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Le Temps du Brame dans les Pyrénées – Le retour du silence (Octobre 2020)

Un impressionnant « Douze cors » à fourches, mal semé (les deux bois n’ont pas le même nombre de cors) – Son bois de droite a une trochure, absente sur celui de gauche. La trochure est le quatrième andouiller après l’andouiller de massacre, le surandouiller, la chevillure et avant la fourche ou empaumure.

Le Temps du brame dans les Pyrénées
Le retour du silence (13 octobre 2020)

 

Un « Huit cors » sur sa cinquième année, je pense.

* * * * *

En effet, tout a une fin. Cet article est le huitième et dernier d’une série consacrée au Temps du Brame 2020. J’ai passé de bons moments à observer ces grosses bêtes sympathiques, au regard parfois niais comme je l’ai écrit récemment. J’espère avoir su partager ce plaisir avec vous au travers de mes photos, prises dans deux biotopes pyrénéens distincts à différentes altitudes jusqu’à 2 000 mètres environ. Les plus belles images restent cependant celles que l’on gardera en tête car il n’est pas toujours facile d’immortaliser « artistiquement » ces moments à de si grandes distances ; la qualité peut en souffrir. La météo n’a pas toujours été propice non plus, avec deux épisodes neigeux et parfois de la pluie et/ou du brouillard.

Je suis parti plus tôt aujourd’hui en me disant que, comme pour les chevreuils, la pluie une fois de plus au rendez-vous va faire sortir le Cerf du bois avant l’heure ; et ce fut le cas pour un grand mâle! Le brame est fini mais quelques cerfs sont toujours là : apaisés, ils ont retrouvé l’appétit et se refont une santé après cette période si éprouvante et stressante pour eux qu’est l’appel au renouvellement de la vie. Les biches, à leur habitude, paissent tranquillement : elles n’ont plus ce gros ballot qui leur brame dans les oreilles pour les apitoyer et solliciter leurs faveurs. L’excitation est retombée et les vallées pyrénéennes redeviennent silencieuses.

Une biche dérangée dans les fougères. 

Sous la pluie fine, ce vieux mâle très massif broute paisiblement. Il a retrouvé sa solitude!

Il m’impressionne par sa corpulence. Je suis même émerveillé.

Cette silhouette caractérise un vieux cerf.

Placide, le regard dans le vague.

En mouvements lents, il se déplace dans la pente tout en mâchonnant de l’herbe de temps en temps.

Royal.

Sur son bois à droite avant la fourche, la trochure que n’a pas l’autre bois.

Une couronne aux pointes impressionnantes. Admire-moi! Toi, tu ne m’impressionnes pas!

Au milieu de l’estive, une biche et son faon de l’année s’approchent tranquillement. Il n’y a plus de grand mâle à proximité.

Le calme règne à nouveau. La période des chaleurs est terminée.

Un jeune daguet (cerf de un à deux ans), reconnaissable aux deux petites dagues qui commencent à dépasser sur le dessus de sa tête. Sa mère accompagnée de son faon est à proximité. Pendant le rut, je n’ai vu aucun jeune daguet ; ils sont chassés de la harde. Seules les bichettes, jeunes biches de un à deux ans, restent avec leur mère.

Dans ce petit vallon humide à l’orée du bois, deux biches et un faon (à l’écart) viennent de sortir de la forêt.

Ce jeune cerf sur sa cinquième année accompagne encore le trio précédent. Je ne m’attendais pas à le voir comme çà ce soir, si tranquille : il y a 8 jours, il était passablement excité et très pressant auprès des biches du coin.

C’est toujours instructif d’observer la position des oreilles.

La cohabitation du faon avec le jeune cerf est paisible. Tout ce petit monde va s’éloigner tranquillement dans le vallon. La nuit est là et tout est silencieux! 

C’est la fin de mes publications sur ce brame 2020. Les biches et les cerfs se séparent progressivement et ces derniers vont rejoindre leur habitat habituel, à l’écart de celui des femelles qui restent dans le coin ; certains sont déjà repartis.

L’observation du brame n’a pas toujours eu l’engouement qu’on lui connait aujourd’hui. Il y a une quarantaine d’années, entendre un cerf bramer au fond des bois était un événement. Je faisais à cette époque-là des sorties en compagnie de mon père : l’entendre n’était pas garanti et l’observer donc, on n’y pensait même pas! 

Les temps ont depuis changé ; le Cerf élaphe a bien prospéré et son aire de répartition ne cesse de s’étendre. Des séjours touristiques s’organisent autour de son observation pendant le brame, ainsi que des sorties découvertes avec des guides nature et autres, comme les fédérations de chasse. Les media (journaux locaux, magazines, audiovisuel, …) et les réseaux sociaux font de nos jours une publicité assidue autour de cet évènement et poussent les gens à sortir. La fréquentation humaine sur les places de brame a beaucoup augmentée, favorisée aussi par l’explosion du marché de la photographie numérique.

La distance estimée à laquelle on est certain de ne pas déranger ces animaux pendant le brame dépend de plusieurs facteurs, dont celui de la fréquentation humaine. Elle est de l’ordre de 300 à 400 mètres minimum sur les zones fréquentées, d’après certaines publications. Je le confirme.

Je ne cherche pas personnellement à faire des plans rapprochés mais cela peut m’arriver comme sur ces photos, tout en restant quand même à bonne distance ; c’est une simple question de circonstances.  La proximité est toute relative, elle correspond à un facteur de grossissement X 15 à 20. On n’est plus en période de brame et il n’y a que les petites bestioles dans la fourrure qui dérangent.

Le faon s’est éloigné de sa mère pour rejoindre le cerf.

Tu te grattes? Moi aussi!

Nouveau rappel : SVP, ayez la courtoisie de me contacter au préalable au lieu d’utiliser mes photos sans ma permission dans vos publications, comme je peux parfois le constater sur internet. 

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