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La mortalité inhabituelle du Léiothrix jaune ou Rossignol du Japon

Un Léiothrix jaune dans un roncier, à la lumière d’un soleil couchant.

Je m’intéresse au Léiothrix jaune appelé communément le Rossignol du Japon depuis un petit moment déjà et je lui ai consacré un article complet, disponible dans mes archives de juin 2019 (suivre le lien en fin d’article).

Un Léiothrix jaune dans un figuier sauvage.

Dans les colonnes du journal Sud-Ouest du 20 octobre 2020, un article très intéressant est paru à son sujet et intitulé : « Le mystère de la mort des rossignols du Japon ». De nombreux habitants de Pau et de son agglomération s’y émouvaient à juste raison de trouver à terre de nombreux Rossignols du Japon morts sans dommage apparent, un phénomène anormal. Je ne vais pas reprendre ici ce qui est écrit dans l’article, mais apporter mon ressenti sur ce sujet.

Une colonie de Léiothryx jaunes cet automne à la maison, dans une haie d’aubépines.

Ce phénomène ne s’est pas limité à Pau ; j’en ai reçu le témoignage par l’intermédiaire de commentaires sur mon blog. On m’a signalé des collisions dans les baies vitrées de Grands Magasins ainsi que chez des particuliers dans l’agglomération de Tarbes ainsi qu’ailleurs. J’ai observé moi aussi deux cas de collision chez moi, alors que j’habite en pleine campagne.

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Un rappel succint sur l’oiseau

Dans une haie d’arbustes et de ronciers, au lac de l’Ayguelongue.

Les Léiothrix jaunes vivent en petites communautés d’une dizaine d’individus, parfois un peu plus. Très remuants et discrets au milieu de la végétation encombrée qu’ils affectionnent, ils sont difficiles à comptabiliser. Souvent au repos dans la partie basse et dense du couvert végétal, ils trahissent leur présence par de petits cris espacés caractéristiques, quand ils sont dérangés. Ils s’éloignent alors en se déplaçant d’arbre en arbre mais sans sortir à découvert. Quand ils chantent, ils se positionnent à quelques mètres de hauteur en évitant la cime des arbres ; sage précaution pour rester hors de portée des rapaces. On les repère le plus souvent par leur chant mélodieux et original ; en effet, leur magnifique plumage très mimétique les fait passer quasiment inaperçus dans leur biotope.

C’est un oiseau grégaire. Au moment de la reproduction, la colonie éclate puis les adultes se regroupent à nouveau à l’automne, avec les jeunes de l’année.

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Mon ressenti sur cette mortalité anormale 

En vallée d’Aspe, depuis la cabane d’Ardinet – A la lisière du bois de Braca d’Azuns au premier-plan),  j’y ai observé ce début du mois de novembre une colonie de léiothrix jaunes.

La saison de reproduction 2020 a été exceptionnelle d’après ce que j’ai pu observer. La population a « explosé ». Depuis le début de cet automne, je rencontre des colonies un peu partout et surtout, là où il n’y en avait pas avant. Début novembre, j’en ai même trouvé une en vallée d’Aspe, à la cabane d’Ardinet (altitude 1 570 m). Je pense que l’effectif de 5 000 individus comptabilisés dans le Béarn et rapporté par « Sud-Ouest » est sous-estimé.

J’ai moi-même le plaisir d’accueillir deux colonies à la maison depuis le mois d’octobre. C’est la première année qu’ils viennent se nourrir aux mangeoires que j’installe de novembre/décembre à février/mars, selon les conditions climatiques. J’en ai compté jusqu’à huit ensemble. Il serait d’ailleurs intéressant de connaître dans le détail la composition d’une colonie ; est-ce une même famille au sens élargi?

Tout se passe bien aux mangeoires avec les autres oiseaux, du moins pour l’instant. Il faut garder en tête que le Rossignol du Japon est une espèce invasive. Ils se mélangent facilement avec les moineaux, qui se nourrissent eux aussi à terre et en groupe : les forces sont égales, d’où peut-être ce statu quo. Par contre, ils ne s’attardent pas à découvert, contrairement aux autres espèces qui prennent leur temps pour picorer.

« Le mystère de la mort des rossignols du Japon » n’en est pas un. Le responsable, mis en avant par un ornithologue dans le journal « Sud-Ouest », est bien l’effet réfléchissant des grandes baies vitrées qui n’est pas nouveau et qui affecte aussi d’autres espèces d’oiseaux. L’oiseau peut mourir assommé sur place ou plus loin suite à une lésion interne, selon la violence de la collision. Le phénomène serait sans doute passé inaperçu si leur population n’avait pas explosée.

Ce phénomène est, hélas, appelé à s’intensifier dans les prochaines années à l’automne. J’espère bien sûr me tromper et l’avenir me le dira. Les oiseaux se déplacent pour coloniser de nouveaux biotopes, déplacements normalement sans danger en pleine nature sinon une mauvaise rencontre avec un prédateur. Dans un milieu urbanisé, il n’en est pas de même. Les immatures n’ont pas encore acquis l’expérience nécessaire pour se méfier de ces obstacles artificiels invisibles ou réfléchissants ; je pense que c’est en majorité parmi eux que se trouvent ceux qui payent ce lourd tribut. C’est ce que j’observe déjà à la campagne avec des merles, des pinsons, des rouges-gorges et des moineaux immatures à la sortie du nid ; ce type d’accident est moins fréquent chez les adultes.

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Pourquoi les oiseaux percutent les baies vitrées

Dans la Nature, il est évident que les oiseaux ne sont pas confrontés à l’effet de transparence du verre qui met sur leur route un obstacle invisible. Celui-ci peut également réfléchir l’environnement, en donnant l’illusion à l’oiseau d’un endroit naturel où il peut se poser. Il empreinte alors le chemin le plus direct pour s’y rendre et c’est la collision.

Il y a des comportements innés et des comportements acquis qui demandent de l’expérience. L’oiseau, dans la majorité des cas et parfois à ses dépens, va apprendre à se méfier et à éviter l’obstacle du verre.

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Que peut-on faire chez soi?

Un léiothryx jaune à découvert. Ce genre de proximité hors affût n’est pas facile à obtenir – C’est un oiseau farouche.

On préconise un peu partout de poser des silhouettes anticollision pour matérialiser l’obstacle constitué par les baies vitrées : cela va dans le bon sens. Il en faut un nombre assez conséquent, de couleur claire et les poser en partie supérieure de l’obstacle. Pour l’efficacité des produits que l’on trouve dans le commerce, je vous laisse consulter les avis sur les sites de vente.

Chez soi, on peut facilement limiter le problème en évitant d’installer de la végétation à proximité des baies vitrées. Sinon, il faudra les matérialiser.

Il est important aussi de ne pas donner le complément d’alimentation hivernal pour les oiseaux à proximité des baies vitrées. Une distance d’une dizaine de mètres minimum est indispensable : c’est ce que je fais et je n’ai pas de problème.

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Pour accéder à mon article complet de juin 2019 sur le Rossignol du Japon, cliquer sur ce lien : http://www.lanaturemoi.com/2019/06/11/le-leiothrix-jaune-ou-rossignol-du-japon/

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