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La cabane du Cap de la Baitch à l’automne (vallée d’Aspe)

La cabane du Cap de la Baitch, devant le pic du Soum Couy et les orgues d’Azuns.

C’est une si belle journée! Aujourd’hui, nous sommes le jeudi 29 octobre 2020 et je profite de mes toutes dernières heures de liberté pour aller dire « au revoir » à la montagne. L’actualité une nouvelle fois nous rattrape avec un deuxième confinement, ce soir à minuit. Cela devait finir par arriver, comme le feu que l’on croyait éteint et qui ne demande qu’à renaître de ses cendres. Je me suis décidé un peu tard et ce n’est vraiment pas le moment d’aller tenter le diable pour une rando.

Depuis la cabane du Cap de la Baitch, lors d’une sortie précédente – La promenade des isards dans la neige de printemps, au pied du Countendé.

J’ai choisi une ballade facile sur l’itinéraire du GR10 au départ du refuge de L’Abérouat, au-dessus de Lescun : la cabane du Cap de la Baitch. J’espère secrètement y observer quelques isards, bien qu’il soit encore un peu tôt pour le rut. Les animaux devraient normalement commencer à se rassembler. J’aime ces bestioles, symbole du Parc National. Une sortie réussie est pour moi une sortie où il me regarde depuis un promontoire, dominant majestueusement son domaine.

Aujourd’hui, ils ne se sont pas montrés mais j’ai eu l’occasion d’échanger avec quelques rares personnes qui, comme moi, ont choisi d’aller se ressourcer en prenant probablement le dernier grand bol d’air de l’année. Allons, de l’optimisme! Parti de la maison un peu remonté d’avoir à subir l’inconséquence d’une partie de mes concitoyens, l’air de Lescun m’a de suite revigoré et la journée n’a été que du bonheur. L’évènement illustré en fin d’article nous rappelle que la pratique de la randonnée en montagne est une activité qui, même quand elle n’est pas risquée, peut nous confronter à une situation où l’on ne peut s’en sortir seul(s).

Cet article n’est pas un topo : ceux-ci se doivent d’être courts et concis pour ne pas « s’égarer » ; ils sont nombreux sur internet. Le mien est fait pour s’évader par la lecture et en images.

La montée au refuge de l’Abérouat au-dessus du village de Lescun, sous un beau soleil – L’automne est déjà bien avancé. Le Dec de Lhurs, le Billare (2 309 m) et le petit Billare (2 238 m), le pic d’Anie et le Countendé.

Le Dec de Lhurs (2 176 m).

Tout à droite, le pic d’Anie et le pic de Countendé seront omniprésents pendant cette sortie.

En montant vers l’Abérouat, lieu-dit Sarron – Une vue superbe sur le pic d’Anie (2 504 m) enneigé. Les dernières chutes de neige sont récentes, il y a 3 jours seulement.

En montant vers l’Abérouat, lieu-dit Sarron – Une vue superbe sur le pic de Countendé (2 338 m) et ses crêtes.

Après avoir laissé la voiture au parking, je passe devant le refuge de L’Abérouat, qui est fermé. C’est dommage, j’aime bien échanger avec son gardien. Je ne saurai donc pas à l’avance où en sont les isards de leurs ardeurs annuelles. 

Le début de la ballade.

Les vautours seront nombreux, aujourd’hui. J’adore les voir planer, aidés par les thermiques.

Survoler le pic d’Anie! Le privilège de ces grands rapaces!  Je verrai aussi un gypaète barbu à 2 reprises mais un peu trop loin pour vous le montrer.

Les deux Billares, puis les deux pics de Pèneblanque (2 385 m) à l’arrière-plan, sur la crête entre le vallon de Lhurs et le vallon d’Anaye.

Il existe plusieurs « Pène Blanque » dans les Pyrénées et il ne faut donc pas se tromper dans l’orthographe, l’altitude et la localisation, bien sûr. Ceux-là, je les aperçois depuis le Vic-Bilh : ils sont à gauche du pic d’Anie et occultent en partie la Table et le pic des Trois Rois. 

Des groupes de vautours profitent un peu partout du soleil dans les pentes enherbées. Ils me montrent ce que l’on appelle en ce moment « le bon exemple ».

En face, le vallon glaciaire d’Anaye fermé par un verrou, avec des possibilités de sorties depuis le parking du plateau de Sanchèse (dont la magnifique rando à la Table et le pic des Trois Rois).  Devant, le pic de la Brèque (1 632 m), connu des pratiquants de l’escalade. Tout à droite, le Soum Couy et les orgues d’Azuns.

Une vue rapprochée de l’entrée du vallon d’Anaye,  avec au premier-plan les cayolars d’Anaye visités par un groupe de quelques randonneurs.

Tout à droite, le pic Oueillarisse (1 979 m) au début des Orgues de Camplong – Sur ces pentes, j’aperçois parfois des isards mais à cette heure, ils se reposent probablement au soleil. S’ils ne bougent pas, ils passent inaperçus.

L’entrée dans un petit sous-bois – Aidés par le passage de la tempête Barbara qui a laissé quelques stigmates, les arbres ont rapidement perdu toutes leurs feuilles.

Une autre vue vers le vallon d’Anaye, avant de rentrer dans le bois du Braca d’Azuns.

Le pic d’Anie, bientôt occulté par le Countendé. On le retrouve plus tard, au-dessus de la cabane du Cap de la Baitch.

Le majestueux Countendé.

C’est quoi, « le Bon Exemple »? Les vautours l’ont compris.

Il fait si bon! Un vautour choisit d’aller lui aussi se mettre à l’ombre.

Au-dessus du bois du Braca d’Azuns depuis la clairière – La cabane d’Ardinet (1 570 m), sur la droite.

Une vue rapprochée sur la cabane d’Ardinet, avec les consignes COVID-19 affichées sur la porte d’entrée. Au-dessus de la cabane, il y a eu un peu d’écobuage.

La sortie du bois du Braca d’Azuns approche.

Le GR 10 passe sous la cabane d’Ardinet non gardée, au pied des Orgues de Camplong. Occupée l’été, elle dispose d’une partie hivernale succincte sans cheminée et d’un point d’eau permanent.

Le vallon d’Azuns, en direction de la cabane du Cap de la Baitch – Le Countendé à gauche, le Soum Couy en face puis les orgues d’Azuns, connues des pratiquants d’escalade. 

Le Countendé – J’ai déjà eu l’occasion d’observer et de photographier des isards à ses pieds, jouant dans la neige.

Le Soum Couy (2 315 m). Où sont les isards aujourd’hui ?

La cabane du Cap de la Baitch (1 689 m) a retrouvé sa tranquillité. A l’arrière-plan, le Soum Couy puis les orgues d’Azuns (parfois orthographié « Azun »).

Le GR 10 continue vers la droite, direction le Pas d’Azuns (1 873 m) séparant les Orgues d’Azuns et les Orgues de Camplong. En face, on a la direction pour monter au pic d’Anie ainsi que celle de la variante du GR 10 allant à la Pierre St-Martin par le col des Anies (2 084 m) au pied du Soum Couy.

La cabane du Cap de la Baitch est occupée l’été par le berger et sa famille ; elle propose du fromage en vente directe. Ils sont là pour travailler ; de la discrétion, le respect de leur travail et de leur intimité familiale, sont des comportements appréciés. La cabane reste ouverte en période hivernale. Quand le berger est là, il remet en service un point de ravitaillement en eau potable à l’écart derrière la cabane.

Le soleil passe progressivement derrière la montagne.

Le Countendé fait face au Soum Couy.

Le pas-de-porte de la cabane.

Les Orgues de Camplong depuis la cabane.

La vue rapprochée d’une jolie petite arche, sur la crête des orgues. Heureux celui qui peut aller à l’autre bout de la lorgnette (randonnée niveau montagnard).

Assis sur un rocher, j’expédie quelques barres de céréales et je reste au soleil plongé dans mes pensées, le téléobjectif posé à portée de main. En fait, je n’ai pas besoin de penser à grand chose, sous cette douceur automnale.

Au centre des orgues, le Mail Rouy (1 902 m).

Une vue rapprochée sur quelques sommets de la vallée d’Ossau – A gauche, le pic de Sesques (2 606 m) appelé aussi l’Escarpu, bien reconnaissable à ses antennes relais. A sa droite, le Soum de Moundaut (2 526 m).

Au centre à l’arrière-plan, le Soum de Moundaut, puis le Pic Gaziès (2 457 m) au premier-plan sur la droite. Le large sommet qui dépasse de la ligne de crête est à mon avis le pic Houratatère (2 182 m).

A partir du Pic Gaziès, la ligne de crête continue vers le col de Turon Garié (accessible depuis le lac d’Aule, avec un magnifique panorama), point bas de la crête. A partir du col, on peut continuer hors cadre vers le Soum d’Aas ((2 427 m) en passant par le Turon Garié (2 391 m). Il faut avoir le pied montagnard.

Rougequeue noir mâle. Ils affectionnent les zones rocheuses en estive. Il redescendra avec l’arrivée de la neige et le manque de nourriture.

Rougequeue noir, une femelle.

Ces rougequeues me distraient, peu farouches.

Le soleil est toujours là, derrière la montagne et je vais le retrouver plus bas. C’est le moment de repartir.

Sur l’horizon, les sommets ossalois depuis le pic de Sesques jusqu’à l’Ossau, en passant par le Soum de Moundaut, le pic Gaziès, le Turon Garié et le Soum d’Aas. A la lisière du bois, la cabane d’Ardinet, où je vais faire un détour.

L’érosion de l’ancien glacier.

La cabane d’Ardinet et son point d’eau potable. On l’appelle « La Belle Estive ».

L’intérieur des cabanes non gardées est souvent tagué! Mais il reste encore un peu de poésie et de savoir-vivre.

Le panorama devant la cabane, occupée l’été depuis 9 ans par la même famille de bergers.

Une vue rapprochée de l’Ossau. A la montagne, une paire de jumelles est utile pour profiter de la sortie.

Un nouvel occupant exotique dans ce bois!

A la lisière du bois du Braca d’Azuns devant la cabane d’Ardinet, j’ai observé une colonie de Léiothrix jaunes. A 1 570 m d’altitude !!! La colonisation de cet oiseau, originaire des contreforts de l’Himalaya et dont certains individus se sont échappés d’une volière dans la région de Pau au début des années 1990, progresse en altitude! Je lui ai consacré un article complet, consultable dans les archives de mon blog.

Des vautours font des allées et venues devant les parois des orgues de Camplong. D’autres sont posés sur les crêtes et se chauffent au soleil.

Les calcaires des orgues de Camplong jaunissent. Les orgues d’Azuns sont dans l’ombre.

Les lumières rasantes dans le bois du Braca d’Azuns.

Les orgues comportent de nombreux couloirs et failles.

Le soleil va bientôt disparaître. J’attends qu’il passe définitivement derrière la montagne, en profitant de sa chaleur encore bien présente.

Une buse variable me survole ; je n’en voie pas souvent en montagne.

Ce vautour fauve vient de s’élancer depuis la paroi des orgues.

D’autres le regardent s’éloigner dans les airs.

L’Ossau reçoit lui aussi les derniers rayons de cette belle lumière automnale.

La quiétude de ce moment est brusquement interrompue par un ronronnement. Tiens, Dragon 64!

Ce ronronnement qui envahit la vallée, je le connais bien. C’est un signal de soulagement pour quelqu’un qui a déclenché une intervention.

Ce n’est pas très loin de moi, en fait juste en contrebas où passe un autre sentier. Le mécanicien scrute le vallon à la recherche des personnes à secourir, sécurisé par deux sangles.

Les randonneurs ont été localisés. Deux secouristes sont hélitreuillés, l’un après l’autre. La remontée du premier secouru avec le treuil (capacité du câble 90 mètres), sécurisé par l’un des 2 secouristes.

Le secouru est mis en sécurité dans la cabine de l’hélico, puis ramené jusqu’au parking.

Deuxième secouru ramené au parking,

La pénombre prend le dessus dans le vallon.

Troisième secouru, …, puis un quatrième, jusqu’au parking. Tout peut arriver en montagne, quelle que soit la difficulté de la sortie. Des arbres ont été récemment cassés ou déracinés. Après le passage de la tempête Barbara, le vallon est peut-être plus difficilement praticable et le temps imparti pour finir la sortie est sans doute devenu trop juste.

Mission accomplie, sans perte de temps.

Le professionnalisme de ces équipages de la Sécurité Civile est admirable. Tout s’est bien terminé pour ces randonneurs. Et comme vous pouvez le remarquer sur ce cliché, je n’étais pas le seul spectateur. Ceux-là ont de meilleurs yeux que moi.

Il est temps aussi pour moi de rentrer, avant la double peine : couvre-feu du 64 à 21h00, suivi du deuxième confinement national à minuit.

Dernier regard vers les deux pics de Pèneblanque, …

…, et vers le Countendé.

En repassant devant le refuge de l’Abérouat, j’ai la confirmation qu’il est effectivement fermé ; il n’y a aucun signe de présence humaine. Mon parking est également désert. J’ai comme une impression bizarre d’abandon.

Pendant la descente vers le village de Lescun : el Mallo de Acherito (2 362 m), le Pétragème (2 255 m) caractéristique et le Spigolo ou petite aiguille d’Ansabère (2 271 m) ; un vautour tourne encore autour de son sommet à cette heure tardive. Comme moi, il a du mal à rentrer,

…, le Dec de Lhurs sur la marge à gauche, la Table (2 421 m) et le pic (2 446 m) des Trois Rois.

Cette sortie m’a fait beaucoup de bien. Sans doute mon dernier souvenir de Lescun, d’ici 2021? Il faut prendre son mal en patience. J’ai la chance de pouvoir garder le contact avec le pic d’Anie et le cirque de Lescun : je les voie depuis le Vic-Bilh, vers l’ouest. J’aime bien les photographier au soleil couchant. 

Depuis la « maison » (18 octobre 2020) : El Mallo de Acherito, le Pétragème, les aiguilles d’Ansabère, la Table et le pic des Trois Rois partiellement occultés par les pics de Pèneblanque, le Countendé, le pic d’Anie et ses 2 504 m, le Soum Couy.

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