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Les raires d’un cerf pyrénéen pendant le brame

Mon premier instant avec le magnifique Dix cors, sujet de cette publication.

Son raire puissant rebondit sur le versant opposé de la vallée pyrénéenne. C’est le moment de complicité que je préfère, quand il sait que je suis là et qu’il m’ignore.

J’avais initialement intitulé cette publication « Un moment de complicité pendant le brame », puis j’ai changé d’avis. En effet, complicité n’est pas le terme approprié. Pour être complices, il faut être au moins deux à vouloir partager et l’animal qui illustre ma publication n’a rien demandé de la publicité que je lui fais. Je lui porte même peut-être tord.

L’engouement est de plus en plus marqué pour cette période particulière où des cris rauques et puissants retentissent sur les versants pyrénéens, après l’agitation de la saison estivale. La photo numérique et sa publication sur le net y contribuent largement. On « fait » le brame, comme on « fait » un sommet, un pays, etc. Raccourci de langage dans ce Monde qui a besoin de globaliser, posséder, dominer? Ce concept de « faire » issu de notre société de consommation reste pour moi réducteur et il n’est pas à la hauteur de l’évènement.

Mes premières observations du brame étaient en compagnie de mon père, il y a plus de quarante ans déjà. On revenait pour la plupart du temps bredouilles. Mais on avait passé un bon moment, seuls dans la Nature. Le Cerf élaphe était alors bien moins présent et son observation était un évènement. Sa population a depuis explosé et cet animal, surtout le mâle, est devenu progressivement un « objet de consommation visuelle et virtuelle » lors de ce moment particulier. Et j’y contribue moi aussi, je l’avoue. On vante beaucoup le plaisir du partage ; le faire au mieux reste un défi.

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Aujourd’hui, j’ai choisi ma destination au dernier moment. Je suis déjà venu à plusieurs reprises dans ce secteur avant le début de la pandémie pour m’y promener en billebaude, mon téléobjectif posé en berceau sur mon bras. J’aime bien les rencontres fortuites du soir avec les renards, les lièvres et autres bestioles plus ou moins grosses en parcourant les pistes forestières. Je sais que mes habitudes ne plairaient pas à certaines personnes qui passent des heures à attendre en affût.

La notion de dérangement de la faune est un sujet de plus en plus récurrent dans les revues diverses et variées, sur les forums, etc. On peut toujours se couvrir de vertu mais je pense parfois que l’acte le plus militant est de renoncer au déplacement, au voyage.

Un premier mâle pointe sa ramure, sur la crête ; une paire de jumelles est la bienvenue.

A mon arrivée, j’hésite sur la direction à prendre. Peu avant le début de la pandémie, j’avais échangé à la même période avec deux chasseurs à l’affût en bordure d’une clairière, alors que je passais par l’intérieur de la forêt. Je ne doutais pas de la raison de leur présence et, bien qu’ils m’avaient encouragé à continuer, j’avais insisté pour modifier ma direction ; question de savoir-vivre! Ils étaient là avant moi et leur présence était tout à fait légale.

Je savais déjà que j’allais éviter ce secteur, quand un premier raire retentit sur le versant d’en face. Je commence alors à monter tranquillement sur un sentier tracé par le bétail. Un randonneur est en train de redescendre mais on ne se croisera pas.

Une biche fait le gué, immobile.

J’aperçois une première biche sur la crête et je décide alors de me mettre en affût sous les branches basses d’un sapin isolé, entouré de broussailles.

Une seconde biche, un peu plus haut, vient d’apparaître.

Alors que mon regard est plutôt porté vers les crêtes, un bruit très discret sur ma droite détourne mon attention. Je remonte de suite mon téléobjectif pour masquer mon visage. L’instant d’après, une biche et son faon font leur apparition : ils ne m’ont pas senti mais mon mouvement a peut-être été perçu. Ils se figent un instant devant moi au moment où je déclenche, puis ils continuent leur chemin.

Le vent m’est favorable. Il regarde ailleurs.

Cette biche en mouvement m’a interpelé ; elle est peut-être importunée par un mâle. Je me déplace légèrement pour regarder dans la direction d’où elle venait : le mâle est effectivement là, à l’écoute!

Il se met alors à pousser son premier raire ; le concert commence.

C’est un magnifique Dix cors, à la ramure bien régulière!

L’ouïe du Cerf élaphe est très fine ; c’est son deuxième sens le plus développé après son odorat. La position des oreilles, tête relevée, est très utile à observer. Elles sont très mobiles avec une amplitude proche de 180°. Elles peuvent bouger chacune indépendamment vers une source de bruit. Cet organe véhicule ses émotions :

a) oreilles dirigées vers le haut : l’animal est tranquille, quelle que soit la direction des oreilles.

_ oreilles dirigées vers le haut et en avant : l’animal est à l’écoute, attentif à un évènement particulier dans la direction donnée par sa tête.

_ oreilles vers le haut, une en avant et l’autre en arrière ou bien, les deux vers l’arrière : l’animal est sur le qui-vive, sans être stressé. Il a augmenté le champ de filtrage des bruits.

b) oreilles se rapprochant de l’horizontale, tirées vers l’arrière : l’animal est sur le qui-vive, agacé par un évènement ou, … simplement attiré par une biche!

c) oreilles couchées vers l’arrière : là, l’animal est en colère. Il peut ou va charger!

On ne peut pas toujours juger sur une seule photo et il y a bien sûr des nuances ; dans la réalité, on regarde la tendance sur la durée. Le regard, lui aussi, en dit long ; ce n’est pas bon de voir le blanc de l’œil!

Il reprend son raire.

La brume est en train d’envahir le paysage. La luminosité diminue progressivement.

Après chaque raire, son regard se tourne à nouveau vers un point précis en contrebas. Un concurrent? Je me rendrai compte plus tard que d’autres biches sont à proximité.

Un détail personnalise cette belle bête et il me permet de l’identifier à coup sûr. Il apparaît sur la photo ci-dessus, sur son bois de gauche. A la base de l’angle formé par les deux premiers andouillers, une petite pointe apparaît : c’est l’ébauche d’un andouiller supplémentaire, peu courant à cet endroit-là.

« Ça » continue, à s’en décrocher la mâchoire.

La proximité suggérée sur ces photos reste relative ; elle correspond à un grossissement de 18 fois. Mais le spectacle reste prenant.

Un mâle lui répond de temps en temps sur ma gauche mais il est encore loin. Je surveille quand même de temps en temps, pour ne pas me laisser surprendre.

A la fin du raire, ses oreilles vont revenir vers l’avant. 

Celui-là, il cause!

Quelque chose l’agace et il continue à bramer.

La brume revient par moments.

Avec la brume, la température chute. De la buée émerge de sa gueule entrouverte et de ses naseaux, par condensation de son dernier souffle avec l’air froid.

L’odorat du mâle est très développé ; c’est son premier sens. Il passe régulièrement sa langue sur ses narines pour entretenir leur humidité afin de mieux percevoir les odeurs, surtout celles dégagées par les femelles en chaleur.

Enfin, il se montre complétement. 

Je ne m’en lasse pas.

Un moment que j’aime bien.

Ses bois sont quasi symétriques.

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La soirée avance et la luminosité continue de baisser. Il se décide enfin à bouger et se dirige vers les femelles, en contrebas.

Son port est magnifique.

… et ce sera comme çà toute la nuit! Ils sont quatre à s’intimider dans le coin!

D’en bas, son raire « m’appelait » vers lui. Maintenant, je lui tiens compagnie.

Oups!

Il reprend sa descente. Pour l’éviter, je changerai de chemin pour mon retour.

C’est toujours lui. Pour le concert, je suis « verni ».

Il va rester un petit moment aux aguets, le regard tourné dans toutes les directions! Les biches ne sont pas loin.

La brume s’est transformée en brouillard. Un daguet sort à découvert.

Il se décide enfin à bouger! Je le perds ensuite de vue.

La lumière décline et le ciel rosit au-dessus des sommets enneigés.

Les biches commencent à apparaître en ombres chinoises pendant ma descente.

Sur la crête, l’ « ode » d’un cerf à la nuit tombée. En fait, le mâle brame avant tout pour intimider ses concurrents à distance. Les femelles sont indifférentes à ses raires.

Je retourne à la voiture sans faire de nouvelle rencontre ; le brouillard a de nouveau disparu. Je commence à écouter la montagne qui s’éveille. Cette année, j’ai remarqué que les manifestations sonores commencent plus tardivement que d’habitude, à part bien sûr celles de mon mâle qui a fait son show.

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Pendant que je me restaure tranquillement le dos appuyé contre la voiture, un 4 x 4 tirant une remorque monte sur la piste forestière près de laquelle je me suis garé pour la nuit. Cela m’interpelle à cette heure tardive, mais sans plus. Je suis dans une zone fréquentée par des éleveurs et des bûcherons qui sont ici chez eux.

La nuit est tombée maintenant et un petit vent froid s’est levé. Les étoiles font leur apparition et Vénus continue à briller vers l’horizon ouest ; elle est très belle. Le ciel est sans nuages et la nuit sera magnifiquement étoilée ; c’est la nouvelle Lune, le meilleur moment pour faire quelques clichés de la Voie Lactée.

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Le Bulbe de la Voie Lactée. Tout à gauche, Vénus ; puis vers la droite un peu plus bas, l’étoile Antarès de la constellation du Scorpion.

En format portait, au même moment.

J’équipe mon APN d’un objectif grand-angle et je rejoins un promontoire à proximité. Même en montagne, la pollution lumineuse est présente. Il est de nos jours difficile de trouver sur notre planète un endroit où elle n’a aucun impact.

Les biches accompagnées de leurs faons sont descendues pour s’alimenter, dans la quiétude de l’obscurité. Elles connaissent bien les habitudes des lieux, elles sont chez elles. Deux ou trois mâles, qui sont plus craintifs que les femelles face à un quelconque évènement inhabituel, se sont eux aussi rapprochés. Je ressens leur présence à proximité et surtout, je les entends.

C’est alors que des faisceaux lumineux percent l’obscurité au travers des arbres ; un véhicule descend dans ma direction. Cette lumière attire immédiatement mon attention et je me tiens sur mes gardes. Alors que le véhicule se rapproche, j’allume ma frontale pour me signaler. Je n’ai pas trop le choix, ma voiture n’est pas loin et je n’ai pas envie que l’on y tourne autour. Le véhicule s’arrête un instant puis repart. Je fais le lien avec le 4 x 4 aperçu un plus tôt sur la piste et que j’avais complétement oublié.

C’est bien lui! Il passe en contrebas de ma position et je le suis des yeux. La piste est chaotique et il roule doucement. Alors qu’il me dépasse, dans les faibles lueurs de l’éclairage arrière, j’aperçois une tête qui tressaute au gré des trous et bosses, ses bois dépassant sur le rebord de la caisse : un cerf! Ils ont dû avoir du mal pour l’y amener, cela ne se fait pas tout seul.

Le tir du cerf à l’approche et à l’affût au moment du brame est légal en France ; quand je l’ai appris, cela m’avait interpelé. Sa pratique est très encadrée avec des quotas attribués sous forme de bracelets. C’est un sujet sensible sur lequel je ne vais pas m’étendre.

Le concert des soupirants s’est arrêté. J’ai alors un ressenti bizarre, que je ne saurais exprimer. Quand le calme est revenu, le concert reprend et la vie continue.

Vénus au centre, Antarès sur sa droite ; puis le début du bulbe de la Voie Lactée. En contrebas, la pollution lumineuse dont les effets atténuent fortement l’éclat des étoiles.

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J’enregistre quelques échanges nocturnes entre les cerfs. Sans le clair de lune, je ne distingue rien. Ce sont des moments chargés d’émotions. Mais mes doigts s’engourdissent! Il est temps pour moi de démonter mon matériel photo et de rejoindre la voiture.

Vous pouvez vous aussi ressentir cette ambiance, en lançant la lecture du petit fichier audio. Ce sont des raires de défi entre mâles, avec un raire de poursuite après une biche.

Je dormirai en pointillés, bien au chaud dans le sac de couchage et bercé régulièrement par ce concert qui ne faiblit pas ; les températures fraîches ne diminuent pas l’ardeur de mes guerriers.

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J’ai mis un rappel sur mon portable pour 5h00, afin de profiter des derniers instants de proximité des cerfs et biches dans l’obscurité mais surtout pour photographier la nébuleuse d’Orion (M 42), la star des prochaines nuits hivernales.

Au centre, la Voie Lactée atténuée par la pollution lumineuse. A sa droite, la Nébuleuse d’Orion avec Bételgeuse et Rigel. Plus bas, on aperçoit Sirius, dans la Constellation du Grand Chien.

De la même position mais au format portrait : tout en haut à droite, les Pléiades. La galaxie d’Andromède (M31) est dans mon dos.

A 180° de ma position, l’autre bout de la Voie Lactée atténuée là aussi par la pollution lumineuse. A gauche, la galaxie d’Andromède. Vers le centre, Cassiopée.

A droite, une belle « étoile filante » traverse une partie du ciel. Quant aux satellites, souvent présents sur les photos en pose longue, ils sont reconnaissables à leur trainée de luminosité constante et d’une épaisseur régulière.

Dans l’obscurité, les biches et les cerfs commencent déjà à remonter vers les hauteurs où ces animaux seront plus tranquilles en journée. Les premières lueurs de l’aube vont bientôt poindre.

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L’Aneto (3 404 m) et la Maladeta (3 312 m), reçoivent les premiers rayons de lumière.

Dès que la lumière est suffisante pour voir où je mets les pieds, je remonte en direction de ma position d’affût de la veille. Pas question pour moi d’utiliser la frontale! Mon but est d’observer par simple curiosité où les cerfs vont se remiser pour la journée. J’ai été comblé par le spectacle visuel d’hier et celui, sonore, de cette nuit ; cela me suffit déjà largement. D’ailleurs, le brame est avant tout un moment d’écoute et là, j’ai été bien servi!

Le ciel est en train de se charger, la pluie est annoncée pour aujourd’hui.

Les biches sont effectivement remontées sur les crêtes.

J’ai entendu les derniers raires à main gauche et je regarde attentivement dans cette direction, tout en montant tranquillement. Et soudain, j’aperçois une forme immobile, à distance respectable.

Un cerf est là, les oreilles tournées vers le fond de la vallée ; il observe. Apparemment, il ne m’a pas vu. Mal placé, je n’ai pas d’autre solution que celle de me coucher en me recroquevillant dans les fourrés. 

Le Cerf élaphe a les yeux positionnés de chaque côté de la tête. Même si mon animal semble regarder ailleurs, son champ visuel horizontal est très important, de l’ordre de 300° (210° pour l’Homme). Sa vision panoramique l’alerte au moindre danger. Il peut détecter bien plus facilement que nous un mouvement dans ce paysage élargi et réagir vite; cette particularité est essentielle chez les animaux qui sont des proies.

Sa vision binoculaire, celle qui est commune aux deux yeux et donne la capacité d’évaluer la distance et de percevoir la profondeur d’un élément dans le paysage, en est bien réduite. Chez les espèces prédatrices, c’est la vision binoculaire qui prédomine afin de localiser et bondir précisément sur les proies.

Le Cerf élaphe a aussi un angle mort devant son museau. Il peut légèrement le diminuer en modifiant la position de l’œil dans l’orbite, ce qui lui donne parfois cet air « méchant » quand il engage un combat.

Le déclencheur de l’APN, bien que discret dans ma housse de camouflage anti-bruit, n’est pas parfaitement silencieux. L’animal n’est pas stressé et ce bruit léger devrait le mettre sur ses gardes en douceur s’il se rapproche un peu trop.

Il reprend son cheminement dans ma direction, la tête basse. La nuit a été épuisante ; les mâles sont trop occupés pour se nourrir correctement. En fait, ils jeûnent sérieusement jusqu’au moment où toutes les biches sont couvertes!

La luminosité est insuffisante pour espérer faire de bonnes photos avec mon téléobjectif. Il faudrait que je modifie les paramètres mais je ne quitte pas l’animal des yeux, au travers du viseur. L’animal est proche et j’observe son comportement.

L’œil dans ma direction ; tant mieux! Pas sûr qu’il m’ait vu ou senti, mais il entend.

Bien que sa ramure ressemble à s’y méprendre à celle de l’animal de la veille, je ne suis pas encore sûr qu’il s’agit bien du même. La priorité du moment est de ne pas le brusquer. Sur la photo et je ne le verrai qu’au développement, il a bien cette petite pointe, ébauche d’un andouiller supplémentaire à la base de l’angle formé par les deux premiers andouillers de gauche.

Il me domine de toute sa puissance. Mais je rassure, la proximité réelle n’est pas celle qui est suggérée par ces photos. 

Oui, ta nuit a été dure!

Il continue son chemin au milieu des fougères et des genevriers, disparaissant presque au milieu de la végétation et signalant sa présence de temps à autre. 

Je le regarde lentement s’éloigner, d’une démarche régulière et tranquille.

Les couleurs de l’automne sont magnifiques et c’est dommage qu’il n’y ait pas plus de lumière (les photos sont prises à 3200 iso, c’est beaucoup pour mon matériel).

Il n’est plus très loin de sa remise, une parcelle de hêtres et de sapins.

Il s’arrête alors pour jeter un coup d’œil en arrière, avant de disparaître dans la sécurité du sous-bois ; c’est du moins ce que je crois sur le moment.

Je pense que c’est fini et je me relève enfin de ma position inconfortable. J’ai mal partout, surtout aux bras avec le poids du téléobjectif que j’utilise sans support. Quelque chose m’intrigue alors en regardant dans la direction de l’animal. Est-ce des branches que j’aperçois, ou bien …?

Nos regards se croisent, pour la première et dernière fois.

Je zoome alors au maximum avec mon téléobjectif, pour me rendre compte que je me suis fait avoir! L’animal me regarde fixement depuis un petit moment, face à moi et ses yeux à peine au-dessus des fougères. Seule la ramure trahit sa présence! Il ne bronche pas! Je reste ainsi un petit moment sans bouger et comme rien ne se passe, je m’accroupis à nouveau et j’attends.

Je l’entends alors, à l’écoute de ses raires, s’éloigner au plus profond de la forêt. Ils se font de plus en plus lointains, répercutés vers moi par la paroi de la falaise qu’il est en train de longer. C’est alors que j’ai ressenti une drôle d’impression : ses raires résonnent en moi et pourtant, le silence est revenu sur la montagne. Quel concert!

Quelques gouttes de pluie commencent à tomber ; c’est le moment pour moi aussi de rentrer!

Je n’ai compris que plus tard ce qui c’était passé, en sélectionnant les photos de cette publication : la position de ses oreilles, bien sûr! L’animal m’avait repéré dès le début et ses derniers raires qui résonnent toujours dans mon esprit quand j’y repense, m’étaient probablement destinés.

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