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Mon séjour dans le Parc naturel de Somiedo à la recherche de l’Ours brun

Pola de Somiedo, peu avant le lever du soleil. Au loin, on distingue quelques sommets de la vallée del Lago.

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Un peu de nostalgie pour commencer cet article! En ce moment, je devrais revenir d’ « ailleurs »! Mais d’où donc? Des Asturies, plus précisément de Pola de Somiedo, où j’aurais peut-être rencontré l’Ours brun. Depuis ce premier séjour en octobre 2019, je m’étais promis d’y revenir. Je n’avais pas eu l’occasion de voir l’ « Oso pardo », mais j’avais été conquis par la beauté de la région et j’avais fait des rencontres très sympathiques et instructives.

Grâce à l’une d’entre elles, j’avais pu « ressentir » la présence de l’ours au travers d’indices de son récent passage et ce fut un réel plaisir! L’ambiance n’est plus du tout la même quand on sait qu’il est là, autour de vous!

Le départ! Ces moments-là me manquent.

Cette publication est un peu tardive car j’espérais pouvoir la compléter avec des photos de rencontre de ce plantigrade qui m’interpelle. Cet espoir a été contrarié. Le virus qui circule depuis début 2020 a bouleversé notre vie et j’ai dû hélas revoir tous mes projets.

En complément des informations utiles à savoir pour l’observation directe de l’ours, il est pour moi important et intéressant de connaître au préalable le Parc Naturel de Somiedo et d’apprécier ses richesses patrimoniales. 

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I- Mon intérêt pour l’ « Oso Pardo »

Je m’intéresse à l’Oso Pardo depuis un bel échange naturaliste avec un journaliste qui avait fait un séjour à Pola de Somiedo, pour étudier l’Ours brun. C’était un soir de décembre 2015 à Arjuzanx (Landes), pendant l’observation du retour des grues cendrées à leur dortoir. Nous avions continué à discuter à la nuit tombée au milieu des pins, alors que les grues continuaient à trompeter dans l’obscurité grandissante. Je garde de cette rencontre un excellent souvenir.

Quand on s’est quittés, ce monsieur avait su me transmettre sa passion et je rêvais déjà d’aller faire un tour dans les Asturies. Les conditions d’observation de ce plantigrade m’avaient conquis.

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II- Pourquoi choisir les Asturies pour voir l’ours brun

Les Asturies sont un des derniers sanctuaires où l’ours vit en totale liberté et sans intervention humaine. De plus, sa présence est acceptée par la population locale et vous y êtes vous-même le bienvenu.

Pour aller à sa rencontre, la chance est un facteur important. D’ailleurs, c’est plutôt lui qui viendra à vous. Ni les recommandations d’amis, ni les conseils des autochtones ne garantissent le succès du séjour. Voir ne serait-ce qu’un seul ours dans son environnement reste aléatoire ; même si sa densité de population est plus importante que celle de notre ours des Pyrénées, il est insaisissable. J’aime à penser que l’animal ne se montre qu’à celui qui l’a suffisamment mérité ; si l’on revient de ce séjour bredouille, il ne faut pas être déçu. Ce n’était pas l’heure mais celle-ci viendra. 

Cette approche est à l’opposé de celle de certains voyages naturalistes vers d’autres destinations, où l’ours est parfois attiré pour tirer son portrait en gros plan depuis un abri sécurisé. 

En semi-liberté, dans un parc naturel zoologique en Cantabrie.

Dans mon esprit, quand l’homme intervient, cela revient à faire la photo ci-dessus où il n’y a ni mérite ni émotion. 

A Pola de Somiedo, l’ours est bien plus qu’une coche sur sa liste de souhaits ; le voir est un privilège qu’il nous offre pour une poussée d’adrénaline inoubliable. Vous ne ferez pas des observations rapprochées, elles ne sont d’ailleurs pas souhaitables. Au contraire, vous le verrez évoluer de loin dans son environnement vaquant tranquillement à ses occupations, en vous faisant oublier. 

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III – Le Parc naturel de Somiedo

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Une partie de la vallée de Somiedo, avec en bas et à droite le village de Pola de Somiedo dans un écrin de verdure. Il est dominé par el Pico Cerridiel (1 464 m) ; les locaux ont parfois l’occasion de voir l’ours évoluer dans ses éboulis, depuis le village. A sa gauche, el Pico Mochada (1 659 m).

Le Parc naturel de Somiedo  a une superficie de 39.000 hectares environ. La plupart des observations d’ours se produisent dans les environs du village (et de ses hameaux proches) qui a donné son nom au parc, Pola de Somiedo. Ce petit village animé de 208 habitants (statistiques 2020) est situé à 700 mètres d’altitude, dans la Communauté autonome de la Principauté des Asturies, dans la zone centrale des Monts cantabriques. La population totale du Parc, répartie sur 38 villages et hameaux tranquilles, est de 1 093 habitants (source 2020) avec une tendance à la régression. La densité est donc très faible, de l’ordre de 4 hab/km2 mais une partie non négligeable du Parc est occupée par de la haute montagne.

Le cœur de Pola de Somiedo, un matin d’octobre 2019.

Le Parc naturel a été crée en 1988 et il a été classé Réserve de la biosphère de Somiedo par l’UNESCO en 2000. Son relief est abrupt, entre 400 et 2 200 mètres d’altitude, avec des formes karstiques qui interpellent parfois. Les sommets les plus élevés sont situés à la périphérie du Parc, avec El Cornón (2 194 m), suivi de très près par La Peña Orniz (2 191 m).

Il se déploie sur plusieurs vallées dont les plus importantes sont celles de Somiedo, de Pigüeña, del Lago et de Salienca. Je les présente plus loin avec quelques détails. Elles ont toutes leur rivière éponyme.

La petite vallée de Perlunes (altitude 1 100 m) à main gauche en aval de Pola de Somiedo est moins connue mais elle a aussi ses centres d’intérêts comme les fameuses brañas, ces pâturages séculaires avec leurs constructions typiques. La faune y est très présente.

La vallée de Villamor encore plus bas à main droite, est parcourue par une route panoramique qui évite Villamor et aboutit à un point d’observation panoramique au Puerto de San Lorenzo (1 347 m), à la limite du Parc. 

Ces vallées ont été façonnées par les glaciers du Quaternaire. Le climat est de type continental avec des grandes différences de température entre l’hiver et l’été. L’enneigement est fréquent en hiver au-dessus de 1 200 mètres. Les forêts sont abondantes avec un grand nombre de chênes, hêtres, frênes, châtaigniers et d’autres espèces indigènes.

Le Parc a très bien conservé son aspect naturel sauvage. Il n’a pas été touché par l’urbanisation comme on peut hélas l’observer de plus en plus dans l’Espagne d’aujourd’hui. La forêt très présente et le relief raide et accidenté offrent un refuge sûr à la faune locale.

Devant l’un des hôtels de Pola de Somiedo, l’ambiance « ours ». Le tourisme de nature, centré sur l’image de l’ours, est une ressource qui a pris de l’importance.

Ici, l’homme a toujours vécu avec les grands prédateurs. La chasse à l’ours y était une pratique courante mais elle a fini pour avoir un impact négatif sur sa population, qui a atteint un seuil critique au milieu du siècle précédent. En 1966, la réserve nationale de chasse de Somiedo est créée dans le but de préserver l’espèce. La chasse devient interdite en 1967 et l’animal a été déclaré comme espèce protégée en 1973.

Depuis 1992, une ONG œuvre pour la cohabitation entre l’homme et le plantigrade, en mettant en place des mesures de protection de l’environnement et d’information des habitants : la Fundacion Oso Pardo, qui a son siège à Pola de Somiedo.

Vivre avec l’ours y est une habitude et on peut facilement en parler sans créer de polémique. On a toujours répondu avec plaisir à mes questions.

La population du plantigrade est partagée en deux noyaux, celui qui vit entre León et les Asturies, et celui qui se trouve dans les montagnes de Cantabrie et de Palencia. En 2018, les effectifs sont estimés à +/- 280 sujets pour le noyau occidental (dont fait partie le Parc) et pour le noyau oriental, à +/- 50 sujets. Des mesures sont aujourd’hui en place pour favoriser le déplacement des mâles entre ces deux noyaux qui étaient isolés, afin d’améliorer la diversité génétique de l’espèce. La population se reconstitue, sans avoir à le réintroduire comme on l’a fait dans nos Pyrénées.

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IV- LES BRAÑAS

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Dans la vallée de Somiedo – Deux cabanes de teito ou « teitos », sur la braña La Peral. Quelques chevaux broutent tranquillement dans les près bordés de murets en pierre sèche.

Dans la partie supérieure des vallées (1 000 à 1 400 m environ), le regard est parfois attiré par des cabanes isolées ou en groupe, témoignages d’un ancien mode de vie séculaire qui a évolué, comme partout ailleurs. 

Ces cabanes typiques de Somiedo s’appellent localement des teitos (terme masculin); on les reconnait facilement à leur couverture végétale. Elles sont encore très présentes, où que l’on aille dans le Parc. Les murs sont bas et en pierre sèche, parfois partiellement enfouis dans le sol et surmontés d’une charpente construite avec du bois prélevé localement. A vrai dire, on devrait employer le terme de « cabanes de teito ». Un puriste peut rappeler que le mot teito désigne seulement le toit en couverture végétale, et non pas à la construction entière. Pour la suite, je les appellerai un « teito », comme le veut l’usage local.

Détail d’un mur en pierres sèches et de la couverture d’un teito.

La charpente est en bois local, avec un assemblage original pour retenir la couverture végétale.

Détails de la partie supérieure de la toiture.

On peut voir à l’extérieur une partie de l’ossature originale qui retient une couverture végétale imperméable, faite avec des branches de Genêt à balais (Cytisus scoparius) ou de Genêt floribond (Genista florida). 

Au printemps et à l’automne, ces cabanes étaient utilisées comme abri de base pour les éleveurs qui accompagnaient leurs troupeaux de bovins (essentiellement), de chèvres et de moutons pendant la transhumance. On y abritait le bétail pour la nuit et le grenier servait de fenil ; l’éleveur se reposait à côté de ses bêtes dans une petite pièce à part. Ces teitos sont entourés de prairies clôturées par des murets de pierres, amendées avec le fumier du bétail et où l’herbe était fauchée. En été, les éleveurs amenaient leur bétail encore plus haut, sur de vastes zones de pâturage collectif.  L’hiver, tout le monde redescendait à l’abri dans les vallées. La forte pente des toitures était configurée pour résister au poids de la neige.

Dans la vallée de Somiedo – Une partie des brañas de Mumian (altitude moyenne 1 450 m).

Les brañas de Mumian et quelques teitos. Certains s’écroulent, d’autres ont été restaurés avec une couverture moins traditionnelle et aménagés pour plus de confort. Sur la droite un abreuvoir, la Fuente del Cano.

Fuente del Cano – Ce réfrigérateur naturel restauré permettait de maintenir le lait au frais dans les pots juste après la traite, grâce à la circulation de l’eau d’une source à l’intérieur de ces petites constructions en pierre généralement adossées à un talus. On en trouve aussi dans les villages. Le nom local est « otcheras » (ol.leras en asturien). 

Ces teitos étaient généralement regroupés en un endroit frais et humide où les pâturages verts abondent à tout moment de l’année. Ce type d’habitat traditionnel est appelé localement une braña.

Ces brañas avaient leurs prairies de fauche, des abreuvoirs pour le bétail et des réfrigérateurs naturels pour conserver les pots de lait. Celles qui n’étaient occupées qu’au printemps et à l’automne, les plus nombreuses et les plus évoluées, sont dites « équinoxiales ».

Vallée del Lago – Un teito sur une braña estivale. On remarque l’absence des murets en pierre sèche.

La transhumance estivale aux altitudes supérieures avait ses propres brañas, dites … « estivales ». Plus petites et moins évoluées que les précédentes, elles sont probablement plus anciennes.

Vallée de Somiedo – Un entretien de couverture en cours, avec du genêt.

Vallée de Somiedo – Une restauration faite il y a une trentaine d’années.

Vallée del Lago – Certains teitos (braña La Code) ont été restaurés pour être loués en appartements de vacances (camping Lagos de Somiedo, village Valle de Lago). C’est sans doute au détriment de leur aspect d’origine (pierre jointoyée) mais cela leur offre une seconde vie.

Les teitos ne sont plus utilisés pour la transhumance depuis plusieurs décennies ; certains sont en ruines ou s’effondrent silencieusement tandis que d’autres sont restaurés. La transhumance continue encore mais dans d’autres conditions ; des pistes empierrées desservent ces pâturages très fertiles où le bétail est visité régulièrement par les éleveurs.

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V- Les vallées principales du Parc

Elles sont au nombre de quatre et chacune a ses spécificités.

5.1 La vallée de Somiedo

Elle descend du col (Puerto) de Somiedo, limite du Parc et situé à 1 486 m d’altitude ; ses précipitations sont recueillies par la rivière de Somiedo, affluent de la rivière Pigüeña rejointe à la sortie du Parc à Aguasmestas (altitude 575 m).

Elle est traversée par l’AS-227 qui dessert La Peral (bifurcation), El Llamardal (bifurcation), Caunedo, Gúa, Pola de Somiedo, Castro, La Riera et enfin Aguasmestas.

La route principale AS-227 et Puerto de Somiedo (61 hab en 2020, pour une cinquantaine de maisons).

En pénétrant dans le Parc par la route AS-227 qui descend du col de de Somiedo – L’ambiance « ours » se précise en vue du village de La Peral (au centre), dominé par el Pico Los Pacharones (1 603 m). 

En descendant du col de Somiedo en voiture. La AS-227, en contrebas, serpente dans la vallée vers Pola de Somiedo. 

Le village de Gúa (880 m), depuis le mirador de La Peral (1 380 m).

La vallée de Somiedo depuis le mirador de La Peral, en direction de Pola de Somiedo. A gauche, el Pico Mochada, puis el Pico Cerridiel. Au fond, el Pico Cimero (1 596 m) et au creux de la vallée, le village de Gúa. A droite, la Peña El Molinón (1 487 m) puis les brañas de Mumian à flanc de montagne (altitude moyenne 1 450 m), suivie de la Peña de Gúa (1 679 m). En asturien (ou asturianu), les noms peuvent parfois changer.

En zoomant vers les brañas de Mumian. A gauche, la Peña El Molinón. Au point bas de la ligne de crête, l’arrivée aux brañas depuis le village El Coto de Buenamadre (vallée del Lago) par une piste forestière utilisée pour la transhumance.

Une vue d’ensemble des brañas de Mumian, qui continuent encore sur la droite en partie supérieure. En bas à droite, on aperçoit le sentier P.R. AS-11 montant aux brañas depuis le hameau de El Llamardal. Il traverse les brañas puis redescend vers El Coto de Buenamadre.

La vallée de Somiedo depuis La Peral – Au centre, le hameau de El Llamardal (1 375 m – 14 hab en 2020), qui fut dans le passé une braña. A partir de la gauche, la Peña de Gúa, el Colláu Corrotrapas (1 755 m) et El Pico Alto (1 849 m).  Tout à droite, l’Alto La Encarralina (1 855 m) puis le sommet en pyramide de la Peña Salgada (1 978 m) en bordure de la photo.

Le village de El Llamardal et ses prairies de fauche. Les anciennes cabanes de transhumance (teitos) ont disparu. C’est le point de départ du sentier P.R. AS-11 vers les brañas de Mumian.

Sur le P.R. AS-11, vers les brañas de Mumian. Dans la vallée, le village de Caunedo (960 m – 41 hab en 2020) au bord de la route principale vers Pola de Somiedo. A gauche, la Gata (1 718 m), puis el Pico Mocoso (1 989 m), La Granda (1 827 m) et el Pico Mochada tout à droite.

Le P.R. AS-11 passe à flanc de montagne au pied de la Peña de Gúa. 

A l’approche des brañas.

L’arrivée aux brañas de Mumian, disposées sur deux niveaux. A l’arrière-plan, el Pico Mochada. 

Un aperçu des teitos disséminés sur la braña d’en bas; certains sont en ruines.

En zoomant sur le sommet del Pico Mochada, située sur l’autre versant de la vallée de Somiedo.

En zoomant à droite del Pico Mochada : à l’arrière-plan, le relief bouleversé de la Peña Blanca (1 588 m), puis el Cerridiel au deuxième plan sur la droite (surplombant Pola de Somiedo).

Sur le chemin du retour. Le village de Caunedo est passé dans l’ombre. 

Un biotope propice à l’ours, à certaines périodes de l’année mais pas aujourd’hui. A cette heure, il peut y avoir d’autres grands mammifères.

Une grotte au pied d’une falaise difficilement accessible.  

Sur le chemin du retour – La vue sur la vallée de Somiedo, en direction del Puerto (point le plus bas de la ligne de crête) – A l’arrière-plan à droite du premier mamelon, La Peral et son belvédère d’observation des ours (El Principe), dominé à droite par Los Pacharones, puis La Gata (1 718 m). Entre ces deux sommets au dernier plan, la Peña Penouta (1 976 m).

Sur le mamelon au second-plan, le belvédère d’observation des ours El Principe, à La Peral. A sa droite, Los Pacharones qui occulte en partie la Peña Penouta (1 976 m).

En zoomant sur la Peña Penouta – Le soleil est en train de passer derrière la montagne.

La descente vers El Llamardal, en contrebas dans la vallée. Au centre, l’Alto la Encarralina (1 855 m) domine la forêt que l’on traverse en contrebas pour atteindre El Llamardal et arriver au parking. 

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Depuis la route principale AS-227 – La Peral, au centre, domine la vallée de Somiedo depuis son promontoire Alto del Cuerno où est installé le mirador « El Principe ». Les prairies de fauche de la braña remontent vers le fond de la vallée. 

La Peral ( altitude 1 370 m – 18 hab en 2020) est une braña qui a la particularité de ressembler à un petit village. Elle n’était habitée autrefois qu’en période de transhumance du printemps à l’automne. Un bon nombre de teitos ont été conservés. Quelques-uns ont été restaurés (avec des matériaux plus modernes) et certains sont aujourd’hui entourés par un habitat récent. Le village vit surtout de l’élevage bovin ; il a un bar qui fait aussi restaurant au moins le midi, avec un accueil très sympathique.

La Peral a un observatoire des ours très connu, le mirador El Principe. 

L’habitat est composé de teitos et de constructions bien plus récentes.

La Peral depuis le mirador El Principe – A gauche, les lacets de la AS-227 montent vers Puerto de Somiedo. Les sommets en face sont situés à la limite du Parc. Au centre, la Peña Prieta (1 779 m) ; tout à droite, la Peña Penouta.

La Peral et quelques sommets environnants, depuis le mirador El Principe : las Camposas (1 849 m), la Peña Penouta, la Peña Canseco (1 951 m – dans le creux) et Los Pacharones à droite.

Sur le sentier PR-AS 14, reliant La Peral à Villar de Vildas (870 m – 89 hab en 2020), où on rejoint une route secondaire descendant vers Pigüeña puis Aguamestas, à la limite du Parc.  

Quelques teitos en bon état dans la vallée.

Biotope fréquenté par l’ours brun, sur les hauteurs au pied de Las Camposas.

En zoomant sur le relief devant Las Composas.

Soleil matinal sur La Peral, depuis une hauteur.

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5.2  La vallée de Pigüeña

Cette vallée escarpée et très peu peuplée est intéressante à tous les points de vue. Elle est très propice à la quiétude de la faune avec ses grandes forêts. Il me reste encore à la découvrir. J’ai manqué d’informations à son sujet lors de mon premier séjour et je le regrette un peu. Ce n’est que partie remise.

On y accède par une petite route secondaire depuis l’entrée du Parc à Aguasmestas. Cette route dessert les villages de Pigüeces (embranchement), Robledo (602 m – Observatoire), Rebollada (embranchement), Pigüeña (altitude 680 m), Corés et enfin Villar de Vildas (altitude 860 m – 89 hab en 2020), le centre urbanisé le plus important de cette vallée. 

La partie supérieure de la vallée est dominée à la limite du Parc par la Sierra de los Cereizales (avec El Cogollo de Cebolleu culminant à 2 084 m) et par la Sierra Pelada (pico Sierra Pelada à 2 038 m et El Cornín ou Peña Negra à 2 059 m).

La rivière Pigüeña prend sa source à la Fuente de la Paradona (altitude 1 675 m environ) dans la petite vallée secondaire de los Cereizales, près de la limite du Parc. Elle reçoit les eaux de la rivière de Somiedo à Aguasmestas (altitude 475 m).

En bas et en blanc, le tracé du PR-AS 14 partant de La Peral vers le Collau la Enfestiella, le col à la limite des deux vallées.

La piste carrossable du PR-AS 14 se transforme en sentier à l’approche du col.

Depuis la vallée de Somiedo, on peut relier à pied Villar de Vildas par le PR-AS 14 à partir de La Peral. La piste carrossable se transforme en un sentier qui monte au Collau (col) la Enfestiella (altitude 1 698 m), séparant les deux vallées de Somiedo et Pigüeña. Il redescend ensuite, pour rattraper le PR-AS 14. 1 empierré qui monte depuis Villar et appelé « Ruta del Valle del Pigüeña » (à l’usage exclusif des éleveurs et entouré de zones à usage restreint). La liaison s’effectue peu avant son arrivée à la braña Viecha (ou braña de los Cuartos, altitude 1 400 m). On peut faire le détour pour monter visiter cette braña ou bien continuer de descendre par la piste qui suit une direction parallèle à la rivière Pigüeña. Elle passe à la braña La Pornacal (altitude 1 150 m) avant d’arriver à Villar.

La braña La Pornocal est composée d’une trentaine de teitos très bien conservés et la braña Viecha est la plus vieille de la vallée avec une dizaine de teitos plus primitives.

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5.3 La vallée del Lago

Cette magnifique vallée au relief accidenté démarre dans un cirque glaciaire avec le lac (lago) del Valle  à 1 560 m ; ce lac alimente le rio del Valle qui traverse le village Valle del Lago à 1 230 m (77 hab en 2020 – Point de départ de randonnée vers le lac). Les eaux se jettent ensuite dans la rivière de Somedio à Pola de Somedio. Les autres villages, peu nombreux, sont à l’écart de la route secondaire très étroite desservant Valle de Lago depuis Pola : Urria et El Coto de Buenamadre.

La faune est bien représentée et l’ours doit y être observable aux périodes propices, sous réserve comme partout ailleurs de discrétion et de tranquillité. 

A partir du petit village El Coto de Buenamadre (975 m d’altitude – 47 hab en 2020), on accède aux brañas de Mumian par une piste forestière (PR AS-11) qui permet aux éleveurs de surveiller leurs troupeaux. Elle est aussi utilisée pour la transhumance. Cette piste traverse la forêt entre des zones à accès restreint. Il est donc interdit de la quitter!

El Coto de Buenamadre – Ce village est le second point de départ pour les brañas de Mumian. 

Dans le village, on trouve encore des greniers à grains appelés localement un « horreo », comme en Galice.

Le panorama à la sortie du village, en montant par la piste forestière. La route (très étroite) en direction du village Valle de Lago passe en face à mi-pente. La Piniecha (1 609 m), el Collado Piniecha (1 556 m), La Palombera (1 649 m) et ….

La vue vers la partie supérieure de la vallée. Au centre, la Peña el Robezu.

A la sortie du village, la réglementation est évidente!

La piste remonte dans la forêt de hêtres de La Enramada, une zone classée à usage restreint. Il est donc interdit de quitter le chemin!

La vue dans une trouée sur le versant opposé, avec sur la gauche les lacets montant au village d’Urria (altitude 880 m – population 29 hab en 2020). En face, les sommets dominant la vallée glaciaire se succèdent. Au-dessus du village, el Pico Piedralba puis au centre, La Piniecha, El Collado Piniecha, La Palombera, …

Peu avant l’arrivée sur les brañas. A l’arrière-plan, la Llávana, puis l’Albo occidental tout à droite.

L’arrivée sur les brañas. Outre les sommets déjà cités, on aperçoit d’ici El Cornón (2 188 m), le sommet en pyramide sur la ligne d’horizon vers la droite.

Les brañas s’étendent sur deux niveaux, la braña d’en haut et celle d’en bas.

Des vaches paisibles!

Les teitos avaient un enclos fermé par un muret de pierre sèche pour garder le bétail.

Certains teitos ont été restaurés dans les années 90 (je crois) à partir de fonds européens (programme LIFE). 

 La Peña de Gúa, depuis les brañas. On peut accéder à son sommet (il faut bien se renseigner sur l’itinéraire autorisé!). 

Il fait très bon! Je m’attarde longuement pour observer les pentes de la Peña et j’assisterai à la sortie de quelques isards sur les crêtes.

Eux aussi sont présents, ainsi que l’Aigle royal observé deux jours plus tôt au même endroit.

Le retour vers la forêt de La Enramada. A l’horizon, la  Peña Manteca (1 521 m), conique, domine les environs du village de Belmonte en dehors du Parc.

En zoomant vers le fond de la vallée.

A l’arrière-plan du piton rocheux (Pico Castiellu ou Peña Furada, 1 424 m), La Llávana, puis l’Albo occidental à droite, que je verrai demain d’un peu plus près. 

A la sortie de la forêt – Les Picos Albos (entre 1 967 et 2 024 m).

Bientôt à ma voiture, parquée à la sortie du village. Demain, j’irai visiter la partie supérieure de la vallée.

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Las Fanas de Faspachón, saupoudrés de neige (1 928 m).

Cette nuit, il a neigé sur les sommets de la vallée del Lago. Aujourd’hui, je vais faire une ballade facile jusqu’au Lac de la Vallée (Lago del Valle) qui devrait me donner l’opportunité d’observer un peu de faune. Cet itinéraire (avec possibilité d’une boucle dans la partie supérieure) permet aussi de monter aux lacs de Salencia. Quasi-déserte à cette période, cette vallée est très fréquentée en été. Elle est connue pour être humide et j’en ai fait l’expérience lors de cette sortie.

L’embalse del Valle (alimenté par le rio del Valle ainsi que deux autres canaux de dérivation d’eau), où je laisserai mon véhicule. Le parking habituel est à la sortie du dernier quartier du village, plus haut. La météo n’est pas terrible!

A gauche, le village Valle de Lago, qui s’étire en longueur le long de la route sur quatre quartiers. Dans la verdure, le camping (avec ses teitos rénovés). Au centre de la photo, la Peña el Robezu (1 911 m). « Robezu » est aussi la traduction de « chamois ». A sa gauche, las Fanas de Faspachón, enneigé (1 928 m).

Les teitos rénovés et leur environnement. A gauche, la Peña el Robezu.

Traversée à pied du village.

En zoomant vers les hauteurs.

Sur la piste carrossable du PR. AS-15.1 – C’est quoi cette grosse forme noire? Un molosse qui sommeille tranquillement à proximité du troupeau, un œil ouvert!

Au fond : el Pico de la Llávana (1 937 m, 2ème position), puis el Pico Albo occidental (2 067 m) et el Pico Rubio (2 043 m).

En zoomant vers les crêtes à main gauche.

Sur ces pentes, j’aurai l’occasion de voir évoluer des hardes d’isards à plusieurs reprises.

En zoomant vers les crêtes. Ces abris naturels sont assez nombreux.

Traversée de la braña de Cobra – Tout à gauche, el Pico Albo Occidental, suivi du Pico Rubio. Ensuite, El Cuevameliz ( 1 899 m), puis El Corralón (1 862 m), devant à droite.

D’après mes recherches, il semble qu’il y ait une erreur sur la carte IGN 1/50 000è Espagne : elle indique El Pico el Canalón à la place du Cuevameliz mais tous les topos d’habitués de la région nomment ce dernier. Certains signalent l’erreur. Usages locaux, autre type d’erreur? Je noterai pour la suite les deux noms. 

En zoomant vers les sommets à main gauche : el Pico Albo Occidental, puis el Pico Rubio, …

…, et à leur gauche, la  Llávana.

Dans le vallon coule le rio del Valle, exutoire du lac qui n’est plus trop loin sur la gauche. Dans les nuages, La Fana (1 840 m), puis El  Cuevameliz (1 899 m, appelé Pico el Canalón).

En zoomant sur La Fana, dans la brume.

En zoomant sur El Cuevameliz (1 899 m, appelé Pico el Canalón). La météo menace.

El Lago del Valle (1 571 m) – De l’autre côté du lac à gauche, la Braña del Pedregal (une braña estivale). Au centre, un îlot naturel qui singularise le lac (représenté sur toutes les cartes). Le point de vue de l’autre côté est superbe sur le lac et la vallée mais le temps se gâte.

Le vent se lève et il se met à pleuvoir. Tous les sommets vont se retrouver dans les nuages.

Sur la 3ème aiguille, on dirait qu’un animal fait le gué, bien visible sur l’original de la photo! Etrange! Il n’y a pas de bouquetin dans la région.

A la recherche d’isards, sur les pentes de La Mortera, dominant le lac.

La visibilité devient quasiment nulle ; l’ambiance est particulière.

Sur le chemin du retour, çà se dégage. Une option permet de faire une partie de la sortie en boucle depuis le lac, en prenant un sentier à l’ombre sur la gauche dans la forêt. A gauche, La Fana, puis El Cuevameliz (ou El Canalón) et El Corralón.

Sur le chemin du retour – El Cuevameliz (ou El Canalón) et El Corralón dominent la braña de Cobra, où un éleveur est en train de visiter ses vaches.

En contrebas dans la vallée et dominant au sud le village Valle del Lago, le pic Castiellu ou Peña Furada (1 424 m) commence à prendre des couleurs. Il tire son nom de la présence d’une arche naturelle sur l’un de ses côtés. On le voit aussi depuis la forêt de La Enramada.

Dans les prairies aux heures propices de la journée, on peut observer des cerfs, des chevreuils, … . Sur le chemin du retour, cette chevrette et sa fille de l’année précédente se sont laissées surprendre.

Le Bruant fou (Emberiza cia) , un passereau de moyenne montagne que j’adore!

Le Pipit sponcielle en plumage internuptial (Anthus spinoletta), un oiseau de moyenne montagne.

Ce genre de sortie m’a occupé agréablement dans la journée, en attendant l’affût en soirée plus propice aux observations des « grosses bêtes ». Elles s’avéreront négatives mais j’ai passé des moments très instructifs!   

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5.4 La vallée de Salienca

Située en aval de Pola de Somiedo, elle abrite entre autres le village de Salienca (1 110 m d’altitude), point de départ de randonnée. La route continue jusqu’à la limite du Parc  au col (Alto) de la Farrapona (altitude 1708 m, à la frontière entre les Asturies et le León). C’est le point de départ de randonnée vers les lacs glaciaires de Saliencia (La Cueva, Calabazosa ou Negro, La Mina ou Almagrera, Cerveriz), ainsi que vers le Lago del Valle précédemment cité.

Bien que je l’ai traversée, je n’ai pas fait de photo. Ce sera pour une autre fois, avec une randonnée dans ce secteur.

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VI – La période d’observation des ours

Selon la période de l’année et même parfois de la journée, les ours, suivant leur cycle de vie et leurs besoins énergétiques, occupent un habitat ou un autre avec des variations marquées. Cela dépend de la nourriture disponible, la présence humaine, l’activité sexuelle, la présence d’autres ours, etc.

Il y a généralement deux périodes dans l’année pour l’observation des ours, le printemps et l’automne. La première période offre les comportements les plus intéressants, avec les femelles et leurs oursons à la sortie d’hibernation ainsi que le moment du rut (de mi-avril à fin mai environ). Ils se nourrissent des jeunes pousses d’herbes qui poussent par ci par là sur les rochers et autres ressources offertes par la nature.

A la fin du printemps, les ours retournent sous le couvert végétal et les opportunités de les observer à distance sont rares. Amateurs de cerises, ils laissent des marques de leur passage à la périphérie des zones habitées en tirant/cassant les branches des cerisiers pour attirer les fruits à leur portée ou pour les faire tomber. 

A la fin de l’été, les ours ressortent à nouveau à découvert dans les éboulis pour les baies noires du nerprun et autres baies. En 2019, j’étais présent du 10 au 15 octobre et il était déjà trop tard pour les observer dans ces conditions. D’ailleurs, j’étais le seul « touriste » et je n’ai rien regretté ; cela a peut-être favorisé les échanges. D’après un vieil autochtone qui les suivait depuis sa jeunesse, la dernière observation d’ours avait eu lieu à La Peral, la semaine précédente. Le meilleur moment est à partir de la mi-août jusqu’à la troisième semaine de septembre.

En dehors de ces périodes, il est préférable de passer par des guides locaux qui connaissent bien l’espèce et son milieu. Les rencontres sont toujours possibles, mais cela demandera de crapahuter un peu dans les zones autorisées où il vaudra mieux être guidé par des gens d’expérience pour déjà l’aspect sécurité, mais aussi le respect de la réglementation et de la tranquillité de l’animal. La priorité est d’avoir un comportement éthique et responsable.

Autant prévenir de suite, il ne faut pas s’attendre à faire du nez à nez avec la bête pour lui tirer le portrait ; la plupart des passionnés sont équipés de lunettes ornithologiques grossissant 60 ou 80 fois ou bien de gros téléobjectifs. L’observation se fait d’un versant à l’autre à des distances bien conséquentes, en grande majorité tôt le matin et dans la soirée.

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VII – Où observer l’Ours brun dans le Parc

 

La carte des différentes zones du Parc Naturel – Source : document papier du « Centro de Receptión y Interpretatión del Parque » et disponible aussi sur le Web (légèrement différente).

A mon arrivée à Pola de Somiedo, je suis d’abord passé au Centro de Receptión y Interpretatión del Parque (équivalent de notre Office de Tourisme) pour récupérer la carte du parc avec les zones d’accès libres et celles qui sont restreintes ou interdites afin d’éviter les nuisances pour la faune. Il est d’une importance vitale de respecter l’utilisation des différentes zones du parc naturel.

Il ne faut pas se fier à ce que font les autres et chercher à les imiter : certaines zones sont fermées aux visiteurs mais pas aux autochtones qui sont propriétaires de biens, ou travaillent dans le Parc.

Signalisation sur place, sur la piste forestière du petit village d’El Coto (vallée del Lago) vers la Braña de Mumián.

Vallée de Somiedo – Restriction périodique du 03 avril au 31 août.

Interdiction temporaire sur le sentier entre Gúa et Caunedo, pendant la période où l’ours se régale des baies noires du nerprun.

En plus de ce qui est précisé sur la carte du Parc, il peut y avoir aussi des restrictions temporaires affichées sur place.

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La Casa del Oso à Pola de Somiedo, gérée par la Fondation Oso Pardo, est très riche en informations sur le Parc naturel et sur l’Ours brun.

Je suis aussi passé à la « Casa del Oso« , centre géré par la Fundación Oso Pardo (FOP). Il n’est pas ouvert en permanence (se renseigner au syndicat d’initiative). Je recommande vivement cette visite afin de s’imprégner de la vie de l’Ours brun et pour la richesse des échanges que j’ai pu avoir avec le responsable du Centre.

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7.1 Les belvédères d’observation

Avec la création du Parc, des endroits ont été aménagés en libre accès près d’un habitat humain dans des zones tranquilles, afin de permettre une bonne observation des plantigrades (et autres) de flanc à flanc de montagne sans les perturber, tout en intégrant aussi le respect de la tranquillité des autochtones.

Les plus connus sont ceux de Gúa et de La Peral. C’est l’occasion de rencontrer d’autres passionnés et d’échanger des informations intéressantes, en début et en fin de journée. Les chances de voir l’ours sont déjà conséquentes mais elles augmentent avec le nombre de regards qui participent à cette quête. En effet, certaines observations peuvent être très fugitives, avec le risque de regarder ailleurs au mauvais moment.

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Le Belvédère de Gúa 

Le petit parking visiteurs sur la route principale.

La présence des véhicules à moteur dans le village de Gúa (87 hab en 2020, en diminution) n’est autorisée que pour les habitants! Il y a un petit parking de 4 voitures environ sur la route principale mais il est fortement recommandé de s’y rendre à pied depuis Pola de Somiedo, situé à moins d’une demi-heure en flânant. 

Le mirador, devant la jolie petite église Santa Maria. A gauche, La Corona (1 266 m). Après le pylône (que l’on peut « oublier »), la Peña El Molinón (1 487 m). Les brañas de Mumian sont vers la  droite.

Le pylône est oublié.

Un peu plus haut que le mirador, ce pré bien placé a été mis à la disposition des observateurs par la municipalité.

Prairie autorisée pour l’observation des ours, …

La vue sur le versant opposé depuis la prairie.

La vallée de Somiedo en direction du village de Caunedo, puis celui de La Peral – Photo prise depuis la prairie.

En zoomant vers le village de Caunedo.

En zoomant vers le versant d’en face où évoluent les ours, entre La Corona et la Peña El Molinón.

Les éboulis dans lesquels les ours évoluent à découvert (à la bonne période).

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Le Belvédère de La Peral

Le Belvédère – Il est aménagé pour l’observation des ours et autres grands mammifères.

Il a été inauguré en 1992 et porte un nom, « El mirador del Principe ». Un parking a été aménagé à l’entrée du village pour les véhicules à moteur venant de l’extérieur (15-20 mn – 11 km en voiture, depuis Pola). L’observatoire est à moins de 15 minutes à pied (800 m) après avoir traversé le village. A l’écart, il domine à 1 380 m d’altitude toute la vallée de Somiedo et offre des panoramas exceptionnels.

A mi-hauteur à gauche, le belvédère domine la vallée de Somiedo et offre une vue imprenable sur le versant en face, où évoluent les ours à découvert à certaines périodes de l’année.

Une vue sur le versant en face, depuis le belvédère (en bas à gauche).

La vue en direction d’El Llamardal depuis le belvédère (en bas à droite), avec en contrebas la route AS-227 vers Pola de Somiedo.

En zoomant en contrebas vers El Llamardal.

Le belvédère, en direction de la Peña Penouta.

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7.2 Les Guides locaux

L’autre possibilité est celle que je recommande : faire appel à un guide local. Cette option est à considérer pendant la saison favorable mais aussi hors saison : on peut en fait observer l’ours une bonne partie de l’année, sauf en période d’hivernation. Ils sont aussi dans des endroits qui peuvent être moins accessibles, mais surtout moins connus sinon de ceux qui vivent sur place et parcourent le Parc pratiquement toute l’année. 

Vous augmenterez ainsi les chances de faire une belle rencontre. Avec un guide, vous vous imprégnerez aussi de cette ambiance « ours » si particulière.

Dépouille probablement d’un faon, laissée par un grand prédateur. 

Vous apprendrez à reconnaître les signes de son existence : analyse des empreintes qui vous amènera peut-être à découvrir le passage d’une mère et de son (ses) ourson(s), observation des fèces qui donneront des indices sur son régime alimentaire du moment, retournement de pierres à la recherche de fourmis, marquage sur les troncs d’arbre, recueil de poils laissés au passage d’une clôture, etc.

Fèces d’un ours,  amateur entre autres de glands de chêne.

L’ours n’est pas le seul grand prédateur du cru. Le signe le plus perceptible du passage probable d’une meute de loups est parfois celui que l’on ne voit pas : quand une meute a chassé dans le secteur, tous les grands mammifères se terrent pour quelque temps!

L’analyse des carcasses de proies abandonnées peut également s’avérer utile. Bref, vous apprendrez!

Dans tous les cas, l’endroit précis de la présence récente de l’ours ne se divulgue pas ; elle ne circulera que dans un cercle très restreint de responsables. Avec l’avènement des réseaux sociaux, ce serait autrement la ruée assurée dans le secteur, au détriment de la quiétude du plantigrade. 

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VIII- L’élevage local

L’élevage est encore très présent dans les vallées. Il est aujourd’hui concentré essentiellement sur celui des bovins.

Brañas de Mumián – La vache locale dont la viande est très réputée, l’Asturiana de los valles.

Vallée del Lago – Le taureau de l’Asturiana de los valles. La race est placide et s’élève facilement en liberté. J’ai quand même fait un détour pour éviter celui-là.

Averti, … avec humour.

Pendant mon séjour, je n’ai vu que très peu de brebis ; elles étaient probablement déjà redescendues. L’élevage m’a semblé plutôt tourné vers celui des vaches et des chevaux qui sont de manière générale moins sujets aux attaques des ours.

Le loup est moins bien accepté. Il s’attaque aux veaux et aux poulains. Bien que présent, il est encore plus insaisissable que l’ours. D’ailleurs, des locaux d’un certain âge avec qui j’ai échangé ont vu l’ours à plusieurs reprises mais jamais de loup!

Vallée del Lago – Il (ou elle) veille sur un troupeau de vaches!

Près du village de Llamardal (vallée de Somiedo) – Il veille sur un petit troupeau de brebis et me prévient!

On retrouve localement le Mâtin espagnol (Mastin Leones), un chien impressionnant particulièrement adapté à la défense des troupeaux contre les attaques des grands prédateurs. Il est considéré comme étant la race de chien la plus ancienne d’Espagne et les bergers espagnols l’utilisaient déjà il y a 4 000 ans pendant la transhumance. Avec la disparition progressive de l’activité de berger, cette race a failli s’éteindre. 

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IX- La faune locale

Oui, bien sûr, il y a l’ours (Oso pardo) et le loup (Lobo)! Mais il y a aussi bien d’autres mammifères comme les chats sauvages (gato montés), les loutres (Nutria), renards (zorro), sangliers (jabalí), chevreuils (corzo), le cerf ibérique (ciervo), l’isard (el rebeco cantabrico) appelé ici chamois, etc. Les espèces d’oiseaux sont nombreuses aussi avec toutes sortes de rapaces, le fameux Grand Tétras (Urogallo), etc. Et les reptiles, les batraciens, la flore diverse et variée.

Comme tout endroit où l’homme limite ses interventions, les possibilités d’observations sont nombreuses. Je vais éviter les doublons avec des publications précédentes sur la faune ibérique. 

El Rebeco cantabrico (Rupicapra pyrenaica parva).

Je n’avais encore jamais photographié d’isard en Espagne. Comme notre isard des Pyrénées (j’ai écrit plusieurs articles à son sujet, dans les archives), l’isard cantabrique fait partie depuis 1985 de l’espèce Rupicapra pyrenaica. Le nôtre est de la sous-espèce pyrenaica, celui des Cantabriques est de la sous-espèce parva.  

Son habitat naturel est localisé aux zones les plus élevées des Monts Cantabriques. Il est décrit comme étant plus petit que notre pyrénéen avec des cornes aussi plus petites à âge équivalent, mais il serait difficile pour moi de faire la différence. Par contre, son poil est plus rouge en été et gris plus clair en hiver.

Les effectifs sur le Parc Naturel de Somiedo se portent bien.

L’aigle royal (Águila real), au pied de la Peña de Gúa.

L’Aigle royal (Águila real) est l’un de prédateurs de l’isard, surtout pour les chevreaux. Les photos de ses autres prédateurs sont … encore à venir.

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X- Quelques liens que je recommande de consulter

_ Fundacion Oso Pardo : https://fundacionosopardo.org/

_ Site du Parc naturel de Somiedo :  https://www.parquenaturalsomiedo.com/

_ dont quelques sentiers de randonnées : https://www.parquenaturalsomiedo.com/rutas

_ Site de la Municipalité de Somiedo : https://www.ayuntamiento-espana.es/ayuntamiento-somiedo.html

_ Site de la Mairie de Somiedo : https ://www.somiedo.es/

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Les noms des sommets (avec leur altitude) sont issus de la carte topographique au 1/50 000è éditée par l’Institut Géographique National espagnol. Cette carte peut comporter des erreurs que je suis incapable d’identifier personnellement. Certains noms différent sans doute des usages locaux.

Cet article est exceptionnellement long et manque cruellement … de photos d’ours. Mais il est pour moi un pense-bête bien utile pour … mieux y revenir!

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