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La migration post-nuptiale de la Grue cendrée par delà les Pyrénées

Au-delà des montagnes.

La migration de la Grue cendrée

par delà les Pyrénées

Quelques informations générales

Notre Béarn est situé sur « la voie de l’Ouest » de la migration post-nuptiale de la Grue cendrée. Chaque année à la même époque, le cri puissant et caractéristique de ce bel oiseau en route vers l’Espagne retentit dans le ciel béarnais. C’est, je pense, le seul chant que la plupart des gens reconnaissent sans se tromper. « J’ai entendu passer les grues »! Combien de fois ai-je entendu cette phrase, synonyme de changement de saison et de l’arrivée du froid. Elle occupe avec la Cigogne blanche une place particulière dans le cœur des hommes.

Les grues cendrées émettent en vol un cri régulier, une sorte de « kroouh » qui permet au groupe de rester en contact. Il est répété par chaque individu à intervalle régulier. Le passage imminent d’un vol important est annoncé par un joyeux tintamarre. Nous levons alors les yeux vers le ciel pour tenter de repérer leur formation particulière en ligne ou en V. Ce n’est pas toujours évident de les localiser; leurs manifestations vocales très sonores les font souvent croire bien plus proches qu’elles ne le sont en réalité. Il faut parfois aller les chercher bien haut. Elles migrent même la nuit et ce cri les trahit, audible à des kilomètres à la ronde.

En vol, on pourrait les confondre de très loin avec la cigogne blanche mais celle-ci reste silencieuse et elle migre plus tôt, dès la fin juillet et jusqu’à la mi-septembre pour la plupart des effectifs.

Dans les Landes, région d’Arjuzanx – Une grue cendrée au gagnage dans un champ de maïs ramassé.

Dans les Landes, région de Sabres (près d’Arjuzanx) – Grues cendrées et palombes dans un champ de maïs ramassé, en bordure d’une forêt de pins.

Dans les Landes – Le retour des grues cendrées aux dortoirs d’Arjuzanx (en bas à gauche, on distingue le mirador pour l’observation des grues dans leur élément liquide).

Lac collinaire de Puydarrieux (Hautes-Pyrénées), au soir – Le retour des grues dans la Réserve, après avoir passé la journée à se nourrir dans les champs des environs.

Région de Puydarrieux (Hautes-Pyrénées), quelques grues sur fond de pic du midi de Bigorre (2 876m).

Les grues cendrées quittent leurs zones de nidification vers la mi-octobre et jusqu’à début décembre, en fonction des conditions climatiques. Celles qui passent chez nous viennent de Finlande, Suède et Norvège pour aller vers l’Espagne. Leurs principales haltes migratoires en France sont le lac du Der en Champagne-Ardenne, le camp du Poteau à Captieux (Gironde) et la réserve d’Arjuzanx (Landes), ainsi que le site de Puydarrieux dans les Hautes-Pyrénées. Je ferai plus tard un article dédié à chacune de ces deux dernières haltes migratoires et d’hivernage.

Les grues las grullas Embalse de La Sotorena Alberca de Arboré Montmesa Huesca Aragon

Embalse de la Sotorena, aux premiers rayons de soleil (février 2019) – Les grues se restaurent dans les champs givrés, avant de reprendre le chemin de la migration vers le Nord de l’Europe.

Lagune de Gallocanta (février 2019) – Le réveil des grues dans la brume, peu avant l’aube.

Après avoir traversé la chaîne des Pyrénées, elles font route en Espagne vers l’embalse de la Sotorona et la lagune de Gallocanta, puis vers l’Estrémadure et le Nord de l’Afrique. Les zones de halte et d’hivernage sont choisies en fonction des conditions climatiques, de l’abondance de la nourriture et de la présence de l’eau pour se protéger des prédateurs comme le renard.

Assister au spectacle de la traversée des Pyrénées est un moment privilégié. J’ai eu l’occasion d’y assister récemment à plusieurs reprises.

La traversée des Pyrénées dans le val d’Azun

Après quelques jours de conditions déplorables avec beaucoup de pluie en plaine et de neige en montagne pour un mois de novembre, la météo s’est enfin arrangée. Ce 19 novembre 2019, la chaîne des Pyrénées est bien dégagée; les grues saisissent l’occasion!

En direction « del sol »!

Le pic du Midi d’Arrens (2 267m).

Le Palas (2 974 m).

Le Palas (2 974 m),  le Courouaou devant (2 691 m) puis le Batboucou (2 651m) à droite.

A gauche, le pic de Batboucou (2 651m).

Traversée des Pyrénées dans la vallée des Gaves

Ce 03 décembre au matin, les sommets des Pyrénées sont dans le brouillard. Beaucoup de grues sont déjà passées dans la nuit, venant entre autres d’Arjuzanx. En effet, plusieurs milliers grues y font une halte depuis plusieurs jours pour se nourrir dans les champs de maïs ramassé. Contrairement à leurs habitudes, elles ne reviennent pas le soir dans les dortoirs de la Réserve mais restent à l’extérieur dans les champs inondés par les grosses pluies de novembre, les marais, les lagunes, les coupes rases… Tout est gorgé d’eau. Après l’accalmie du matin brumeux, la migration reprend en début d’après-midi lors d’une éclaircie dans le ciel pyrénéen. En fin de soirée, on verra quelques volées faire demi-tour pour passer la nuit au pied de la montagne.

Une volée de grues cendrées remontant « la vallée des Gaves », sur fond de Casque du Marboré (3 006m), l’un des fameux sommets du cirque de Gavarnie.

Leur voyage vers des cieux plus cléments pour y passer l’hiver m’a souvent fait rêver et en début d’année, je suis allé les voir en Espagne dans certains de leurs lieux d’hivernage et dans leurs deux principales haltes migratoires : l’embalse de la Sotorena et la lagune de Gallocanta. Si vous êtes intéressés par des informations plus précises, voici les liens vers mes articles :

Pour l’embalse de la Sotorena, cliquer ICI,

Et pour la lagune de Gallocanta, c’est ICI.

Bonne lecture! 

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