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La Mésange à longue queue

La Mésange à longue queue

(Aegithalos caudatus)

Pas toujours simple de photographier cette « boule de plumes », toujours en mouvement au milieu de la végétation!

La Mésange à longue queue est ma mésange préférée. Je l’observe moins souvent que ses « cousines », la Mésange bleue (Cyanistes caeruleus), la Mésange charbonnière (Parus major) et la Mésange nonnette (Poecile palustris). Il en existe d’autres espèces mais je ne les côtoie pas. Jusqu’à ce jour, j’avais négligé de la photographier. En effet, elles sont toujours en mouvement et souvent cachées par les branches ou le feuillage. J’ai comblé cette lacune en observant un couple en train de préparer probablement leur nid (16 février 2020), leurré par les températures anormalement élevées de ce mois de février.

Elle fait partie de la famille des « Aegithalidés » dont elle est la seule représentante européenne, alors que les « vraies » mésanges sont dans celle des « Paridés ». En 2018, la Commission Internationale des Noms Français des Oiseaux (CINFO) a modifié son appelation après de longues années d’hésitation. Son nom normalisé est devenu l’Orite à longue queue.

Description

C’est un oiseau minuscule; elle mesure entre 13 et 15 cm de long (dont la moitié pour la queue) pour un poids d’une dizaine de grammes maximum. C’est un de nos oiseaux les plus légers. Elle vit entre 3 et 5 ans.

« Adorable boule de plumes » (expression d’une amie), elle est immédiatement reconnaissable à sa silhouette bien caractéristique : une boule de plumes, effectivement, sans cou apparent et suivie d’une queue étroite aussi longue que le reste de son corps. Dans les arbres, elle est à l’aise dans toutes les positions et sa queue lui sert de balancier ; c’est une excellente acrobate. Son vol est irrégulier, caractérisé par une chute brusque après chaque battement d’ailes et suivi d’un bond en avant.

La partie supérieure de sa tête est blanche jusqu’au bec avec deux bandeaux noirs au-dessus des yeux. Son ventre est blanc légèrement rosé, le dos est noir avec les épaules brun-rosé. Ses ailes arrondies et la queue sont noires, avec quelques plumes blanches. Son bec est court et conique (celui des vraies mésanges est plus long et pointu). Son iris est cerné d’anneaux oculaires jaune.

Des petits cris de contact brefs et aigus caractéristiques signalent l’arrivée bruyante de la troupe qui passe d’arbre en arbre à la recherche de nourriture. Quelques instants plus tard, leur bavardage s’éloigne; elles continuent leur chemin à la queue leu leu.

Alimentation

Elle se nourrit essentiellement d’insectes, de larves et de petits invertébrés, qu’elle recherche dans le feuillage, l’écorce et les lichens des branches. En hiver, elle mange des bourgeons, des petites graines et des baies. Sa petite taille accroît les pertes énergétiques qu’elle doit combler par une alimentation soutenue. La bande reste quelques instants sur un arbre et visite les branches puis vole vers le suivant. Elle se déplace ainsi, toujours en mouvement et … en chantant.

Répartition

Elle vit partout en Europe, sauf dans les régions froides où sa petite taille la rend très vulnérable aux déperditions d’énergie. On la trouve aussi au Moyen-orient ainsi qu’en Asie. D’après l’Inventaire National du Patrimoine Naturel (I.N.P.N.), la population nicheuse est estimée en 2013 entre 400 000 et 800 000 couples en France et les effectifs sont stables (qualité de l’estimation moyenne).

Mode de vie

C’est un oiseau sédentaire, très social et dynamique qui évolue la plupart du temps dans les arbres en petite troupe allant jusqu’à plusieurs dizaines d’individus, à la recherche de nourriture.  Les couples se forment au tout début du printemps après la dispersion du groupe familial hivernal. Ils élèvent leurs petits et reforment à nouveau des groupes familiaux qui dureront de l’été à la fin de l’hiver suivant. Les groupes importants comportent plusieurs familles. Ils peuvent être accompagnés par de véritables mésanges ou d’autres petits passereaux.

Elle fréquente les fourrés et les buissons, les zones boisées de feuillus avec un sous-bois buissonneux, les parcs et les jardins, les haies avec des grands arbres pour se percher et se nourrir. Elle ne descend que rarement à terre.

Reproduction

La préparation du nid a déjà commencé (16 février 2020).

Contrairement à ses autres « cousines », la mésange à longue queue ne fait pas son nid dans une cavité. Elle construit son propre nid, un véritable chef-d’oeuvre. Il a une forme ovale de 15 à 20 cm de hauteur, complètement fermé, avec une petite entrée latérale circulaire dans la partie supérieure. Il est composé de mousses, de lichens, de petits morceaux d’écorce et autres fibres végétales, assemblés par des fils d’araignées. L’intérieur est très confortable, garni de très nombreuses plumes et de poils.

Le mâle apporte les matériaux à la femelle qui les assemblent dans un arbuste ou un buisson dense, à faible hauteur. Sa construction prend entre 2 à 3 semaines environ.

Une première ponte a lieu fin Mars / début Avril. La femelle pond de 6 à 12 œufs blancs tachetés de marron clair qu’elle couve seule pendant 12 à 14 jours. Le mâle la nourrit et défend son territoire.

A leur naissance, les oisillons sont nourris par les 2 parents pendant 2 semaines. Ils apprennent alors à voler à proximité du nid tout en restant encore nourris pendant une semaine de plus. Puis ils se débrouillent tout seuls tout en restant  à proximité de leurs parents lors de la seconde nichée en juin.

La famille de l’année constituera le prochain groupe hivernal.

Statut

Elle bénéficie d’une protection totale en France depuis l’arrêté ministériel du 17 avril 1981 relatif aux oiseaux protégés sur l’ensemble de notre territoire. D’autre part et toujours valable à ce jour, l’article 3-II de l’arrêté du 29 octobre 2009 fixant la liste des oiseaux protégés sur l’ensemble du territoire et les modalités de leur protection rappelle que : «  Sont interdites sur les parties du territoire métropolitain où l’espèce est présente ainsi que dans l’aire de déplacement naturel des noyaux de populations existants la destruction, l’altération ou la dégradation des sites de reproduction et des aires de repos des animaux. Ces interdictions s’appliquent aux éléments physiques ou biologiques réputés nécessaires à la reproduction ou au repos de l’espèce considérée, aussi longtemps qu’ils sont effectivement utilisés ou utilisables au cours des cycles successifs de reproduction ou de repos de cette espèce et pour autant que la destruction, l’altération ou la dégradation remette en cause le bon accomplissement de ces cycles biologiques« .

Il est clairement interdit en tout temps la destruction intentionnelle ou l’enlèvement des nids. On ne peut pas détenir de nid d’oiseau chez soi, même ramassé vide et abandonné à terre, ou détruire par exemple un nid vide d’hirondelles dont les salissures gêneraient.

Du coin de l’œil, elle me surveille!

Les « vraies » mésanges

La mésange bleue (Cyanistes caeruleus). Elle est spécialiste des chenilles défoliatrices du chêne, notamment la tordeuse du chêne.

La mésange charbonnière (Parus major), dans un décor « exotique ». A la période de la nidification, elle montre une forte agressivité envers ses congénères et autres petits passereaux, allant jusqu’à la mort de l’intrus. En période de disette, elle brise l’arrière du crâne de ses victimes grâce à son bec pointu et puissant, pour se nourrir de leur cerveau. Elle est le plus grand prédateur naturel de la chenille processionnaire. 

Cet article est rédigé à partir de mes photos personnelles, de mes observations et d’informations recueillies sur internet, dont celles trouvées sur un site sur les mésanges très bien fait, que je recommande de visiter :

_ http://oiseau-mesange.fr/mesange-a-longue-queue-aegithalos-caudatus

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