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Le Triton marbré, dans le Béarn

Triton marbré dans le sous-bois humide.

Le Triton marbré
(Triturus marmoratus)

Le regard du Triton marbré.

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Le Triton marbré est une espèce emblématique de l’ordre des Urodèles, de la classe des Amphibiens. Il est tout simplement … magnifique. J’ai la chance de pouvoir observer quelques sujets, plus particulièrement lors de sa période de rapprochement des points d’eau pour la reproduction. Avec sa comparse la belle Salamandre tachetée, ils nous font voyager dans un autre monde, celui de l’exotisme!

Description

La rencontre d’un Triton marbré ne passe pas inaperçue : il mesure une quinzaine de centimètres de longueur, les femelles étant plus grandes que les mâles. Sa peau est très granuleuse et la couleur noire domine, sous forme de grandes tâches irrégulières. Les granules de sa peau sont également colorée de noir. Le reste de la robe est de couleur vert plus ou moins vif ; elle peut parfois tirer vers le jaunâtre en phase terrestre. Le ventre est sombre avec des tâches blanchâtres.

Les femelles (et les juvéniles) ont une fine ligne dorsale bien marquée, de couleur orange. Chez le mâle, cette ligne est noire en forme de léger bourrelet : chez les reproducteurs en phase aquatique, elle se transforme en une crête très haute ondulée avec des rayures verticales, qui disparaît dès la reproduction terminée.

Mode de vie

Dans le sous-bois humide – Abris naturels à Urodèles, insectes, micro-mammifères et parfois mammifères un peu plus gros, etc. que j’ai disséminés un peu partout.

Le mode de vie du Triton marbré est caractérisé par deux phases annuelles, une terrestre et l’autre aquatique (reproduction). C’est une espèce inféodée aux milieux frais ou humides, qui se déplace très peu. Son habitat est choisi de façon à minimiser les déplacements pendant ses migrations pré et post-nuptiales : il est constitué de zones boisées lui offrant un abri, le couvert et l’hivernage au cours de sa phase terrestre, avec la proximité indispensable d’un point d’eau pour la reproduction. Très discret, il est nocturne sauf par temps pluvieux.

Il hiverne dans des galeries de petits rongeurs mais aussi dans les troncs des arbres, sous les souches, les empilements de bois ou de branchages, les tas de pierres, etc.

Dans l’Hexagone, on ne peut pas le confondre avec une autre espèce. Dans la péninsule ibérique, il existe aussi le Triton Pygmée (Triturus pygmaeus), qui lui ressemble à s’y méprendre sauf pour la taille.

Reproduction

La reproduction a lieu dans l’eau dès le début du printemps. Le Triton marbré quitte alors sa zone d’hivernage pour se rendre vers les lieux de ponte, des eaux stagnantes comme les mares, les fossés, etc. ou des cours d’eau à débit très lents. Les mâles se rendent les premiers sur les lieux afin de défendre de petits territoires, où se déroulera l’accouplement au fond de l’eau. Cette phase aquatique dure environ trois mois de fin février à fin mai.

Le mâle exécute une parade nuptiale durant laquelle il entoure la femelle pour la stimuler, en imprimant à sa queue des séries de vibrations rapides qui diffusent des phéromones.

Lors de l’accouplement, il dépose un spermatophore (gélule gélatineuse enfermant des spermatozoïdes) qui est absorbé par le cloaque de la femelle. La fécondation est interne et la ponte est différée.

La femelle pond une centaine d’œufs et plus, déposés de façon isolée sur la végétation aquatique. Quand tout est terminé, généralement avant le début de l’été, les Tritons marbrés quittent l’eau et se retirent sur leurs sites de vie terrestre habituels, dans les endroits sombres et humides (souche, haie, tas de bois ou de pierre, etc.).

Les larves sont complètement aquatiques, de couleur noire et mesurent environ un centimètre. Elles grandissent en consommant divers petits invertébrés et des larves, jusqu’à leur métamorphose en immatures qui a lieu dans le courant de l’été. Les immatures gagnent alors le milieu terrestre. Ils ne seront sexuellement mâtures que vers l’âge de 5 ans ; pendant cette période, ils seront exclusivement terrestres. Ils deviennent ensuite reproducteurs pendant une dizaine d’années.

Répartition

Comme c’est déjà le cas pour d’autres amphibiens (comme notre Grenouille de Pérez, par exemple), la population française du Triton marbré provient certainement de populations situées dans une des zones refuge de la glaciation de Würm commencée il y a – 80 000 ans, la péninsule ibérique. A la fin de cette période il y a 10 000 ans, le Triton marbré a dépassé la chaîne pyrénéenne et étendu naturellement son habitat dans le sud-Ouest de l’Hexagone puis au-delà : on le rencontre en gros dans une grande partie Ouest de la France.

Dans les Pyrénées, il est absent au-delà de 800 mètres d’altitude.

C’est une espèce vulnérable protégée.

Article rédigée à partir de mes photos personnelles, de mes observations de terrain et de publications internet dont je cite les liens :

_  ROGEON G. & SORDELLO R. (2012). Synthèse bibliographique sur les traits de vie du Triton marbré (Triturus marmoratus (Latreille, 1800)) relatifs à ses déplacements et à ses besoins de continuités écologiques. Service du patrimoine naturel du Muséum national d’Histoire naturelle. Paris. 8 pages.

_ https://inpn.mnhn.fr/fichesEspece/EspecesEauDouce/Triton_marbre-T.marmoratus_2015.pdf

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