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Une famille de cerfs élaphes en hiver

Ma belle rencontre de ce jour! Ce grand benêt est, je pense, sur sa troisième année et il vit encore avec sa mère. Je le trouve tout simplement magnifique et je le crois très prometteur, si on laisse faire la nature!

15 décembre 2020! La France se déconfine pour la seconde fois, … pour un couvre-feu à 20h00! Je peux enfin sortir en montagne pour sentir mon cœur battre autrement. Il a neigé récemment sur les Pyrénées et la météo prévoit une très belle journée ensoleillée.

Il n’a pas neigé en abondance ; les paysages sont malgré tout magnifiques.

C’est un réel plaisir de « toucher » la neige. La couche n’est pas importante et il a gelé cette nuit : je peux me passer des raquettes en faisant attention, pour cette sortie en boucle sans danger particulier.

J’ai emmené avec moi mon téléobjectif. A chaque confinement, la Nature reprend ses droits et la faune devient moins craintive. J’ai l’espoir de faire quelques rencontres animales. Bien que les sorties soient à nouveau permises, je ne rencontrerai quasiment personne. Il n’en sera probablement pas de même dans quelques jours avec les vacances de Noël.

Dans le sous-bois, je verrai essentiellement quelques passereaux, rouges-gorges, mésanges bleues et mésanges huppées, pinsons des arbres. J’essaie vainement de photographier les mésanges huppées que je ne rencontre pas en plaine, sans résultat probant : il est encore tôt et les conditions de lumière ne sont pas propices pour figer le moment.

A la sortie du bois, je scrute les crêtes et les versants environnants. Une silhouette ailée va attirer mon attention.

L’Aigle royal (Aquila chrysaetos).

L’Aigle royal, majestueux, est rare et la plupart du temps à une distance le rendant inaccessible, même équipé d’un téléobjectif. Il passe inaperçu, souvent confondu de loin avec une Buse variable. Mais sa silhouette et son envergure (qui peut dépasser deux mètres) ne trompent pas. En 2020, il y en aurait 80 couples environ dans les Pyrénées françaises. C’est pour moi une chance de le voir évoluer.

Le soleil commence à chauffer. La neige ne devrait pas rester bien longtemps.

La neige garde le souvenir du passage de quelques cervidés, sangliers et autres animaux. C’est le meilleur moment quand, encore immaculée, elle trahit la présence de la faune avant que tout ne soit perturbé par l’activité humaine.

« Vous avez peu de chances de voir quelque chose, la faune est descendue à la limite de la neige », me dit une rencontre qui fait la boucle dans l’autre sens. Je sais qu’il a raison, mais je peux toujours rêver. Il a aussi les bons réflexes des pratiquants de la montagne : « Vous allez où? … Prenez soin de vous ».

Le téléobjectif, porté en berceau, commence à me donner des crampes aux bras au bout de quelques heures ; j’ai oublié de prendre mon harnais qui est bien pratique quand je photographie à la billebaude. Après une courte pause repas sur un rocher, j’hésite à le ranger au moment de repartir. En effet, quand je rentrerai dans le sous-bois, la lumière sera tout juste suffisante. Je ne le fais pas, une surprise est encore possible et je veux y croire!

Bien m’en a pris! LA surprise est là, dans la pente en contrebas de mon sentier dans le sous-bois de hêtres et de sapins. Un craquement de feuilles avait mis mes sens en alerte.

Après avoir été alerté d’une « présence », le premier que j’aperçois est ce jeune « Huit Cors », flouté par la végétation.

Il se réfugie derrière un bosquet d’arbres pour regarder dans ma direction, intrigué.

Il rejoint une biche, elle aussi intriguée et dont je n’avais pas décelé la présence dans le sous-bois encombré.

Il n’a pas l’air inquiet.

Il sort enfin à découvert, ou presque.

Je suis admiratif devant la régularité de ses bois, parfaitement symétriques.

Il ne quitte pas la biche adulte en arrière-plan, très certainement sa mère. Il ne va d’ailleurs pas tarder à partir du groupe, pour rejoindre une harde de cerfs.

Toujours intrigués, mais sans plus. La proximité paisible que j’adore.

Un port altier.

Cette proximité paisible est quand même une illusion trompeuse, due à l’utilisation d’un téléobjectif! Ce sont des animaux libres et sauvages en pleine montagne, rien à voir avec un parc d’attraction!

Le portrait de la meneuse de ce petit groupe de trois : elle est accompagnée de sa fille de l’année précédente (appelée bichette) et de son fils de l’année d’avant (un huit-cors). Je n’ai pas aperçu le faon de l’année (qui n’a peut-être pas survécu ; la mortalité des faons est autour de 10% pour les 3 premiers mois). 

Encore la mère, toujours aux aguets! C’est celle qui a le plus d’expérience!

Elle s’est rapprochée de sa fille, au premier-plan.

La mère, à l’arrière-plan, s’est avancée à son tour un peu plus à découvert mais en restant en retrait. S’il y avait quoi que ce soit d’inquiétant, elle donnerait le signal de la fuite.

Maintenant, la biche adulte s’éloigne tranquillement en broutant, suivie par le jeune mâle. La bichette, au premier plan, reste encore interpelée par ma « forme » qu’elle n’identifie pas.

Curieuse, elle s’avance jusqu’à sa « distance de sécurité » puis s’éloignera, sans hâte, pour rejoindre les autres.

Finalement, tout ce petit monde va disparaître de ma vue dans la pente abrupte. Ils sont encore sur cette photo mais quel mimétisme avec les couleurs de l’automne finissant!
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J’ai l’habitude de dire que « pour moi, une sortie en montagne réussie est une sortie où j’ai rencontré l’isard ». Je peux rajouter « ou le cerf élaphe ». On peut rencontrer les deux espèces le même jour ; ce n’est qu’une question d’altitude. Il m’est même arrivé à la période du brâme de les trouver ensemble vers 2 000 mètres d’altitude.

Ce ne sont pas les seules espèces qui m’intéressent ; j’ai encore tant de choses à découvrir sur la Nature et la biodiversité des Pyrénées!

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