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Le Torcol fourmilier – Une observation dans le Vic-Bilh

09 novembre 2019 à 15h00 – Un Torcol familier dans le Vic-Bilh, probablement en cours de migration. Il m’a fallu un bon moment pour le localiser et réussir une mise au point. Ce cliché sert uniquement à témoigner de sa présence chez nous. Pour une meilleure connaissance de cette espèce, de nombreuses photos sont disponibles sur internet.

Le Torcol fourmilier (Jynx torquilla)

Je viens de rencontrer mon premier Torcol fourmilier, sur le territoire de Gerderest, un petit village du Vic-Bilh. Il se tenait dans une haie en bordure d’une prairie occupée par des vaches, entourée d’une forêt de chênes et de pins. Après un été et un début d’automne très secs, il a bien plu ces derniers jours avec un épisode neigeux important en montagne (jusqu’à 1m00 de neige à l’ouest des Pyrénées). Cette nuit, j’ai entendu passer des grues et ce matin, de nombreuses grives s’envolent de partout dans les haies. De petites volées de grues continuent à passer dans la journée vers les Pyrénées. Il fait très frais et mon pauvre Torcol le ressent manifestement; je pense qu’il est étonnant de le rencontrer ici et dans ces conditions à cette période de l’année. Il est probablement en chemin pour trouver des températures plus clémentes vers l’Afrique. Il fait sans doute lui aussi partie de cette vague migratoire. Nous sommes placés sur l’axe de migration connu de l’espèce. Je ne l’ai pas revu les 3 jours suivants.

09 novembre 2019, face aux Pyrénées enneigées – Alouettes en cours de migration reprenant des forces dans un labour d’hiver.

09 novembre 2019 – Elles se dirigent toutes vers les Pyrénées. Le lendemain, elles seront obligées de rebrousser chemin ou de changer de direction vers l’océan.

09 novembre 2019 – La chaîne des Pyrénées enneigées depuis le Vic-Bilh, au même moment.

C’est un oiseau proche parent des pics et un peu plus petit qu’une grive; il doit son nom à la curieuse façon qu’il a de tordre son cou très mobile et tourner la tête dans tous les sens.

Son plumage mimétique a la couleur de l’écorce et rappelle celui de l’Engoulevent d’Europe, que j’ai plus souvent l’occasion d’observer. Les deux sexes sont semblables. Il peut être difficile à observer et ce fut mon cas: après l’avoir vu s’envoler d’une haie, j’ai eu bien du mal à le localiser au sein d’un arbre voisin, un jeune châtaignier envahi par la végétation. L’espèce a l’habitude de se déplacer ainsi, en courts trajets sans hâte d’un arbre à l’autre.

Il se nourrit surtout au sol, se déplaçant par bonds successifs. Comme son nom le laisse deviner, il recherche essentiellement les fourmis certaines espèces), leurs larves et leurs nymphes, qu’il attrape de sa longue langue collante. Il collecte aussi d’autres petits insectes sur l’écorce ou les fissures des arbres et des arbustes.

Ce n’est pas un oiseau forestier. Il fréquente les campagnes cultivées avec vergers à haute tige, prés, bocages à herbe rase, bois clairs entrecoupés de champs, bosquets de feuillus, parcs, … Sa présence est un bon indicateur de milieu préservé. Les sites fréquentés sont en général bien secs et bien exposés aux rayons du soleil.

Migrateur, il a des mœurs plutôt solitaires. Il migre de nuit. L’aire de répartition de l’espèce est vaste. Les populations hivernant en Afrique nichent dans la majeure partie de l’Europe de l’Ouest. L’arrivée sur les sites de nidification s’effectue principalement en mars-avril. Le départ s’amorce en août avec un pic au début du mois de septembre et se poursuit jusqu’en octobre. A cette occasion, les observations visuelles sont plus faciles, l’espèce perdant de sa discrétion naturelle. La migration de mon spécimen en dehors de ce créneau m’intrigue.

En période de nidification, le couple recherche un territoire avec des vieux arbres présentant des cavités et des zones herbacées (pelouses, prairies) pour la recherche alimentaire. Il choisit une cavité naturelle pour son nid ou utilise un nid de pic vide. Sa distribution géographique en France pendant la nidification est apparemment homogène dans le Sud-Ouest, une partie du Massif Central et l’Est de la France du nord au sud (Alsace, massif alpin…). Dans les Pyrénées Atlantiques, on le trouve jusqu’à 650m d’altitude d’après les témoignages de présence.

Les quartiers d’hivernage se situent le long des rivages de la Méditerranée, en Afrique du Nord et jusqu’au sud du Sahara. Des individus hivernent régulièrement aussi en France dans les départements du littoral méditerranéen, principalement dans les Bouches-du-Rhône et en Corse.

La densité de population est évaluée à l’écoute: le chant permet de déceler la présence des nicheurs, dont la discrétion rend les contacts visuels difficiles. L’espèce est classée « de préoccupation mineure », mais elle est strictement protégée en France; les effectifs nicheurs s’avèrent en diminution probable de 20 à 50% depuis les années 70. Ce mauvais état de conservation se traduit également par une restriction de son aire de répartition, causes pour la plupart liées aux activités humaines. L’effectif français est estimé à quelques milliers de couples (entre 15 000 et 35 000 en 2012, données Inventaire National du Patrimoine Naturel) et ne représente qu’une faible proportion des effectifs européens.

Si vous en possession d’informations concernant la présence du Torcol fourmilier dans les Pyrénées Atlantiques, les Landes, le Gers ou les Hautes-Pyrénées, je suis intéressé.

(vous pouvez me contacter par la messagerie du site ou l’indiquer en commentaire). 

Source bibliographique principalement consultée, bien documentée :

_https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Torcol-fourmilier.pdf

 

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