de la bibliographie consultée sur internet, dont :

-Jean-Henri Fabre  : https://www.e-fabre.com/e-texts/souvenirs_entomologiques/grand_paon.htm

-André Lequet  : https://www.insectes-net.fr/paon/paon2.htm

-Bernard … : http://www.baladesentomologiques.com/article-grand-paon-de-nuit-saturnia-pyri-visiteur-de-la-nuit-122468395.html

Le Caméléon commun

Le Caméléon commun

(Nom scientifique : Chamaeleo chamaeleon)

Le Caméléon commun est un reptile bien sympathique, très utile et totalement inoffensif mesurant au maximum une trentaine de centimètres de long. Quand il se sent agressé, il prend des positions d’attaque et d’intimidation, ouvrant sa bouche et soufflant pour reprendre ensuite son indolence naturelle. Il ne mordra que rarement ; lorsqu’il le fait, il relâche de suite la pression de ses mâchoires ce qui fait que les rares cas de morsures humaines sont inoffensifs et quasiment indolores.

Il est la seule espèce de caméléon vivant en Europe. On ne le trouve que dans le sud du Portugal (l’Algarve), le sud de l’Espagne (l’Andalousie), en Sicile, à Malte, en Crête et à Chypre.

J’ai fait sa connaissance lors de vacances dans le Sud du Portugal, où j’ai pu le photographier dans l’île barrière de Culatra. Diurne, il est exclusivement arboricole et on peut le rencontrer en train de se chauffer au soleil à l’abri du vent. Il ne descend pratiquement jamais à terre, sauf la femelle pour pondre ses œufs. Par grand vent, il reste à l’abri dans la végétation où il est alors quasiment impossible de le distinguer à cause de son mimétisme. Il se nourrit d’insectes et d’arthropodes, petits animaux invertébrés dont le corps est composé de segments. Il vit en solitaire, sauf au moment de la reproduction qui s’étend de mi-juillet à fin septembre. En Algarve, il s’accouple au mois d’août. Le Caméléon commun est ovipare et la femelle pond ses œufs en octobre après une gestation d’environ deux mois, entre 10 et 30 environ, enfouis dans un sol meuble. L’incubation dépend de la température et du taux d’humidité. L’éclosion a lieu en mai, étalée sur une à deux semaines et les jeunes mesurent environ 35 millimètres jusqu’au cloaque. Ils grimpent de suite à un arbre et commencent alors à se nourrir.

Il est protégé en Europe par la Convention de Berne du 19 septembre 1979, signée par le gouvernement portugais le 3 décembre 1981. Tout prélèvement, toute commercialisation, tout transport et toute détention sont totalement interdits.

Il est très territorial et vit dans un biotope sec. Il adopte un arbuste ou un buisson dont il fait son gîte. Son habitat en Algarve se caractérise par la présence de pins maritimes, de genêts blancs et de la végétation de dunes. Dans les dunes côtières des îles barrières, on peut l’observer dans des buissons de deux ou trois mètres.

Au Portugal, cette espèce a été introduite. Il apparaît dans l’Algarve de l’est au XXè Siècle, probablement en 1918 où il aurait été apporté du sud de l’Espagne ou du Maroc par des pêcheurs ou des travailleurs (entre Monte Gordo et Vila Real de Santo Antonio proches de l’Espagne, séparé par le fleuve frontière Guadiana). Ils se sont très bien adaptés au point de coloniser rapidement toute la bande côtière jusqu’à Quarteira.

Une étude de 2005 sur sa répartition détermine une population fragmentée en lien direct avec l’impact de l’urbanisme, le long du littoral entre Vila Real de Santo Antonio et Lagos. Cette fragmentation est très importante entre Quarteira et Lagos. La plus grande densité côtière est à la pointe est de l’Algarve entre Vila Real et Monte Gordo. La population la plus importante des îles barrières de la ria Formosa est celle de Tavira où je n’en ai personnellement pas vu. La végétation y est plus propice avec la présence de pins maritimes et de genêts.

La peau du Caméléon commun a une couleur très variable et peut changer relativement vite, allant du jaune clair au vert (au repos), au brun rougeâtre (quand il est prêt à combattre un congénère) ou presque noir (pour traverser une bande de sable en plein soleil), mais rarement d’une apparence uniforme. Cette mosaïque de couleurs lui permet de se fondre dans le milieu.

Les doigts sont soudés en deux groupes (trois et deux, terminés par des griffes) opposables l’un à l’autre pour une bonne préhension, la queue est préhensile également.

Ses yeux sont logés dans des cônes sertis dans une orbite circulaire et bougent indépendamment. Il peut voir dans deux directions différentes en même temps. La vision est stéréoscopique et elle lui permet de bien calculer la distance de la proie. Sa technique de chasse est l’immobilité, à l’affût.

(On peut noter sur ce cliché le changement de pigmentation par rapport au cliché précédent, correspondant à un changement du milieu environnant)

L’espèce est en danger d’extinction au Portugal. On le comptait par milliers il y a quelques années d’après la tradition populaire que j’ai pu recueillir. C’est maintenant devenu difficile d’en voir un. Je n’ai pas trouvé de statistiques chiffrées sur sa présence, ni de mention de plan de protection ou de sauvegarde.

Il a été victime d’un certain engouement du public et le prélèvement lui a causé beaucoup de tort. Or, il ne peut vivre plus d’un mois en captivité.

Son habitat se réduit de plus en plus avec le changement des pratiques agricoles et la part grandissante de l’urbanisme et du tourisme de masse. La présence de plus en plus importante de routes, outre la mortalité par l’écrasement, isole les groupes d’individus.

Article rédigé le 23 mai 2017, à partir de constatations faites sur place, de témoignages verbaux et de bibliographie internet, dont : « Distribution and Conservation of the Common Chameleon, Chameleo chameleon, in Algarve, Southern Portugal », paru en janvier 2005 dans Israel Journal of Zoology.

Il suffit de se lancer !

Mon site « LaNaturEMoi » vient de voir le jour avec l’aide précieuse de mon fils aîné qui en a eu l’idée. Je n’y trouve que des avantages ! Cela « coulait de source », à l’image de ce qui m’attire, le bord de l’eau !

La photographie est pour moi un loisir qui occupe une partie de mon temps libre. Jeune, je développais mes propres photos en Noir et Blanc dans un club et j’étais enthousiasmé de voir le résultat apparaître dans le bain révélateur. Cette  première expérience a pris fin lors d’un déménagement.

L’apparition de la photo numérique a été un nouveau déclic : mon premier appareil utilisait une disquette de 3,5 pouces où l’on stockait des clichés d’une centaine d’octets!!! Ce fut le Sony Mavica FD71 apparu en 1998 : une résolution de 0.3Mpx et … j’étais super content du résultat ! Et pour cause, c’était nouveau et on n’avait pas encore fait mieux. L’année suivante (1999), le premier réflex numérique apparaît sur le marché, conçu entièrement par Nikon : le D1 avec un capteur de 2.7 Mpx (au format DX). Son prix l’a réservé aux professionnels. En 2004, je me tourne définitivement vers le numérique avec un Compact, le Konica Minolta Dimage Z3 (que j’ai gardé en souvenir) avec une résolution de 4 Mpx. Je m’en suis beaucoup servi pour insérer des photos dans mes ouvrages de généalogie familiale et d’histoire locale. Je le remplace en 2010 par un Compact Panasonic TZ7 avec un capteur de 10 Mpx, pour un séjour en Nouvelle-Zélande. Petit et léger, je l’utilise encore, à l’occasion!

Ma dernière avancée avant la mise en ligne de ce site est le passage en 2013 à la prise de clichés au format Raw avec mon premier réflex Nikon, là aussi encouragé par mon fils. Je peux à nouveau pratiquer ce que je faisais … il y a bien longtemps, le développement, où j’ai encore pas mal de progrès à faire.

J’ai commencé à mettre en ligne mes photos de Nature sur un compte Facebook pour en faire profiter mes proches puis j’ai élargi leur diffusion. J’ai fait (et j’espère continuer à le faire) la connaissance de belles personnes qui partagent les mêmes passions que moi et qui m’ont encouragé ; c’est l’un des avantages de Facebook.

Lors de mes balades photos, je rencontre régulièrement des promeneurs, randonneurs, chasseurs, pêcheurs avec qui j’aime bien échanger quelques mots et qui me demandent parfois si je diffuse mes clichés. Je leur parle bien sûr de FB, mais il s’avère que peu de gens avec qui j’échange ont un compte (privilège d’un certain âge ?). Beaucoup de mes amis dans la « vraie vie »  sont dans le même cas, tout en ayant un abonnement internet.

J’en viens finalement à la raison d’être de ce site : il va me permettre de faire mieux profiter ma famille, mes amis et mes rencontres de ma passion. Je pense également au partage avec celles et ceux qui me suivent sur FB, aux internautes ayant les mêmes centres d’intérêts et que les chemins variés d’internet mèneront vers moi. Ces photos ne sont pas libres de droit. La messagerie permet de me contacter et d’échanger.

La mise en ligne de ces premiers clichés m’a appris que je devais être plus exigeant dans mes critères de prise de vue, a pointé les défauts de mes traitements et cela m’incite à être plus rigoureux pour le futur.

Photographier, c’est en particulier être curieux, ouvrir les yeux sur son environnement, savoir capter les moments insolites et les belles lumières. J’espère vous faire profiter de mes progrès dans mes domaines préférés, la photographie animalière et la macro, la photo du ciel nocturne, celle de mes coins préférés du Béarn et des Pyrénées et quelques reportages sur mes voyages ; bref, la Nature en général avec souvent comme point commun à tous ces domaines, la présence de l’Eau.

Refuge d'Ayous - Lever du Soleil sur l'Ossau et le lac GentauLever du Jour

                             Refuge d’Ayous – Lever du Soleil sur l’Ossau et le lac Gentau

 

Bonne visite à toutes et à tous – Jacques