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Le Cincle plongeur (Cinclus cinclus)

Le Cincle plongeur (Cinclus cinclus)

Le compagnon des pêcheurs

Lors d’une randonnée automnale récente dans la vallée d’Ossau, occupé à photographier un oiseau dans le lit d’un gave sur le plateau de Bious, une amie m’observait de loin. Plus tard, elle m’a demandé ce que je faisais et je lui ai parlé du Cincle plongeur. Finalement, elle m’a donné l’idée d’écrire cet article et je l’en remercie.

(octobre 2018 – Cincle plongeur dans le gave de Bious)

(octobre 2018 – l’automne au coucher du soleil sur le plateau de Bious et son gave, au pied de l’Ossau)

Au-dessus des eaux vives du Piémont pyrénéen et des lacs de moyenne montagne, un cri particulier que je reconnais entre mille retient parfois mon attention ; il me fait parfois battre le cœur un peu plus vite. C’est celui d’un Cincle plongeur. Il arrive alors vers moi, rasant la surface de l’eau d’un vol rapide et direct.

Je n’y ai pas toujours prêté attention. J’ai « ouvert les yeux » alors que mon fils Damien m’initiait à la photo. Nous étions allés ensemble dans le Jura pour un séjour de pêche à la mouche chez son ami Nicolas et j’ai aperçu cet oiseau atypique dans le décor des rivières jurassiennes. Je demandai alors à Nicolas le nom de cet oiseau étonnant et unique par son comportement. Depuis, j’ai une affection particulière pour l’« âme » de nos torrents pyrénéens: Gaves, Nestes et Nives aux eaux pures et galopantes.

(Le pays des nestes (Hautes-Pyrénées) depuis le col d’Aspin, au retour d’une sortie aux cincles)

Le cincle est présent et niche en Europe, de l’Espagne à l’Islande, et jusqu’en Russie et en Turquie. En Norvège, il est devenu l’oiseau national. En France, on le rencontre en Corse, les Pyrénées, les Alpes, le Massif central, le Morvan, le quart nord-est et sud-est de la France, sauf la plaine méditerranéenne. On le trouve aussi en Asie et en Afrique du nord.

DESCRIPTION DU CINCLE PLONGEUR

Le cincle plongeur est un oiseau brun au plastron blanc et à la silhouette ronde et trapue, qui vit aux abords des rivières à cours rapide et peu profondes au lit caillouteux. On le surnomme le « merle d’eau » ; il est cependant plus petit que notre Merle noir (Turdus merula). Ses ailes courtes et sa queue souvent dressée lui donnent l’allure d’un gros troglodyte. Mâle et femelle se ressemblent, mais cette dernière est légèrement plus petite.

Son plumage épais est imperméable et lui procure une bonne isolation pour supporter l’eau glacée des torrents.

Les yeux ont une membrane nictitante (1) blanchâtre, visible quand il cligne des yeux. Cette membrane protège ses yeux quand il est immergé. Il voit aussi bien sous que hors de l’eau.

(1)Nictitante : la membrane nictitante est une troisième paupière transparente ou translucide que possèdent certains animaux qui recouvre l’œil afin de le protéger et l’humidifier tout en permettant une certaine visibilité.

COMPORTEMENT

Le cincle plongeur a des particularités étonnantes : c’est le seul passereau à pouvoir plonger et marcher au fond de l’eau. Ses griffes et sa force lui permettent de résister au courant parfois violent et de s’agripper sur le lit du cours d’eau. Il nage sous l’eau à l’aide de ses puissantes ailes entrouvertes.

Il se perche souvent sur une pierre dans l’eau où il exécute d’incessantes révérences, exposant ainsi sa poitrine blanche ; en particulier au cours des parades nuptiales ou lorsque il est excité.

Il défend aussi son territoire contre les intrusions des autres cincles du secteur, posé sur un rocher au milieu de l’eau.

Il peut disparaître brusquement après un bref plongeon depuis son perchoir. On le verra ressortir un peu plus bas.

Le cincle plongeur est habituellement vu seul ou en couple. Sédentaire, il reste sur son territoire toute l’année. Les jeunes, chassés par les parents de leur territoire, doivent se disperser. Ils peuvent changer parfois de cours d’eau.

Il trahit sa présence par l’accumulation de fientes liquides blanches sur certains galets.

HABITAT

Le Cincle plongeur fréquente les fleuves, les rivières et les torrents au cours rapide, au fond rocailleux et où se trouvent des rochers plus ou moins immergés. C’est le compagnon des pêcheurs de truites à la mouche.

Il a besoin d’enrochement à proximité ou de ponts pour nidifier. Il s’adapte bien aux développements humains sur les rives quand l’eau traverse une ville. Il a quand même besoin de rivières proches de l’état naturel, propres et bien oxygénées et de suffisamment de tranquillité.

Le lac Casterau en vallée d’Ossau, où j’ai fait la rencontre de mon premier cincle dans les Pyrénées.

Je n’oublierai plus ce moment-là!

On le trouve parfois sur les bords des lacs, mais surtout dans des zones assez élevées. Dans les Pyrénées, je le trouve régulièrement au bord des lacs d’Ayous à 2000 mètres d’altitude.

ALIMENTATION ET METHODE DE PÊCHE

Le cincle se nourrit principalement de larves d’insectes aquatiques et de petits crustacés qu’il déniche en fouillant le fond du cours d’eau.

On le voit souvent perché sur un rocher au milieu de l’eau, regardant les flots en effectuant de brèves courbettes. Une fois que la proie est détectée, il plonge la tête la première même si le courant est rapide et agité.

Ensuite, il marche sur le fond en agrippant les pierres et les graviers qu’ils retourne afin de faire sortir les petits invertébrés qui s’y cachent. Il marche souvent à contre-courant, les ailes à demi-ouvertes, avec la tête baissée pour localiser une éventuelle proie. La force du courant contre son dos courbé le maintient collé au lit de la rivière.

On le voit aussi la tête plongée dans l’eau en train de retourner les cailloux. Ses plongées durent plusieurs secondes et sont consacrées uniquement à la recherche de nourriture.

Après le plongeon, il lui arrive de se laisser flotter dans le sens du courant sur une courte distance, avec les ailes partiellement ouvertes avant d’émerger.

Afin de glisser sous la surface, il se tend vers le bas, avec la tête bien baissée et le corps oblique, et une fois dans l’eau, il agrippe le fond avec ses griffes puissantes et bouge librement.

Il marche et court aussi sur le sol, sur les rives des cours d’eau, pour chercher des insectes terrestres.

REPRODUCTION

La saison de reproduction a lieu au printemps, et la ponte en mars-avril. Les couples commencent à se former à partir de janvier. Les parades nuptiales sont observables à tout moment de l’année, mais sont plus nombreuses en mars et avril. Au début, la femelle fuit les avances du mâle, qui chante en sa présence, marchant ou nageant comme un canard autour d’elle. La scène est superbe mais elle ne dure pas ; je n’ai pas eu le réflexe de l’immortaliser, captivé par le spectacle. Lorsque la saison des amours approche, la femelle sollicite de la nourriture à son partenaire, en se repliant sur elle-même et agitant ses ailes. Le mâle s’exécute à contrecœur au début, et c’est lorsque ils échangent de la nourriture que le couple est formé.

(Un couple près du nid, situé dans l’enrochement)

La construction du nid s’effectue entre février et avril, avec de la mousse, des tiges et des feuilles, principalement des feuilles de chêne pédonculé.

L’espèce est protégée et classée « préoccupation mineure »

Article rédigé le 29 janvier 2019 à partir de mes photos, de constatations personnelles faites sur le terrain et de publications internet sur lesquelles je me suis appuyé et dont je cite les liens :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Cincle_plongeur et ses liens externes

http://www.oiseaux-birds.com/dossier-cincle-plongeur.html

http://www.oiseau-libre.net/Oiseaux/Especes/Cincle-plongeur.html

23 février 2018 – Le gardien de la Neste (Hautes-Pyrénées)

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