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Le Caméléon commun (Portugal) – Avril 2019

Le Caméléon commun

(Nom scientifique : Chamaeleo chamaeleon)

Nouvelle observation en avril 2019

J’ai vu mon premier caméléon commun en liberté en mai 2017, lors d’un séjour dans la région de l’Algarve au Portugal, dont j’avais gardé un très bon souvenir. J’y suis revenu ce mois d’avril. Avec l’expérience acquise, je pensais que l’observation de ce reptile serait plus facile : ce ne fut pas le cas. Toujours pas évident d’y tomber dessus! Je suis allé sur des sites où sa présence est normalement avérée: rien! On m’a dit sur place qu’il était peut-être trop tôt. Pourtant, les températures me semblaient bien propices à son observation.

Heureusement, j’ai quand même quelques photos à montrer et cela pour une raison très simple : je suis revenu sur le site de mon observation de 2017 et j’en ai enfin trouvé un que j’ai pris le temps de photographier sans le perturber! Il avançait au milieu de la végétation dans le sable, ce qui n’est pas courant.

J’ai comparé les photos entre elles et ma première réaction a été : il n’y a pas de doute, c’est celui que j’ai photographié en 2017, bien qu’il y ait de très légères différences dans la présence de certaines des rayures noires sur sa tête. Faut-il en déduire que le caméléon a un rayon de déplacement réduit?

Je suis allé sur internet et j’ai comparé avec d’autres photos : en fait, il y a de fortes similitudes entres les caméléons pour la répartition des rayures noires au niveau de la tête. Pour la pigmentation du corps, c’est plus difficile de comparer. Finalement, il s’agit peut-être de deux caméléons différents, ce que je souhaite ardemment! Pourquoi? Quand celui-ci disparaîtra, y en aura-t’il d’autres en ce lieu? Je rappelle que l’espèce est en danger d’extinction au Portugal.

Mes photos, prises au téléobjectif

De couleur verte tirant sur le jaune, il va foncer en se dissimulant dans un buisson.

Au travers du fourré, sa couleur a changé, plus foncée.  Il prend généralement une couleur tirant vers le noir pour traverser une bande de sable exposée au soleil, ou lorsqu’il est en colère. 

Il va rester un long moment entre ces deux branches mortes où il va bien foncer, pour se dissimuler.

Sous la lumière en dehors du couvert végétal, il va de nouveau prendre des couleurs plus vives tirant sur le vert.

Mon ressenti sur le Caméléon commun

Lors de mon second séjour en Algarve, j’ai été interpellé par l’observation d’un certain fatalisme face au devenir du caméléon commun. C’est à croire que l’on se résigne à le voir disparaître. J’espère bien me tromper! Sur les sites où il est présumé présent, je n’ai pas vu de mesures particulières mises en oeuvre pour le protéger ou déjà, pour le faire connaître.

Il est pourtant régulièrement en photo à la devanture des Tours Operators et dans les dépliants touristiques.

A notre retour, on est passé à la Réserve Naturelle des marais de Castro Marim et Vila Real de Santo Antonio, la première réserve créée au Portugal (en 1975). Elle est située à la pointe est de l’Algarve près de l’embouchure du fleuve Guadania, fleuve frontière avec l’Espagne. Le bâtiment d’accueil du centre d’interprétation, de taille impressionnante et à l’architecture recherchée, se dégrade ; les alentours ne sont plus entretenus depuis un bon moment. Les tables de pique-nique sont inaccessibles, envahies par l’herbe folle. Les panneaux pédagogiques dans le parc sont en mauvais état, illisibles ou détériorés. A l’intérieur, on n’a pu avoir aucune information sur le caméléon. C’est dommage! J’ai pu y observer quand même pas mal d’espèces d’oiseaux, dont des flamands roses, avocettes, échasses, tadornes de Belon, anatidés divers, de nombreuses huppes faciès et divers passereaux ….

Il existait aussi à proximité de cette réserve jusqu’à un passé récent (selon mes informations disponibles) un petit Centre d’information dédié au caméléon, à Vila Real de Santo Antonio. Il était situé au bord de la route à main droite entre le fleuve Guadania et la bordure de la Forêt Nationale de dunes côtières qui relie Vila Real de S. António et Monte Gordo (devant l’entrée d’un chemin d’accès à pied à la forêt). C’était surtout ce Centre qui m’intéressait et je suis obligé d’en parler au passé. Aujourd’hui, il n’y en a plus aucune trace. Il était situé à quelques encablures de la plage, remplacé apparemment par une infrastructure touristique. Il a vraisemblablement fermé en 2012 ou 2013.

Cette forêt nationale clôturée et protégée de la circulation de véhicules est un véritable rideau vert de protection pour la fixation des dunes, le contrôle des vents marins et pour le gîte de la faune native. Ici, vit normalement une importante population de caméléons qui en a fait son foyer et c’est un des derniers bastions de protection de son habitat naturel. C’est dans cette région qu’il a été initialement introduit au Portugal, en 1920, avant de coloniser plus tard le reste de l’Algarve et maintenant disparaître peu à peu. Je n’y ai vu aucun panneau indiquant la présence de cet animal en voie de disparition, pour assurer sa protection et sa sauvegarde! J’ai interrogé quelques personnes sur son existence lors de mes recherches : personne n’était au courant. Et, … je n’ai pu en observer aucun. Mais, pour me consoler : c’était peut-être trop tôt en saison?

La Forêt Nationale de dunes côtières de  Vila Real de S. António, un des derniers bastions du Caméléon commun. C’est un peu « Chercher une aiguille dans une botte de foin ».

Pour en savoir plus sur le Caméléon commun, mon premier article : http://www.lanaturemoi.com/2017/05/23/le-cameleon-commun

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