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La Couleuvre helvétique, anciennement Couleuvre à collier (15 mai 2019)

La Couleuvre helvétique 

(Nom scientifique : Natrix helvetica)

La Couleuvre helvétique (anciennement la Couleuvre à collier), de face puis de l’arrière.

Alors que j’allais relever un piège photographique installé sur une souille de sangliers, j’ai rencontré une jeune « couleuvre à collier » ; elle était en train de chasser dans une grande flaque d’eau, à proximité d’un ruisseau. J’ai passé un peu plus d’une demi-heure à l’observer en train de nager, allant et venant de l’eau à la recherche de petites proies. Bien que discrète, l’agitation inhabituelle causée par ses ondulations a attiré mon attention. Les rayons du soleil qui passaient au travers des frondaisons des arbres éclairaient idéalement la scène.

Dès que la flaque est passée dans l’ombre, la couleuvre est remontée dans la végétation. L’observation fut sympa, même si je ne suis pas spécialement fan de moments à passer avec les reptiles. Elle m’a fourni le sujet de cette publication.

Quand la Couleuvre à collier est devenue la Couleuvre helvétique!

Une jeune Couleuvre helvétique, iris jaunâtre (mai 2019).

La Couleuvre a collier a changé récemment de nom. En 2017, une étude publiée dans la revue Scientific Reports a proposé une révision de sa taxinomie, grâce à l’avancée des connaissances apportée par les progrès de la génétique. L’une des conclusions de cette étude a été d’affirmer que la Couleuvre à collier que l’on trouve en France (sauf celle de l’Aude et des Pyrénées Orientales) est une espèce à part entière.

Depuis, on l’appelle officiellement la « Natrix helvetica » ou Couleuvre helvétique.

Une jeune Couleuvre astreptophore, reconnaissable à son iris rouge. Elle a encore son collier blanc qui va disparaître (Espagne – Juin 2019).

Une autre conclusion de la même étude concerne la Couleuvre à collier que l’on trouve que dans les départements de l’Aude et des Pyrénées orientales, ainsi que dans la Péninsule ibérique. Appelée avant 2017 « Natrix natrix sous-espèce astreptophora », elle a été elle aussi élevée au rang d’espèce.

Elle s’appelle désormais la Couleuvre astreptophore « Natrix astreptophora ». Elle a les particularités suivantes : l’œil est rouge vif tandis que la tête est grise, voire bleutée. A l’âge adulte, les individus n’ont pas de collier. On ne peut donc pas la confondre avec la Couleuvre helvétique qui a le un collier très marqué, aussi bien chez les jeunes que chez les adultes, et dont l’iris est de couleur jaunâtre.

Présentation de la Couleuvre helvétique

La Couleuvre helvétique « Natrix helvetica », que l’on appelle encore dans le langage courant une couleuvre à collier, est la couleuvre la plus fréquente en France. Quand elle est jeune, elle reste à proximité de l’eau où elle peut nager et plonger à la recherche de nourriture comme les têtards, petits poissons et invertébrés … . Les sujets adultes, quant à eux, peuvent vivre à l’écart des points d’eau. On la trouve jusqu’à 2 000 mètres d’altitude. Les mâles sont plus petits, un peu moins d’1m00 généralement et jusqu’à 1m40 pour les femelles. Les données divergent d’une vingtaine de centimètres selon les sources consultées.

Elle est très facile à reconnaître avec son « collier » qui se présente sous la forme de deux bandes en forme de croissant de couleurs blanche ou jaune crème et noire sur la nuque. Toutes les espèces de couleuvres à collier doivent d’ailleurs leur nom vernaculaire à la présence de celui-ci.

Son corps est de couleur très variable, d’un gris ou marron plus ou moins clair (parfois bleuté ou verdâtre), accompagné de quelques taches noires longitudinales.

Pour rappel, la tête des couleuvres, de forme arrondie avec quelques grosses écailles sur le crâne permet de les différencier au premier coup d’œil des vipères dont la tête est triangulaire avec de nombreuses et fines écailles. Elles sont ovipares tandis que les vipères sont vivipares. Leur pupille est ronde, en fente verticale chez les vipères.

Comme tous les serpents, la Couleuvre helvétique est pratiquement sourde. En revanche, sa vue est bien développée et l’aide à chasser et à détecter les dangers. De nombreuses couleuvres diurnes, à pupille ronde et cristallin jaune, ont une rétine qui ne comporte que des cônes, cellules assurant la vision colorée et fonctionnant en lumière intense.

A quoi sert le frétillement de la langue?

Le frétillement de la langue, typique des serpents, leur permet de percevoir les odeurs.

Elle ne possède pas de venin et ne présente donc aucun danger. Cependant, il vaut mieux l’éviter. Lorsqu’elle se sent en danger, elle peut éjecter un liquide nauséabond par le cloaque. Elle peut aussi simuler la mort en s’enroulant sur le dos, flasque, la bouche ouverte et la langue pendante; elle peut parfois, alors, émettre son odeur nauséabonde (surtout lorsque elle est saisie).

Régime alimentaire

La Couleuvre helvétique est une très bonne nageuse et elle se nourrit de ce qu’elle trouve dans et au bord de l’eau. Les jeunes, comme je l’ai déjà dit, se nourrissent de larves, de têtards, de petits poissons et autres ressources trouvées uniquement dans le milieu aquatique. Dès que leur gueule est assez grande, le menu s’enrichit d’amphibiens (grenouilles, rainettes, tritons, …) et parfois de rongeurs (campagnols, mulots, musaraignes, …). Elle est alors moins dépendante de la proximité de l’eau.

Les proies sont avalées vivantes; les mâchoires de la couleuvre peuvent fortement s’écarter et elle est capable d’avaler des proies plus grandes que sa tête. La taille des proies reste proportionnelle à la taille de l’individu.

Confusions possibles

La confusion des juvéniles est possible avec ceux de la Couleuvre verte et jaune (« Hierophis viridiflavus« ). Les 4 clichés ci-dessous permettent de voir les différences : présence de taches noires longitudinales et couleur de l’iris.

La Couleuvre helvétique juvénile : présence de taches noires longitudinales sur le corps.

La Couleuvre helvétique juvénile : iris jaunâtre.

La Couleuvre verte et jaune juvénile : iris rouge et pas de taches longitudinales sur le corps.

Couleuvres et vipères dans les Pyrénées Atlantiques

Le nombre d’espèces de couleuvres en France métropolitaine est deux fois plus important que celui de vipères, en gros, avec de récents changements amenés par l’avancée des connaissances.

Dans le département des Pyrénées-Atlantiques on peut rencontrer, en plaine et en montagne (altitude maximum variable selon les espèces) :

_ Couleuvres (5 espèces, inoffensives) : la couleuvre helvétique (objet de cet article), la couleuvre vipérine (inféodée aux milieux aquatiques, altitude maximum 1 000 m), la couleuvre verte et jaune (qui est en fait noire et jaune, la plus grande et qui aime monter dans les arbres), la coronelle lisse et la coronelle girondine (qui peut facilement se confondre avec la précédente).

_ Vipères (morsure dangereuse) : la vipère aspic (Vipera aspis zinnikeri) et la vipère de Seoane ou des Pyrénées. La vipère de Seoane a une répartition très restreinte. Elle est présente le long de la frontière avec l’Espagne depuis la côte, au sud de Saint-Jean-de-Luz où elle est devenue très rare, jusqu’au massif d’Iraty où elle atteint sa limite Est, en passant par la vallée des Aldudes. Elle atteint côté français l’altitude maximale de 1250 m. C’est une des espèces les plus menacées d’extinction en Europe.

Victimes depuis toujours de leur mauvaise réputation, les serpents et les couleuvres en particulier sont aussi concernés par l’érosion de la biodiversité. 

Depuis le 12 mai 1979 (ce n’est pas si vieux), ces reptiles font partie des espèces protégées.

Article présenté avec mes photos personnelles. Pour en savoir plus sur cet animal :

_ http://www.naturemp.org/Couleuvre-a-collier.html

_ http://www.serpentsdefrance.fr/Couleuvreacollier.php

_ http://coronella.free.fr/natnat.php

_ https://www.nature.com/articles/s41598-017-07847-9#additional-information

Deux Couleuvres helvétiques en train de chasser en tandem au bord d’un petit ruisseau.

Comments ( 2 )

  • Graham MASON says:

    A VERY GOOD WEBSITE WITH CLEAR, CONCISE AND ORIGINAL TEXT, FOR THE MOST PART. THE PHOTOS SHOW THE ANIMALS AS THEY APPEAR IN THEIR NATURAL SURROUNDINGS, WHICH I THINK IS IMPORTANT AND USEFUL IN MANY CASES, THEREFORE THESE DON’T HAVE THAT ‘TRICK’ STUDIO LOOK TO THEM (which can, of course, be necessary for identification). BONNE CONTINUATION.

  • LENORMAND CHRISTOPHE says:

    Félicitations pour la beauté de vos images, ainsi que pour le sérieux que vous avez apporté à la rédaction de vos commentaires.

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