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L’automne chez les Chevreuils en Béarn

Un brocard à la tombée de la nuit (2 octobre 2019). Il est pensif, le regard tourné vers les lumières du coteau d’en face.

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La tempête Fabien, cette nuit, a bien marqué le premier jour de l’hiver. Comme par le passé, il a plu les jours précédents ; le sol est détrempé et les rafales de vent ont couché pas mal d’arbres à terre. Après les tempêtes Martin le 27 décembre 1999 et Klaus le 24 janvier 2009, on a 2019 et son 22 décembre mais en bien moins grave, heureusement! Il y a quand même du bois à faire pour se chauffer et il faudra replanter pour oublier tout çà. La Nature n’aime pas le vide!

La neige sur le pic du Midi de Bigorre (14 novembre 2019).

L’été est déjà bien loin. Après une période de sécheresse qui durait depuis plusieurs mois, nous avons eu enfin une météo de saison au mois de novembre : beaucoup de pluie sur le piémont pyrénéen et de la neige en montagne en abondance. On n’avait pas eu autant de neige en cette période de l’année depuis l’hiver 2008-2009. La poussée des cèpes a été plutôt discrète cette année et plus tardive qu’à l’accoutumée ; chez nous, elle a eu lieu peu avant le premier quartier de Lune de novembre.

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La mue d’automne des chevreuils

La mue d’automne du pelage des chevreuils est bien plus discrète que celle du printemps et elle passe presque inaperçue, si ce ne n’est le changement de couleur. Les plus jeunes commencent à muer courant septembre mais elle a lieu principalement pendant le mois d’octobre. Le poil vire en douceur du roux au gris-brun plus ou moins foncé, tout en s’épaississant. En novembre, tout le monde a adopté le pelage épais de la saison hivernale.

Début septembre 2019 – Un jeune brocard à la lumière du soir. Son pelage est encore roux.

Début septembre 2019 – Une chevrette dans la luzerne, avec son poil d’été.

02 octobre 2019 – Vieux brocard du soir! Son pelage est en train de virer au gris-brun.

12 novembre 2019 – Un beau brocard décoiffé et en pelage hivernal.

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Et chez « nos » chevreuils?

Je les ai un peu négligés! Mon dernier post à leur propos concernait la naissance des faons et la période du rut! Depuis lors, les brocards ont abandonné leurs comportements territoriaux et je ne vois plus « le nôtre » à la maison.

Mon brocard préféré, celui à tête dite bizarde (photographié ici en juin), a fréquenté tout l’été les pommes du verger. Je ne l’ai plus revu depuis le 20 août, après la fin du rut.

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02 novembre 2019 – L’un de « mes » deux chevrillards, aux couleurs de l’automne.

Les faons ont bien grandi. Ils deviennent des chevrillards en adoptant leur pelage hivernal, qui ressemble à s’y méprendre à celui de leur mère. Maintenant, seule la taille les différencie.

Si « notre » chevrette avec ses faons était observable tous les jours durant l’été, l’ouverture de la chasse le 08 septembre pour la saison 2019-2020 a un peu perturbé les habitudes. Plus personne pendant plusieurs semaines! Puis les choses sont rentrées dans l’ordre début novembre ; les bois sont moins courus par les chasseurs accompagnés de leur chien.

02 novembre 2019 – « Notre » chevrette et ses deux chevrillards, deux femelles.

Les jours ont bien raccourci, la nourriture est moins abondante et les chevreuils ont changé leurs habitudes : je ne les vois plus qu’au crépuscule. Leurs mœurs sont devenus plutôt nocturnes.

18 novembre 2019 – Les deux sœurs faisant « amies-amies » en bordure de notre bois, de bon matin. La présence de la brosse vulvaire, maintenant bien visible, ne laisse aucun doute sur le sexe. Leur mère est à proximité. En mai prochain, elles prendront leur indépendance sur un nouveau territoire.

23 décembre 2019 – Les chevreuils, de naturel curieux, sont attirés par les odeurs de l’homme. Quelque chose a changé dans l’environnement avec le passage de « Fabien » la nuit précédente. La chevrette et ses deux chevrillards (ici, une des deux sœurs) sont venus renifler tous les arbres à terre.

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Les brocards en velours

Les mâles perdent annuellement leurs bois entre mi-octobre et début décembre pour la plupart, les plus vieux en premier. Il reste encore, courant décembre, quelques jeunes retardataires. Ces bois tombés s’appellent des mues. Les nouveaux bois repoussent immédiatement à partir des pivots (une prolongement cylindrique de l’os frontal), qui perdent de la hauteur d’année en année. Pendant leur croissance, ils vont être protégés et nourris par une peau velue, le velours. A la date de cet article (22 décembre), j’en ai déjà vu un avec les velours bien en place.

La croissance des bois dure en moyenne plus de trois mois. Quand elle est terminée, le brocard se débarrassera des velours qui se dessèchent, à partir de février pour les plus âgés. En frottant ses nouveaux bois contre les troncs d’arbres et d’arbustes variés, le brocard détache les velours en lambeaux et met ses bois neufs à nu.

Brocard nouvellement coiffé, dans une culture de colza (02 janvier 2020).

Le même brocard, dans un labour (02 janvier 2020).

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